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1942.11.26.De Louis Vignet.A Worms et Cie Bayonne.Note
Copie de lettreParis, le 26 novembre 1942Messieurs Worms & CieBayonneMessieurs,Agence de PauNous avons bien reçu votre lettre du 24 courant.Nous notons les objections que vous faites à l'installation de M. Mazière à Agen. Certaines nous paraissent très pertinentes, d'autres peut-être moins. Si notre idée primitive ne paraît pas devoir être retenue, du moins pourrait-on, peut-être, à la lumière de vos suggestions, envisager les modifications suivantes à la situation actuelle :1°) - L'agence de Pau serait déchargée des relations avec les mines et de la facturation qui serait centralisée à Agen, à condition que de ce fait on puisse supprimer la secrétaire de Pau et engager en contre-partie un ou une employée supplémentaire à Agen qui, en dehors du travail afférent à votre région, pourrait aider le personnel d'Agen dans la besogne concernant la clientèle bordelaise.2°) - Le bureau actuel de Pau serait supprimé et M. Mazière consacrerait une pièce de son éventuel logement à y installer un bureau Worms, ce qui nous permettrait de l'aider à payer un loyer probablement élevé sans augmenter nos propres frais. Ceci suppose résolue la question du logement de M. Mazière qui ne l'est pas encore. De toute façon, avant de prendre une décision définitive, qui portera à la fois sur Pau et sur Agen, le signataire désire faire un tour complet de la question avec M. Le Roy et Lecreux. Il se rendra à cet effet à Bordeaux et Agen les 7, 8 et 9 décembre et nous prions M. Ed. Le Roy de venir passer avec lui à Bordeaux la journée du lundi 7 décembre.Recevez, Messieurs, nos sincères salutations.P. Pon Worms & CieL. Vignet
1942.12.01.De Worms et Cie
Copie de note
Titres au porteur de la Société des mines des Montmins appartenant à MM. Worms & Cie
A. Fin janvier 1942
Worms & Cie ont acheté à MM. Lafaye, Guillot et Trapenard, 5.000 titres au porteur de la Société des mines des Montmins.
Contre le versement de la contrepartie correspondant à la vente de ces 5.000 titres, MM. Lafaye, Guillot et Trapenard ont livré à M. Nelson plus de 5.000 titres au porteur (environ 5.660).
La Société générale ne disposant pas alors à Vichy du personnel nécessaire à la prise en charge de ces titres, les trois valises scellées les renfermant ont été déposées dans la chambre forte de cet établissement bancaire au nom de MM. Worms & Cie. A moins que M. Darrason ne les en ait retirés, ce qui paraît bien improbable - ces titres doivent être toujours à Vichy. Il serait en conséquence nécessaire d'envoyer de toute urgence à M. Bertaux un pouvoir au nom de MM. Worms & Cie, pour retirer les trois valises ci-dessus mentionnées.
Des instructions lui seront données par ailleurs pour :
1°. Décompter 5.000 titres et les déposer à la Société générale au nom de MM. Worms & Cie, en vue des assemblées du 29 décembre 1942 et de l'assemblée du 25 janvier 1943
2°. Déposer le reliquat des titres par tiers à ce même établissement bancaire en vue des mêmes assemblées au nom de MM. Lafaye, Guillot et Trapenard.
Il y a lieu de faire parvenir à Vichy un pouvoir correspondant aux 5.000 titres précités, établi au nom de M. Raphanaud aux fins de représenter Worms & Cie à l'assemblée ordinaire ou à l'assemblée extraordinaire du 29 décembre 1942 et de l'assemblée extraordinaire du 26 janvier 1945.
B. Au début de février 1942
MM. Worms & Cie ont acheté à M. Lassalle 3.000 titres au porteur de la Société des mines des Montmins qui reposent sous dossier à la succursale de Marseille, savoir :
06.542 à 06.641 100
10.256 à 10.455 200
10.501 à 12.950 2.450
14.251 à 14.500 250
3.000
Il y a lieu de faire parvenir à Vichy : [Raphanaud]
(a) un certificat de dépôt de ces titres chez MM. Worms & Cie, en vue des trois assemblées précitées ;
(b) un pouvoir correspondant à ces 3.000 titres, établi au nom de M. Raphanaud, aux fins de représenter MM. Worms & Cie à ces trois mêmes assemblées.
C. Fin mai 1942
MM. Worms & Cie ont acheté à M. Lassalle 1.000 titres au porteur de la Société des mines des Montmins, dont 25 sont entre les mains de la société, et dont 975 ont été déposés à la Société générale à Vichy au nom de MM. Worms & Cie et doivent y être encore, si M. Darrason ne les a pas fait expédier à Marseille. Si ces 975 titres sont toujours à la Société générale à Vichy, il y a lieu de faire parvenir à M. Bertaux un pouvoir lui permettant de retirer de la Société générale à Vichy un certificat de dépôt de ces titres en vue des assemblées précitées, établi au nom de MM. Worms & Cie.Si ces 975 titres ont été envoyés à Marseille, le certificat de dépôt correspondant sera établi par MM. Worms & Cie à Marseille et expédié à Vichy.
Il y a lieu en tout cas, de faire parvenir à Vichy un pouvoir correspondant à ces 975 titres, établi au nom de M. Raphanaud aux fins de représenter MM. Worms & Cie aux trois assemblées précitées.
1/12/42
1942.12.02.De Paul Bonny - journal Pariser Zeitung.Article
NB : Cette coupure de presse est conservée dans un recueil classé au 5 janvier 1942. Pariser Zeitung2 décembre 1942L'École du renégatpar Paul BonnyC'est aussi le cas de M. François Darlan. L'ex-amiral de la flotte voulait se faire passer pour un "dur", ce qui ne laissait pas d'étonner ceux qui avaient suivi la carrière louvoyante de ce Gamelin de la mer. Pour mieux tromper les Français, il multipliait les diatribes contre l'Angleterre : "de l'issue des négociations franco-allemandes en cours, disait-il le 23 mai 1941, dépend étroitement l'avenir de la France. II s'agit pour elle de choisir entre la vie et la mort.""Dans un monde anglo-saxon triomphant, clamait M. Darlan le 1er juin 1941, la France ne serait qu'un dominion de deuxième zone, un corps étranger où elle ne saurait jouer aucun rôle honorable."Lors de l'agression britannique contre Madagascar, le 5 mai 1942, le renégat s'écriait : "une fois de plus, les Anglo-saxons, au lieu de combattre leur adversaire, cherchent des succès plus faciles en attaquant à l'improviste une colonie française... Défendez-vous jusqu'à la limite de vos possibilités, ordonnait le capitulard d'Alger aux défenseurs de Madagascar, et faites payer aussi cher que possible aux Britanniques leur acte de voleurs de grands chemins... N'oubliez pas que les Anglais vous ont trahis dans les Flandres, qu'ils vous ont traîtreusement attaqués à Mers el-Kébir, à Dakar, en Syrie... Défendez-vous ! Défendez l'honneur français. Un jour viendra où l'Angleterre payera..."Ainsi s'exprimait l'homme qui depuis deux ans a tiré tant d'effets oratoires du sacrifice suprême de milliers de soldats français fidèles aux ordres du Maréchal, ainsi s'étalait la jactance de l'officier qui devait, au premier coup de canon devant Alger, baisser pavillon, livrer les territoires qui leur étaient confiés, se ranger dans le camp de ceux qu'il appelait les "voleurs de grands chemins" et les détrousseurs d'empires, les assassins de Mers el-Kébir et de Dakar, de Rouen et du Creusot. De tous les parjures, cet amiral dégradé publiquement et chassé par le Maréchal Pétain de la communauté française est dans aucun doute le plus vil.A côté de ces chefs félons s'agitent quelques figures falotes, dont une publicité habile avait fait des personnages de premier plan. C'est le cas de ce Giraud, type du soudard buté, dont l'entêtement coûta si cher aux prisonniers français en voie d'être libérés, et qui trahit si indignement les engagements pris envers le Maréchal Pétain... C'est encore le cas du politicien-affairiste Pierre-Etienne Flandin, qui tant de fois retourna sa veste. Le 16 novembre 1940, cet ancien président du Conseil préparant sa rentrée politique, se déclarait collaborationniste : "Je suis persuadé, disait-il alors, que si, après Munich, au lieu de rejeter les assurances et les offres du chancelier Hitler, on avait engagé des pourparlers, une nouvelle ère de paix aurait pu s'ouvrir en Europe.""J'affirme qu'à ce moment-là les agences d'informations, presque toute la presse et la radiodiffusion privée en France étaient contrôlées par un consortium juif, tandis que, grâce à trois années de Front populaire, les principaux leviers de commande dans l'État étaient entre les mains de créatures de la Franc-Maçonnerie." Néanmoins, M. Flandin s'est rallié au consortium juif qui domine à Alger, il a rejoint dans le camp américain l'âme damnée de la Franc-Maçonnerie, M. Camille Chautemps, aujourd'hui parfaitement à sa place parmi le personnel de Roosevelt. C'est aussi la place de M. Pucheu, dont on avait fait un ministre de la Révolution nationale, alors qu'il n'était que le fondé de pouvoir de la banque Worms. Exclu du gouvernement où il avait été placé expressément pour trahir les consignes du Maréchal et pour entraver l'effort social du nouvel État français, M. Pucheu se retrouve tout naturellement à Alger où il continue à représenter la Banque Worms.Depuis le 8 novembre, les positions sont plus nettes et, dans une certaine mesure, la tâche du gouvernement de Vichy doit se trouver facilitée par l'épuration qu'a produite la trahison collective dont Darlan a pris la tête.Les transfuges de l'Algérie, du Maroc et de l'AOF sont tous des gens qui ont manqué à leurs engagements d'honneur et trahi leur parole d'officier ou de fonctionnaire. Cela situe mieux la place qu'ils peuvent occuper dans l'estime de ceux qui les emploient. Cela permet également de juger mieux la valeur morale de certains officiers que l'Allemagne - réformant de façon sensationnelle, et avec une magnanimité encore jamais vue dans l'histoire les lois de la guerre - avait libérés de captivité sur l'engagement d'honneur de ne pas reprendre les armes contre le Reich et ses alliés. On sait comment ces officiers ont respecté leur serment, et comment certains d'entre eux ont violé, depuis deux ans, les conventions d'armistice.Les Anglo-Saxons ont-ils, en leur for intérieur, le mépris que nous éprouvons pour les parjures ? Rien n'est moins sûr. Ils ont dans leur langue un mot intraduisible : self-rightousness, qui exprime à merveille leur sentiment d'avoir tous les droits dans un monde qui ne saurait en avoir aucun.A l'école du renégat, M. Roosevelt fait d'ailleurs figure de maître, lui qui promettait le 12 octobre 1940 : "Pères et mères d'Amérique je vous garantis que vos fils ne seront envoyés dans aucune guerre étrangère. Je l'ai dit et je le répète solennellement." Un maître aussi, M. Churchill, qui, fait prisonnier par les Boers, lors de la guerre du Transvaal, donna sa parole qu'il ne s'évaderait pas... et s'évada, comme il s'en vante dans ses "Mémoires". Tout cela n'empêche ni M. Churchill, ni M. Roosevelt, et encore moins les Darlan, les Girard ou les Boisson de parler d'honneur, de foi et d'honnêteté.
1942.12.02.Des Services bancaires.A M. Darrason.Mines de Montmins et de Charrier
Copie de note
A l’attention de M. Darrason
Mines de Montmins
Nous possédons actuellement 8.875 actions de la Société des mines de Montmins (votre contrôle doit en mentionner 9.000, mais il vient d'en être cédé 5 fois 25 aux administrateurs :
MM. Cantacuzène, d'Angély, Carrette, Desoubry, Nelson-Pautier.
Les titres appartenant à notre Maison doivent, sauf erreur, être répartis comme suit :
- 5.000 contenus dans trois valises scellées déposées au nom de la Maison dans la chambre forte de la Société générale à Vichy,
- 2.875 à votre succursale (solde des 3.000 titres que vous détenez après passation des cessions indiquées plus haut),
- 975 sous notre dossier à la Société générale à Vichy (sauf transfert à Marseille),
- 25 entre les mains de la Société des mines de Montmins.
La Société des mines de Montmins doit tenir les 29 décembre 1942 et 26 janvier 1943 deux assemblées extraordinaires et deux assemblées ordinaires. Monsieur Raphanaud nous représentera et nous vous prions de faire le nécessaire à ce sujet :
- faire retirer de la conservation de la Société générale à Vichy les trois valises scellées,
- prélever sur le contenu de ces valises 5.000 actions et, soit les déposer à notre nom à la Société générale à Vichy, soit, si vous le pouvez, les rapatrier immédiatement à Marseille.
Les valises devant contenir 5.660 titres environ, l'excédent doit être remis à la Société générale pour blocage en vue des assemblées générales, par tiers, au nom de MM. Lafaye, Guillot et Trapenard,
- faire transférer de Vichy à Marseille les 975 titres déposés à notre non à la Société générale,
- faire établir, selon le cas par vous ou par la Société générale à Vichy, des certificats de blocage en vue des assemblées et adresser ce ou ces certificats à M. Raphanaud à la Prugne, accompagnés des pouvoirs correspondants, établis au nom de M. Maxime Raphanaud aux fins de nous représenter auxdites assemblées.
Il est indispensable que les certificats de blocage portant sur 8.850 titres et les procurations sur 8.875 titres soient entre les mains de M. Raphanaud le 21 décembre au plus tard.
II. - Mines de Charrier
Une assemblée ordinaire de cette société doit avoir lieu le 29 décembre 1942. Nous faisons le nécessaire pour l'établissement des certificats de blocage et des pouvoirs que nous vous adresserons par un prochain courrier pour transmission à M. Raphanaud.
2/12/42
1942.12.10.CR.Syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms & Cie
Syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms et Cie
Syndicat du personnel sédentaire supérieur des services maritimes
Syndicat du personnel sédentaire subalterne des services maritimes
Syndicat professionnel provisoire du personnel des services charbons
Compte rendu du banquet du 10 décembre 1942
Le 10 décembre 1942, à l’issue des réunions, au cours desquelles ont été officiellement constitués les syndicats de personnel sédentaire supérieur et subalterne des services maritimes, les délégués étaient invités par la Maison à un banquet qui, sous la présidence de monsieur Hypolite Worms et en présence de monsieur Vignet, directeur général des services charbons et monsieur Péquignot, fondé de pouvoir, remplaçant monsieur Emo, directeur général des services maritimes, dont les récents événements nécessitaient la présence à Marseille, groupait pour la dernière fois, le conseil du syndicat professionnel du personnel de la .Maison et pour la première fois, les conseils des syndicats H et I de la corporation de la marine de commerce, ainsi que le bureau du syndicat provisoire du personnel des services charbons.
Dans le cadre élégant et clair de la « popote 45 », ce banquet fut un réel succès, tant par le menu, dont la qualité et l’abondance en ces temps difficiles, font honneur à l’organisatrice, madame Tournier, chef du secrétariat des services bancaires, à laquelle nous adressons nos félicitations et notre gratitude, que par l’atmosphère de sympathie et de franche cordialité qui ne cessa de régner parmi les convives.
À l’issue de ces « agapes » des allocutions furent prononcées successivement par messieurs Millot, Simoni et Decaix, auxquelles répondit monsieur Hypolite Worms.
Nous en donnons ci-dessous le texte in extenso.
Allocution de monsieur Millot
Président du syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms & Cie.
Monsieur, mes chers amis,
C’est pour la dernière fois que nous sommes aujourd’hui réunis en assemblée du syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms et Cie, et on peut dire que nous ne sommes déjà plus réunis sous l’égide de ce syndicat puisque, ce matin même, nous avons procédé à la constitution des deux syndicats H et I de la corporation de la marine marchande. C’est donc pour notre vie syndicale déjà vieille de plus de 6 ans, une journée qu’on appellera, sinon historique, - parce qu’il y en a trop qui le sont et pour d’autres causes, - mais une journée importante, une page qui tourne. Il me semble que nous ne pouvons pas tourner cette page sans revivre quelques instants ce qui a été le passé du syndicat, ce qui devient, à cette minute même, le passé, et sans examiner rapidement, dans un présent incertain, ce que pourra être l’avenir.
Le passé du syndicat professionnel de la Maison Worms, vous le connaissez tous, mais peut-être n’en connaissez-vous chacun qu’une partie. Il n’y a pas à cette table beaucoup de membres du syndicat qui puissent raconter l’histoire de bout en bout. Moi-même, la première année, je n’ai pas fait partie du conseil syndical; notre ami Vincent, par contre, l’a suivi depuis le début. C’est lui qui a fondé le syndicat, c’est lui qui l’a fait vivre pendant la première année, peut-être la plus difficile de toutes, l’année où on se cherchait, où aucune méthode n’était encore déterminée. C’est lui qui, avec une modestie à laquelle on ne saurait trop rendre hommage, s’est effacé devant d’autres, et a accepté, à leurs côtés, de continuer une tâche qu’il avait commencée. Cette tâche a été la création d’un esprit social parmi le personnel de la Maison. Cela a été la connaissance mutuelle les uns des autres, cela a été, pour le personnel, la connaissance plus intime de ce qu’était la Maison de ce qu’étaient ses grands chefs, qui les uns après les autres ont présidé les banquets de nos assemblées générales: Monsieur Vignet d’abord, puis monsieur Delteil, monsieur Emo, monsieur Barnaud, monsieur Labbé et monsieur Worms, sont venus successivement ou simultanément, apporter au milieu de nous le témoignage d’une compréhension croissante, d’une collaboration de jour en jour plus étroite entre la Maison et son personnel. Ce n’est pas sans émotion que nous pensons aujourd’hui à ces journées de nos assemblées générales, que ce soit celle de Paris, la plus modeste peut-être en 1937, que ce soit Le Havre qui déjà, dans une atmosphère véritablement cordiale, marquait un progrès énorme, que ce soit Bordeaux en 1939, à quelques heures d’un désastre que certains parmi nous prévoyaient peut-être, mais qu’aucun n’aurait pu imaginer aussi total, que ce soit après la guerre, lorsque nous nous sommes retrouvés pour la première fois en cette réunion d’il y a un an, ou aujourd’hui. Mais après bien des travaux fructueux, après des études véritablement approfondies où chacun a mis du sien, où chacun a aidé, cherché, agi, où chacun a compris quelle était la tâche d’hier, quelle devait être celle de demain, c’est, répétons -le, une page que nous venons de tourner.
Il reste à dresser le tableau de ce que nous pourrons faire maintenant. Jusqu’à aujourd’hui vous aviez un syndicat unique. Vous savez les fruits qu’il a portés. Vous savez combien cette unité s’est affirmée dans les heures difficiles que nous avons traversées, combien la fraternité entre le personnel charbon et steamer s’est épanouie dans toutes les nouvelles activités dont les circonstances ont amené la création.
Aujourd’hui, nous appliquons la charte du travail qui, pour les services maritimes, est une charte particulière : celle de la marine marchande. L’application de cette charte particulière est beaucoup plus avancée que celle de la charte générale, c’est pourquoi les services maritimes ont déjà des syndicats établis, tandis que les services charbons ne savent pas quand et comment leurs propres syndicats seront constitués. Pour vous, services maritimes, on peut dire que c’est la formule de notre syndicat qui continue, puisque la loi a classé la Maison parmi les entreprises habilitées à constituer des syndicats réservés à leur propre personnel. Sans doute, au lieu d’un syndicat unique, aurez-vous maintenant une série de syndicats, par catégories professionnelles, ce qui, succédant à l’unité que nous avions réalisée, risquerait de créer un fâcheux éparpillement ; mais je sais que vos syndicats, tels que vous venez de les constituer, vont prendre la suite normale du syndicat professionnel et je vous demande de continuer à vous inspirer dans vos travaux de ce qui a fait la force et la fécondité du syndicat ancien.
D’ailleurs, et nous pouvons en être fiers, de ce qui semble dans la charte le plus heureux, le plus susceptible de contribuer à la paix sociale c’est-à-dire les comités sociaux, nous avons eu la préfiguration dans ces réunions où les directeurs généraux venaient parler avec nous de toutes les questions angoissantes qui se posaient pour le personnel et nous exposaient à leur tour les difficultés non moins grandes que la Maison rencontrait dans le développement normal de ses affaires.
En ce qui concerne les charbons, nous ne savons pas encore où nous allons ; nous aurons probablement, dans la construction de la charte proprement dite, une série de syndicats. Peut-être le personnel de la Maison sans se retrouver avec celui de ce qu’on appelle la famille du sous-sol, qui est nettement différent puisqu’il va du mineur de houille, au mineur de fer, de l’ouvrier des carrières à l’agent de charbonnage, se retrouvera-t-il avec le personnel des autres maisons d’importation ou de commerce de charbons ?
Car nous avons aussi une chance : c’est qu’une branche spéciale soit créée pour le commerce et l’importation charbonnière. Dans ces conditions, si nous ne pouvons pas avoir un syndicat entièrement à nous, nous pourrons, du moins avoir dans les syndicats de la corporation, un rôle considérable à jouer parce que, là encore, il -faut le souligner, le syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms a montré la voie. J’ai de bonnes raisons de savoir que la commission du sous-sol, qui devait recevoir la déclaration de tous les syndicats anciens, n’a reçu, dans les délais fixés, pour les catégories employés agents de maîtrise, ingénieurs, cadres administratifs et commerciaux, qu’une seule déclaration qui émane de notre syndicat. Il faut en déduire qu’il est sans doute le seul de sa catégorie : Comme je vous le disais dans notre réunion de cet après-midi, non seulement notre syndicat existe, mais ses membres ont acquis les uns et les autres une véritable expérience au point de vue syndical, de sorte que nous avons toutes chances de pouvoir, dans les syndicats à venir, maintenir notre idéal.
Mais alors que devient l’unité que nous avions si laborieusement construite entre Maritimes et Charbons. Je pense qu’elle sera ce que vous la ferez. Si chacun, d'entre vous y apporte cet idéal commun, si chacun continue à creuser le sillon que nous avons commencé ensemble, je suis certain qu’il ne sera pas difficile de jeter entre ces syndicats, des ponts suffisamment solides pour avoir des liaisons durables et pour garder les contacts nécessaires. Qui sait d’ailleurs si d’autres ponts ne pourront pas être jetés et si ce travail d’unité, ce travail de coordination n’ira pas plus loin dans le cadre général de la Maison ? L’avenir seul nous le dira.
Vous me permettrez, monsieur, de vous remercier tout particulièrement d’avoir bien voulu présider ce dernier banquet du syndicat professionnel qui, après 6 ans d’activité, va rejoindre dans le passé beaucoup d’autres institutions avec, sur certaines, l’avantage de laisser, je crois, des souvenirs durables, des souvenirs d’un travail effectif.
Je vous en remercie au nom de tous. Vous me permettrez également de remercier ce soir les directeurs généraux, en la personne de monsieur Vignet et de monsieur Péquignot, remplaçant monsieur Emo, que nous regrettons de ne pas avoir parmi nous ; le secrétaire général de la Maison, le commandant Denis nous a demandé de l’excuser pour des raisons devant lesquelles nous ne pouvons que nous incliner. Surtout, vous me permettrez de dire combien nous regrettons l’absence du fondé de pouvoir général du siège social, de monsieur Robert Labbé, qui depuis si longtemps se penche avec tant de compréhension sur nos travaux et qui nous a témoigné une si vive bienveillance. Nous faisons les voeux les plus sincères pour son prochain rétablissement.
Mes chers amis, je vous demande de lever symboliquement votre verre à la Maison, à son personnel, pour que la ligne sociale que nous avons voulue se poursuive heureusement et, par-dessus tout, au pays qui a besoin de tous ses fils unis le plus possible.
Allocution de monsieur Simoni
Président du syndicat du personnel sédentaire supérieur des services maritimes
Mon cher patron,
Mes chers directeurs,
Mes chers amis,
Ce serait manquer de simplicité que de ne pas avouer combien je suis sensible à l’honneur que vous m’avez fait en me plaçant à la pointe de l'un de nos deux nouveaux syndicats.
Cette marque d’estime et de confiance me dicte des devoirs : je m’efforcerai d’y faire face et de me montrer digne de votre choix.
Si maintenant, mon cher patron, je me tourne vers vous pour vous exprimer, au nom de mes camarades, nos sentiments de dévouement et de respectueux attachement, ce n’est pas par souci d’un vain conformisme.
J’ai conscience, en effet, que, dans les circonstances graves que nous traversons et devant les épreuves communes qui nous attendent et qui peuvent demain frapper chacun de nous, dans sa famille, dans sa personne et dans ses biens, affirmer la solidarité qui nous lie à vous, c’est prononcer des paroles qui engagent.
Peut-être pourrait-on craindre que l’obligation où nous sommes déjà de nous répartir dans des corporations distinctes, porte atteinte à notre unité. Pour ma part, je ne le crains pas, car au-dessus des choses qui passent et des méthodes qui changent, nous saurons représenter partout la permanence que tire notre Maison de ses généreuses et déjà longues traditions : celles-là même que vous incarnez.
À votre exemple, mon cher patron, nous ne manquerons pour cela ni d’intelligence, ni de volonté, ni de coeur.
Par ces derniers mots, je ne puis mieux indiquer à nos camarades la voie dans laquelle nous devons nous engager et la manière dont il faut développer en nous l’esprit corporatif.
Car, plus que des droits, des devoirs nous attendent et ceux-ci vous le sentez bien, exigent de nous non seulement le développement de nos compétences techniques et professionnelles, mais également la culture de toute nos facultés morales sans lesquelles nous ne serions que des collaborateurs incomplets, je dirais même plus : des Français incomplets.
Et maintenant, qu’il me soit permis de saluer les deux directeur des départements des services charbons et des services maritimes, dont la présence parmi nous souligne la continuité et la communauté de notre action.
Parmi les absences signalées tout à l’heure par le président Millot, il en est une que je déplore plus particulièrement, vous le comprendrez facilement: c’est celle de mon chef direct, monsieur J.R. Denis. Il a tenu d’ailleurs à exprimer lui-même ses regrets, dans une lettre adressée au président Millot, et que par un sentiment dont je lui suis reconnaissant, celui- ci m’a demandé de vous lire à sa place.
Paris, le 10 décembre 1942.
Monsieur Millot
Maison Worms et Cie
Paris
Mon cher président,
L’aimable appel que vous avez bien voulu me faire, m’a profondément touché et je regrette vivement que mon état de santé - crise de croissance qui persistes - ne me permette pas d’y répondre favorablement. Il m’est prescrit de rester, ce soir comme les autres, non point au coin de feu car le combustible est rare, mais du moins au coin du lit, ce qui, dans les circonstances actuelles n’est pas sans charme.
Je vous serais donc reconnaissant de m’excuser auprès de tous nos camarades. Qu’ils sachent combien j’eusse aimé me trouver ce soir avec eux, aux côtés d’un patron dont nous ne saurions trop apprécier les qualités de cœur et les autres.
De cœur : car chacun sait ce que tout le monde pense et chacun pense tout ce que le monde sait.
Et les autres : la notion de discipline et surtout, une humilité hélas trop justifiée, m’empêchent même de les énumérer.
Que votre présence autour de lui atténue ses soucis de tous ordre et amortisse les coups qu’essaient de lui porter la jalousie et la méchanceté humaine qui constituent en face de son caractère, la plus profonde des antithèses.
Je n’ai point l’intention de vous faire une dissertation sur l’organisation corporative bien que depuis plus de 20 ans, son principe m’ait vivement intéressé, mais, dans le cas présent, je lui reprocherai de nous obliger de disloquer le syndicat Maison, dont l’unité était à l’image de celle-ci.
Nous nous en consolerons vite car les nouveaux syndicats seront nés avec l’esprit de l’entreprise et leurs efforts tendront vers le même but : sa prospérité. Ils seront donc frères, plus frères jumeaux ; davantage encore : frères siamois, car ils auront bien des organes communs.
Je salue en vous le président qui, pendant plusieurs années, a accompli sa tâche avec un franc et complet succès.
Je souhaite bonne vie aux présidents des syndicats nouveaux : Simoni et Decaix : si le choix dont ils sont l’objet les honore, il honore aussi ceux qui les ont élus.
Veuillez agréer, mon cher président, l’expression de mes sentiments bien cordiaux.
Signé : Denis.
Mes chers amis, mes chers directeurs, je lève mon verre pour porter votre santé et celle de vos familles. Je le lève également pour la prospérité de notre Maison. Je bois enfin, à votre santé, mon cher patron, et à celle de tous les vôtres.
Allocation de monsieur Decaix
Président du syndicat du personnel sédentaire subalterne des services maritimes.
Si ma modeste voix doit se faire entendre après d’autres tellement plus éloquentes, souffrez que ce soit pour marquer à mon tour le sentiment très vif des responsabilités que comporte la charge qui vient de m’être confié.
Mon soutien le plus sûr dans l’accomplissement de cette tâche me viendra de l’expérience acquise au cours des quelques années de collaboration au syndicat professionnel.
Il ne se présente en effet, à mon esprit, aucune solution de continuité dans cette action.
Ce qu’on nomme aujourd’hui : bien commun, communauté de destin et même corporation ne signifiait-il pas hier pour nous compréhension mutuelle, collaboration confiance, loyale et permanente de tous les membres d’une même famille ?
C’est à cet esprit de famille dont vous avez su nous pénétrer, c’est à cet esprit social dont vous avez donné tant de preuves que je tenais à rendre hommage en prenant possession de mes nouvelles fonctions, tout en vous assurant, monsieur, de mon ardente volonté de persévérer dans cette voie si belle et si féconde.
Discours monsieur Hypolite Worms
Mesdames, messieurs,
J’ai un peu l’impression d'être tombé dans un traquenard. J'étais venu diner avec vous très tranquillement et très simplement et voilà que je viens d’écouter la lecture d’une lettre qui me couvre de fleurs et qui vante mes louanges avec beaucoup trop de bonté. Mais, je vous avouerai tout de même que cette lettre me touche et qu’elle me touche d’autant plus qu’elle émane d’un de mes plus chers, de mes plus fidèles collaborateurs, je veux parler du commandant Denis.
Mesdames, messieurs, je suis très heureux d’avoir été appelé à présider aujourd’hui cette réunion qui clôture les travaux de vos assemblées de ces jours derniers. J’en suis d’autant plus heureux que je vous vois tous réunis ici autour de moi : les membres de l’ancien syndicat professionnel de la Maison Worms, les membres de ce qui deviendra vraisemblablement bientôt le nouveau syndicat professionnel du personnel du département charbons, les nouveaux membres des syndicats H et I du personnel maritime de la Maison Worms dans le cadre de la Corporation qui vient d’être créée.
Cela fait beaucoup de syndicats et je dois avouer que je commence à me noyer parmi tous ces syndicats. Mais malgré cela, il me semble toutefois qu’il en manque un et, si vous le voulez bien, je vais vous suggérer de le créer. Il s’agirait, dans mon esprit, d’un nouveau syndicat, d'un super-syndicat, et naturellement d’un syndicat occulte car il n’est prévu par aucun texte légal, et c’est ce nouveau syndicat que nous appellerions le super-syndicat des syndicats de la Maison Worms. En fait, ce serait le syndicat familial de notre Maison.
Si tous les autres syndicats, que j’appellerai les syndicats légaux, pouvaient s’arranger pour tenir leur assemblée générale à la même époque, nous pourrions en profiter pour réunir ce nouveau super-syndicat une fois par an, que ce soit à Paris ou ailleurs, là où vos assemblées se tiendraient, au cours d’un diner qui nous réunirait tous et qui serait la seule manifestation à laquelle ce super-syndicat pourrait livrer son activité. Si vous êtes d’accord il en sera ainsi décidé.
Mesdames, messieurs, toutes ces réunions, tous ces travaux de syndicats dans les circonstances actuelles représentent un peu une gageure, je dirais presque un défi au bon sens, car vous allez constituer un syndicat professionnel d’un importateur de charbon qui n’a plus de charbon et vous venez de créer des syndicats maritimes d’un armateur qui n’a plus de bateaux. Si donc je vous faisais part des réflexions que je fais de temps en temps lorsque je dors mal la nuit, je ferais preuve d’un pessimisme que je ne veux pas vous montrer. Bien au contraire, je vais vous donner des paroles d’espoir, car il y a quelque chose de plus précieux que du charbon pour un importateur de charbon, il y a quelque chose de plus précieux pour un armateur que des bateaux, ce sont les hommes... et je dirai naturellement également.... et les femmes.
Or, depuis 27 ans que je dirige les destinées de la Maison Worms, comme mes prédécesseurs l’avaient déjà fait avant moi, Je me suis toujours attaché à réunir et à grouper autour de moi un personnel d’élite. J’ai toujours voulu avoir, depuis les grades les plus élevés jusqu’aux grades les plus modestes dans la hiérarchie, des collaborateurs de choix, des hommes de confiance, des hommes loyaux, des hommes travailleurs, des hommes dévoués. Eh bien, je crois avoir réussi.
Ces hommes dévoués, ces hommes loyaux, c’est vous et c’est en vous voyant tous ici réunis autour de moi que je reprends espoir, car c’est avec vous que nous allons recommencer, c’est avec vous que, la guerre finie, nous allons, après 94 ans d’existence, redevenir armateurs, c’est avec vous que, lorsque ce sera possible, nous recommencerons à importer du charbon. Du charbon, il en reviendra, des bateaux, on en retrouvera ou on en fera construire, mais des hommes, c’est encore plus difficile à trouver. Il faut des années pour trouver des hommes d’élite, il faut des générations pour les former.
Eh bien, messieurs, c’est à cet acte de foi que je vous convie. Je vous demande de rester tous unis, de travailler avec acharnement, d’avoir confiance dans vos chefs, de vous tenir par la main pour le bien commun, pour votre bien à tous, pour le nôtre, pour la prospérité de notre Maison, pour le bien de notre Pays.
Voilà ce que je voulais vous dire et je ne veux pas terminer sans boire à la santé de vos Présidents : d’abord monsieur Vincent qui a été le premier de tous, le premier président du syndicat professionnel, à. la santé de monsieur Millot qui, depuis des années se dévoue toujours avec un calme souriant et avec beaucoup d’énergie et de loyauté aux destinées de votre syndicat.
Je voudrais en même temps féliciter d’avoir été nommé par vous et vous féliciter de l’avoir nommé, mon vieil ami Simoni, comme président du syndicat H de la corporation maritime. Simoni pour lequel j’ai des sentiments d’affection toute particulière, car c’est probablement le premier de mes collaborateurs que, au lendemain de l’armistice, j’ai pu serrer sur mon coeur… littéralement, lorsque je l’ai retrouvé dans une ville de province, en bel uniforme, alors que je portais encore les vêtements poussiéreux d’un long voyage.
Je voudrais féliciter Decaix, le président du syndicat I de la corporation maritime. Decaix, un modeste qui n’a pas une vie très agréable en ce moment, parce qu’il voyage beaucoup, mais qui remplit son rôle avec tant d’ardeur et d’efficacité.
C’est à eux, comme à vous tous, en me faisant confiance, comme je vous fais confiance, que je demande de penser à l’avenir et de le préparer.
Paris, le 14 janvier 1943.
Le président du syndicat professionnel du personnel de la Maison Worms et Cie :
Signé : Roger Millot
1942.12.12.Entre le secrétariat dÉtat à la Marine et Worms et Cie
Pièce annexe n°49 - rapport de Gaston Bernard page 205
Secrétariat d'État à la MarineDirection des Transports maritimesService local de Marseille
Procès-verbal de cessation de gérance d'exploitation
Navire : "Fronsac" Gérant : MM. Worms & Cie Vu l'article 1er du contrat de gérance type du 15 septembre 1940 Vu le procès-verbal de remise en gérance du 20 novembre 1939, heure non précisée, passé entre l'État et MM. Worms & Cie, Il est pris acte par : M. Boulleau, chef du service local des Transports maritimes de Marseille Et le directeur de la compagnie Worms De ce que à la date du douze décembre à zéro heure Dans le port de : Marseille Le navire "Fronsac" Cesse d'être géré par MM. Worms & Cie et est remis à l'État A compter des dites date et heure le contrat de gérance d'exploitation prend fin. Fait en triple exemplaire à Marseille le 12 décembre 1942.
Le chef du service local des Transports maritimes Le gérant : P.Pon Worms & Cie M. Bouteloup
1942.12.18.De Worms Charbons Rouen.Au délégué régional de la reconstruction
Rouen, le 18 décembre 1942,
Monsieur Hupner
Délégué régional du commissariat à la Reconstruction
23 boulevard des Belges
Rouen
Monsieur,
Comme suite à notre lettre du 15 courant, nous vous remettons, sous ce pli, l’extrait notérié des pouvoirs détenus par Monsieur de La Ruffie signataire de notre déclaration de sinistre du 14 décembre 1942.
Veuillez agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.
P. Pon Worms & Cie.
Par devant Victor Boutrolle, notaire à Rouen, soussigne,
A comparu
Monsieur Francis Edouard Charles Bedel, directeur de la succursale de la société Worms et compagnie, demeurant à Rouen rue verte n° 16.
Agissant comme mandataire avec faculté de substituer de la société Worms et compagnie dont le siège est à Paris boulevard Haussmann n° 45 aux termes des pouvoirs qui lui ont été conférés suivant acte reçu par Me Rivière notaire à Paris le vingt six septembre mil neuf cent quarante, dont une expédition est demeurée jointe et annexée après mention à la minute d’un acte en constatant le dépôt dressé par le notaire soussigné ce jour même.
Lequel a, par ces présentes substitué à ses lieu et place ;
Monsieur Georges Joseph Paul Léon de la Ruffie fondé de pouvoirs, demeurant à Rouen rue Thomas Dubosc numéro 9.
Auquel il transmet les pouvoirs ci-après indiqués à lui conférés en vertu de la procuration sus énoncée, savoir :
Régir, gérer et administrer, tant activement que passivement toutes les affaires commerciales de ladite société Worms et compagnie, en sa succursale de Rouen.
En conséquence, etc.
Faire toutes déclarations dans les bureaux de la douane, de la marine, et autres administrations, retirer tous permis, payer tous droits, faire à ce sujet toutes déclarations demander toutes réductions, présenter toutes requêtes et pétitions, etc.
À défaut de paiement et en cas de difficultés de la part de qui que ce soit exercer toutes poursuites, contraintes et diligences nécessaires pour quelque cause que ce soit et demander comme en défendant, appeler, répondre, citer et comme 1er rôle paraître devant tous juges de paix ou de [illisible]tion devant tous gouvernements ou toutes a[illisible] [ju]ridictions de la nation ou des provinces, toutes chambres de commerce et arbitres, devant tous juges, tribunaux et cours et [léga]lement devant toutes juridictions ordinaires, extraordinaires, demander toutes cautions [illisible]tionnements, constituer tous avoués avocats défenseurs, les révoquer et désavouer, en c[illisible] d’autres, traiter, transiger, compromettre, concilier, si non assigner et défendre devant les juridictions compétentes, former tous appels, recours, en cassation ou y défendre, jusqu’[illisible]tention de décisions définitives, ayant for[illisible] chose jugée, donner tous acquiescements, et [illisible]ser de tous délais se désister de tous jugements et arrêts, obtenus ou de toutes procédures en cours, ou encore faire signifier et exécuter les dits jugements arrêts et décisions par tous les moyens et voies de droit, et notamment par saisie mobilière ou immobilière, et la vente les biens saisis, former toutes oppositions ou distributions, retirer tous bordereaux [illisible] cation au profit de la société Worms et compagnie toucher le montant desdites collocations et [illisible] pal intérêts, frais et accessoires.
De toutes sommes reçues, donner [illisible]ces et décharges, etc.
Signer tous registres et émargements tirer tous mandats en toucher le montant le quitter, donner toutes décharges à tous ca[illisible] et comptables, émettre ou se faire remettre titres, et pièces, en donner ou retirer décharge.
Aux effets ci-dessus passer et signer tous actes, élire domicile, substituer en [illisible] en partie des présents pouvoirs et généralement faire le nécessaire quoi que non prévu aux actes, promettant l’avouer et rectifier au besoin.
Dont acte
Fait et passé à Rouen, en l’étude du notaire soussigné, rue de la Vicomté numéro 4.
L’an mil neuf cent quarante et un.
Le onze août.
Et après lecture faite, le comparant a signé avec le notaire.
(signé) : F. Bedel et Boutrolle ce dernier notaire.
Ensuite se trouve la mention d’enregistrement.
Enregistré à Rouen AC le douze août mil neuf cent quarante et un.
Volume A, folio 66, numéro 395.
Reçu trente cinq francs.
Signé Combes.
Pour extrait.
1942.12.21.De Worms et Cie Bayonne.A M. Mazière
Copie de noteInstructions particulières pour M. Mazière concernant son rôle de représentation des intérêts bayonnais dans la zone anciennement non occupéeAu moment où vous devez gagner Agen pour être attaché à cette succursale, il importe que nous définissions le rôle qui vous est assigné pour la représentation des intérêts bayonnais.Le principe a été posé que Bayonne donnait ses références en gestion à l'agence d'Agen, à des conditions à définir entre nous. Cette solution temporaire a pour double but de concentrer en une seule main, celle d'Agen, la direction des relations avec les mines, en même temps que de réduire les frais inutiles de fonctionnement d'une succursale distincte (anciennement celle de Pau), si réduite soit-elle comme personnel, avec tout ce que cela comporte.En vous envoyant à Agen, on a du même coup supprimé la présence permanente, devenue surérogatoire, d'un agent commercial à Pau, en vous permettant de rendre, dans le cadre d'Agen, des services plus étendus que ceux dans la seule région bayonnaise. Il n'en demeure pas moins que vous ne devez pas perdre de vue votre rôle essentiel dans cette dernière zone et ne pas négliger ce que nous appellerons les intérêts supérieurs de Bayonne en matière commerciale. Il ne s'agit pas, en effet, de réaliser purement et simplement la "gérance" des attributions faites à Bayonne et d'encaisser le montant des commissions. C'est un point de vue sans doute très utile, mais il faut aussi maintenir les traditions commerciales de Bayonne avec ses anciens clients qui redeviendront ses clients dans l'avenir ; suivre l'évolution des mouvements et des tendances dans le cadre professionnel ; prévoir et préparer l'avenir, bref, représenter et défendre dans le sens le plus large du terme, les intérêts présents et futurs de la succursale de Bayonne.Pour atteindre ce but, il est nécessaire :1°- d'assurer un contact suffisamment régulier avec les différents centres et la clientèle de 7ème collectivité, ainsi que les industriels ;2°- rendre compte à Bayonne de vos voyages et de vos visites, de ce que vous y avez vu, entendu et dit ;3°- d'assurer avec les représentants de Bayonne, soit en zone non occupée, soit à Bordeaux si vous avez l'occasion d'y venir, un contact personnel, au cours duquel beaucoup de choses pourront être mises au point.Pour réaliser cet ensemble de questions, nous ne saurions trop attirer votre attention sur la nécessité de ne pas pratiquer une politique de facilité et d'indolence qui nous réserverait plus tard des surprises désagréables.A Bayonne, nous chargerons tout particulièrement M. Lamaison de s'occuper des affaires de zone libre, en liaison avec vous.Bayonne, le 21 décembre 1942Worms & Cie Bayonne
1942.12.28.Amicale des employés de la Maison Worms & Cie.AG
Amicale des employés de la Maison Worms & Cie
7 allées de Chartres
Bordeaux
Assemblée générale du 28 décembre 1942.
La séance est ouverte à 17 h.50 sous la présidence de monsieur Galy assisté des membres du bureau.
Cette assemblée générale a pour but de prendre toutes décisions touchant l’ordre du jour déjà soumis à l’assemblée générale du 22 décembre 1942, le quorum n’ayant pas été atteint à cette séance.
Les membres présents sont au nombre de 47, compris les délégations pour pouvoirs, sur 159 membres ayant droit de vote.
Est voté à l’unanimité :
1°- La nomination de monsieur Villiers comme président honoraire.
2°- L’acceptation de la démission de monsieur Savary au poste de secrétaire général.
3°- La nomination de monsieur Carsoulle au poste de secrétaire général.
4°- Les nominations de madame Dupont, comme commissaire, en remplacement de monsieur Panassier, démissionnaire, et de monsieur Sempe, comme commissaire aux comptes.
Il est donné acte de deux demandes de secours auxquelles le bureau a fait droit par avis favorable.
Après discussion, l’assemblée confie à son bureau le soin de définir le taux des cotisations et des prestations maladies, une discrimination devant être faite entre les assurés sociaux et les non-assurés sociaux et le charge d’apporter aux statuts les rectifications voulues. Le trésorier fait un exposé succinct de la situation financière et se propose d’exposer à une prochaine réunion le détail des opérations financières de l’année 1942.
Séance levée à 18 heures 45.
Le secrétaire général
Le président