1944.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre

Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence, dans :

  • les copies de lettres à la presse1,
  • la correspondance, les notes, rapports, circulaires, accords, traités... (originaux ou duplicatas) émanant de la direction générale de la Maison, des départements maritimes et combustibles, des chantiers de constructions navales du Trait, ainsi que des succursales françaises et étrangères. Les dossiers d'où proviennent ces pièces ont été classés "tels quels" par les services qui les ont produits. Répertoriés par objet et non par date, ils couvrent – ensemble – une période allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1960. Une notice située à la fin du présent article, reproduit le descriptif qui est fait des archives les plus significatives sur les bordereaux d'inventaire,
  • les synthèses réalisées par la Maison et notamment :
    • "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
    • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948.

A ces informations s'ajoutent celles recueillies :

  • auprès des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
  • dans les annuaires et les minutes notariales...
  • dans la presse, les revues professionnelles et les ouvrages d'histoire...

Du fait de la nationalisation de la Banque Worms en 1982, les témoignages relatifs au département bancaire proviennent essentiellement du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d'une part, et d'autre part, d'extraits de publications externes ou d'études conduites par la Maison Worms. Ainsi :

Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé (en bleu + soulignement).

1 : Ce corpus n'a pas fait l'objet d'un dépouillement exhaustif comme cela a été le cas pour les chronos de correspondance datant du 19ème siècle.

 

Inventaire chronologique des archives numérisées
et des renseignements ou extraits collectés dans les copies de lettres et les dossiers

[Documents pluriannuels]
1923-1947
Tableau [non daté, classé en 1947] : Tonnages annuels du cabotage national et international (entre la France et les Pays Baltes, Pologne, Allemagne, Belgique, Angleterre, Espagne, Danemark, Finlande, Irlande, Norvège, Suède, côtes occidentales d'Afrique).
1938-1944
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'une note datée du 16 mai 1945.] Compte des pertes et profits, analyse des déficits imputables à l'occupation allemande, résultats du 1er janvier 1938 au 31 décembre 1944. [Voir également une note non datée, classée en 1945.]
1938-1945
[Extrait d'une note classée en 1945.] Situation charbonnière en France de 1938-1939 à 1945 (inclus).
1938/1939-1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note et de tableaux en date des 17 et 26 décembre 1945.] Comptes d'Hypolite Worms et rémunérations de Jacques Barnaud ; achats et ventes de titres (1940-1944).
1er janvier 1939-26 décembre 1944
Des Services charbons : [Extrait d'un brouillon, en date du 26 décembre 1944.] Tableaux intitulés "Provisions constituées sur les bénéfices des exercices clos entre le 1er janvier 1939 et le 26 décembre 1944".
1939-1944
Des Services maritimes : [Extrait d'une note du 22 septembre 1944.] "Récapitulation des dommages résultant des faits de guerre".
1941-1944
De Worms & Cie : [Extrait de tableaux datés du 13 octobre 1944.] Situation mensuelle des comptes ouverts à des fournisseurs de la Kriegsmarine.

[Informations sans dates précises]
L'État crée l'Institut français du pétrole (IFP).
De Gaston Bernard : [Extrait de son rapport d'expertise comptable, au juge Thirion, en date du 31 décembre 1945. Ce document très volumineux (plus de 700 pages) a été numérisé en 8 parties ; la table des matières permet de naviguer de l'une à l'autre.] « La Maison Worms a vendu, en 1944, 112.000 tonnes de charbon, soit 6% du total vendu en 1938... Son activité charbonnière durant les années 1941 à 1944 n'atteignait pas 10% (en moyenne annuelle) de son niveau de 1938... Pour l'ensemble de la période d'occupation, elle a vendu 1.197.000 tonnes de charbon, ce qui représente 65% du total de 1938. »
Des Services charbons : [Extrait d'une fiche sur la Société d'approvisionnement pour le chauffage central, classée en 1953.] Acquisition entre 1941 et 1944 de 5.005 actions pour un montant de 2.507 F, portant la participation à un total de 2.793.400 actions moins 2.490.500 F de dépréciations constatées, soit un total de 5.958 actions pour un montant de 302.900 F. Vente de 10 actions pour 5.000 F. Nouveau total : 5.948 pour un montant de 297.900 F.
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. « La Société de Sidi-Kamber a commencé à participer depuis 1944 au ravitaillement en plomb de l'Afrique du Nord. »

Janvier 1944
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'une note du 5 septembre 1944.] « L'étrave du ravitailleur d'escadre "Baïse" fut réquisitionnée aux ACSM dans le courant du mois de janvier 1944, en vue de procéder aux réparations nécessaires. » [L'attitude des Chantiers du Trait à l'égard des autorités allemandes a donné lieu à de nombreuses notes et témoignages consignés en 1944. Les informations provenant des principaux documents ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Compagnie minière des Vosges : société anonyme constituée en 1924, au capital de F 1.875.000, dont 66% détenus par Worms, siège social : La Croix aux Mines (Vosges), conseil d'administration : Jean d'Angely, président, Jean Cantacazène, directeur général, Maurice Desoubry, Robert Fouquet, Joseph Renard. « Cette société, qui exploite un gisement de plomb argentifère dans les Vosges, a été reprise par le département minier en janvier 1944. Ce dernier a entrepris l'équipement de cette affaire qui nécessite, avant toute exploitation, deux ans de travaux et de mise en valeur, en dépit de l'opposition des autorités allemandes qui estimaient que ce gisement ne présentait pour elles aucun intérêt immédiat. »
[Extrait d'un rapport sur le groupe Worms établi en mai 1944.] Nouvelle compagnie havraise péninsulaire de navigation - Nochap. Émission de 220.000 actions nouvelles.

5 janvier-5 février 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation. Suite à la décision prise par l'assemblée extraordinaire du 21 décembre 1943, de porter le capital de 22 à 44 millions, la souscription, dont l'insertion préalable a été faite au Bulletin des annonces légales du 27 décembre 1943, est ouverte du 5 janvier au 5 février 1944. L'opération est réalisée par l'émission, au prix de 120 F, de 220.000 actions nouvelles du nominal de 100 F créées, jouissance 1er janvier 1944, avec droit de souscription irréductible pour les anciens actionnaires dans la proportion de 100 F de capital nouveau par 100 F de capital ancien sous quelle que forme que ce soit. L'augmentation de capital ainsi effectuée est rendue définitive par l'assemblée de vérification du 6 juin, à la suite de laquelle le capital est porté de 44 millions à 47.333.300 F par la conversion des 100.000 parts bénéficiaires existantes en 33.333 actions nouvelles de 100 F créées jouissance 1er janvier 1944, et réalisée par l'incorporation de réserves jusqu'à concurrence d'une somme de 3.333.300 F. Cette conversion est également effectuée sous les auspices de la banque Worms et Cie. »

6 janvier 1944
Du colonel Labonne, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Isaac Laquedem". « Pour faire main basse sur un État... le juif errant sait se grimer en cent personnages... soudoyés par les banques juives, Rothschild, Worms, Lazard... »

13 janvier-25 mars 1944
Collection des ordonnances arrêtées par le Militärbefelshabers in Frankreich et publiées au Journal officiel. Textes en français et en allemand.

20 janvier 1944
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Société centrale des achats pour le nord de l'Europe. L'assemblée générale du 20 janvier 1944 décida de porter le capital social de 1 à 3 millions par l'émission de 2.000 actions nouvelles de 1.000 F à souscrire en numéraire, et sur lesquelles Worms et Cie souscrivit 1.174 actions. En même temps, la souscription de 200 autres actions de 1.000 F était réservée à la Compagnie française des produits agricoles et horticoles, société anonyme dont le siège social était au Château de Ris-Orangis (S.&.O.) et le capital se trouvait ainsi élevé à 3.200.000 F. »

26 janvier-29 février 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « La banque Worms et Cie fut amenée à s'intéresser aux grands magasins Au Bon Marché, qui subissait, depuis plusieurs années, bien des avatars, et c'est ainsi qu'elle prit la direction d'une réorganisation financière du Bon Marché et d'une augmentation du capital de 133.333.200 francs à 200 millions, par l'émission de 166.667 actions nouvelles du nominal de 400 F et émises avec une prime de 75 F, soit au cours de 475 F, jouissance du 1er février 1944 et sur lesquelles les anciens actionnaires avaient un droit irréductible de souscription à raison de 2 actions nouvelles de 400 F pour 800 F nominal d'actions anciennes de quelle que forme que ce fût. La souscription fut ouverte du 26 janvier au 29 février tant aux guichets de la banque Worms et Cie que des grands établissements de crédits et deux autres banques privées parisiennes ; la banque Vernes et Cie et la banque Odier-Bungener et Cie. Cette augmentation de capital du Bon Marché avait été annoncée par une insertion au Bulletin des annonces légales du 17 janvier 1944. Cette prise de participation dans le Bon Marché pèsera lourdement à la banque Worms et Cie dans les années qui suivirent surtout après l'intervention du groupe France-Maroc et de Georges Moreau. Lorsque celui-ci deviendra défaillant la banque Worms et Cie envisagera de réorganiser à nouveau le Bon Marché, mais elle devra, en fin de compte, abandonner ce projet en raison des aléas que présentait cette reconstitution. »

Février 1944
De l'Union sociale maritime, à Worms & Cie : Sans nouvelles du commandant Louty de l'"Ethylen" qui n'a pas regagné son poste, la direction générale des Services maritimes se renseigne auprès de la police et des autorités d'occupation ; apprend que le commandant est décédé.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Société d'études privées. « En février 1944, le capital fut porté de 1 à 4 millions par l'émission de 6.000 actions nouvelles de 500 F ; première tranche d'une augmentation de capital de 9 millions autorisée par l'assemblée extraordinaire du 27 novembre 1943. »

2 février 1944
Du journal "Le Réveil" : Extrait d'un article intitulé "Sous le signe de la veuve - Israël au-dessus des lois". « A Montpellier, à Sète, où elle avait de gros intérêts, la firme juive, quoi qu'elle dise, et synarchique des Worms n'a pas encore été nantie d'un administrateur provisoire. Les services compétents de France ne l'ignorent pas mais on s'arrange. Et pourtant, que de choses passionnantes et importantes on découvrirait par là, vers l'Afrique du Nord gaulliste et mille autres choses du même genre. »

3 février 1944
Du journal "Le télégramme de Boulogne-sur-Mer" : Extrait d'un article intitulé "Belles perspectives". « Vient alors 1941...les catholiques font accord avec de Gaulle. On ne proteste plus contre les affameurs, on n'exige plus le remboursement des bénéfices de guerre, on n'accuse plus les 200 familles, on les accepte tels René Mayer... Jean Monnet... marié à une Anglaise, l'homme des trusts américains, Maurice Couve de Murville...Pucheu, du cartel de l'acier et de la Banque Worms, Charles de Gaulle... »

5 février 1944
De M. Blondel, ancien directeur général du Comité d'organisation des minerais et métaux bruts, Paris : Déclaration à Alger. [Société Le Molybdène.] « Si la société avait tourné la réglementation en vigueur il n'aurait pas pu ne pas en être saisi... La déclaration du délégué allemand est une manoeuvre classique de chantage pour briser la résistance de la société et de la direction des mines. » [Les informations ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés.]

8 février 1944
Mitraillage du Trait.

14 février-15 mars 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Au début de 1944, du 14 février au 15 mars, la banque Worms et Cie assura l'augmentation de capital de la Société centrale d'achats pour le nord de l'Europe (Scane). Par un avis publié dans le Bulletin des annonces légales du 7 février 1944, dans la rubrique des droits préférentiels d'actionnaires, le conseil d'administration de la Société centrale d'achats pour le nord de l'Europe faisait connaître que l'assemblée générale extraordinaire du 20 janvier avait décidé de porter le capital d'un à 3 millions de francs, par l'émission, au pair, de 2.000 actions nouvelles de 1.000 F créées jouissance du 1er janvier 1944 et qui devaient être intégralement libérées en espèces au moment de la souscription. Les anciens actionnaires avaient un droit irréductible de souscription à raison de 2 actions nouvelles pour 1 action ancienne. Sur ces 2.000 actions nouvelles, la banque Worms et Cie en souscrivit 1.174. »

15 février 1944
Du commissariat général aux questions juives, Paris, à Hypolite Worms : "Certificat de non-appartenance d'Hypolite Worms à la race juive".

Mars 1944
Du colonel Henri Navarre : [Extrait de sa déposition au juge Georges Thirion en date du 21 octobre 1944.] « Dès mars 1944, Monsieur Le Roy Ladurie avait participé au financement du service clandestin que je dirigeais au moyen de placement de bons du Trésor d'Alger qui m'avaient été remis par la délégation générale du général de Gaulle en France. Ce placement qui n'était pas sans risques a procuré à mon service une somme de 6.000.000 de francs. »

3 mars 1944
Au directeur de la Bauaufsicht des Kriegsmarine : « Ayant appris que nous étions en pourparlers avec la maison Duchesne pour la location de notre atelier de réparation situé sur le terre-plein du quai de l'Yser, au Havre, vous avez compris que nous avions décidé de nous en défaire momentanément, et vous nous avez demandé de le mettre de préférence à votre disposition. Nous n'avions envisagé que de céder l'usage de cet atelier à la Maison Duchesne qu'en vertu d'un arrangement pour l'entretien de nos bateaux, qui devait trouver son application après guerre. Si toutefois vous décidiez sous forme de réquisition de prendre en location notre atelier et d'utiliser vous-mêmes dans cet atelier notre personnel, nous vous indiquons les indemnités que nous demanderions... »

4 mars 1944
[Extraits d'une note du 5 septembre 1944 et du rapport n°1 de Gaston Bernard au juge Thirion en date du 13 octobre 1944.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. Livraison du chaland citerne n°105, commandé en juillet 1940.

4 mars-24 juin 1944
Dossier sur le procès à Alger (4-11 mars) et l'exécution (19 mars) de Pierre Pucheu, en raison de son rôle comme ministre de l'Intérieur du maréchal Pétain. Mémoires et coupures de journaux.

[7] mars 1944
De Gabriel Le Roy Ladurie et Worms & Cie : [Extrait de son interrogatoire par le juge Georges Thirion en date du 27 septembre 1944.] « J'ai fait l'objet de trois perquisitions à mon domicile par la Gestapo. J'ai subi quatre ou cinq interrogatoires de la même police et, en mars dernier, j'ai été incarcéré à Fresnes pendant douze jours. Les questions qui m'ont été posées alors concernaient la Maison Worms, mes relations avec certains membres de la Résistance, mes relations avec certains membres de la Wehrmacht et enfin mes relations avec certains membres dirigeants de l'économie allemande soupçonnés d'opposition au régime. » [Dans une note du 1er octobre 1945, il est indiqué : « Au moment de l'arrestation de M. Le Roy Ladurie par la Gestapo en mars 1944, le secrétariat des Services bancaires a reçu l'ordre de détruire un certain nombre de documents contenus dans les dossiers de la Commerzbank et, notamment, la correspondance échangée avec le Dr Hettlage ».]
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre intitulé "Les Patrons sous l'occupation II", p. 230.] « Avec qui Gabriel Le Roy Ladurie, ce champion des relations publiques, va-t-il partager sa cellule de prison quand la Gestapo l'enferme pendant quelques jours en 1944 ? Qui va-t-il réussir à faire libérer de cette geôle, grâce à son entregent, dès qu'il sera libéré ? Aimé Lepercq, le patron démissionnaire du comité d'organisation des charbonnages, un des principaux dirigeants du réseau de résistance OCM (Organisation civile et militaire), et qui va devenir, tout simplement, le premier ministre des Finances de de Gaulle après la Libération ! »

8 mars-17 août 1944
D'Aimé Lepercq, ministre des Finances : [Extrait de son audition par le juge Thirion le 8 novembre 1944.] « Arrêté le 8 mars 1944, je me suis trouvé rue des Saussaies dans la même cellule d'attente que Gabriel Le Roy Ladurie que j'avais précédemment rencontré deux fois, à Prague avant la guerre et à Paris en 1943, chez des amis communs. Nous sommes restés également pendant 24 heures dans la même cellule aux prisons de Fresnes. D'après les renseignements que j'ai recueillis, j'ai su que [Gabriel Le Roy Ladurie] avait réussi à faire passer mon dossier de la Gestapo au Tribunal militaire, ce qui m'évitait d'être déporté et me permettait d'obtenir un régime meilleur. Le 14 août, la Gestapo avait cependant obtenu du général commandant le Grand Paris, qu'il signe en ce qui me concerne un ordre de déportation qui s'appliquait également à trois de mes camarades - Rebeyrolles, actuellement membre de la Commission consultative, Gallois, directeur au ministère de l'Intérieur et Rouze, membre du Comité de libération du 11ème arrondissement. Grâce à l'intervention de Le Roy Ladurie cet ordre n'a pas été exécuté, le dossier ayant été volontairement perdu et nous avons été libérés tous les quatre les 16 et 17 août 1944. »

13 mars 1944
De Claude Jeantet, du journal "Le Petit Parisien" : Extrait d'un article [sans titre.] « Pucheu, qui, de tout temps, fut de toute évidence, un jeune mais important représentant de la finance et de l'industrie lourde, n'alla-t-il pas tenter, par la voix de l'un de ses avocats, d'expliquer qu'il n'avait que "des rapports insignifiants avec les trusts et avec la Banque Worms" ? Les Américains, très au courant de ces sortes de choses, ont dû bien s'amuser. »

14 mars 1944
De Samuel Théodore Monod, dit Maximilien Vox : [Extrait de sa déposition devant le juge Thirion en date du 3 novembre 1944.] « J'appartenais dans la Résistance à un groupe qui avait à sa tête M. Guillain de Benouville qui était une relation personnelle de M. Le Roy Ladurie. Il avait été entendu entre les membres de ce groupe qu'en cas de difficultés il serait fait appel aux concours financiers de M. Le Roy Ladurie qui jouissait de notre entière confiance. Cette éventualité s'étant produite le 14 mars 1944, et plusieurs d'entre nous ayant été arrêtés, je suis allé trouver Le Roy Ladurie qui m'a remis 500.000 francs pour subvenir aux besoins de la fraction de l'organisation qui m'incombait personnellement. »

16 mars 1944
D'Henry Coston, du journal "L'Appel" : Extrait d'un article intitulé "Les juifs ont voulu la guerre". « La Banque Hypolite Worms dirigée par le juif Édouard-Raphaël Worms [sic], qu'il ne faut pas confondre avec Hypolite Worms... La Banque Hypolite Worms, dirigée par le financier armateur Hypolite Worms et le banquier Goudchaux, contrôlait la plupart des compagnies de navigation, la Société de dragage et de travaux publics, la société Anglo and Foreign Industrial Corporation, la Compagnie centrale des prêts fonciers, des Distilleries d'Indochine, la Estrellas Mining et Finance Corporation, la Société immobilière du boulevard Haussmann et une foule d'autres compagnies par l'intermédiaire des nombreux associés et fidéicommis de la Banque et notamment la Compagnie charbonnière de manutention et de transports, les Ateliers et Chantiers maritimes de Tunisie, le Foncier africain français, la Société tunisienne de transports automobiles, l'Union commerciale de Bordeaux-Bassens, la Compagnie générale transatlantique, les Chargeurs réunis, la Compagnie de navigation Sud-Atlantique... »

22 mars 1944
Du journal "La France socialiste" : Extrait d'un article intitulé "Leçon d'une trahison". « L'assassinat de Pucheu par les gaullistes éclaire d'un jour cru l'impasse où s'est engagée la dissidence en donnant libre cours aux exigences du Parti communiste... Il ne s'agit pas de prendre la défense de Pucheu, tombé sous les mêmes coups que Darlan. L'un comme l'autre, du temps qu'ils étaient membres du gouvernement, avaient trahi la cause de la France en jouant honteusement sur les deux tableaux. Et pour Pucheu lui-même s'ajoutait la mystérieuse et trouble affaire de cette synarchie dont il était l'homme et qui prétendait s'emparer des leviers de commande de la France au profit des banques (de la Banque Worms en particulier)... »
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en juin 1952.] Société franco-continentale d'importation et d'exportation (Cimpex). « La société fut dissoute à la date du 22 mars 1944 par une assemblée générale extraordinaire présidée par Kilian Hennessy, assisté de MM. de Beauvoir et Paringaux, et tenue dans les bureaux de J. Streichenberger et Cie, 105, rue Saint Lazare à Paris, conseils juridiques de Worms et Cie, et qui furent précisément nommés liquidateurs de la Société franco-continentale. »

23 mars 1944
D'Henry Coston, du journal "L'Appel" : Extrait d'un article intitulé "Les juifs ont voulu la guerre". « Le citoyen de la IIIe République ne pouvait échapper à l'emprise des trusts juifs... sur le prix des produits agricoles et coloniaux, une partie revenait au trusts des transports (Worms-Rothschild)... »

25 mars 1944
De Lucien Combelle, du journal "La Révolution nationale" : Extrait d'un article intitulé "Sur la tombe d'un grand bourgeois". « A l'aube du 22 mars, Pierre Pucheu, ayant refusé de se laisser bander les yeux, donna lui-même au peloton d'exécution l'ordre de tirer... On ne le fusillera pas, nous disait-on de tous côtés. Le capitalisme ne lâchera pas l'ancien normalien... Et il y a Hypolite Worms, et cette synarchie, tarte à la crème de quelques feuilletonistes... Alger ne commettra pas la gaffe d'alimenter la propagande allemande car, si Pucheu était exécuté, le Comité français de libération avouerait son obédience communiste. De Gaulle, Giraud perdraient la face... »
Du journal "Nouvelles continentales" : Extrait d'un article intitulé "Capitulation devant le communisme". « Ce procès dépasse de loin le seul cas Pucheu... Pucheu avant d'entrer dans la vie publique était chef d'une grande entreprise industrielle, liée à la Banque Worms. Il était l'homme des trusts, appartenant à cette équipe qui, avec l'appui de cette banque, essayait de s'emparer du pouvoir. Tous étaient anticommunistes non seulement par conviction intime mais par instinct capitaliste. »

28 mars 1944
De N.V. Wester Financiering Maatschappij, Rotterdam : Immeuble sis Langermarkt 17 à Dantzig. « Nous avons le regret de vous aviser que cet immeuble a été vendu. » [Voir la note intitulée "Annexe n°7", datée du 26 septembre 1944 : « Le 28 mars 1944, nous avons été avisés de la réalisation de la vente malgré nos protestations et à un prix très inférieur à celui précédemment fixé par les experts ». [Voir 24 avril 1944.]

Printemps 1944
De Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait d'une note du 26 septembre 1944.] « Rüstungkontor - Service d'achat du ministère de l'Armement. Au printemps dernier, son compte nous fut imposé par Falkenhausen. Il nous offrit 300.000.000 en dépôt, nous en reçûmes une centaine, refusant de le laisser faire ses règlements par chèques sur nos caisses. Nous fîmes des conditions draconiennes et le compte fut soldé. »

Avril 1944
A Robert Labbé : [Extrait d'une note classée en 1944.] Société Le Molybdène. « M. Bienvenu a exercé sa fonction [de commissaire surveillant de la Maison Worms & Cie, en Afrique du Nord], avec âpreté jusqu'à la fin avril 1944, époque à laquelle, ayant été nommé procureur général à la cour à Rabat, il a été remplacé par M. Franceschi, agent d'affaire (ancien principal clerc de notaire à Alger). M. Bienvenu s'est attaché à fournir au Blocus un dossier sur Le Molybdène qui constituerait selon lui un acte d'accusation grave contre la Maison Worms & Cie. Il prétend y démontrer que la livraison de 25 T. de Molybdène pour l'Allemagne et 5 T. pour l'Italie n'a été faite que sur suggestion, offre et organisation d'une prétendue réquisition, que des personnalités de la Maison Worms ont participé et même conduit ces tractations avec un certain M. Acker et M. Hoffmann, secrétaire général du Molybdène à Paris. Il semble que les informations fournies à M. Bienvenu soient d'origine anglaise et surtout américaine. M. Bienvenu estime en outre que la réquisition, même subie, aurait dû demeurer sans effet et que rien n'était plus facile que de ne pas s'y soumettre. Les difficultés de la livraison du minerai le permettaient. On a, au contraire, prétend-il, tout fait pour les surmonter. Enfin, le commissaire retient la domiciliation des documents d'expédition et leur paiement chez Worms Alger. Un autre dossier a été constitué par M. Bienvenu pour l'affaire du Consortium maritime tunisien. Il ne semble pas qu'il s'agisse d'une affaire bien sérieuse, elle ne sera suivie par le Blocus que si l'action qu'il a ouverte en déposant une plainte en escroquerie contre M. Rougé à Tunis est suivie. M. Bienvenu a retenu contre M. Rougé et la Maison Worms une tentative d'escroquerie à l'égard du séquestre du CMT et par suite à l'égard de l'État français, seul gardien des intérêts italiens du CMT, avec l'accord desquels il soutient d'ailleurs que l'opération a été menée. Enfin, M. Bienvenu a enquêté sur les affaires suédoises. Mais il a été arrêté par la production que M. Guérin a pu faire d'une attestation de la Légation de Suède établissant, après enquête à Stockholm, que les affaires en cause étaient d'intérêt exclusivement suédois. » [Voir après le 22 août 1944.]

1er avril 1944
Du journal "National Populaire" : Extrait d'un article intitulé "Et le reste". « Enfin, Sordet illustra l'alliance de la démocratie et des puissances d'argent en rappelant que la Banque Worms et des hommes comme Dumoulin de Labarthète, Baudouin et Bouthillier furent à la base du 13 décembre [1940.] Les puissances de l'argent, dit-il, jouaient la collaboration au comptant et la victoire américaine à terme. »
[Extrait d'une note non datée, adressée à M. Godefroy et classée en 1945.] Services maritimes. Le 1er avril 1944, l'atelier de réparations du Havre et les installations comprenant le magasin et son contenu sont réquisitionnés par la Kriegsmarine qui prend la direction effective du personnel et le contrôle du travail, interdisant aux représentants de Worms & Cie l'accès de l'atelier.

6 avril 1944
Du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Une Katyn de la dissidence". « Pour répondre à l'assassinat d'un Français militaire ou civil, resté fidèle à la France, on pourrait aligner devant le poteau de Vincennes : un juif (non pas le lampiste d'un camp de concentration, mais un Stern, un Worms ou un Rothschild, s'il en reste un), un Espagnol rouge, un Anglais, un Américain... »

7 avril 1944
De la société Le Molybdène : [Extrait d'une note datée du 13 novembre 1944.] Procès-verbal du conseil d'administration.

9 avril 1944
Du journal "Pays libre" : Extrait d'un article intitulé "La grande trahison de 1942". « Nous avons de bonnes raisons de penser que les militaires n'ont agi qu'après que la Banque Worms en eût tiré les glorieuses ficelles. »

13 avril 1944
De du Laurier, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Pucheu trahi par lui-même". « Pucheu fit partie de cette équipe dite de la Banque Worms qui devait jouer un rôle si néfaste dans notre vie politique en soutenant l'amiral Darlan. Sa présence n'était pas étonnante dans cette équipe car la Banque Worms ne limitait pas son action aux simples affaires de charbon et on la rencontrait dans tous les pays de monde. C'est ainsi qu'en Iran, elle intriguait pour obtenir le monopole des tabacs, elle faisait des affaires avec l'URSS ou la Chine, elle était dans les banques d'affaires qui gangrènent une société entière. C'est elle qui imposa Pucheu comme administrateur à la société Japy lorsque celle-ci se trouva en difficulté à la mort de son fondateur. »

16 avril 1944
De Jean Fursay, du journal "France Révolution" : Reprise de l'article d'Henry Coston, intitulé "Les juifs ont voulu la guerre" et paru dans "L'Appel" le 23 mars 1944.

19 avril 1944
De K.A. de Belfrage, délégué du gouvernement suédois, Alger : Déclaration. « Toutes les marchandises originaires de l'Afrique française, dont le règlement par compensation amiable a été autorisé de juin 1940 à novembre 1942... présentées par la Sveriges Utrikeshandels Kompensations A.B. (Sukab) ou par ses correspondants, en particulier l'Union d'exportateurs française pour l'Europe du Nord (UEFEN)... ont bien été importées en Suède pour les besoins du marché intérieur et n'ont pas fait l'objet d'autorisation de réexportation vers d'autres pays. » [Ce document est compris dans un dossier intitulé "Études sur la Société centrale d'achats pour le nord de l'Europe (Scane) et sur l'Union d'exportateurs française pour l'Europe du Nord (UEFEN)", études datées du 8 décembre 1944.]

24 avril 1944
A N.V. Wester Financiering Maatschappij, Rotterdam : Vente de l'immeuble sis Langermarkt 17 à Dantzig, appartenant à Wester Financiering Maatsschappij. [Voir la note intitulée "Annexe n°7", datée du 26 septembre 1944 : « Par lettre du 24 avril 1944, nous avons fait toutes réserves. » Voir août 1944.]

Mai 1944
Note [sans émetteur ni destinataire] : Rapport d'enquête sur le groupe Worms. [L'auteur, qui s'exprime par le "nous", est extérieur à la Maison ; peut-être s'agit-il de la Gestapo ou des services administratifs français en relation avec l'arrestation de Gabriel Le Roy Ladurie en mars 1944. De nombreuses informations sont empruntées aux notes des 11, 13 et 14 juin 1941 consacrées à la description de la Maison et de ses activités ; certains points sont développés et actualisés.] Origine. Forme actuelle de la société. Répartition du capital social. Question juive. Activité de la société. Services charbons : « Depuis les hostilités et surtout la fin des hostilités, l'activité de Worms charbons a entièrement cessé. Par contre, afin d'assurer du travail à son nombreux personnel et maintenir une activité à ce département, Worms a ouvert des exploitations forestières et des chantiers pour la carbonisation du bois. Tourbières. La direction de ce service est assurée par Louis Vignet, directeur général, et par Paul Dufour, Gérard Grédy, Michel Leroy, Edmond Le Roy, Jean Lecreux, Jacques Révoil, Francis Bedel. Services maritimes : La direction est assurée par Lucien Émo, directeur général, et par Robert Malingre, Louis Péquignot, Edmond Le Roy, Achille Ribeyre, Raymond Delteil, Raymond Bouterre, Jean Destouches, Henri Bouteloup. Société française de transports pétroliers - SFTP : « II est à noter que la totalité des flottes, tant du groupe Worms que des sociétés contrôlées ou amies, est, soit coulée (ceci en plus grosse partie), soit confisquée tant par les puissances anglo-saxonnes que par la Kriegsmarine, ce qui fait qu'à l'heure actuelle l'activité de cette branche du groupe Worms est absolument nulle, ce groupe ne possédant plus aucun navire. » Société nantaise de consignation et de gérance (Anatole Bucquet en est le président et Lucien Émo y représente Worms & Cie). Nouvelle compagnie havraise péninsulaire de navigation - Nochap. Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime (Worms & Cie) : « Depuis 1941 et au cours d'une dizaine de bombardements, ces ateliers furent intégralement détruits. Le peu de personnel qui y est conservé travaille au déblaiement des décombres mais aucune activité industrielle réelle n'existe et l'on peut dire que cette branche se trouve entièrement en sommeil. » Services bancaires : Directeur - Gabriel Le Roy Ladurie, directeur-adjoint - Raymond Meynial, sous-directeur -Guy Brocard ; fondés de pouvoirs - (1er rang) Georges Baudenon, André Bellenger, Maurice Desoubry, Joseph Ducoulombier, Élie Enquebec, André Guex, Michel Lefébure, Jean Ragaine, Victor Verdier, Albert Vienney ; fondés de pouvoirs - (2ème rang) Jehan de Cargouet, Ernest Rameix, Edmond Sansot. »
Du colonel François Michel : [Extrait de son audition par le juge Thirion en date du 23 octobre 1944.] « En mai dernier, un de nos agents subalternes nous avait signalé qu'un sous-marin allait être lancé par les chantiers du Trait et l'intérêt qu'il y avait de provoquer un bombardement. Sachant que les chantiers du Trait appartenaient à la Maison Worms, je demandais à Le Roy Ladurie de se renseigner sur la vérité de cette indication. Renseignements pris, M. Le Roy Ladurie m'a garanti qu'il m'aviserait du lancement du sous-marin un mois et demi avant l'opération, ce qui laissait un large espoir de sauvegarder le bâtiment pour l'usage français en évitant un bombardement prématuré. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 19 décembre 1944.] Groupe Hubert. « La société Cotal, devant l'extension considérable du champ d'application de son procédé et, l'afflux des commandes qui en est le résultat direct, ne disposant pas des moyens financiers et techniques nécessaires, a créé la Spot. Société de production d'organes de transmission, SA au capital de 25.000.000 F. Ouverture d'un compte-courant constamment créditeur depuis la création de la société (mai 1944) - participation de Worms & Cie de F 300.000 dans le capital, sans poste d'administrateur. »

9 mai 1944
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Société privée de réescompte. « Au cours de l'exercice 1943, Guy Brocard, fondé de pouvoirs de Worms et Cie, fut nommé administrateur et sa nomination ratifiée par l'assemblée du 9 mai 1944. »
Note : Mesures d'ordre financier et monétaire, appliquées en Corse conformément aux ordonnances du 2 octobre 1943. (Premier débarquement allié le 16 septembre 1943 et évacuation de l'île par les Allemands le 5 octobre 1943.)

11 mai 1944
A l'abbé Renaud, 12, rue de Phalsbourg, Paris 17ème : « Je vous remets ci-joint un certain nombre de certificats du cimetière de Passy attestant que le père de M. Hypolite Worms repose dans la concession catholique de la famille Houcke, ce qui confirme que l'influence religieuse dans le ménage des parents de notre ami ait été exercée exclusivement par sa mère. »

16 mai 1944
Du colonel Labonne, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Les trusts". « ... Ceux qui corrompent comme la synarchie de la Banque Worms & Cie, omnipotente ici malgré la solennelle déclaration de juin 1940 : "L'État doit briser la puissance des trusts et leur pouvoir de corruption". »

25 mai 1944
D'Henri Du Moulin de Labarthète (Philippe Magné), dans le journal suisse "Le Curieux" : Extrait d'un article intitulé "La Synarchie française". [Les renseignements ont été répartis dans les recueils d'informations des années concernées.]

26 mai 1944
De l'Office central de répartition des produits chimiques, à la Société tunisienne des hyperphosphates Réno : Courrier. Transfert de livraison de phosphates à la Rohphosphat-Gesellschaft). [Ce courrier est compris dans un dossier sur la Société tunisienne transmis au juge Thirion le 4 janvier 1945.]

27 mai 1944
De J. A. Burnat, du journal "Combats" : Extrait d'un article intitulé "Qu'a-t-on fait pour les ouvriers ?". « Les métallos et les mineurs savaient-ils qu'ils étaient sous la coupe des banques juives Guizbourg et Worms ?... Vous a-ton dit à tous, en 1936, quand vous sentiez monter en vous la vieille colère de Jacques Bonhomme que les nouvelles Bastilles qu'il fallait prendre avaient été bâties par des banques juives ? Vous a-t-on dit que ces Bastilles s'appelaient nommément Banques Worms, Seligman, Lazard... »

Juin 1944
Du colonel Henri Navarre : [Extrait de sa déposition au juge Georges Thirion en date du 21 octobre 1944.] Je ne suis entré en rapports avec M. Le Roy Ladurie qu'en juin 1944, [quand il] m'a remis une somme de F 300.000 à titre de contribution au financement des organisations de résistance. Vers la même époque, M. Le Roy Ladurie m'a signalé la possibilité dans laquelle il se trouvait du fait de ses relations avec de hautes personnalités allemandes d'engager des négociations de très haute importance sur le caractère desquelles je ne puis donner d'autres précisions. Après avoir pris l'avis de la délégation générale du général de Gaulle en France, j'ai engagé M. Le Roy Ladurie à pousser ses négociations. Elles ont échoué peu de temps avant la libération du fait des interlocuteurs allemands qui n'ont pas osé les pousser à fond. Pendant l'insurrection de Paris, Monsieur Le Roy Ladurie m'a offert son entremise pour obtenir la capitulation sans combat d'un important îlot de résistance allemand. »
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Société des mines de Montmins. « Les Allemands, soupçonnant un sabotage systématique [de la production], envoyaient, avec leurs cadres, au début de juin 1944, quatre-vingts militaires et mineurs allemands pour prendre possession de la mine et s'emparer du minerai. Cette éventualité était prévue depuis longtemps par la direction de la société qui avait pris toutes les dispositions nécessaires pour y faire échec. En particulier, l'installation électrique qui conditionnait toute la marche de l'usine ne put jamais fonctionner. » [Voir 16 août 1944.]

Juin-août 1944
De Worms & Cie Le Havre : [Extrait d'une note datée du 11 juin 1948.] Le hangar 28, construit en 1941 sur le terre-plein du quai de l'Yser, est détruit lors des bombardements de juin, juillet et août 1944.

1er juin 1944
De du Laurier, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Machiavélisme". « Ce n'est pas par hasard que M. Caziot, des Agriculteurs de France, que M. Le Roy Ladurie, de la Banque Worms, ont été ministres. C'est par la volonté des trusts qui bien qu'ils ne peuvent affermir leur puissance en France qu'en asservissant l'agriculture et en créant une haine bien profonde entre les villes et les campagnes. »

6 juin 1944
Débarquement allié en Normandie.

14 juin 1944
D"un dossier au nom de MM. Dupuy & Parain : Rapport sur la synarchie.

15 juin 1944
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 4 - Fidei-commissaires et agents", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en octobre 1950.] Ratification de la nomination de Jean Vinson au conseil de la Réunion française et Compagnie d'assurances universelles réunies, dont il deviendra vice-président et directeur général en 1947. Jean Vinson devint également administrateur de la Compagnie d'assurances maritimes, aériennes et terrestres, où il représentait officiellement Worms & Cie et au Lloyd de France-Vie (groupe La Préservatrice).

18 juin 1944
Du "Bulletin d'informations antimaçonniques" : Extrait d'un article intitulé "Préméditations juives". « Le juif Lazard était l'oeil de Washington et préparait les voies de l'impérialisme américain. Le même Lazard était en relations suivies avec le banquier Worms, juif converti et tout dévoué aux USA, dont les agissements et les intrigues ont été à l'origine de la livraison de notre flotte marchande et de nos colonies aux vampires anglo-saxons. »

20 juin 1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 13 janvier 1945.] "Château-Larose", affrété par les Transports maritimes, est réquisitionné par les autorités allemandes.

26 juin 1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 13 janvier 1945.] Sabordage, dans le port de Marseille, du "Château-Larose", cargo de ligne à 2 ponts, de 2.560 tonnes, acquis en 1930, réquisitionné par les autorités allemandes le 20 juin 1944.

30 juin 1944
Des Services bancaires : État des participations.
Des Services bancaires : Tableau des participations. Répartition des sociétés en 5 catégories : "A", "B", "C", "D", "E". [Raison sociale et siège, nombre d'actions détenues par Worms & Cie, valeur d'achat, amortissements, valeur au bilan.]

Juillet 1944
De La Vie française : [Extrait d'un article daté du 27 avril 1956 et consacré à "Antar-Pétroles de l'Atlantique", société basée à Donges dans laquelle Pechelbronn et Worms & Cie seront liées à partir de 1947.] « Donges, comme Nantes, comme Saint-Nazaire, est écrasé sous les bombes. Le bourg est anéanti ; les installations industrielles sont détruites à 50%. »
"Rapport [sans émetteur] sur la société secrète polytechnicienne dite Mouvement synarchique d'empire - MSE - ou Convention synarchique révolutionnaire" : « Les éléments dirigeants du MSE paraissent, en ce qui concerne la France, dépendre de deux milieux distincts mais très étroitement liés : a) certains milieux bancaires, notamment banque Worms et banque Lehideux, etc. b) certains milieux du haut patronat, notamment appartenant aux comités des houillères, à certains groupements pétroliers, à certaines sociétés de constructions mécaniques et métallurgiques et à certaines sociétés de grands travaux... Les affiliés les plus marquants paraissent les suivants : Assemat, chef du cabinet du ministère des Finances en 1938, directeur de la Caisse nationale des marchés de l'État en 1940 et 1941 ; Barnaud, administrateur de la Banque Worms, inspecteur des Finances, ancien directeur du cabinet du ministre du Travail (Belin), en juillet 40, puis délégué général pour les relations économiques franco-allemandes depuis le 23 février 1941 ; Baudouin, ancien X, administrateur de la Banque de l'Indochine ; Belin, Benoit Méchin, Bichelonne, Berthelot, Bouthillier..., Gardenez..., Lehideux, Le Roy Ladurie..., du Moulin de Labarthète..., Pucheu... En fonction des affiliés qui viennent d'être nommés, les principaux leviers de commande dont dispose actuellement les membres du MSE, en juillet, peuvent se classer ainsi : 1/ Entourage du chef de l'État - du Moulin de Labarthète, de Font Reaulx, René Gillouin, Lehideux. 2/ ministres secrétaires d'État - Bouthillier, Pucheu, Berthelot, Barnaud, Benoist Méchin. 3/ Secrétaires généraux - Lamirand, Berthelot, Bichelonne (à la Production), Lafond (à l'Énergie). 4/ Directeurs et chefs de services administratifs - [....] 5/ Industries, banques, comités d'organisation et répartition - Baudouin (Indochine)..., Gardenez (marine marchande), Le Roy Ladurie (sociétés immobilières), Le Gorec et de Wiedller (Pechelbronn), de Peyrimoff (Houillères et Forges), Olivier (fonderies), Meny (pétroles), Rebuffel (grands travaux). 6/ A l'étranger - [....] Les grandes administrations du pays sont devenues les services extérieurs de la banque Worms et le Journal officiel sert de véhicule à son conseil d'administration, dont les hauts fonctionnaires ne sont plus que les agents d'exécution. »
Du livre "Journal de la France" : Extrait du chapitre intitulé "Démission des synarques" (pages 117 et 118). « Une politique de collaboration devait-elle être poursuivie, à contre-courant de l'opinion, dans l'intérêt du pays ? C'est le problème que s'est posé objectivement le petit groupe d'esprits froids qui, de 1940 à 1942, a tenu en mains les leviers de commande de la politique française. Ces hommes, tous nés autour de 1900 et liés antérieurement par des collaborations d'affaires, ont monopolisé par une cooptation discrète les postes essentiels du nouvel État. Barnaud aux relations économiques franco-allemandes, Pucheu à l'Intérieur, Lehideux à la Production, Le Roy Ladurie à l'Agriculture, Terray au Travaill, telle est la liste des "Synarques" qui circule dans le public. Mais, pour rester dans la coulisse, d'autres n'ont pas joué un rôle moins important. On a dit qu'ils étaient membres d'une organisation capitaliste à ramifications internationales, visant au rétablissement rapide de la paix. Plût au Ciel qu'il existât dans les pays divisés par la guerre quelque syndicat soucieux de défendre, même dans un but égoïste, les traditions et les richesses de la vieille Europe ! Hélas, la légende était fausse et les événements postérieurs ne l'ont que trop montré. Toutes les forces de conservation qui eussent dû s'opposer au massacre y ont assisté passivement, quand elles ne l'ont pas encouragé... La Banque Worms, qui passait pour être le centre français de ce complot, avait été seulement le lieu d'une rencontre d'hommes. Les Synarques s'étaient mutuellement choisis par affinité d'intelligence, quand ils se sont égrenés en 1942, on a pu constater qu'aucune servitude matérielle ne leur imposait l'unité d'action. Pourtant leurs départs ou démissions successives ont marqué la fin d'une époque. Après eux, la collaboration pourra encore relever de la foi ou de la résignation; elle ne relèvera plus du froid calcul politique. Ils ont donc effectivement incarné une certaine inflexion de la diplomatie française. Et peut-être quelque historien futur, craignant de s'égarer dans cette période confuse, ressuscitera la légende des Synarques pour y trouver un fil d'Ariane. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une note intitulée "Annexe n°2", datée du 26 septembre 1944.] Société des mines de Montmins. « Au mois de juillet 1944, nous avons indiqué à la Résistance quelle était la destruction de matériel électrique à opérer susceptible d'empêcher la laverie de tourner et qui, le moment venu, pourrait être réparée le plus rapidement possible. Cette destruction a été effectuée conformément à nos indications. »
[Extrait d'une note non datée de la direction générale des Services charbons, classée en 1945.] Production de charbon de bois et de bois à gazogène depuis août 1943.
De la Société des mines de Sidi-Kamber : Bilans au 31 décembre 1943 et au 30 juin 1944.

3 juillet 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « En juillet 1944, la banque Worms et Cie participa au placement des obligations de la Société chimique des Bouches du Rhône, filiale de la Société minière et électrique des Landes. L'emprunt de cette dernière société, annoncé par une insertion au Bulletin des annonces légales du 3 juillet 1944, devait porter sur un montant maximum de 100 millions de francs en 20.000 obligations de 5.000 F 4% amortissables en 15 ans à partir du 15 juillet 1949 et émises à 4.950 F. Cet emprunt, entrant dans le cadre des dispositions de la loi du 23 mars 1941 relative au financement de la fabrication des produits nécessaires au pays, était garanti par l'État français dans les conditions prévues au contrat intervenu le 1er juillet 1944 entre le Crédit national, agissant au nom de l'État français, et la Société chimique des Bouches du Rhône et dont les grandes lignes figurent à l'insertion légale du 3 juillet 1944. Cette garantie était donnée, jusqu'au remboursement intégral de l'emprunt qui devait être terminé au plus tard le 15 juillet 1964. En rémunération de la garantie obligataire accordée par le Crédit national, il fut remis à celui-ci 10.000 parts bénéficiaires dont contrairement aux dispositions légales, le pourcentage dans les bénéfices et les produits de la liquidation éventuelle, n'a pas été précisé aux insertions faites au Balo. Mais, après la Libération, les conditions dans lesquelles cette émission était intervenue et surtout le caractère de la garantie de l'ex-État français ne furent pas sans soulever divers commentaires. » [Cf. l'Écho de la finance du 14 septembre 1945.]

6 juillet 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Société centrale d'achats pour le nord de l'Europe (Scane). « Une nouvelle augmentation de capital de 200.000 F fut souscrite par la Compagnie française des produits agricoles et horticoles, société anonyme dont le siège social était au Château de Ris-Orangis (Seine-et-Oise) et dont le représentant, Henry Homann, Hollandais, entra au conseil d'administration de la Scane, dont la nomination devait être ratifiée ultérieurement par l'assemblée générale du 6 juillet 1944. »

12 juillet 1944
Des Services maritimes : Note [sans émetteur ni destinataire.] Reconstruction de la flotte. 5 navires officiellement perdus : "Barsac", "Cérons", "Jumièges", "Château-Yquem", "Château-Larose" ; 3 navires officieusement perdus : "Fronsac", "Listrac", "Pontet-Canet" ; 4 navires présumés ne pas devoir nous être rendus à la fin des hostilités : "La-Mailleraye", "Château-Palmer", "Lussac", "Mérignac" ; 12 navires au Royaume-Uni ou en Afrique du Nord présumés devoir nous être rendus à la fin des hostilités, dont 7 navires hors d'âge : "Bidassoa" (1901), "Caudebec" (1910), "Château-Latour" (1914), "Léoville" (1922), "Margaux" (1912), "Pessac" (1907), "Sauternes" (1922) et 5 navires pouvant continuer ou reprendre leur service : "Château-Pavie" (1930), "Le Trait" (1934), "Médoc" (1930), "Normanville" (1921), "Pomerol" (1930). Construction en première urgence de 12 navires et de 7 navires en deuxième urgence, certains comme "Caudebec", "Château-Latour" et "Margaux" étant d'ailleurs susceptibles de continuer à rendre de bons services pendant quelques années. Typologie des navires de remplacement. Estimations financières, en fonction des lignes à reprendre ou à créer.

12 juillet-31 août 1944/13-20 novembre 1944
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « A la veille de la Libération du 12 juillet au 31 août 1944, la banque Worms et Cie assura l'augmentation de capital de la Compagnie industrielle et minière du Nord et des Alpes, société mère de la Société des produits chimiques des terres rares, dont la banque Worms et Cie avait effectué l'augmentation de capital de juillet 1942. Conformément aux décisions de l'assemblée générale du 13 juillet 1943, la Compagnie industrielle et minière du Nord et des Alpes décida, un an plus tard, de porter son capital de 24 à 36 millions de francs. L'insertion légale, faite au Bulletin des annonces légales du 3 juillet 1944, précisait que cette opération serait réalisée par l'émission à 550 F de 24.000 actions nouvelles de 500 F, créées jouissance du 1er juillet 1944, et réservées par préférence, aux anciens actionnaires, à raison d'une action nouvelle pour deux anciennes. Les événements qui suivirent ne permirent pas une facile réalisation de cette opération, à tel point que la société se trouvait dans l'obligation de proroger à plusieurs reprises le délai de souscription, dont la date définitive de clôture fut, par avis inséré au Bulletin des annonces légales du 13 novembre 1944, fixée au 20 novembre. »

13 juillet 1944
Bombardement du Trait.

17 juillet 1944
Du "Courrier du Pas-de-Calais" : Reproduction de l'article paru, le 18 juin 1944, dans le "Bulletin d'informations antimaçonniques" sous le titre "Préméditations juives".

20 juillet 1944
Attentat manqué contre Hitler, réalisé par le colonel comte Claus von Stauffenberg, à la Tanière du loup, quartier général de Hitler en Prusse orientale.
De Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait d'une note du 26 septembre 1944.] « Falkenhausen, qui était le neveu du général du même nom qui administrait la Belgique, vit, dans ses derniers mois, la surveillance des S.S se resserrer autour de lui. Au lendemain de l'attentat du 20 juillet, il fut, avec deux de ses amis grands industriels de la métallurgie, (Roechling et von Aufacker) kidnappé dans un restaurant et vraisemblablement supprimé. Sa modération à notre égard n'avait sans doute pas peu contribué à sa disgrâce finale. »
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre "Les Patrons sous l'Occupation. II", éditions Odile Jacob, 1995, coll. Opus 1997.] « D'après Raymond Meynial, [Falkenhausen] "vit dans ses derniers mois la surveillance des SS se resserrer sur lui" et il aurait mal fini. Quelque temps après l'attentat, "il fut, avec deux de ses amis grands industriels de la métallurgie, Röchling et Von Hofacker, kidnappé dans un restaurant et vraisemblablement supprimé"... Gabriel Le Roy Ladurie, ami de tout le monde et éminence grise dans l'âme, a-t-il été au courant des activités antihitlériennes du second commissaire de Worms ? A-t-il, de ce fait, essayé de jouer un rôle dans des négociations secrètes ? Il n'en dira rien après guerre, mais un témoin appartenant à la Résistance racontera au juge d'instruction qu'en juin 1944 Le Roy Ladurie avait proposé d'engager des "négociations de la plus haute importance avec les Allemands". En vue de l'éventuelle paix de compromis dont certains rêvaient encore à ce moment ? En tout cas, la Gestapo - mais n'est-ce pas plutôt lié à l'affaire de la Synarchie ? - le classe à l'époque parmi les suspects. Elle perquisitionnera à trois reprises chez lui, l'interrogera quatre ou cinq fois et l'emprisonnera même pendant quelques jours en 1944, d'après ce qu'il rapporte lui-même à l'instruction après guerre. »

22 juillet 1944
Publication intitulée "Commentaires", Marseille : Article intitulé "Rien de décevant comme la notoriété !" « Récemment, un personnage occupant une place importante dans la région parisienne se fit astucieusement mettre en contact avec M. Gabriel Le Roy Ladurie qui, sur une question, précisa sa qualité de directeur général de la Banque Worms. Froncement de sourcils chez l'interlocuteur : "Banque Worms ?... Qu'est-ce que c'est ?" Évidemment, tout le monde ne peut pas savoir qu'au milieu du siècle dernier, un Worms, charbonnier au Havre, abjura la foi israélite pour épouser la fille d'un fournisseur anglais ; qu'étant devenu grand ami de Ferdinand de Lesseps, ce même Worms acquit, aux abords du Canal de Suez, de vastes terrains sur lesquels il créa de judicieux dépôts de charbon ; que, pour transporter son charbon, il eut besoin de bateaux et qu'il devint ainsi un important armateur ; qu'enfin, pour assurer le financement de ses différentes entreprises, ses successeurs fondèrent une banque, la Banque Worms. J'ajouterai que, depuis qu'il dirige cet organisme, M. Le Roy Ladurie a élargi son rayon d'activité. S'il n'est pas, comme d'aucuns le prétendent, le trésorier de la synarchie, il possède en réalité le contrôle d'excellentes affaires comme Molybdène, Fournier-Ferrier, etc. »

25 juillet 1944
De Worms & Cie : Note intitulée "Dommages de guerre - reconstruction - Le Trait". Évaluation des dépenses et du financement relatifs à la reconstruction et à la modernisation des Chantiers et Ateliers de la Seine-Maritime.

Juillet-août 1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 13 janvier 1945.] Perte, devant Saint-Malo, du "Lussac", réquisitionné par les autorités allemandes le 2 mars 1942.

Août 1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 13 janvier 1945.] Localisation hypothétique en Baltique du "Château-Palmer", réquisitionné par les autorités allemandes le 25 juillet 1940. Perte à Pauillac du "La-Mailleraye", cargo de ligne à 1 pont, de 665 tonnes, acquis en 1922, réquisitionné par les autorités allemandes le 21 février 1941.
[Extrait d'une note non datée, classée en 1944.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « "L'Africaine" devait être livrée à l'amirauté française en juin 1941. Elle n'a jamais été livrée aux autorités allemandes qui l'ont fait sauter avant leur départ en août 1944. » [Voir discours daté du 7 décembre 1946.]
De Worms & Cie : [Extrait d'une note intitulée "Annexe n°2", datée du 26 septembre 1944.] « Le commissaire allemand de Franconed a exigé, à maintes reprises, d'une part, le rapatriement des titres, d'autre part, la mise à sa disposition des fonds provenant du remboursement F 7.962.000 nominal de bons du Trésor français émis en Hollande. Là encore par notre force d'inertie, et grâce aussi à l'appui direct du ministère des Finances qui pourra témoigner des nombreuses démarches faites par nous auprès de lui, nous avons pu, jusqu'en août 1944, éviter la main-mise des autorités allemandes sur ces biens français. »

2 août 1944
Du journal "Au Pilori" : Entrefilet. « Paris 9ème - La Banque Worms & Cie, 45, bd Haussmann (publicité non payée) procède actuellement à l'émission de nouvelles actions de la Société minière Nord et Alpes (publicité non payée). Or, il est remis aux souscripteurs une formule dans laquelle ceux-ci affirment, sous la foi du serment, à Worms & Cie qu'ils ne sont ni juifs ni conjoints de juifs. Elle est bien bonne ! »

[Après le 2 août 1944]
Note [sans date, ni émetteur] : "Worms et la presse d'occupation". [Ce document a été classé ici dans la mesure où l'événement le plus récent mentionné dans le texte est daté du 2 août 1944.]

7 août 1944
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] Échouement du "Condé" à Nice suite à l'incendie provoqué lors du bombardement du port.

9 août 1944
Du gouvernement provisoire de la République française : Ordonnance relative au rétablissement de la légalité républicaine sur le territoire continental.

16 août 1944
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Société des mines de Montmins. « Les Allemands quittaient l'usine le 16 août 1944 sans pouvoir emporter la moindre quantité de minerai. » [Voir 6 décembre 1944.]

[Après le 12 août 1944]
Des Services bancaires : "Relevé des crédits documentaires ouverts à nos caisses d'ordre de la Deutsche Bank".

[Après le 17 août 1944]
Des Services bancaires : "Relevé des crédits documentaires ouverts à nos caisses d'ordre de la Commerzbank Aktiengesellschaft siège et succursale".

18-30 août 1944
De la Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'un discours daté du 7 décembre 1946.] « Dans la deuxième quinzaine d'août 1944, pendant la dernière phase de la bataille de Normandie, Le Trait eut à subir, de jour et de nuit, des bombardements quotidiens et incessants (bombes, mitraille, canonnade) qui aggravèrent sensiblement les destructions partielles dues aux bombardements antérieurs. L'ennemi en déroute y ajouta les siennes et à trois reprises, le dimanche 20, le mardi 22, et le jeudi 24, il s'employa avec acharnement et méthode à opérer, sur plus de trente points soigneusement choisis, des destructions systématiques par explosifs et par incendie ; l'on assistait à ce spectacle hallucinant de ne pouvoir distinguer les éclatements des bombes aériennes des explosions de terre provoquées simultanément. Au soir du 30 août, dans les ruines encore fumantes du Chantier, où les installations étaient hors d'usage, dans le chaos général et l'amoncellement des décombres et des chevaux crevés, la Libération trouvait les navires en construction sur cale, éventrés, retournés, offrant un lamentable spectacle de désolation... Au cours des opérations qui se déroulèrent du 18 au 30 août 1944, 56 bombes au minimum tombèrent encore dans l'enceinte des Chantiers. Aux deuils irréparables s'ajoutaient des pertes matérielles considérables. Tous les immeubles avaient été atteints, dont certains, comme les bureaux de la direction et le magasin général, étaient entièrement détruits ; il n'existait plus aucune toiture, tous les engins de levage et les grues de cale étaient anéantis, un certain nombre des machines étaient touchées. Cependant, dès la première minute, c'est un acte de foi qui jaillit spontanément de la part de tous au milieu de cette effrayante désolation. »

19 août 1944
[Extrait d'une note intitulée "Modifications dans le fonctionnement de la Maison Worms & Cie" et datée du 24 février 1945.] « Le 19 août 1944, J. Barnaud a décidé de donner sa démission de ses fonctions d'associé gérant. » Selon de nombreuses autres sources et notamment les informations publiées, J. Barnaud a pris cette décision le 14 septembre 1944.

22 août 1944
Du Journal officiel de la République française : Ordonnance réglementant le régime des délégations provisoires.

24 août 1944
De Victor Duret, directeur général de la SFTP : [Extrait de sa déposition devant le juge Thirion en date du 7 décembre 1944.] « Au moment de la Libération la situation était la suivante : huit bateaux étaient à la disposition des Anglo-américains, deux étaient utilisés par les Allemands ; l'un d'eux avait d'ailleurs été coulé, et quatre étaient en avaries. »

24-26 août 1944
Libération de Paris.
[Voir le témoignage de Simone Tournier recueilli le 16 mai 1977, sur les semaines qui ont précédé la libération de Paris, la décision de Gabriel Le Roy Ladurie « de défendre Paris par tous les moyens qu'il avait ou aurait en sa possession » et les rencontres secrètes de celui-ci avec le général von Scholtitz. Narration circonstanciée de la journée du 26 août 1944.]

25 août 1944
De Lilian T. Mowrer, dans la revue "Concerning France" (publiée par The Union for Democratic Action, Educational Fund, Inc., New York) : Article intitulé "Synarchy and international Cartels". [Les informations contenues dans cet article et notamment celles mettant en cause la Maison Worms ont été référencées avec les documents concernant la synarchie dans les recueils annuels concernés.]
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre "Les Patrons sous l'Occupation. II", éditions Odile Jacob, 1995, coll. Opus 1997.] « Les services secrets américains ont suivi l'histoire [de la synarchie] de si près qu'après la Libération ils se passionnent encore pour la banque Worms et demandent à interroger son patron. »
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Société d'études privées. « Kilian Hennessy fut nommé administrateur, après la libération. Pierre Rosenstock reprit ses fonctions d'administrateur délégué et le conseil comprit alors Jean Vinson, président, Pierre Rosenstock, administrateur délégué, et Jean Cantacuzène, Georges Lauret, Roger Paringaux, Maurice Desoubry, Pierre de Villemajane, Martial Pitavino. »

[Après le 26 août 1944]
De William Mannings : [Extrait d'un témoignage recueilli le 10 mars 1977.] « Aussitôt, après la libération de Paris, alors que M. Hypolite Worms risquait d'être inquiété du fait de la participation au gouvernement de Vichy, jusqu'en décembre 1942, de M. Barnaud, M. Mannings fut rappelé et put reprendre son poste au 45, boulevard Haussmann, grâce aux démarches faites par M. Robert Labbé et par MM. Burness auprès de leurs ministères des Affaires étrangères respectifs, tant à Paris qu'à Londres. Bien que l'activité du charbon ait baissé, M. Mannings se souvient encore de certains chiffres d'après-guerre. Pour Port-Saïd seulement les commandes totalisaient quelques 50 à 60.000 tonnes par mois. En métropole, l'Électricité de France passait encore des ordres de 100.000 tonnes à la fois à cette époque-là. »

30 août 1944
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extraits d'une note du 5 septembre 1944 et d'un historique, non daté, classé en 1944.] Entrée au Trait des troupes canadiennes. Le sous-marin "L'Africaine" ainsi que les trois cargos de 1.150 tonnes, commandés par la Kriegsmarine le 22 octobre 1940, sont toujours sur cale.

Septembre 1944
Nouvelle campagne de presse : la Maison Worms est présentée comme ayant exercé une influence occulte sur les gouvernements de Vichy ou comme agent essentiel de ces gouvernements. Selon l'éditorialiste de L'Oeuvre, Hypolite Worms est l'inspirateur d'une politique de collaboration, réduite, il est vrai, aux affaires, pour masquer une politique attentiste. Sont stigmatisés les liens indirects ou directs avec la Maison de différents hauts fonctionnaires du gouvernement ou de l'administration du pays.
De Worms & Cie : Note intitulée "Les modifications apportées en septembre 1944 intéressant les articles 1er, 5, 10, 12 et 15 des statuts". Nomination de Robert Marcel Labbé associé gérant, et démission de Jacques Barnaud. Enregistrement des transferts de la part de Madame Labbé et de celle de Michel Goudchaux à leurs enfants respectifs. Nouvelle répartition des bénéfices, réserves, bénéfices non distribués et plus-values. Nomination de Monsieur Meynial gérant statutaire pour une durée de cinq ans.
De Worms & Cie : Note intitulée "Observations au sujet de la comparaison des bilans de la société Worms & Cie [31 août 1939 / 31 décembre 1943]". « Les Services charbons ont été les moins touchés par les destructions de guerre. Pourtant les dépenses nécessaires pour remettre l'équipement dans l'état où il se trouvait en 1939 sont d'ores et déjà estimées à plus de F 12.000.000. Les Services maritimes doivent d'ores et déjà considérer comme perdus 15 navires, dont le remplacement aux conditions actuelles de prix coûterait 549.500.000. Les 9 autres navires, s'ils sont rendus, auront certainement beaucoup souffert du service effectué pendant la guerre et du manque d'entretien. Les immobilisations de nos Services maritimes, en dehors des navires, ont subi F 8.877.000 de dommages résultant de faits de guerre. Nos chantiers de constructions navales sont totalement détruits. Leur reconstruction en l'état ancien est estimée, sur la base des prix actuellement pratiqués à F 258.000.000. C'est donc environ F 828.000.000 que coûterait la remise en état de notre équipement pour disposer des mêmes moyens de travail qu'en 1939. » [Voir note des Services charbons en date du 22 septembre 1944.]
De Worms & Cie : [Extrait d'une note sur Worms & Cie Anvers en date du 3 janvier 1948.] « La succursale a été rouverte dès la libération d'Anvers, c'est-à-dire en septembre 1944 et a peu à peu repris son activité avec toutefois certaines modifications entraînées par l'absence quasi complète de services réguliers tant Worms que Schiaffino et Nochap. »
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, Le Trait : [Document non daté, classé en fonction de la date la plus récente donnée dans le texte, soit septembre 1944.] Note intitulée "Déficit des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime sous l'occupation allemande". « On peut conclure que le bilan de quatre années d'occupation se solde pour nos Chantiers du Trait par plus de trente millions de pertes et par un montant de dommages de guerre dépassant 250 millions. » Tableaux indiquant les résultats (synthétiques et détaillés) d'exploitation des exercices au 30 septembre 1941, au 31 décembre 1942 et au 31 décembre 1943 ; du compte de pertes et profits de l'exercice 1941, de l'exercice 1942 et de l'exercice 1943.
De la Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'un discours daté du 7 décembre 1946.] « La Marine allemande avait pris possession des Chantiers et pendant quatre années, ceux-ci demeurèrent sous le contrôle de l'occupant. Leur activité qui ne fut qu'apparente, puisque notamment aucune réparation de navires allemands ne fut effectuée au Trait, comporta un ralentissement tel de notre productivité que deux lancements seulement furent opérés en quatre ans ; elle permit néanmoins d'arracher aux stalags non seulement la totalité, soit 125 membres de notre personnel qui y étaient retenus prisonniers, mais encore plus d'une vingtaine de prisonniers qui n'avaient jamais compté à notre effectif. »

1er septembre-20 octobre 1944
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] Voyage d'Anatole Bucquet à Alger où il obtient des informations sur Madagascar et notamment sur le "Château-Pavie" dont la gérance a été obtenue par les Messageries maritimes. Toutefois, à la suite des protestations de l'agent général de la NCHP et de M. Dhorne à Alger, sa gérance technique est confiée à la NCHP, les Messageries ne conservant que sa seule gérance commerciale, tout en acceptant, finalement, de rétrocéder aux agents de la NCHP sa consignation, dans les ports de la Grande Île. L'échange des immeubles 31, boulevard Malesherbes et 14, rue Auber entre la Maison Worms et la NCHP a eu lieu le 18 septembre. Cette opération s'est traduite par le versement d'une somme de F 1.950.000 de la Maison Worms à la NCHP. "Ville-de-Majunga" est passé le 1er septembre 1944 sous gérance française.

5 septembre 1944
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre "Les Patrons sous l'Occupation. II", éditions Odile Jacob, 1995, coll. Opus 1997.] Au sujet de la synarchie. « Dans les archives des services secrets américains, on retrouve des affabulations transmises par des réseaux de résistance et des "documents" qui montrent que la Synarchie a des adeptes jusqu'à Alger ! De nombreux membres de l'entourage du général de Gaulle sont ainsi dénoncés comme synarques. [Cf. par exemple un rapport de l'attaché militaire américain à Alger du 5 septembre 1944. La liste des synarques est devenue démesurée. On y retrouve entre autres le colonel Passy, le commandant Pelabon et André Diethlem.] »
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, Le Trait : Note. [Les informations ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés.] « Seuls de tous les chantiers français, les ACSM n'ont effectué ni réparation ni transformation de navires pour compte allemand... Sur un ensemble de commandes portant sur 8 sous-marins, 3 ravitailleurs d'escadre, 4 chalands citernes non automoteurs et 3 cargos à moteurs, les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime ont livré aux autorités allemandes sur les instructions de la Marine nationale, entre le 26 juin 1940 et le 30 août 1944, soit au cours de cinquante mois d'occupation : 1 sous-marin, 1 ravitailleur d'escadre et 1 chaland citerne non automoteur. [Les renseignements donnés dans cette note sont repris et développés dans un historique non daté, classé après le 23 septembre 1944.]

7 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] « J'ai été arrêté pour la première fois le jeudi 7 septembre à 9 h. du matin par deux inspecteurs de la police judiciaire. » Il est conduit au commissariat de la rue Amélie (Paris - 7ème arrondissement) où il subit deux interrogatoires, le premier sur diverses personnes dont René Dommange, député du 7ème, MM. Verge, Le Roy Ladurie, Barnaud, Lehideux, Bichelonne, ainsi que sur ses relations au ministère de la Production industrielle, et le second, une heure plus tard, sur son état-civil, sa situation, la raison de son arrestation, son appartenance à un parti politique... Formalités d'écrou et fouille. Son épouse intervient pour que lui soient restitués ses objets personnels. Il reste sur un banc jusqu'au lendemain. [Voir 8 septembre 1944.]
[Extrait d'une note sans émetteur, datée du 4 février 1947 :] « Le 7 septembre 1944 M. Le Roy Ladurie a, en même temps que M. Hypolite Worms, été mis en prison à Fresnes et inculpé d'intelligence avec l'ennemi. »
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Il faut lire au sujet [de l'arrestation d'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie], l'accumulation de non-sens, d'erreurs, de confusions de noms et de personnes à laquelle se livrèrent alors divers journaux, spécialement ceux à tendance communiste ou communisante, M. Worms fut d'ailleurs mis en liberté dès le début de 1945.

8 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] « A 16 heures, le commissaire de police, que je n'avais pas encore vu, me fit appeler pour me dire qu'il venait de recevoir des instructions de me libérer immédiatement. Je suis donc rentré chez moi, accompagné de Robert Labbé, qui venait justement me voir au commissariat. Le même jour, à 22 heures, au moment où j'allais me coucher, deux autres inspecteurs de la police judiciaire sont arrivés chez moi pour m'arrêter de nouveau ; d'autres ordres supérieurs, dirent-ils, ayant été donnés depuis ma libération, quatre heures plus tôt. Malgré mes protestations et celles de ma femme, ils m'amenèrent de nouveau, cette fois-ci à pied, rue Amélie. Après quelques minutes, les inspecteurs revinrent me dire que j'étais maintenu en état d'arrestation. » Il est gardé au commissariat de la rue Amélie pendant cinq jours, « couchant la nuit sur une table en bois qui, en temps normal, doit servir de réfectoire ». [Voir 10-11 septembre 1944.]

[Après le 8 septembre 1944]
A Robert Labbé : Note [sans date ni émetteur, classée après le 8 septembre en raison de la référence à l'arrestation des deux associés de la Maison, événement le plus récent mentionné dans le texte]. Société Le Molybdène et décision prise par le Blocus de placer la Maison Worms sous le contrôle d'un commissaire surveillant. « Tout le dossier de cette affaire aurait été apporté d'Alger à Paris par un fonctionnaire du Blocus, M. Viel qui, avec M. Bozel, a dépensé beaucoup d'ardeur contre la Maison Worms. A noter que la société Le Molybdène a été aussi placée sous le contrôle d'un commissaire surveillant. En raison de la notoriété dont il jouit, M. Dolisie a été lui-même désigné pour assurer sous sa responsabilité la fonction. Consortium maritime tunisien. Il semble que la mort de M. Lebrun Desoie et l'impossibilité où on est à Alger de reconstituer les pouvoirs qui lui auraient permis d'engager la Maison Worms gênent l'action du Blocus. La plainte contre M. Rougé est à l'instruction à Tunis, un avocat à Tunis et un autre à Alger suivent l'affaire. On espère qu'elle n'aura pas de suite sérieuse... M. Francheschi, successeur de M. Bienvenu, est beaucoup moins agressif, mais il a le souci de remplir exactement le mandat qu'il détient du Blocus, aussi est-il très assidu. Il connaît les arrestations des associés gérants de la Maison Worms et en tire deux conclusions : 1° - en vertu des pouvoirs très étendus donnés au commissaire surveillant à Alger par l'arrêté du 23 novembre 1943, celui-ci doit soit se rendre à Paris pour y exercer son contrôle, soit demander la nomination d'un commissaire surveillant adjoint qui remplira sur place la mission. Il paraît à peu près certain que M. Francheschi a posé la question aux services du Blocus à Alger et à Paris. 2° - Les pouvoirs des directeurs de la Maison Worms & Cie à Alger sont sans valeur puisqu'ils émanent de procuration de deux associés gérants qui, estime M. Francheschi, sont actuellement dans une situation juridique assimilable à celle d'un incapable. De ce fait, des délégations provisoires devraient être données pour la direction de la Maison Worms & Cie à Alger dans les conditions prévues par l'ordonnance du 22 août 1944 ci-incluse. M. Dhorne et M. Guérin pourraient être délégués provisoires, comme M. Carette l'est pour la Setem, mais leur désignation n'est pas certaine et même si elle est faite, elle peut être rapportée avec un préavis de quinze jours, ce qui laisse la place ouverte à tous les risques. Jusqu'à présent, M. Francheschi a été "contenu" par M. Guérin sur ce point particulier, mais si un concours pouvait être apporté aux deux directeurs d'Alger pour consolider leurs pouvoirs, il serait bon de le leur fournir. En tout cas, le régime de la délégation provisoire ne recommande pas que M. Dhorne et M. Guérin quittent, même momentanément, leurs postes. »

9 septembre 1944
Du journal "Combat" : Article intitulé "Le banquier Worms, bailleur de fonds de Doriot, est arrêté ainsi que Darquier de Pellepoix, Fonck et le gouverneur Brévié". « L'épuration continue. D'Alger, "Radio-France" annonce l'arrestation de Darquier de Pellepoix, ancien commissaire aux Affaires juives. A Paris, le ministère de l'Intérieur communique une nouvelle liste d'arrestations où figurent les noms suivants : René Fonck, industriel, colonel de réserve de l'aviation ; le gouverneur Brévié, ex-ministre des Colonies ; de Rohan-Chabot, directeur de la Croix-Rouge ; Baptiste Barbagelata, délégué départemental au Ravitaillement général de la Seine ; Paul de Montaignac, secrétaire général de l'Écho de la France ; Maxime Biahn, dit Max Bihan, journaliste ; Henri Kobler ; Gabriel Le Roy Ladurie, frère de l'ancien ministre de Vichy, et Worms, banquier. Ce dernier est l'une des figures les plus étranges de la haute finance. Armateur, puis propriétaire d'une des plus grosses maisons d'importation de charbon, Worms avait, dans la période qui sépare les deux guerres, réussi à contrôler un très grand nombre d'affaires parmi lesquelles la société des machines Japy, dont Pucheu fut directeur général. Worms avait "ses" hommes et aussi "ses" journaux. C'est ainsi qu'un de ses contrôleurs se trouvait installé avant la guerre au siège de l'organe doriotiste, "La Liberté", dont le rédacteur en chef n'était autre que Paul Marion. Depuis l'armistice, Worms avait cherché à jouer sur deux tableaux. Tout en se tenant lui-même, à l'écart, il avait traité de nombreuses affaires avec les Allemands, par l'intermédiaire de son directeur général, Gabriel Le Roy Ladurie, frère de l'ancien ministre vichyssois. »
Du journal "Le Parisien libéré" : Article intitulé "Les trusts sont atteints - Arrestation de MM. Worms et G. Le Roy Ladurie". « Spécialisée dans les affaires internationales - la banque Worms s'intéressait à toutes les affaires possibles : monopole de tabacs en Iran, transports de charbon, etc. Le groupe Worms avait formé avant guerre un "Brains Trust" qui comprenait MM. Lehideux, Pucheu, Bouthillier, Berthelot, Marion, et c'est ce groupe qui fut à la base de la formation du PPF. Nous allons le voir agir à Vichy quand Darlan devint "Dauphin". Autour de l'amiral de la flotte, le groupe Worms va se coaguler. Lehideux à la Production, Pucheu à l'Intérieur, Bouthillier aux Finances, Berthelot aux Communications, Jacques Le Roy Ladurie à l'Agriculture, vont tout couvrir, tout vendre à l'encan. »
Du journal "Le Franc-tireur" : Article intitulé "Enfin, une véritable épuration ! Arrestation des financiers Worms, Mirabaud, Le Roy Ladurie et de Darquier de Pellepoix". « A tout seigneur, tout honneur et nous ouvrirons la liste par le banquier Hyppolite [sic] Worms, l'un des personnages les plus marquants de la haute finance. Ce financier, qui contrôlait un nombre d'affaires très important et sur lesquelles nous aurons bientôt l'occasion de revenir, a exercé pendant longtemps une influence occulte, mais redoutable, sur la politique de son pays. L'interpénétration industrielle et financière, par le jeu des conseils d'administration, lui avait permis d'étendre son contrôle jusqu'à la plupart des industries vitales de la Nation. Armateur importateur, charbonnier, pétrolier, banquier, il détenait également la majorité dans la société des machines Japy, où nous retrouvons feu Pucheu, le ministre de l'Intérieur de Pétain, comme directeur général. Une telle puissance devait avoir son expression écrite et ses serviteurs à gages. Aussi bien, voyons-nous, dès 1937, l'ombre de Worms se glisser derrière plusieurs journaux, parmi lesquels la "Liberté" de Doriot, dont le rédacteur en chef n'était autre que Paul Marion. On peut dire que cette ombre "éclairait" singulièrement. La direction générale de la banque d'affaires Worms était confiée à Gabriel Le Roy Ladurie, le frère même de l'ancien ministre vichyssois de l'Agriculture, qui traitait directement avec les Allemands les affaires de son patron, lequel pensait être assez habile en ne se "mouillant" pas lui-même. »
Les mêmes allégations sont reprises dans :
- "Libération" : Article intitulé "L'épuration ! De Rohan-Chabot, directeur de la Croix-Rouge, René Fonck, le banquier Worms sont arrêtés ainsi que Darquier de Pellepoix" [voir Henri Du Moulin de Labarthète, "Le Temps des illusions", p. 365 : « "Libération" du 9 septembre 1944 annonçait en ces termes l'arrestation d'H. Worms, boulevard Haussmann : "Depuis l'armistice, Worms avait cherché à jouer sur les deux tableaux. Tout en se tenant lui-même à l'écart, il avait traité de nombreuses affaires avec les Allemands par l'intermédiaire de son directeur général Gabriel Le Roy Ladurie, frère de l'ancien ministre vichyssois." Le banquier ne resta pas longtemps "à l'ombre". »
- "Aube" : Article intitulé "Nouvelle fournée de collaborationnistes - l'aviateur Fonck, le banquier Worms, de Rohan-Chabot et Cie" ;
- "Front national" : Article intitulé "Darquier de Pellepoix est en prison" ;
- "Populaire" : Article intitulé "Ces Messieurs de la Santé... Worms, Darquier de Pellepoix...".

9-10 ou 10-11 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] Dans la nuit, un agent de police profère des menaces à l'encontre d'Hypolite Worms, détenu au commissariat de la rue Amélie : il suggère qu'on le fusille tout de suite, qu'on le pende par le menton, etc. Sur le moment, Hypolite Worms imagine que ces menaces de mort vont être exécutées sous prétexte d'une tentative d'évasion. [Voir 12 septembre 1944.]

9-28 septembre 1944
Revue de presse : Principaux articles sur les arrestations d'Hypolite Worms et d'autres industriels et financiers.

10 septembre 1944
Du journal "Ce soir" : Article intitulé "Le banquier Worms". Au sujet de son arrestation ainsi que de celle de Gabriel Le Roy Ladurie ; le ton et la teneur de cet article sont identiques à ceux des journaux parus la veille.
Du journal "Défense de la France" : Article intitulé "Où en est l'épuration ? Voici à l'heure actuelle la liste des personnalités arrêtées et détenues à Drancy, à la Santé et à la Petite-Roquette". Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie sont cités dans cette liste.
Du journal "Résistance" : Article intitulé "Une liste qui doit s'allonger vite... Ces Messieurs de la collaboration réfléchissent à Drancy, à la Santé et à la Petite-Roquette sur les beautés du nazisme en attendant leur jugement". Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie sont cités dans cette liste.

11 septembre 1944
De Claude Martial, du journal "Libération" : Extrait d'un article intitulé "Timide cette épuration... Ceux qu'on arrête, qu'on relâche, qu'on épargne...". « Les Montigny, les Le Roy Ladurie, les Cathala, les Baudouin, les Alibert, toute cette clique maréchalesque et lavalienne dont il ne suffit pas que le public ait oublié les noms pour que la chancellerie oublie les dossiers. C'est par eux qu'il faut commencer puisqu'ils étaient les têtes de la collaboration consentie, avachie, humiliante et déshonorée de Bordeaux et de Montoire... Ensuite il y a les comparses ou les complices. Ceux que l'on arrête parfois et que l'on relâche souvent. Le ministre de l'Intérieur d'hier, M. Emmanuel d'Astier, avait fait arrêter le financier Worms et Le Roy Ladurie, frère de l'autre. Il est bien sûr que le ministre d'aujourd'hui, M. Tixier, restera sourd aux interventions qui risquent de se produire - si ce n'est déjà fait - en faveur de ces deux profiteurs de la défaite... »
Du journal "L'Humanité" : Extrait d'un article intitulé "Enfin des hommes des trusts sous les verrous !". « Ces derniers jours ont eu lieu quelques-unes des arrestations les plus attendues par les patriotes : c'est tout d'abord celle de Worms, un des hommes les plus malfaisants de la haute finance : armateur, importateur de charbon et de pétrole, banquier, Worms avait ses hommes, ses journaux qui travaillaient pour lui. Avant la guerre, Doriot et Marion conduisaient la "Liberté" selon ses ordres ; depuis 1940, c'est Gabriel Le Roy Ladurie, le frère du ministre vichyssois, qui couvrait les fructueuses affaires de Worms avec les Allemands. Le chef comme le prête-nom sont maintenant sous les verrous. »
Du journal "Le franc-tireur" : Extrait d'un article intitulé "Oui ou non !". « Est-il vrai, comme le bruit en courait hier soir, qu'il est question de libérer, entre autres, le banquier Worms, qui fut l'homme de la Synarchie, le financier de Vichy et de la trahison, le bailleur de fonds du PPF de Doriot ? Il y a trois jours, toute la presse de la Résistance applaudissait avec nous à l'arrestation de Worms. Nous avons crié bravo comme les autres. Certes, nous savons qu'à partir d'un certain nombre de millions mal acquis il est possible encore de faire intervenir des personnes, parfois honorables et souvent abusées, pour obtenir des libérations. La raison ne nous paraît pas suffisante. On a mené, à Drancy et ailleurs, des petites gens qui, par bêtise ou sordide cupidité, avaient commis des fautes que nous n'excusons pas. Va-t-on nous dire que dans le barème des délits et des crimes il y a un plafond de fortune et de situation au-dessus duquel les traîtres sont inviolables ? C'est de Worms qu'il s'agit aujourd'hui. Mais il en est d'autres dont nous connaissons le dossier. Au lendemain de la formation du nouveau ministère, le cas Worms - si Worms il y a - est une pierre de touche. Nous attendons le gouvernement à ses actes... Rien à changer depuis trois jours dans notre politique envers les gens de l'espèce Worms. »
De Michel François, au ministre de l'Intérieur : Témoignage de ce résistant (réseau "Alliance") en faveur de Gabriel Le Roy Ladurie. Interventions de ce dernier depuis juin 1941. [Les informations ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés.]

12 septembre 1944
Du journal "Combat" : Extrait d'un article intitulé "L'ancien ministre Caziot et Grisoni, maire de Courbevoie, ont été arrêtés". « Dans certains milieux circulent des rumeurs, non confirmées d'ailleurs, selon lesquelles M. Tixier, ministre de l'Intérieur, aurait été - ou serait - l'objet de démarches pressantes tendant à obtenir la libération du banquier Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie, collaborateurs notoires, arrêtés récemment. Rien ne permet de penser que de telles démarches puissent avoir d'autres conséquences que de compromettre gravement leurs auteurs. »
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] « Le mardi 12 septembre, à 11 h. 30, deux inspecteurs de la police judiciaire vinrent me chercher pour m'amener à Drancy. Arrivé à Drancy, après avoir passé par le bureau de la direction, on me fit rentrer dans le bureau du chef de camp, où je restais une demi-heure. A ce moment-là, le chef de camp vint dire aux inspecteurs que contrordre était donné en ce qui me concerne et qu'on devait m'amener à Fresnes. Nous repartons, les deux inspecteurs et moi, et, comme la voiture s'arrêtait à la police judiciaire, sur une question posée par moi, les inspecteurs dirent qu'ils venaient prendre des ordres. On me fit descendre de voiture et on me mit dans un petit bureau où plusieurs inspecteurs lisaient le journal ou parlaient entre eux. Va et vient continuel qui dura de 1 h. à 5 h. de l'après-midi, lorsque deux nouveaux inspecteurs, sur un ordre reçu, me demandèrent de les suivre et me dirent qu'ils avaient ordre de me ramener à Drancy. Après avoir passé dans les bureaux de la direction, on me mit dans une chambrée de dix personnes, dans l'aile où se trouvaient toute une série de personnalités marquantes : Taittinger, Romanozzi, Coquelin, Ripert, des Finances, Hericault, Jean Berthelot, Sacha Guitry, général Herbillon, Paul Chack, etc. Séjour de deux jours à Drancy. » [Voir 14 septembre 1944.]
De Gaston Bernard : [Extrait d'une note, portant le n°1 et adressée au juge d'instruction Georges Thirion, le 13 octobre 1944.] « "ministère public contre Worms Hypolite, Le Roy Ladurie". Par votre ordonnance en date du 12 septembre 1940, vous avez bien voulu me commettre dans cette affaire, aux fins d'expertise... »

13 septembre 1944
De Georges Cogniot, du journal "L'Humanité" : Extrait d'un article intitulé "Forces occultes". « Depuis 48 heures, des bruits inquiétants pour les patriotes - circulent sur le prochain élargissement du banquier Worms, grand financier de l'anti-France. Qu'on essaie de vérifier ces bruits et l'on apprend sans peine qu'en effet d'innombrables coups de téléphone sont donnés, des démarches pressantes sont effectuées en faveur de l'intéressant personnage. »
Du journal "Le Canard enchaîné" : Manchette intitulée "Lehideux, Gignoux, Worms... Plus que 197 familles".
De Gabriel Le Roy Ladurie, à Hypolite Worms, Paris : « Étant arrêté, et par conséquent dans l'impossibilité de remplir actuellement mes fonctions, je vous prie d'accepter ma démission de directeur de vos Services bancaires. »
De Worms & Cie : Circulaire. Robert Labbé, qui occupait le poste de fondé de pouvoirs général de la Maison, est nommé associé gérant et Raymond Meynial qui occupait le poste de directeur adjoint des Services bancaires, est désigné comme gérant statutaire. [Voir à ce sujet, un historique non daté, classé en 1944.]
[Extrait d'une note intitulée "Modifications dans le fonctionnement de la Maison Worms & Cie" et datée du 24 février 1945.] « G. Le Roy Ladurie a remis le 13 septembre sa démission de directeur des Services bancaires. En conséquence, Robert Labbé, ancien inspecteur des Finances, a été désigné, le 13 septembre 1944, comme associé gérant, et Raymond Meynial a été désigné comme gérant statutaire. Guy Brocard, précédemment sous-directeur, a été nommé directeur des Services bancaires. »
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Nouvel acte social de Worms & Cie. État civil des associés-gérants et des commanditaires. Répartition du capital. Partage du surplus des bénéfices. Répartition des réserves et bénéfices non distribués ainsi que des plus-values du capital. Pouvoirs des gérants. Procurations ou pouvoirs confiés à tous employés, chefs de comptoirs... Décès ou départ de l'un des associés ayant la signature sociale.

[Après le 13 septembre 1944 et avant le 1er janvier 1945]
De Worms & Cie : Liste [non datée] des signatures autorisées pour le siège social et les directions des différents services et les succursales. [Le classement de ce document dans cet intervalle se fonde sur le fait que Robert Labbé et Raymond Meynial, nommés gérants le 13 septembre 1944, y figurent en cette qualité, et que certains membres du personnel des Services bancaires occupent des postes inférieurs à ceux de la liste du 1er janvier 1945.] Gérants. Secrétariat général. Contrôle financier. Service étranger. Services charbons, bois et combustibles liquides : direction générale à Paris, succursales à Angoulême, Bayonne, Bordeaux (charbons et foresteries), Le Havre, Marseille, Nantes, Rouen et Tours. Services maritimes : direction générale à Paris (direction commerciale, contrôle financier, transit, trafic, service central aérien, service technique, services administratifs, manutentions, consignations, armement), succursales à Bordeaux, Boulogne, Brest, Caen, Dunkerque, Dieppe, Le Havre, Lorient, Marseille, Rouen, Toulon, Alger, Sfax, Tunis. Succursales à l'étranger ; Anvers, Gand, Rotterdam, Port-Saïd, Alexandrie, Le Caire, Suez. Services bancaires : Paris, agences à Marseille, Alger et Casablanca.

13, 14 et 18 septembre 1944
Des Affiches parisiennes - Petites affiches : [Extrait d'une annonce en date du 4-6 octobre 1944.] Réception par Me Rivière, notaire, de trois actes modifiant l'acte social de Worms & Cie, actes enregistrés à Paris : le 1er, le 18 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 2 ; le 2ème, le 18 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 1 ; le 3ème, le 20 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 7.
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 5 décembre 1951.] Modifications de l'acte social déposées au greffe du tribunal de commerce de la Seine le 29 septembre 1944.

14 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] Détention à Drancy. « Le jeudi 14 septembre, à 17 h., le haut-parleur m'appelait en bas avec tous mes bagages. Je trouvais trois inspecteurs de la police judiciaire, dont le chef était le même qui m'avait pris rue Amélie pour m'amener à Drancy deux jours plus tôt, et me dirent avoir l'ordre de m'amener à Fresnes. Arrivé là à 19 h., après les formalités d'écrou et de fouille, on me mit dans une cellule provisoire pour la nuit. Puis, je fus transféré, le lendemain matin dans une autre cellule où se trouvaient déjà deux détenus : un vendeur des Trois-Quartiers, membre du PPF et un mécanicien, membre du RNP. J'étais, bien que prévenu seulement, comme les autres au secret. » Il y est incarcéré jusqu'à sa mise en liberté provisoire le 21 janvier 1945. [Voir 15 septembre 1944.]
De Worms & Cie : Circulaire. Jacques Barnaud résigne ses fonctions de gérant de la Maison, démission constatée statutairement par un acte dressé par Me Rivière, notaire à Paris. [Voir à ce sujet, un historique non daté, classé en 1944.]
De Jacques Barnaud : [Extrait de son audition par le président Dhers en date du 2 mai 1950.] « Le 14 septembre 1944, j'ai donné ma démission de gérant de la société Worms & Cie ; mais, suivant les termes des statuts j'en suis resté commanditaire puisque j'avais une part dans le capital. Ma lettre de démission vous expliquera [mes] raisons... La voici : "Messieurs, Un des nôtres, M. Hypolite Worms, a été arrêté pour des motifs que j'ignore, mais je crains que cette décision ait pu être influencée par les fonctions officielles que j'ai occupée depuis l'armistice de juin 1940 jusqu'au mois de novembre 1942. Vous savez que ces fonctions que j'ai cru devoir accepter pour servir notre pays dans la période la plus douloureuse de son histoire n'ont eu aucune influence sur la vie de notre Maison dont j'ai cessé entièrement de m'occuper pendant cette période ; vous savez également que si je n'ai pas alors abandonné mes responsabilités de gérant, c'est qu'il eut été impossible à cette époque de reconstituer normalement la gérance de notre Maison sans lui faire courir les plus grands périls. Mais j'estimerais profondément injuste qu'aujourd'hui M. Hypolite Worms ou notre Maison pût souffrir d'avoir comme associé gérant un homme qui a cru devoir servir officiellement son pays sous l'occupation allemande. C'est la raison pour laquelle je vous remets ma démission de gérant de la Maison Worms & Cie en vous demandant qu'il me soit fait application des articles 11 et 15 des statuts." Ces articles 11 et 15 déclarent que, lorsqu'un gérant donne sa démission, sa part dans les bénéfices est réduite à celle d'un commanditaire. »
De Jacques Baraduc, avocat à la Cour, Paris, à Hypolite Worms : [Extrait d'une note datée du 5 mars 1947.] « M. Barnaud a démissionné en septembre 1944 et demeure simple commanditaire. M. Labbé Robert le remplace comme associé gérant et M. Meynial, directeur adjoint devint cogérant non associé. »

[Après le 14 septembre 1944]
De Worms & Cie : [Historique non daté, classé après le 14 septembre 1944 en raison de la référence faite à la démission de Jacques Barnaud, événement le plus récent cité dans le texte. Les informations concernant l'évolution de la Maison à partir du 2 mai 1904, date de la nomination de Michel Goudchaux fondé de pouvoir général, ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés. Voir un historique classé en 1946, qui précise certaines de ces informations.]

15 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] Hypolite Worms apprend que Gabriel Le Roy Ladurie est écroué dans une cellule voisine de la sienne et que, arrêté le même jour que lui, il a "échoué là après diverses péripéties". [Voir 19 septembre 1944.]

[Après le 16 septembre 1944]
De [Jacques Barnaud], à [Hypolite Worms, Fresnes] : Note [sans date, ni émetteur, ni destinataire, attribuée à Jacques Barnaud en raison des postes d'administrateurs occupés par l'auteur, et classée après le 16 septembre 1944, seule date indiquée dans le texte.] « J'ai adressé ma démission d'administrateur de la Société française de transports pétroliers le 16 septembre... J'ai donné également ma démission d'administrateur de la Havraise à la même date... J'ai également démissionné d'Air France. » Installations intactes au Havre, à Bordeaux, à Bayonne, à Marseille et Toulon. Espoir de renflouer "Château-Larose". Bucquet est parti pour Alger où les nouvelles sont très bonnes, plus particulièrement des Services bancaires. Projet d'envoyer Grédy à Londres et Port-Saïd. « Sur le plan général de l'avenir du Trait, impression très satisfaisante. » Projet d'obtenir les trois petits cargos en construction au Trait.

18 septembre 1944
Du journal "La Défense nationale" : Extrait d'un article intitulé "Une imposante manifestation à la salle Pleyel - le Mouvement de libération nationale réclame l'arrestation de Pétain et de tous ses ministres". « Le discours de M. Lacoste... Le ministre confirme qu'à la tête de l'État français on trouvait les représentants des trusts comme Barnaud, comme la banque Worms, qui furent les responsables de la mainmise de l'Allemagne sur toute l'économie française. D'où la nécessité impérieuse d'épurer celle-ci, avec justice mais fermeté, et de faire participer le peuple à sa direction. »
Des Affiches parisiennes - Petites affiches : [Extrait d'une annonce en date du 4-6 octobre 1944.] Réception par Me Rivière, notaire, d'un acte par lequel M. Meynial accepte expressément les fonctions à lui dévolues en qualité de gérant statutaire, acte enregistré à Paris, le 20 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 8.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] La démission de Jacques Barnaud « entraîna diverses modifications dans les statuts de la société, modifications qui furent enregistrées dans un acte du 18 septembre 1944. Dans l'art. 1, la société n'était plus en nom collectif qu'entre Hypolite Worms et Robert Marcel Labbé, M. Barnaud passant parmi les associés commanditaires. Dans l'art. 10, la proportion des superbénéfices (au-delà de 2 millions) dont bénéficiait M. Barnaud comme associé-gérant (15%) était ramenée à 3% et les 12% rendus libres étant ajoutés aux 2% à la disposition de la gérance et portés ainsi à 14%. De même la répartition des réserves, bénéfices non distribués et plus-values fut modifiée comme il suit : Hypolite Worms (38,27%), Robert Marcel Labbé (11,42%), Mme Fauchier-Magnan (6,17%), Mme Fauchier-Delavigne (6,17%), Mme Lebel (6,17%), Mme Razsovich (5,65%), héritiers Leroy (5,65%), Mme Blanchy (4,74%), Mme Desforges (4,73%), Mme Boccon-Gibod (4,73%), M. Barnaud (3,70%), Léon Labbé (2,78%), Enfin, la société était dorénavant gérée et administrée par MM. Worms et Labbé co-gérants solidairement responsables et Raymond Meynial gérant statutaire déjà nommé. »
De Gladys Worms, à Me Lénard, avocat à la cour, Paris : « Comme suite à notre récent entretien, je vous serais reconnaissante de bien vouloir assister, conjointement avec Me Poignard, mon mari, M. Hypolite Worms. »
De Gladys Worms, à Me Poignard, avocat à la cour, Paris : Même objet que ci-dessus.

19 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] « Le mardi 19, nous sommes, Gabriel et moi, [amenés par] trois inspecteurs des délégations judiciaires, en voiture, menottes aux mains, à la préfecture de police, où un commissaire, Monsieur Peres [ou Pérès] m'interroge pendant quelques minutes et me dit que j'allais être inculpé par le juge d'instruction Thirion de commerce avec l'ennemi - article 75 - et qu'il m'avait fait venir avec Le Roy Ladurie, suivant commission rogatoire, pour perquisitionner au bureau, à mon domicile et chez Gabriel. Matinée passée au bureau : perquisition ; à mon domicile, passage rapide et perquisition faite d'une façon, du reste, parfaitement correcte. Retour à la préfecture où j'attends Gabriel et le soir retour à Fresnes. » [Voir 23 septembre 1944.]

20 septembre 1944
Du journal "L'Aube" : Extrait d'un article intitulé "Le Conseil national de la résistance et l'épuration". « Déjà les dirigeants et créatures des trusts les plus compromis s'efforcent de battre en brèche l'oeuvre de justice. Le ministère a donné à la Commission l'assurance que ne sera pas remise en cause la nomination des magistrats qui ont osé porter la main sur ces puissances en ordonnant notamment l'incarcération des Lehideux, Duchemin, Worms, Mirabaud, etc. et ouvert des informations contre quelques-uns de leurs pairs. »
Du journal "L'Humanité" : Article intitulé "A la commission de justice du Conseil national de la résistance". Même ton et même teneur que l'article de "L'Aube".
Liste des personnes suspectes du trust Worms : Note [la date a été retrouvée dans le dossier versé aux Archives nationales.]
De Worms & Cie, à l'inspecteur chargé de l'enquête judiciaire : État civil avec dates et lieux de naissance, adresse complète des associés gérants (y compris Michel Goudchaux) et des associés commanditaires. Dates d'entrée en fonction des associés gérants, de la démission de Michel Goudchaux, carrière de Jacques Barnaud, de Jean, Léon et Robert Labbé.

21 septembre 1944
Du journal "Combat" : Article de même teneur que celui paru dans "L'Aube" le 20 septembre 1944.
Des Services charbons, à Worms & Cie Paris : Liste des succursales et agences en France et à l'étranger, avec mention de leurs adresses complètes. Bayonne, Bordeaux, Saint-Cyprien, Agen, Angoulême, Dieppe, Le Havre, Marseille, Nantes, Angers, La Riche, Tours, Rouen, Trémaouézan, Alger, Port-Saïd, Cardiff, Grimsby, Newcastle, Swansea, Tunis, Duisburg (?), Dantzig (?). [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]

22 septembre 1944
Des Services charbons : Note intitulée "Étude comparative des bilans France 1939/1943". « Dans le domaine activités principales : appauvrissement certain, accusé plus particulièrement par les postes immobilisations, stocks, débiteurs. Dans le domaine activités annexes : grave incertitude sur le dénouement final de ces opérations, les risques actuels ne pourront être connus et chiffrés que lorsque ces activités seront complètement liquidées. »
Des Services maritimes : Note intitulée "Récapitulation des dommages résultant des faits de guerre enregistrés par la direction générale des Services maritimes". Tableaux concernant la flotte (nom des vapeurs, âge, valeurs d'acquisition, d'assurance en 1939 et en 1944, valeur des navires perdus ou supposés tels), concernant la soulte, immeubles et hangars (Brest, Caen, Dieppe, Dunkerque, Le Havre), matériel flottant, mobilier - agencement - matériel (toutes succursales).

22 septembre 1944
Du journal "Marbuger Zeitung", Marburg-Drau : Article intitulé "Pourquoi Pucheu fut condamné à mort ? - Le sort de l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy - Un traître qui voulait "toujours en être". « Radio-Brazzaville annonce que l'ancien ministre de l'Intérieur du gouvernement de Vichy aurait été condamné à mort à Alger, condamnation prononcée par un "tribunal spécial" créé, sur ordre des Anglo-Américains, par le Comité d'Alger, pour juger tous les Français qui ont été au service de Vichy... Pucheu n'était rien moins qu'un ami de l'Allemagne. II était depuis des années au service de la banque Worms, de Paris, dont il était le dirigeant politique. Avant l'armistice il fut nommé directeur général de l'entreprise pour la réforme des industries d'armement financées et lancées par lui. Autrefois déjà le Konzern Worms s'efforçait de gagner, par l'intermédiaire de ses représentants, une influence décisive dans les affaires de l'État ; c'était là un objectif dont l'obtention lui paraît encore plus urgente après la débâcle, parce que, du point de vue juif, on tenait naturellement à liquider l'Allemagne. Après la chute de Laval le 13 décembre 1940, le chemin était ouvert à Vichy, pour les représentants de la banque Worms. Pucheu fut ministre de la Production industrielle et même, sous Darlan, ministre de l'Intérieur. Le plan de Pucheu était d'amener peu à peu la France à un état qui devait permettre aux Anglo-Américains, dans la phase finale, supposée victorieuse, de la guerre, d'engager encore une fois contre l'Allemagne le peuple français et ses ressources disponibles... Lorsqu'au début de la guerre à l'Est, le communisme commença à s'agiter en France, Pucheu crût bon d'opposer aux agents soviétiques en France, des moyens policiers énergiques. Il croyait naïvement agir pour les Anglo-Américains... Son erreur ne contribua qu'à sa condamnation irrévocable. Pucheu fut renversé par le retour de Laval et sa nomination comme chef du gouvernement le 18 avril de l'année dernière. Depuis lors il n'aspira plus qu'à se tourner ouvertement de l'autre coté... S'il y avait été bien vu, il aurait été tenu au courant de l'"entreprise Roosevelt" en Afrique du Nord... Il passa de nuit la frontière d'Espagne où il fut arrêté ; le consul de France le fit libérer et envoyer à Lisbonne où l'ambassadeur anglais lui permit de s'envoler pour le Maroc. Pucheu y arriva non comme ancien ministre de l'Intérieur de Vichy, mais comme ce qu'il avait toujours été et était resté, comme chef des représentants du Konzern Worms, dont les ambitions étaient connues partout. Mais, entre-temps, au Maroc, la banque Morgan avait acquis la suprématie. Pucheu fut tout de suite interné à Casablanca et transféré plus tard dans la prison de Meknès. Après que le Comité d'Alger eut constitué le "tribunal de vengeance" et nommé une "commission d'épuration", Pucheu fut transféré à la prison militaire d'Alger... Sa condamnation à mort est applaudie de tous... »

23 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie sont conduits au quai des Orfèvres pour un interrogatoire sur leur état civil ; ils sont formellement inculpés d'atteinte à la sûreté extérieure de l'État sous forme de commerce avec l'ennemi, et placés sous mandat de dépôt par le juge d'instruction Georges Thirion. Cette procédure « régularisant ainsi une situation anormale, puisque, en fait, [H. Worms était] arrêté depuis quinze jours par une autorité autre que celle du juge d'instruction, qui avait reçu ordre de [l]'inculper ». [Voir 26 septembre 1944.]
Du juge d'instruction Georges Thirion, Tribunal de première instance du département de la Seine : Mandat de dépôt. « Nous, juge d'instruction,... ordonnons à tous huissiers ou agents de la force publique de conduire en la maison d'arrêt - Fresnes - en se conformant à la loi, Worms Hyppolite, 55 ans, inculpé d'atteinte à la sûreté extérieure de l'État... » [Les deux chefs d'inculpation concernent la livraison de sous-marins à l'ennemi et les relations des services bancaires avec des banques allemandes. Ouverture de l'instruction.]
A M. Fosset, Villy Maligny (Yonne) : « Nous avons tous été profondément affectés d'une incarcération dont les motifs nous échappent... Tous nos collaborateurs nous ont, à cette occasion, manifesté la plus grande sympathie. »

[Après le 23 septembre 1944]
De Worms & Cie : [Note non datée, classée après le 23 septembre 1944 en raison de la référence faite à l'inculpation d'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie, événement le plus récent cité dans le texte.] « Hypolite Worms a été arrêté le 7 septembre 1944 et inculpé le 23 d'atteinte à la sûreté extérieure de l'État, sous forme de commerce avec l'ennemi. Gabriel Le Roy Ladurie a fait l'objet de la même inculpation. La gravité exceptionnelle de cette accusation nécessite la mise au point suivante afférente à la période juin 1940-août 1944. » Position des départements de la Maison à l'égard des autorités d'occupation. [Les informations recoupent les données recueillies dans différentes notes et réparties dans les recueils annuels concernés.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : « Ils sont considérés par le Comité d'organisation de la construction navale ainsi que par les fonctionnaires des services des Constructions navales au ministère de la Marine comme ayant été parmi les chantiers les plus résistants. Sur le plan financier, leur bilan de quatre années d'occupation se solde par plus de trente millions de pertes et un montant de dommages de guerre dépassant 250 millions ». Services maritimes : « Tous les navires [de la Maison] encore à flot naviguent soit sous contrôle britannique, soit pour le compte des alliés. » Services charbons : vente de faibles tonnages de charbon français, reconversion dans les tourbières, les foresteries. « La Maison a dû céder aux autorités allemandes sur réquisition de celles-ci un tonnage insignifiant de sa production de charbon de bois. » Banque : « Des pressions très violentes [des autorités allemandes] ont été exercées en vue d'obtenir des cessions de participations notamment dans Franconed (filiale hollandaise), Société de produits chimiques de terres rares, Fournier-Ferrier, Société des mines de Montmins (tungstène), Chantiers des Oeillets (molybdène). « Le montant du chiffre d'affaires avec des ressortissants allemands passés par l'intermédiaire de la Banque de France n'atteint pas 1 ½ % du chiffre d'affaires total des opérations de même ordre traitées par les banques de la place de Paris. Sur l'ensemble des opérations traitées en France, cette proportion est encore beaucoup plus faible. Dans toutes les branches de son activité, la Maison Worms, placée dans une position particulièrement difficile par suite de la présence d'un commissaire allemand dans ses chantiers, n'a cessé d'opposer pendant quatre ans une résistance tenace et efficace à toutes les exigences de l'ennemi. »
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, Le Trait : "Activité des chantiers du Trait depuis le 25 juin 1940". Historique (1940-1944) [non daté, classé ici dans la mesure où sa conclusion se réfère à l'accusation portée contre la Maison Worms d'avoir livré du matériel de guerre à l'Allemagne, laquelle constitue l'un des deux chefs d'inculpation prononcés contre Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie, le 23 septembre 1944. Les renseignements ont été répartis dans les recueils annuels concernés. Ce document, qui complète les informations données dans une note du 5 septembre 1944, est repris presque mot à mot dans une note adressée à Me Lénard le 29 octobre 1944.] Conclusions : « L'accusation portée contre la Maison Worms d'avoir livré du matériel de guerre à l'Allemagne en vue de faciliter au Reich la poursuite des hostilités, ne supporte pas l'examen, puisque les livraisons de sous-marins effectuées l'ont été non point par la Maison Worms mais par les autorités françaises, qu'elles portaient sur du matériel appartenant à l'État français qui était considéré comme prises de guerre, et qu'effectuées malgré tous les efforts en sens contraire de la Maison Worms, ces livraisons, qui ne portaient que sur du matériel dépourvu de toute utilité militaire, n'eussent pu être définitivement évitées, la Maison Worms étant sous la coupe d'un commissaire allemand depuis octobre 1940. »

24 septembre 1944
Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie sont transférés de la section des prévenus au quartier "politique" de la prison de Fresnes.

24-25 septembre 1944
Des journaux "La Résistance", "Combat", "L'Humanité", "Le Figaro","L'Aurore","L'Aube","Le Parisien libéré", "Libération", "Front national", "Le Populaire", "France libre" : "MM. Worms et Le Roy Ladurie inculpés d'intelligence avec l'ennemi". « M. Thirion, juge d'instruction, a inculpé MM. Worms et Le Roy Ladurie de commerce et d'intelligence avec l'ennemi pour avoir fabriqué des sous-marins destinés à l'Allemagne. Ils ont été envoyés à Fresnes. »

25 septembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Je compte demain devant le juge d'instruction ne parler de l'activité de la Maison en général et du Trait en particulier que dans les grandes lignes... Les opérations du Trait semble[nt] être le grief principal relevé dans les dossiers saisis... Il faudra certainement parler de l'aspect financier aussi bien qu'industriel du problème, et surtout donner des chiffres et des renseignements sur les autres chantiers pour montrer que les nôtres sont ceux qui ont le moins travaillé pour les Allemands, également parler de la question de main d'oeuvre : prisonniers rapatriés, ouvriers requis et rentrés, etc. »
De Worms & Cie : "Note concernant l'activité de la Maison Worms en Égypte". [Son destinataire est vraisemblablement le ministère des Affaires étrangères dont la Maison sollicite l'intervention à la fin du document.] Présentation : Établissement depuis 1869, succursales à Suez, Alexandrie et sous-agence au Caire, coiffées par la Maison de Port-Saïd qui assure la direction générale. Activités : agence maritime, fournitures de charbons de soutes, manutentions de marchandises, entreposages, réparations de navires et autres opérations commerciales. [Les informations concernant les fonctions et la situation de Pierre Grédy (direction générale de Worms & Cie Port-Saïd depuis 1929, chef du service des transports de la Marine marchande française pour le canal de Suez de septembre 1939 à mai 1940, retour en France en octobre 1941, direction de la succursale à Stanley Acfield) ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « Il est maintenant indispensable qu'après quatre années d'interruption, le siège social de Paris reprenne contact avec ses succursales d'Égypte et que Pierre Grédy rejoigne aussitôt que possible son ancien poste à Port-Saïd... La Maison Worms sollicite l'intervention du ministère des Affaires étrangères pour qu'un ordre de mission soit donné à Pierre Grédy et lui permette de se rendre de suite à Londres reprendre contact avec les milieux qui s'intéressent à nos affaires d'Égypte. Le ministère des Affaires étrangères reconnaîtra également tout l'intérêt qu'il y a, au point de vue français, à ce que nos succursales d'Égypte se retrouvent le plus tôt possible sous une direction française, et nous espérons qu'il voudra bien nous donner tout son appui pour faciliter le retour immédiat de P. Grédy à Port-Saïd. » [Voir la "note sur la Maison Worms & Cie en Égypte" en date du 7 mai 1945 qui reprend et complète les informations ci-dessus.]
Note [non datée, sans émetteur ni destinataire, classée ici en raison de la référence aux services rendus aux Alliés par la succursale de Port-Saïd, information qui est mentionnée pour la première fois dans la note ci-dessus "concernant l'activité de la Maison Worms en Égypte", laquelle date du 25 septembre 1944.] Liens familiaux d'Hypolite Worms en Angleterre. « S'il arrivait des difficultés à Hypolite Worms et qu'il soit touché dans ses biens, les intérêts de ses héritiers devraient donc être défendus par le gouvernement anglais. La part de M. Worms dans la Maison est considérable et constitue la plus grosse partie de sa fortune. » Importance des relations avec l'Angleterre dans les activités de Worms & Cie, notamment avec MM. James Burness. [NB : Si les relations avec ces derniers datent bien de 1852, elles ne se référent cependant pas à la guerre de Crimée qui s'est produite deux ans plus tard et la maison « chargée de la même mission [que celle d'Hypolite Worms] auprès de la flotte britannique » pour la fourniture de charbon, durant ce conflit, était Gillespy et non Burness.] « Nous venons d'apprendre que [la Maison d'Égypte] a rendu d'énormes services aux Alliés pour faciliter le trafic à travers le Canal - trafic qui a été considérable, principalement au moment de la bataille d'Égypte. Au point de vue international, la Maison Worms a également des établissements en Algérie, à Alexandrie ; elle contrôle d'autre part une ligne sur Madagascar et a d'importants intérêts aux États-Unis. »
De Worms & Cie : Note. Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. [Ce document reprend dans une large mesure des informations déjà mentionnées dans différentes notes classées et analysées dans les recueils des années 1939 à 1944.] « Tout compte tenu, cette solution [continuer le travail] apparaissait comme la meilleure ; elle maintenait intact - sauf le risque de bombardement - un actif industriel français. En assurant par des Français seuls le contrôle et la responsabilité de la production, elle permettait de saboter effectivement celle-ci. Les résultats sont là pour le prouver... Les mesures ainsi adoptées ont eu pour effet de faire rapatrier d'Allemagne la quasi-totalité des prisonniers des Chantiers, d'éviter dans toute la mesure du possible les départs d'ouvriers en Allemagne, d'éviter l'enlèvement du matériel des Chantiers, c'est-à-dire d'instruments de travail indispensables pour la nation au lendemain de la guerre... Pour la période partant du jour de l'armistice, un déficit de 496.491,29 a été considéré comme certain et dûment provisionné. »
De la Compagnie de courtage d'assurances et de gestion, à M. Malingre, contrôle financier, Paris : Valeur des actions. « Les titres étant nominatifs, la valeur moyenne pendant l'année précédente pour les titres cotés en bourse était 600 F. »

[Après le 25 septembre 1944]
De [Robert Labbé], à Hypolite Worms, Fresnes : Note [non datée, attribuée à R. Labbé et classée après le 25 septembre 1944 en raison de la référence faite à la démarche entreprise à cette date par celui-ci auprès des Affaires étrangères pour envoyer Pierre Grédy à Port-Saïd.] Projet préparé par Louis Vignet pour l'importation des charbons après la guerre agréé par Blum Picard. Le Havre complètement intact. Exploitations forestières en plein fonctionnement. Bordeaux intact : « L'usine d'agglomération retourne depuis fin août ». Situation à Marseille stationnaire. Très bonnes nouvelles d'Alger où Bucquet est bien arrivé. Réorganisation DGSM et Marseille envisagée. Négociation pour l'attribution des deux petits cargos en construction sur les trois, au Trait qui seront poursuivis. « J'avais demandé au Quai de faciliter le retour de P. G. [Pierre Grédy] à Port-Saïd et à Londres. » CCAF. Situation bancaire satisfaisante. Vu Potocki retour d'Anvers. Situation morale de la Maison intacte. « Les Deppe, d'après certains bruits, ne reprendraient pas leur trafic après la guerre. »

26 septembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note non datée, classée après le 26 septembre 1944.] « Mardi 26. Je suis extrait seul pour premier interrogatoire du juge d'instruction sur le fond. Interrogatoire de 3 heures et demi en présence de mes deux avocats. »
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Premier interrogatoire. Hypolite Worms est assisté par Maîtres Lénard et Poignard. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] Questions abordées : Formation, situation familiale et militaire, mission en qualité de chef de la Délégation française au Comité exécutif franco-anglais des transports maritimes (1939), accords Worms (4 et 7 juillet 1940), compte-rendu de mission à Vichy (1er août 1940), choix entre Londres et Paris, retour à Paris (15 août 1940), campagne de presse, désignation d'un commissaire allemand (25 octobre 1940) et de M. de Sèze comme commissaire administrateur suppléant, rôle de G. Le Roy Ladurie à l'égard du commissaire allemand, définition par ce dernier de ses pouvoirs (30 octobre 1940), relations d'Hypolite Worms avec les commissaires et deux ou trois industriels qu'il connaissait avant la guerre, situation des départements de la Maison (date de création, activité durant la guerre, conduite vis-à-vis des Allemands) : Services charbons - « Le but des activités de remplacement était d'utiliser notre personnel et d'aider nos clients. Nos organisations forestières nous ont permis de cacher de nombreux réfractaires... Sur le plan humain, la Maison Worms est de celles qui ont fourni le moins de travailleurs pour l'Allemagne du fait de son obstruction systématique et des encouragements donnés au personnel réfractaire. » Financement de la Résistance (1942).
De Gabriel Le Roy Ladurie, Fresnes : [Version préparatoire et plus circonstanciée du texte établi pour son interrogatoire par le juge d'instruction Georges Thirion du 27 septembre 1944. Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] Dossier constitué de 4 notes numérotées de "I" à "IV". Historique à partir du 29 juin 1940. Attaques forcenées de la presse. Nomination de von Ziegesar. Origines de cette mesure. Relations de Worms & Cie avec les milieux publics et privés allemands : personnalité et rôle de von Ziegesar et de son adjoint, le Dr Reithoffer ; désignation d'Olivier de Sèze, actif jusqu'en février 1943 ; Dr Hettlage (décembre 1940-hiver 1942 ou printemps 1943) ; compte de la Commerzbank, Société privée d'études et de banque, factures de la Kriegsmarine, Deutsche Treuhand und Revisionsgesellschaft, personnalité de M. de Falkenhausen. Franconed. Deutsch Bank. Aérobank. Rüstungkontor. Participations : « a/ - celles où notre influence est prédominante, b/ - celles où notre action est relativement occasionnelle, c/ - celles dans lesquelles nous n'intervenons absolument pas ». Relations personnelles de G. Le Roy Ladurie avec l'occupant. Conclusion. [Ce document est repris presque intégralement dans une note datée du 6 décembre 1944, dont un exemplaire intitulé "Annexe n°3 - Position générale de la Maison après l'armistice", est daté du 11 janvier 1945.]
De Worms & Cie : "Annexe 1". Sur la nomination en octobre 1940 par la Militarbelfelshaber in Frankreich d'un commissaire administrateur et les pouvoirs de gestion de celui-ci. [Voir 30 octobre 1940.]
De Worms & Cie : "Annexe 2". Note [non datée] intitulée "Demande de participations des autorités allemandes auxquelles nous avons pu résister". NV Wester Financiering Maatschappij (Franconed). Établissements Fournier-Ferrier. Mines de Montmins. Chantier des Oeillets dans les Vosges. Société des mines de Charrier. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : "Annexe 2bis". "Note résumant l'activité du département minier de Messieurs Worms & Cie au cours de l'occupation ennemie". [Les informations données dans ce document sont développées dans une note rédigée le 6 décembre 1944 par Jean Cantacuzène. Elles ont été référencées à cette dernière date et réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : "Annexe 3". Note [non datée] intitulée "Mécanisme des accréditifs". « Nos engagements de cette nature, qui n'ont commencé à jouer que fin 1943, n'ont jamais été considérables et notre découvert moyen n'a jamais excédé 1.500.000 sauf à partir de juillet 1944 où les restrictions d'électricité et les difficultés de transport ont sensiblement paralysé l'activité de l'Office des changes et retardé de ce fait même la plupart des paiements.
Notre encours actuel est approximativement de 2.500.000. »
De Worms & Cie : "Annexe 4". Tableau intitulé "État du clearing franco-allemand au mois de juin 1944".
De Worms & Cie : "Annexe 5". Tableau intitulé "Compte de la Commerzbank. Importations et exportations de France".
De Worms & Cie : "Annexe 5bis". Note intitulée "Service des changes - Mécanisme des paiements". Septembre 1940-août 1944.
De Worms & Cie : "Annexe 6". Attitude de Worms & Cie et de G. Le Roy Ladurie en ce qui concerne les prétentions de la maison Henkel sur les Établissements Fournier-Ferrier. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : "Annexe 7". Mise sous séquestre (1940) et vente (1944) par les autorités allemandes de l'immeuble de Dantzig, qui était utilisé par les Services maritimes et dont la Wester Financiering Maatsschappij, filiale de la Maison, était propriétaire. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : Annexe 8. Tableau intitulé "Découverts effectifs trimestriels à des comptes ouverts à des fournisseurs de la Marine". 31 mars 1941-30 juin 1944.

[Après le 26 septembre 1944]
D'Hypolite Worms : Note [non datée] sur les conditions de son incarcération entre le 7 et le 26 septembre 1944. [Les informations ont été réparties selon les dates auxquelles elles se rapportent. Elles sont synthétisées dans une note d'Hypolite Worms datée du 18 janvier 1945.]

27 septembre 1944
De Georges Cogniot, du journal "L'Humanité" : Extrait d'un article intitulé "La Libération inachevée". « Qu'attend-on pour châtier un Le Roy Ladurie, organisateur de bandes terroristes ? »
Du journal "Le Populaire" : Extrait d'un article intitulé "Les dirigeants des trusts, traîtres au pays, doivent être châtiés - La cour nationale de Justice siègera le 11 octobre - Les membres des organisations nazies, RNP, PPF, etc., vont être mis hors d'état de nuire - Telles sont les assurances données par le ministre de la Justice". « La commission tout en se félicitant de l'arrestation de M. Louis Renault, venant après celle de Lehideux, Worms et Le Roy Ladurie, a émis le voeu que des mesures analogues soient prises contre de nombreux dirigeants des trusts qui ont trahi. »
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Premier interrogatoire. Gabriel Le Roy Ladurie est assisté par Maître Bizos. Questions abordées : Retour à Paris (29 juin 1940), attaques de la presse (dès octobre et durant toute l'occupation), décision prise par l'occupant de liquider la Maison, nomination du capitaine Ziegesar en tant que commissaire gérant avec des pouvoirs illimités (octobre), origines des attaques contre la Maison : question raciale, attaches britanniques et hostilité de certains milieux dont celui de Laval ; relations de la Maison avec l'occupant : centralisation par Gabriel Le Roy Ladurie des rapports avec les Allemands, mise hors jeu de Ziegesar, nomination de M. de Sèze, visite du docteur Hettlage, l'un des principaux dirigeants de la Commerzbank (décembre), tentative de la part de celui-ci de prendre la place de Michel Goudchaux, ouverture et mouvements du compte de la Commerzbank, attaques redoublées de la presse (février-mars 1941), invitation de Gabriel Le Roy Ladurie par le docteur Hettlage de se rendre à Berlin, refus de Gabriel Le Roy Ladurie qui ne se rendra jamais en Allemagne entre juin 1939 et septembre 1944 ; information donnée par le Dr Hettlage de mesures de rigueur contre la Maison (juin 1941) : révocation de Ziegesar et nomination du baron von Falkenhausen, mission de contrôle dévolue à une société fiduciaire allemande d'une durée de 18 mois, liquidation forcée des intérêts d'un certain nombre de commanditaires au profit du trust Goering. Préférence à la Commerzbank en cas de prise d'intérêt inévitable par les Allemands mais démission collective de tous les cadres de la Maison ; obtention du refus de l'agrément du Trésor dans le projet de cession à Commerzbank de la participation de la Maison dans la Société privée d'études et de banque ; escompte de factures à fournisseurs de la Kriegsmarine ; difficultés avec les Allemands établis en Hollande au sujet de la Franconed et vente forcée d'un immeuble historique situé à Dantzig ; opérations avec la Deutsche Bank exigées par Falkenhausen (Rüstungkontor), refus opposé à l'Aerobank, du groupe Goering ; participations de la Maison : refus de céder le département minier et la société des corps gras Fournier Ferrier ; cas des Établissements Japy, des Établissements Puzenat, de la Société des entreprises des grands travaux hydrauliques ; relations personnelles de Gabriel Le Roy Ladurie avec l'occupant : sauvegarde des intérêts de la Maison ainsi que de la liberté et de la vie de certaines personnes (M. de Boishebert, Michel, de Voguë, Lepercq, d'Harcourt) ; mission pour le compte de la Sécurité militaire française, représentée par le colonel Navarre ; 3 perquisitions par la Gestapo au domicile de Gabriel Le Roy Ladurie, interrogatoires, incarcération à Fresnes pendant 12 jours (mars 1944) ; démission de ses fonctions de directeur. « Le mouvement essentiel du compte de la Commerzbank dans nos livres fut causé par le règlement d'accréditifs documentaires ouverts pour expédition des marchandises françaises pour l'Allemagne sous le contrôle de différents services du ministère des Finances et plus spécialement de l'Office des banques. J'ai résumé dans les notes 1 et 2 que je vous dépose les modalités et le volume des opérations effectuées. Je souligne que le volume de ces opérations est de F 121.000.000 en chiffres ronds, alors que les exportations françaises sur l'Allemagne pendant la même période, ont été de 196 milliards. A titre de comparaison, pendant la même période, nous avons ouvert en Suède pour plus de 124.000.000 d'accréditifs documentaires. Les profits réalisés par ces sortes d'opérations sont de minime importance et couvrent à peine les trais généraux engagés. »

28 septembre 1944
Du journal "Le Populaire" : Extrait d'un article intitulé "Worms et Le Roy Ladurie s'expliquent...". « M. Thirion, juge d'instruction, a procédé au premier interrogatoire des deux banquiers. Hippolyte Worms, directeur de la Société Worms et Cie, armateur, banquier, négociant en charbon et constructeur de navires, eut à fournir des explications concernant des commandes passées par l'amirauté française et livrées, en fin de compte, avec un certain retard, il est vrai, aux autorités allemandes. Quant à Gabriel Le Roy Ladurie, qui était directeur général du département bancaire de la Société Worms et Cie, il a déclaré que l'activité bancaire de la Société fut poursuivie sur un ordre des commissaires-administrateurs provisoires. »
De M. Boucomont, 10, rue de Sèvres, Paris, [destinataire non précisé] : « Le communiqué publié dans la "Défense de la France", daté du 28 septembre, me détermine à vous faire part de l'étonnement de milliers de patriotes de constater que soit toujours en liberté, Jacques Barnaud, l'associé d'Hypolite Worms, détaché par celui-ci au gouvernement de Pétain, pendant près de 4 ans, en qualité de commissaire général... Barnaud est actuellement à son domicile, 9, square Lamartine, à Paris, 16e... »
D'Hypolite Worms, Fresnes, [à Robert Labbé et/ou Raymond Meynial] : Note originale. Relations avec les avocats, Maîtres Lénard, Poignard et Bizos. « Envoyez-moi une petite note pour me mettre au courant des principaux événements dans la Maison, ne serait-ce que pour me distraire un peu... Je suis maintenant en cellule avec Albertini, le directeur du cabinet de Marcel Déat, et André [Peaugia], le marchand de chaussures. Gabriel est avec Peyrecave. »
De Pierre Assouline : [Extrait de "Une Éminence grise - Jean Jardin - 1904-1976", Éditions Balland, 1986, p. 271.] Sur Georges Albertini. « Paradoxalement, la prison, pour cet homme qui se considère dès lors comme un miraculé, est la chance de sa vie. Un jour, on jette dans sa cellule une personnalité qu'il n'avait jamais rencontrée jusque-là : Hippolyte Worms, armateur et banquier inquiété à la Libération en raison des liens ténus entre son établissement et un certain nombre de ministres et hauts fonctionnaires de Vichy. Worms est accablé, anéanti par son sort. Albertini le soutient dans l'épreuve, lui redonne courage et espoir et le séduit par son intelligence et ses immenses capacités intellectuelles. En quittant son compagnon d'infortune à l'issue d'un non-lieu trois mois plus tard, Worms lui promet de ne pas l'oublier. »

30 septembre 1944
D'Eugène van Cabeke, Compagnie sétoise de produits chimiques : [Extrait d'un dossier remis au juge d'instruction Georges Thirion le 18 décembre 1944.] Lettre adressée par van Cabeke à Jean Nelson-Pautier, Fernand Lavit et Victor Arrighi. Accusations contre Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie d'être « des collaborateurs notoires, que la justice accuse d'intelligence et de commerce avec l'ennemi, d'avoir travaillé contre leur patrie et contre les Alliés. Aussi leur emprise sur la Compagnie sétoise ne saurait être tolérée plus longtemps. Je demande, à vous, qui n'êtes présents au conseil qu'en votre seule qualité de mandataires de Worms & Cie, qui n'avez aucun intérêt dans l'affaire, qui y avez pratiqué la politique de Worms, ses méthodes, avez eu recours à leurs appuis et leurs moyens, de remettre immédiatement votre démission. » [Voir à ce sujet la note de Jean Nelson-Pautier sur la Compagnie sétoise de produits chimiques en date du 3 janvier 1945.]

Octobre 1944
De M. Simoni à M. Guillet, de la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest - CNCO, Nantes : Services maritimes. Intervention du pool interallié dans les manutentions à dater de la libération. Question de la reprise des manutentions auprès d'anciennes maisons. Si du côté agence et consignations il n'y a pas de problèmes, par contre, il semble que les Américains enlèvent la manutention aux entreprises locales (comme à Marseille et au Havre où la main d'oeuvre est peu ou pas utilisée). Circonstances militaires. Demande que le faible tonnage, d'abord, soit soustrait de cette politique.

1er octobre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Lepercq et René M. sont susceptibles d'abandonner leurs postes actuels, ce qui ne facilitera pas les choses pour Gabriel et moi... Albertini, le directeur de cabinet de Marcel Déat, qui est en cellule avec moi, m'a dit qu'il avait entendu dire (car il n'est arrêté que depuis 5 jours) que c'était la banque Lazard qui avait été l'inspiratrice de mon arrestation. Je l'ai dit à Lénard ; je ne sais pas s'il vous l'a répété. » Au sujet d'une note « pour justifier la Maison des accusations portées contre elle »... « Il faudrait peut-être que Robert explique à [Andreze] l'histoire de nos tractations avec [Moller], et que René M. les connaisse éventuellement pour le cas où Moller ayant envoyé un télégramme d'acceptation qui ne nous est jamais parvenu, l'affaire ait une suite. »

3 octobre 1944
De Worms & Cie : Note. Service des changes. État des avances consenties à des firmes françaises fournisseurs de firmes allemandes et à des représentants de firmes allemandes.

4 octobre 1944
De Worms & Cie : Note sur la popote (ouverte le 16 mai 1940), les services sociaux et les colis aux prisonniers de guerre.

4-6 octobre 1944
Des Affiches parisiennes - Petites affiches : Modifications de l'acte social de Worms & Cie. Référence à 3 actes reçus par Me Rivière, notaire à Paris, les 13, 14 et 18 septembre 1944, enregistrés à Paris, 14e notaires : le 1er : le 18 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 2 ; le 2ème : le 18 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 1 ; le 3ème : le 20 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 7. Et par suite de la démission de gérant associé en nom collectif par M. Joseph Jacques Léon Barnaud, négociant armateur. Il a été apporté différentes modifications aux articles 1, 5, 10, 12 et 15 des statuts de Worms et Cie, en ce qui concerne notamment la répartition des bénéfices et la gérance. Desquelles modifications il résulte notamment que la société existe en nom collectif entre Hypolite Worms et Robert Marcel Labbé, et en commandite à l'égard de tous autres dénommés auxdits actes. Et que la société est gérée et administrée par MM. Worms et Labbé, co-gérants, solidairement responsables, et par Jacques Marie Raymond Meynial comme gérant statutaire, pour une durée de cinq années, lesquels auront ensemble ou séparément les mêmes pouvoirs pour agir au nom de la société. M. Meynial a accepté expressément les fonctions à lui dévolues aux termes d'un acte reçu par Me Rivière, notaire, le 18 septembre 1944, enregistré à Paris, 14e notaire, le 20 septembre 1944, volume 122 B, folio 66, case 8. Cet extrait a également été inséré dans La Semaine judiciaire de Marseille en date du 2-4 novembre 1944 et dans la Résistance républicaine en date du 14 novembre 1944.

5 octobre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes : Note sur la visite dans sa cellule d'une mission américaine (une femme en uniforme sensée représenter la presse américaine et un officier anglais, membre du service de Sécurité du gouvernement britannique, attaché au Corps expéditionnaire américain), accompagnée de Jacques Laroche ainsi que du directeur et du sous-directeur de la prison. Interrogatoire sur la livraison aux Allemands de navires construits au Trait. Hypolite Worms déclare : « J'étais certainement celui qui avait le moins travaillé avec les Allemands, mais des questions politiques avaient joué et c'était sans doute pour cela que j'avais été arrêté un des premiers, en fait j'étais la victime des partis extrémistes, mon nom ayant été "in the linelight" depuis des années et plus particulièrement depuis quatre ans où j'avais dû lutter contre les Allemands et la Gestapo pour sauver ma vie. » Questions sur les conditions de son arrestation et de sa détention. « Jacques Laroche m'a tout de suite dit en entrant : "J'espère qu'on va vous tirer de là bientôt". Et, ensuite, à deux reprises, a dit : "René Mayer s'occupe beaucoup de vous". Hypolite Worms se méfie de Jacques Laroche.

7 octobre 1944
Au directeur des Domaines de la Seine, Paris : Déclaration prévue par l'ordonnance du 6 octobre 1944 relative à la déclaration et à la mise sous séquestre des biens appartenant à des ennemis. Commandes en cours pour l'ennemi : Sous-marin "L'Africaine", 3 chalands à essence non automoteurs de 700 tonnes, 3 cargos de 1.150 tonnes, 3 bacs non automoteurs de 24 tonnes.

10 octobre 1944
Du Comité d'organisation de l'importation charbonnière, à Louis Vignet, président de la commission consultative de l'importation par voie maritime, Paris : Définition des termes « sous l'empire de l'état de nécessité » dans l'ordonnance du 6 octobre 1943.

12 octobre 1944
Du journal "Libertés" : Extrait d'un article intitulé "Encore la fortune de Laval". « Un point curieux et qui mérite notre attention : le marquis de Chambrun, frère du général, était administrateur des Cristalleries de Baccarat, avec René Defrance. Or ce René Defrance est parent d'Albert Defrance, ambassadeur, qu'on trouve administrateur de la société Powell Duffryn, liée étroitement au groupe Worms & Cie, qui a pour tête Hypolite Worms. Nul n'ignore l'attelage mi-politique mi-financier Laval-Worms, puisque l'associé d'Hypolite Worms, c'est-à-dire Jacques Guérard, était un des hommes de confiance de S. Ex. Pierre 1er. »
Incarcération de Jacques Barnaud (jusqu'au 20 juin 1946).
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait des "Patrons sous l'Occupation. II".] Propos de François Bloch-Lainé, inspecteur des Finances, qui a eu d'importantes responsabilités dans la Résistance, au sujet de Jacques Barnaud : « J'ai été choqué qu'on le mette en prison [....] Ce n'était certainement pas un salaud ! ».

13 octobre 1944
De Gaston Bernard, expert comptable, à Georges Thirion, juge d'instruction au Tribunal de première instance de la Seine : "Affaire ministère public contre Worms Hypolite, Le Roy Ladurie". Note n°1. Elle est consacrée à l'activité des Ateliers & Chantiers de la Seine-Maritime pendant l'occupation. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] Des renseignements pris, « il résulte que : d'une part, ce n'est que sur l'ordre du gouvernement français, en exécution des accords de Wiesbaden, et sous la pression allemande que les Chantiers du Trait ont poursuivi, pour le compte de l'Allemagne, une partie des constructions en cours au 25 juin 1940 ; ils ne l'ont fait qu'après avoir attiré l'attention du gouvernement français sur la gravité que pouvait revêtir la livraison de matériel de guerre à l'occupant. D'autre part, la Maison Worms ne paraît pas avoir recherché ou sollicité les commandes allemandes ; elle semble, au contraire, s'être bornée à accepter celles qui lui furent imposées. Au total, trois bâtiments seulement furent livrés aux Allemands... Les autres bâtiments (un sous-marin, trois chalands et trois petits cargos) continués ou commencés après l'armistice, pour compte allemand, se trouvaient encore sur cale au moment de la libération des Chantiers, en septembre 1944. Ceci fait évidemment ressortir une production faible pour la période 1940-1944. M. Worms déclare qu'elle est le résultat d'un sabotage systématique et d'une politique qui aurait consisté à s'approvisionner au maximum et à construire au minimum. Selon M. Worms, cette politique aurait abouti, pour la période 1940-1944, à une perte d'exploitation de F 23.053.766.70. Ce point, particulièrement important, devra être vérifié et une étude comparative sera à effectuer... »
De Gabriel Le Roy Ladurie, Fresnes : Note. Référence aux extraits de presse annexés à sa première déposition. « S'il m'est arrivé de connaître des hommes politiques ou d'être lié avec certains d'entre eux, je n'ai jamais joué de rôle politique. » Liberté d'engagement chez Worms & Cie mais « dans les contacts personnels occasionnels avec des milieux politiques, je ne pouvais engager que moi seul. La Maison Worms n'a jamais eu de position politique, n'a jamais subventionné ni un parti, ni un homme politique quelconque. Seules infractions au profit de certains organismes de la Résistance. » [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] Conclusion : « II n'est pas possible de relever le moindre cas de confusion entre mon activité professionnelle et l'action politique de certains de mes amis : Paul Reynaud, Jacques Barnaud, Pierre Pucheu, mon frère ou les militants de la Résistance que j'ai assistés. Comment expliquer d'aussi fréquents contacts avec des hommes politiques aussi divers et de tendances si divergentes ? Plus qu'à leurs idéologies en apparence inconciliables, j'ai été sensible aux traits communs qui à mes yeux les unissaient, souvent à leur insu : ils étaient tous animés d'un besoin identique de se dévouer à leur pays. Ensuite, le fait pour chacun d'eux de s'être consacré à l'action publique, dans l'époque troublée qui est la nôtre, suppose un grand courage et comporte les plus grands risques. Tous, avant ou après leur passage au pouvoir, ont connu la diffamation publique et risqué leur liberté et souvent leur vie. Peut-être cette fidélité dans les mauvaises heures explique-t-elle que j'ai été attaqué avec la même violence et par les milieux collaborationnistes et par certains éléments de la Libération. Mais l'on peut se demander si elle a vraiment porté atteinte à la sûreté extérieure de l'État et si elle constitue l'un des crimes visés par l'article 75 ? »
De Worms & Cie : Tableau. Situation mensuelle des comptes ouverts à des fournisseurs de la Kriegsmarine de janvier 1941 à juin 1944.
De Worms & Cie : Note sur l'"utilisation des caboteurs sur le trafic français". « Les caboteurs français qui se trouvent actuellement sous contrôle anglais ont été classés en 3 listes... Les quais de Bayonne et de Bordeaux sont encombrés par 200.000 tonnes de minerai espagnol importé par les Allemands et saisi par les autorités françaises... En combinant ce chargement avec des poteaux de mines et des baraquements démontables, on pourrait constituer des cargaisons utilisant à plein le port en lourd et la capacité des navires. Le retour pourrait être fourni par... » [Ce document constitue l'annexe n°1 d'une note du 13 novembre 1944 intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944".

14 octobre 1944
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Annonce par la grande presse de l'arrestation de Jacques Barnaud.

16-17 octobre 1944
De M. Anthoine : Liste des membres de la Commission nationale interprofessionnelle d'épuration, constituée en application de l'ordonnance du 16 octobre 1944 sur l'épuration dans les entreprises et publiée au Journal officiel.

17 octobre 1944
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Deuxième interrogatoire. Les questions du juge visent essentiellement à établir si la Maison a entretenu ou non des liens avec des membres du gouvernement de Vichy. Attaques de la presse présentant la Maison soit comme ayant exercé une influence occulte sur les gouvernements de Vichy, soit comme ayant été l'un des agents essentiels de ces gouvernements. Articles collectionnés sous scellé n°1. Dans "L'Oeuvre" notamment : la Maison aurait inspiré une politique de collaboration, réduite aux affaires, pour masquer une politique attentiste. G. Thirion constate que plusieurs personnes liées à la Maison ont occupé de hautes fonctions dans le gouvernement et l'administration du pays, pendant l'occupation. Demande à Hypolite Worms de s'expliquer sur les relations avec milieu politique et le rôle qui lui est prêté. Hypolite Worms : « Je ne me suis jamais occupé de politique... Il m'est arrivé d'avoir des rapports avec certains ministres mais uniquement sur le plan professionnel... » [Les informations données à l'appui de cette affirmation ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « Si des personnes appartenant à la Maison Worms ou ayant un rapport quelconque avec elle ont joué un rôle politique ou une activité quelconque extra professionnelle, elles l'ont fait sous leur responsabilité et indépendamment de la Maison Worms et de moi-même. J'entends affirmer de façon absolue le principe de cette scission complète » [à rapprocher des propos de Gabriel Le Roy Ladurie, dans sa note du 13 octobre 1944.] « Je constate que le thème de [la campagne de presse d'octobre 1940] a été de m'accuser d'avoir eu... une attitude hostile à la collaboration franco-allemande. J'ai donc le droit d'être surpris de voir reprendre aujourd'hui la même campagne pour réclamer mon arrestation et mon inculpation, ce qui est tout à la fois absurde et contradictoire. »

18 octobre 1944
Ordonnance sur la confiscation des profits illicites.
De Worms & Cie : Actes déposés au Registre du commerce sous les n°42.515 à 42.517. Nomination de Raymond Meynial en tant que gérant statutaire et retrait de Gabriel Le Roy Ladurie.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Modifications au registre du commerce en date du 18 octobre 1944. « 1°) Aux termes de deux procès-verbaux de délibérations de l'assemblée extraordinaire des associés, dressés par Me Rivière, notaire à Paris le 13 septembre 1944 et le 18 septembre suivant : Robert Marcel Labbé, ancien inspecteur des finances, demeurant à Paris, 21, avenue George V, né le 5 avril 1907 à Paris (8°) a été nommé associé-gérant ; Jacques Marie Raymond Meynial, demeurant à Paris, 60, avenue Paul Doumer, né le 1er juillet 1902 à Montpellier (Hérault) a été nommé gérant statutaire pour une durée de cinq années. 2°) A la date du 13 septembre 1944, Gabriel Le Roy Ladurie, directeur des Services bancaires de la société, demeurant à Paris, 5, avenue Victor Emmanuel III, né à Châlons-sur-Marne, le 22 janvier 1898, ne figure plus sur la liste des fondés de pouvoirs de la société. 3°) Par lettre en date à Paris du 14 septembre 1944, M. Joseph Jacques Léon Barnaud, négociant armateur, demeurant à Paris, 9, square Lamartine, a déclaré donner sa démission de gérant de la société. »
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Deuxième interrogatoire. Il est entièrement consacré à son entregent professionnel et privé : relations avec les autorités allemandes, des personnalités politiques françaises, des membres de la Résistance. [Nombre d'informations sont reprises de la note du 13 octobre 1944.] « Comment expliquez-vous que, bien que constamment dénoncés par la presse comme israélites, anglophiles et hostiles à la collaboration franco-allemande, Hypolite Worms et sa Maison aient bénéficié d'une sorte d'immunité alors que de tels griefs eussent dû normalement entraîner l'arrestation du premier et la liquidation de ses entreprises ? »
De Robert Labbé, au bâtonnier Jean Charpentier : Transmission d'un dossier contenant copies des notes et documents relatifs à l'inculpation d'Hypolite Worms.
De B. Pathé, au juge d'instruction Georges Thirion : Témoignage en faveur de Gabriel Le Roy Ladurie. [Informations reportées aux dates indiquées.]

19 octobre 1944
Du journal "Résistance" : Article intitulé "Arrestation de Jacques Barnaud". « On apprend l'arrestation de Jacques Barnaud, ex-délégué général aux Relations économiques franco-allemandes. Il avait été nommé, en novembre 1942, secrétaire général du Comité de coordination des départements économiques, qui était placé sous la présidence du ministre secrétaire d'État à l'Économie nationale et aux Finances. » Voir également :
- "Le Populaire" : Article intitulé "L'Épuration - le "Kollaborateur" Jacques Barnaud est sous les verrous" ;
- "Libération" : Article intitulé "L'Épuration - arrestation de Jacques Barnaud" ;
- "Le Franc-tireur" : Article intitulé "Jacques Barnaud écroué" ;
- "Le Parisien libéré" : Article intitulé "Jacques Barnaud sous les verrous" ;
- "Le Figaro" : Article intitulé "Les arrestations et l'épuration".

20 octobre 1944
De Jean Dieudonné et Jean-Jacques Balland, ingénieurs des services techniques de la Marine nationale, chargés de la surveillance des chantiers navals français, et de celui du Trait en particulier, au juge d'instruction Georges Thirion : Dépositions. [Ce document porte également la mention "Annexe n°2". Ces deux témoignages confirment les informations données dans les notes précédentes sur l'attitude des Chantiers du Trait à l'égard des injonctions des autorités allemandes d'occupation.]

[Avant le 21 octobre 1944]
De [Robert Labbé], à [Hypolite Worms, Fresnes] : Note [non datée, sans émetteur ni destinataire ; plusieurs passages permettent de considérer qu'il s'agit de la note à laquelle Hypolite Worms répond le 21 octobre 1944.] Charbons : Organisation professionnelle en bonne voie. Du côté succursales, activité des plus réduites. Bedel aura fini ses carbonisations Orne et Eure pour Pâques avec gros bénéfices. L'exploitation forestière de Dufour tourne rond. Services forestiers de Bordeaux démarrent dans de bonnes conditions. Usine d'agglomérés de Bayonne en activité. Les nouveaux fours du Haut-Mauco seront mis à feu ces jours-ci. Services maritimes : « Nous aurions en service : "Caudebec", "Château-Latour", "Château-Pavie", "Le-Trait", "Normanville", "Bidassoa", "Léoville", "Margaux", "Pomerol", "Pessac", plus "Grand-Quevilly" - "Espiguette" - "Capo Olmo". Et "Listrac". Renflouement de "Château-Larose" et éventuellement de "La-Mailleraye". Révoil part pour Londres avec mission composée d'ingénieurs en vue d'enquêter sur les conditions de gestion des navires en Angleterre (tous sauf les quatre premiers de la liste). Construction de trois caboteurs du Trait. Retour à la France d'un certain nombre de caboteurs actuellement en Angleterre en vue de suppléer au manque de chemins de fer. Bonnes perspectives du côté des succursales. Rétablissement du trafic à Bordeaux. Espoir de Potocki à Anvers dès que le port sera dégagé. Nouvelles de Dhorne qui travaille à bloc depuis 1942 avec les lignes anglaises. Est obligé de refuser des consignations. A la Havraise : Un Danois a été donné en gérance sur Madagascar aux Chargeurs. "Château-Pavie" en gérance technique, mais en gérance commerciale aux Messageries. Bucquet à Alger. Organisation de la DGSM en bonne voie. Le Trait : « Abbat et moi-même très confiants... Première tranche de reconstruction amorcée (remise en état des bâtiments ne présageant pas du programme définitif). Nous pensons reprendre dans deux mois la construction des caboteurs et être en avril à 50% de capacité de production avec les moyens du bord. » Services bancaires : Immobilière Haussmann - négociations avec la Prévoyance au point mort. « Nain venu au début de la semaine m'entretenir d'une question de construction de chalands avec liaison Nelson Achard, m'a fait part de son désir de reprendre à P. D. une grosse partie de son paquet de contrôle, m'a demandé si cela nous intéresserait. D'accord avec M. B., je suis l'affaire, car certains de nos clients pourraient être intéressés, notamment CPDE avec qui Vinson fait des affaires. Cela rentrerait tout à fait dans nos vues sur le plan charbons et pourrait contribuer également à resserrer nos liens avec P. D. » Maison : Décès de Raymond Leroy. Dispositions éventuelles à l'égard de ses ayant-droits.

21 octobre 1944
Du colonel Henri Navarre, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Attitude de Gabriel Le Roy Ladurie à l'égard de la résistante. [Informations reportées aux dates indiquées.]
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. En accord avec Gabriel Le Roy Ladurie et les avocats, Hypolite Worms demande que soient établis des dossiers contenant copies des interrogatoires, des rapports et mémoires (ni résumés ni expurgés), dossiers à remettre « aux quelques personnes qui acceptent de nous aider et de nous défendre sur un plan autre que le plan purement judiciaire... [tels] Leperc, René Mayer, Joliot-Curie et de Niselle, Navarre, Jean [Anot], Michel... En effet il faut qu'ils soient personnellement convaincus que nous sommes innocents et qu'ils puissent affirmer qu'ils le savent, documents à l'appui, et qu'ils connaissent les dossiers de A jusqu'à Z... Robert doit donner à l'expert tous les éléments prouvant la perte des 23 millions du Trait, et, d'autre part, l'expert doit faire son rapport sur nos relations avec la Commerzbank, qui est le 2ème chef d'accusation retenu comme "commerce avec l'ennemi". Toutes ces dépositions et rapports doivent être menés rapidement pour permettre la demande de mise en liberté provisoire. [Ensuite] l'expert a demandé à examiner d'une façon détaillée toutes nos opérations pour déterminer s'il y a des affaires en commun avec les Allemands, si les affaires dans lesquelles nous avons des intérêts majoritaires ou des influences déterminantes ont beaucoup travaillé pour les occupants. »
D'Hypolite Worms, Fresnes, [à Robert Labbé] : Note originale. « J'ai vu que la Maison d'Alger, débordée de besogne, refusait des consignations... Il me semble lamentable de penser que l'activité d'Alger est limitée par insuffisance de moyens ; or, c'est par les consignations que nous reprendrons le plus facilement le contact avec l'étranger tant sur le plan matériel que sur le plan "moral"... Je voudrais avoir les dates des 8 bombardements du Trait, en précisant les 2 ou 3 qui ont fait le plus de dégâts au chantier même... Au moment où du commissariat de police j'ai été amené à Drancy, Robert Labbé m'a fait signer un papier, établi par le notaire (ou Me Amiaud ?) lui donnant tous mes pouvoirs de gérant... Mais maintenant qu'il y a deux associés gérants nouveaux (en dehors de moi)... je ne vois pas de raison pourquoi le pouvoir général que j'avais donné au commissariat de police resterait en circulation et je pense qu'il y a lieu de le détruire... »

[Vers le 21 octobre 1944]
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Notes originales [non datées, classées vers le 21 octobre 1944, dans la mesure où H. Worms y complète les observations qu'il a apportées à cette date à la note de R. Labbé et y développe ses préoccupations du moment.] Rachat éventuel de la part de commandite de Raymond Leroy par ses 2 frères. Attribution du bateau danois en gérance sur Madagascar aux Chargeurs. Question de la reprise de contacts avec les succursales anglaises et l'Amérique. Mission de Révoil. Question sur les modifications apportées à l'acte de société avec le pouvoir signé au commissariat de police en faveur de Robert Labbé. Sur la nécessité d'établir une note « très courte mais très nette et très précise pour indiquer les raisons de son arrestation et de son inculpation, l'inanité des reproches faits à la Maison : commerce avec l'ennemi, construction du sous-marin, relations avec la Commerzbank ; cette note conclurait en prouvant que la Maison Worms est de toutes les affaires françaises celle qui a le moins travaillé avec les Allemands et ce qu'elle a fait l'a été sur les ordres du gouvernement ». Elle serait distribuée aux amis qui viennent de l'étranger ou qui y vont (Georges Doriot), en Angleterre ou en Amérique, Bucquet pour Alger ou Grédy s'il peut aller à Londres d'abord, en Égypte ensuite ainsi qu'aux directeurs de province.

[Après le 21 octobre et avant le 28 octobre 1944]
De [Robert Labbé], à [Hypolite Worms, Fresnes] : Note [non datée, sans émetteur ni destinataire ; identifiable par le fait qu'il s'agit des réponses aux questions posées à Robert Labbé par Hypolite Worms dans ses notes du 21 octobre 1944.] Procuration d'Hypolite Worms à Robert Labbé. « Cette pièce a permis, comme vous l'aurez constaté par la note que je vous ai fait parvenir avant-hier, de modifier les statuts de la Maison, de manière à me donner ainsi qu'à Meynial les pouvoirs de gérant. » Intérêts de Raymond Leroy dans la Maison. Situation à l'égard de Michel Goudchaux. « Il compte que ses intérêts matériels ne devraient pas souffrir des mesures d'exception prises à son égard. Cette situation d'exception ayant pris officiellement et légalement fin à la suite d'une ordonnance gouvernementale récente, et pour éviter toute équivoque regrettable, n'y aurait-il pas lieu de lui indiquer que pour la période octobre 1940-octobre 1944, la Maison tiendra ses engagements et qu'à partir de cette dernière date, la situation redevient claire, sa retraite provisoire étant devenue définitive. » Chantiers du Trait : Dates des bombardements. [Informations réparties dans les recueils annuels concernés.] Reconstruction des Chantiers. « Révoil parti ce matin pour Londres. Nous aurons ainsi des détails sur nos affaires du dehors, toute correspondance commerciale étant jusqu'ici prohibée. » Organisation commune d'importation en bonne voie. Nous allons essayer d'être le leader du financement. Perspectives d'importation des plus réduites. Bucquet de retour d'Alger. Marche très satisfaisante de la succursale charbons. « La situation d'ordre général, que vous connaissiez, persistant, il n'est pas question, sous peine d'ennuis graves, d'avoir des relations directes avec Alger. » La succursale bancaire marche très bien. « Il nous reste 12 navires sur 24, en y comprenant le "Larose" en bon état et facilement renflouable. » Situation Havraise plus médiocre. SFTP - très bonne situation. Situation générale dure à remonter. »

23 octobre 1944
Du colonel François Michel, au juge d'instruction Georges Thirion : Témoignage en faveur de Gabriel Le Roy Ladurie. [Reprend les informations données par ce résistant dans sa lettre du 11 septembre 1944 au ministère de l'Intérieur.]

24 octobre 1944
De Pierre Abbat, directeur des chantiers navals du Trait, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les informations contenues dans ce document sont référencées dans les recueils annuels concernés.]
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : Note [sans date ni destinataire, classée ici dans la mesure où l'auteur, qui pourrait être Pierre Abbat, se réfère à sa déposition devant le juge Thirion. Voir le recueil annuel de 1942.]
De Worms & Cie : Note intitulée "Navires envoyés de Bordeaux en Afrique du Nord en 1941". [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]

26 octobre 1944
Du juge d'instruction Georges Thirion, Paris : Commission rogatoire aux fins d'enquête sur l'attitude générale des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, au Trait, pendant l'occupation. [Voir les procès-verbaux d'audition de divers membres du personnel en date des 8 au 11 février 1945.]

27 octobre 1944
De Joé Nordmann, membre de la Commission de justice du CNR, au procureur général, Palais de justice, Paris : [Voir 9 janvier 1941.]
De Paris : Note [sans émetteur ni destinataire] intitulée "Entretien de Francis Fabre avec Robert Labbé, le mercredi 25 octobre 1944". [Ce document constitue l'annexe n°3 d'une note du 13 novembre 1944 intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944".] Gestion de la flotte française par le Comité de libération : sacrifice des intérêts des armateurs et de l'État français dans leurs rapports avec les organismes interalliés, désignation des chefs de maisons les plus représentatifs de l'armement pour composer la nouvelle mission qui doit se rendre à Londres. Renforcement de la bonne entente avec les Chargeurs réunis : assurance que la succursale de Marseille continuera à représenter cette compagnie à condition que l'agence des Messageries maritimes, à Bordeaux, soit transférée de la Maison aux Chargeurs réunis, lesquels contrôlent dorénavant les Messageries maritimes. A Rouen, Worms & Cie bénéficiera de l'agence des Chargeurs réunis et des Messageries maritimes, à la suite de la liquidation de la Maison Lafresnée... A Alger et à Port-Saïd, levée des mesures prises « à la suite des événements » par les Chargeurs, qui confient à nouveau leurs intérêts à la Maison. Intérêt des Chargeurs réunis pour Madagascar, par le biais des Messageries maritimes : « Robert Labbé serait assez désireux de ne pas négliger ce facteur pour définir la politique de la Maison » réf. à l'exploitation des services côtiers de la Grande Île par "Château-Pavie", pendant la guerre.

28 octobre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. Procuration. Affaire Leroy. Affaire Michel Goudchaux. « On doit regarder la promesse que j'ai faite... Je demande que le règlement se fasse par écrit et que dans cette lettre il soit bien indiqué que c'est l'exécution de la promesse que j'ai faite personnellement à l'origine. Ne craignez-vous pas une réaction qui tendrait à demander sa réintégration dans la gérance ou l'acte passé le 22 septembre exclut-il toutes manifestations possibles de ce genre ? A ce propos quelle a été l'attitude de M. G. depuis mon arrestation le 7 septembre, a-t-il fait des démarches pour lui avant l'acte du 22 septembre qu'il a dû connaître avant qu'il soit signé... ? » Mission à Londres. Alger. Flotte : « 12 sur 24, c'est moins que j'espérais. Connaît-on le sort définitif des 12 autres ? » Marine marchande. Égypte. Filiales. « Voulez-vous me dire quelques mots de l'activité de certaines sociétés amies : Publicité service, documentation et licences, Moisant Laurent Savey, Dragages, E.G.T.H. (qui doivent avoir des nouvelles d'Afrique du Nord), Puzenat, etc. » Révoil. M. Goudchaux.

29 octobre 1944
A Me Lénard : "Note sur les activités des chantiers du Trait depuis le 25 juin 1940". [Voir l'historique non daté, classé après le 23 septembre 1944, dont cette note reprend presque intégralement le texte.]

31 octobre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. Règlement des comptes avec Michel Goudchaux. « Pendant 10 ans et plus, M. G. a passé son temps à vomir sur l'activité bancaire de notre Maison et racontait dans tout Paris qu'elle allait à la faillite... Depuis 4 ans, il continue, mais sur un autre thème, à savoir que nos services bancaires ont travaillé avec les Allemands et il se répand, auprès de tous ceux qui le rencontrent, en propos injurieux sur certains collaborateurs, un plus particulièrement, de notre Maison. Or, en exécution des promesses que j'ai faites en octobre 1940 vous allez lui verser une somme considérable... Cette part dans les bénéfices distribués a été fournie exclusivement par les bénéfices procurés par le département bancaire qui, à lui seul, a permis non seulement d'amortir les pertes considérables des départements charbons et constructions navales, mais encore de distribuer largement des dividendes. Je ne cherche pas du tout à revenir en arrière sur mes promesses qui doivent être exécutées mais il y a quelque chose qui ne va pas... Tout devra se faire par écrit avec tous les points sur les i désirables car je tiens essentiellement à ce que ce règlement, que vous ferez certainement avec l'aide de notre contentieux, soit définitif et final. »
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Demandez à Dollie de vous raconter la visite qu'elle a reçue de 2 de nos amis anglais... c'est infiniment intéressant car on y trouve la confirmation de ce que j'ai toujours pensé sur le complot dont je suis la victime, et sur son initiateur. Intéressant également sur la mentalité de R. M. [pour René Mayer ?] qui continue à laisser planer des doutes sur notre activité bancaire (et cela devant des tiers), ce qui n'est pas très encourageant. »

31 octobre-29 décembre 1944
Entre Worms & Cie Bayonne, les groupements corporatifs et le Syndicat professionnel des employés charbonniers : procès-verbaux de réunions, échange de correspondance. Création le 30 octobre 1944 du Syndicat professionnel des employés charbonniers, nomination des délégués (avec 21 membres sur un total de 54, Worms & Cie Bayonne élit 4 délégués sur 10 ; Sentuc & Cie avec 13 membres et Maningue et Personnaz avec 10 membres élisent chacun 2 délégués ; Balland-Brugneaux avec 2 membres, Les Combustibles bayonnais avec 2 membres, la Société commerciale bordelaise de houille et agglomérés avec 1 membre, et le Comité charbonnier départemental des BP avec 1 membre élisent ensemble 1 délégué).

Novembre 1944
Du mensuel "Le Municipal" : Extrait d'un article intitulé "Renseignements financiers". « M. Worms est à Fresnes pour des raisons obscures. M. Worms, banquier mais surtout armateur, avait en 1940, dans ses chantiers, un sous-marin en construction pour la marine française ; les Allemands, ayant envahi nos ports, ont obligé la société Worms à terminer ledit sous-marin dans le dessein de l'employer. Par bonheur l'aviation anglaise veillait et les bombes de la RAF ont démoli les chantiers de M. Worms et fait sauter le sous-marin. On a tout de même arrêté M. Worms. »

2 novembre 1944
Note [sans émetteur ni destinataire], Paris : "Répression des rapports avec les ennemis" dans le domaine maritime. « Un arrêté en date du 10 octobre a été pris à Marseille, en exécution de l'ordonnance d'Alger du 6 octobre 1943, les sociétés intéressées ayant jusqu'au 10 novembre pour fournir les déclarations prévues dans ladite ordonnance. Le Comité central des armateurs de France a provoqué une réunion [le 30 octobre 1944] dans un double but : arrêter des décisions communes pour le cas probable où un semblable arrêté serait pris dans le département de la Seine, ensuite, arrêter les positions suffisamment à temps pour permettre, le cas échéant, aux confrères marseillais, de s'y référer. »

3 novembre 1944
De Samuel Théodore Monod, dit Maximilien Vox, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Voir 14 mars 1944.]

[3 novembre 1944]
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale [simplement datée "vendredi" et classée au 3 novembre 1944 dans la mesure où les propos d'Hypolite Worms à l'égard de M. Goudchaux semblent suivre de quelques jours ceux qu'il a exposés dans sa note du 31 octobre 1944.] « M. G. Réflexion faite, il me semble que le mieux serait que Robert lui dise verbalement que le règlement de son compte se fera à mon retour au bureau, conformément à la promesse que je lui ai faite. » Projet de Nain de voir la majorité de la CCMT passer en des mains françaises. Correspondance. Attente des rapports de Bucquet et, plus tard, de Révoil et de Streichenberger. « Duchemin a été libéré hier matin et comme Frossard et le 3ème larron sont déjà partis depuis quelques jours, tous les inculpés de l'affaire "Francolor" sont maintenant en liberté provisoire. Peyrecave m'a dit qu'il pensait que sa liberté provisoire, à lui, interviendrait la semaine prochaine. »

4 novembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. Sur la mise en circulation éventuelle d'une note à propos du Trait qui pourrait être le rapport d'expert. « Vous savez que, sous aucun prétexte, des documents de ce genre ne doivent être communiqués à des tiers pendant le cours de l'instruction... J'ai bien reçu le rapport de Bucquet sur Alger, fort intéressant et rassurant. J'ai été tout particulièrement content de voir que Laurent Schiaffino nous gardait toute son amitié et avait aidé notre succursale. J'attends maintenant avec impatience ceux de Révoil et de Streichenberger, qui, tous deux, j'en suis sûr, feront du bon travail là-bas. »
De P.S. Ross & Sons, à L.V. Randall, Eastern Provinces, Montréal : Attitude du Custodian en relation avec le fait qu'il lui a été impossible de trouver des informations au sujet des noms et adresses des clients d'Imafiza dont les comptes sont nombreux dans les livres d'Eastern Provinces.

5 novembre 1944
De Bernard des Champ de Boishebert, au juge Georges Thirion : Témoignage en faveur de Gabriel Le Roy Ladurie. [Voir 17 février 1943.]

6 novembre 1944
Des Services charbons : Note. Ordonnance du 5 octobre 1944 - Déclaration et mise sous séquestre des biens ennemis. Tonnages par succursales de charbon, bois, graviers et autres, appartenant aux autorités allemandes et entreposés par elles sur des chantiers préalablement réquisitionnés par elles. Créances sur les ennemis.
Des Services charbons : Rapport. Situation des succursales et des principales filiales. « Les événements gui se sont déroulés depuis août/septembre ont réduit à peu près à zéro le peu d'activité qui nous restait sur le plan charbonnier. Le seul point satisfaisant est que nos installations ont, dans l'ensemble, peu souffert. » Paris (chantier de Tonnerre, Châteauvillain), Dieppe, Le Havre, Nantes (tourbière de Crossac, agence d'Angers), Tours, Bordeaux (agence de Saint-Cyprien), Angoulême, Bayonne (Haut-Mauco), Marseille. Principales filiales : SACC (Paris) et CCP (Toulon). Situation générale : Atic - Association technique de l'importation charbonnière. Tourbière de Brière.

7 novembre 1944
Création de l'Association technique de l'importation charbonnière - Atic entre la SNCF, l'Office de répartition des combustibles pour l'industrie sidérurgique, la Société gazière d'achats en commun des charbons, l'Office des charbons des secteurs électriques et les représentants des importateurs revendeurs de combustibles minéraux solides, désignés par le Comité d'organisation de l'importation charbonnière (Jean Baland, Robert Brizay, Hubert Bucherer, Albert France et Christian Vieljeux). Association Loi 1901 ayant pour but de représenter les importateurs auprès des administrations et organismes professionnels, français et étrangers, pour ce qui concerne l'élaboration et la réalisation des programmes d'importation de combustibles minéraux solides et d'agglomérés, ainsi que des programmes de transport ; coordonner l'activité des importateurs sur le plan de la réalisation des importations et leur faciliter, le cas échéant, la recherche et l'expédition des combustibles minéraux solides et agglomérés ; d'une façon générale, prendre toutes mesures et créer tous services propres à assurer la bonne exécution des programmes d'importation en France des combustibles minéraux solides et des agglomérés d'origine étrangère. Siège à Paris.
De Gaston Bernard, expert-comptable, au juge d'instruction Georges Thirion : Note n°2. Résultats des premières investigations de l'expert concernant les opérations effectuées par la Maison et pour compte des autorités d'occupation, dans le cadre de son activité bancaire. [Les informations ont été référencées dans les recueils annuels concernés. Le texte de ce document est repris presque intégralement dans une note intitulée "Annexe 4 - Rapport sur les activités bancaires de la Maison Worms", et datée du 16 décembre 1944.]
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 2 janvier 1945.] « Après deux mois d'enquêtes, d'interrogatoires, d'audition de témoins divers, d'expertises, le juge d'instruction estima que les premières investigations approfondies qu'il avait faites lui permettaient de déclarer que l'accusation était non fondée et qu'il y avait lieu de prendre vis-à-vis des inculpés une mesure de mise en liberté provisoire. II se réservait d'ailleurs de continuer son enquête sur les différentes activités de la Maison Worms et des sociétés qu'elle contrôlait... Le juge d'instruction transmit donc sa demande au parquet le 7 novembre ; il lui fut répondu une première fois que des révélations venaient d'être faites sur l'activité de la Maison Worms par un administrateur judiciaire qui se trouvait à Alger au Service du blocus. » [Voir 14 novembre 1945.]
De Guy Brocard, à Gaston Bernard, Paris : Note. État des créances irrécouvrables sur des fournitures de la Kriegsmarine. Montant des accréditifs payés pour le compte de la Deutsche Bank. Compte de la Rüstungkontor. Bénéfices d'exploitation. [Les informations ont été référencées dans les recueils annuels concernés.]
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, au procureur de la République de la Seine : Note. Déclarations relatives aux commandes allemandes en application de l'ordonnance du 5 octobre 1944.
Note [sans émetteur ni destinataire] intitulée "Réorganisation des services de la Marine marchande". [Ce document constitue l'annexe n°2 d'une note du 13 novembre 1944 intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944".]
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire, Paris : Note intitulée "Faits saillants depuis le 15 septembre 1944". MM. Barnaud et Anduze-Faris ont donné leur démission d'administrateurs de la NCHP, ce dernier avec effet rétroactif du 1er janvier 1943. Échange des parts bénéficiaires. Augmentation des traitements. Jean Streichenberger & Cie : Suivant décision du comité de direction du 26 septembre, la NCHP a participé pour F 75.000 à l'augmentation de capital de cette société. Voyage officiel de M. Revoil à Londres. [Les autres informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés. Ce document est rangé avec la note du 13 novembre 1944 intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944". Lui est annexée une note pour MM. Worms & Cie - DGSM au sujet du "Château-Pavie" - voir ci-après.]
De la [Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire], à Worms & Cie - DGSM : Note [non datée, ni signée.] "Château-Pavie" à Madagascar. [Voir 14 décembre 1943. Ce document est joint à la note ci-avant du 7 novembre 1944, raison pour laquelle il est classé à cette date.]

8 novembre 1944
D'Aimé Lepercq, ministre des Finances, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Voir 8 mars 1944.]
Note [sans émetteur ni destinataire] : "Transports maritimes". « Les grandes lignes de l'organisation successive des transports maritimes se dégagent maintenant plus nettement. On peut distinguer trois périodes : 1° - celle de la "France combattante" qui va de juin 1940 au 8 novembre 1942, date du débarquement en Algérie ; 2° - celle qui va du 8 novembre 1942 au 3 juin 1943, date à laquelle s'est créé le Comité français de libération nationale ; 3° - celle qui se termine ensuite au 6 juin 1944, date du débarquement en France, et pendant lesquelles on peut envisager la situation sous deux aspects : celui de l'organisation des Transports maritimes, celui de l'utilisation de la flotte. »

10 novembre 1944
De H. Bouteloup, Worms & Cie Marseille : Réunion au service local des Transports maritimes. Désignation de Sète comme port méditerranéen de réception des navires. « Ce sont les services de la Marine marchande à Paris qui établiront les programmes de rotation des navires mais pendant une quinzaine de jours après la reprise du trafic, les navires seraient uniquement réservés pour des transports militaires. Passé ce délai, ils commenceraient à acheminer les stocks qui sont actuellement en Afrique du Nord. » [Ce document constitue l'annexe n°1bis d'une note du 13 novembre 1944 intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944".]
D'Eugène van Cabeke, Compagnie sétoise de produits chimiques : [Extrait d'un dossier remis au juge d'instruction Georges Thirion le 18 décembre 1944.] « Jean Roudie a été arrêté le 10 novembre dernier et incarcéré à Béziers. La justice s'étant ainsi prononcée, Jean Nelson-Pautier ne craint pas d'intervenir et de faire intervenir à Montpellier et Béziers, de provoquer à l'aide de pression sur le personnel à Sète une pétition en faveur de l'élargissement de Jean Roudie. » [Voir 17-18 et 22 novembre 1944.]

11 novembre 1944
De Worms & Cie : Note. Raisons invoquées par la Maison afin d'empêcher qu'en vertu des alinéas 5 et 7 de l'article 2 de l'ordonnance du 6 octobre 1943, le ministre des Finances n'étende à la métropole l'arrêté pris à Alger, le 23 novembre 1943, par le Comité provisoire de la libération nationale, qui a conduit à placer les deux succursales maritime et bancaire de la Maison sous le contrôle d'un commissaire surveillant. Présentation de la société : fondation, commanditaires et associés-gérants ; création, activités et implantations des Services charbons et des Services maritimes, rôle joué en Égypte depuis 1869 et plus particulièrement entre 1940 et 1944, Nochap, SFTP, CNCO ; création, description (succincte) et vocation des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime ; création, activités et implantation des Services bancaires, concours apporté à La Préservatrice, Japy, Puzenat, aux Entreprises de grands travaux hydrauliques (constructeur du port de Mers El-kébir), Ateliers Moisant, Laurent, Savey. De cette description ressortent « la variété et l'importance des intérêts représentés par la Maison Worms, son ancienneté, et le caractère de ses méthodes de gestion ». Rappel de l'attitude du ministère des Finances et de la Banque de France qui pendant les quatre années d'occupation « ont évité que le commissaire-gérant allemand nommé auprès de la Maison ne paralyse I'activité d'une entreprise française aussi connue ». Participation active de la Maison à l'effort de reconstruction nationale (d'ores et déjà effective pour ce qui concerne les chantiers du Trait et le concours direct apporté dans les ports du Havre et de Rouen). Nécessité nationale de voir la Maison reprendre sa place à l'extérieur (Angleterre et Égypte) et « plus particulièrement dans le domaine de l'armement maritime » ; garanties d'honneur et de loyauté de Robert Labbé et de Raymond Meynial. [Les informations concernant Le Molybdène et l'arrêté du 23 novembre 1943 ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « Fière de 96 ans de travail, de traditions et d'expérience sur le plan national et international, la Maison Worms représente une force française orgueilleuse de son nom, soucieuse de ne pas s'abriter derrière le masque facile de l'anonymat social et de l'irresponsabilité pratique des dirigeants, anxieuse demain comme hier de contribuer en étroit accord avec les Pouvoirs publics à la rénovation du pays. »

13 novembre 1944
Du journal "The New Republic" : Extrait d'un article intitulé "France : Key to Europe". « The bankers Hippolyte Worms and Gabriel Le Roy Ladurie, or the automobile magnate, Francois Lehideux, all now under arrest, belonged to the Mouvement synarchique d'Empire, founded in 1922 by one Jean Coutrot. Its purpose was the overthrow of French démocracy, the complete rule of monopoly capitalism at home and cooperation with like-minded groups of capitalists and industrialists throughout the world in a kind of international super-cartel. When Worms and Le Roy Ladurie were arrested, the newspaper "Parisien libre", of September 9, 1944, correctly interpreted their arrest as a blow to international trusts. The liquidation of these men is therefore not only an act of justice against traitors, but actually amounts to a change in France's class structure. »
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. « Je voudrais que vous trouviez, un soir, quelques minutes pour dicter rapidement à Melle Becker un certain nombre de choses qui m'intéressent, car vous devez penser combien les heures sont longues dans une cellule de 4 m sur 2 m 10, dont je ne sors que pour voir les avocats ou chercher mon colis de vivres hebdomadaire. J'en suis à mon 67ème jour ! » Suit une longue liste de questions. [Rajout à l'attention de R. Labbé et R. Meynial :] « En toute franchise je n'aime pas du tout la note préparée par le ministère des Finances au sujet de l'extension dans la métropole des pouvoirs du commissaire d'Alger [voir 11 novembre 1944]... Hier, en fin d'audience chez le juge, Me Poignard est revenu pour dire que le service du Blocus, d'abord, et le ministère de la Production, d'autre part, s'étaient absolument opposés à l'extension dans la métropole de l'arrêté d'Alger. »
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale [non datée, classée ici dans la mesure où la demande formulée par H. Worms est similaire à celle exprimée dans sa note du 13 novembre 1944.] « J'aimerais que Vignet et Émo me préparent, chacun de son côté, un petit rapport sur l'activité de leurs départements depuis mon arrestation, tant en ce qui concerne le courant que sur leur préparation de l'avenir. »
De Worms & Cie : Note intitulée "Passage en revue des principales questions depuis le 15 septembre 1944" - Services maritimes. Réorganisation de la succursale de Marseille, dont la partie "shipping" est placée sous le contrôle de la direction générale des Services maritimes ; agence des Chargeurs réunis ; choix d'un homme ayant la confiance de cet armement (M. Gada ?) ; activité considérable du port de la Joliette ; manutentions et fournitures de soutes aux mains des Américains, consignations entre les mains des Anglais. Toulon. Renflouement de "Château-Larose". "Château-Latour" a effectué plusieurs touchées à Marseille, venant de Corse et d'Afrique du Nord. Bordeaux : port à peu près intact mais 45 navires échoués en Gironde et les Allemands tiennent toujours Pauillac et Royan ; manutentions : les minerais importés par les Allemands ont été déclarés prises de guerre, la succursale opère la manutention des 80.000 tonnes entreposées sur ses terre-pleins. Le Havre - Rouen : grosse activité de manutention, question des salaires des dockers, transfert de l'atelier de réparations. Anvers : la libération et la situation intacte de ce port vont lui donner une grosse importance, prospection. Brest : toutes nos installations dans ce port sont détruites. Dieppe. Caen : difficultés de main d'oeuvre. Boulogne : réouverture de la succursale dans de nouveaux bureaux. Caboteurs à 1.100 tonnes : « Nous avons posé notre candidature pour être désignés comme armateur chef de file chargé de suivre avec les Chantiers les études des modifications et des nouvelles spécifications nécessaires pour adapter ces navires à la navigation au cabotage et de mettre au point avec eux le marché définitif. » Reprise de navires caboteurs au pool interallié. « Six navires, dont "Margaux" et "Normanville" seraient déréquisitionnés par les autorités militaires interalliées et remis sous la gérance directe des Transports maritimes. "Margaux" naviguerait entre l'Algérie et le port de Sète. Les transports prévus porteraient surtout sur ce que l'Afrique du Nord peut exporter, en liaison avec les besoins militaires, à l'exclusion toutefois des vins et des agrumes. "Lussac" a été signalé coulé à Saint-Malo. Syndicats. Salaires. Situation de la flotte à l'heure actuelle. « A - Navires naviguant actuellement pour le compte du pool et du gouvernement français. 1°- Navires sous réquisition britannique (navires saisis en 1940) : "Léoville", "Pessac" (est signalé ces jours-ci à Caen) ; 2°- Navires à la disposition du gouvernement provisoire, exploités par les TM (navires Algérie) : "Château-Pavie", "Caudebec", "Le-Trait", "Château-Latour" ; 3°- Navires affrétés en "Gross Time Charter" et sous gérance Worms (navires saisis en 1940) : "Margaux", "Pomerol". 4°- Navires sous réquisition britannique et donnés en "Management Agreement (navires saisis en 1940) : "Bidassoa", "Normanville". Caen signale l'arrivée de "Bidassoa" dans ce port avec une cargaison de charbons et capitaine anglais. Le navire est géré par la British Steam Navigation Cy depuis 1941. B - Navires sous réquisition allemande : "Mérignac", "Château-Palmer". C - Navires échoués ou sabordés : "Château-Larose" à Marseille, "Lussac" à Saint-Malo, "La-MaiIleraye" à Bordeaux. D - Navires perdus ou présumés perdus : 1) "Barsac", "Cérons" en 1940 (réquisition Marine nationale) ; 2) "Listrac", "Médoc", "Sauternes" (disparus pendant réquisition britannique) ; 3) "Jumièges", "Château-Yquem" (affrètement TM) ; 4) "Pontet-Canet", (échoué en mars 1943 sous réquisition allemande sur les côtes de Tunisie) ; "Fronsac" (perdu en mai 1943, sous réquisition allemande, près de l'île de Léros). Situation de Port-Saïd : Nos succursales poursuivent leur activité sans aucun ennui et leurs relations avec les autorités britanniques et égyptiennes sont, en tous points, très satisfaisantes. Elles travaillent à plein. Les fournitures de soutes se maintiennent à 20.000 tonnes mensuellement pour l'ensemble des firmes de Port-Saïd. Les manutentions de marchandises portent sur des tonnages records. Nos ateliers travaillent à plein rendement. » Situation des concurrents.
[A ce document sont jointes les pièces suivantes, qui ont été reclassées selon leur date d'émission :
- Annexe n°1 - note du 13 octobre 1944,
- Annexe n°1bis - courrier de H. Bouteloup, Worms & Cie Marseille, en date du 10 novembre 1944,
- Annexe n°2 - note du 7 novembre 1944, intitulée "Réorganisation des services de la Marine marchande",
- Annexe n°3 - note du 27 octobre 1944, intitulée "Entretien de M. Francis Fabre avec M. Robert Labbé le mercredi 25 octobre 1944".
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, Le Trait : "Reconstruction du Chantier". « Le ministère de la Marine et le commissariat à la Reconstruction sont d'accord sur le principe de notre reconstruction immédiate : le programme des travaux à exécuter doit faire toutefois l'objet de propositions successives de la Marine au commissariat... Pour l'exécution de ces travaux, nous sommes en conversation, d'une part avec Chouard, d'autre part avec l'entreprise Féron ; les charpentes métalliques des petits ateliers nouveaux seraient fournies par Moisant Laurent Savey. Au point de vue financier, nous sommes en négociations avec la Marine et le commissariat à la Reconstruction... » Mission de M. Abbat aux États-Unis. Programme de construction. Comité d'organisation de la construction navale et chambre syndicale des constructeurs de navires. Questions de personnel.
De la société Le Molybdène : Procès-verbal du conseil d'administration du 7 avril 1944. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Raymond Meynial, au juge d'instruction Georges Thirion : "Note déposée à l'appui de sa déposition" concernant la société Le Molybdène. A cette note sont joints les documents suivants :
- Annexe n°1 - Courrier à Karl Acker, Paris, en date du 1er février 1941,
- Annexe n°2 - Courrier à M. Blondel, président du Comité d'organisation des mines et minerais, Paris, en date du 1er février 1941,
- Annexe n°3 - Courrier à M. Blondel, président du Comité d'organisation des mines et minerais, Paris, en date du 15 mars 1941,
- Annexe n°4 - Courrier à Karl Acker, délégué du groupe Otto Wolff, Paris, en date du 15 mai 1941,
- Annexe n°5 - Courrier à F. Blondel, président du Comité d'organisation des mines et minerais, Paris, en date du 15 mai 1941,
- Annexe n°6 - Courrier de F. Blondel reçu le 21 mai 1941,
- Annexe n°7 - Courrier au Comité d'organisation des minerais et métaux bruts, Paris, en date du 29 juillet 1941,
- Annexe n°8 - Courrier de F. Blondel en date du 17 octobre 1941,
- Annexe n°9 - Courrier de F. Blondel [non daté],
- Annexe n°10 - Courrier de F. Blondel au directeur des Communications, de la Production industrielle et du Travail, Rabat, [non daté.]
[Les informations contenues dans cette note ont été réparties dans les recueils annuels concernés ; les courriers donnés en annexes sont cités à leurs dates respectives dans le recueil de l'année 1941. Ces renseignements sont repris, d'une part, dans une note intitulée "Annexe 5 - Négociations relatives à la livraison de 25 tonnes de molybdénite aux autorités allemandes" et, d'autre part, dans un rapport daté du 4 décembre 1944 et signé par Eugène Guernier, président de la société Le Molybdène, sous le titre "Livraison de 25 tonnes de Mos2 à la société Otto Wolf de Cologne".]

[Après le 13 novembre 1944]
De [Robert Labbé], à [Hypolite Worms, Fresnes] : Note [non datée, sans émetteur ni destinataire ; réponse à la note d'Hypolite Worms datée du 13 novembre 1944.] « Streichenberger rentré il y a quelques jours. Je prépare le travail pour l'expert [sur] Le Trait. Comité des Armateurs : Les chefs de maison se réunissent tous les 15 jours ; envoi à Londres d'une mission d'armateurs. Syndicat central des importateurs : Vignet toujours président ; réélection en février. Chambre syndicale : René Fould a repris la présidence. Situation Loire Penhost : René Fould va reprendre Penhoet ; Colomb reste grand chef de la Loire. Sous direction Marseille : Hésitation pour la formule Gada ; celui-ci est d'ailleurs en prison au Mans depuis trois mois... Dunkerque n'est pas libérée : Melle Etcheverry a été évacuée et est actuellement à Paris. Anvers : Vaste démarchage pour faire connaître notre présence dans ce port à l'ensemble de notre clientèle. Je doute que nous puissions y faire toucher nos premiers bateaux disponibles, ceux-ci devant surtout aller en Méditerranée. Dois-je, à cet égard, accentuer mon effort sur la Méditerranée ou essayer, dès que possibilité de trafic, rétablir des lignes Bordeaux-Anvers... Vous voudrez bien me donner votre opinion sur la note ci-jointe que je dois remettre au service du Blocus au ministère des Finances [voir 11 novembre 1944]... Ai décidé d'acheter à Marseille l'immeuble Laurenzi, boulevard des Dames, pour y transférer après la guerre la succursale maritime (remploi de la vente d'Alger). Conversations avec Nain sur la reprise d'un paquet CCMT. Moisant Laurent et Savey marchent à plein. »

14 novembre 1944
De Marcel Vieille, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Le Molybdène. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Marcel Vieille, administrateur judiciaire, chargé des services de Guerre économique et de Blocus à Alger (mars-juillet 1944) : Note. Dossier ouvert par la direction du Blocus à Alger et au Maroc sur le Groupe Worms et sa filiale, Le Molybdène, et poursuite d'une enquête à Paris pour déterminer si Le Molybdène a effectué une vente directe de 25 tonnes de concentré aux Allemands ou si cette vente lui a été imposée. En attendant les résultats de l'enquête à Paris, des mesures de contrôle et de surveillance sont prises contre Worms et Le Molybdène. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
[Extrait d'une note datée du 2 janvier 1945.] « L'administrateur judiciaire qui se trouvait à Alger au Service du blocus fut entendu le 14 novembre et souleva la question d'une mine au Maroc appelée le Molybdène, dans laquelle la Maison Worms détient une participation de 32%, qui se trouvait auparavant entre des mains suisses... Après nouvelle enquête, le juge acquit la conviction que cette accusation était également sans fondement. » [Voir 18 novembre 1945.]

15 novembre 1944
Du juge Georges Thirion : Procès-verbal de transport. « Nous, Thirion... nous sommes transporté au siège de la société "Le Molybdène", 59, rue de Châteaudun, où... procédons à une perquisition aux fins de découvrir tous documents se rapportant à l'activité de la société "Le Molybdène" au profit de l'Allemagne. Nous saisissons et plaçons sous scellé :... »
De P. F. Le Bras, French liaison to ministry of war Transport representative North Africa : Services rendus par Robert Dhorne et Worms & Cie en Afrique du Nord. [Document annexé à la déposition de Robert Labbé en date du 6 décembre 1944 - voir 8 novembre 1942.]

16 novembre 1944
De Gabriel Le Roy Ladurie et d'Hypolite Worms : [Extraits de leurs interrogatoires respectivement daté du 23 novembre 1944 et du 25 novembre 1944.] Dépôt d'une demande de mise en liberté provisoire.
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Troisième interrogatoire. Le Molybdène. Hypolite Worms précise que contrairement aux autorités françaises, le gouvernement britannique n'a jamais suspecté la Maison Worms. [Les informations contenues dans ce document ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Troisième interrogatoire. Le Molybdène. [Les informations contenues dans ce document ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]

17 novembre 1944
De Raymond Meynial, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les informations contenues dans ce document ont été réparties dans les recueils annuels concernés. Dans un dossier sur Le Molybène intitulé "Tome 1", cette déposition est datée du 2 décembre 1944.]
D'Eugène Guernier, président de la société Le Molybdène, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les informations contenues dans ce document ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
D'Ernest Hoffmann, secrétaire général de la société Le Molybdène, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Ce témoignage fournit des informations identiques à celles extraites des dépositions précédentes et qui ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
D'Edmond Friedel, inspecteur général des Mines, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Ce témoignage fournit des informations identiques à celles extraites des dépositions précédentes et qui ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]

17-18 et 22 novembre 1944
De la Compagnie sétoise des produits chimiques : [Extrait d'un dossier transmis au juge Thirion le 4 janvier 1945.] Pétitions des membres du personnel en faveur de leur directeur général, Jean Roudie.

18 novembre 1944
D'Hypolite Worms : [Extrait d'une note datée du 18 janvier 1945.] « Le juge [Thirion] entérina, le 18 novembre, la demande de mise en liberté que nous formulions [Gabriel Le Roy Ladurie et lui], pour la retirer quelques jours plus tard, en raison de nouvelles insinuations plus fragiles encore, dont nous eûmes à coeur de nous justifier. »
[Extrait d'une note du 2 janvier 1945.] Le juge Thirion « décida, le 18 novembre, de proposer une seconde fois la mise en liberté provisoire. Il lui fut répondu que : 1/- la Commission de justice du CNR demandait à nouveau une enquête sur certaines filiales et participations de la Maison ; 2/- la préfecture de police avait avisé le parquet que, si les inculpés étaient mis en liberté provisoire, il serait pris à leur égard une mesure d'internement administratif. Cette opposition de fait à l'exécution d'une décision de justice est inacceptable. Cependant, afin de déférer aux désirs de la Commission de justice du CNR, le juge d'instruction résolut, avant de prendre une troisième décision, d'élargir son enquête aux principales filiales et participations de la Maison, et c'est ainsi que des témoignages furent recueillis sur... » [Voir 2 janvier 1945.]
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Vives critiques de la note préparée pour le Blocus au sujet de l'extension à la métropole de l'arrêté pris à Alger [voir 11 novembre 1944] : décision prise en lien avec l'affaire du Molybdène de nommer un séquestre. Comparaison entre le traitement dont la Maison a été l'objet de la part des Français avec celui qui lui est infligé en Égypte par les Anglais. La note paraît à H. Worms trop "pompons" et « semble plaider coupable et demander l'indulgence du jury ». « Je ne crois pas qu'il faille plaider l'indulgence mais bien demander justice... La Maison Worms est entre les mains d'un juge d'instruction. C'est à lui seul qu'il appartient de déterminer si oui ou non il y a eu commerce avec l'ennemi. Il n'est pas possible de lui interposer un séquestre venant de l'extérieur qui se trouverait donc en opposition avec la justice en cours, et ne pourrait que l'entraver. » H. Worms donne ses instructions pour l'établissement d'une nouvelle note.
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. « Après mûre réflexion je suis arrivé à la conclusion qu'il ne fallait pas que Grédy retourne en Égypte maintenant, même si cela devenait possible à la suite des démarches que vous avez entreprises... Notre Maison là-bas marche d'une façon inespérée - le gouvernement anglais la fait travailler à pleins tuyaux, elle n'a jamais eu de contrôleur, ni même de surveillant, ce qui montre qu'elle n'a jamais été soupçonnée. Or, si maintenant Grédy arrive à Port-Saïd, nous aurons l'air, sinon de désavouer Acfield, mais en tout cas de vouloir reprendre en mains nous-mêmes le contrôle de notre succursale d'Égypte, ce qui ne pourrait qu'être mal vu des autorités britanniques... L'activité de notre succursale dépend uniquement du ministry of War Transport, qui ne peut pas ignorer que je suis en prison pour soit disant commerce avec l'ennemi ; il est donc fort possible que les autorités anglaises prennent ombrage de la venue à Port Saïd d'un Français. » [Voir infra réponse de Robert Labbé.]
De Jacques Barnaud, à Robert Labbé : Note originale. « Je suis tranquille maintenant dans mon trou et je songe "car que faire en un gîte à moins..." Dictez rapidement une petite note à Becker le cas échéant pour me distraire. Meynial m'a écrit, mais il y a le vieux secteur que vous suivez plus spécialement... J'attends toujours avec impatience (ma seule impatience) la grande nouvelle de la libération de monsieur W. » [Voir réponse de Robert Labbé "après le 18 novembre 1944".]

[Après le 18 novembre 1944]
De [Robert Labbé], à [Hypolite Worms, Fresnes] : Note [non datée, sans émetteur ni destinataire ; plusieurs passages permettent de considérer qu'il s'agit de la réponse à la note d'Hypolite Worms datée du 18 novembre 1944.] Travaux de reconstruction du chantier du Trait amorcés. Quant aux charbons, néant. Le Havre et Rouen en pleine prospérité. Dans le courant de décembre, ligne Alger-Sète avec "Le-Trait", "Margaux", "Normanville" plus "Espiguette". Envoi en permanence chez Nicoulet de la quasi-totalité de l'échelon DSM de Marseille. Renflouement du "Château-Larose". Contexte maritime général... « Bien noté vos idées pour Grédy... Étant donné les résultats de Port-Saïd et les difficultés à les rapatrier, nous pourrions peut-être remployer une partie appréciable sur place en montant avec des Égyptiens et des Grecs de Londres certaines lignes de cabotage en Méditerranée orientale, avec affaires d'acconage en Palestine, Turquie, Grèce, Italie du sud... Bien noté les observations en ce qui concerne la note Blocus. »
De Robert Labbé, à [Jacques Barnaud] : Note [non datée, sans destinataire ; classée après le 18 novembre 1944, date de la note de Jacques Barnaud à lquelle elle est la réponse.] « Bien reçu votre mot du 18. Je ne pensais pas qu'un circuit existât, sinon je vous aurais écrit plus tôt. « Bucquet revenu d'Alger. Situation magnifique là-bas pour la succursale qui marche dans des conditions ahurissantes comme résultats. Très nombreuses consignations anglaises nouvelles, bon espoir pour l'avenir, mais les profits nous seront repris au titre de bénéfices de guerre... Nantes est toujours bloqué. Situation Havraise malheureusement médiocre. "Ville-d'Oran", "Ville-de-Majunga" très fatigués, "Bourbonnais" désarmé à Freetown; "Condé" coulé et incendié dans le port de Nice, en cours de renflouement. Projet pour un trafic Bayonne-Le Havre ne marche pas... Nous devons récupérer plusieurs navires à mettre en service en décembre sur Alger-Sète. J'installerai la DSM dans ces conditions à Sète au lieu de Marseille. Renflouement du "Château-Larose". Nous avons récupéré 10 bateaux à flot. Le Havre et Rouen maritime travaillent d'une manière ahurissante. Je n'insiste pas. Bordeaux doit réexpédier 80.000 tonnes de minerai de fer à quai et dès que le port sera dégagé, mon optimisme sera confirmé. Möller... Révoil toujours à Londres... Difficultés quasi insurmontables pour envoyer Grédy à Port-Saïd... Je pense, étant donné les résultats exceptionnels qui pourraient avoir été obtenus et que nous ne pourrons pas sortir, essayer de monter une vaste combinaison avec les Égyptiens et peut-être nos amis grecs de Londres pour supplanter les Italiens et autres armements dans la Méditerranée orientale... Charbons sans histoire. Les perspectives, même pour l'année prochaine, au point de vue trafic sont médiocres. Chantiers en bonne voie de reprise malgré difficulté pour les matériaux. SFTP a retrouvé sept tankers. Japy a peu près intégralement intact avec 85 millions en caisse sur place. »

20 novembre 1944
De Gaston Bernard, expert-comptable, au juge d'instruction Georges Thirion : Note n°3. Société Le Molybdène. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Joé Nordmann - Comité national de la résistance, au procureur général près la Cour d'appel de Paris : Communication des renseignements recueillis par le Comité national de la résistance au sujet de l'activité économique de la Banque Worms dans ses rapports avec l'ennemi. Mise en cause de Raymond Meynial « qui doit être au courant », de « Japy dont le secrétaire général, pour le compte de Worms, est M. Paringaux, frère de l'ancien directeur du cabinet de M. Pucheu dont les liens avec Worms étaient de notoriété publique », de "l'affaire Puzenat" [voir mi-1943], "des ateliers de construction de sous-marins". Et l'auteur de conclure « il semble surprenant que Worms, bien qu'israélite, ait pu ... étendre son activité » et que « les ministres et hauts fonctionnaires de Vichy aient été recrutés au sein de la Banque Worms ». [Voir l'interrogatoire de Gabriel Le Roy Ladurie, en date du 23 novembre 1944, dans lequel il répond à ces allégations.]

[Vers le 21 novembre 1944]
Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie apprennent que, si la mise en liberté provisoire leur est accordée, ils feront l'objet d'une mesure d'internement administratif.

22 novembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Raymond Meynial, Paris : Note originale. « Si je vous écris ce n'est pas pour épiloguer sur l'abominable complot dont je suis la victime, je ne pense qu'à cette pauvre Dolly qui doit être désemparée... Il faut vérifier si le ministre de l'Intérieur avait bien l'intention ou l'ordre de nous interner administrativement à notre sortie de Fresnes... Hier soir, à 8 heures,... deux inspecteurs de la police judiciaire se sont présentés à la comptabilité générale de la prison pour dire que nous [G. Le Roy Ladurie et H. Worms] allions être libérés tous les deux et qu'on nous remette entre leurs mains dès les formalités d'écrou accomplies !... A partir du moment où notre affaire passe sur le plan politique, il faut la traiter et nous défendre comme tel, et je pense qu'il faudrait que nous prenions un troisième avocat, mais un politique... » Au sujet de Lénard, Poignard et Bizos : « Je ne vous cache pas que depuis quelques temps je suis ennuyé parce qu'ils sont débordés de besogne... Il est peut-être temps d'essayer de faire agir les Anglais [par voie de presse]... pour faire ressortir l'iniquité de l'interférence de la politique dans la justice, en citant le cas, sans donner de nom, d'un inculpé reconnu innocent que le juge d'instruction veut remettre en liberté mais que le gouvernement, ou les partisans, refusent de laisser faire... J'ai rappelé à Lénard la conversation que Robert Labbé a eue avec Monick 3 jours après la libération et au cours de laquelle ce dernier a dit que ma situation était très critique... Ces discussions à mon sujet ont eu lieu aux réunions des comités de résistance. Vous pourriez donc, par Monick, savoir quels sont les éléments de ces comités qui me sont si opposés. » Au sujet de R. M. [René Mayer ?] « C'est lui en définitive ma seule planche de salut... A-t-il lu le rapport d'expert, est-il convaincu que je suis la victime de ce qui prend l'allure d'une erreur judiciaire ? Je crois du reste qu'il faudra maintenant faire avec les avocats un résumé très précis et très objectif du "cas Worms", pour le diffuser aussi largement que possible, d'abord pour attirer l'attention sur nous et ensuite pour éviter que ce qui nous reste d'amis ne finisse par nous croire un peu coupables, devant la lenteur de notre mise en liberté. Mais naturellement en aucun cas je ne veux quitter Fresnes pour aller à Drancy ou à Saint-Denis. »
De Worms & Cie : Note intitulée "Les Établissements Japy Frères". En annexes :
- Chiffres d'affaires des années de 1941 à 1944 ;
- Bilan et comptes de pertes et profits des exercices 1940 à 1943 ;
- Note intitulée "Prélèvement de main-d'oeuvre au titre de la relève pour le siège social, les ateliers du château d'eau et dépôt d'Aubervilliers" ;
- Note intitulée "Prélèvement de main-d'oeuvre aux usines" ;
- Note intitulée "Fabrication de matériel de guerre" ;
- Note intitulée "Matières premières".
De Worms & Cie : Note intitulée "Participation de la Maison Worms dans les Établissements Japy Frères". [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : Fiche de renseignements sur les Établissements Japy Frères. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
Des Établissements Japy Frères : Chiffre d'affaires - exercices 1942 à 1944.

23 novembre 1944
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. Explications sur les termes d'une lettre en date du 27 octobre 1944, émanant d'un membre de la Commission de justice du CNR, communiquée par le procureur général, au sujet des rapports bancaires intervenus entre la Banque Worms et la Kriegsmarine : « La Kriegsmarine n'a jamais eu de compte à son nom chez Worms ni déposé de chéquier sur nos caisses ». Explications sur les termes d'une lettre en date du 27 octobre 1944, émanant d'un membre de la commission de justice du Comité national de la résistance (CNR) qui a été communiqué au juge par le procureur général. [L'interrogatoire porte sur une seconde lettre, du même auteur, Joé Nordmann, en date du 20 novembre 1944.] Après en avoir relevé les inexactitudes flagrantes, Gabriel Le Roy Ladurie élève la protestation la plus vive contre l'intrusion d'un organisme sans mandat ni caractère légal dans une information judiciaire. Dans ces circonstances, il déclare « retirer [sa] demande de liberté provisoire du 16 novembre 1944 ». « Du point de vue des responsabilités que nous pourrions encourir du fait de nos diverses participations, il y a lieu de classer les entreprises dans lesquelles nous avons des intérêts, en trois catégories... » [Sur ce point, voir l'interrogatoire d'Hypolite Worms le 25 novembre 1944.]
De Worms & Cie : Note intitulée "Machines agricoles Puzenat". Capital au 1er mai 1940, modifications au 30 septembre 1940 et en mars 1941 ; parts acquises et cédées par Worms & Cie. [Voir 28 novembre 1944.]

25 novembre 1944
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. Après avoir rectifié un certain nombre de points dans la lettre du CNR, Hypolite Worms se déclare indigné par l'intrusion de cet organisme dans une information judiciaire et « retire la demande de mise en liberté provisoire déposée entre [les] mains [du juge] en date du 16 novembre 1944 ». Hypolite Worms complète sa déposition par un exposé sur la nature des participations de la Maison, qui sont classées en 3 catégories : 1°- celles dans lesquelles la responsabilité de la Maison Worms et de son chef est entière sans limite ni restrictions (NCHP, SFTP...) ; 2°- celles dans lesquelles la Maison Worms assume son « rôle de banque d'affaires qui est essentiellement d'apporter sous différentes formes à certaines entreprises françaises les concours financiers et bancaires qu'exige leur développement et de soutenir dans les assemblées générales d'actionnaires et dans une certaine limite dans les conseils d'administration des dirigeants spécialisés qui apparaissent comme les plus aptes » (Japy, Puzenat...), la Maison y assume une responsabilité financière et une participation à la politique de développement, mais non une implication dans la gestion courante ; 3°- celles dans lesquelles Worms & Cie n'a qu'une faible participation et n'a pas la moindre responsabilité directe ou indirecte ; ce sont des valeurs de portefeuille, considérées comme un bon placement, ou des opportunités pour la clientèle des Services bancaires. « Il y a trois sociétés dans lesquelles je suis administrateur à titre personnel, à savoir, la Société française de dragages et de travaux publics, les Distilleries de l'Indochine et la société d'assurances La Réunion française. Je possède personnellement des actions de ces sociétés et si j'ai accepté de siéger à leur conseil d'administration, c'est pour y surveiller ces intérêts personnels, soit pour faire plaisir à des amis que j'y ai. »
De Gabriel Le Roy Ladurie et Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire sur les Établissements Japy Frères. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]

26 novembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Sur la présence de Robert Labbé au sein de la délégation officielle des armateurs qui doit se rendre à Londres en janvier. « Il me semble inadmissible que pendant que la Maison Worms est inculpée d'atteinte à la sûreté de l'État - ce qui veut dire intelligence avec l'ennemi (car... ce n'est pas moi personnellement qui suis inculpé, c'est la Maison elle-même, je ne suis que le bouc émissaire) - un des associés de la Maison aille à Londres... [Les] pouvoirs publics sont bien convaincus de l'inanité des charges qui pèsent sur moi... Il faut que R. M. [René Mayer] - et même Marchegay et l'armement français - sache que pendant que son chef est en prison la Maison Worms est absente de toute manifestation publique. Lorsque le roi est mort, la cour ne paraît pas aux cérémonies officielles... Nous sommes tous solidaires... C'est pourquoi je suis en prison et que je pourrais y rester pour des actes commis par d'autres que par moi... Vous avez raison de vous porter candidats pour toutes nos compagnies à une part raisonnable de gérance de Liberty ships... » Sur la cession par Pierre-Louis Dreyfus, de sa propre autorité, de ses actions dans la SFTP. Sur l'Égypte et la situation de P. Grédy. « Quant à... l'idée d'une ligne de cabotage Égypte-Syrie-Palestine-Turquie, je l'envisage favorablement d'autant plus que cela pourrait permettre d'utiliser de vieux bateaux, venus à bout de souffle. Par contre je suis tout à fait opposé à des opérations d'acconage en Palestine, Turquie, Grèce ou Italie. C'est un métier difficile... Du reste avons-nous intérêt à créer de nouveaux comptoirs étrangers, après quoi il faut chercher de nouvelles activités pour faire vivre ces comptoirs, et souvent y perdre de l'argent (voyez Hambourg, Dantzig, Varsovie, Prague, etc.). D'autre part vous parlez de remployer les bénéfices de Port-Saïd qu'on aura certainement des difficultés à rapatrier. Mais ces bénéfices ne sont pas en Égypte, ils sont à Londres - en livres sterling... » Note pour le Blocus. « J'estime que si le ministère des Finances avait des velléités d'étendre le séquestre d'Alger dans la métropole, cela deviendrait un contentieux touchant mon inculpation, dont ils auraient à connaître, ne serait-ce que pour en saisir éventuellement mon juge d'instruction. Ce n'est pas une faveur que nous demandons mais justice. » Contrat Moller. « J'attire tout particulièrement votre attention sur le danger de continuer à négocier sans l'accord du nouveau gouvernement français, et en laissant croire à Moller que nous sommes toujours d'accord sur les principes, sans le savoir nous-mêmes ! » Mines de Bor. « Tout le conseil d'administration des Mines de Bor et tous les associés de la Maison Mirabaud sont maintenant inculpés dans l'affaire de Bor. » « Nous vous avons fait demander, il y a deux jours, pour la soumettre au juge d'instruction une liste complète des participations de la Maison établie à ce jour : participations de la Banque, mais également de toutes les participations maritimes (Havraise, SFTP) et charbonnières (Charbonnages de Provence, SAC, CCMT, etc., etc.). Le mieux serait d'établir le travail département par département. »

[Après le 26 novembre 1944]
De Robert Labbé, à Hypolite Worms, Fresnes : Note [non datée en réponse à celle d'Hypolite Worms en date du 26 novembre 1944.] SFTP. « Pierre Louis Dreyfus... n'aime pas la Maison. Il ne m'a pas caché qu'il n'avait pas l'intention de recommencer à faire des affaires avec elle. » Déplacement de R. Labbé à Londres. « Étant donné le crédit remarquable de la Maison au point de vue maritime en Angleterre, il n'y a qu'avantage à s'y manifester. Tout le monde connaît le rang de la Maison et si on n'y tentait pas une reprise de contact, ce serait plaider coupable... Je pense qu'un tel déplacement serait un argument de poids en votre faveur... » « Le représentant du MOWT du Havre et celui de l'Amérique ne tarissent pas d'éloges sur la Maison qu'ils connaissent déjà sous toutes ses coutures... Nos succursales travaillent très bien au Havre et à Rouen. J'espère pouvoir faire nommer Abbat membre de la chambre de commerce de Rouen. » Contrat Möller. Pierre Grédy. « J'envisage, comme vous l'aviez suggéré, de le fixer définitivement à Paris avec la double mission de suivre d'ici les affaires de Port-Saïd et d'assurer la grande mission de liaison avec les armements étrangers... Acfield resterait comme directeur de Worms en Égypte... D'après Burness, Port-Saïd a en compte à Londres 165.000 £ considérées comme capital indispensable à la marche de la succursale... Acfield a été nommé consul de Belgique et de Hollande et représentant du Comité néerlandais d'armateurs. » Blocus. « C'est par le Molybdène que nous ferons sauter notre homme d'Alger. »

28 novembre 1944
De Georges Marin-Darbel, président du conseil d'administration des Établissements Japy Frères, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les informations recoupent celles provenant des documents précédemment analysés et réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : Tableau intitulé "Participation de Worms & Cie au capital des Établissements Japy Frères". [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Worms & Cie : Note intitulée "Influence de la Maison Worms dans la Société des machines agricoles Puzenat". [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] Deux membres du conseil, MM. Labeyrie et de La Rozière, représentent la Maison Worms, les deux autres membres, dont le président, représentent la famille Puzenat. « Dans le courant de l'année 1944, [la Maison] fut amenée à consentir 4.000.000,- de crédit en prévision d'une rupture de relations entre Paris et Bourbon-Lancy. D'autre part, le compte-courant de la société présente depuis quatre mois un solde débiteur variant entre 3 et 5.000.000. »

29 novembre 1944
D'Albert Japy, directeur général des Établissements Japy Frères, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Informations similaires à celles déjà traitées.]
De Jean Roger Blanc, chef de service aux Établissements Japy Frères, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Jean Blanc a été désigné par le personnel comme président du Comité d'épuration de cette entreprise.
De Bernard Verdier - Société des machines agricoles Puzenat : Note intitulée "Relations de la Maison C. Puzenat avec MM. Worms & Cie. « Durant quatre années [1940-1944], ces directives [exclure les commandes allemandes] ont été maintenues : elles ne faisaient d'ailleurs que confirmer mon propre point de vue. C'est ainsi qu'en pleine guerre, nous avons mis au point notre fonderie de fonte malléable, le raccordement de notre usine dès 1940, la fabrication des sections (1.500.000 sections sortiront cette année). La fabrication des doigts, construit deux prototypes de lieuses, une faucheuse à moteur, un avant-train moteur pour lieuse, etc. Toutes études et mises au point qui ont grevé notre exploitation et notre trésorerie, mais ont eu l'avantage de maintenir notre personnel et de l'occuper. M. Worms ou M. Le Roy Ladurie n'ont cessé de m'appuyer dans cette voie, me répétant que le défaut d'activité productrice ne pouvait se dissocier de notre position prise sur le plan national, c'est-à-dire de l'élimination au maximum des commandes allemandes pour se consacrer sur la préparation d'avenir quelles qu'en soient les conséquences financières. Je dois ajouter que l'effort fait par tout notre personnel pour procéder à tous les "dépannages" que provoque la carence des fournisseurs, a porté ses fruits et que nous avons réussi à mettre au service de l'agriculture française, des contingents de machines importants, eu égard aux circonstances. Une seule remarque mettra en lumière les résultats de ces quatre années vus sous l'angle purement financiers. Nous sommes à l'heure actuelle débiteurs en banque, alors que toutes les maisons ayant accepté de marcher à un régime accru sont pourvues de larges disponibilités. »
De Bernard Verdier - Société des machines agricoles Puzenat : "Note sur les Établissements Puzenat". [Les informations données dans cette note sont résumées dans un document portant le même titre et daté du 25 avril 1946. Elles ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
Note [sans émetteur ni destinataire] sur la Société tunisienne des hyperphosphates Réno : Objet de la société, organisation industrielle, organisation comptable, tonnages livrés...

30 novembre 1944
Du juge d'instruction Georges Thirion, 1, rue Rabelais, Paris : Commission rogatoire aux fins d'enquête sur l'attitude générale des Établissements Japy Frères pendant l'occupation. [Voir les procès-verbaux d'audition de divers membres du personnel en date des 16-17 et 25 janvier 1945.]
De Worms & Cie : Japy Frères. Note et tableaux. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
Du Comité central des armateurs de France, Paris, assisté par la Marine marchande à Londres : Rapport sur la situation de la flotte (recensement, répartition du tonnage français à disposition du pool interallié, gérance des navires, personnel navigant, état de la flotte, reconstruction de la flotte marchande...). Gérance exercée par James Burness & Sons, à Londres, en liaison avec la Société algérienne de Navigation, Schiaffino.

Décembre 1944
De la Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'un discours daté du 7 décembre 1946.] « Une partie importante des effectifs pouvait être remise au travail et, dès cette époque, malgré l'extrême indigence des moyens qui restaient à leur disposition, les Chantiers du Trait apportaient leur contribution à la reprise de l'activité régionale en renflouant et en remettant en état le bac de Duclair qui put reprendre son service dès le mois de décembre 1944... Puisque nos destructions nous laissaient la disposition de grands espaces disponibles, pourquoi ne pas en profiter pour remanier et améliorer notre plan général ? Puisque partout dans le monde, en Grande-Bretagne, en Suède et surtout aux États-Unis, la technique de la construction navale avait fait pendant la guerre des progrès considérables, pourquoi ne pas essayer de les assimiler en vue de mettre notre outillage en harmonie avec les conceptions les plus modernes ? Puisque nous nous retrouvions, somme toute, à pied d'oeuvre, pourquoi ne pas nous efforcer de faire de nos Chantiers, tout en conservant leur échelle relativement modeste par rapport aux géants français de la construction navale, un outil d'une parfaite efficacité technique ? Telles furent nos idées directrices au cours des mois qui suivirent la Libération et qui aboutirent après une longue mission d'études accomplies à l'étranger par notre directeur, à l'élaboration du programme de reconstruction qui rencontre l'approbation complète des départements intéressés. Sans hésiter, malgré les insuffisances de la législation sur la réparation des dommages de guerre, malgré l'absence d'un programme à longue échéance de constructions neuves, malgré l'incertitude absolue qui régnait quant aux modalités possibles de financement d'un tel programme de modernisation et de reconstruction, nous sommes immédiatement passés à l'action, forts de l'esprit de compréhension manifesté par la Marine militaire et la Marine marchande, mais sous notre seule responsabilité et avec la plus entière confiance dans l'avenir de notre Chantier. »

2 décembre 1944
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. Établissements Puzenat, relations de cette société avec les autorités allemandes. [Informations similaires à celles données dans des documents précédents, qui ont déjà été traités.]
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. Établissements Puzenat, relations de cette société avec les autorités allemandes. [Informations similaires à celles données dans des documents précédents, qui ont déjà été traités.]
D'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. Société tunisienne des hyperphosphates Réno. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « Le président de la société est M. Arrighi qui n'appartient pas à la Maison Worms mais dont la nomination a eu notre agrément. »
De Ghislaine de Voguë, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Voir 24 novembre 1943.]
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Préparation de l'audition par le juge d'instruction Georges Thirion de MM. Vignet, Émo, Bucquet et Duret. « Je vous signale avoir eu connaissance aujourd'hui par le juge qu'un rapport avait été fait et transmis par le procureur général contre nous [en lien avec un certain Simonet]... Le juge sait qu'il n'y a rien du côté maritime, mais il le fait par acquis de conscience. » Audition de M. Verdier pour Puzenat. Préparation par Raymond Meynial de notes très détaillées sur la Scane et l'Union des Exportateurs et une note générale du département bancaire sur son activité avec les pays scandinaves... « Robert Labbé devrait accompagner Vignet et Émo... en outre, il connaît personnellement Thirion, ce qui ne peut pas faire de mal... Montrer que les exploitations forestières ont permis de camoufler un nombre respectable d'hommes destinés à partir en Allemagne. Indiquer les services que la tourbe a rendus à la population civile. Enfin préciser que, lorsque nos commissaires ont voulu essayer de nous faire faire des affaires de charbon de bois et de carbonisation avec les Allemands, en participation dans des sociétés à créer, nous nous y sommes toujours refusés. »

3 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Dossier de Dhorne sur Alger. Reprise d'armements anglais consignés chez Oliver & [Alivater] mis à l'index. Règlement des conditions d'agence vis-à-vis de certains armements français, plus particulièrement Chargeurs réunis et Nantaise des chargeurs de l'Ouest. « Il faut retirer complètement Alger, qui n'est plus qu'une succursale maritime, du contrôle de la direction charbons... » Réponse affirmative à la suggestion de Webster de faire rentrer Worms dans la Humber Coal (export et trading Cy). Remerciement au comité hollandais de Londres qui a confié son agence à la maison de Port-Saïd. Sur le "surplus" consigné entre les mains du séquestre des affaires françaises en Égypte. Situation des directeurs de Cardiff et de Newcastle.
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Note demandée à M. Vignet sur les incidents qui ont amené le service de la Répartition des charbons à infliger des amendes à la Maison. Liste complète des participations. « Bien noté les raisons et le sens de votre conversation avec Pierre-Louis Dreyfus. La menace de ne pas vouloir faire d'affaire avec la Maison me laisse quelque peu indifférent... »

4 décembre 1944
D'Eugène Guernier, président de la société Le Molybdène : Note intitulée "Livraison de 25 tonnes de Mos2 à la société Otto Wolf de Cologne", [document reprenant la note adressée, le 13 novembre 1944, par Raymond Meynial, au juge d'instruction Georges Thirion, également connue sous le titre "Annexe 5 - Négociations relatives à la livraison de 25 tonnes de molybdénite aux autorités allemandes", à laquelle sont joints les courriers échangés entre le Comité d'organisation des minerais et métaux bruts, la société Le Molybdène, la direction des Communications de la Production industrielle et du Travail... du 1er février 1941 au 24 novembre 1941. Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Jules Simon, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Le Molybdène. [Informations déjà traitées.]

5 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial, Paris : Note originale. Suggestions pour les dépositions devant le juge d'instruction Georges Thirion de M. Bucquet pour la Compagnie havraise péninsulaire et de M. Duret pour la SFTP. « En 1932 (?), la Havraise était à la veille de déposer son bilan. Tous les créanciers ont été remboursés, soit en espèces, soit en actions ou en bons de récupération. La Maison W. a mis près de 10 ans à remettre la Havraise dans une situation de prospérité normale. [SFTP :] En 18 mois la Maison a rempli la mission qui lui avait été confiée ; au début de la guerre la France avait grâce à cet effort une flotte pétrolière adéquate... Raconter comment un de nos bateaux (le "Saintonge" je crois) a convoyé en Angleterre l'un des cuirassés qui était en cours d'achèvement à Saint-Nazaire, juste avant l'armistice (le "Jean-Bart" ?) et ne pouvait pas naviguer par ses propres moyens... Je voudrais que la déposition de Duret apporte au dossier un élément de gloire pour la Maison Worms... J'attache une grande importance aux procès-verbaux puisqu'ils passent entre les mains du Parquet et seront éventuellement étudiés par les juges habilités pour décider en dernier ressort des mises en liberté provisoire... Il faut que pour ces deux départements [charbons et maritimes] le juge d'instruction ait la conviction, comme il l'a déjà pour le Trait et pour la banque, qu'il n'y a pas eu commerce avec l'ennemi. »

6 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé, Paris : Note originale. Demande de renseignements financiers sur les départements charbons et maritimes. « Je crois utile d'en dire un mot pour bien montrer, surtout en ce qui concerne les charbons, que notre abstention de tout commerce avec l'ennemi a eu pour nous des résultats financiers désastreux. Pour les services maritimes je désire montrer que, quelle que soit l'importance du montant des provisions mises en réserve pendant la période 1940-1944, elle est encore très inférieure aux sommes dont nous aurons besoin pour reconstruire la flotte... Émo devra dans sa déposition dire un mot des manutentions faites pour les Allemands par la maison de Bordeaux... Ceci pour éviter que le juge puisse nous accuser de lui avoir caché quelque chose. » Voyage à Londres. « La question mérite qu'on y réfléchisse encore... La conversation de Robert avec le président de la Chambre de commerce britannique est fort intéressante et je crois qu'il serait utile de lui faire lire certains documents relatifs à notre inculpation, et par conséquent aux griefs portés contre notre maison, pour son édification et pour la propagande qu'il pourra faire dans les milieux anglais, plus particulièrement ceux de l'ambassade britannique. »
De Worms & Cie : Note intitulée "Activités diverses de la Maison Worms". Présentation succincte de la société, des Services charbons, Services maritimes et Constructions navales. Seule l'activité bancaire est décrite de manière moins habituelle ; les participations sont détaillées par type de production et mention est faite de la création de sociétés de publicité, d'étude, achat, vente et exploitation de licences. En conclusion : « La Maison peut certainement, par ses intérêts propres, par son ampleur et par ses liens avec les pays anglo-saxons, être à la base d'un rapprochement entre l'industrie américaine et l'industrie européenne. »
De Worms & Cie - Gabriel Le Roy Ladurie : [Note reprenant en les complétant les informations données par Gabriel Le Roy Ladurie lors de son interrogatoire par le juge d'instruction Georges Thirion, le 27 septembre 1944. Les renseignements ont été répartis dans les recueils annuels concernés.] La Maison Worms après l'armistice ; relations de Worms & Cie avec les milieux publics et privés allemands ; participations. [Ce document est également intitulé "Annexe n°3 - Position générale de la Maison après l'armistice" et est daté du 11 janvier 1945.]
De Robert Labbé, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les renseignements ont été répartis dans les recueils annuels concernés.] Services charbons. Tout le personnel disponible de la maison a pu être assuré d'un emploi jusqu'en août 1944. Les livraisons aux autorités allemandes ont été limitées aux seules quantités ayant fait l'objet de réquisitions de leur part. Au total, en quatre années de guerre, ce département a perdu 43.000.500 francs, dont 18.500.000 de provision et 16.500.000 francs d'amortissements. » Services maritimes. « Seules ont travaillé normalement pendant la durée de la guerre les maisons d'Égypte et d'Algérie, à la satisfaction particulière des autorités britanniques, comme en fait foi la note du 15 novembre 1944 [réf. à la note de P. F. Lebras ?], que je vous dépose. Ces deux activités fondamentales de la Maison Worms, "charbons et maritimes" ont été ainsi en sommeil pendant la durée de la guerre, dans des conditions ayant permis de maintenir tout leur personnel en activité d'emploi, prêt à reprendre son travail mais aussi, au prix de lourds sacrifices financiers puisque, en ce qui concerne le département maritime de la Maison Worms, et malgré le jeu de la charte-partie d'affrètement, des indemnités encaissées n'ont permis de constituer que moins de la moitié des provisions indispensables pour assurer le remplacement des unités perdues ou hors d'usage. »
De Louis Vignet, directeur général des Services charbons, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition dans le cadre de l'instruction des dossiers d'Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « Je dois signaler que la Maison Worms, bien qu'avant la guerre elle fit des transactions importantes avec l'Allemagne, n'a participé à aucun titre, pendant l'occupation, aux transactions faites sur des charbons allemands et belges par le Groupement dit des "charbons allemands" qui avait été créé sur l'initiative des services économiques de l'Hôtel Majestic. En ce qui concerne les combustibles de remplacement..., en fait, les impositions allemandes auraient dû absorber la totalité de notre production, mais nous nous sommes attachés à distraire de ces impositions, des quantités de charbon de bois que nous avons livrées notamment à la Croix-Rouge, au Secours national et à l'Assistance publique. C'est ainsi par exemple que, pour une année, du printemps 1943 au printemps 1944, les impositions allemandes étaient de 1.727 tonnes. Nos livraisons aux autorités allemandes ne furent que de 1.116 tonnes, tandis que 650 tonnes environ étaient livrées aux administrations que je viens de citer. En ce qui concerne le bois de gazogène, malgré les invites impérieuses de la part des autorités allemandes, d'avoir à développer notre production, celle-ci est restée très faible. Alors que deux tronçonneuses avaient été commandées à titre d'essai avant les sollicitations allemandes, une seule fut mise en service et la commande de la seconde fut annulée sous des prétextes techniques, mais en réalité pour éviter le développement de la production. » Au sujet de l'usine de carbonisation achetée en 1941 dans les Landes : « Des travaux de rénovation ayant été entrepris furent mis en sommeil à partir du moment où les allemands manifestèrent de l'intérêt pour sa production et en fait, les deux nouveaux fours viennent d'être mis en service à fin novembre. En fait, la Maison Worms n'a livré aux allemands sur imposition, et principalement dans un secteur (département de l'Orne) où les allemands venaient enlever sur place la production, que 1.116 tonnes de charbon de bois et 527 tonnes de bois de gazogène sur 1.154 tonnes d'imposition et 2.176 tonnes de production totale. En résumé, les activités de remplacement que nous avons entreprises en 1940-1941 (exploitations forestières, lignite, tourbe) n'intéressaient pas, à ce moment-là, les allemands, ce n'est que beaucoup plus tard que nous avons été involontairement amenés à devenir leur fournisseur. L'ensemble du département charbonnier a laissé en définitive pour les quatre années d'occupation un déficit de 43.000.000 de francs, dû en grande partie au fait que la Maison a maintenu en service tout son personnel dans un but social. Ces activités accessoires ont permis d'utiliser dans des conditions souvent difficiles de jeunes collaborateurs qui ont échappé ainsi au service du travail obligatoire. »
Des Services charbons et maritimes : Tableaux indiquant année par année les résultats de ces deux départements du 1er septembre 1939 au 31 décembre 1943. Résultats des succursales charbons (Paris, Bayonne, Bordeaux, Dieppe, Le Havre, Marseille, Nantes et Rouen) du 1er septembre 1939 au 30 septembre 1940 et du 1er octobre 1940 au 30 septembre 1941.
De Jean Cantacuzène : Note intitulée "Activité du département minier de Messieurs Worms & Cie pendant l'occupation". [Les informations données dans ce document reprennent en les développant les renseignements fournis dans une note datée du 26 septembre 1944, renseignements qui ont été répartis dans les recueils annuels concernés.] Société des mines de Charrier : « L'usine de traitement de cuivre et d'étain va être mise en service au début de [1945.] Sur les cent ouvriers et employés de la mine, près de soixante étaient des réfractaires ». Société des mines de Montmins : « Au surplus pas une tonne de minerai n'a été livrée à l'ennemi, ni enlevée par lui et, cependant, 70.000 tonnes de minerai, représentant une valeur de minerai marchand de plus de F 100.000.000 avaient été, au cours de ces deux années, préparées pour l'extraction future. Sur le personnel employé à la mine, prés de 40% étaient des réfractaires. En résumé, au cours des trente-huit mois d'existence sous l'occupation ennemie, la Société d'études et d'explorations minières, ainsi que les autres entreprises minières de la Maison, ont effectué une politique de résistance qui ne s'est jamais relâchée un seul instant. En particulier, elles ont... »

7 décembre 1944
Dossier intitulé "Département maritime" et comprenant les pièces suivantes :
- De Victor Duret, directeur général de la Société française des transports pétroliers (SFTP), au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Est annexé au procès-verbal un tableau indiquant la situation de la flotte de la Société française des transports pétroliers, au moment de l'armistice, en novembre 1942 et en août 1944. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
- D'Anatole Bucquet, directeur général de la Nouvelle compagnie havraise péninsulaire (NCHP), au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Confirme les termes d'une note rédigée à l'attention du juge et jointe au procès-verbal. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
- De Lucien Émo, directeur général des Services maritimes au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés. A ce document sont jointes les pièces suivantes, qui ont été reclassées selon leur date d'émission :]
- Rapport du commandant Dassié, commandant le "Château-Larose", au sujet des circonstances dans lesquelles son navire effectua un voyage sur la Corse [informations réparties dans le recueil annuel concerné. A ce document est jointe une note sans date, ni émetteur ni destinataire, consacrée à la tentative d'Hypolite Worms de faire saisir "Château-Larose" par les Forces françaises libres, en Corse.]
- Lettre du 3 mars 1944 adressée aux services allemands et concernant la réquisition de l'atelier de réparation du Havre [informations réparties dans le recueil annuel concerné],
- Note sur la situation de la flotte Worms & Cie depuis le début des hostilités [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 24 octobre 1944, intitulée "Navires envoyés de Bordeaux en Afrique du Nord en 1941" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 22 janvier 1941 au sujet du départ éventuel pour Casablanca des navires immobilisés à Bordeaux [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 18 mars 1941 intitulée "Navires immobilisés à Bordeaux" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 27 mars 1941 intitulée "Situation des "Le-Trait", "Pontet-Canet", "Fronsac" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 29 mars 1941 intitulée "Départ éventuel des navires de Bordeaux" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 29 mars 1941 intitulée "Départ de Le-Trait" et "Pontet-Canet" pour la Méditerranée" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
- Note du 8 avril 1941 intitulée "Départ de Le-Trait" et "Pontet-Canet" pour la Méditerranée" [informations réparties dans les recueils annuels concernés],
Note du 15 mai 1941 intitulée "Déréquisition du "Mérignac" [informations réparties dans les recueils annuels concernés].
De Worms & Cie : Note. Montant total des pertes subies pour les exercices de 1940 à 1943 dans les Services charbons et les Services maritimes.
Des Services maritimes : Brouillon. Tableau intitulé "Soldes des pertes et profits". Exercices clos entre le 1er janvier 1939 et le 31 décembre 1943.
De J. Révoil : Note sur son séjour en Angleterre. Renseignements donnés à ses interlocuteurs sur la situation de la Maison en général et de M. Worms en particulier. Lois contre les juifs. Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « En ce qui concerne l'activité bancaire de la Maison Worms, il ressort des statistiques de la Banque de France que le montant des opérations de crédit concernant des affaires allemandes auxquelles elle a dû se livrer, comme toutes les autres banques françaises, n'a pas dépassé 1,5% du montant total des opérations de cette nature faites par les banques parisiennes et 0,60% des opérations faites par l'ensemble des banques françaises... Lorsque j'ai été interrogé au sujet de l'activité de M. Barnaud au gouvernement, je me suis borné à répéter ce qu'il m'avait déclaré en 1943 au moment où il avait quitté ses fonctions ; il m'avait dit alors qu'il partait avec la satisfaction de pouvoir constater qu'aucune maison française n'était tombée sous le contrôle allemand pendant l'exercice de sa charge, à moins qu'elle ne s'y soit prêtée de son propre gré ou qu'elle n'ait été contrôlée par les Allemands avant la guerre. »

8 décembre 1944
De Gabriel Le Roy Ladurie, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire au sujet des opérations de commerce que la Maison aurait traitées avec l'ennemi par l'intermédiaire de l'Union des exportateurs français pour l'Europe du Nord (UEFEN) et de la Société centrale d'achats pour l'Europe du Nord (Scane). [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.] « La Maison Worms, en tant que telle, n'a jamais ni avant la guerre ni depuis la guerre, fait de commerce de marchandises avec aucun pays scandinave. »
D'Hypolite Worms, au juge d'instruction Georges Thirion : Interrogatoire. « Il est absurde de penser les Allemands auraient acheté en Suède, contre paiement en or, des marchandises qu'ils pouvaient se procurer à Paris, à l'aide des fonds d'occupation. J'ajouterai, sous ce même chapitre, que la Maison Worms n'a aucune activité quelconque au Maroc ou à Dakar, sauf dans la mesure où les navires qu'elle possède ou contrôle escalent à Casablanca ou à Dakar. »
De Worms & Cie : Études sur la Société centrale d'achats pour le nord de l'Europe (Scane) et sur l'Union d'exportateurs française pour l'Europe du Nord (UEFEN). [Ces notes étaient accompagnées de la déclaration de K.A. de Belfrage, délégué du gouvernement suédois, faite à Alger le 19 avril 1944 et classée à cette date, d'une note intitulée "Crin végétal" et d'un extrait du bulletin de la Chambre de commerce d'Alger du 15 janvier 1945 ; ces deux documents étant datés du 29 janvier 1945 sont classés à cette date.]
De J. Révoil : Note intitulée "Visites faites par M. J. Révoil au cours de son séjour en Angleterre". Liste des sociétés et personnalités rencontrées et appréciations sur leur accueil. « Les armateurs ont reçu en gérance des navires saisis ou des cargos construits depuis la guerre. Les Liberty Ships sont peu appréciés et aucun armateur n'en envisage l'achat lorsque la guerre sera terminée. Beaucoup pensent que des modifications profondes interviendront dans les conditions du commerce maritime après la guerre : absorption d'une partie du trafic des passagers par les services aériens. Augmentation de la vitesse des vapeurs de charge, transporteurs de marchandises diverses, etc. Les accords internationaux, en vue de l'unification des tarifs de fret sont à l'ordre du jour mais l'attitude des États-Unis demeure le grand élément d'aléa sur ce point et l'échec des négociations récentes au sujet des trafics aériens internationaux par suite de l'intransigeance des États-Unis n'est pas un signe favorable à cet égard. »

9 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Révoil a été un magnifique ambassadeur de la Maison W. et je suis sûr que ses démarches auront un résultat très satisfaisant. »

11 décembre 1944
D'Hypolite Worms, à Robert Labbé et à Raymond Meynial : Engagement moral de transparence pris vis-à-vis du juge Thirion. « Dès notre premier entretien avec le juge Thirion, nous lui avons exprimé notre désir de le voir prendre une connaissance complète de toutes les activités de notre groupe... avec la plus entière loyauté... [laquelle] est à la base de la confiance qu'il nous témoigne... » Classement des participations et placements en 4 catégories.
D'Hypolite Worms, à Robert Labbé et à Raymond Meynial : Liste des participations. « Voici les observations que j'ai à faire sur les projets dont copies m'ont été remises ce matin. » Omissions, désaccord concernant la typologie.

12 décembre 1944
De Robert Labbé, à Hypolite Worms, Fresnes : « Le Havre a reçu la semaine dernière un premier bateau commun d'importation. Nous avons été spécialement chargés par MOWT pour soigner la consignation du navire. Reprise assez nette à Bordeaux en ce qui concerne les opérations avec les mines du centre et du midi. Haut-Mauco commence à produire industriellement. Les services forestiers repartent dans de bonnes conditions... Problème du financement des importations en liaison avec la filiale bancaire Vieljeux... Grédy a pu amorcer une reprise sur le continent et peut-être à Alger de nos relations avec les armateurs hollandais... Nous allons profiter du passage de Dhorne avant son retour à Alger pour régler les questions concernant sa rémunération de gérant... Alger, Tunis et Marseille Consignation relèveront à partir du 1er janvier de la DGSM, avec liaison étroite avec Grédy pour les relations étrangères... Bouteloup va reprendre en mains les lignes. Aucune nouvelle particulière des navires. Le développement du trafic sur mer restant limité et le retour de nos navires très aléatoire. "Bidassoa" et "Léoville" montent régulièrement à Rouen sous pavillon anglais. » Contrat Möller... Abbat doit être envoyé en mission aux USA avec certains collègues de chantiers. II doit également aller en Angleterre sous le prétexte de l'étude du pétrolier de 16.500 tonnes... La Marine marchande inclinerait à faciliter la prise des chantiers sinistrés qui s'engageraient pour un certain laps de temps vis-à-vis de la Marine marchande pour une fraction de leur capacité... J'ai mis au point avec Brocard, une nouvelle ventilation des participations, telle que vous l'avez demandée. Nous avons classé en quatre catégories... Je me permets d'être en désaccord complet avec vous sur la mention : "A travaillé" ou "N'a pas travaillé" avec les Allemands. Si nous pouvons donner cette indication pour des sociétés du groupe A, il n'apparaît pas possible de la fournir pour les autres sociétés à l'égard desquelles il s'agirait d'une véritable dénonciation. »

13 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé : Note originale. Au sujet de l'établissement de la liste des participations. « L'idée de mettre la mention "a travaillé" ou "n'a pas travaillé" avec les Allemands sur la liste B n'émane pas de moi, mais de Gabriel. Je suis absolument d'accord avec vous que c'est impossible. Cette mention doit être limitée à la liste A... Pour les sociétés [de la liste A] il n'y a pas de difficultés ; aucune n'a travaillé avec les Allemands, sauf dans certains cas de réquisitions. »

[Vers le 13 décembre 1944]
Des Services bancaires : Deux tableaux des participations [d'un format trop important pour être lisiblement numérisés] : 1° - par secteur d'activité - informations sur le capital, le nombre de titres détenus et leur équivalence en espèces, l'évaluation au bilan, une estimation au 31 mai 1944... 2° - par catégorie A, B, C, D, E, - informations sur la raison sociale, le siège, l'objet social, le capital, la participation Worms en nombre d'actions et en pourcentage, la composition du conseil d'administration et de la direction et observations (date ou période d'acquisition, « A [ou] n'a pas travaillé avec l'ennemi »...)

14 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Je crains [qu'il soit] difficile de refuser d'abandonner l'agence de Bordeaux des MM [pour Messageries maritimes] aux CR [pour Chargeurs réunis] qui les contrôlent... La consolidation de l'agence des CR à Marseille et à Port-Saïd n'est pas une compensation puisque nous l'avons déjà. L'attribution de l'agence de Rouen n'en est pas une non plus puisque cela ne représente rien. Mais il y a autre chose. Il faut obtenir l'agence des MM à Port-Saïd et donner Bordeaux contre Port-Saïd... Avoir la consignation MM au Canal nous donnerait une arme contre la Maison Savon... J'estime que la Maison W. doit absolument et systématiquement refuser de discuter les affaires de la Havraise avec les CR, aussi bien qu'avec les Messageries. La Havraise est une société indépendante qui doit elle-même régler ses affaires personnelles sans l'interférence des intérêts W. La question de ses agences à Madagascar est liée à celle du cabotage à Madagascar et elle ne pourra être réglée qu'après la guerre... Il faut à tout prix éviter qu'on puisse nous reprocher d'avoir abandonné des intérêts de la Havraise au profit de notre Maison... Grédy a pris en mains toutes les questions de consignations pour tous les ports conformément à ce qui a été convenu entre nous... Il faudrait lui donner la liste des armateurs grecs de Londres qui n'ont peut-être pas oublié tout ce que j'avais fait pour eux... » Sur diverses questions. « Alger. N'y a-t-il pas lieu, maintenant que l'abcès du Molybdène semble crevé, de faire des démarches pour faire retirer notre commissaire d'Alger ? »

[Après le 14 décembre 1944]
De Robert Labbé, à Hypolite Worms, Fresnes : Note [en réponse à la note de celui-ci du 14 décembre 1944.] Alger. Le Trait : « Nous pourrions nous engager à long terme pour environ 60% de notre capacité totale, les 40% restant étant affectés à la construction de petits navires militaires dont les caractéristiques se marieraient étroitement avec celles des navires marchands. » Gratifications. Grédy - Service consignations. « J'en viens à la question la plus importante, Chargeurs, Messageries, Havraise, Port-Saïd. Il n'a jamais été dans mon esprit de lier les affaires de la Maison et celles de la Havraise... Ceci étant, je crois que vous ne voyez pas exactement la manière dont se présente l'affaire de Bordeaux. Ce n'est pas une question Messageries, mais une demande personnelle de Francis Fabre liée à votre demande du début de l'année de nous donner son agence à Rouen... En fait, l'agence des Messageries équivaut sensiblement celle de Bordeaux qui était en réalité un verre aux trois quarts vide... "Ville-de-Majunga" doit à son prochain voyage être remis sur Madagascar. "Condé" devait aborder ces jours-ci. "Château-Larose" toujours en panne par suite de divergences entre les TM et la construction navale au sujet du contrat de renflouement. » SFTP. « On a trouvé un moteur Sulzer libre qui doit être mis sur le "Dauphiné". Affaire Möller...

15 décembre 1944
De la police judiciaire, à Gladys Worms, Paris : Convocation pour mise en rapport avec l'inspecteur Ladoy.
De Me Turmel, Paris : Assignation par les agents en France des sociétés minières des charbonnages belges, devant le Tribunal de commerce de la Seine, des représentants en France des sociétés charbonnières allemandes (dont Rhin et Rhône, Chatel & Dollfus, la Compagnie générale charbonnière). [Voir les attendus qui reprennent l'historique des ventes de charbons belges entre août 1940 et août 1944, période durant laquelle 2.709.859 tonnes ont été importées au total dans l'Hexagone.]

16 décembre 1944
De Worms & Cie : Note intitulée "Annexe 4 - Rapport sur les activités bancaires de la Maison Worms". [Ce document est également daté du 11 janvier 1945. Il n'apporte aucune information supplémentaire au texte de la note n°2 adressée, le 7 novembre 1944, par l'expert Gaston Bernard au juge d'instruction Georges Thirion.]

17 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé : Note originale. Autorisation donnée à R. Labbé de participer à la mission d'armateurs envoyée par le ministre à Londres. « Je ne sais pas si Marchegay doit être du voyage. Mais je le conseille fortement, ceci pour éviter que les collègues moyens et petits, qui ne feront pas partie de la mission, disent une fois de plus qu'ils ont été sacrifiés et que seuls les principaux armateurs vont faire leurs petites affaires personnelles en Angleterre. »

[Après le 17 décembre 1944]
De Robert Labbé, à Hypolite Worms, Fresnes : Note [en réponse à la note de celui-ci du 17 décembre 1944.] Sur son voyage à Londres. Anvers : « Nous avons 1% dans le trafic du port et avons déjà reçu un navire en consignation... Nous avons reçu l'ordre de terminer "L'Africaine". Nous avons pris l'engagement de la finir avant la fin de l'année, ce qui paraît largement compatible avec les moyens au chantier. »

18 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Les gratifications de fin d'année... doivent être très largement calculées, eu égard aux circonstances et au dévouement de tous nos collaborateurs. »
A la direction des Mines, Paris : Le Molybdène. Courrier sur la livraison dans le courant de 1942, aux autorités allemandes et sur injonction du gouvernement de Vichy de 20 tonnes de molybdénite, livraison ayant pour conséquence la nomination auprès de la société d'un contrôleur surveillant au Maroc. [Information traitée.]
D'Eugène van Cabeke, au juge d'instruction Georges Thirion : Dossier. Actionnaire fondateur de la Compagnie sétoise de produits chimiques, filialisée par la Maison Worms, l'auteur transmet des renseignements sur les membres du conseil d'administration de la société, Victor Arrighi (Société tunisienne de l'hyperphospate Reno), Jean Nelson-Pautier (Société de courtage maritime et d'études, Société d'études et d'exploitations minières) et Fernand Lavit (Société cotonnière du Nord Cameroun et du Tchad) qu'il accuse d'avoir collaboré avec l'ennemi. « Pour fixer la responsabilité il convient de dire ce que fut Worms pendant l'occupation. J'extrais d'un rapport qui fut en 1942 notamment communiqué au Conseil national de la Résistance ce qui suit... »

19 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé : Note originale. Demande de lui envoyer le relevé des sommes qu'il a encaissées au titre Maison (intérêt du capital plus participations) pour les exercices 1940, 1941, 1942 et 1943.
De Worms & Cie : Note sur le Groupe Hubert.

20 décembre 1944
De Worms & Cie, [au juge Georges Thirion] : Demande de mise en liberté provisoire d'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie. Démonstration de l'inanité des charges portées contre eux.
De M. Latourette, [au juge d'instruction Georges Thirion] : Note listant les sociétés dont la Maison aurait le contrôle en France et en Indochine, pays "envahis" par Worms & Cie.

21 décembre 1944
Du journal "Liberté" : Article intitulé "Ceux qui trahissaient sous Vichy - L'organisation financière internationale Worms & Cie (banque, charbons, constructions navales, armement, mines) livrait à Hitler un produit précieux entre tous, le molybdène, du Maroc ainsi que le crin végétal d'Algérie". [Les informations contenues dans ce document au sujet de la société Le Molybdène ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés.] « Le gouvernement du maréchal félon donne, longtemps après les expéditions, une autorisation de principe. Worms trahit tout d'abord pour servir la politique des trusts, engagée à fond au service de l'Axe. Ensuite pour gagner de l'argent en vendant aux Boches à un prix cinq fois plus élevé que le tarif initial. Worms est bien servi par Guernier, son agent casablancais, complice actif de la trahison, par un nommé Fournet, connu par ses sentiments pro-nazis, Guernier est mis en relations avec Kuehner, représentant allemand à Tanger. C'est Kuehner qui présente Guernier au docteur Acker, agent nazi à Paris. Le même Worms possède une filiale dénommée Union d'exportateurs français qui a pour objet de faciliter les échanges entre la France et la Suède. En 1941, la Suède est neutre. Mais les autorités de Vichy - et Worms lui-même - ont la preuve formelle que certaines marchandises expédiées en Suède sont réexportées sur l'Allemagne. Dès lors tout trafic vers la Scandinavie devient un crime. Worms ne s'arrête pas pour cela. L'Union d'exportateurs français fait des affaires de plus en plus florissantes. Signalons les exportations de crin végétal facilitées par la succursale bancaire de Worms à Alger. Ce crin végétal allait tout droit en Prusse orientale. »
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. Reconstruction du Trait. Möller - (Odense). Cardiff - Mc Ewen : « Nous y avons un très bon directeur. » Port-Saïd : « J'ai toujours su que Georges Savon était un faux frère et j'ai toujours constaté que la Maison Moxey Savon a toujours été plus opposée à nous que n'importe laquelle des maisons anglaises. » Armement : « J'ai appris le vidage de Cangardel de la Transat. » Chargeurs réunis et MM [pour Messageries maritimes] : « Il n'y a pas confusion dans mon esprit entre la question agence M. M. de Bordeaux à reprendre par les Chargeurs et l'agence MM de Port Saïd à nous donner en partie. Voilà comment je vois les choses... » SFTP. Londres.

Hiver 1944
De Pierre Assouline : [Extrait de "Une Éminence grise - Jean Jardin - 1904-1976", Éditions Balland, 1986, p. 189.] « Hiver 44... Jean Jardin est en Suisse pour y rester. Les premiers temps, il fait subsister sa famille en "assistant" un important homme d'affaires catalan installé dans la Confédération pendant la guerre, Félix Martorell. Ce dernier est notamment un des représentants de Gabriel Le Roy Ladurie et de la banque Worms. Jardin ne se contente pas de lui récrire son courrier en bon français, il le conseille dans certaines affaires franco-suisses et l'introduit auprès de personnalités influentes des deux côtés de la frontière. »

[Après le 21 décembre 1944]
De Robert Labbé, à Hypolite Worms, Fresnes. Note [en réponse à la note de celui-ci en date du 21 décembre 1944.] « Le Trait : Bien noté votre accord à ma politique. Les événements vont se précipiter. Ayant vu à plusieurs reprises, depuis 15 jours, Courau à propos du contrat Möller... Il ne saurait d'autre part être question de signer un accord avec la Marine marchande seule. Je ne veux pas abandonner la Marine militaire, d'autant plus que de tous les chantiers français, nous sommes probablement, étant donné le nombre de nos cales, le chantier qui peut le plus facilement faire à la fois les deux sortes de constructions... Port-Saïd : Acfield. Savon... Chargeurs Réunis - Messageries Maritimes : Les négociations sont en plein développement. Du côté Chargeurs à Rouen, nous aurions des bateaux US Line... Sur le plan manutentions, l'agence semble donc nettement à notre avantage... Succession assurée à Alger de Coudray qui va probablement passer la main très rapidement. Succession assurée pour Port-Saïd... Armement... Services maritimes : Suite à mes indications sur Anvers, j'ai conclu un accord de principe avec Auberger pour effectuer au départ d'Anvers une liaison étroite entre toutes les compagnies rhénanes dépendant de son groupe, pour le trafic allant jusqu'à Bâle. Il conserverait son bureau d'Anvers pour s'occuper de toutes les questions d'ordre fluvial pour lesquelles nous ne sommes pas compétents. Nous nous occuperions de la partie commerciale du trafic, conservant en outre nos propres affaires, consignations, transit, réexpéditions, etc. Cela peut être intéressant car Anvers suppléera vraisemblablement pendant un temps Dunkerque inutilisable. J'examine la possibilité d'étendre cet accord à Marseille. Émo doit aller en janvier passer 15 jours chez Révoil pour étudier avec lui la réorganisation intérieure complète de la succursale... Gratifications... Distribution sur l'exercice 1943... »

22 décembre 1944-6 février 1945
Enquête sur le département minier : Rapport d'inspection de M. Charasse (22 décembre 1944) et procès-verbaux (6 février 1945) des déclarations de divers employés de la Société des mines de Montmins et de la Société des mines du Charrier relativement aux activités de ces entreprises pendant l'occupation.

25 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé : « La Maison sortira grandie et plus forte que jamais de l'ultime épreuve qu'elle subit à travers moi. »

26 décembre 1944
Des Services charbons : Brouillon. Tableaux intitulés "Provisions constituées sur les bénéfices des exercices clos entre le 1er janvier 1939 et le 26 décembre 1944".

27 décembre 1944
D'Eugène van Cabeke, fondateur de la Compagnie sétoise de produits chimiques, au juge d'instruction Georges Thirion : Déposition. Politique de collaboration attribuée à la Maison dans la gestion de cette filiale.

29 décembre 1944
De Gaston Bernard, expert-comptable, au juge d'instruction Georges Thirion : Note n°4. Participation dans les sociétés Japy et Puzenat. [Les informations ont été réparties dans les recueils annuels concernés.]
De Raymond Meynial, à René Mayer, ministre des Transports et des Travaux publics : Demande d'intervention auprès du ministre de l'Intérieur pour éviter à Hypolite Worms l'internement administratif.
A M. Herrenschmidt, adjoint du Trésor, ministère des Finances : Courrier [sans émetteur.] « Je m'empresse de vous faire parvenir un dossier relatif à la position de la Maison, à l'occasion des affaires actuellement en cours d'instruction. Ce dossier comporte une annexe relative à l'affaire du Molybdène, qui a prétexté de la part des services du Blocus de l'Afrique du Nord à la nomination d'un commissaire contrôleur auprès de nos deux succursales d'Alger. Je vous serais reconnaissant de bien vouloir transmettre à M. Frémond un exemplaire de ces jeux de documents en lui précisant les raisons pour lesquelles toute nouvelle initiative à notre égard dans ce domaine peut paraître à la fois regrettable et préjudiciable. »
Au président Mornet, Paris : Courrier [sans émetteur.] « Je vous fais parvenir ci-joint un dossier dont la lecture complétera les indications que je vous ai fournies verbalement. »

30 décembre 1944
D'Hypolite Worms, Fresnes, à Robert Labbé et Raymond Meynial : Note originale. « Le Trait : Ayant déjà un accord complet avec la [Gironde] il n'y a que des avantages à marcher main dans la main avec la Méditerranée. D'abord grâce à Lamouche ce sera dans l'avenir l'un des chantiers les mieux gérés, et ensuite, il ne faudra perdre de vue le bloc Loire - Penhoet, qui va être maintenu et qui voudra tout manger. Chargeurs réunis - Messageries maritimes : Glénat envisage favorablement la combinaison suggérée pour Port-Saïd et Suez, ce qui serait pour nous d'un intérêt majeur. »

31 décembre 1944
Des Services bancaires : Bilan.
Des Services bancaires : Compte des profits et pertes, du 31 août 1939 au 31 décembre 1944.
Des Services maritimes : Composition de la flotte. Liste et tonnage des 24 navires en service en 1939, des 11 navires coulés, des 2 navires aux mains des Allemands, du navire sabordé à Marseille et des 10 navires en service au 31 décembre 1944.

Conteneur

B-A

Informations portées sur les bordereaux d'archivage
(B-A = boîte archives)

W/186

923

Armement - Offres d'achat et vente de navires (1920-1952)
Possibilité d'affréter des navires, après la guerre, sur le marché suédois. Article du Journal de la Marine marchande (29 juin 1944), Regards sur demain : Affrètements et non achats de navires étrangers après les hostilités. Le prix commercial d'un navire (fret) a une valeur économique en temps de paix. Critique des Liberty-ships, subventionnés par le Merchant Marine Act, lent et mal construit. - Mise à disposition des Liberty-ships (décembre 1944).

W/186

927

Armement - Divers
Révision des tarifs de pilotage.
Manutentions dans les ports pour le compte de l'armée américaine. Tarifs.
[Voir octobre 1944.]
[Voir 15 novembre 1944.]

W/189

939

Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest - CNCO (1937-1957)
Collection des assemblées d'actionnaires (1941-1957).
[Voir octobre 1944.]

W/189

940

Messageries maritimes - MM (1929-1946) ; Société nantaise de consignation et de gérance - SNCG ; Compagnie nantaise de navigation à vapeur - CNNV
[Voir 29 décembre 1944.]

W/209

1038

Position de la flotte Worms depuis l'Armistice (1939-1945)
Situation de la flotte française : liste des navires rentrant ou non encore remis en gardiennage.
Position de la flotte de la NCHP.

W/209

1039

Armement - Demandes d'embarquement (1929-1949)
Matelots, timoniers, lieutenants, mécaniciens, officiers, élèves officiers, pilotins...

W/210

1045

Société française des transports pétroliers (SFTP) - Divers (1938-1962) - Position de la flotte [Dossiers désordonnés]
Personnel navigant. Demandes d'embarquement, d'emploi à bord des pétroliers. Certains postulants sont des anciens de la Compagnie générale transatlantique.
[Voir février 1944.]

W/222

1104

Services charbons - Divers (1924-1957)
Jusqu'en 1945 : charbons de bois, dépôt à Port Vendres, frais d'escale à Rotterdam, offres d'achat, opérations de charbons, renseignements.

 

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