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1897.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre

Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence. Il reprend notamment un important travail d'analyse effectué par la Maison Worms – préalablement à la rédaction du livre Un Centenaire - 1848-1948 - Worms & Cie –, dans :

  • les copies de lettres à la presse,
  • et les doubles du courrier reçu par le siège, à Paris, entre 1875 et 1902.

Dans le cadre de cette étude, la correspondance sélectionnée pour son intérêt historique a été résumée ou reproduite en intégralité ou partiellement sur des centaines de fiches manuscrites. Les lettres les plus significatives ont fait l'objet d'une retranscription dactylographique. Ces sources ont en outre été synthétisées et commentées dans les notes suivantes :

  • "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
  • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948
  • "Historique de Worms & Cie – 2ème partie (1877-1911)", daté du 27 avril 1948.

A ces informations s'ajoutent celles provenant :

  • des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
  • des annuaires et des études notariales...
  • de la presse, de revues et d'ouvrages d'histoire...

Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé (en bleu + soulignement).

1897.01.26.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CieLateHypte Worms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 26 janvier 1897Messieurs Worms & Cie ZanzibarMessieurs,Votre lettre du 31 décembre écoulé nous est bien parvenue, mais malheureusement en retard, c'est-à-dire après le passage ici des Messageries maritimes du 15.Nous avons dû attendre l'allemand direct du 25 pour vous adresser les paniers et pelles que vous demandez, le tout en fret payé par nous jusqu'à destination.Nous vous avons fait adresser aussi, selon votre désir, par la poste, des imprimés pour règlement des charbonniers.Ci-joint, nous vous remettons un connaissement et notre facture pour coût, fret, embarquement et frais divers avec paniers et pelles, s'élevant à la somme de F 266 dont nous vous faisons débiter par l'intermédiaire de notre Maison de Paris.Veuillez agréer, Messieurs, nos biens sincères salutations.P. Pro Worms & Cie[Signature illisible]N.B. Ci-joints deux exemplaires des imprimés adressés - sur l'un d'eux, nous avons rectifié, conformément à notre nouvelle manière de régler.

1897.03.03.De Gustav Klaffke.Berlin.Original

Document original

1897.03.17.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 17 mars 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Votre dépêche du 14 courant nous est bien parvenue, et dès sa réception, nous nous sommes procuré quatre balles déchet de coton blanc pesant ensemble 970 kilos, au prix de 0,80 F le kilo.Nous pensions pouvoir embarquer ces quatre balles sur l'"Amazone" des Messageries maritimes, qui est passé ici le 15 ; nous avions même obtenu la promesse d'embarquement mais, au dernier moment, nous avons dû y renoncer à la suite du refus formel du capitaine.Force nous est donc de faire notre expédition par plus prochaine occasion, soit par le steamer "Matiana" de la B. J. attendu ici aujourd'hui ou demain ; il transbordera à Aden, il est vrai, mais, nous avons tout lieu de penser qu'il sera en connexion avec un autre navire partant peu de temps après pour Zanzibar et que vous pourrez recevoir les quatre balles assez rapidement.Par le steamer Matiana, nous vous ferons tenir également le connaissement et par prochain courrier, vous recevrez notre facture totale à cet envoi. Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.]

1897.03.18.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 18 mars 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Comme suite à notre lettre d'hier, nous avons l'avantage de vous faire savoir que le steamer "Matiana" de la B. J. est parti d'ici aujourd'hui à 1 heure p. m. en portant les quatre balles déchet de coton qui vous sont destinées ainsi que le connaissement à cet envoi.Ci-joint nous vous remettons :1° un second connaissement2° notre facture s'élevant à F 823,40.Nous vous ferons débiter de cette somme par notre maison mère.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.]

1897.03.Article de journal.Accident du Blanche

Le journal Le Havre annonce que, dans la tempête qui vient de sévir avec tant de violence, le steamer "Blanche" de 885 tx, appartenant à la maison Worms et Cie s’est perdu corps et bien près de Pasajes peu de temps après sa sortie du port. Le capitaine et les dix-huit hommes de l’équipage ont péri et seul le pilote a pu être sauvé. La "Blanche" qui était spécialement affectée aux voyages de Pasajes à Bordeaux avait été construite en 1869 dans les chantiers de M. Henderson Coulborn, à Renfrew. Le ministère de la Marine envoyait il y a peu de temps, dans nos principaux ports, des instructions en vue de prémunir les capitaines commandant des navires de commerce contre les exigences des pilotes et des patrons de remorqueurs de la côte anglaise de la Manche, qui, lorsqu’un navire étranger mouille sur cette côte, pour se mettre à l’abri ou par suite d’avaries, en arrivent à imposer leurs services en profitant des embarras des capitaines étrangers ; ils s’installent même de force à bord, et ensuite, devant les cours d’amirauté anglaises, réclament pour sauvetage une partie de la valeur du navire et du chargement et, devant cette juridiction, obtiennent presque toujours gain de cause. La circulaire du ministre avait été motivée par plusieurs cas de ce genre, survenus depuis peu de temps. Nous trouvons encore un exemple de la façon dont se conduisent ces véritables « naufrageurs », dans l’échouage du vapeur du Havre "Commandant Franchetti". Ce navire, allant du Havre à Amsterdam avec un chargement de cacao en sacs, s’échoua sur les Goodwins par temps calme et brumeux. Aussitôt après douze remorqueurs et lougres mouillèrent le long du bord et proposèrent leurs services au capitaine français qui les refusa, espérant se renflouer à marée haute par ses propres moyens et ayant mouillé des ancres à jet à cet effet. À la haute mer, le "Commandant Franchetti", ayant viré ses câbles, parvenait à se remettre à flot à l’aide de sa machine. C’est alors que les remorqueurs, mouillés le long de son côté bâbord en eau profonde firent tout leur possible par leur position et par les remous de leurs hélices pour l’empêcher de gagner le creux où ils se tenaient, et que, de peur de les couler, force fût au vapeur de stopper et par suite de s’échouer de nouveau. Leurs services furent alors agréés et peu après ils arrivaient à remettre le "Commandant Franchetti" à flot. La Cour a accordé à ces « sauveteurs » une indemnité totale de 75.000 francs. Il n’est pas inutile de porter ces faits à la connaissance du public maritime, afin que les intéressés s’en tiennent autant que possible aux instructions données dernièrement par la Marine et, forts de leur droit, ne craignent pas d’agir de façon à sauvegarder les intérêts qui leurs sont confiés.

1897.04.02.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 12 mai 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Votre lettre du 18 écoulé nous est bien parvenue et nous nous sommes mis en mesure de répondre d'une façon très précise à votre demande relative au prix de certaines marchandises dont vous pouviez avoir besoin.La note ci-jointe vous donnera les prix de la place et, en regard, les prix des mêmes marchandises que nous nous faisons adresser de Marseille pour nos services. Vous vous rendrez compte facilement que vous auriez avantage à vous adresser à notre Maison de Marseille au point de vue économique.Au point de vue facilité et rapidité des transports, vous auriez aussi un sérieux avantage, car, à leur passage ici, nous ne pouvons compter sur les Messageries maritimes pour vous faire parvenir vos commandes (exemple notre dernière expédition de 1 tonne déchet de coton).Il en est de même pour la Compagnie allemande, nous sommes obligés d'attendre jusqu'à l'arrivée de leurs bateaux pour savoir si nous pouvons embarquer. Resterait comme moyen certain les B. J. passant ici chaque deux semaines, ceux-là nous prendront nos colis régulièrement, mais il y a transbordement à Aden et cela pourrait occasionner des retards, en ce moment-ci surtout, avec les quarantaines à Aden, contre Bombay.Les prix du fret d'ici à Zanzibar sont les suivants :1. Par Messageries maritimes la tonneF 402. Par Compagnie allemande la tonneF 303. Par B. J. la tonneF 30.Nous vous avons donné toutes ces indications pour vous mettre à même de juger en parfaite connaissance de cause ce qu'il vous conviendra le mieux de faire, et restons toujours à votre disposition pour l'exécution de vos commandes si cela peut vous être utile.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.][Voir en page 5, la liste des marchandises, avec indication des prix en achetant sur place, des prix de revient des marchandises achetées directement et stockées dans les magasins de Worms & Cie Port-Saïd, et observations.]

1897.04.06.De Worms et Cie Cardiff.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalCardiff, 6th April 1897Worms & CoMrs Worms & Co ZanzibarDear sirs"Formosa"Herewith we beg to hand you a bill of lading for the cargo of coal shipped into this vessel, for your Port.We are, dears sirs,Yours truly.P. Pro Worms & Co

1897.05.12.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 12 mai 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Nous vous accusons réception de votre lettre du 14 écoulé, et prenons bonne note qu'à moins d'ordres contraires, nous devrons nous en tenir aux bateaux des Messageries maritimes ou aux Allemands, lorsque vous aurez besoin de quelques fournitures de notre place.À ce sujet, nous devons vous répéter ce que nous avons dit par nos précédentes, c'est que par les navires ci-dessus désignés nous ne pouvons leur confier du fret que lorsqu'ils veulent bien l'accepter.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.]

1897.05.21.De Worms et Cie Cardiff.A Worms et Cie Zanzibar.Mémorandum.Original

Document original

1897.09.20.A A. Monod - Worms et Cie Marseille

NB : La copie image de ce document de très mauvaise qualité n'a pas été conservée.20 septembre 1897Monsieur A. E. MonodMarseilleCher Monsieur,Quoique la chose dont nous allons vous parler ne touche en rien la Maison de Marseille, nous croyons cependant qu'il est bon que vous soyez au courant d'un fait qui intéresse nos armements, ne serait-ce que pour le cas où Messieurs Cyprien Fabre & Cie viendraient à vous en parler les premiers, et nous nous empressons d'ajouter que, s'ils ne le font pas, nous ne désirons nullement que vous alliez les en entretenir.Ainsi que vous le savez sans doute, nous avons eu de tous temps un service que nous appelons Bordeaux-Rouen-Paris et que nous exploitons avec des vapeurs qui ne vont pas plus loin que Rouen mais desservent Paris par voie de transbordement sur la Seine. Ce service n'a jamais été bien prospère et l'est depuis quelques années moins que jamais par suite des efforts chaque jour plus grands que fait le Chemin de fer d'Orléans pour diminuer la petite part que nous avons dans le trafic entre le Sud-Ouest et la capitale.Or, Messieurs Cyprien Fabre & Cie viennent à leur tour d'inaugurer un service de quinzaine ayant son point de départ à Marseille et en Algérie et qui, venant toucher à Bordeaux, se prolonge jusqu'à Rouen et menace de venir encore empirer notre position en nous disputant le fret qui est transporté par la voie maritime. Nous ne savons pas si ces Messieurs ont pris cette décision autrement qu'à titre d'essai pour y renoncer si les résultats n'en sont pas satisfaisants pour eux, ou s'ils ont l'intention de persévérer malgré tout ; tout ce que nous pouvons dire c'est que nous avons l'intention de nous défendre sur un terrain que nous considérons comme nous étant absolument acquis, et c'est pour cela que nous vous écrivons aujourd'hui pour que vous puissiez, si par hasard un mot vous est dit par ces Messieurs à ce sujet, leur faire comprendre qu'ils ont tort de sortir ainsi de leurs limites naturelles pour venir nous attaquer et que tout le résultat que peut aujourd'hui amener cette concurrence sera de nous occasionner des pertes sans aucun profit pour eux-mêmes.Nos lignes sont déjà assez peu fructueuses, mais si les armateurs de la Méditerranée viennent encore nous relancer dans nos ports, la situation sera vraiment bien décourageante.Agréez, Cher Monsieur, nos salutations distinguées.Worms & Cie

1897.10.23.A Worms et Cie Port-Saïd

Retranscription 23 octobre 1897Via MarseilleMessieurs Worms & Cie Port-SaïdMessieurs,Vous n'ignorez pas que, depuis nombre d'années, on parle de remplacer pour la navigation à vapeur le charbon par le pétrole brut, à l'état liquide, les seules transformations que nécessiterait l'emploi de ce nouveau combustible étant au point de vue des foyers des chaudières et au point de vue des soutes qui devraient être rendues étanches. Comme emplacement et comme pouvoir calorique, une tonne de pétrole équivaudrait à deux tonnes de charbon.Le gros obstacle qui semblerait à présent s'opposer à l'adoption de ce nouveau combustible pour la navigation réside dans l'impossibilité où se trouverait un navire, modifié de façon à brûler du pétrole et par conséquent à ne plus brûler du charbon, de trouver partout les approvisionnements nécessaires à ses besoins. Le jour où il serait assuré de rencontrer partout sur sa route, sans aucune solution de continuité, des dépôts de pétrole, les partisans du pétrole affirment que rien ne s'opposerait plus à la généralisation de son emploi.La Maison Samuel, maison très entreprenante, très ardente, très ambitieuse, encouragée par le succès qu'elle a obtenu dans sa navigation de tank steamers et dans l'exploitation de ses dépôts de pétrole pour la consommation locale dans toute l'Indochine, a formé le projet d'être le "pionnier" de cette innovation, et, sans vouloir ni pouvoir décider si ce projet est dès à présent susceptible d'une réalisation pratique et rémunératrice ou s'il n'est encore qu'une utopie, tout ce que nous pouvons dire c'est que cette Maison paraît résolue à aller de l'avant et à s'organiser en conséquence.L'Alderman Samuel est venu nous trouver la semaine dernière, il nous a exposé ses idées, nous a expliqué qu'ayant en vue, pour commencer, la navigation entre l'Europe et l'Indochine, il compte créer des dépôts à Londres, Gibraltar, Marseille, Constantinople, Port-Saïd, Suez, Aden ou Périm (probablement Aden où il a déjà fait des ouvertures à Luke Thomas & C°), Colombo (où il a déjà un établissement géré avec d'excellents résultats par E. T. Delmege), Bombay, Calcutta, Singapour, Hong Kong, Shanghai et Yokohama. Il tenait à nous faire, à nous les premiers, l'offre de nous charger de Marseille, de Port-Saïd et de Suez, malgré des demandes qu'il avait déjà reçues d'autres maisons. Il ne s'agirait d'ailleurs pour nous que d'une agence dans ces trois ports ; il se chargerait, lui, de l'installation complète, ne nous demanderait aucune coopération financière ; nous serions de simples agents, et notre rémunération résiderait dans une commission à fixer ultérieurement.Inutile de vous dire qu'un pareil projet n'était pas fait pour nous sourire : le succès de cette entreprise impliquerait la suppression ou en tous cas l'appauvrissement des dépôts de charbon et nous voulons encore espérer que bien des années se passeront avant que nous soyons appelés à constater ce succès. Mais cependant nous avons pensé que si la chose doit se faire ou tout au moins doit être tentée, il était préférable pour nous de ne pas repousser l'offre qui nous était ainsi faite de nous associer à ce mouvement et nous avons accepté la chose en principe.A la demande de l'Alderman Samuel, nous avons eu une entrevue avec le président du Canal de Suez à qui nous avons soumis les visées de ce client. La Compagnie voit évidemment la chose d'un très mauvais oeil, mais il a été entendu que nous demanderions à Messieurs Samuel un projet provisoire et détaillé indiquant à la fois ce qu'ils se proposent de faire et ce qu'ils désirent obtenir de la Compagnie pour arriver à leur organisation complète, de façon à nous mettre à même de formuler une demande précise que la Compagnie examinerait alors et sur laquelle elle se prononcerait.Nous devons ici vous faire savoir que MM. Samuel, ayant entre les mains, comme propriétaires ou autrement, nous ne le savons pas, mais ayant certainement entre les mains des sources de pétrole dans l'île de Bornéo, sources extrêmement riches et exploitables à des conditions avantageuses, prétendent s'adresser le moins possible pour l'alimentation de leurs dépôts au pétrole russe dont ils ne seraient qu'acheteurs et acheteurs à des conditions, semblerait-il, assez onéreuses. Ce serait avec leurs propres navires, constamment employés à ce transport, qu'ils renouvelleraient leurs stocks de pétrole partout jusque et y compris Suez et Port-Saïd. Jusqu'à Suez, pas de difficulté, mais en ce qui concerne Port-Saïd, l'idée de l'Alderman aurait été d'établir le long des berges du Canal des conduites qui auraient puisé le liquide dans le dépôt de Suez et l'auraient amené jusqu'à Port-Saïd de façon à éviter la taxe de transit. Nous avons eu vite fait de comprendre par quelques conversations avec des amis à la Compagnie qu'il n'obtiendrait jamais une pareille autorisation ; nous le lui avons à notre tour fait comprendre, et en conséquence il compte envoyer ses navires jusqu'à Port-Saïd et les faire revenir sur lest. Malgré le paiement des deux taxes de passage, taxe pleine pour l'aller avec chargement de pétrole, taxe de lest pour le retour, son pétrole de Bornéo lui reviendra encore moins cher que le pétrole qu'il irait acheter à Batoum.La question à l'heure qu'il est, en ce qui nous concerne, se résout à obtenir que la Compagnie adopte le principe que des dépôts de pétrole destinés aux besoins de la navigation seront créés à Port-Saïd et à Suez et pourront y être organisés dans des conditions qui permettent aux navires agencés pour l'emploi du nouveau combustible de se ravitailler à ces dépôts d'une façon commode et pratique, à obtenir que la Compagnie accorde à chacune des deux extrémités des terrains suffisants et convenablement situés et autorise les installations et les agencements nécessaires de tuyauterie et autres. A titre de renseignement nous ajouterons que MM. Samuel parlent de construire dans chacun des deux points 6 citernes de 80 pieds de diamètre, capables de contenir 5.000 tonnes chaque, représentant donc un approvisionnement de 30.000 tonnes d'huile à Port-Saïd et autant à Suez.Donc premier point à élucider : ...Nous vous prions de faire de cette grosse question une étude aussi approfondie que possible, en nous faisant connaître les idées qui pourront vous venir à l'esprit, en nous soumettant les voies et moyens que vous jugeriez de nature à augmenter les chances de succès pour l'entreprise et au besoin en nous adressant les plans de Port-Saïd et de Suez où vous indiqueriez les emplacements que vous croiriez les meilleurs et qui en même temps auraient dans votre opinion le plus de chance d'être agréés par la Compagnie.Enfin toutes les réflexions que vous pourriez avoir à nous faire sur ce sujet seraient accueillies par nous avec remerciements, mais jusqu'à ce que nous ayons été autorisés par MM. Samuel à saisir la Compagnie du Canal officiellement par lettre nous vous prions de ne pas parler du projet et de recueillir des renseignements en dehors de toute intervention des fonctionnaires de la Compagnie.Recevez, Messieurs, nos sincères salutations. Worms & Cie

1897.11.06.De Paul Rouyer.Dakar.Rapport d'inspection.Original

Document originalÀ bord du "Chili", 6 novembre 1897(la veille de l'arrivée à Rio de Janeiro) À Messieurs Worms & Cie ParisChers Messieurs,J'ai utilisé de mon mieux mon séjour à Dakar pour y examiner toutes choses de nature à nous intéresser, et pour causer avec M. Lépine, agent des Messageries dans ce port ; malheureusement, un couple passager comme moi à bord du "Chili", et lié d'amitié avec M. Lépine, sinon allié à sa famille, est descendu en même temps que moi, à déjeuner comme moi chez M. Lépine (un joli coup de fusil !) et ne m'a pas permis de l'accaparer complètement.Toutefois, nous nous sommes expliqués très en détails sur la question des manutentions et des jours de planches, et l'examen des moyens dont ils disposent, comme celui de ses [Livres], conclut au maintien strict de 200 tonnes par jour, sans plus, en évitant avec le plus grand soin l'arrivage simultané de deux colliers ! Vu qu'il n'y a de place à quai que pour un seul.Pour la plus grande facilité des opérations et le recrutement de la main-d'œuvre, il faut, d'après M. Lépine, que les arrivages commencent en novembre et soit terminé en mai. M. Lépine préfère les vapeurs d'un tonnage relativement fort, comme le ["Glenfields"]...D'après les livres, la moyenne de déchargement par jour n'a pas dépassé 229 tonnes (steamer "Glenfield"). Le déchargement des charbons s'opère à quai (le long d'une jetée au point marqué A sur le croquis joint et où il y a place que pour un seul bateau) au moyen d'une voie ferrée assez défectueuse qui transporte le charbon sous huit hangars groupés 4 par 4 sur deux lignes.Il ne me paraît pas qu'on puisse dans ces conditions atteindre les 250 tonnes par jour.La mise à bord du charbon se pratique comme à Saint-Vincent. Le charbon vient en sacs par chalands le long du bord et est hissé par les treuils. Les nègres m'ont paru mous et maladroits, et, d'après M. L., c'était ses meilleurs hommes. Malgré tout, nous avons embarqué un peu plus de 300 tonnes entre 6 h 35 et 1 P. M. Mais le mouillage est si restreint que nous avons perdu un temps inouï à l'appareillage et que le soleil se couchait que nous étions encore en vue de Gorée.J'ai vu au mouillage à Dakar :le "Héron" et l'"Héroïne" (de l'État),le "Richelieu" (Maurel et Prom),le "Cordova" (des Chargeurs),encore la "Durance", [...] transports, à l'ancre,et, le long de la petite jetée B. intérieure, un steamer "Almant" du port de Marseille qui y faisait des opérations.J'aurais voulu pouvoir parler avec M. Lépine de la nouvelle charte-partie dont le courrier devait lui porter la traduction qui a donné tant de mal à Mayer mais, malgré toutes ses réclamations, la poste ne lui a rien remis de chez nous. Votre pli aura sans doute fait le voyage de Dakar à Saint-Louis avant de parvenir au destinataire. Il est fâcheux que je ne l'ai pas emporté mais on ne s'avise pas de tout !Nouveau dépôt de charbon à Dakar.On m'avait déjà demandé à bord si c'était nous qui allions faire un nouveau dépôt de charbons anglais qu'il était question d'établir à Dakar et le [Comte Vaquier] ne pouvait me dire que très vaguement qu'il s'agissait d'une combinaison anglaise.À Dakar, M. Lépine m'expliquera un peu mieux qu'il devait s'agir des lignes anglaises du Cap et autre, qui veulent avoir à Dakar une coaling station qui est plus sur la route directe que Saint-Vincent.Pour obtenir l'autorisation nécessaire, c'est un Français, nommé Langé, qui figurerait comme propriétaire de ce dépôt. Ce Langé a appartenu à la Compagnie française de l'Afrique occidentale. Ce qui complique un peu les choses encore, c'est que l'arrêté du gouverneur général, Chaudié, donne la concession de ce dépôt au nom de M. Aubry qui, d'après M. Lépine, n'est qu'un homme de paille de M. Langé.Il s'agit d'un dépôt flottant et, d'après ce que M. Lépine m'a dit des effets de l'eau de mer à Dakar, les hulks devront être en fer mais avec coffrage en bois et doublage en cuivre : ils seront sans doute assez coûteux.Voici au surplus l'arrêté copié dans le Moniteur de l'Afrique occidentale française, 16 octobre dernier.Saint-Louis, 11 octobre 1897.Vu la demande formulée par M. Aubry dans le but d'être autorisé à établir un dépôt flottant de charbon en rade de Dakar,vu la dépêche ministérielle du 24 septembre dernier,etc.Arrêté.Article 1er. M. Aubry est autorisé à établir à Dakar au point indiqué par la carte jointe au présent un dépôt de charbon et d'eau douce pour le ravitaillement des navires de passage dans le port.Article 2. Cette autorisation lui est accordée aux clauses et conditions du cahier des charges ci-annexé, sous réserve de l'approbation du conseil général de l'exemption des droits indiqués par l'article 6, chapitre 2 dudit cahier.Article 3. Le directeur de l'intérieur est chargé de l'exécution du présent arrêté qui sera inséré au Journal officiel de l'Afrique occidentale française.Le directeur de l'intérieur, Th. BergéLe gouverneur général, E. Chaudié.J'ai prié M. Lépine de se procurer le numéro de ce journal, et mieux encore, une copie ou extrait du cahier des charges pour vous les envoyer mais je me demande si cela lui sera possible.Peut-être pourrez-vous vous procurer ces documents vous-même par les "Colonies" si vous trouvez que cela vous intéresse. J'ai cru comprendre que les principales lignes dont les bateaux vont au Cap sont le nouveau dépôt de charbon. L'affaire est donc surtout intéressante pour les dépôts du Cap-Vert, qui en seront touchés, et aussi pour l'influence que cela pourra avoir sur le ravitaillement du dépôt des Messageries à Dakar au point de vue du fret.La traversée n'a pas été mauvaise sauf quelques jours de chaleur qui ont fatigué tout le monde mais je commence à trouver que c'est long.Je suis furieux contre Cabasson qui m'a fourni du mauvais papier noir de sorte que je ne vois pas ce que j'écris et que je suis forcé pour corriger ce que ce papier a de défectueux d'employer 2 feuilles au lieu d'1 sans que ce soit parfait pour cela. Mais, c'est un petit malheur et je verrai à m'arranger autrement une fois arrivé.Il me tarde beaucoup d'arriver pour avoir des nouvelles fraîches de Madame Worms et de vous tous.Je compte que vous n'aurez pas manqué de rassurer ma femme par télégramme aux dates d'arrivée dans les relâches comme convenu.Bien affectueusement à vous.P. Rouyer

1897.11.18.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document originalWorms & Cie 402, CorrientesBuenos Aires, 18 novembre 1897Messieurs Worms & Cie ParisMessieurs,Depuis mon arrivée ici, je maudis l'idée que M. Robinson a eue de vous faire fonder cette maison de Buenos Aires qui n'a guère été, jusqu'à ce jour, qu'une source d'anxiété et de pertes pour nous et, pour ma part, je trouve bien dur d'être la première victime de la nécessité qui m'a fait traverser l'océan pour venir constater l'état des choses et pour y trouver un remède.Je n'ai pas la prétention en six jours passés ici de connaître à fond les affaires de la succursale de Buenos Aires, d'autant plus que M. Lewis est pour moi l'homme le plus difficile à entendre parler par suite de la manière rapide et confuse dont il mélange une chose avec une autre, en conversation, et j'ai eu le regret de constater, par la fatigue mentale et physique qui en est résulté pour moi, que mes craintes n'étaient par vaines, lorsque j'exprimais à notre sieur H. Goudchaux la répugnance que j'avais à entreprendre une mission pour laquelle je ne me sentais pas entièrement armé (surtout en ce qui concerne la conversation en anglais).Quoi qu'il en soit, je crois en savoir dès à présent assez pour prendre, d'ici un jour ou deux, une décision que je crois nécessaire, indispensable à la protection de nos intérêts, et dont je vous aviserai par dépêche avant de la mettre en exécution.Je vous ai fait annoncer tantôt ce prochain télégramme en ajoutant à la dépêche que la Maison de Buenos Aires vous lançait pour vous passer ses ordres pour décembre-janvier, les mots suivants, « Rouyer intends taglione (telegraph as soon as possible). »Je résume ci-après les résultats de mes investigations.Dépôt de la Plata. C'est la première chose que j'ai vue à mon arrivée. Le stock paraissait y être en ordre et le charbon en bonne condition. L'emplacement est convenable.L'ouverture de ce dépôt s'est trouvée une fort heureuse combinaison en ce sens que cela a soustrait à l'incendie de la Barraca Albion une forte quantité de charbon qui, livrée maintenant en même temps que le charbon sauveté de l'incendie, en relève quelque peu la mauvaise qualité.Mais ceci dit, et considérant les affaires à peu près nulles de la Plata (non seulement chez nous mais chez les voisins : Wilson, Cory & [Mudd]), je ne crois pas que nous devions persister bien longtemps à maintenir cette installation. Il faudra cependant ne rien changer avant la réorganisation de notre dépôt de Buenos Aires de façon à y constituer au besoin un stock de réserve.Dépôt de Buenos Aires - Barraca Albion. La jolie photographie que nous avons à Paris m'avait donné l'illusion d'une installation à la hauteur de ce que nous avons dans d'autres branches de la Maison. Aussi ai-je été si désappointé en voyant les choses telles qu'elles sont que je me suis senti dégoûté presque malade à en pleurer !La Barraca Albion consiste en un terrain irrégulier avec, sur un des angles, la construction que montre la photographie, (et qui n'est qu'un bureau et magasin à outils et sacs) et, derrière, un hangar en tôle occupant avec le bureau environ 1/6e de la surface totale qui doit être de 5.000 m2.Le hangar sert d'abri aux articles divers, huiles, [tin] plates et aussi à la Fragua (nut coal). (Le ciment est emmagasiné ailleurs dans un magasin fermé dont la location pèse assez lourd sur cet article.)Le Cardiff et Glasgow vont sur le reste du terrain à l'air libre et c'est là qu'à fin juillet se trouvait accumulée une quantité de près de 20.000 tonnes en une seule pile de charbon qui a pris feu et sur laquelle on venait de mettre le chargement du "Penarth", steamer que M. Lewis se défend d'avoir demandé (et en cela je crois que son dire est correct. Il n'en aurait pas moins mieux fait de le mettre ailleurs avant l'incendie comme il lui a fallu le faire après).Ce terrain se trouve former une cuvette au-dessous du niveau de la rue et il y a eu jusqu'à 45 centimètres d'eau dans laquelle baignait le pied du tas de charbon.Quand le feu s'est déclaré, et cela avec une violence dont les lettres de M. Lewis ne nous ont pas donné une idée exacte, il n'y a eu qu'une chose à faire : on a loué à côté un terrain enclos où se trouvent encore actuellement de 2.500 à 3.000 tonnes de Cardiff qui y ont été transportées ainsi qu'un tas de [Splint]. Le reste du charbon a été transporté dans la rue de derrière et sur une vaste étendue de terrains vagues, qui se trouvait de l'autre côté et qui a été heureusement mise à la disposition de M. Lewis par le propriétaire. Au moment de mon arrivée, il y restait encore environ 1.000 à 1.100 tonnes de Cardiff, d'après mon estimation.Le dommage causé par le feu, outre l'énorme somme de salaires payée pour l'enlèvement du charbon, a été beaucoup plus considérable que ce qui nous a été indiqué par M. Lewis.Dans les quantités qui restent, j'ai constaté qu'il y doit avoir entre 5 et 10 % de gros morceau de charbon brûlé plus ou moins ayant en partie l'apparence du coke. De plus, l'eau et les manutentions ont produit une énorme quantité de menus dont il m'est difficile d'évaluer la proportion à cause de l'irrégularité des tas.M. Lewis et le personnel du dépôt, désireux sans doute de réduire autant que possible la perte causée par ce déplorable accident, ont fait passer tout ce qu'ils ont pu de charbon avarié et menus dans leurs livraisons et il en est résulté de nombreuses plaintes et un grand dommage pour le bon renom de la Maison dans l'esprit de nos clients.Je ne pouvais remédier que pour le présent et le futur et mon premier soin a été de donner l'ordre impératif d'écarter absolument des livraisons tout morceau de charbon portant trace de feu, ayant apparence de coke, et de mettre à part l'excès de menus (dont on trouve du reste l'écoulement au prix suffisant d'environ 24/). Je veux espérer que cette mesure produira un bon effet, mais, pour aider à regagner le terrain perdu, vous ne devez pas hésiter à envoyer pendant quelque temps encore du charbon deux fois et même trois fois criblé, et à faire tous vos efforts pour que les chargements viennent par bateaux ne dépassant pas 3.000 tonnes de façon que, les navires n'arrivant surtout pas ensemble, le charbon, qui ne sera ainsi pas trop brisé au cours du voyage, puisse être aussi livré dans la plus grande proportion possible au déchargement.De tels chargements bien distancés représentent pour nous un avantage que M. Lewis estime à 1/6 par tonne et cela mérite sérieuse considération.À moins de courir volontairement au-devant du risque d'un nouvel incendie, vous devez bien vous pénétrer de la nécessité de ne pas forcer le stock ici, au moins jusqu'à ce que le terrain de la Barraca soit modifié.Cette modification que je considère comme absolument indispensable consisterait à relever le sol par un remblai et à le paver avec caniveaux pour l'écoulement de l'eau. Nous verrons dans quelles conditions et à quel coût ce but peut être atteint : je n'en parle pas aujourd'hui.Ce qu'il y a de certain c'est que la Barraca Albion doit être radicalement modifiée, ou bien qu'il nous faut chercher un autre emplacement, ce qui n'est pas bien facile, je crois.Bureaux. Comme situation, ce n'est pas mal choisi, mais le local est un peu biscornu, le directeur n'y est pas assez accessible, ni assez chez lui suivant les cas. De plus les deux rues, Corrientes et Reconquista, sont pavées et très mal de sorte que dans ce rez-de-chaussée, on ne s'entend pas parler.Comptabilité. Est fort en retard et il y a certaines choses à reprendre. Ce n'est qu'aujourd'hui que M. [Croggie] ([Fowler] & Croggie auditors) est venu viser la balance au 30 septembre qui vous sera sans doute envoyée par ce courrier. Vous y verrez une perte de £ 15.000 or au lieu d'un profit de £ 12.000 or environ qui figurait à la balance du 30 juin dernier.Comme cette balance doit être rentrée au journal c'est vous dire que ce livre n'est à jour que jusqu'au 30 septembre. On devra travailler chaque soir pour me donner dans une huitaine la balance à jour au 31 octobre.M. [Croggie] m'a fait remarquer qu'il a signé la balance avec les stocks suivant les évaluations de M. Lewis sur lesquelles il doit se baser bien qu'elles lui paraissent élevées considérant les prix de vente et les frais à faire pour la livraison. Son observation, ainsi que je le lui ai dit, est parfaitement juste mais n'aurait de réelle importance qu'en inventaire de fin d'année. Il a appelé mon attention sur les pauvres résultats que donnent tous les articles divers et qu'ont donné les diverses opérations d'exportation entreprises par M. Lewis les années précédentes, le tout entraînant une somme énorme de travail et de détails. Les remarques m'ont démontré que son inspection est sérieusement faite.J'ai du reste été voir hier M. [Fowler], son associé, qui m'a montré nombre de leurs lettres à M. Lewis signalant diverses irrégularités, notamment pour des "vales" (ou J.O.U.) qui eussent dû être passés par la caisse au débit des preneurs.M. Fowler m'a dit que, s'il ne correspondait pas avec nous pour nous faire ses rapports d'auditors, c'est qu'étant nommé auditor par M. Lewis et non par nous, c'est à lui seul qu'il doit ses observations et remontrances mais il tenait à me montrer qu'il ne manquait pas d'en faire quand il y avait lieu.Les honoraires de nos auditors nous coûtent £ 150 annuellement. Si nous voulions une vérification plus étendue et un rapport à nous adressé directement par eux, ce serait £ 250 par an.Il y aurait lieu de nous faire envoyer chaque mois :A. la copie du journal (20 à 25 pages),B. une balance mensuelle,C. le relevé des comptes débiteurs et créanciers divers en séparant ces débiteurs en 3 catégories :- 1. les débiteurs courants tenant régulièrement leurs engagements,- 2. les débiteurs en retard, et ceux qui sont en arrangements, moratoires, etc.,- 3. les débiteurs en faillite et ne voulant pas payer et qui doivent figurer à la balance pour 1 franc,D. le détail et du portefeuilleE. le relevé des frais générauxF. la feuille de paie du personnelG. le détail des stocks indiquant pour mémoire les chargements alors en mer ou affrétés connus.Affaires diverses d'importation. Ciment, huiles, etc. Il faut absolument supprimer tout cela à l'exception de la fonte [Gartsherrie] et des [tin] plates dont l'écoulement est régulier et le magasinage comme le placement sont faciles. Tout le reste n'a été qu'occasions de pertes pour nous (comme le blé de [Proctor] ou les derniers matériaux pour Spinetto) ou prétextes à donner des commissions aux courtiers ou amis. On dépense du reste là-dessus un temps précieux et une énergie qui seraient bien mieux employés aux soins de nos affaires de charbon.Résultats de l'année. Ils seront déplorables comme vous vous y attendiez bien.En outre de l'incendie, des hauts frets et des prix insuffisants de vente, il faut compter les pertes déjà certaines sur les mauvais débiteurs, tels que Spinetto & Hijos et certains autres, dont M. Lewis vous a cité quelques-uns dans une lettre qui s'est croisée avec moi.Je crois qu'un inventaire un peu serré, fait au 31 décembre, montrera une perte d'au moins $ 50.000 or, ce qui, déduction faite des profits résultant des années précédentes et des 25% comptés à M. Lewis, laisserait une perte d'un peu plus de $ 41.000 or sur l'ensemble des cinq années.Charles Bastien. Je ne l'ai pas encore vu. Je lui ai fait savoir que j'étais prêt à le recevoir mais le pauvre homme est au lit avec un sérieux refroidissement et ne pourra sans doute sortir avant quelques jours.J'ai été aux renseignements et je n'en ai entendu dire que du bien. M. [Py], président de la Banque française de La Plata m'a dit qu'à un moment donné, sa banque avait songé à créer un poste de sous-gérant mais y a ensuite renoncé. S'il en avait été autrement, le poste aurait été occupé par M. Bastien qui, d'après M. [Py], présentait toutes les aptitudes et qualités de tenu nécessaires à l'emploi, jouissant du reste de beaucoup de considérations parmi ses compatriotes.Monsieur [Moore] m'a confirmé l'exactitude des faits relatés dans la lettre de M. Bastien nous a écrite à propos de son licenciement, et il est évident que cet employé a été traité par M. Lewis de la façon la plus brutale et la plus injuste, bien contrairement aux usages de notre Maison.Je n'en suis pas moins embarrassé sur les voies et moyens à employer pour lui faire rendre justice.M. Le Mon. Comme vous l'aurez bien senti, M. Lewis a simplement manœuvré depuis quelques mois pour nous imposer son ami et ça a été la seule cause du renvoi de Bastien.C'est seulement depuis peu que M. Le Mon a été employé en service actif pour les ventes de charbon. M. Lewis s'est même arrangé pour en faire passer le plus possible par ses mains et il est telle vente pour laquelle un important client s'était adressé à Moore et qui eut pu être conclue directement, pour laquelle M. Lewis, au lieu de faire conclure par Moore, a tenu à envoyer M. Le Mon, qui a traité l'affaire à ½ $ or de moins, le but étant surtout d'assurer le courtage de Le Mon.Depuis mon arrivée, M. Lewis ne manque pas de mettre M. Le Mon en avant en toute occasion, de me montrer quelque contrat qu'il vient de traiter, de me faire valoir telle ou telle relation, ses connaissances comme polyglotte, mais la farce est un peu trop grosse.M. Lewis m'ayant fait valoir que M. Le Mon parle bien le français je n'ai pas eu besoin de beaucoup causer avec lui pour voir que cela valait à peu près du mauvais piémontais.Monsieur Le Mon me paraît ce que l'on est convenu d'appeler un bon garçon, mais qui serait mieux à sa place dans une [estancia] à galoper après ses animaux ou à chasser que derrière un bureau ou auprès des clients.Et à propos de courtages, il est certain que sur les affaires d'huile, le compte de Le Mon a été crédité de 15% ! de courtage sur le ventes faites par l'intermédiaire d'autres courtiers qui recevaient 5% pour leur courtage, passés au débit du compte de Le Mon, qui touchait donc un courtage de 10% sur une affaire à laquelle il n'avait pas touché et dont les risques seulement nous revenaient.Les appointements de M. Le Mon qui étaient de $ 150 or par mois, jusqu'à fin août dernier, ont été réduits à $ 100 or à partir de septembre, ceci évidemment en vue de mon arrivée. Il n'en reste pas moins vrai que cet ami de M. Lewis a toujours été payé bien au-delà des services qu'il a pu rendre à la Maison et qu'il ne doit cette situation qu'à sa qualité d'ami de notre directeur qui a cherché à s'acquitter ainsi envers lui d'obligations précédentes.Il n'en est pas moins certain que cela constitue une situation intolérable à laquelle il faut mettre fin, et comme nous l'avions bien senti à première vue, il faudra que M. Lewis se sépare de M. Le Mon avant mon départ de Buenos Aires.M. Lewis est certainement un homme intelligent et actif, sharp en affaires (peut-être trop). Il est hardi et spéculateur au fond (vous avez eu l'occasion d'en juger), toujours prêt à sauter sur une affaire dont il croit pouvoir tirer quelque argent.Sa vie paraît régulière et sans plus de faste que n'en comporte sa situation. Je ne suis pas absolument fixé sur le point de savoir si sa sobriété est absolue, toutefois M. Moore m'assure qu'il n'a jamais [rien] remarqué qui pût lui faire croire que M. Lewis a des habitudes d'intempérance. Il a pu y avoir un fait isolé qui a donné lieu à une indication qui m'a été donnée sans détails très précis par le gérant de la Banque française.Quoi qu'il en soit des qualités que j'énumère plus haut et qui portant en elles leurs défauts, je conclus à la nécessité de le doubler par un homme plus calme, plus pondéré, sur la délicatesse absolue duquel nous puissions compter en tout, y compris les transactions d'or.Pour terminer avec M. Lewis, je dirai qu'il est un peu trop enclin à envoyer promener les gens qui réclament, et même à ne pas le recevoir quand une affaire l'ennuie : il faut remédier à cela.M. Moore. J'ai été très favorablement impressionné par ce jeune homme et il en a d'autant plus de crédit que je n'étais pas prévenu en sa faveur par le fait qu'il se trouvait un peu cause de la corvée que j'accomplis.M. Moore est bien de sa personne, et quoique M. Lewis ait eu grand soin de ne le présenter nulle part, (même à la bourse où il a fait admettre Le Mon ces temps derniers), il n'en est pas moins bien considéré partout.Malgré toutes les entraves apportées à sa prise de connaissance des affaires, M. Moore paraît avoir su observer les choses et se rendre compte des points défectueux dans la direction qui leur est imprimée.M. Moore a maintenant 28 ans, et si je ne me trompe, M. Lewis n'en avait guère plus lorsque, à distance, vous lui avez donné votre procuration. M. O'Connor en avait 26 quand il a reçu la sienne à Port-Saïd.Je conclus à donner à M. Moore une procuration égale à celle de M. Lewis, et je suis convaincu qu'il saura s'en servir dans l'intérêt de la Maison.C'est ce que je compte vous télégraphier au premier jour. Pour ce qui est des émoluments, nous pourrons discuter cela à mon retour.Je donnerais immédiatement une procuration à M. Moore, mais je suis d'avis que vous devez lui envoyer de votre côté une procuration égale à celle de M. Lewis et légalisée à la légation argentine.Il est évident que ma solution ne plaira pas à M. Lewis mais il devra bien s'en contenter.Je termine car je suis très fatigué et j'ai dû m'arrêter bien des fois en écrivant cette lettre. Je termine, dis-je, en vous signalant la situation du compte de M. Lewis qui est actuellement débiteur de $ 4.500 or environ.Cela n'a rien de bien surprenant car depuis cinq ans, il n'a guère touché que $ 14.000 or en tout ce qui ferait une moyenne de 14.000 francs par an.Il n'en est pas moins vrai qu'il aurait dû lui-même nous en faire l'observation et dire que les mauvais résultats de l'an dernier et de cette année le forçaient à nous demander de l'autoriser à prélever des avances.M. Lewis m'a dit avoir eu l'intention d'en écrire à M. Goudchaux pour cela mais il a remis la chose d'un jour à l'autre. Son idée serait, je crois, de demander la fixation d'une somme qu'il serait autorisé à prélever dans les mauvaises années à valoir sur la part de bénéfice qui lui reviendrait dans les bonnes années. Je verrai à lui faire préciser son idée par écrit pour un prochain courrier.En résumé. La procuration donnée à M. Moore su le même pied que M. Lewis est selon moi la solution qui protégera le mieux nos intérêts.Je ne crois pas, d'un part, malgré tout ce qu'il y aurait à reprocher à M. Lewis, qu'il convienne de nous priver à présent de ses services.D'autre part, je ne crois pas que M. [Dayrand] dont il a été question conviendrait au poste. Il n'est plus déjà jeune et il a de la famille : le poste serait, je crois, dur pour lui et la combinaison coûteuse pour nous.J'ai certes bien d'autres choses à vous dire, mais je n'en puis et je vous serre les mains, Messieurs et chers amis, bien cordialement.Paul RouyerPS. J'espère que vous n'avez pas manqué de donner des nouvelles télégraphiques de mes mouvements à Mme Rouyer et à mon fils, Charles, au sujet duquel je ne puis m'empêcher d'être fort inquiet. Je ferai certainement tout ce qui dépendra de moi pour renter par le bateau du 3 décembre prochain.

1897.11.23.De la Marine nationale.Rouen.Thérèse-et-Marie.Rôle d'équipage.Au 07.05.1898.Photographies

Document original

1897.11.24.A la Compagnie universelle du canal maritime de Suez

Retranscription 24 novembre 1897Monsieur le Président-directeurde la Compagnie universelle du canal maritime de SuezParisMonsieur le Président,Ainsi que nous avons eu l'honneur de vous le faire savoir au cours de l'entretien que nous avons eu avec vous le 21 écoulé, nos clients MM. M. Samuel & C° ont formé le projet d'établir entre le Royaume-Uni et l'Extrême-Orient une suite non interrompue de dépôts de pétrole destinés à l'approvisionnement des navires qui pourront, dans un avenir rapproché d'après la conviction de nos amis, substituer le combustible liquide au combustible charbon qu'ils emploient actuellement.Cette ligne de dépôts comprend entre autres points Port-Saïd et Port Tewfik et nous avons aujourd'hui reçu le mandat définitif de Messieurs Samuel & C° de vous soumettre en leur nom une double demande ayant pour objet d'obtenir à ces deux endroits un terrain propre à l'Installation de ces dépôts et qui devrait approximativement comprendre dans chacun des deux cas une étendue de 40 à 50.000 mètres carrés, et d'obtenir également de votre Compagnie les autorisations et facilités nécessaires pour l'exploitation de ces dépôts.En nous chargeant de vous saisir de cette question MM. M. Samuel & C° désirent que nous attirions votre attention sur ce point qu'il ne sera pas nécessaire que les emplacements, qui pourraient leur être attribués à un titre quelconque à déterminer, soient situés à proximité immédiate des places où seront amarrés les navires à ravitailler, pourvu que ces places puissent être reliées avec les dépôts par des moyens à étudier et à fixer ultérieurement avec l'agrément de votre Compagnie.Messieurs Samuel & C° nous invitent à vous dire qu'ils n'oublient pas le précieux concours qu'ils ont trouvé auprès de votre Compagnie en 1892 pour l'établissement d'un règlement destiné à permettre le passage du Canal de Suez aux pétroliers-citernes dont ils ont été les innovateurs entre l'Europe et l'Extrême-Orient, et le souvenir reconnaissant qu'ils en conservent les encourage à soumettre avec confiance cette nouvelle demande à votre bienveillante considération.Agréez, Monsieur le Président, nos salutations distinguées.Worms & Cie

1897.11.25.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document originalWorms & Cie 402, CorrientesBuenos Aires, 25 novembre 1897MM. Worms & CieParisChers Messieurs et amis,Voici une seconde semaine écoulée, et je n'ai pas encore mis à exécution la résolution que je vous ai indiquée par mon premier télégramme comme paraissant nécessaire ; c'est-à-dire de donner à M. Moore une procuration égale à celle de M. Lewis.Dans le même télégramme, je vous disais mon intention d'agir dans ce sens dès lundi dernier, mais la suite de mon examen m'a conduit à modifier mes intentions quant à la date de l'exécution.J'ai cru plus prudent de reconnaître à fond le terrain, de le déblayer et de mettre en règle certaines affaires de débiteurs, d'accord avec M. Lewis, avant de m'exposer à une rupture complète avec ce dernier.C'est l'affaire de quelques jours encore, et cela me mènera sans doute trop loin pour que je puisse prendre le prochain paquebot des Messageries, le 3 décembre prochain, malgré tout le désir que j'en aurais et qui est bien justifié, non seulement par le besoin que j'éprouve de rentrer chez moi, mais aussi par des raisons de santé dans le détail desquelles il est inutile d'entrée ici.J'ai compris le désir que vous aviez de vous sentir assurés que le chiffre de £ 10.000 que je vous indiquais comme pertes probables de l'année limiterait nos sacrifices ici, et j'aurais voulu pouvoir répondre tout de suite à votre question, mais c'était la chose du monde la plus impossible et nous ne saurons vraiment à quoi nous en tenir que dans plusieurs mois, c'est-à-dire après l'épuisement complet du vieux stock qui a subi l'incendie et quand les échéances des débiteurs douteux seront passées.Malgré cela, j'ai cru devoir câbler ce matin comme suit : « £ 10.000. included (bad) debts partially. There is reason to fear (it) will probably be more, unless all circumstances in our favor. Date of (my) departure not yet fixed. Will probably have delay. »Mon chiffre de £ 10.000 était basé sur la perte probable sur la réalisation des stocks, plus 45% de la créance Spinetto & Hijo et les sommes dues par quelques autres débiteurs que M. Lewis m'avait indiqués comme absolument insolvables.Mais, l'examen des livres m'a amené à reconnaître que M. Lewis était beaucoup trop optimiste à l'égard de la rentrée de certaines créances, et qu'il y aura de ce fait quelques autres milliers de dollars qui ne rentreront pas.La liquidation du vieux stock, aussi bien charbons que matériaux et huiles, ne se fera pas sans sacrifices sensibles. Je suis absolument incapable de dire à l'heure actuelle ce que ce sera.L'important est, sans [récriminer] plus qu'il ne convient sur le passé, de modifier la manière de procéder de cette maison pour l'avenir en lui imposant plus de prudence.En même temps, il faut essayer d'améliorer autant que possible les créances douteuses et prendre des sécurités là où nous en pourrons trouver.Dans cet ordre d'idées, nous nous occupons de nous faire régler par A. Gardella & C°, armateurs de voiliers et remorqueurs, une dette d'environ $ or 29.000 qui n'eût jamais dû atteindre ce chiffre. Nous aurons pour cela des billets à ordre à 3, 6 et 9 mois dont le paiement à l'échéance sera assuré par une hypothèque régulière sur un nombre de remorqueurs et de voiliers que nous aurons le droit de faire vendre si l'une ou l'autre des échéances n'est pas payée. Avant de faire mettre l'acte hypothécaire au net, j'aurai soin d'en faire examiner la minute par notre avocat, avec qui M. Lewis et moi avons eu tantôt une conférence à ce sujet.J'espère donc bonne fin de cette créance qui devra rentrer, capital et intérêts.Une verrerie (Alanzo & Palacio) nous doit en outre environ £ 3.800 or, mais là nous ne pouvons procéder de la même façon. Elle nous a bien offert de nous vendre ou consigner en garantie une quantité de verrerie, mais notre avocat (M. Klaffenbach) nous a fait voir que la garantie ne serait qu'illusoire si les choses venaient à mal tourner tout à fait pour cette usine. C'était bien aussi mon sentiment et comme en pareil cas nous aurions encore à supporter quantité d'embarras et de frais pour les mouvements d'un stock de verrerie encombrant et fragile, il y a lieu de chercher une autre solution. Comme, dans cette affaire aussi bien que dans celle de de Gardella & C°, M. Lewis a été inspiré par des sentiments de bienveillance personnelle qui l'ont porté à exagérer le découvert. J'espère qu'il aura assez d'influence sur les débiteurs (MM. Alonzo y Palacio et aussi un M. Weyland, un Nord-Américain, ami de M. Le Mon et intéressé dans cette usine) pour trouver un biais qui nous permette de sortir notre épingle du jeu avant le crash final. Il est question d'un emprunt qui leur serait consenti par une banque et dont nous aurions le premier argent : quoi qu'il en soit je considère cela comme une mauvais affaire.Camellino & Cie. C'est là encore un mauvais débit de quelque importance.Cette créance avait été passée par profits et perte le 31 décembre 1895 et celles et à $ 4.846,58 papier.Le compte a été ouvert en septembre 1896 pour la même somme à laquelle est venu s'ajouter une somme de $ 300 payée à notre avocat pour honoraires, et voici l'explication que j'ai trouvée à ce mode de procéder.Les bateaux qui appartenaient autrefois à Camellino & C° sont devenus la propriété de B. [Garay] & Cie qui sont nos clients et, depuis septembre 96, le compte ouvert de Camellino est crédité d'une commission sur toutes les ventes charbon ou autres faites par nous à Garay. Ces commissions se sont élevées en un an à environ $ 1.200. Sont-elles vraiment justifiées par l'influence que Camellino est censé mettre à notre service ? Je ne saurais le dire, mais je n'en trouve pas moins fâcheuse cette manière de procéder.Il serait sans utilité aujourd'hui d'entrer dans plus de détails que vous connaîtrez à mon retour. Je puis cependant vous dire que la présence de M. Le Mon comme employé de M. Lewis a été l'une des causes déterminantes de pas mal d'entreprises ou d'affaires qui ont plus ou moins mal tourné et surtout d'affaires en dehors du charbon pour lesquelles ni M. Lewis ni notre Maison n'étaient préparés.Après ce nouvel exemple qui nous aura malheureusement coûté fort cher, vous conclurez sans doute avec moi que nous devons à l'avenir nous abstenir soigneusement de retomber dans la même faute.Une fois limité aux affaires charbon, Lewis tenu en bride par la prudence de Moore qui me paraît apte à remplir ce rôle jusqu'à plus amples changements dans la direction de cette branche, je crois que nous pourrons marcher mais je crois aussi qu'il ne faudra pas espérer de gros bénéfices.En tous cas, nous pourrions voir venir, modifier la situation selon le cas, ou même nous retirer prudemment, graduellement et avec honneur.Mais, j'insiste sur ce point que, même au prix d'un sacrifice, vous devez faire soigner tout particulièrement à Cardiff (vraiment vous pourriez demander à M. Robinson dans ce cas particulier une attention spéciale et personnelle à ce que quelque chose de sérieux soit fait pour atteindre le but) et la qualité et la grosseur du charbon que vous expédierez ici les mois prochains, vu que ce sera le seul moyen d'aider à l'écoulement des 3.000 tonnes qui restent de l'ancien stock et de rétablir la bonne réputation de notre Maison comme livraisons, réputation qui a été sérieusement et justement ébranlée par nos livraisons des quatre derniers mois ! Une notable partie de la clientèle est mécontente et ce n'est pas avec des paroles qu'on pourra la satisfaire et la ramener.Voisins. M. Lewis vous parlera dans sa lettre des adjudications [Obras del Riachulo]. L'agent de Cory ne semble pas fier aujourd'hui d'avoir soumissionné à 51 cents au-dessous de notre prix, d'autant qu'avec le cours du fret que vous nous annoncez pour décembre, ce sera une affaire qui laissera de la perte, son prix équivalant tout au plus à 24/ cif.Arrivages. Comme c'était prévu, les trois steamers sont arrivés aujourd'hui l'un après l'autre dans l'ordre suivant : 1. "Tarragona", 2. "Virginia", 3. "Ethelbunga".C'est un contretemps qui va me permettre de juger comment nos gens vont se tirer d'affaires, mais il n'en est pas moins vrai qu'avec le genre d'opérations de notre branche ici, ces arrivées simultanées sont très fâcheuses et coûteuses.M. Bastien. Je l'ai reçu dimanche. Il ne m'a pas appris grand-chose de nouveau, mais j'ai pu vérifier l'exactitude de ses dires. Il a certainement le défaut d'être un peu emballé mais cela provient d'un caractère évidemment droit, d'une nature honnête. Si nous pouvions nous inspirer exclusivement, dans ce cas, d'un sentiment abstrait de justice, il est certain que M. Bastien devrait être remis en possession de son emploi, même avec des appointements réduits comme il l'avait demandé à M. Lewis lorsque celui-ci l'a remercié pour raisons d'économies.Je suis navré, Messieurs et chers amis, d'avoir à vous écrire des lettres aussi peu agréables, mais vous pouvez bien cependant vous imaginer que j'aimerais cependant mieux-être à votre place qu'à la mienne, les recevoir au lieu de les écrire.En attendant le plaisir de vous revoir et vous priant de vous faire mon interprète auprès de nos associés, je vous serre les mains bien cordialement.Paul Rouyer

1897.11.27.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort-Saïd (Egypt)Le 27 novembre 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Nous avons l'honneur de vous accuser réception de votre estimée en date du 10 courant, par laquelle vous avez bien voulu nous aviser du départ probable de Zanzibar de M. G. Roussel par le paquebot "Oxus".En vous remerciant de cet avis, nous vous présentons, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.]

1897.12.02.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document original[En-tête :]Worms & C°Direccion telegraficaWorms 402, CorrientesBuenos Aires, 2 décembre 1897Chers Messieurs et amis,J'ai bien reçu vos amicales lettres du 5 novembre auxquelles je vous prie de m'excuser de ne pas répondre séparément : je dirai seulement combien j'ai été heureux de lire les nouvelles que M. Goudchaux me donnait sur les santés de Madame Worms et de Madame Goudchaux ; j'espère que cela aura continué ainsi. Je suis très fatigué par la vie que je mène ici au milieu de grandes préoccupations et de soins divers et tout ce que je puis faire ce soir c'est de résumer la situation actuelle et de m'expliquer sur les dépêches que nous avons échangées depuis ma lettre du 25 novembre dernier.Après renseignements pris, je suis allé mardi chez Don Manuel Salas, notaire, pour faire établir un acte de procuration en faveur de Moore, mais, à mon grand regret, je me suis entendu expliquer que je me trouve absolument inhabile à donner cette procuration aussi bien qu'à modifier ou retirer les pouvoirs actuellement entre les mains de Lewis. Les lois argentines s'y opposent de la façon la plus formelle et pour que je puisse agir, il m'eût fallut produire une procuration spéciale à cet effet et légalisée ou bien que notre acte de société fût enregistré ici (ce qui eût coûté une somme énorme, les droits proportionnels sur le capital déclaré étant très élevées).Je vous ai mis immédiatement au courant de cette situation bien fâcheuse par mon télégramme que vous aurez traduit comme suit :« Please refer to my telegram of 20th Nov. I am unable to make the necessary arrangements. The local laws don't permit me to give power of attorney to Moore myself. You must please send it immediately in perfect order and legalised, including authority to revoke previous power. My departure postponed until received telegraph what you have done. »En vous demandant d'inclure dans ce pouvoir la faculté de révoquer la procuration précédemment donnée à M. Lewis et convaincu qu'il ne serait pas homme à en abuser, je voulais armer Moore pour nous d'une arme indiscutable pour le cas où, dans la suite, une occasion se serait présentée d'avoir à empêcher Lewis de faire, malgré l'opposition de Moore, telles ou telles opérations ou affaires contre nos vues et instructions générales, telles que les opérations qui ont accompagné l'affaire du Quebracho et que je vous montrerai à mon retour.Cette mesure vous apparu très grave, et elle le serait en effet et j'ai bien compris votre émoi, mais il m'était impossible de vous câbler les explications que me demandait votre dépêche d'hier et que j'ai traduite comme suit :« It is sufficient to give power of attorney to Moore the same as Lewis'. Otherwise do you wish give power of attorney to Moore with the option of revoking Lewis. It is very serious. Should like to have some explanation. »Les mots en clair : revoking Lewis ne font craindre que quelque indiscrétion puisse se produire de la part du télégraphe : quoique Buenos Aires ait 700.000 habitants, les choses paraissent s'y répandre assez facilement. Quoi qu'il en soit, après mûre réflexion, je vous ai répondu le même jour par ma dépêche :« Without the option of it will be sufficient until I can return and can give you satisfactory explanation. Telegraph what you have done. »Enfin, votre dépêche de cet après-midi me dit :« We send power of attorney as soon as possible. »Malheureusement ce plus tôt me renvoie bien loin.J'ai pensé que la procuration de Moore, étant de date plus récente, pourrait en cas de besoin avoir le pas sur la plus ancienne. En tout cas elle aura vis-à-vis de M. Lewis une force suffisante, tandis que, si je m'étais borné à faire donner par celui-ci une simple délégation à Moore, rien n'eût pu l'empêcher de la révoquer ensuite à sa convenance.Je n'ai encore rien tranché avec M. Lewis, tout en tenant la main à ce que M. Moore soit mis au courant de tout ce qui se passe ou se contracte de façon à ce qu'il soit à même de répondre et d'agir tout comme M. Lewis dès que celui-ci n'est pas là pour répondre ou agir. C'est dans cet ordre d'idées que j'ai fait assister Moore aux diverses réunions que nous avons eues ces jours-ci avec nos voisins et dont je vais vous parler.Vous pouvez trouver que je n'avais pas vite en besogne pour régler les questions de personnes (je veux dire la situation Lullon Bastien & Cie) mais je vous prie de croire que c'est bien malgré moi. Le terrain est très encombré. A une autre époque de l'année, c'eût été plus simple, mais en ce moment s'élève la question des contrats qui demande une prompte attention et nous venons de passer plusieurs jours à chercher un terrain d'entente qui nous permette de ne pas continuer à jeter l'argent par les fenêtres.Arrangements avec voisins. Les prix qui avaient été fixés la semaine prochaine sont insuffisants. Je m'en suis rendu compte depuis en entrant davantage dans la question des frais généraux et de manutention. De même, c'est la première remarque que m'ont faite MM. Boisduval et Johns de Cory Bros. qui viennent de rentrer et sont venus me voir hier matin. Dès l'après-midi, je suis allé voir avec Lewis et nous avons discuté avec ces MM. pendant plus de deux heures et nous mettant du reste bien d'accord avec eux sur les bases à adopter pour les diverses catégories d'affaires.Comme nous avions retenu de la précédente réunion que Mudd avait déclaré que les affaires "inland" à Buenos Aires ne l'intéressent pas, et que, d'autre part, le représentant de MM. Wilson nous avait montré que ce qu'il a de ce genre d'affaires est insignifiant et que, de plus, jamais jusqu'ici cette maison n'a pris part aux adjudications pour les Obras de Salubridad ou du Riachelo, nous pensions qu'après nous être mis d'accord sur la question des "bunkering business" entre les quatre maisons, nous n'aurions qu'à recueillir l'adhésion de M. Harley (général manager Wilson) à l'arrangement que nous aurions terminé avec Cory pour les "inland business", arrangements auxquels nous ferions toutefois participer Boyd et Risco qui autrement pourraient tout gâter.Nous avons été bien surpris tantôt aussi bien que Boisduval et Johns lorsque, sur notre demande à M. Harley de continuer à s'abstenir pour la prochaine adjudication des Obras de Salubridad, il nous a déclaré, pour éviter tout malentendu, a-t-il ajouté, que son intention était de commencer dès le 1er janvier prochain des "inland business" et qu'en conséquence il ne pouvait pas prendre un pareil engagement.Les représentants de Cory comme nous étions sur l'impression qu'une bonne partie du champ pour le "bunkering business" à Buenos Aires, comme à La Plata, avait été laissée libre à MM. Wilson avec l'entente d'une compensation en retour de leur part en ce qui concerne les "inland business" qui pratiquement sont divisées entre nous et Cory (sans parler de Boy et de Risco). C'est ce que nous avons fait observer à M. Harley qui, après s'être abstenu de soumissionner aux Obras, lorsque Cory et nous nous coupions la gorge, veut avoir sa part aujourd'hui ou nous empêcher de réparer nos pertes au moins en partie.Peut-être si tel était bien l'esprit de l'understanding du 21 août, MM. Cory pourraient-ils obtenir de MM. Wilson que leurs agents modifient sa présente manière de voir et d'agir.D'autre part M. Harley prétendait, si petite que soit actuellement sa part d'"inland business", conserver le droit de faire des prix et des concessions spéciales aux clients acquis pour s'assurer tandis qu'il s'engagerait à ne coter que le prix supérieur fixé lorsqu'un client d'une autre maison demanderait une offre.Il nous a paru à MM. Cory et à nous que cette faculté de réduire le prix constituait une fêlure par laquelle s'écoulerait tout l'arrangement et que cela ne constituerait absolument qu'un sacrifice pour chacun de nous au seul profit du consommateur sans aucun avantage en échange, moins encore pour MM. Wilson que pour nous autres. Nous avons dû laisser à M. Harley jusqu'à demain pour reconsidérer sa manière de voir et lui permettre de revenir sur son opposition.Je ne désespère pas que nous arrivions à mettre sur pied un arrangement raisonnable qui permette à chacun de faire sa part d'affaires sans prendre de l'argent au seul profit des clients.Carbonera C°. Il est certain aujourd'hui que la Carbonera se retire de la lutte à la fin de cette année. Il lui restait ces jours-ci à écouler un stock de 4.000 tonnes d'après mon évaluation. On me dit que pour tirer le meilleur parti possible de ces installations à la Dassima de Sul, elle cherche à les vendre au gouvernement, et comme les intéressés sont au mieux avec le docteur Pellegrini, dont l'influence est considérable, il y a de grandes chances pour que cela se passe ainsi.Il y aura donc de ce côté, espérons-le, une clientèle assez importante a divisé et qui permettra de satisfaire à peu près chacun et cela augmentera un peu nos chances de récupérer une partie de nos pertes.Quoi qu'il en soit, tout n'est pas encore en règle.Arrivages. Je n'ai jamais vu un aussi beau chargement de charbon que celui du "Tarragona". La proportion de gros charbon arrivé gros est très considérable, et il me paraît impossible, après cela, de soutenir que le double où le triple criblage ne constitue pas une supériorité de conditionnement par la raison qu'en cours de route le charbon se brise, se réduit en poussière et arrive à ne pas différer du "colliery screened". Il est certain que ce beau chargement sera d'un grand secours pour écouler le mauvais ancien stock, mais il en faudra encore bien d'autres avant complet écoulement vu qu'on ne peut mélanger qu'une faible proportion de vieux et que d'autre part, pour pacifier des clients justement furieux, il faut bien leur donner tout d'abord sans mélange au moins quelques wagons, carts ou chaland de charbon parfait. Je conclus donc encore à l'envoi de charbon trois fois criblé pendant quelque temps au moins.Le "Tarragona" terminera son déchargement demain matin avec un "fair dispatch" mais les ouvriers ayant fait grève lorsqu'il nous ont vu [3] bateaux ensemble sur les bras, il a fallu leur donner les £ 3 par jour qu'ils demandaient et le travail a été suspendu pendant une ½ journée. Nous comptons bien finir "Virginia" sans difficulté et j'espère n'avoir pas de surestaries pour "Ethelburga" mais c'est tout et il n'y aura pas de dispatch, c'est certain. MM. Harowing ne seront pas contents mais il n'y a aucunement de notre faute et c'est simplement une malchance que le "Tarragona" se soit présenté premier et ait pu accoster notre wharf avant "Ethelburga", ce qui nous a obligés à décharger complètement le "Tarragona" avant de pouvoir commencer "Ethelburga".Journaux. Je vous envoie sous ce pli deux extraits de journaux locaux, l'un, The Financial Times, avec un article assez infect sur le commerce des charbons en général, inspiré par Decaudia d'après ce que me dit Lewis. Il est vrai d'autre part que "old Mudd", par ses intempérances de langue, autorise cela jusqu'à un certain point en ce qui le concerne, mais ce qu'il y a de bien c'est que lui comme Wilson donne des annonces coûteuses à ce journal qui les arrange aussi bien.Je vous envoie la coupure du Courrier de la Plata 27 novembre par ce qu'il y est fait mention du nom de M. Daineaux. D'après mes informations, il y a trois frères Daineaux : l'avocat qui est ici et qui possède une vive intelligence dont, dit-on, il n'a jamais su faire très bon usage. Un autre frère abrite également la République argentine : est représentant de diverses maisons d'Europe, habite la campagne. Le troisième frère est c'est sans doute celui dont parlait M. Goudchaux, a fait mauvais affaire à la bourse d'ici comme à celle de Paris : c'est tout ce qu'on m'en a dit.Divers. J'ai également rencontré dans une maison amie ou au Club français M. Le Roux, d'une part, qui est ingénieur directeur de la Compagnie du gaz Primitiva et que je reverrai, puis MM. Portalis Frères dont l'aîné m'a parlé des excellentes relations qu'il avait eues avec notre maison lorsqu'il était à Montevideo, où vous lui avez expédié des chargements de charbon. À présent, ces messieurs sont établis dans la R0épublique argentine et il paraît qu'ils ont un établissement de quelque importance à l'intérieur. Ils font notamment des exportations de Quebracho qui ne doivent pas être une mauvaise affaire lorsqu'un on a tout ce qu'il faut pour la bien traiter.3 décembre. Le "Tarragona" vient de terminer. Le pesage indique un déficit de 15.000 kilos seulement ce qui est juste 2, 3 %.Lewis me fait voir ce qu'il vous écrit de son côté au sujet de l'arrangement projeté et en y regardant de près, il me semble que M. Harley n'a pas le droit de faire un prix de concurrence pour les Obras de Salubridad et j'espère bien l'amener à le reconnaître.Affaires générales. Je crois comme vous que nous ne pouvons envier à Guéret l'affaire de Trignac au prix et conditions qu'il a dû consentir. Je ne sais s'il a des moyens spéciaux de rendre l'affaire possible et même profitable pour lui, mais je suis convaincu que nous, nous n'en aurions tiré rien de bon.Les frets que vous payez pour la Méditerranée sont abominables, mais vous vous rappellerez que je m'y attendais en trouvant plutôt trop bas notre prix de 19/6 pour Port-Saïd.C'est bien que l'Orient ait enfin accepté le prix de 19/6 vous permettant ainsi d'en finir. Les hauts frets ont sans doute déterminé ce résultat.Mais j'apprécie moins l'avantage de que vous voyez à avoir l'Orient à Marseille, vu que ce sera seulement au détriment de Port-Saïd.Au sujet des achats de charbons, j'espère que vous avez pu profiter de la baisse que vous me signalez pour faire quelques bons contrats et je serais heureux que vous ayez renouvelé avec [Cope], car ce charbon Albion, tel que je viens de le revoir, est certainement A. I. Lewis n'en dit pas autant de l'Océan qui contient trop de menus et lui a occasionné, dit-il, de nombreuses plaintes à cause de cet excès de menu et l'a forcé à faire souvent des remises. Il n'y a rien à essayer à comprendre avec les frets pour ici. Rien n'est jamais sûr et tandis qu'on voudrait nous prouver que nous allons revoir du fret de sortie à 8/, nous savons que le cours était ces jours-ci à 14/ et 14/3.Messageries. Je suis bien aise de savoir que lorsque cet animal de chef mécanicien du "Chili" se plaindra de son charbon à son retour à Bordeaux, Coullet pourra mettre en face les rapports absolument contraires du "Brésil" et "La Plata". Je crois que ce n'est pas tant le charbon qui est mauvais, mais que le personnel du bord ne sait peut-être pas tirer tout le parti possible des nouvelles chaudières et que lorsque quelque chose cloche, c'est beaucoup plus facile de mettre cela sur le compte de charbon que d'y remédier.Port-Saïd. Le danger que vous voyez du côté de Weissemberg me paraît trop réel : j'en ai eu la sensation dès le début, de même que j'aurais presque préféré rejeter toute l'affaire d'achat de l'Eagle si c'était pour la continuer et c'est pour cela que dès le premier moment je demandais qu'on fixât le mode de répartition du matériel, ne pouvant m'imaginer que pour donner satisfaction à quelque trick servant les intérêts particuliers des Savon, nous puissions consentir à laisser vivre cette affaire même dans la forme qu'elle a actuellement et qui est en somme une farce, comme je crains que Weissemberg se charge de le prouver.Sans autre pour aujourd'hui je vous prie, Messieurs et chers amis, de me rappeler aux bons souvenirs de nos associés et amis et de recevoir mes bien cordiales poignées de main.P. Rouyer

1897.12.09.De Worms et Cie Port Tewfik - Suez.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & CiePort Tewfik, Suez, 9th December 1897Messieurs Worms & C°ZanzibarDear Sirs,We beg to acknowledge the due receipt of your two favors dated 6th and 26th November, the latter handing us B/lading for a group of 740 pieces of 5 francs.This group has been safely retired; and we are now awaiting instructions from either your goodselves or our Port-Said firm as to its disposal.We are, Dear Sirs,Yours faithfully,Worms & C°[Signature illisible]

1897.12.10.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document originalWorms & Cie 402, CorrientesBuenos Aires, 10 décembre 1897MM. Worms & CieParisChers Messieurs et amis,Je vous confirme ma lettre du 2/3 courant et accuse réception de la vôtre du 12 novembre dont je vous remercie et dont l'intéressant contenu a eu toute mon attention. J'espère que ces lignes qui vous parviendront vers le 1er de l'an vous trouveront, vous et ceux qui vous sont chers, en bonne santé et je vous envoie à cette occasion pour vous et pour eux mes souhaits les plus sincères.La situation se déblaie un peu ici en ce qui concerne le "management" de la Maison. Pour permettre à Moore de commencer sa collaboration, je lui ai fait déléguer la procuration par Lewis sans plus tarder. Il y a plus de ce côté qu'une difficulté à régler et qui est la rédaction de la circulaire à envoyer à la clientèle pour aviser l'adjonction de M. Moore à la direction.Il est entendu que M. Le Mon se retire : il m'a demandé à être admis à présenter sa démission, ce à quoi j'ai consenti, ne voyant aucun avantage à procéder autrement.Quant à M. Bastien, l'antagonisme avec M. Lewis est trop grave pour qu'on puisse songer à revenir sur ce qui a été fait.La situation est fort peu encourageante mais si M. Lewis est sincère dans les efforts qu'il ne promet de faire pour l'avenir et si Moore collabore effectivement, nous pouvons espérer des jours meilleurs.Lewis reconnaît la grave erreur qu'il a faite de se lancer dans d'autres affaires que le charbon, erreur que nous payons si cher cette année même : il dit aussi qu'il pourrait marcher plus économiquement comme personnel (cela reste à examiner). Si nous ne devons pas augmenter notre part de bunkering à La Plata, le dépôt dans ce port devra être supprimé.Entente. Depuis ma dernière lettre les choses ont bien changé d'aspect. M. Harley nous a fait savoir qu'il venait de signer le contrat d'achat de la Carbonera par MM. Wilson. C'est donc pour cela qu'il nous avait précédemment déclaré qu'il se préparait à prendre sa part des "inland business".M. Lewis aussi bien que Boyd et Cory's people croit que la Carbonera a fait à Wilson ce qu'on appelle ici "le tour de l'oncle", une sorte de vol à l'Américaine, et que nos voisins ont fait un mauvais marché qui les expose pour un avenir prochain à plus d'une déception. Lewis vous parlera sans doute de cette question dans sa lettre ; mais, en tous cas, je pourrai vous en causer à mon retour.Quoi qu'il en soit notre projet d'entente est bloqué par l'obstination de Wilson d'une part, ces messieurs tenant à faire à leur gré des contrats à des prix et conditions qu'il leur conviendra d'accepter de ce qu'ils appellent leurs clients comprenant bien entendu la clientèle que leur a cédée la Carbonera, comme si les clients se vendaient comme moutons !D'autre part, Boyd, qui vient de faire de nouveaux arrangements en Angleterre (peut-être bien avec Hull Blyth) attend des instructions qu'il a demandées et est tout à fait opposé à faire des contrats qui dans ce pays tout particulièrement, affirme-t-il, ne peut que tourner contre le marchand de charbon, vu la mauvaise [mot manquant] qu'on rencontre presque partout dans les affaires.Il est donc fort probable qu'il n'y aura pas d'arrangements possibles et que la guerre va continuer. Toutefois, je suis porté à croire que personne ne sera enclin à trop sacrifier ses prix vu que tous sont fatigués du jeu de ces deux dernières années.Nous avons été particulièrement touchés par le désastreux incendie de juillet, mais les voisins qui n'ont pas eu cela ne se trouvent guère mieux que nous.Il conviendra de ne marcher que prudemment et il faudra trouver un moyen de tenir votre branche de Buenos Aires mieux avisée des cours cif à Cardiff, Sunderland et Glasgow qu'elle ne l'a été jusqu'ici. J'étudie la question à fond avant mon départ avec M. Lewis.Charbons. Je vous confirme ce que je vous ai déjà dit dans mes précédentes lettres. Il faut continuer à expédier le Cardiff trois fois criblé et donner la préférence à Albion et Ferndale. L'écoulement de l'ancien stock ne peut se faire que très lentement et durera au moins quatre ou cinq mois encore.Remises. Je regrette de dire que les rentrées de cette dernière quinzaine suffisent à peine à payer les frets des trois derniers arrivages dont le dernier ("Virginia") sera terminé demain.Sur les $ or 130.000 qui sont environ la moyenne du compte débiteurs divers à l'actif, il y a les comptes Spinetto et Gardella & C° qui chiffrent à eux deux presque $ 70.000 dont la rentrée ne peut être ni complète, ni immédiate.Pour Spinetto, Lewis est toujours d'avis que nous ne pouvons que gagner à attendre et espère ainsi arriver à notre chiffre de 75%.A. Gardella & C° a soldé les $ 30.000 qu'il devait au moyen de billets hypothécaires garantis par du matériel flottant et Lewis n'a aucun doute sur la bonne fin de cette créance.Parmi les autres débiteurs, il y aura encore bien des accros ou des retards. La coutume des longs crédits est absolument fâcheuse et la tendance à réagir contre elle se montre très accentuée fort heureusement et nous devons supprimer ces longs termes pour l'avenir.En attendant le plaisir de vos nouvelles, chers Messieurs et amis, je vous serre la main bien affectueusement.Paul RouyerP.-S. Je reçois à l'instant votre bonne lettre du 19 novembre qui contient beaucoup de nouvelles dont je vous remercie mais qui ne sont pas gaies non plus et me font craindre que la période de lutte là-bas comme ici ne soit pas encore clause. Cette situation est bien singulière et peu satisfaisante et je me demande combien durera encore la mauvaise veine dans laquelle nous paraissons enfoncés ?Bien à vous,Paul Rouyer

1897.12.15.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document originalWorms & Cie 402, CorrientesBuenos Aires, 15 décembre 1897MM. Worms & CieParisChers Messieurs et amis,Je commence par vous remercier de votre télégramme du 12 courant et notamment pour les deux premiers mots qui m'ont tranquillisé (après toutefois m'avoir causé une vive inquiétude parce que le mot "[desense]" avait été mal transmis et que j'en cherchais la signification à "duty" au lieu de "doing"). Le pli portant la procuration de Moore devra arriver ici le jour même de mon départ projeté, c'est-à-dire le 31 courant, si rien ne vient se mettre à la traverse. Si le pli est à mon adresse, j'autoriserai Moore à l'ouvrir et tout sera dit, car, à moins que le vapeur qui apporte le pli ne fasse une traversée exceptionnelle, le courrier ne sera distribué ici qu'après le départ du paquebot des Messageries que je compte prendre, et ce serait un peu trop d'attendre une autre quinzaine pour ouvrir moi-même ce pli.Je vous ai répondu avant-hier par quatre mots ajoutés à la dépêche qui vous demandait un chargement de Cardiff - December, January Shipment.Ces quatre mots vous disaient en substance que M. Le Mon ne fait plus partie du personnel de votre maison et d'autre part que je ne voyais aucun arrangement possible avec M. Bastien.Ce dernier, par ses commentaires au-dehors depuis juillet dernier a rendu tout rapprochement impossible entre lui et M. Lewis, et, comme, en bon français, je ne vois pas le moyen de nous passer de ce dernier, en ce moment tout au moins, cela règle la question. D'autre part, je ne vois pas que M. Bastien ait laissé dans la comptabilité la marque d'une grande capacité d'organisation et que nous lui devions réellement une reconnaissance bien grande. Rappelez-vous ce que Moore a écrit par Mayer dès le début. M. Bastien ne s'est en somme découvert que lorsqu'il a vu que les choses tournaient contre son intérêt personnel. Je ne lui en crois pas moins un fond de réelle honnêteté ; c'est un travailleur : il pourrait être utile en sous-ordre, mais c'est tout.Dans ma lettre précédente, je vous disais que l'entente que nous avions ébauchée se trouvait bloquée par le fait de l'obstination de M. Harley, représentant de MM. Wilson.J'avais cependant eu le meilleur espoir, et après avoir empêché M. Harley d'une part, et M. de Boisduval de l'autre de donner cours à leurs mauvaises humeurs réciproques qui compromettaient l'arrangement, j'avais réussi à obtenir de M. Harley que l'agreement dont nous vous envoyons copie aujourd'hui serait tenu par lui comme par nous jusqu'au 31 mars, ce qui permettait d'en faire un essai sérieux, et en même temps vous permettait, à vous et aux "principals" de Londres, de vous mettre d'accord sur l'opportunité d'étendre au "inland business", l'entente amicale que vous avez pour les bunkering business. Cette promesse de M. Harley était donnée le 6 courant : le 7 nous appelions A. Boyd ainsi que Risso à prendre part à l'agreement. Le dernier a consenti sans grande discussion ; Boyd a maintenu la nécessité de ne consentir aucun contrat annuel si ce n'est avec une augmentation de 50 cents soit 2/ au-dessous des prix sur lesquels l'accord actuel se faisait.De plus, je suppose que Boyd, un peu vexé de m'avoir été appelé à discuter qu'en seconde ligne (ce qui a été une faute de la part des trois maisons) n'a pas voulu tout avaler à première vue.Il a déclaré qu'il lui était nécessaire d'en référer à ses nouveaux "principals" (que nous ne connaissons pas encore) et depuis lors nous n'avons pu savoir autre chose que ce-ci : « The said principals have it under consideration ».Cette action de Boyd a donné une échappatoire à M. Harley qui a aussi télégraphié et m'a fait savoir le lendemain, 8 courant, par une lettre personnelle qu'il était fort heureux d'avoir ainsi télégraphié, vu que la réponse de Wilson le confirmait dans l'idée qu'il avait : 1. - de faire des contrats à l'année ; 2 - de consentir des conditions spéciales à ceux qu'il considère comme ses clients.En même temps, M. Harley m'exprimait le désir qu'on arrivât quand même à une entente sur les prix et m'affirmant son désir de ne pas entamer des hostilités, me disait que pour prouver son bon vouloir, il s'abstiendrait de soumissionner pour les 18.000 tonnes Cardiff demandées par les Obras de Salubridad.Cette soumission doit être présentée aujourd'hui et nous espérons en avoir notre part.Quand cette question sera réglée, il nous faudra prendre une détermination sur les prix à coter suivant l'importance de la clientèle et aussi suivant la durée de livraison, leur époque.Il est évident que les Wilson ont en vue de tirer tout le parti possible de leurs achats de la Carbonera, mais, si j'en crois ce qu'on me dit, ils pourront avoir plus d'une désillusion. Il leur faudra compter avec les influences politiques pour le maintien de leur concession, et ils apprendront comme nous à leurs dépens quel fond on peut faire sur les engagements pris par les clients lorsqu'il convient à ceux-ci de les éluder.J'ai trouvé ce matin en arrivant au bureau votre dépêche avisant l'affrètement de "[Bessatail]" à 11/, December shipment, ce qui sera au mieux s'il peut y avoir huit jours de différence entre lui et le "[Rapner]", seul affrété pour départ ce mois-ci.Dès que nous serons fixés sur l'adjudication Obras, nous verrons ce qu'il faudra vous télégraphier pour les affrètements à faire suivre.Votre bien cordialement dévoué,

1897.12.15.De Worms et Cie Port-Saïd.A Worms et Cie Zanzibar.Original

Document originalWorms & Cie Port-Saïd (Egypt)Le 15 décembre 1897Messieurs Worms & CieZanzibarMessieurs,Nous avons l'honneur de vous informer que nous envoyons demain à Marseille le groupe de pièces de 5 francs que vous avez vous-même envoyé à Suez par le l'"Oxus".Il existe un décret en Égypte par lequel l'importation de toute monnaie d'argent est interdite à moins que les destinataires ne fassent considérer et assimiler les groupes à toute autre classe de marchandises et paient par suite la taxe ordinaire, 8% ad valorem.Ne pouvant disposer de ses pièces, la Maison de Suez nous les a envoyées et, après pas mal de difficultés en douane, nous avons décidé de les acheminer sur Marseille, fret et frais payables à destination.Nous vous prions donc, à l'avenir, de ne plus nous faire de pareilles expéditions à moins que vous ne trouviez de votre intérêt de nous autoriser à payer les 8% réglementaires.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.P.Pro Worms & Cie[Signature illisible.]

1897.12.17.De Paul Rouyer - Worms et Cie Buenos Aires.Original

Document originalWorms & Cie 402, CorrientesBuenos Aires, 17 décembre 1897MM. Worms & CieParisChers Messieurs et amis,J'ai à vous remercier pour votre lettre du 19 novembre contenant de très intéressantes informations, malheureusement la plupart fort peu encourageantes pour la plupart.Nous sommes ici dans l'attente de ce que vous aurez pu faire, d'accord avec Cory pour amener MM. Wilson à donner des instructions à M. Harley, leur agent, en vue de sa participation à l'entente qui était pratiquement conclue avec lui le 6/7 et pour une durée de trois mois (ou plutôt jusqu'au 31 mars) et qu'il a ensuite refusé de maintenir.M. Harley est remarquablement obstiné et je crains bien qu'on n'arrive à rien. Toutefois, comme M. Johns (de Cory) me priait de tenter encore un effort commun en expédiant à nos maisons mères respectives un télégramme identique, j'ai cru que ça valait la peine de le faire avant de nous résigner à pratiquer à terre des prix de guerre tandis que l'arrangement bunkering a été fait tout à l'avantage de Wilson.M. Hartley ne veut rien admettre de l'expérience que ses collègues de Boisduval et surtout Lewis et Alf. Boyd ont de la clientèle de terre à Buenos Aires ; ces derniers cependant lui ont fourni tous les arguments et des exemples pour lui montrer que le consommateur contractant saura toujours tirer le meilleur parti d'un contrat au détriment du vendeur. Il n'a rien voulu entendre et veut traiter ces affaires par contrats tout comme les bunkering business avec "benefit of fall clause" !M. Harley a évidemment en vue de conserver comme clients tous les consommateurs qui peuvent figurer sur les livres de la Carbonera. Le tout est de savoir si ces clients partageront sa manière de voir. Je vous rappellerai à ce sujet que, lors de l'achat de l'affaire de Stein, vous avez, bien contre mon gré et appréciation, évalué à £ 1.000 pour 20.000 tonnes les contrats cédés par de Stein et que nos livraisons se sont élevées à moins du 1/5e de cette quantité, bien des clients ayant repris leur liberté.M. Harley est depuis 34 ans dans le pays mais il est y est venu à 14 ou 15 ans. Il connaît surtout Montevideo et tout particulièrement les affaires de bunkering mais on m'assure qu'il va reconnaître aux dépens de sa Maison l'erreur qui le guide en matière d'affaires avec la terre. Ce sera une maigre consolation et j'eusse de beaucoup préféré le voir marcher d'accord avec nous, au moins jusqu'au 31 mars à titre d'essai, comme j'en avais obtenu de lui la promesse.Une entente pour les affaires à terre ne peut vraiment marcher que sur un prix et des conditions uniformes suivant les catégories d'affaires. Dès qu'on introduit le droit de faire des réductions de prix tout s'écroule comme un château de cartes, car la réduction exceptionnelle devient immédiatement la règle par le simple effet de la concurrence et qu'elle ne s'arrête que lorsque le prix est devenu absolument mineur.Je comprends d'autant moins l'action de M. Harley qu'il commencera son année avec un stock d'environ 16 à 18.000 qui est à La Plata à un prix de revient d'au moins 28 ou 29 à terre dans leur dépôt. Les livraisons à La Plata sont vraiment insignifiantes, non seulement pour nous mais aussi pour les autres et sans doute M. Harley devra chercher à écouler à terre une partie de ce stock. Il eut donc eu tout intérêt à maintenir l'entente pour s'assurer un prix rémunérateur pour l'écoulement d'un stock aussi coûteux.Obras de Salubridad. Nous ne saurons que cet après-midi si nous avons l'affaire qui représentera pour nous une quantité de 9.000 tonnes Cardiff à expédier de décembre à août prochain et qui devra nous laisser un profit raisonnable.L'affaire, si elle est réussie, aura une très heureuse influence sur le marché pour nous. C'est pourquoi je crains que nous ayons la désillusion de voir notre offre repoussée.Spinetto. Je viens d'avoir la visite du beau-père de [Est. Sp. Hijo] qui m'a expliqué les difficultés dans lesquelles se trouve la liquidation. C'est certainement un finaud. Ces gens sont en somme peu honorables malgré leurs bonnes paroles. Je crains bien que nous ne puissions jamais retirer de cette affaire plus de 65% en tout au lieu de 60½% qu'on nous a déjà fait offrir. Nous tenterons encore d'arriver à 70% et je vais auparavant consulter avec Lewis notre avocat. Je voudrais bien au moins réussir quelque chose de ce côté.Départ. Lorsque vous connaîtrez la date de mon départ, je vous serais obligé de vouloir bien faire savoir à ma femme et à mon fils où et quand ils doivent m'écrire pour que je trouve de leurs nouvelles aux escales Dakar et Lisbonne et à l'arrivée à Bordeaux. Le mieux serait de leur remettre trois enveloppes que préparerait à cet effet l'illustre calligraphe Rousselot.Veuillez bien transmettre mes hommages respectueux à vos mères, à la chère Madame Worms et à Mme Delavigne et L. Worms en me rappelant au bon souvenir de nos associés et croyez pour vous-mêmes, messieurs et chers amis, à tous mes sentiments bien cordialement dévoués.Paul RouyerP.-S. M. Weill de la maison [Danon] est venus hier matin me demander quand nous aurions fini le déchargement de ["Demataël"] ! C'est aller un peu vite, mais je ne lui en ai pas moins dit que dès que j'avais eu connaissance de l'affrètement, j'ai dit à Lewis de faire tout ce qu'il pourrait de mieux.