1943.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre

Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence, dans :

  • les copies de lettres à la presse1,
  • la correspondance, les notes, rapports, circulaires, accords, traités... (originaux ou duplicatas) émanant de la direction générale de la Maison, des départements maritimes et combustibles, des chantiers de constructions navales du Trait, ainsi que des succursales françaises et étrangères. Les dossiers d'où proviennent ces pièces ont été classés "tels quels" par les services qui les ont produits. Répertoriés par objet et non par date, ils couvrent – ensemble – une période allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1960. Une notice située à la fin du présent article, reproduit le descriptif qui est fait des archives les plus significatives sur les bordereaux d'inventaire,
  • les synthèses réalisées par la Maison et notamment :
    • "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
    • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948.

A ces informations s'ajoutent celles recueillies :

  • auprès des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
  • dans les annuaires et les minutes notariales...
  • dans la presse, les revues professionnelles et les ouvrages d'histoire...

Du fait de la nationalisation de la Banque Worms en 1982, les témoignages relatifs au département bancaire proviennent essentiellement du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d'une part, et d'autre part, d'extraits de publications externes ou d'études conduites par la Maison Worms. Ainsi :

Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé (en bleu + soulignement).

1 : Ce corpus n'a pas fait l'objet d'un dépouillement exhaustif comme cela a été le cas pour les chronos de correspondance datant du 19ème siècle.

 

Inventaire chronologique des archives numérisées
et des renseignements ou extraits collectés dans les copies de lettres et les dossiers

[Documents pluriannuels]
1911-1943
De Worms & Cie Le Havre : Charbons. Amortissements (dont usine d'agglomération de Graville). Relevés annuels et correspondance échangée avec Paris sur le suivi des écritures comptables.
1923-1947
Tableau [non daté, classé en 1947] : Tonnages annuels du cabotage national et international (entre la France et les Pays Baltes, Pologne, Allemagne, Belgique, Angleterre, Espagne, Danemark, Finlande, Irlande, Norvège, Suède, côtes occidentales d'Afrique).
1938-1943
De Guy Brocard : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] Bénéfices d'exploitation des Services bancaires ; montant des intérêts versés sur le compte de la Rüstungkontor au 31 décembre 1943.
1938-1944
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'une note datée du 16 mai 1945.] Compte des pertes et profits, analyse des déficits imputables à l'occupation allemande, résultats du 1er janvier 1938 au 31 décembre 1944. [Voir également une note non datée, classée en 1945.]
1938-1945
[Extrait d'une note classée en 1945.] Situation charbonnière en France de 1938-1939 à 1945 (inclus).
1938/1939-1944
De Worms & Cie : [Extrait d'une note et de tableaux en date des 17 et 26 décembre 1945.] Comptes d'Hypolite Worms et rémunérations de Jacques Barnaud ; achats et ventes de titres (1940-1944).
1er janvier 1939-31 décembre 1943
Des Services maritimes : [Extrait d'un brouillon en date du 7 décembre 1944.] Tableau intitulé "Soldes des pertes et profits". Exercices clos entre le 1er janvier 1939 et le 31 décembre 1943.
1er janvier 1939-26 décembre 1944
Des Services charbons : [Extrait d'un brouillon, en date du 26 décembre 1944.] Tableaux intitulés "Provisions constituées sur les bénéfices des exercices clos entre le 1er janvier 1939 et le 26 décembre 1944".
31 août 1939-31 décembre 1943
De Worms & Cie : [Extraits d'une note manuscrite classée au 31 décembre 1943, d'une note datée de septembre 1944 et intitulée "Observations au sujet de la comparaison des bilans de la société Worms & Cie" et d'une note des Services charbons datée du 22 septembre 1944 et intitulée "Étude comparative des bilans France 1939/1943".] Comparaison des bilans du 31 août 1939 et du 31 décembre 1943.
1er septembre 1939-31 décembre 1943
Des Services charbons et maritimes : [Extrait d'une note du 6 décembre 1944.] Tableaux indiquant année par année les résultats de ces deux départements du 1er septembre 1939 au 31 décembre 1943. Résultats des succursales charbons (Paris, Bayonne, Bordeaux, Dieppe, Le Havre, Marseille, Nantes et Rouen) du 1er septembre 1939 au 30 septembre 1940 et du 1er octobre 1940 au 30 septembre 1941.
1939-1944
Des Services maritimes : [Extrait d'une note du 22 septembre 1944.] "Récapitulation des dommages résultant des faits de guerre".
30 septembre 1941-31 décembre 1943
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'une note non datée, classée en 1944.] Tableaux indiquant les résultats d'exploitation (synthétiques et détaillés) ainsi que du compte de pertes et profits des exercices au 30 septembre 1941, au 31 décembre 1942 et au 31 décembre 1943.
Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'une note datée du 31 décembre 1943.] Tableaux. Régularisation du compte "dépenses sur constructions" - unités construites pour les autorités allemandes. Exercices au 30 septembre 1941, 31 décembre 1942 et 31 décembre 1943.
1941-1944
De Worms & Cie : [Extrait de tableaux datés du 13 octobre 1944.] Situation mensuelle des comptes ouverts à des fournisseurs de la Kriegsmarine.

[Informations sans dates précises]
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre "Les Patrons sous l'Occupation. II", éditions Odile Jacob, 1995, coll. Opus 1997.] « Les autorités d'occupation, qui ne [croient] guère, semble-t-il, à l'existence de la Synarchie, [diligentent] encore une grande enquête en 1943 pour en avoir le coeur net. »
De Gaston Bernard : [Extrait de son rapport d'expertise comptable, au juge Thirion, en date du 31 décembre 1945. Ce document très volumineux (plus de 700 pages) a été numérisé en 8 parties ; la table des matières permet de naviguer de l'une à l'autre.] « La Maison Worms a vendu, en 1943, 183.000 tonnes de charbon, soit 10% du total vendu en 1938. »
De Louis Vignet : [Extrait de sa déposition au juge Georges Thirion en date du 6 décembre 1944.] « Ce n'est qu'en 1943 que les producteurs de charbon de bois et de bois de gazogène furent tenus de livrer aux Allemands des quantités qui leur étaient imposées par le canal des Comptoirs départementaux des produits forestiers. En fait, les impositions allemandes auraient dû absorber la totalité de notre production, mais nous nous sommes attachés à distraire de ces impositions, des quantités de charbon de bois que nous avons livrées notamment à la Croix-Rouge, au Secours national et à l'Assistance publique. C'est ainsi par exemple que, pour une année, du printemps 1943 au printemps 1944, les impositions allemandes étaient de 1.727 tonnes. Nos livraisons aux autorités allemandes ne furent que de 1.116 tonnes, tandis que 650 tonnes environ étaient livrées aux administrations que je viens de citer. » [Voir une note non datée de la direction générale des Services charbons, classée en 1945.]
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : [Extrait d'une fiche sur la Société d'approvisionnement pour le chauffage central, 31 décembre 1961.] Achat et cessions portant sur 282 actions pour un montant total de 122.100 F.
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : [Extrait d'une fiche sur la Compagnie charbonnière de Provence - CCP, classée en 1957.] Achat de 23 actions pour un montant de 23.000 F et cession de 20 actions pour un montant de 20.000 F.
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : [Extrait d'une fiche sur la Société française de combustibles - SFC, 31 décembre 1961.] Achat par Worms & Cie de 300 actions pour un montant de 210.000 F. [Voir également un tableau intitulé "Participations au 31 décembre 1961" :] Entrée de Worms & Cie au capital de la SA Société française de combustibles, située au Mans et spécialisée dans le négoce de combustibles.
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : [Extrait d'un tableau intitulé "Participations au 31 décembre 1961".] Entrée de Worms & Cie au capital de la SA Établissements Carré Richard, située à Toulon [filiale de la Compagnie charbonnière de Provence] et spécialisée dans le négoce de combustibles.
Des Services charbons : [Extrait d'une note adressée à Worms & Cie Paris le 21 septembre 1944.] « Tunis : agence ouverte depuis 1943. Nous n'avons aucune précision à ce sujet. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une note datée du 19 décembre 1945.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. D'après les chiffres du Comité d'organisation de la construction navale estimés en fonction des effectifs probables au retour de la période normale, la capacité de production annuelle des chantiers Worms est de 17.500 tonnes, soit 5,8% de la capacité totale des chantiers français estimée à 300.000 tonnes. Sur la base les effectifs, le rapport donnerait, avec 1.500 ouvriers, le pourcentage de 3,1% de la main d'oeuvre totale de la construction navale évaluée à 48.000 ouvriers.
Des Services bancaires : Participation à l'augmentation de capital des grands magasins Au bon marché.
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Société des mines de Charrier. L'usine de traitement de cuivre et d'étain, « bien que terminée en 1943, n'a pas été mise en route - cela avec l'entière approbation d'ailleurs de la direction des Mines - afin d'éviter un enlèvement quelconque par l'ennemi du métal qui aurait été produit. Effectivement, aucune quantité de métal ni même de minerai n'a pu être emportée par les Allemands. » [Cette information est mentionnée dans une note intitulée "Annexe n°2" du 26 septembre 1944, où est également indiqué : « A la demande de la Direction des mines, et pour éviter une prise de possession par l'IG Farben-Industrie, nous avons en 1943 pris les permis de molybdène du chantier des Oeillets dans les Vosges. Là encore, en dépit de leurs exigences, pas une tonne du minerai sorti n'a été livrée aux Allemands. »]
De Jean Nelson-Pautier : [Extrait d'une note sur la Compagnie sétoise de produits chimiques, datée du 3 janvier 1945.] « Depuis son exclusion de la société, Monsieur van Cabeke essaya de toutes les manières de rentrer directement ou indirectement dans l'affaire, et conçut une violente haine contre ses dirigeants actuels. Mentionnons qu'en 1943, très vraisemblablement, sur sa dénonciation, la société fut pourvue d'un administrateur provisoire comme "société sous influence juive". L'administrateur provisoire nommé, M. Pernot, de Montpellier, ayant heureusement décliné ces fonctions, il ne fut pas remplacé. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une note sur les Conserveries de Bordeaux classée en 1945.] Société au capital de 7.500.000 F, siège social à Paris, 17, rue Albert, ayant pour objet la fabrication de conserves, de fruits, légumes et poissons dans la métropole et au Maroc. Sur les 20% du capital social achetés en 1943 avec l'Union des mines et la Maison Vernes, Worms & Cie possède une part équivalant à un peu plus de 7% et est représenté au conseil par Édouard Borotra, directeur de l'agence de Nantes.

Début 1943
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 13 janvier 1945.] Perte en mer Égée, près de l'île de Léros, du "Fronsac", réquisitionné par les autorités allemandes le 11 décembre 1942. Échouage du "Pontet-Canet", réquisitionné par les autorités allemandes le 14 décembre 1942.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en novembre 1949.] Société d'entreprises de grands travaux hydrauliques. « Au début de 1943 Jean Rigal, nommé directeur général, cessa d'appartenir au conseil d'administration, en même temps que MM. Rialan, Gouin et Berryer donnaient leurs démissions d'administrateurs. Ils étaient remplacés par trois représentants de la Société française d'entreprises de dragages et de travaux publics - et plus spécialement la Banque de l'Indochine - qui avait ainsi la majorité au conseil. »

Janvier 1943
De Jacques Barnaud : [Extraits d'une note, non datée, classée en 1945, et de son audition par le président Dhers en date du 2 mai 1950.] Sur ses fonctions de délégué général aux relations économiques franco-allemandes. « Je terminai la liquidation de mon service et me retirai définitivement dans le courant du mois de janvier 1943. » Bilan de sa mission. « Prélèvements allemands. Il a souvent été reproché au gouvernement français et à l'administration d'avoir accepté des prestations de vivres, de matières premières et de produits fabriqués à l'Allemagne au lieu d'organiser au contraire le sabotage de ces livraisons. A cette objection, on doit répondre : 1° - Il a fallu faire vivre la population française pendant quatre ans, la nourrir, la vêtir, la chauffer, l'éclairer, lui fournir les produits les plus indispensables à son existence, assurer les transports... Si on avait laissé les Allemands "se servir eux-mêmes" comme nombre d'entre eux l'auraient désiré et abandonner seulement les restes aux Français, on peut avec peine imaginer combien ceux-ci auraient souffert et quel serait l'état de la population à l'heure actuelle. Or, il était impossible en fait de refuser toute prestation à l'Allemagne tout en continuant à assurer la vie de la population dans l'extrême pénurie de toutes les denrées et matières premières. 2° - En fait, toutes les statistiques et tous les documents peuvent montrer les retards considérables apportés à toutes les livraisons. Ce fut là le véritable sabotage. Jamais un programme n'a été tenu ni en matière de ravitaillement, ni pour les livraisons de métaux, de textiles, de cuirs, etc. Périodiquement il fallait reprendre les arriérés du passé, les refondre avec un programme d'avenir et inlassablement on refaisait de nouveaux plans en sachant parfaitement qu'ils ne seraient jamais exécutés. 3° - Certes en dehors des prélèvements officiels, il existait des achats directs effectués par les Allemands ou leurs intermédiaires. En fait, l'importance de ceux-ci fut, au moins pendant les premières années, assez limitée. L'acceptation de plans officiels permit toujours d'obtenir des autorités supérieures allemandes des ordres d'interdiction de ces achats, ordres qui furent obéis dans une assez large mesure, sauf aux époques ou l'occupation militaire était trop dense. 4° - Les statistiques fournies aux autorités allemandes étaient la plupart du temps erronées. Seule la centralisation effectuée et le fait de ne fournir que des chiffres globaux pouvaient permettre d'agir ainsi. Tous les répartiteurs et hauts fonctionnaires peuvent en témoigner. C'est ce qui explique d'ailleurs qu'après trois ans, il était encore possible d'utiliser certaines denrées ou certaines matières que toutes les statistiques prévoyaient devoir être épuisées après la première année. Fabrication pour compte allemand. II ne s'agit que des fabrications du domaine civil et non des fabrications de guerre que mon service ne traitait pas et dont je n'eus à connaître que dans des cas très rares. Les Allemands ne nous auraient pas laissé fabriquer des vêtements, des chaussures, du ciment, des planches... pour nos besoins si nous n'avions accepté de leur en livrer une part. Ils auraient réquisitionné certaines usines ; ils en auraient démantelé d'autres, transportant les machines en Allemagne, prélevant la main-d'oeuvre. Ce plan était dès l'origine celui d'un grand nombre d'autorités allemandes qui accusaient les fonctionnaires du Majestic de vouloir conserver leur situation en faisant travailler et alimentant les usines françaises. Cessions d'intérêts français ou prises de participations allemandes dans des affaires françaises. Dès le début de l'occupation allemande, nous fûmes alertés par le désir allemand d'acquérir des participations françaises en Europe centrale, pays balkaniques et Pologne, et de prendre des participations dans les affaires françaises. Cette tendance nous inquiéta particulièrement pendant les années 1940 et 1941. De nombreux banquiers, industriels, ou intermédiaires allemands vinrent à cette époque à Paris, essayèrent de prendre contact avec des banquiers, des industriels ou des intermédiaires français, firent pression sur eux tantôt par des menaces, tantôt par des offres extrêmement alléchantes pour racheter des titres de toute espèce. L'administration française organisa rapidement une vive défense contre cette attaque. Un service spécial fut créé au ministère des Finances, direction des finances extérieures. Nous réussîmes à publier suffisamment à temps un texte pour interdire aux Français toutes ventes de titres à des étrangers sans une autorisation spéciale de ce service. J'eus à m'occuper de ces opérations dépendant de mes fonctions de délégué général et on peut dire que, sauf quelques cas exceptionnels, cette tendance allemande échoua complètement. Je n'ai pas connu l'opération de vente des actions des Mines de Bor qui fut traitée directement par le président Laval antérieurement à la création de mon service. Je n'ai pas connu non plus les tractations relatives à la vente des actions de l'Agence Havas, qui fut traitée directement soit par M. Laval soit par l'amiral Darlan. En ce qui concerne les cessions d'intérêts français en Roumanie et surtout en Pologne, ces affaires n'étaient pas traitées par le Majestic, mais par la commission d'armistice. Je n'eus pas à m'en occuper directement mais fus consulté sur certaines de ces affaires par le service spécial du ministère des Finances. Les affaires françaises en Pologne déclinaient depuis de nombreuses années. Elles n'apportaient que des déboires à leurs dirigeants et à leurs actionnaires. Les autorités polonaises étaient depuis longtemps hostiles et manifestaient une xénophobie sans cesse croissante. Les usines étaient occupées par des autorités allemandes, les directeurs français expulsés et les dirigeants n'avaient plus aucune nouvelle de leurs entreprises. D'où la tendance de certains capitalistes français de céder des titres de ces affaires pour lesquels les banques allemandes offraient des prix très supérieurs à tous les cours cotés depuis longtemps. Le ministère des Finances et moi-même fûmes hostiles à ces cessions pour des motifs psychologiques d'abord et ensuite parce qu'en fait, nous estimions immoral que des actionnaires soient très largement indemnisés par prélèvement sur les frais d'occupation, c'est-à-dire sur l'ensemble des contribuables français. Cependant, en soi, de telles cessions n'apportèrent aucune aide réelle à l'Allemagne, puisque les usines étaient, en tout état de cause, entre les mains des Allemands. Aussi, lorsqu'il se sentit débordé sur certains points, le ministère donna-t-il son acquiescement à de telles opérations, mais en obtenant dans la plupart des cas qu'en échange de ces titres, les Allemands remettent des titres d'emprunts extérieurs du gouvernement français, afin d'éviter toute perte de substance pour l'économie française. Dans le domaine des prises de participation dans l'économie française, en dehors de l'importante affaire de Francolor, il n'en existe aucune qui vaille la peine d'être citée. Nous pûmes faire traîner des mois et finalement échouer après toutes les pressions des demandes importantes de participation comme celles de l'affaire Hachette, de l'Aluminium français, des Wagons-lits, des chaussures, etc. La pression fut particulièrement vive en ce qui concerne les affaires juives. On peut affirmer que, dans ce domaine, les services du ministère des Finances et de la délégation générale obtinrent une incontestable victoire sur le désir de main-mise manifesté par les milieux économiques allemands. Affaires juives. Je n'eus pas à prendre part à aucun titre aux discussions relatives aux statuts israélites, mais en face des ordonnances allemandes, j'eus à me préoccuper à plusieurs reprises avec les services de la Production industrielle et ceux du ministère des Finances, en particulier direction générale de l'enregistrement et des domaines, du sort des biens juifs pour éviter qu'à la faveur de l'expropriation arbitraire prononcée par les autorités allemandes, ces biens ne soient acquis par des sujets allemands. Dans son rapport le procureur général près la Haute Cour de justice, qui a d'ailleurs conclu à un non-lieu en ce qui me concerne, (a déclaré à mon sujet) : "Il y a lieu d'indiquer - fait assez rare - que Barnaud refusa de recevoir un traitement de l'État et que, pendant tout le temps qu'il occupa le poste de délégué général aux relations économiques, il subvint à ses dépenses et à celles de sa famille avec ses deniers personnels." Par conséquent, ce n'est que par suite des circonstances que je n'ai pu démissionner de mon poste de gérant de la Maison Worms pendant la période où j'ai occupé des fonctions officielles. »
D'Hypolite Worms : [Extrait de son interrogatoire par le juge Georges Thirion en date du 17 octobre 1944.] « Monsieur Barnaud a repris ses fonctions à la Banque en 1943 [ ?], après avoir démissionné de ses fonctions officielles en novembre 1942. »

1er janvier 1943
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] Démission d'Anduze-Faris de son poste d'administrateur de la NCHP, avec effet rétroactif au 1er janvier 1943.

2 janvier-26 novembre 1943
Collection des ordonnances arrêtées par le Militärbefelshabers in Frankreich et publiées au Journal officiel. Textes en français et en allemand.

7 janvier 1943
De Worms & Cie Bayonne, au personnel de l'usine de Haut-Mauco : « M. Pellevillain prend la direction de tout le personnel de notre usine qui relèvera de son autorité. Nous comptons que chacun s'emploiera de son mieux à concourir à la bonne exécution des travaux de l'usine, en rappelant que le mieux être de chacun dépend de la prospérité collective. »

11 janvier 1943
De Jean Loup, Bourbon-Lancy, au commandant de la Kommandantur de Nevers, service de la main-d'oeuvre : Lettre de dénonciation au sujet des défections de personnel dans la fonderie Puzenat de Dompierre-sur-Besbre. « Vous serez édifié sur la triste façon dont l'usine de Bourbon-Lancy agit envers les réquisitions allemandes et ce, sous la direction communiste des chefs de l'usine ; ce qui explique les défaillances de l'usine de Dompierre. Mon intervention est motivée par mon patriotisme de vieux Français militant du Mouvement social révolutionnaire. » [Lettre à rapprocher des allégations de Joé Nordmann - voir milieu de 1943.]

15 janvier 1943
Du journal "Pariser Zeitung" : Extrait d'un article [sans titre.] « Hélène (des Portes) menait une vie double. Le matin, elle s'occupait dans la garçonnière de Raynaud, place du Palais-Bourbon. Elle recevait le banquier Goulin et le banquier Worms, tandis que l'après-midi, elle tenait son propre salon, avenue du Bois de Boulogne et le soir, elle allait dans le monde avec son Paul Raynaud. »

16 janvier 1943
De Georges Suarez, du journal "Aujourd'hui" : Extrait d'un article intitulé "Révolution et collaboration". « La plupart des hommes qui ont assuré l'interrègne entre le complot du 13 décembre où sombra son premier ministre et le Conseil du 18 avril 1942, où naquit le second, ne s'étaient accrochés au gouvernement que pour mieux combattre sa politique et assurer la survivance de l'ancien régime... Certains tel Belin, tel Pucheu s'essoufflaient à la poursuite d'une doctrine sociale mais compliquaient à plaisir les relations avec l'Allemagne pour les rendre impossibles. D'autres comme Le Roy Ladurie, Barnaud réduisaient la collaboration aux proportions de leurs domaines respectifs mais restaient insensibles aux timides appels de l'ordre nouveau. Quant à Darlan, rien ne lui coûtait pour se proclamer un fanatique de la révolution et de la collaboration, étant décidé à trahir l'une et l'autre... »

23 janvier 1943
Entre Karl Kaufmann et L. Nicol : Accord.

24 janvier 1943
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] "Ville-de-Majunga" disparaît corps et biens dans l'Atlantique Nord.

25 janvier 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Au début de l'année 1943, la banque Worms et Cie procéda à l'augmentation du capital de la compagnie d'assurance, La Préservatrice-Vie. [Voir assemblée extraordinaire du 15 septembre 1942 et conseil d'administration du 22 décembre 1942.] Les 6.000 actions [non réservée à la société mère du groupe : La Préservatrice] ont été offertes aux actionnaires anciens à titre irréductible à raison d'une action nouvelle pour 4 anciennes, à souscrire du 3 février au 20 mars 1943, les actions non souscrites étant réservées à Worms et Cie sous la réserve des droits des actionnaires alors dans l'impossibilité de souscrire. Le bilan au 31 décembre 1941, publié à cette occasion, faisait état pour 1941 d'un excédent de recettes de 443.221 F qui, venant en déduction des pertes sur les exercices antérieurs, s'élevant à 3.217.291 F ramenait ces pertes à 2.774.070 F en chiffres ronds. La notice publiée en vue de cette opération au Bulletin des annonces légales obligatoires du 25 janvier 1943 était signée de Robert Cousin, président du conseil d'administration. »

8 février 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Le Bulletin des annonces légales obligatoires du 8 février 1943, publiait, dans la partie réservée aux annonces relatives aux droits préférentiels de souscription des actionnaires de sociétés, un avis concernant l'augmentation de capital des Ateliers Moisant Laurent Savey [cf. l'assemblée générale extraordinaire du 29 mai 1942 et le conseil d'administration du 15 juin 1942.] Les nouvelles actions, qui devaient être émises avec une prime de 750 F par action, soit au prix de 1.750 francs, étaient à libérer en totalité au moment de la souscription. Elles étaient réservées aux anciens actionnaires à raison de 3 actions nouvelles pour 4 anciennes, l'émission devant avoir lieu du 1er mars au 2 avril 1943, à la Banque Worms et Cie qui assurait la sauvegarde des droits des actionnaires empêchés, conformément à la législation en vigueur. L'insertion légale en vue de cette émission a été faite au Balo du 8 février 1943 et au Journal spécial des sociétés par actions du 10 février qui avait publié, en outre, les modifications statutaires décidées par la même assemblée extraordinaire du 29 mai 1942, particulièrement en ce qui concernait la nouvelle répartition des bénéfices. Henri Garnier qui avait signé l'avis publié au Balo comme président du conseil d'administration de la société et qui était l'ancien président de la chambre de commerce de Paris et administrateur du Sous-Comptoir des entrepreneurs, était, en outre président du Comité d'organisation du bâtiment et des travaux publics. »

15 février 1943
Du Militärbefehlshaber in Frankreich, à Worms & Cie : Avis. « Olivier de Sèze est révoqué de ses fonctions de suppléant au commissaire-administrateur de votre firme. »
De Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait d'une note du 26 septembre 1944.] « Olivier de Sèze, ancien inspecteur de la Banque de France, remplit ses fonctions jusqu'en février 1943, date à laquelle il rejoignit comme chef d'Escadron une unité blindée en Afrique du Nord. »
Du général Nogues, résidant général de France au Maroc, Rabat, à M. Dolisie, ingénieur civil des Mines, Casablanca : « Vous avez bien voulu, après l'armistice, accepter de prêter à l'Autorité militaire votre concours pour stocker des matériels de guerre qu'il convenait de soustraire aux investigations des commissions de contrôle ennemies. Averti des conséquence graves que pouvait entraîner la découverte de ces dépôts clandestins, mais dédaigneux de ce risque, vous avez, en la circonstance, témoigné de votre dévouement et de votre patriotisme. »

17-22 février 1943
[Extrait d‘une note intitulée "Modifications dans le fonctionnement de la Maison Worms & Cie" et datée du 24 février 1945.] « Joseph Denis étant décédé le 17 février 1943, Philippe Simoni, son adjoint, a été nommé secrétaire général. » [Cette information est reprise dans un rapport d'enquête sur le groupe Worms établi en mai 1944.]
D'un encart intitulé "Nécrologie" et collé au dos de la photo de Joseph Robert Denis (voir l'album "Les associés et leurs proches" dans Iconographie) : « Nous avons la douleur d'apprendre le décès de notre ami M. J.R. Denis, secrétaire général de la Maison Worms & Cie, capitaine de vaisseau honoraire, officier de la Légion d'honneur, Croix de guerre 1914-1918, survenu à son domicile, 46, avenue Kléber, Le Vésinet, le 17 février, dans sa 65ème année. Les obsèques ont eu lieu en l'église Sainte-Marguerite au Vésinet le 22 février à 10 h 15. Tous ceux qui connaissaient l'intelligence, la finesse et la fidélité dans l'amitié du commandant Denis seront douloureusement émus de sa soudaine disparition. Nous présentons à sa famille et à la Maison Worms & Cie qu'il servait depuis tant d'années de tout son coeur, nos condoléances attristées. R.M. »

19 février 1943
De Worms & Cie Bayonne : Note. M. Mazière est « reparti pour Pau avec mission de liquider un certain nombre d'affaires paloises, notamment la question de l'accord avec M. Poey pour l'installation du bureau de notre agence chez ce dernier, l'autorisation préfectorale de transfert de ladite agence, la liquidation du loyer en cours, etc. »

22 février 1943
A Worms & Cie Bayonne : Note. « Ce matin la presse annonce la suppression des formalités de passage de la ligne de démarcation qui va nous amener à reconsidérer dans l'ensemble la position de nos agences de zone libre. On laisse prévoir en contre-partie certaines restrictions dans les transports par fer qui feraient l'objet d'autorisations particulières. A première vue, il nous semble qu'une agence à Pau, même dans sa forme réduite, devient pour vous tout à fait inutile et que M. Lamaison pourra, de Bayonne, accomplir les visites nécessaires dans les Basses et Hautes-Pyrénées, beaucoup plus facilement que M. Mazière d'Agen. Nous ne pouvons encore mesurer exactement les répercussions du nouvel état de choses sur cette dernière agence. »

22-23 février 1943
[Extraits d'une note datée du 5 septembre 1944 et du rapport n°1 de Gaston Bernard au juge Thirion en date du 13 octobre 1944.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « Par marché, en date du 22 février 1943, la commande des quatre sous-marins Q219 à 222 fut résiliée par la Marine nationale. » [Selon un historique non daté, classé en 1944, cette résiliation est datée du 23 février 1943. Les informations concernant l'attitude des Chantiers à l'égard des autorités allemandes sont reprises dans différents documents datant de 1944, notamment dans une note de synthèse classée en 1944, dans la déposition de Pierre Abbat, devant le juge Thirion, en date du 24 octobre 1944. Voir 3-4 août 1943.]

23 février 1943
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait du livre "Les Patrons sous l'Occupation. II", éditions Odile Jacob, 1995, coll. Opus 1997.] Société des corps gras Fournier et Ferrier. « "Un accord entre Henkel et Fournier n'aurait de sens et de prix pour les intéressés que s'il était un témoignage du désir des deux parties contractantes d'établir des relations d'ordre technique, industriel et commercial tout à fait confiantes", écrit Gabriel Le Roy Ladurie le 23 février 1943 dans une lettre figurant au dossier d'instruction. »

Printemps 1943
De Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait d'une note du 26 septembre 1944.] « Pour en finir avec le Dr Hettlage, je l'entrevis une ou deux fois dans l'hiver 1942 ou le printemps 1943. Puis je n'eus plus de nouvelles directes de lui. Il ne me signalait même plus son passage. Il dut, me semble-t-il, quitter la Commerzbank en 1943. »

Mars 1943
De Worms & Cie : [Extrait d'une note datée du 8 décembre 1945.] Noël Ernault, société anonyme au capital de 8.000.000 F, siège social à Paris : 51, rue d'Anjou, ayant pour objet la fabrication de machines-outils et principalement de tours. C'est en mars 1943 « que nous avons acquis, notamment de la Banque Pascal & Cie, notre participation dans cette société (49%). La majorité du capital appartient toujours au fondateur, Noël Ernault, qui assume les fonctions de président de directeur général de la société ». La Maison n'a aucune responsabilité de gestion. Elle ne s'est intéressée à cette affaire que pour lui donner l'aide financière (augmentation de capital et crédits en compte) qui doit lui permettre la construction d'un prototype très moderne et la fabrication en série, après la guerre, d'une nouvelle machine nécessaire à la rénovation de l'outillage industriel français. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une note datée du 11 décembre 1945.] Ateliers de constructions mécaniques et d'outillages - Acmo. Société anonyme au capital de 6.000.000 F, siège social à Paris, 14, rue de Milan, ayant pour objet toutes questions touchant l'industrie mécanique et métallurgique, la fabrication et l'exploitation de tous appareils mécaniques ou électriques, l'étude, l'achat, l'échange, l'exploitation et la vente de brevets, etc. « Au moment où nous avons pris une participation dans la société Noël Ernault, il nous a été demandé de reprendre l'ensemble de l'actif d'Acmo, participation que nous avons acceptée pour un prix égal aux espèces en banque. »
De Roger Mennevée : [Extraits de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949 et du chapitre 4 "Fidei-commissaires et agents", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en octobre 1950.] Société privée d'études. « Au début de mars 1943, Jean Vinson, secrétaire général de La Préservatrice était nommé administrateur et président du conseil d'administration de la Société privée d'études (ex-Société privée d'études et de banque) en remplacement - à ce dernier titre - de M. Desoubry, fondé de pouvoirs de Worms & Cie, qui restait administrateur. Jean Vinson quittera cette fonction le 14 septembre 1945. » Entrée de Georges Lauret au conseil de la Société privée d'études et à celui des Carrières de l'Ouest.

1er mars 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Société française de transports pétroliers. Les obligations émises entre juillet et août 1942, sont introduites à la Bourse de Paris. L'insertion de cotation est effectuée au Balo du 1er mars 1943. Les notices d'émission et de cotation sont signées par Hypolite Worms lui-même... Au mois de mars 1943, la banque Worms et Cie a participé au placement de l'emprunt de la Société des téléphones Ericsson, en obligations 4% de 5.000 F de nominal, émises à 4.850 francs et dont le montant maximum était de 30 millions de francs. La banque Worms était représentée au conseil de cette affaire par Louis de Beauvoir. L'insertion obligatoire préalable avait été faite au Bulletin des annonces légales du 1er mars 1943. »
Du Groupement des producteurs de phosphates à usage agricole, à la Société tunisienne des hyperphosphates Réno : Premières livraisons de phosphates sur l'Allemagne et la Hongrie par prélèvements sur les stocks.

3 mars 1943
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Établissements Japy Frères. « En remplacement d'Edgar Japy, décédé, le conseil cooptait Jean Aimé Streichenberger, appelé au conseil d'administration des Aciéries et Laminoirs de Beautor et que nous retrouverons ultérieurement faisant la liaison entre Worms et Cie et la banque de Rothschild. Cette nomination a été ratifiée par l'assemblée générale du 3 mars 1943 qui a, en même temps, entériné la démission de Jacques Guérard - en raison de ses fonctions officielles - et la nomination, en son remplacement, comme administrateur d'Édouard Vernes, appartenant à la grande banque protestante privée Vernes et Cie, dont les liens d'affaires avec Worms et Cie s'avéreront par la suite de plus en plus étroits. A la même époque, Jean Frédéric Carlet de la Rozière était nommé administrateur ; on le trouvera, dès lors, dans diverses affaires relevant de Worms et Cie. »

8 mars 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Établissements Japy Frères, à Beaucourt. « Au début de mars, la banque Worms et Cie procéda à une émission obligataire de 40 millions de francs, en 8.000 obligations 4 ¼% au nominal de 5.000 F et destinée notamment à rembourser le solde restant en circulation des emprunts antérieurs 4,75% 1910 - 6% 1921 - 7% 1924 et 5 ½% 1929 et que le conseil d'administration avait décidé d'appeler au remboursement anticipé pour le 17 avril 1943. Ces obligations, amortissables en 20 ans à partir du 1er mars 1945, ont été émises à 4.975 francs. L'insertion légale a été faite au Bulletin des annonces légales du 8 mars 1943. »

23 mars 1943-7 août 1944
D'Anatole Bucquet, directeur général de la Nouvelle compagnie havraise péninsulaire : [Extrait de sa déposition devant le juge Thirion, en date du 7 décembre 1944.] « La marine allemande s'empara du "Condé" le 23 mars 1943 ; il fut un des derniers navires réquisitionnés, la compagnie ayant mis tout en oeuvre avec les réparateurs pour faire durer cent quarante huit jours des réparation prévues pour soixante, et ayant supporté les frais de ce travail au ralenti. "Condé" est resté sous réquisition allemande jusqu'en mars 1944, date à laquelle les Allemands l'ont ramené à Nice en grandes avaries et remis au Service des transports maritimes, qui en a confié le gardiennage à la NCHP, jusqu'au 8 juillet 1944, date à laquelle la marine allemande le réquisitionnait à nouveau pour le couler finalement le 7 août 1944 dans le port de Nice, où son renflouement est actuellement en cours. »

31 mars 1943
De R. Mazière : [Extrait d'une note datée du 19 mars 1945.] Fermeture de l'agence de Pau par suite de la suppression de la ligne de démarcation.
Des Services charbons : [Extrait d'une note adressée à Worms & Cie Paris le 21 septembre 1944.] « L'agence de Pau a été définitivement fermée le 31 mars 1943. »
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Modifications au registre du commerce en date du 12 avril 1945. Succursale à supprimer : Pau, fermée le 31 mars 1943.

Avril 1943
De R. Mazière : [Extrait d'une note datée du 19 mars 1945.] Est détaché à Toulouse pour réception des charbons du centre-midi. Transbordement, transit et réexpédition par voie fluviale sur Bordeaux.
De Worms & Cie : [Extrait d'une note sur les Ateliers Moisant Laurent Savey, classée en 1945.] Société au capital de 8.347.000 F, siège social à Paris, 20, boulevard de Vaugirard, ayant pour objet l'entreprise de constructions métalliques, de charpentes et de chaudronnerie. Son capital est porté à 14.500.000 F en avril 1943, augmentation à laquelle la Maison Worms participe à hauteur de 16%. Georges Lauret représente Worms & Cie au conseil, dans lequel entre Pierre de Villemejane.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Les Établissements Japy Frères procédèrent, « en avril 1943, à un emprunt obligataire de 40 millions de francs 4 ¼% destiné à rembourser les obligations émises antérieurement. »

1er avril 1943
D'Henry Coston, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "L'éminence grise de Rothschild, conseiller du traître Giraud" et consacré à René Mayer dont « le neveu occupait un fauteuil d'administrateur du conseil de la société Air-France, en compagnie des avionneurs Firman et Paul-Louis Weiler et des politiciens Paul Baudouin et Jacques Barnaud, administrateurs habituels des affaires patronnées et commanditées par la Banque Worms ».

5 avril 1943
D'Henry Coston, du journal "Le Cri du Peuple" : Extrait d'un article intitulé "La finance juive contre la nation - travailleurs, consommateurs, usagers tributaires des consortiums juifs". « Le trust de la navigation c'était Hypolite Worms, Louis Dreyfus et Gradis... L'Indochine était sous la coupe de Worms... »

7 avril 1943
De Worms & Cie Alger, à Georges F. Doriot, Boston : Confirmation d'un courrier ultérieur. « Nous vous informions que notre Maison a en avril 1941 installé à Alger, une succursale de son département banque, qui fonctionne en liaison avec ses services maritimes installés en Afrique du Nord depuis plus de 50 ans. C'est à Lucien Guérin, qui faisait autrefois partie de notre état-major parisien, qu'a été confiée la direction de notre nouvelle agence. En vue de la reprise des affaires entre l'Afrique du Nord et les États-Unis d'Amérique, nous nous permettons donc de vous adresser ci-inclus, spécimen de signatures des personnes pouvant engager valablement d'Alger, les Services bancaires de notre Maison. »

10 avril 1943
Du journal "Le Franciste" : Extrait d'un article intitulé "Que faut-il faire pour sauver la France ?". « Il y a encore de gros juifs tels les Worms, les Lazard, les Dreyfus, qui avaient hier entre leurs mains les postes de commande de la Finance et des grandes banques et qui font peser encore sur l'État français leur dictature odieuse. Peu m'importe qu'on envoie dans les camps de concentration toute la pouillerie venue de tous les ghettos du monde. »

12 avril 1943
A M. Mazière, Worms & Cie Toulouse : « Roger Berquignat est chargé par notre direction générale de la transmission de votre service [direction des opérations de transit des charbons du bassin du Tarn] aux Établissements Lacaze-Treil, à Toulouse. »

21 avril 1943
De Worms & Cie - ACSM : Note de service.

22 avril 1943
Du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Contre les bombardements : des otages". « Liste des banquiers juifs opérant à Paris, en 1939, et pouvant servir à fournir des otages répondant des meurtres commis par la RAF sur la population française. » Parmi les noms : Goudchaux et Worms & Cie.

29 avril 1943
Du journal "L'Appel" : Extrait d'un article [sans titre.] « Certain jour, déjà ancien, M. le Comte de Paris nous reçut et nous avertit, avec le plus grand sérieux, que son journal "intéressait" deux banquiers juifs de Paris : Worms et Amar... »

Mai 1943
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Société des mines de Montmins : « L'ennemi, bien décidé à accaparer toute la production de tungstène de la mine la faisait contrôler régulièrement tous les mois à partir du mois de mai 1943 ». [Voir fin 1943.]

2 mai 1943
Du journal "La Dépêche du Maine" : Extrait d'un article intitulé "Israël & Cie". « Le transport des produits agricoles et coloniaux dépendait en partie de Worms-Rothschild... Si Madame achetait des tissus aux Trois-Quartiers, à la Maison du Blanc, aux Galeries Lafayette ou des ustensiles de ménage à Monoprix ou à Uniprix, elle payait au consortium Gompel-Dreyfus-Bader-Worms... La navigation [était] menée par Worms, Louis Dreyfus et Gradis... Les colonies elles-mêmes étaient exploitées par Worms, Rothschild... »

8 mai 1943
D'Henry Coston, du journal "Le Cri du Peuple" : Extrait d'un article intitulé "La haute finance juive contre la nation". « Nous ne citerons que deux exemples. En premier lieu celui de M. Ernest Mercier... Le second cas est celui de la Banque Worms. Tandis que le cousin Édouard-Raphaël se morfond dans un camp de concentration bien mérité, Hypolite, sagement converti, continue ses petites affaires. Au temps de Darlan, il était même l'un des personnages les plus en vue de la finance, dite française, à tel point que Marcel Déat, lui-même, avait paru s'en émouvoir. Worms comptait alors, aux dires du directeur de "L'Oeuvre", une bonne demi-douzaine de représentants dans le Cabinet et en particulier l'ineffable Pucheu. Nous ne sommes pas si sûrs qu'ils aient tous franchi les Pyrénées. Hypolite Worms et son parent Goudchaux, lui aussi converti, tous deux dirigeants de la Société Worms & Cie, ont une activité débordante. Comme armateur, Worms fut délégué par Paul Raynaud à Londres pendant la guerre pour y surveiller nos intérêts maritimes. "Paris-Soir" en novembre 1940 a montré comment ce "néo-chrétien" avait transféré les services de la délégation française dans les bureaux d'une officine britannique (Berkeley Square) et livré ainsi la plus grande partie de notre flotte marchande et de nos équipages. En 1940, la Société Worms possédait en propre 28 navires. Ce chiffre était largement augmenté du fait de participations importantes dans certaines compagnies maritimes, telles que la Société Delmas Vieljeux, la Société de navigation Schiaffino, la Compagnie transatlantique, les Messageries maritimes, les Chargeurs réunis, la Compagnie sud-atlantique et dix autres sociétés d'importance secondaire. L'activité de tous les grands ports, des docks et des entrepôts, est contrôlée par Worms de même d'ailleurs que la Société française de transports pétroliers, en accord toutefois avec la Banque Louis-Dreyfus. Ajoutons que Worms possède des chantiers de construction et de réparation de navires au Havre et qu'il exerce une large influence sur la compagnie charbonnière Klöckner, l'Union des exportateurs français pour l'Europe du Nord, le Comptoir des agglomérés de houille du littoral français, la Société d'entreprises de dragages et de travaux publics (et d'une demi-douzaine de filiales de celle-ci ayant bureaux et ateliers en Indochine et en Afrique, ainsi que sur la Compagnie la Préservatrice, la Réunion française et la Compagnie d'assurances universelles. Enfin la banque Worms avait aussi un "oeil" dans la plupart des grands établissements de crédit et des banques d'émission. »

10 mai 1943
Des ACSM : Note de service.

18 mai 1943
Du journal "Le Matin" : Article intitulé "L'action secrète anglo-américaine en France de 1940 à 1942" et consacré à Pierre Pucheu, « l'homme qui se crut maître ».

26 mai 1943
De Lucien Guérin, Worms & Cie Alger, à Georges F. Doriot, Boston : Précisions au sujet de l'ouverture en juin 1941 de la succursale d'Alger, située 7, boulevard de la République. « Nos Services bancaires d'Afrique du Nord se sont développés jusqu'à présent d'une façon très satisfaisante, et les événements de novembre n'ont fait que favoriser ce développement, de même que celui de notre agence maritime. Raymond Meynial se trouvait encore auprès de nous à fin octobre. Je suis certain qu'il est désolé de ne pas avoir patienté quelques jours. Mais nous ne nous attendions pas à l'époque à un débarquement aussi rapide. J'ai appris que vous étiez actuellement mobilisé... Les nouvelles que j'ai reçues récemment de Paris par la Croix Rouge sont bonnes. »
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Contestation au sujet de la possession par la Société générale des matières grasses de plus de 30.000 actions des Établissements Fournier-Ferrier à Marseille. « En mai 1943, la cour d'appel d'Aix, par un arrêt rendu le 26 mai, entérina les conclusions déposées par la Société générale des matières grasses et reconnut à celle-ci la propriété légitime des actions Établissements Fournier-Ferrier en litige. Depuis cette époque, les deux sociétés sont sous le contrôle de la banque Worms et Cie. »

Juin 1943
A Robert Labbé : [Extrait d'une note classée en 1944.] Société Le Molybdène. « Au mois de juin 1943, M. Guérin a reçu la visite d'un inspecteur des Finances, M. de Largentaye, porteur d'une commission rogatoire du commissaire au Blocus pour rapporter à la demande des services de la Maison Blanche au sujet de l'activité de la Maison Worms & Cie dans la société Le Molybdène. Un rapport a été fourni par M. Carette exposant les conditions dans lesquelles, à la demande de l'État français, la Maison Worms & Cie a été amenée à prendre une participation d'environ 40% dans ladite société et à envoyer pour siéger au conseil deux administrateurs, M. Meynial et M. Pitavino. Le rapport explique que la Maison Worms à Alger est absolument étrangère à la gestion du Molybdène et ignorante des conditions dans lesquelles Worms Paris y participe, mais que, selon toute vraisemblance, s'agissant d'un intérêt minoritaire, le rôle des deux administrateurs qui le représentent au conseil ne dépasse pas celui attaché aux prérogatives de cette fonction d'ordre exclusivement administrative. La gestion commerciale du Molybdène est assurée par une direction générale qui a une activité propre et dans laquelle il ne semble pas que la Maison Worms ait à intervenir. » [Voir 20 novembre 1943.]
De Francis Ley, Banque Worms : [Extrait d'un historique sur la Banque Worms (1928-1978) daté du 10 avril 1978.] Raymond Meynial est nommé, en juin 1943, administrateur de La Préservatrice.
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en novembre 1949.] En juin 1943, la banque Worms et Cie abandonne la Compagnie minière coloniale (dont le capital a été porté à 10 millions par l'assemblée du 18 juillet 1941) et Robert Labbé quitte le conseil d'administration.

2 juin-3 juillet 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Du 2 juin au 3 juillet 1943, la banque Worms et Cie assura une nouvelle augmentation de capital de la société des Peintures Astral Celluco, qui avait déjà procédé à une opération identique en septembre 1942. L'assemblée générale extraordinaire du 19 mai 1943 avait, en effet, décidé de porter le capital de 23 millions à 34.500.000 F par l'émission, à 275 F, de 46.000 actions nouvelles de 250 F, créées jouissance du 1er juillet 1943, et pour lesquelles les actionnaires anciens avaient un droit de souscription irréductible à raison d'une action nouvelle pour deux actions anciennes possédées, et contre remise du coupon n°11 ou contre estampillage des titres au porteur. L'insertion préalable avait été faite au Bulletin des annonces légales du 24 mai 1943. »

3 juin 1943
Création à Alger du Comité français de libération nationale.
Du journal "Au Pilori" : Entrefilet. « Vichy. Quelles sont les fonctions que remplit M. Paysan à la Loterie nationale à Vichy ? Ce M. Paysan ne s'appellerait-il pas en réalité Worms ? » De Paul Bonny : Extrait d'un article intitulé "Les chaînes juives". « Capitalisme et bolchevisme sont sortis des mêmes cerveaux de Judée... Le juif exècre le travail manuel. Il méprise l'ouvrier... Un Cachin, un Thorez - tout comme Staline lui-même - n'étaient que les hommes de paille du judaïsme de la branche moscovite du Kahal. Léon Blum, avec sa séquelle de circoncis, était de la même race que Louis-Louis Dreyfus, Worms et Stavisky, Mandel était le cousin de Rothschild et le petit-neveu de Karl Marx. La mère Hanau, Jean Zay, Finaly, Rapoport, Bernheim, Lazard, Bloch et leurs cent mille congénères de finance, de banqueroute et de révolution n'ont jamais considéré les Français autrement que comme des machines à produire, à voter et à se faire tuer pour le triomphe de Judas dans le monde. »

3 juin 1943-2 août 1944
Recueil de coupures de presse. [Les articles les plus intéressants ont été numérisés et répartis, selon leurs dates respectives, dans les recueils annuels concernés. Tous les extraits datés entre le 3 juin 1943 et le 2 août 1944, et cités ci-après, proviennent également de ce recueil.]

19 juin 1943
Du journal "L'assaut de Bordeaux" : Reproduction de l'article de Paul Bonny intitulé "Les chaînes juives", paru dans "Au Pilori", le 3 juin 1943.

21 juin 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Établissements Japy Frères, à Beaucourt. « Par une insertion au Balo du 21 juin 1943, la société annonçait une augmentation de capital de 52.640.080 francs devant porter celui-ci de 40 millions à 92.640.000 francs. L'opération fut réalisée par l'émission à 175 F de 350.934 actions nouvelles de 150 F jouissance du 1er juillet 1943, réservées à titre irréductible, aux anciens actionnaires à raison de 5 actions nouvelles pour 4 anciennes - de quelle que catégorie qu'elles aient été - et dont la souscription eut lieu du 30 juin au 31 juillet à la banque Worms et Cie et à la banque Vernes et Cie, autre grande banque privée parisienne, associée à la banque Worms dans diverses affaires... L'insertion légale du 21 juin 1943 comportait la composition du conseil d'administration des Établissements Japy Frères, qui comprenait : Georges Marin-Darbel, président... Jean Vinson, Jean Streichenberger (conseiller juridique et fiscal de la banque Worms et Cie )... » Modifications intervenues dans la composition du conseil d'administration depuis le 1er avril 1942.

Été-automne 1943
De Worms & Cie : [Extraits d'une note de Gabriel Le Roy Ladurie datée du 26 septembre 1944, d'une note intitulée "Annexe n°2" et classée le 26 septembre 1944, d'une note intitulée "Annexe n°6" et datée du 26 septembre 1944.] Établissements Fournier-Ferrier, Marseille - savons, corps gras. « Dans l'été et l'automne 1943, nous fûmes abordés de façon pressante par les dirigeants du groupe Henkel. II y a trois grands trusts des corps gras dans le monde : Unilever, pour l'empire britannique, Prosper & Gamble pour les USA, Henkel, pour l'Allemagne et l'Europe continentale. Henkel qui, en tout état de cause, disposait toujours de l'appui des Pouvoirs publics allemands et qui n'était jamais parvenu à prendre racine en France, crut l'occasion bonne d'obtenir une part d'intérêt dans Fournier-Ferrier, qui est la première affaire de savon en France. En contre-partie, Henkel offrait de nous faire bénéficier de tous ses brevets qui sont en avance de quinze ans sur la technique française. Pendant trois ou quatre mois, la pression fut très forte. Elle demeura bien entendu sans résultats. » [Voir l'Annexe n°6, qui décrit en détail l'historique de cette affaire et relate notamment les réactions du groupe Unilever, qui subit à l'époque les pressions de Henkel pour le rachat complet de la marque Persil.]

Milieu de 1943
De Joé Nordmann : [Extrait d'un courrier au procureur général de la Cour d'appel de Paris en date du 20 novembre 1944.] « II est certain que dans le milieu de 1943 les dirigeants de la société Puzenat ont sollicité des commandes allemandes à la Runstung Inspeksion dont le siège social est probablement à Dijon. Il semble avéré qu'une commande de matériel de guerre (fabrication d'obus) a été passée aux Établissements Puzenat. Il est cependant possible qu'elle ait été transformée par la suite en commande d'essieux de voitures et de roues de fourgons, destinés aux Allemands. »

Juillet 1943
[Extrait d'une note non datée, adressée à Robert Labbé, et classée en 1944.] Consortium maritime tunisien - CMT. « La libération de la Tunisie a fait mettre sous séquestre le CMT. M. Lebrun Desoie a cru pouvoir, dans cette circonstance, créer des succursales Worms à Tunis et à Sfax. Il en a confié la direction à M. Rougé qui a accepté et en même temps, sans que le séquestre ait été prévenu, a passé avec M. Lebrun Desoie, agissant au nom de la Maison Worms, un accord donnant à bail à cette dernière le matériel et le fond de commerce du CMT moyennant une redevance annuelle de F 130.000. » [Voir 21 août 1943.]
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en décembre 1949.] Établissements Japy Frères. « En juillet 1943, le capital a été porté à 92.640.300 F par l'émission à 175 F de 350.934 actions nouvelles de 150 F dont Worms et Cie a souscrit 146.717 actions, puis en novembre 1943 à 105 millions par prélèvement de 12.350.700 F sur les réservée remis aux porteurs de parts - en annulation de celles-ci - sous forme de 82.398 actions de 150 F à raison de 6 actions nouvelles par part. »

1er juillet 1943
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Depuis la Libération", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en août 1948.] Modifications au registre du commerce en date du 18 mai 1945. Ajouter aux succursales : Tunis - 8, rue d'Alger, fondée le 1er juillet 1943, et Sfax - Grand Boulevard de Ri-Ville, fondée le 1er juillet 1943.

3 juillet 1943
De Worms & Cie : [Extrait d'une note non datée, classée en 1943.] La société Le Molybdène. Note du service des Mines du Maroc, enjoignant à la mine de reprendre sans délai l'exploitation de la molybdénite. [Voir octobre 1943.]

4 juillet 1943
De Robert Lafont, du journal "Le Pays libre" : Extrait d'un article intitulé "Les juifs dans la finance". « La finance juive avait d'autres princes : Finaly... Louis-Louis Dreyfus... Le demi juif banquier Lazard, agent de l'Intelligence Service et naufrageur du franc, Stern, Worms et tant d'autres. »

8 juillet 1943
Du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Nous clouons au pilori René Mayer, l'homme de Rothschild". « On le trouvait encore à Air-France avec Jacques Barnaud... »

10 juillet-17 août 1943
Occupation de la Sicile par les Alliés. Arrestation de Mussolini.

11 juillet 1943
De Renaud de Rochebrune et Jean-Claude Hazera : [Extrait des "Patrons sous l'Occupation. II".] « "Gabriel Le Roy Ladurie est un grand pêcheur d'hommes", écrit le 11 juillet 1943, dans son journal, Angelo Tasca, un des membres des services de l'information de Vichy, dont les carnets contiennent beaucoup d'informations et de ragots sur le régime et ses personnages [Archives de guerre d'Angelo Tasca, Éd. Feltrinelli et CNRS, 1972]. "Par exemple, aujourd'hui même, il vient de réunir chez lui les dix meilleurs de la promotion de Polytechnique de cette année avec dix éléments du grand patronat ; il a invité les jeunes à poser aux anciens toutes les question qu'ils voulaient, il leur a dit qu'ils pourraient aller le voir chaque fois qu'ils avaient un doute, qu'ils avaient besoin d'un éclaircissement [...]. Le fond de sa nature est une grande générosité ; il est très sensible au fond humain de ceux avec qui il entre en contact ; dès qu'il a détecté une valeur, il l'accapare en l'aidant : par ce système, qui dure depuis vingt ans, il a établi un réseau assez riche d'éléments placés un peu partout." »

15 juillet 1943
D'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait de leur interrogatoire par le juge Thirion en date du 2 décembre 1944.] Société tunisienne des hyperphosphates Réno. « Le 15 juillet 1943, elle a reçu l'ordre du Comptoir des phosphates de livrer le solde du stock bloqué à la Rohphosphat à Hambourg. Le phosphate était repris par le Comptoir qui en a remboursé la valeur à la société. Celle-ci a fait traîner les opérations de chargement et a pu distraire avec beaucoup de risques 500 tonnes qui ont été livrées à l'agriculture suisse. Le tonnage saisi en définitive par l'ennemi a été ainsi ramené à 1.575 tonnes soit moins de 1% de tout le tonnage manipulé pendant l'occupation qui fut de 200.000 tonnes environ. »
Du Comptoir des phosphates d'Algérie et de Tunisie, à la Société tunisienne des hyperphosphates Réno, Paris : « Nous devons immédiatement mettre à la disposition de la Rohphosphates-Gesellschaft 57.000 tonnes de phosphates. La quantité qui devra être fournie par votre usine du Tréport est de 680 tonnes. » [Voir 19 juillet 1943.]

17 juillet 1943
Du Journal officiel : Nomination le 7 juillet 1943 par le Comité français de la libération nationale et sous l'autorité de de Gaulle, d'un délégué provisoire, en la personne de Georges Carette, chargé de la gestion en Afrique du Nord des intérêts des ayants-droit de la Société d'études et d'exploitations minières - Setem.
De Bernard des Champ de Boishebert : [Extrait d'une note au juge Thirion datée du 5 novembre 1944.] « J'ai été arrêté par les Allemands fin octobre 1940 comme franc-tireur, condamné à mort le 3 novembre 1941 à Paris, déporté en Allemagne, gracié et libéré le 17 février 1943. Je sais que Gabriel Le Roy Ladurie a suivi mon affaire avec tout son coeur, qu'il a fait tout ce qu'il était humainement possible pour obtenir ma grâce et hâter ma libération. »

19 juillet 1943
Du Groupement des producteurs des phosphates à usages agricoles, à la Société tunisienne des hyperphosphates Réno, Paris : Livraison de phosphates à la Rohphosphates-Gesellschaft. Contrat et modalités. [Voir 29 et 30 juillet 1943.]

27 juillet 1943
De Worms & Cie : [Extrait d'une note du 7 décembre 1944.] "Château-Yquem" est coulé au large d'Ajaccio.

27-29 juillet 1943
De Jean Dassie, commandant du "Château-Larose" : [Extrait d'un rapport classé au 7 décembre 1944 et résumé dans une note classée en 1944.] Le 29 juillet 1943, "Château-Larose" est désigné par les Transports maritimes pour assurer le ravitaillement de la Corse, en remplacement du s/s "Château-Yquem", torpillé à sa sortie d'Ajaccio le 27 juillet 1943. [Voir 3 août 1943.]

29 juillet 1943
Du directeur des Mines, au Comptoir des phosphates d'Afrique du Nord, Paris : Livraison de phosphates à la Rohphosphates-Gesellschaft. « J'ai l'honneur de vous confirmer que le Comptoir des phosphates d'Afrique du Nord a reçu mission du gouvernement français de passer avec les représentants des autorités allemandes un contrat de vente relatif aux stocks de phosphates en provenance d'Algérie, de Tunisie et du Maroc, que l'État français a dû rétrocéder à l'Allemagne. » [Voir 30 juillet 1943.]

30 juillet 1943
De M. Charbonneaux, relations économiques franco-allemandes, à M. de Baillencourt, directeur des Mines : Livraison de phosphates à la Rohphosphates-Gesellschaft. Position du gouvernement français. [Voir 4 août 1943.]

Août 1943
D'Adam : Rapport intitulé "La France trahie par les trusts". « Tous les peuples sont trahis par les trusts, que les chefs de trusts soient juifs, catholiques ou francs-maçons. En France, la banque qui fait actuellement la liaison la plus active entre les trusts allemands de Goering et les trusts américains est une banque d'origine juive, la banque Worms, qui jouit de privilèges extraordinaires et de la sécurité... Servant les trusts, deux grandes banques d'affaires, la Banque de Paris et des Pays-Bas, présidée par Moreau (ancien gouverneur général de la Banque de France), l'Union parisienne (où régnait Schneider, du Creusot). Toutes les banques catholiques, juives, protestantes, sont associées aux trusts. Les banques les plus actives dans la politique des trusts ont été la Banque de l'Indochine avec Baudouin (ancien ministre des Affaires étrangères) et surtout la Banque Worms, dirigée par Hippolyte Worms, qui a été la grande organisatrice des gouvernements de Vichy... Décrire tout ce monde des trusts et des Banques exigerait tout un volume. Ici, nous résumons très succinctement et sans nuances ; nous parlerons surtout des Forges et des Houillères et de la banque Worms, qui ont joué le plus grand rôle pour le compte des trusts français, américains et allemands... Toutes les Ligues (Action française, Croix de Feu, Francistes) furent financées par les trusts. La Banque de l'Indochine (Baudouin) et la Banque Worms (Worms et Le Roy Ladurie) organisèrent elles-mêmes le lancement de Doriot, dont on voulait faire le grand chef populaire, et pour lui on fit un énorme effort financier... Ils ont enfin préparé un mouvement populaire avec Doriot, lancé entièrement par la Banque de l'Indochine et la Banque Worms, celle-ci devenue avec l'un de ses principaux chefs, Le Roy Ladurie, le grand instrument financier du mouvement synarchique. Tout l'appareil du défaitisme est prêt. La Synarchie se prépare à prendre la succession de la démocratie. Agissant ouvertement sous le nom de "Comité du plan", ils préparèrent les lois et l'organisation du régime à créer, et elle constitue le futur ministère. Les polytechniciens vont remplacer les politiciens comme premiers commis des trusts, et sous la présidence effective de ce Le Roy Ladurie, qui apparaît comme le grand technicien de la "révolution" préparée... On lutta contre la maçonnerie, mais c'était pour la remplacer par la plus secrète des sociétés, la Synarchie, dont faisaient partie : Jean Coutrot, Jacques Barnaud, Paul Baudoin, René Belin, Benoist-Méchin, Jean Bichelonne, Jean Borotra, Yves Bouthillier, Gibrat, René Gillouin, Jacques Guérard, Georges Lamirand, François Lehideux, Gabriel Le Roy Ladurie, Henri de Peyerimhof, François Piétri, Pierre Pucheu, etc., etc., bref, tous les secrétaires et sous-secrétaires d'État depuis juillet 1940, tous ces messieurs, sortes de maires du palais, gouvernant pour le compte des grands féodaux (les fameuses deux cents familles), qui restent dans l'ombre. Le siège officiel du gouvernement était bien Vichy ; mais le vrai siège était la Banque Worms, boulevard Haussmann, à Paris, où aboutissaient tous les fils de la plus grande trahison enregistrée par l'histoire... Les banquiers juifs d'Europe et d'Amérique ont sacrifié alors, au moins temporairement, les intérêts du peuple juif aux intérêts du grand capitalisme juif international. La Banque Worms, de Paris, où les chrétiens et les Juifs font si bon ménage, a organisé elle-même la collaboration avec les Allemands en France. Mais avec les trusts allemands, non avec les nazis... En avril 1942, Hitler et les nazis l'emportèrent. Ils avaient exigé le départ des synarques. Laval revint, la plupart des synarques furent exclus du ministère (Le Roy Ladurie, Lehideux, Pucheu, Benoît-Méchin, etc.). »

Août 1943-juillet 1944
[Extrait d'une note non datée de la direction générale des Services charbons, classée en 1945.] Production de charbon de bois et de bois à gazogène d'août 1943 à juillet 1944.

3-4 août 1943
De Worms & Cie : [Extrait d'une lettre au contre-amiral Blehaut en date du 16 décembre 1943.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « A la veille du bombardement du 4 août 1943, en dépit de quasi-impossibilités dans le domaine matériel, en dépit également de l'atmosphère créée par le détachement d'une fraction appréciable de notre effectif ouvrier, nos Chantiers fonctionnaient à un rythme satisfaisant. Ce résultat est essentiellement l'oeuvre de M. Pierre Abbat qui a su créer parmi ses collaborateurs de tout rang l'atmosphère indispensable pour que fussent surmontées les épreuves subies. Le 4 août et le 11 septembre derniers, 2 bombardements massifs perturbaient gravement la marche de notre entreprise. »

3-7 août 1943
De Jean Dassie, commandant du "Château-Larose" : [Extrait d'un rapport classé au 7 décembre 1944 et résumé dans une note classée en 1944.] Au cours du chargement, à Marseille, du "Château-Larose", en partance pour la Corse, le 3 août 1943, « je reçus la visite à bord de Lucien Émo, directeur général des Services maritimes, et de M. Bouteloup, directeur des Services maritimes. En la présence de ce dernier, M. Émo me fit la déclaration suivante : "M. Worms, que je viens de voir, m'a chargé de vous dire ceci : Quoi que vous fassiez au cours des voyages que vous allez entreprendre, nous ne vous reprocherons rien. M. Émo ajouta, pour préciser : "Lorsque vous jugerez le moment favorable, s'il vous faut provoquer une avarie même grave telle qu'un échouage, par exemple, il ne vous sera rien reproché". J'appareillai de Marseille pour Ajaccio le 7 août, bien décidé à mettre en exécution ces directives qui comblaient mes désirs, d'autant plus que ma femme et mes enfants se trouvaient à Casablanca. » [Voir également l'audition de Lucien Émo par le juge Thirion en date du 7 décembre 1944.]

4 août 1943
Du Groupement des producteurs de phosphates à usages agricoles, à la Société tunisienne des hyperphosphates Réno, Paris : Livraison de phosphates à la Rohphosphates-Gesellschaft.

10 août 1943
De Gabriel Le Roy Ladurie : [Extrait d'une note du 26 septembre 1944.] « Le 10 août 1943, sur un ordre téléphonique de [Pierre Laval], des policiers venaient me chercher. Peu à peu, les Luchaire, les Doriot, les Déat, les Brinon et autres de moindre envergure se mettront à lui faire écho (voir les extraits de presse). D'autres, dans l'ombre à leur suite se feront délateurs auprès de l'ambassade d'Allemagne, des SS, de la Gestapo, etc. Je ne puis pas nommer parmi ces gens, un certain Boudier parce qu'il dénonça également d'autres Français. »
D'une note intitulée "Extrait d'un rapport en date du 19 août 1943" : « Le bruit s'est répandu à Paris, il y a 8 jours environ, et a été confirmé depuis, que le président Laval avait l'intention de faire arrêter Gabriel Le Roy Ladurie ; M. Laval aurait parlé de cette intervention lors de la réunion des cadres de la Légion des anciens combattants à Vichy. M. Bussières, préfet de police aurait été chargé de procéder à cette arrestation ; il n'aurait pu la faire par suite de l'absence de M. Gabriel Le Roy Ladurie, qui se reposait hors de chez lui. Dans ces conditions, M. Laval revenant sur son premier mouvement, aurait décidé de ne pas faire procéder à cette arrestation. Mais le geste de mansuétude a produit parmi les cadres de la Légion une impression d'indécision. On aurait tendance à accuser M. Laval d'avoir été trop généreux, d'autant plus qu'il aurait ajouté à ce même exposé qu'il avait eu l'intention de faire arrêter M. Hypolite Worms un mois et demi avant le 13 décembre. Ses auditeurs en ont conclu que s'il avait fait procéder à cette arrestation avant le 13 décembre, le 13 décembre n'aurait pas eu lieu. »

16 août 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Au mois d'août 1943, la banque Worms et Cie participa à une émission d'obligations de la Société minière et électrique des lampes, société contrôlée par la Banque de Paris et des Pays-Bas, mais dans laquelle la banque Worms et Cie a une participation importante. Elle avait déjà prêté ses services à l'augmentation de capital (de 27.600.000 F pour porter celui-ci à 100 millions) effectuée en juillet 1941 par l'émission de 55.200 actions de priorité nouvelles émises au pair de 500 francs. L'emprunt obligataire effectué en 1943, portait sur un montant de 100 millions de francs, en obligations de 5.000 francs 4%, amortissables en 25 années, créées jouissance du 15 août et émises à 4.750 francs par obligation. L'insertion préalable avait été publiée dans le Bulletin des annonces légales du 16 août 1943. »

18 août 1943
De Joseph Berdolt, du journal "Pariser Zeitung" : Article intitulé "Les hyènes sur l'Afrique du Nord". « Les représentants de la haute finance française qui ne voulaient aucun accord avec l'Allemagne socialiste, avaient, sans aucun doute, conclu un pacte depuis 1941 avec les Anglo-Américains. Leur but était de créer, dans l'empire colonial français, avec les "amis" anglo-américains, un consortium d'affaires auquel la guerre ouvrait tous les espoirs. La livraison de l'Afrique du Nord réussit, mais maintenant Lemaigre-Dubreuil, grand maître de l'huile de Bordeaux, est emprisonné en Algérie avec son état-major financier et Pierre Pucheu, le représentant de la puissante banque Worms à Paris... L'arrestation de Pucheu a déchiré le voile qui couvrait les préliminaires de l'invasion américaine dans l'Afrique du Nord. Pucheu n'a pas été arrêté parce qu'il avait été ministre de l'Intérieur à Vichy. En cette qualité, Pucheu avait clairement laissé voir que ses sympathies étaient du côté des Anglo-Américains et d'autres anciens ministres et représentants de Vichy, qui se trouvent en Afrique du Nord, n'ont pas été arrêtés. Mais Pucheu représentait les intérêts de la Banque Worms et était allé à Alger pour négocier le partage du butin de la conquête américaine avec les agents de Wall Street. Lemaigre-Dubreuil voulait également affermer aux Américains les chemins de fer marocains, les droits de passage et toutes les richesses connues et inconnues du pays... On décida de se passer des représentants français, qui furent arrêtés. L'internement de Pucheu sembla même insuffisant aux Américains qui se décidèrent à l'emprisonner, de façon à lui interdire toute communication avec le monde extérieur. Morgan, le chef des hyènes de Wall Street en Afrique du Nord, s'était ainsi débarrassé du capital français, grâce aux méthodes usuelles de la finance américaine, mais il rencontra un autre adversaire. Du coté anglais, parut Rothschild et il en résulta une lutte des grandes banques internationales sur le dos de l'Afrique du Nord. Morgan a bien obtenu les chemins de fer marocains mais Rothschild possède les actions des grandes sociétés algériennes et, ce qui n'est pas sans importance, son représentant, le juif René Mayer, a été adjoint à Giraud comme contrôleur. »

19 août 1943
De Joseph Berdolt, du journal "Pariser Zeitung" : Article intitulé "Lutte d'influence", identique, à quelques variantes près, à celui du même auteur, paru le 18 août, dans le même journal.
Note [sans émetteur ni destinataire] intitulée "Extrait d'un rapport en date du 19 août 1943" : Projet d'arrestation de Gabriel Le Roy Ladurie par Laval. [Voir 13 décembre 1940 et 10 août 1943.]

21 août 1943
A Robert Labbé : [Extrait d'une note non datée et classée en 1944.] Consortium maritime tunisien - CMT. Mort de M. Lebrun Desoie. [Voir 13 septembre 1943.]

22 août 1943
Du journal "Inter-France" : Extrait d'un article intitulé "Notre point de vue - la curée". « Cette guerre serait une véritable catastrophe si elle devait se terminer par un renforcement de la finance internationale et du capitalisme... L'américanisation du monde entraînerait sa bolchevisation. Les intrigues financières qui se développent, en ce moment, en Afrique du Nord nous donnent un avant-goût de ce qui se passerait en Europe si Roosevelt et Churchill étaient en mesure de dicter leurs conditions. A l'origine de la dissidence africaine, on trouve les représentants des trusts français qui inspirèrent le coup d'État du 13 décembre 1940 pour faire échec à la réconciliation franco-allemande... Si M. Pucheu, dont on connaît les attaches avec la Banque Worms, est actuellement en cellule, si le roi des huiles, M. Lemaigre-Dubreuil, est pareillement sous les verrous, c'est que le groupe Morgan et le groupe Rothschild se sont mis d'accord pour se passer de leur concours. »

26 août 1943
D'Henri Villeneuve, du journal "L'Appel" : Extrait d'un article intitulé "Les organisateurs de la famine". « De son côté, le juif Worms, directement ou par personnes interposées, était devenu le maître économique de l'Indochine. Les distilleries de l'Indochine, certaines banques de l'Indochine et une multitude de filiales et annexes étaient sous son influence tandis qu'il obtenait le monopole des transports maritimes. »

28 août 1943
Du journal "Inter-France" : Extrait d'un article intitulé "La curée". « L'éditorialiste de "L'Avenir de la Vienne", du 23 août, trace un schéma rapide de la situation bancaire des pays occupés par les Anglo-Américains. La banque Morgan, américaine, a mis la main sur les chemins de fer du Maroc ; la banque Rothschild, judéo-anglaise, sur les grosses affaires algériennes, ainsi que sur celles de Syrie, de Palestine, d'Égypte, du Soudan ; le groupe anglais Barclays contrôle l'Abyssinie. M. Pucheu, représentant les intérêts de la banque française Worms, a voulu intervenir en quatrième dans la combinaison. On lui a proprement démontré qu'on n'avait nul besoin de lui en le mettant incontinent sous les verrous. M. Lemaigre-Dubreuil, roi des huiles, a subi le même sort. On voit ainsi où veulent en venir ces messieurs, dont la radio stipendiée nous rebat les oreilles du maintien intégral de la souveraineté française. »

Septembre 1943
Du colonel François Michel : [Extrait d'une note au ministre de l'Intérieur en date du 11 septembre 1944 et de son audition par le juge Thirion en date du 23 octobre 1944.] Paul Bernard, (alias Martinet), chef de "l'Alliance", est hébergé par les soins de Gabriel Le Roy Ladurie qu'il ne connaît pas et dont il sait seulement qu'il appartient à la Résistance.

3-13 septembre 1943
Signature d'un armistice secret entre l'Italie et les Alliés ; libération de Mussolini par Hitler (13) ; les deux tiers du pays sont occupés par les Allemands.

11 septembre 1943
Du journal "Le Franciste" : Extrait d'un article intitulé "Les doigts crochus". « La banque Morgan d'USA a mis la main sur les chemins de fer du Maroc, la banque juive Rothschild sur les affaires algériennes et syriennes, de Palestine, du Soudan et d'Égypte. Le groupe anglais Barclay s'occupe de l'Abyssinie. M. Pucheu, de la banque française Worms, a, par contre, été mis en prison pour avoir essayé d'obtenir une petite part de la combinaison. »
De Worms & Cie : [Extrait d'une lettre au contre-amiral Blehaut datée du 16 décembre 1943.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « Nos Chantiers ont subi, entre le 6 juillet 1941 et le 11 septembre 1943, 9 bombardements aériens entraînant de nombreux blessés, la mort de 28 de nos ouvriers ; 215 bombes ont été dénombrées dans l'enceinte de l'usine. Le 4 août et le 11 septembre derniers, 2 bombardements massifs perturbaient gravement la marche de notre entreprise. »
De la Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime : [Extrait d'un discours daté du 7 décembre 1946.] « Au cours des neuf bombardements qui s'étaient échelonnés sur les années 1941, 1942 et 1943, nous avions pu dénombrer 217 points de chute de bombes, pour la plupart de 500 kilos. »

13 septembre 1943
[Extrait d'une note adressée à Robert Labbé et classée en 1944.] Convocation de M. Lebrun Desoie [décédé] par le commissariat au Blocus, au sujet de l'accord entre Worms et le Consortium maritime tunisien. [A cette date ?] une plainte en escroquerie est déposée contre M. Rougé à Tunis. [Voir 23 novembre 1943.]

15-19 septembre 1943
[Extraits d'une note du 5 septembre 1944, d'un historique non daté, classé en 1944 et du rapport n°1 de Gaston Bernard au juge Thirion en date du 13 octobre 1944.] Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. « Ravitailleur d'escadre "Ostfriesland" (ex-"Charente"). En temps habituel l'achèvement de cette unité serait intervenu dans le courant de 1941. En fait, ce navire fut seulement livré le 15 septembre 1943, soit après plus de quatre ans de séjour en chantiers. D'après des renseignements sûrs, il aurait subi de graves dégâts lors de son passage dans la Manche et conduit à Rotterdam. » [Cette information est mentionnée dans une note, non datée, classée en 1944. Dans l'historique classé en 1944, la livraison de cette unité est située le 19 septembre 1943.]

Octobre 1943
De Gaston Bernard : [Extrait d'une note au juge Thirion datée du 7 novembre 1944.] Ouverture par les Services bancaires et fonctionnement d'un compte créditeur au profit du Rüstungkontor (octobre 1943-août 1944).
De Worms & Cie : [Extrait d'une note non datée, classée en 1943.] La société Le Molybdène. Note du service des Mines du Maroc faisant obligation à la mine de repasser à l'extraction des minerais de cuivre.
De Worms & Cie : [Extrait d'une note sur les Entrepôts souterrains d'hydrocarbures classée en 1945.] Société au capital de 9.000.000 F, siège social à Paris, 20, rue de la Baume, ayant pour objet de construire et d'exploiter un entrepôt situé à Chelles, sur la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg et le canal latéral de la Marne. Acquise en octobre 1943, la participation de Worms & Cie s'élève à 49% du capital. Le représentant de la Maison y est Frédéric Rieder.

6 octobre 1943
Du Journal officiel d'Alger : Ordonnance concernant la répression des rapports avec les ennemis et la guerre économique.
[Extrait d'une note datée du 2 novembre 1944.] Promulgation à Alger d'une ordonnance sur la répression des rapports avec l'ennemi.

11 octobre 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « Les Établissements Fournier-Ferrier de Marseille, (anciennement Stéarinerie L. Félix Fournier) procédèrent, à la fin de 1943, à un emprunt de 50 millions de francs, en obligations 4% de 5.000 francs - demi-net - amortissable en 25 ans à partir du 15 avril 1948, et émises à 4.850 F, jouissance 15 octobre 1943. Le produit de l'emprunt était destiné, en partie, au remboursement anticipé des obligations 5% 1931, non encore amorties. La banque Worms et Cie qui possédait le contrôle de cette affaire, dirigeait cette opération, à laquelle participèrent la Banque transatlantique, les grands établissements de Crédit, le Crédit algérien, le Crédit commercial de France et, à Marseille : la Société marseillaise de crédit industriel et les banques privées Léon et Eugène Bonnasse et Maurel Frères et Cie. L'insertion légale avait été faite au Bulletin des annonces légales du 11 octobre 1943 qui comportait le bilan au 31 décembre 1942. »

13 octobre 1943
D'un journal [au nom non précisé et paru à une date non déterminée mais postérieure à mai 1947] : Extrait d'un article intitulé "Le Roy Ladurie, ex-ministre de Pétain, reçoit des nouvelles de "ses amis" d'outre-Rhin". Au sujet de Jacques Le Roy Ladurie, capitaine FFI. « Le 13 octobre 1943, il écrivait dans un rapport : "J'ai indiqué aux officiers que, devant l'apathie coupable des paysans, il y avait lieu d'agir avec eux, avec la dernière énergie pour obtenir de force les renseignements qu'ils se refusaient à donner de bonne volonté. Cette méthode, employée avec intelligence et énergie par les commandants de section, vient de donner les meilleurs résultats en quelques semaines. Vingt terroristes ont été arrêtés et ont fait des aveux." »
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en juin 1952.] « Le 13 octobre 1943, le conseil d'administration de l'Union d'exportateurs français pour l'Europe du Nord soumettait à l'assemblée générale extraordinaire un projet de doublement du capital motivé par une extension importante des affaires de la société comme en témoignait le bilan soumis à la dernière assemblée générale. Une augmentation de capital de 200.000 F fut donc décidée par l'émission de 400 actions nouvelles de 500 F qui furent réservées par moitié à Worms et Cie d'une part, et au Crédit lyonnais, d'autre part, cet établissement devenant ainsi actionnaire de l'affaire, dont le contrôle restait néanmoins entre les mains de Worms et Cie qui possédait toujours plus de la moitié du capital. Le conseil d'administration était alors composé de... (Albert Vienney, fondé de pouvoir de Worms et Cie qui était en même temps directeur de la Société centrale d'achats, Lucien Guérin...) »

13 octobre-18 décembre 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] « La banque Worms et Cie intervint dans une augmentation de capital de sa filiale, l'Union d'exportateurs français pour l'Europe du Nord. Par délibération du 13 octobre l'assemblée générale extraordinaire de l'Union avait décidé, d'une part, d'augmenter le capital d'une somme de 200.000 F pour le porter à 400.000 F par l'émission de 400 actions nouvelles de 500 F à souscrire en espèces et au pair, et, d'autre part, de renoncer au droit préférentiel des actionnaires pour réserver la souscription des actions nouvelles au Crédit lyonnais et à la banque Worms et Cie, chacun par moitié. L'opération avait été réalisée dans ces conditions et les actes de réalisation en furent déposés au greffe du tribunal de commerce de la Seine le 18 décembre 1943. »

17 octobre 1943
Du journal "Pariser Zeitung" : Extrait d'un article intitulé "L'enchevêtrement des groupes électriques". « Bornons-nous à mentionner... les deux grands magasins, Grande maison du blanc et Potin, dont les liaisons avec la Banque Worms sont connues. »

23 octobre 1943
Du Freiherr von Falkenhausen : Attestation, en allemand, sur l'état civil et la situation matrimoniale de Gladys Mary Worms, née Lewis Morgan, à l'égard de la législation antisémite.

Novembre 1943
[Extraits d'une note du 22 novembre 1944, et de l'interrogatoire d'Hypolite Worms et de Gabriel Le Roy Ladurie par G. Thirion en date du 25 novembre 1944 d'une note du 28 novembre 1944.] Entreprises Japy Frères. En novembre 1943, le capital fut de nouveau élevé jusqu'à F 105.000.000 sur lesquels la Maison Worms possède actuellement environ 40.000.000, soit une participation de 270.000 titres représentant en capitaux F 40.000.000 ou 38%.

10 novembre 1943
De Maurice Quemin, Le Trait, berceau de 200 navires, que sont-ils devenus ? : "Mérignac" aurait été coulé par bombardement aérien à Kiel. [Information non recoupée.] Le navire aurait été abandonné comme perte totale en 1946 et, l'année d'après, aurait été renfloué, reconstruit, allongé et transformé en navire à moteur à machine arrière..., puis remis en service, en octobre 1951, sous le nom de "Rotersand". Ces renseignements sont également fournis par le site: http://alamer.fr

20 novembre 1943
A Robert Labbé : [Extrait d'une note classée en 1944.] Société Le Molybdène. « M. de Largentaye vint prévenir M. Guérin que ses conclusions [non intervention de la Maison Worms dans la gestion de la société] n'étaient pas retenues par le commissariat au Blocus qui, s'appuyant sur un nouveau texte (ordonnance du 6 octobre 1943 concernant la répression des rapports avec les ennemis et la guerre économique), entendait poursuivre l'affaire toujours prétendait-on à la demande de Washington. Effectivement, le 20 novembre 1943, M. Dhorne et M. Guérin recevaient une convocation du Blocus pour le 23 novembre 1943. » [Voir 23 novembre 1943.]

23 novembre 1943
A Robert Labbé : [Extrait d'une note classée en 1944.] « MM. Dhorne et Guérin furent reçus par M. Bozel (Richemont) qui, tout en leur précisant que leurs personnalités n'étaient pas en cause, les informa de la décision du Blocus de placer la Maison Worms sous le contrôle d'un commissaire surveillant par application de l'ordonnance [du 6 octobre 1943] et en raison de son activité personnelle dans la société Le Molybdène. Lecture et notification furent faites d'un arrêté du 23 novembre 1943 donnant à M. Bienvenu, professeur de droit à la faculté d'Alger, les pouvoirs "de commissaire surveillant" de la Maison Worms & Cie, le mandat s'étendant à "tous établissements, succursales, filiales et participations de ladite société, situés sur le territoire administré par le Comité provisoire de la libération nationale". » [Voir avril 1944.]
[Extraits d'une note datée du 11 novembre 1944, d'une note de Marcel Vieille datée du 14 novembre 1944 et de l'interrogatoire d'Hypolite Worms par le juge Georges Thirion en date du 16 novembre 1944.] « Les circonstances particulières qui ont prévalu en Afrique du Nord à la suite de la libération en novembre 1942 de cette région par les Alliés a entraîné la nomination par un arrêté du 23 novembre 1943 d'un commissaire surveillant pour les deux succursales maritime et bancaire d'Alger de la Maison Worms, le mandat de M. Bienvenu s'étendant d'ailleurs à tous les établissements, succursales, filiales et participations de ladite société, situés sur le territoire administré par le Comité provisoire de la libération nationale. Une telle désignation découle, semble-t-il, de la participation de la Maison Worms dans la société Le Molybdène, elle-même inquiétée pour une livraison de métal à l'ennemi. »

[Après le 23 novembre 1943 et avant la fin avril 1944]
De Worms & Cie : Note [non datée, sans émetteur ni destinataire]. Historique concernant la société Le Molybdène depuis 1930 et surtout 1939 jusqu'à octobre 1943. [L'auteur se présente comme "ingénieur conseil de Worms & Cie (Services bancaires de Paris)" et se définit comme "agent de liaison" entre la Maison Worms et la société Le Molybdène. Les informations contenues dans cette note ont été chronologiquement réparties dans les recueils annuels concernés.]

24 novembre 1943
De Ghislaine de Voguë : [Extrait de son audition par le juge Thirion en date du 2 décembre 1944.] « Mon mari a été arrêté à Reims le 24 novembre 1943 par la gestapo de Châlons-sur-Marne en raison de son action dans la résistance. Mon mari ayant été condamné à mort, je puis attester que les interventions de M. Le Roy Ladurie ont permis d'éviter son exécution. »

29 novembre 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] Établissements Japy Frères, à Beaucourt. « A la fin de l'année, la banque Worms dirigea deux nouvelles opérations financières des Établissements Japy Frères ; d'une part, l'introduction sur le marché de Paris des actions nouvelles provenant de l'augmentation de capital [annoncée le 21 juin 1943], et, d'autre part, la conversion des 13.733 parts bénéficiaires alors existantes, en actions, par l'incorporation au capital d'une somme de 12.359.700 F prélevée sur la réserve générale figurant au bilan, et l'émission pour réaliser cette conversion, de 82.398 actions de 150 F chacune, au pair, à raison de 6 actions nouvelles par part échangée. Ces nouvelles actions étaient créées jouissance du 1er juillet 1943 et devaient être entièrement assimilées à celles provenant de l'augmentation de capital ci-dessus. L'insertion légale avait été faite au Bulletin des annonces légales du 29 novembre 1943 ; elle portait, en outre, les modifications statutaires, particulièrement dans la répartition des bénéfices et du solde liquidatif éventuel, entraînées par la conversion des parts en actions. »

Décembre 1943
[Extrait d'une note non datée classée en 1945.] Entrepôts maritimes de la Manche. Prise de participation dans cette société à hauteur de 64% du capital social (3.100.000 F). Siège social à Paris, 24, rue de Lisbonne. La société possède deux entrepôts lui permettant le stockage de pétrole : l'un, situé à Henneville, qui est relié au port pétrolier de Cherbourg, le second, à La Pallice. La société est sous réquisition allemande mais ne peut être utilisée, aucun pétrolier ne débarquant de pétrole dans les ports de l'Atlantique.

6 décembre 1943
De la Société française des transports pétroliers : Rapport de l'Assemblée générale ordinaire.

7 décembre 1943
Du président des Messageries maritimes, à Hypolite Worms, Paris : « J'ai constaté que je ne possédais aucun dossier ayant trait à l'oeuvre de votre mission à Londres, tous les papiers y relatifs ayant été brûlés au moment de l'exode. »

14 décembre 1943
De la [Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire] : [Extrait d'une note classée en 1944.] Service d'annexe assuré par "Château-Pavie" à Madagascar. « Le navire transporte à chaque voyage environ 500 passagers de pont et il semble que son exploitation donne d'excellents résultats. Malheureusement, nos gérants d'Alger et M. Pignet à Madagascar se sont heurtés à une opposition très vive de la part de M. Deville, directeur des Transports maritimes et en même temps agent général des Messageries maritimes à Madagascar. »

16 décembre 1943
De Worms & Cie, au contre-amiral Blehaut, secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies, services de la Marine marchande, Paris : « Je voudrais attirer votre attention sur la personnalité de Pierre Abbat, directeur de nos Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. » Rappel de son action en juin 1940, lors de l'évacuation, puis, du retour du personnel des Chantiers ainsi qu'entre le 6 juillet 1941 et le 11 septembre 1943, lors des bombardements aériens. « Je me permets de vous demander de bien vouloir examiner la possibilité d'élever Pierre Abbat à la dignité d'Officier de la Légion d'honneur. Ingénieur du Génie maritime du cadre de réserve, Pierre Abbat, qui est entré dans notre Maison en 1926 et dirige nos Chantiers depuis 1937, a été fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1935. »

17 décembre 1943
De Roger Mennevée : [Extrait de l'article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Troisième partie - Filiales et participations - Chapitre 3. De 1925 à 1940 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales en novembre 1949.] « Lorsque M. Barnaud cessa d'appartenir au gouvernement, il reprit sa place au conseil d'administration d'Air France, et l'assemblée générale du 17 décembre 1943 ratifia ce retour. »

21 décembre 1943
De Roger Mennevée : [Extrait d'un article intitulé "La Banque Worms - Histoire générale - Suite - Ses opérations pendant l'occupation de 1940 à 1944 (suite)", paru dans Les Documents de l'agence indépendante d'informations internationales, en décembre 1952.] L'assemblée extraordinaire de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation en date du 21 décembre 1943, décide de porter le capital de 22 à 44 millions.

23 décembre 1943
De Jean Drault, du journal "Au Pilori" : Extrait d'un article intitulé "Les conjurés de Châtelguyon" et consacré, semble-t-il, à Anatole de Monzie, qualifié de "politicien cauteleux, affamé de pouvoir...", mais dont le nom n'est pas cité. « Dans un livre qui a failli être intitulé "Drôle de chose qu'une drôle de guerre", il a déclaré avoir utilisé son influence parlementaire à choisir un juif comme contrôleur de notre Marine marchande pendant la guerre. "Je connais Hypolite Worms depuis 22 ans, a-t-il écrit, pour avoir éprouvé ses mérites. Il a perfectionné sa technique, affermi son crédit en Angleterre où il a pris femme et gendre." Que dire des relations étroites et suivies avec l'un de nos commissaires généraux aux questions juives, du prétendu fondé de pouvoirs de la Banque Worms, soi-disant protestante, sinon qu'elles peuvent paraître troublantes et de nature à expliquer bien des carences en matières d'aryanisation. »

31 décembre 1943
De Worms & Cie : Bilan comparé à celui du 31 août 1939. [A rapprocher de la note du 22 septembre 1944 intitulée "Étude comparative des bilans France 1939/1943".]
De Worms & Cie : Bilans [partiels] du siège social, des Services bancaires, des Services charbons et des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. Résultats des succursales charbons en France. Comptes de pertes et profits : récapitulation générale, siège social, Services bancaires, Services charbons, Services maritimes, Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime.
Des Services charbons : Comptes de l'exercice. Le résultat provisoire s'établit entre moins 13.800.000 F et moins 14.000.000 F contre 15.600.000 F en 1942 (15 mois) et 12.480.000 F (12 mois). Les seuls établissements bénéficiaires sont Pau, Agen et Rochefort. Notes relatives au démontage du portique Est et à la fermeture de l'usine d'agglomérés au Havre ; à la suspension d'exploitation de diverses tourbières ; à des propositions d'amortissement sur les titres de la Compagnie minière landaise, de la Société minière du Sarladais, de la Société angevine d'agglomération et de la Société française de combustibles (Le Mans) ; à la liquidation des comptes Worms chez Akotra (Dantzig).
Des ACSM : Dépenses constructions depuis le 30.09.41

Fin 1943
De Jean Cantacuzène : [Extrait d'une note datée du 6 décembre 1944.] Département minier des Services bancaires. Société des mines de Montmins : « L'usine de traitement, bien que terminée à la fin de la même année, ne sortait toujours pas de minerai ». [Voir juin 1944.]
De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire : [Extrait d'une note datée du 7 novembre 1944.] "Ville-de-Majunga" s'échoue dans la brume au Cap.
De Charles Morcan : Article paru dans "La France Libre", à Londres, et intitulé "Pardonnez-nous notre victoire".

[Depuis la fin de 1943]
Du colonel François Michel : [Extrait d'une note au ministre de l'Intérieur en date du 11 septembre 1944 et de son audition par le juge Thirion en date du 23 octobre 1944.] « Depuis la fin de 1943, et à plusieurs reprises Gabriel Le Roy Ladurie m'a confié des renseignements d'ordre politique ou militaire qu'il possédait, sachant bien que j'appartenais à un S.R. de Résistance puisque, sur la demande de M. Paul Bernard, je lui avais parlé de mes relations avec ce dernier. Je précise cependant qu'il ignorait absolument le nom et l'organisation de ce S.R. II est arrivé même que je demande à Gabriel Le Roy Ladurie de tirer au clair certaines questions et j'ai le souvenir d'au moins un questionnaire venu de Londres et dont je lui ai remis l'essentiel à débrouiller. Il s'est toujours prêté à mes requêtes avec toute sa bonne volonté. » Intervention auprès de Gabriel Le Roy Ladurie en faveur de la "Coopérative" et « affaire du général von Schwerin dont il n'a pas dépendu de Gabriel Le Roy Ladurie qu'elle aboutît ».

Conteneur

B-A

Informations portées sur les bordereaux d'archivage
(B-A = boîte archives)

W/164

814

Services maritimes- Opérations de transport
Transport de pâte à papier suédoise en lien avec les relations que les Services bancaires entretiennent avec les papetiers importateurs.

W/186

923

Armement - Offres d'achat et vente de navires (1920-1952)

W/188

936

Compagnie générale transatlantique - CGT (1923-1943)
Publicités et formulaires.
Rapport annuel (1943).

W/209

1038

Position de la flotte Worms depuis l'Armistice (1939-1945)
[Voir novembre 1942.]

W/209

1039

Armement - Demandes d'embarquement (1929-1949)
Matelots, timoniers, lieutenants, mécaniciens, officiers, élèves officiers, pilotins...

W/210

1045

Société française des transports pétroliers (SFTP) - Divers (1938-1962) - Position de la flotte [Dossiers désordonnés]
Personnel navigant. Demandes d'embarquement, d'emploi à bord des pétroliers. Certains postulants sont des anciens de la Compagnie générale transatlantique.
[Voir 6 décembre 1943.]

W/222

1104

Services charbons - Divers (1924-1957)
Jusqu'en 1945 : charbons de bois, dépôt à Port Vendres, frais d'escale à Rotterdam, offres d'achat, opérations de charbons, renseignements.

 

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