12 résultats

1876.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre

Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence. Il reprend notamment un important travail d'analyse effectué par la Maison Worms dans les chronos de correspondance – préalablement à la rédaction du livre Un Centenaire - 1848-1948 - Worms & Cie –, et plus particulièrement, en ce qui concerne l'année 1876, dans :

  • les copies de lettres à la presse du 8 décembre 1875 au 5 janvier 1876 ; du 5 janvier 1876 au 31 janvier 1876 ; du 31 janvier 1876 au 26 février 1876 ; du 26 février 1876 au 27 mars 1876 ; du 27 mars 1876 au 22 avril 1876 ; du 22 avril 1876 au 18 mai 1876 ; du 18 mai 1876 au 15 juin 1876 ; du 15 juin 1876 au 11 juillet 1876 ; du 11 juillet 1876 au 8 août 1876 ; du 8 août 1876 au 4 septembre 1876 ; du 5 septembre 1876 au 30 septembre 1876 ; du 2 octobre 1876 au 27 octobre 1876 ; du 27 octobre 1876 au [?] ; du [?] au [?] et du [?] au 23 janvier 1877 (les manques peuvent provenir soit d'un oubli dans le recensement, soit de la perte de certains volumes),
  • et les doubles du courrier reçu par le siège, à Paris, entre 1875 et 1902.

Dans le cadre de cette étude, la correspondance sélectionnée pour son intérêt historique a été résumée ou reproduite en intégralité ou partiellement sur des fiches manuscrites, qui se comptent par centaines. Les lettres les plus significatives ont été dactylographiées. (Ces copies sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé – en bleu + soulignement.) Ces sources ont en outre été synthétisées et commentées dans les notes suivantes :

  • "Historique de Worms & Cie - 1ère partie (1848-1877)" daté de janvier 1948
  • "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
  • "Historique de la succursale d'Alger (1851-1892)", classé en 1948
  • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec la P&O, Burness, Stapledon (1861-1875)", classé en 1948
  • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948

A ce corpus sont joints des extraits de documents originaux conservés par la Maison et des renseignements provenant notamment :

  • des services administratifs : état civil et tribunaux de commerce...
  • des annuaires et études notariales...
  • de la presse, des revues et ouvrages d'histoire...

1876.01.10.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A la Chambre de commerce du Havre

RetranscriptionLe Havre, le 10 janvier 1876Messieurs les membres de la Chambre de commerce du HavreMessieurs,Monsieur Person, président de la Chambre syndicale du commerce d'exportation avait demandé à la Chambre de commerce de lui faire connaître son opinion relativement au maintien ou à la réalisation du traité postal passé entre l'État et la Compagnie des Messageries nationales pour le service de l'Indochine.Au mois d'avril dernier vous avez répondu à M. Person, nous relevons dans votre lettre le paragraphe suivant :« En principe la Chambre de commerce est opposée aux subventions. Si, à son avis, elles se justifient lorsqu'elles ont pour objet de créer des relations nouvelles avec d'autres pays, il ne lui semble pas qu'elles puissent être maintenues, une fois ces relations établies ».Ce paragraphe résume vos idées sur cette grave question.Nous venons aujourd'hui vous entretenir des agissements de la Compagnie générale transatlantique qui reçoit de l'État des subventions considérables pour ses lignes sur New York et les Antilles.Cette Compagnie vient d'inaugurer un service côtier de bateaux à vapeur entre Santander, Bordeaux, Saint-Nazaire, Le Havre, Rotterdam et Hambourg. Si la Compagnie générale transatlantique n'avait aucune attache avec l'État, si elle ne recevait de lui aucune subvention, si ces différents services se faisaient à ses risques et périls, c'est-à-dire, sans recevoir de l'État ni aide, ni assistance, si en un mot elle était dans les conditions ordinaires à tous les armateurs français, nous n'aurions absolument rien à dire ; mais tel n'est pas le cas, vous le savez, Messieurs, aussi bien que nous. Sans les subventions qu'elle reçoit, cette Compagnie ne serait pas en mesure d'établir un service côtier ; les ressources lui manqueraient.Il suffit pour cela de mettre en regard d'un côté l'importance de son capital et de l'autre le montant des subventions qu'elle a reçues jusqu'à ce jour. Si en plus de ces deux éléments ont tient compte du peu d'importance de ses dividendes, on arrive à cette conclusion forcée, c'est que la Compagnie générale transatlantique n'aurait pu vivre et ne pourrait vivre sans le secours de l'État et que par conséquent elle ne serait pas une concurrence bien dangereuse pour les armateurs particuliers.La situation qui lui est faite par ses conventions avec l'État, change complètement les conditions ordinaires auxquelles sont soumis les autres armateurs.Il ne saurait donc lui être permis de dénaturer l'esprit qui a précité à la conclusion du Traité.En lui faisant une situation exceptionnelle l'État a évidemment pensé n'avoir devant lui qu'une Compagnie ayant un objet parfaitement déterminé, c'est-à-dire, un service sur New York et un autre sur les Antilles, si avant de signer ce contrat, la Compagnie générale transatlantique avait dit au ministre et à l'assemblée nationale :« Notre intention en demandant cette subvention est d'une manière indirecte, d'en appliquer une portion à payer les dépenses d'un service côtier que nous voulons établir en concurrence avec des lignes au petit et au grand cabotage, lignes qui existent déjà »,il ne saurait y avoir le moindre doute, les ministres des Finances et de la Marine et l'assemblée nationale auraient refusé et interdit formellement à la Compagnie de faire aux armateurs particuliers une concurrence aussi inégale.Cette Compagnie s'attaque aujourd'hui aux lignes de Hambourg, du Havre, de Bordeaux et de Santander que nous desservons, demain elle s'attaquera à la ligne de Morlaix, à celle d'Anvers, etc.Bientôt tous les armateurs au petit et au grand cabotage se verront menacés par la Compagnie générale transatlantique.Lorsqu'on songe que ces lignes ont été créées par ces armateurs à leurs risques et périls, qu'ils y ont engagé leurs fortunes, qu'ils occupent un personnel considérable qui est comme eux menacé par les agissements de cette Compagnie, on est en droit de juger sévèrement cette dernière.Nous desservons les lignes de Bordeaux, du Havre et de Hambourg depuis 18 ans. Nous les avons progressivement développées. Nous pouvons dire que par leur parfaite régularité elles font honneur au pavillon français. Nous avons pour adversaires des steamers allemands, nous ne nous en plaignons pas; à armes égales la lutte ne nous effraie pas, nous ne saurons admettre la concurrence de la Compagnie générale transatlantique, compagnie subventionnée par l'État qui ne saurait lui permettre d'en profiter pour créer au cabotage sous pavillon français une situation inacceptable.Nous vous remettons, ci-inclus, Messieurs, deux lettres, l'une pour Monsieur le ministre de la Marine, défenseur national de la Marine tout entière, l'autre pour Monsieur le ministre des Finances auquel incombe le soin tout particulier de déterminer les termes et l'esprit du Traité postal conclu avec la Compagnie.Nous espérons, Messieurs, que vous voudrez bien vous charger de les faire parvenir vous-mêmes à leurs adresses respectives en les appuyant de l'autorité qui vous appartient.Recevez, Messieurs, l'assurance de notre parfaite considération.Mallet

1876.01.10.De F. Mallet et Cie.Le Havre.Au ministre des Finances.Paris

RetranscriptionLe Havre, le 10 janvier 1876Monsieur le ministre des FinancesEn son hôtel - ParisMonsieur le ministre,La Compagnie générale transatlantique a été fondée dans le but de créer des services entre la France et les pays d'outre-mer.C'est évidemment dans cet ordre d'idées que l'État a traité avec elle en lui accordant de larges subventions. Il n'a pu entrer dans l'esprit du gouvernement que cette Compagnie pourrait appliquer d'une manière détournée une partie de cette subvention pour faire concurrence aux armateurs particuliers exploitant des lignes au grand et au petit cabotage.C'est cependant, Monsieur le ministre, ce qui a lieu en ce moment. La Compagnie générale transatlantique annonce qu'elle vient d'installer un service côtier à des dates régulières entre Hambourg, Rotterdam, Le Havre, Saint-Nazaire, Bordeaux et Santander. Le prétexte de cette création est de relier ses lignes de New York et des Antilles avec les ports ci-dessus énumérés. Nous disons : le prétexte, par ce que sur tous ces points il existe des services à vapeur que la Compagnie n'a jamais utilisés que d'une manière insignifiante malgré les frets réduits concédés par tout le monde en sa faveur. Son but réel est de faire le cabotage, de prendre des marchandises à fret pour chacun des ports de son parcours côtier et d'écraser, si possible, toutes les lignes actuellement existantes et qui ont été installées par des armateurs particuliers à leurs risques et périls.Si les subventions allouées par l'État ne créaient pas à la Compagnie une situation exceptionnelle, elle ne pourrait agir comme elle compte le faire, les lignes côtières ne pouvant que lui laisser de la perte. Mais comme il lui est facile de reporter sur ce service une portion de l'énorme subvention qu'elle reçoit, elle a ainsi une force qu'elle n'aurait pas autrement.En subventionnant la Compagnie générale transatlantique, l'État n'a eu en vue que d'ouvrir au commerce des relations lointaines et de lui faciliter ses rapports avec les pays d'outre-mer. Il n'a pu entrer dans l'esprit de personne que la Compagnie abusant de sa situation privilégiée, viendrait dans un moment donné, faire concurrence aux navires sous pavillon français faisant le simple cabotage.Que la Compagnie renonce à sa subvention et elle sera libre alors de faire ce qu'elle voudra. Mais, aussi longtemps qu'elle réclamera, et aura l'aide de l'État, nous croyons fermement qu'elle n'a pas le droit de nous causer un pareil préjudice.Nous avons organisé depuis 18 ans des services réguliers à vapeur entre Bordeaux, Le Havre et Hambourg, et vice-versa. Nous pouvons dire qu'il n'existe pas de lignes au cabotage mieux faites que les nôtres. Nous n'avons reculé devant aucun sacrifice pour en arriver là. Nos steamers sont montés par près de 200 hommes d'équipage tant pour le bord que pour la machine. Nous en appelons à votre haute impartialité et à votre justice, Monsieur le ministre, pour faire comprendre à la Compagnie générale transatlantique que les subventions de l'État ne sauraient avoir pour but de permettre à la Compagnie de créer une pareille concurrence à des lignes au cabotage battant pavillon français et dont l'existence remonte à une date antérieure à la création même de la Compagnie générale transatlantique.Recevez, Monsieur le ministre, l'assurance de notre parfaite considération.Mallet

1876.01.17.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A Adolf Deppe.Anvers

RetranscriptionHavre, le 17 janvier 1876Monsieur Adolf DeppeAnversNous sommes en possession de votre lettre du 15 janvier.Nous sommes d'avis de continuer la concurrence et nous pensons amener à cette idée la Maison Worms. Seulement en présence du peu et du bas fret actuel sur nos lignes la subvention que nous vous faisons est lourde pour Bordeaux et pour nous ; nous pensons que pour un steamer comme "Ville de Bayonne" et avec le fret que vous réussissez à lui donner, vous pourriez réduire le taux de nos subvenions.Veuillez, S.V.P., vous rendre compte du résultat que vous avez afin de mieux apprécier la situation.Nous croyons comme vous qu'une réunion à Paris est indispensable ; l'écrivain ne peut s'absenter cette semaine et vous offre de nous trouver tous à Paris lundi prochain à 11 heures au bureau de M. Worms.Nous écrivons à M. Schacher dans le même sens. Veuillez nous télégraphier si cela vous convient. Nous vous saluons, Monsieur, sincèrement.Mallet

1876.01.20.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A Bernard (Whde).Hambourg

RetranscriptionLe Havre, le 20 janvier 1876Monsieur Bernard [Whde]HambourgNotre correspondant de Hambourg, M. Eugène Cellier nous a envoyé, en communication, la lettre que vous leur avez adressée à la date du 15 courant.Cette lettre a trait aux offres qui vous sont faites par la Compagnie générale et aux conséquences que vous en tirez.Tout d'abord, nous nous étonnons qu'avec votre expérience des transports maritimes et en particulier de ceux qui concernent les sucres en pains, vous puissiez supposer un instant que la Compagnie générale ait un service qui puisse répondre aux différentes conditions indispensables pour vous.Cette Compagnie ne vous offre aucune garantie comme régularité, elle a entrepris son service de cabotage avec un matériel complètement insuffisant, elle fait de nombreuses escales qui sont une cause de retard et de risques. De plus, les navires qu'elle emploie n'ont pas été construits comme les nôtres d'après les exigences particulières de notre service et la casse qui se produirait dans vos pains de sucre chargés sur les bateaux de la Compagnie générale transatlantique, représenterait probablement une perte de beaucoup supérieure à la différence du fret.Nous ne pouvons donc pas admettre que vous puissiez même si vous n'aviez aucun engagement avec nous, trouver un avantage à charger vos pains de sucres sur les steamers de la Compagnie générale. Tel n'est pas le cas du reste et nous considérons que le marché qui nous lie réciproquement vous oblige en droit comme en équité à faire charger tous vos sucres sur nos steamers sans qu'il vous soit permis de modifier votre mode d'achat pour vous soustraire à cette obligation sous peine de manquer à vos engagements.Vous avez eu le bénéfice de ce marché en chargeant à un fret inférieur à celui qui était appliqué à vos concurrents et il ne nous est pas venu à l'esprit de profiter des avantages que nous faisaient les circonstances pour vous demander un prix plus élevé.N'est-il donc pas juste que nous exigions que de votre côté vous exécutiez ce marché avec la même rigueur.Malgré le mauvais temps et les glaces, nous avons, au prix de sérieux sacrifices, donné des départs réguliers alors qu'aucune autre compagnie n'aurait agi de même. II ne nous semble pas équitable de comparer d'autres services aux nôtres.Remarquez que malgré les prix relativement réduits, faits par MM. Perlbach & Cie, il n'est pas chargé de sucres sur leurs steamers. Cela provient de ce que leur irrégularité ainsi que le manque de soins qu'ils ont pour les marchandises, rendent ce genre de transport impossible par leurs steamers.Pour la Compagnie générale, il en sera de même et davantage encore, croyons-nous. Le fret réduit que nous vous avons fait et que nous faisons à vous seul, nous constitue un avantage indiscutable sur nos concurrents qui ne pourront pas charger dans de bonnes conditions sur d'autres steamers que Ies nôtres.Nous maintenons donc notre marché en son entier.Recevez, Monsieur, nos sincères salutations.Mallet

1876.01.21.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A la Chambre de commerce de Paris

RetranscriptionLe Havre, le 21 janvier 1876Monsieur le président de la Chambre de commerceParisMonsieur le président,Nous avons organisé depuis 18 ans des services réguliers de bateaux à vapeur entre Bordeaux, Le Havre et Hambourg, et vice-versa.Afin d'être toujours à même de répondre aux besoins du commerce, nous avons progressivement augmenté le nombre et le tonnage de nos steamers et nous pouvons dire qu'il n'existe de ligne au cabotage en France ou à l'étranger jouissant d'une réputation supérieure à celle dont jouissent les nôtres, comme régularité, excellence du matériel et choix du personnel.La Compagnie générale transatlantique vient d'inaugurer un service côtier en concurrence avec nos lignes. Rien ne justifie cette détermination de sa part, puisque les ports côtiers qu'elle veut desservir sont tous reliés entre eux par des lignes particulières. Elle ne peut prétendre raisonnablement y trouver un avantage quelconque puisque les steamers qui desservent déjà ces lignes sont plus que suffisants pour transporter le fret qui peut être destiné à ses grandes lignes et que le transport par ses propres moyens lui coûtera sensiblement plus cher que le prix qu'elle payait.Pour prouver ces deux points il nous suffira de dire que pendant l'année 1875 la Compagnie générale transatlantique avec laquelle nous avions un traité ne nous a pas même donné 1.000 tonneaux en tout de Bordeaux au Havre, du Havre à Bordeaux, de Hambourg au Havre et du Havre à Hambourg, alors, cependant que nous avions consenti un taux de fret n'excédant pas beaucoup celui des voiliers.II est donc bien évident que l'idée de relier ses grandes lignes avec les ports côtiers n'est en réalité qu'un prétexte. Du reste, elle offre déjà de prendre du fret d'un port à un autre comme le font toutes les lignes au cabotage et cela à un fret inférieur au nôtre. Il s'agit donc bien de la création d'un service ayant pour but de concurrencer les steamers français qui font le cabotage.Cette détermination de la Compagnie générale transatlantique nous paraît être, tout à la fois, une injustice envers les armateurs particuliers, une dérogation à l'esprit des contrats postaux et au but que le gouvernement a eu en vue en subventionnant très largement la Compagnie générale transatlantique, et aussi offrir un grand danger au point de vue de l'avenir de la marine et du commerce français.En subventionnant la Compagnie générale transatlantique, l'État a eu en vue de créer des relations sous pavillon national entre la France et les États-Unis et les Antilles et de faciliter ainsi nos transactions commerciales. Aucun service à vapeur français n'existait alors sur ces lignes et les subventions de l'État ne portaient aucun préjudice à des armateurs particuliers.Le but que proposait le gouvernement était donc parfaitement clair. Les agissements actuels de la Compagnie générale transatlantique ont pour conséquence de dénaturer l'esprit du contrat, car il n'a jamais pu entrer dans I'esprit du gouvernement d'imposer au pays un sacrifice considérable qui dût avoir pour conséquence de permettre à la Compagnie générale transatlantique de venir après coup concurrencer les armateurs particuliers alors qu'à leurs risques et périls et avec leurs seules ressources ils ont engagé leurs fortunes dans les armements maritimes pour desservir des lignes au petit et au grand cabotage.C'est à l'aide des impôts que l'État est en mesure de subventionner la Compagnie générale transatlantique. Les armateurs particuliers ont à supporter une portion de ces charges. Il ne saurait dont être permis à la Compagnie générale transatlantique subventionnée en partie, quoique indirectement par eux d'abuser de cette situation exceptionnelle pour venir les concurrencer sur leurs propres lignes.C'est à tort que la Compagnie générale transatlantique prétend créer ses lignes côtières à l'aide de ses propres ressources. En effet, les subventions de l'État servent à couvrir tous ses frais généraux. C'est donc avec raison que nous disons que les subventions qu'elle reçoit serviront également à couvrir les frais généraux de son service côtier. Si du reste on tient compte des subventions qui lui ont été payées jusqu'à ce jour par l'État, il est facile de constater qu'elles dépassent de beaucoup le capital même de la Compagnie. Si donc, elle était réduite à ses propres ressources, elle ne serait pas en mesure d'établir un service côtier.Nous disons que si les agissements de la Compagnie générale transatlantique devaient être tolérés, ce serait la ruine de la marine marchande et que le commerce en éprouverait également un préjudice considérable.Depuis très longtemps on se préoccupe de l'état de la marine marchande en France. Mais qui donc oserait maintenant y engager ses capitaux avec la possibilité de voir un jour une Compagnie subventionnée venir faire concurrence à des armateurs particuliers ? Tout le monde s'abstiendrait et, si un jour les grandes compagnies subventionnées venaient à disparaître pour une cause ou pour une autre, le pavillon étranger remplacerait partout le pavillon national ; car une Marine ne se crée pas du jour au lendemain, il faut de nombreuses années pour lui permettre de se constituer solidement.Le jour où les armateurs particuliers auront disparu et où les compagnies subventionnées existeront seules, elles poseront leurs conditions au commerce en demandant des frets exagérés. L'intérêt commercial bien entendu veut que la lutte entre les armateurs ait lieu à armes égales de manière à ce que il n'y en ait pas quelques unes assez fortes pour rester seuls maîtres de la mer.Que la Compagnie générale transatlantique renonce à sa subvention et nous n'avons plus rien à dire.C'est avec confiance, Monsieur le président, que nous nous adressons à la haute impartialité et à l'esprit éclairé de la Chambre de commerce de Paris pour lui demander de transmettre à Monsieur le ministre des Finances et à Monsieur le ministre de la Marine les deux lettres ci-incluses. Nous croyons pouvoir espérer qu'elle voudra bien les appuyer de sa haute autorité, ainsi que vient de le faire la Chambre de commerce du Havre.Recevez, Monsieur le président, l'assurance de notre parfaite considération.Mallet

1876.01.25.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A M. Plamant.Le Havre

RetranscriptionLe Havre, le 25 janvier 1875Monsieur PlamantRue de la Communauté, Le HavreMonsieur,Nous vous offrons un marché pour le transport de vos liquides de Bordeaux au Havre de ce jour au 31 décembre 1876, au prix de 20 F par tonneau de mer de la place de Bordeaux.Ce fret ne s'applique naturellement qu'aux liquides qui vous seront personnellement adressés.Lors du règlement de chaque connaissement, le fret sera immédiatement ramené à 20 F sans primage afin d'éviter toute comptabilité entre nous.Les correspondants devront s'inscrire à Bordeaux, suffisamment à l'avance pour éviter des retards dans les chargements en cas de surabondance de fret.Nous prendrons vos fûts vides du Havre à Bordeaux aux conditions suivantes :- F 2.50 par demi-muid à F 1.50 par bordelaise avec faculté pour nous de les charger sur le pont.De votre côté, vous prendrez l'engagement de faire charger à Bordeaux sur nos steamers pendant l'année 1876 tous les liquides qui vous seront destinés.Cette offre est sujette à votre acceptation par écrit, par retour du courrier.Si vous acceptez notre proposition, veuillez nous répondre simplement que vous acceptez notre offre telle qu'elle est formulée par nous pour le transport de vos liquides de Bordeaux au Havre de ce jour au 31 décembre 1876.Nous vous saluons, Monsieur, sincèrement.Mallet

1876.01.31.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A M. Flornoy.Nantes

RetranscriptionLe Havre, 31 janvier 1876Monsieur Flornoy - ArmateurNantesMonsieur,Nos correspondants de Bordeaux, MM. Hypte Worms & Cie, dont la Maison de Paris est fortement intéressée dans nos steamers, nous ont dit que vous seriez comme nous disposés à protester contre les agissements de la Compagnie générale transatlantique qui malgré sa qualité de compagnie subventionnée par l'État organise un service côtier en concurrence avec d'autres lignes au petit et au grand cabotage déjà établies.Si MM. Worms & Cie ne se sont pas mépris sur vos intentions et nous ne devons pas le supposer puisque la question vous intéresse directement, vous jugerez peut-être utile d'en écrire aux ministres de la Marine et des Finances et de soumettre votre réclamation à l'approbation de votre Chambre de commerce en lui demandant de l'appuyer auprès des ministres compétents.Nous vous adressons par la poste dix exemplaires du "Journal du Havre" du 28 courant dans lequel vous trouverez les copies de nos lettres aux ministres et à votre Chambre de commerce ainsi que la copie du rapport adopté à une grande majorité par cette Chambre.Nous avions soumis la question à la Chambre de commerce de Bordeaux et nous apprenons qu'elle a pris la décision suivante :« Après longue délibération la Chambre décide d'envoyer les deux lettres de MM. F. Mallet & Cie et de MM. Hypte Worms & Cie aux ministres en les recommandant à toute leur sollicitude. »Comme il est d'une grande importance pour le succès de notre réclamation qu'on ne puisse pas nous opposer la décision défavorable d'une Chambre de commerce, nous vous engageons à ne soumettre la question à la vôtre qu'après avoir communiqué les journaux que nous vous envoyons à plusieurs membres et avoir acquis la certitude que la majorité vous sera favorable.Nous nous mettons à votre entière disposition pour tous les renseignements qui pourraient vous être utiles et nous espérons que vous voudrez bien nous tenir au courant de ce que vous ferez.Le steamer "Ville de Malaga" qui a été affrété par la Compagnie générale transatlantique, doit quitter notre port pour Saint-Nazaire demain avec 10 tonneaux de marchandises.Ce service côtier coûtera beaucoup d'argent aux actionnaires de la Compagnie générale transatlantique et le meilleur service qu'on puisse leur rendre est de le faire cesser.Nous  vous saluons, Messieurs, bien sincèrement.Mallet

1876.02.05.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A Adolf Deppe.Anvers

RetranscriptionLe Havre, 5 février 1876Monsieur Adolf DeppeAnversNous vous confirmons notre lettre du 2 courant vous remettant F 6.500 en un chèque sur Paris pour notre part de subvention pour pouvoir concurrencer Anvers-Hambourg.Nous venons maintenant relater ce dont nous sommes convenus pour février et mars."Ville de Bayonne" continuera à naviguer aussi rapidement que vous pourrez le faire entre Anvers et Hambourg et vice-versa.Pour cette navigation une participation existera entre vous, la Maison Worms de Bordeaux, et nous sur les bases suivantes :La participation sera débitée mensuellement des F 7.000.- représentant les loyers et nourriture de l'équipage, la dépréciation, l'entretien du matériel et les avarices, en un mot c'est une location à forfait sur les bases que nous venons d'énumérer ; 2/ de tous les frais de navigation, charbon, huile, suif, droits de port, pilotage, frais d'embarquement et de déchargement.Par contre la participation sera créditée de tous les frets, moins bien entendu, les transports à payer à des tiers si vous prenez de la marchandise autre que celle d'Anvers à Hambourg et vice-versa.A la fin de chacun de ces deux mois, vous établirez la balance et la perte sera supportée comme suit : la moitié par nous, un quart par MM. Worms, un quart par vous.Nous vous saluons, Messieurs, bien sincèrement.Mallet

1876.02.16.De F. Mallet et Cie.A Eugène Grosos.Le Havre

RetranscriptionLe Havre, 16 février 1876Monsieur Eug. GrososEn villeMonsieur,Nos correspondants de Bordeaux, MM. Hypte Worms & Cie, nous écrivent ce qui suit : « La navigation sur Copenhague est-elle rétablie et pouvons-nous prendre des marchandises par nos prochains départs ? Pouvons-nous aussi délivrer des connaissements directs et à quel prix ? »Nous vous prions de donner directement à MM. Hypte Worms & Cie vos instructions à cet égard puisqu'ils sont vos agents pour la ligne de Copenhague.Recevez, Monsieur, nos sincères salutations.

1876.02.26.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A André Ferrière.Bordeaux

RetranscriptionLe Havre, 26 février 1876Monsieur André FerrièreCourtier maritime - BordeauxMM. Hte Worms & Cie de Bordeaux viennent de nous remettre le compte de notre steamer "Blanche", voyage 18-28 janvier dernier de Sunderland à Bordeaux et de ce dernier port à Cardiff où il est allé porter un chargement de poteaux de mine. Nous avons eu comme fret de Bordeaux à Cardiff F 6.710.00 ; vous nous comptez pour votre courtage : 578.20 ; nous avons payé pour embarquement et débarquement 1.862,45.Vous voyez, Monsieur, par ces chiffres combien peu il reste au bateau. Il nous semble que pour des chargements d'aussi peu de valeur que ceux-là, donnant un fret aussi réduit, que votre courtage devait être perçu dans les mêmes proportions que vous le faites si équitablement pour les frets de charbon.Nous sommes amenés aujourd'hui à y regarder de plus près qu'autrefois par suite des concurrences que nous avons à subir de différents côtés et nous pensons que pour nous aider à les supporter vous voudrez bien, dans les circonstances comme celle sur laquelle nous venons appeler votre attention, nous réduire vos frais de perception de courtage.Nous vous saluons, Messieurs, bien sincèrement.Mallet

1876.03.04.De F. Mallet et Cie.Le Havre.A Adolf Deppe.Anvers

RetranscriptionLe Havre, le 4 mars 1876Monsieur A. DeppeCourtier maritime - AnversMonsieur,Nous sommes en possession de votre lettre du 3 courant et nous vous confirmons notre dépêche de ce jour ainsi conçue :"Refusez affrètement "Horatio". Steamer trop petit. Vous écrivons pour vous proposer "Président"."En consultant les dimensions de l'"Horatio", nous trouvons qu'il doit porter beaucoup moins qu'on ne le dit. De plus sa machine est faible ; il doit mal marcher. Enfin, il n'a pas d'entrepont ce qui est un grand inconvénient pour le bon arrimage de marchandises de diverses natures et ne permet pas non plus de livrer les chargements dans de bonnes conditions.Nous offrons à la participation notre steamer "Président" pour deux voyages complets.Le premier de Hambourg à Anvers et retour à Hambourg.Le second de Hambourg à Anvers et retour à Hambourg.Moyennant quatre cent vingt-cinq livres sterling (£ 425 ) pour chaque voyage complet sans soumission d'affrètement bien entendu. Vous débiterez la participation de notre soumission sur les frets d'entrée et de sortie que "Président" pourra faire.Nous accordons 7 jours courant, dimanches exceptés, pour chaque voyage complet, c'est-à-dire en moyenne trois jours et demi à Anvers, trois jours et demi à Hambourg et quinze livres sterling (£ 15) par jour de surestaries.La perte à supporter comme à présent demie par nous - un quart par vous - et un quart par la Maison de Bordeaux.Comme pour l'"Horatio", tous les frais à Anvers et à Hambourg à notre charge.Vous ne devrez pas lui donner chaque fois plus de 225 tonneaux en fer ou autres métaux afin de ne pas le fatiguer.Le "Président" peut charger dans ses cales six cents tonneaux en lourd et en encombrement il vous prendra un très beau tonnage.Nous pensons que c'est la combinaison la meilleure et qui fera peut-être le plus d'effet sur Perlbach.Nous ne pouvons pas pour le moment nous engager pour plus de deux voyagea complets. D'accord avec vous nous verrons un peu plus tard ce que nous devons faire.Le temps de l'affrètement commencera à Hambourg le lendemain matin du jour où il aura fini de décharger.Nous écrivons à la Maison de Bordeaux dans le même sens.Veuillez nous répondre que nous sommes bien d'accord.Ci-inclus, nous vous renvoyons quatre pièces :1°) affrètement "Horatio"2°) Spécification3°) Les deux lettres du capitaine de "Ville de Bayonne"Nous vous saluons, Monsieur, bien sincèrement.Mallet