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1951.00.00.Recueil d'informations.Janvier à décembre
Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence, dans :
- la correspondance, les notes, rapports, circulaires, accords, traités... (originaux ou duplicatas) émanant de la direction générale de la Maison, des départements maritimes et combustibles, des Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime (Le Trait), ainsi que des succursales françaises et étrangères. Les dossiers d'où proviennent ces pièces ont été classés "tels quels" par les services qui les ont produits. Répertoriés par objet et non par date, ils couvrent – ensemble – une période allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1960. Une notice située à la fin du présent article, reproduit le descriptif qui est fait des archives les plus significatives sur les bordereaux d'inventaire.
A ces informations s'ajoutent celles recueillies :
- auprès des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
- dans les annuaires et les minutes notariales...
- dans la presse, les revues professionnelles et les ouvrages d'histoire...
Du fait de la nationalisation de la Banque Worms en 1982, les témoignages relatifs au département bancaire proviennent essentiellement du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d'une part, et d'autre part, d'extraits de publications externes ou d'études conduites par la Maison Worms. Ainsi :
- l'historique signé par Francis Ley et daté du 10 avril 1978.
Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé (en bleu + soulignement).
1951.01.00.Société mutualiste des employés de la Maison Worms & Cie.Bureau
Société mutualiste des employés de la Maison Worms & Cie
Conseil d’administration
Bureau :
Président
Monsieur Galy Pierre Jean (Empl. de commerce)
Né le 23 novembre 1899, à Bègles (Gironde)
Domicilié 133, rue Lagrange, Bordeaux
Vice-président
Monsieur Carsoulle Pierre André (Empl. cce)
Né le 3 février 1900 à Bordeaux
Domicilié 10, rue Henri Pinel, Le Bouscat
Secrétaire général
Monsieur Ducamin Marcel Camille (Empl. cce)
Né le 4 mai 1904 à La Rochelle (Chte Mme)
Domicilié 269, Boulevard Godard, Bordeaux
Secrétaire adjoint
Monsieur Flouret Jean (Empl. de commerce)
Né le 24 juillet 1920 à Toulouse (Gde)
Domicilié 40, cours Portal, Bordeaux
Trésorier
Monsieur Lorquet Gérard (comptable)
Né le 10 juillet 1920 à Lormont (Gde)
Domicilié 13, allées de Chartres, Bordeaux
Trésorier adjoint
Monsieur Toitot Robert Charles (Empl. commerce)
Né le 10 mai 1911, à Bordeaux
Domicilié 133, cours Balguerie Stuttenberg, Bordeaux
Membres
Madame Dupont Berthe, Joséphine (Dactylographe)
Née le 27 mars 1893 à Bègles (Gironde)
Domiciliée 54, rue François Douaud, Bègles
Monsieur Verge Jean Frank (Chef des quais)
Né le 27 mars 1893 à Bègles (Gironde)
Domicilié 163, rue Barreyre, Bordeaux
Monsieur Lafaye Albert, Henri, Louis (Empl. cce)
Né le 11 juillet 1915 à Libourne (Gde)
Domicilié 31, rue Turenne, Bordeaux
Monsieur Arcambal Paul, Louis (Empl. cce)
Né le 7 avril 1907 à Bordeaux
Domicilié 31, rue Lasserre, Bordeaux
Commissaire aux comptes
Monsieur Dumont Roland (Chef comptable)
Né le 5 février 1906 au Havre (S. Inférieure)
Domicilié domaine de Maubamp, Talence
Monsieur Alifa Robert, Louis (Comptable)
Né le 1er décembre 1911 à Angoulême (Chte)
Domicilié 48 bis, rue Séguineau, Mérignac
1951.01.26.De Stardis.Paris.A Worms & Cie Nantes
Double original
Stardis
Société de distribution des produits du pétrole
Société à responsabilité limitée, capital 500.000 francs
Siège social : 2, rue de Messine, à Paris (8e)
R.C. Seine 347.171 B
[…]
Adresser toute la correspondance
20, rue de l’Arcade, Paris (8e)
Paris, le 26 janvier 1951
Messieurs Worms & Cie, service commercial Stardis
1, rue Voltaire, Nantes (Loire-Inférieure)
Messieurs,
Nous vous accusons réception de votre lettre du 23 courant, nous faisant part de votre visite aux Allocations familiales, ainsi que nous vous l'avions demandé.
Nous vous serions obligés de vouloir bien faire la même démarche auprès de la Sécurité sociale, mais simplement pour faire immatriculer notre société à Nantes en vue des règlements que nous aurons à effectuer, relatifs aux appointements qui seront réglés au nouveau personnel Stardis.
Nous vous en remercions à l'avance et nous vous prions d'agréer, Messieurs, l'expression de nos sentiments distingués.
Société Stardis,
Un gérant,
[Signé : R. Paule]
1951.02.00.De la direction générale des Services maritimes.Liste des navires Worms (non datée)
Copie de noteListe établie en 1929 et remaniée en 1938-1939 et en 1951. [Les renseignements ont été reportés dans les recueils dinformation correspondant aux années concernées.] Les ratures, rajouts et corrections sont reproduits tels quils figurent sur le document scanné.Le PDF est consultable en fin de fichier.
Date constr. ou achat
Nom des vapeurs
Renseignements divers
1856
Lucien
Vendu à MM. Lobnitz & Co. Ltd en mai-juin 1891.
1866
Séphora
Appartenait à la Maison de Bordeaux. Vendu.
1866
Isabelle
Vendu à MM. Lobnitz & Co. Ltd en juin 1891.
1867
Emma
Vendu à MM. Lobnitz & Co. Ltd en août 1892.
1869
Blanche
Perdu à Pasajes le 3 mars 1897.
1869
Commandant-Franchetti
Vendu par lentremise de M. E. Cellier en 1901.
1869
Marie
Perdu par échouement au Guilvenec, le 26 décembre 1897.
1870
Président
Vendu en août 1899
1873
Marguerite-Franchetti
Vendu en 1905 à M. Normant.
1875
Frédéric-Franck
Vendu en janvier 1911.
1877
Louise-Jenny
Coulé à Penmarch en 1890.
1883
Ville-de-Nantes
Coulé par abordage avec le s/s "Anity", le 18 août 1899.
1884
Hypolite-Worms
Coulé par abordage avec le s/s "Sarthe", le 16 mars 1924.
1891
Séphora-Worms
Vendu pour la démolition à M. Gosselin-Duriez, le 26 novembre 1926
1891
Suzanne-et-Marie
En service. [Raturé et rajout à la main :] Désarmé, vendu pour la démolition le 18 octobre 1932.
1893
Lucie-et-Marie
Vendu par lentremise de M. E. Cellier en juillet 1902 [Raturé et rajout à la main :] juin 1901
1893
Thérèse-et-Marie
Torpillé le 9 août 1917.
1893
Emma
Torpillé le 30 mars 1915.
1899
Michel
Ex-"Grafton" 1881. Coulé par une mine le 19 mars 1917.
1900
Sauternes
Torpillé le 5 août 1917.
1901
Haut-Brion
En service. [Raturé et rajout à la main :] Vendu le 12 novembre 1932.
1902
Barsac
Torpillé le 11 janvier 1918.
1902
Bidassoa
1
En service. [Rajout à la main :] Vendu pour démolition en septembre 1950.
1905
Ernestine
1865. Vendu à Grimsby pour la démolition le 26 septembre 1905.
1905
Hirondelle
1857. Vendu en novembre 1906 pour la démolition.
1905
Georgette
1878/79. Coulé en rade de Grimsby le 12 avril 1906.
1905
Cantenac
Ex-"Glenarn" 1890. En service. [Raturé et rajout à la main :] Vendu le 27 mai 1938 par lentremise de [illisible].
1907
Fronsac
2
En service.
1907
Listrac
3
En service.
1907
Pervenche
Ex-"Saturnes". 1883. Vendu en octobre à M. de Béchade.
1908
1907
Pessac
4
En service.
1909
Léoville
Coulé par une mine le 18 janvier 1916.
1912
Margaux
5
En service. [Rajout à la main :] Vendu à Sacri en décembre 1950.
1912
Pomerol
Ex-"Freya" 1905. En service. [Raturé et rajout à la main :] Vendu à la compagnie France-Afrique, Marseille, le 16 juin 1930.
1912
Pontet-Canet
Ex-"Kathinka" 1905. Torpillé le 25 août 1918.
1914
Château-Palmer
6
En service.
1914
Château-Yquem
Coulé par une mine le 30 juin 1917.
1915
Château-Lafite
Torpillé le 12 janvier 1918.
1916
Château-Latour
7
En service. Passé à la NCHP le 10 février 1951.
1917
Ar-Stereden
Coulé en Seine le 21 octobre 1918.
1917
Saint-Émilion
Torpillé le 27 juillet 1917.
1921
Caudebec
8
Ex-"Oldenburg" 1910. En service.
1921
Jumièges
9
Ex-"Waltondale" 1913. En service.
1921
Yainville
Ex-"Solent" 1910. En service. [Raturé et rajout à la main :] Vendu le 26 avril 1934.
1922
Sauternes
10
En service.
1922
Léoville
11
En service.
1922
La-Mailleraye
12
Ex-"Scherpendrecht" 1917. En service.
1923
Cérons
13
En service.
1923
Pontet-Canet
14
Ex-"Viola" 1912. En service.
1923
Barsac
15
En service.
1924
Château-Lafite
En service. [Raturé et rajout à la main :] Vendu à la Marine nationale le 6 décembre 1933.
1925
Château-Yquem
16
En service.
1926
Lussac
17
Ex-"Rheinland" 1922. En service.
1928
Normanville
18
Ex-"Killglade" 1921. En service. [Rajout à la main :] Vendu à [Longsbardo Ste Dram] en janvier 1951.
1929
Mérignac
19
En service.
Informations rajoutées à la main
1930
Médoc
20
En service.
1930
Pomerol
21
En service.
1930
Château-Larose
22
En service.
1930
Château-Pavie
23
En service.
1934
Le-Trait
24
En service.
1951.02.01.De Worms & Cie.Note
Copie
Le 1er février 1951
Jusqu'à la guerre de 1939/40, la Maison Worms & Cie, société française en commandite simple, siège social à Paris 45, boulevard Haussmann, possédait en Angleterre des succursales directes établies à Cardiff, Grimsby, Newcastle et Swansea, et relevant toutes du siège de Paris.
En raison des événements de mai-juin 1940, M. Hypolite Worms, se trouvant en Angleterre, où il était investi de fonctions officielles par le gouvernement français, a décidé, avant de reprendre son poste à la tête de sa Maison en France, de constituer en compagnie Limited anglaise les établissements susvisés que la Maison Worms & Cie possédait en Angleterre. Ainsi a été constituée la société Worms and Co. Ltd qui a fait suite en Angleterre à la précédente organisation par succursales directes de la Maison Worms & Cie de France.
Etant donné les circonstances et la présence de M. Hypolite Worms en Angleterre à l'époque de la fondation, les actions de la nouvelle Société Worms and Co. Ltd ont été inscrites au nom personnel de M. Hypolite Worms, mais, bien entendu, c'est pour le compte de la société Worms & Cie France qu'agissait M. Hypolite Worms, et c'est la société française en commandite simple Worms & Cie, siège social à Paris, qui est propriétaire réel des titres de Worms and Co. Ltd comme elle l'était, avant la guerre de 1939/40, des succursales directes de Cardiff, Grimsby, Newcastle et Swansea, la nouvelle société anglaise Worms and Co. Ltd faisant simplement suite aux affaires desdites succursales.
C'est bien ainsi que la modification apportée en 1940 dans le statut juridique des établissements de MM. Worms & Cie en Angleterre a été reconnue lorsqu'à partir de 1945, la libération du territoire national français ayant permis le rétablissement des relations entre Paris et Londres, la situation de Worms and Co. Ltd et les relations financières à apurer avec la société française ont été soumises aux autorités françaises,- ministère des Finances et Office des changes à Paris, et services financiers de l'ambassade de France à Londres - et ont au surplus été approuvées par ces autorités.
Le transfert actuel au compte de la société française en commandite simple Worms & Cie des actions de Worms and Co. Ltd, régularise purement et simplement la situation, puisque c'est bien la société française en commandite simple Worms & Cie qui est le propriétaire réel, et non M. Hypolite Worms personnellement.
1951.03.00.De Roger Mennevée.Les Documents de l'AIII.Article
Les Documents de l'Agence indépendante d'informations internationales
Mars 1951
La Banque Worms et Cie
Histoire générale (suite)
IIIe partie
Filiales et participations
Chapitre IV
Fidei-commissaires et agents (suite)
La banque Foulonneau et Pitavino
(Union d'études et de participations financières)
Parmi les organismes gravitant autour de la Banque Worms et Cie, et qui apparaissent comme ses fidéi-commissaires plus ou moins directs, il faut citer la banque G. Foulonneau et M. Pitavino, dite Union d'études et de participations financières, en précisant, d'ailleurs, que c'est M. Pitavino qui semble plus précisément faire la liaison avec Worms et Cie.
Nous trouvons M. Pitavino en relations avec Worms et Cie, pour la première fois, en 1932, au moment où Worms et Cie animait la réorganisation financière de la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur.
M. Pitavino avait été, à l'époque, scrutateur à l'assemblée générale de la Société civile des porteurs d'obligations de la Compagnie havraise péninsulaire du 22 juin 1932, qui avait consenti d'assez lourds sacrifices de la part des dits obligataires pour permettre la réorganisation de la Compagnie, et il avait été nommé, par cette assemblée, pour remplir au nom des obligataires, les fonctions de commissaire à la liquidation de la Compagnie havraise péninsulaire.
M. Pitavino Martial Adrien Jean Baptiste est né à Paris (9e) le 26 juin 1897.
Ancien employé à la Banque de Mulhouse, il sut s'attirer la confiance de certains clients qui le chargèrent de la gestion de leurs intérêts et c'est ainsi qu'il entra peu à peu dans divers milieux financiers internationaux.
L'histoire de la petite banque privée Foulonneau et Pitavino serait certainement une page fort curieuse de certaines tractations financières plus ou moins occultes de l'avant-guerre, et dans lesquelles les ombres de ce qu'on appelle, non sans raison, d'ailleurs, "les Forces secrètes" ne sont pas sans apparaître. Elle nous entraînerait trop loin mais déjà les quelques détails que nous allons donner au cours de cette biographie de M. Pitavino, en seront suggestifs.
Dès 1928, M. Pitavino fut en relations avec certains financiers germano-russes; Dubrowiez, Michel Olian et Georges Freudenstein, spécialisés dans les affaires de change, mais dont il semble que M. Pitavino ait été quelque peu la victime.
Entre-temps, il avait participé, à la fin de 1925, à la constitution de la Société des cognacs Gelas dont il fut appelé au premier conseil. Puis installé déjà au 8, rue Halévy, où sont encore les bureaux de la banque Foulonneau et Pitavino, il s'essaya à diverses négociations boursières comme, par exemple, l'introduction sur le marché de Paris des actions des Établissements Rousseau (juillet 1929) non sans rencontrer, d'ailleurs, à l'égard de cette dernière l'opposition du conseil d'administration.
La société actuelle G. Foulonneau et M. Pitavino a été fondée au début de 1931, avec le sous-titre Union d'études et de participations financières, et bureaux 8, rue Halévy à Paris, les deux associés étant co-gérants.
Puis ce fut l'intervention dans la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur, où, comme nous l'avons dit précédemment, s'établit la liaison Pitavino-Worms, ainsi, d'ailleurs, qu'avec la société des charbonnages d'Ekatherine, dont les tractations dureront jusqu'à la guerre, dont M. Pitavino deviendra par la suite administrateur en même temps que le siège social sera transféré dans les locaux de la banque Foulonneau et Pitavino.
Et nous arrivons maintenant à l'étrange affaire du colonel Norris, et de son "équipe" M. Siefried Wreszynski, Mme Kaplan-Balkin, et dont M. Pitavino se révéla officiellement l'homme de paille en France, comme fondateur, par acte du 3 février 1934, de l'Union bancaire continentale domiciliée dans les bureaux de la banque Foulonneau et Pitavino et avec laquelle le colonel Norris pensait pouvoir mener à bien les opérations internationales spéciales de "dégèlement" des crédits bloqués dont il était l'animateur.
Là encore, il y aurait tout un livre à écrire sur cette célèbre "affaire du colonel Norris", mais ce qui apporte la preuve incontestable que M. Pitavino n'était là, en fait, que l'homme de paille du colonel Norris et de son "équipe", c'est que sur les 2.000 actions de 1.000 F composant le capital social, le groupe Norris en possédait 1.750, et, d'autre part, nous serions bien surpris si les 220 actions portées au nom de la Sté Foulonneau et Pjtavino ne relevaient pas du rôle de fidéi-commissaire que M. Pitavino remplissait à l'égard de Mme Kaplan-Balkin, que, d'ailleurs, les milieux financiers estimaient être la commanditaire de la Société. Le premier conseil d'administration de l'Union bancaire continentale comprenait le colonel Norris, M. Wreszynski, M. Pitavino et M. Foulonneau.
Qu'on nous permette à cette occasion de reproduire une partie d'un des articles que nous avions consacrés, à l'époque, à cette intervention du colonel Norris en France (1)
[Se reporter au PDF.]
A la suite de "l'expulsion" du colonel Norris, l'Union bancaire continentale subsista sans grande activité, M. Siegfried Wreszynski était, lui aussi, passé à l'étranger pour poursuivre ses opérations, et Mme Kaplan-Balkin devenue Madame Norris avait liquidé ses intérêts en France pour suivre son mari.
Au début de 1940, survinrent officiellement diverses modifications à l'Union bancaire continentale, le premier conseil d'administration, composé on l'a vu, du colonel Norris, de M. Wreszynski et de MM. Pitavino et Foulonneau fit place à un administrateur unique, M. Jacques Rigal ; divers autres intérêts étrangers se substituèrent à ceux du groupe Norris, la société quitta les bureaux de MM. Foulonneau et Pitavino, et le titre fut modifié en celui d'Union d'entreprises continentales.
C'est au moment de la liquidation des intérêts français de Mme Norris, 1936-37, qu'il semble bien que la banque Worms et Cie soit devenue la commanditaire plus ou moins officieuse de la société Foulonneau et Pitavino, en remplacement de Mme Kaplan-Balkin.
La liaison Worms-Pitavino s'accentua donc de ce fait, et c'est ainsi qu'on la trouve, en 1939, en action dans la réorganisation financière des Établissements Fournier-Ferrier de Marseille, ex-Stéarinerie Fournier - et dans les relations qui en découlèrent à l'égard des filiales de celle-ci : Société générale des matières grasses, Société normande des corps gras, Société normande d'huilerie, etc., étant précisé que M. Pitavino est devenu président-directeur général des Établissements Fournier-Ferrier et de la Société normande des corps gras et administrateur de la Société générale des matières grasses dont M. Foulonneau est le président-directeur général, en même temps que celui-ci est, en outre, administrateur, depuis 1947, de la Société normande d'huilerie.
Au début de 1941, M. Pitavino était appelé au conseil d'administration de la Société privée d'études et de banque, créée, on l'a vu, en association par les banques Worms et Seligman. M. Pitavino y remplaçait M. Pucheu appelé dans les conseils du gouvernement. La société devint par la suite Société privée d'études. D'après les documents officiels connus, M. Pitavino en serait toujours administrateur.
De même à l'occasion de l'intervention de Worms et Cie dans le groupe minier Recherches minières du Falta-Molybdène.
M. Pitavino devint administrateur de deux sociétés et M. Foulonneau est au conseil de la première.
Citons encore comme société liant Worms et Cie et M. Pitavino, la Compagnie nationale du Cameroun dont celui-ci est président et qui appartient au groupe Havraise Péninsulaire - Société générale d'armement, M. Foulonneau étant administrateur de cette dernière.
En 1947, la société Foulonneau et Pitavino avait participé pour 50.000 actions de 100 F, à la constitution, sous les auspices de Worms et Cie, de la holding France-Estrellas, devenue Union métropolitaine de banque.
Signalons, pour terminer, que M. Pitavino a été fait chevalier de la Légion d'honneur, comme président-directeur général des Établissements Fournier Ferrier au début de février 1951.
Chapitre spécial
Les dernières modifications internes de la Banque Worms & Cie
Dans notre n° de mars 1950, nous avons donné le tableau des dernières modifications sociales de la Banque Worms et Cie : récentes augmentations du capital, modification de la situation de M. Meynial devenu associé et réintégration, comme associé-cogérant de M. Barnaud.
II nous reste à donner maintenant les modifications internes survenues au cours des dernières années, plus exactement depuis le milieu de 1945[1].
I - Succursales actuelles
En France : Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Dieppe, Rouen, Le Havre, Caen, Brest, Lorient, Nantes, Tours, Angoulême, Bordeaux, Bayonne, Marseille, Toulon.
En Afrique du Nord : Casablanca, Alger, Tunis, Sfax.
A l'étranger : Hambourg (Allemagne), Alexandrie, Le Caire, Port-Saïd et Suez (Égypte).
II - Fondés de pouvoirs
1°) Au siège social - pouvant agir séparément : MM. Simoni Philippe, Malingre Robert, Mannings William déjà nommés,
Grrédy Pierre, né le 17 octobre 1884 à Bordeaux (Gironde), Français,
Gada Roland, né le 5 octobre 1892 à Paris (XIX), Français,
Detouches Jean, né le 13 juin 1904 à Denain (Nord), Français,
2°) Direction générale des Services maritimes pouvant agir séparément :
MM. Émo Lucien, Bouteloup Henri, Péquignot Louis, Vauclin Lucien, déjà indiqués.
Bonhote Georges, né le 13 janvier 1898 à Paris (XVII), Français,
Darredeau André, né le 8 juillet 1907 à Chenac (Charente-Maritime), Français,
De France Fernand, né le 24 janvier 1901 à Commercy (Meuse), Français,
Quillier Alfred, né le 30 juin 1890 à Rouen, Français,
Rognerud Christian, né le 2 mars 1900 à Dunkerque, Français,
Roussel Georges, né le 23 mai 1909 à Port-Saïd (Égypte), Français,
Tate Georges, né le 16 octobre 1894 à Hillion (Côtes du Nord), Français,
Villecourt Henri, né le 12 juillet 1896 à Paray-le-Monial (Saône et Loire), Français,
Brunel Alfred, né le 18 juillet 1893 à Bergerac, Français.
3°) Direction générale des Services charbons et combustibles liquides (peuvent agir séparément) :
M. Vignet Louis, directeur Général, Leroy Michel, directeur général adjoint, Lecreux Maurice, Dufour Paul, Grédy Gérard (déjà indiqués).
4°) Services bancaires
a) pouvant agir séparément :
Brocard Guy, directeur, Bellenger André, sous-directeur; Desoubry Maurice, sous-directeur; Lefébure Michel, sous-directeur, Ragaine Jean, sous-directeur, Vienney Albert, sous-directeur.
Coquelin Pierre Édouard, né le 14 mai 1907 à Paris (7°), Français, sous-directeur,
De Corgnol Patrice, né le 22 avril 1910 à Angoulême, Français, sous-directeur,
Dameron Pierre, né le 28 mars 1911 à Rosny-sous-Bois, Français,
Guex André, Enquebec Elie, déjà nommés précédemment
b) fondés de pouvoirs agissant conjointement :
1er rang :
De Chastellux Louis, né le 20 janvier 1917 à Paris (XV), Français,
Duchêne Jean, né le 17 novembre 1919 à Paris (XVIII), Français;
Flusin Marcel, né le 30 juillet 1903 à Paris (XII), Français,
De Postel Henry, né le 25 juin 1910 à Louvagny (Calvados), Français,
Rameix Ernest, déjà nommé ;
Taillandier René, né le 9 mai 1917 à Poillieux (Ain), Français,
Taittinger Guy, né le 17 août 1918 à Saintes, Français.
2ème rang
Barthélémy Robert, né le 7 novembre 1911 à Paris (8°), Français,
Des Courtis Christian, né le 14 août 1916 à Cauderan (Gironde), Français,
Joël Rodolphe, né le 8 novembre 1922 à Milan (Italie), Français,
et Vivier Claude, né le 8 octobre 1921 à Évreux, Français.
Par décret du ministre de la Marine marchande, publié au Journal officiel du 12 août 1950, M. Émo, directeur des Services maritimes, a été promu officier de la Légion d'honneur.
Par décret du même ministre, M. Robert Labbé, l'un des associés-gérants de Worms et Cie a été, au début de 1951, nommé chevalier de la Légion d'honneur, comme président de la Société des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime au Trait (Seine-Inférieure), département des constructions navales de Worms et Cie.
D'autre part, M. Guy Brocard, directeur des Services bancaires de Worms et Cie a été nommé, à ce titre, au début de février 1951, chevalier de la Légion d'honneur par le ministre de l'Industrie et du Commerce.
Fin du 1er volume de l'histoire générale de la Banque Worms et Cie.
NB - Nous allons faire relier une dizaine de séries complètes des études que nous avons publiées sur la Banque Worms et Cie.
Ceux de nos lecteurs que ce volume serait susceptible d'intéresser sont priés de se mettre en relations avec la direction.
[1] Voir pour les modifications internes précédentes notre fascicule d'août 1948.
1951.03.20.Du journal des carburants.Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime
Le journal des carburants
20/3/1951
Aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. L’activité de ces chantiers, fondés en 1917, a été considérable depuis la Libération. Les unités suivantes ont été achevées et livrées : le sous-marin l’"Africaine" (lancé le 7 décembre 1946), les navires caboteurs "Barsac", "Cérons", "Tessala", les tankers "La Mayenne", "La Baïse", les chalands automoteurs "Lutetia", "Courlis", "Djinn". Les navires mixtes "Ville de Tamatave" (lancé le 23 septembre 1949) et "Ville de Tananarive" (lancé le 31 mai 1950) sont les deux dernières unités sorties des chantiers. Actuellement, sont en cours de construction les tankers de 16.500 tonnes "Champagne" et "Roussillon", ainsi que le navire mixte de 9.000 t. "Ile Maurice". Un troisième tanker de 16.500 t. sera mis sur cale ultérieurement.
1951.03.22.Du Paris-Normandie.Article sur le Haut -Brion
Original
Lancement du "Haut-Brion"
C'est le 22 mars que sera lancé, aux Chantiers et Ateliers Augustin-Normand le caboteur de 850 t. D.W. "Haut-Brion" destiné à l'armement Worms.
Rappelons que ce cargo avait été primitivement commandé pour la Compagnie normande de navigation à vapeur et qu'il devait se nommer "Chef-de-Caux".
Lancement du caboteur de 850 tonnes "Haut-Brion"
aux chantiers et ateliers Augustin-Normand
C'est sous un ciel gris, mais avec une rigoureuse exactitude que les Chantiers et Ateliers Augustin-Normand ont procédé hier matin, à 9 h. 45, au lancement du caboteur "Haut-Brion", commandé par le ministère de la Marine marchande et destiné à la Maison Worms.
Ce navire, semblable aux précédents, a les caractéristiques suivantes :
Longueur entre perpendiculaires 59 m. 40 ; longueur hors tout, 63 m. 52 ; largeur hors membrures, 9 m. 30 ; creux sur quille au couple 10 au livet: du pont principal fictif, 4 m. 40, du pont surélevé, 5 m. 60 ; tirant d'eau moyen en charge, 4 m. 05 ; déplacement en charge normale, 1.557 tonnes ; port en lourd total au tirant d'eau de 4 m. 05, 850 tonnes.
Capacité cubique des trois cales :: 1° en balles, 1.122 m3 ; 2° en grains, 1.256 m3. Nombre de cales, 3. Nombre et dimensions des panneaux : panneau n° 1, 4 m. 80 x 4 m. ; panneaux n° 2 et 3, 12 m. x 4 m. 50.
Nombre et force des treuils et mâts de charge : 6 treuils de chargement de 3 T électriques ; 6 mâts de charge de 5 T ; 1 bigue de 10 tonnes.
Moteur principal : Diesel, licence M.A.N., type G 5 Z. 42/60, 2 temps simple effet, de 750 CVE à 180 tours-minute.
L'ensemble des trois cales est ventilé et les cales 2 et 3 sont munies d'un faux-port.
Mme Darredeau, la marraine, est la femme de M. Darredeau, directeur de l'agence Worms et Cie. Elle accomplit le geste symbolique et la bouteille de Champagne s'écrasa sur la proue comme d'habitude. La mise à l'eau avait été précédée de son baptême.
Parmi les personnalités qui assistaient au lancement, signalons :
Capitaine de vaisseau Tézenas du Monteel, commandant la Marine ; administrateur général Mantel ; ingénieur en chef Canel, chef du service de la surveillance de la Marine ; administrateur en chef Québriac, de l'Inscription maritime ; M. Cadeau, chef de district du Bureau Veritas ; M. Roger Meunier, président de la Chambre de commerce et du conseil d'administration du Port autonome ; M. Pierre Voisin, président du Tribunal de commerce ; M. Callet, directeur du Port autonome du Havre ; ingénieur général Herck, de la Caisse nationale des marchés de l'État ; M. Fayollet, président de la Chambre syndicale des constructeurs-mécaniciens du Havre ; M. Marcel Le Grand, président de la Compagnie normande de navigation à vapeur ; MM. André et Henri Le Grand, administrateurs de la Compagnie normande de navigation à vapeur ; ainsi que MM. Guilloux, de Chalus et Hamon (nous rappelons que M. Guilloux est le maire de Caen) ; M. Rioult, directeur de la Compagnie normande de navigation à vapeur ; M. Quillier, ingénieur de la Maison Worms et Cie ; M. Darredeau, directeur de l'agence de la Maison Worms et Cie ; Mmc Darredeau, marraine du caboteur "Haut-Brion".
Rappelons que ce bâtiment devait s'appeler primitivement "Chef-de-Caux".
Au cours du déjeuner qui suivit, et qui fut servi dans les salons de l'hôtel Normandie, M. Augustin Augustin-Normand rappela quelle avait été la longue collaboration entre ses chantiers et la Compagnie normande de navigation à vapeur, à laquelle ttsit destiné primitivement le "Haut-Brion" sous le nom de "Chef-de-Caux". Il cita tous ces vieux noms encore présents à la mémoire de beaucoup d'entre nous : "Augustin-Normand", "Rapide", "Gazelle", "Hirondelle", "François-1"" et tant d'autres.
M. Marcel Legrand lui répondit en quelques mots, évoquant le souvenir du "grand patron" que fut Charles Damaye. Puis M. Canel traita des problèmes actuels du cabotage, et M. Darredeau apporta la voix de la Compagnie Worms, nouveau propriétrire du "Haut-Brion", en indiquant que ce bâtiment serait mis sur la ligne Bordeaux-Le Havre-Hambourg.
Ce sont des raisons de "volume" qui ont fait que la « Normande » a cédé sur cale son bateau à la Compagnie Worms ; le trafic d'agrumes marocains envisagé nécessite en effet des unités à plus grand volume genre "shelter-deek". Toutefois, cette décision n'implique pas que la « Normande » renonce à avoir, un jour plus ou moins proche, des navires ! Bien au contraire !... Mais ce ne sera point pour reprendre les relations à travers l'estuaire.
1951.04.17.De Det Danske Klukompagni.Copenhage.Courrier
Copie
Aktieselskabet
Det Danske Kulkompagni
42 Holmens Kanal
N°439743 - 18 avr. 1951
Copenhagen K.
17th April 1951
Messrs Worms & Cie - 45, boulevard Haussmann, Paris (IX°)
Dear Sirs,
South African coals.
We thank you for your letter of 13th inst., in reply to which we can tell you that in the last months we have taken up some cargoes of South African Coal, but we find that the rates of freight have now reached a level, which is making this business difficult, if not to say impossible.
As you are no doubt aware we have recently fixed the s/s "Bourdonnais" for such business, which vessel we understand is belonging to one of your subsidiary Companies, and as we note from your letter that from time to time you may have further tonnage belonging or time-chartered to your said subsidiary Companies interested in this trade. We beg to advise you that there is a possibility that we could charter further tonnage for a total quantity of upto 30/40000 tons, Lourenco Marques/Denmark with shipment August/September/October in case a rate of freight of 155/- per ton could be carried through.
For your guidance we give you below the chartering conditions:
Lourenco Marques/one good and safe Danish port inside Scaw,
Loading: 800 tons per day fob. and trimmed.
Discharging: 1500 tons per day, owners paying current cost (presently abt. 2/- per t.)
Demurrage: £ 150/200 per day, half despatch both ends for all time saved.
Freight payable on completion of discharge in Sterling cheque on London, no freight advance.
South African Coal Charter (Mann, George & Co.'s form) with usual 2% in lieu of weighing (unless Receivers elect cargo to be weighed out), 2% address commission and 1 1/4% discount.
York/Antwerp rules 1950.
1/3 of 5% chartering brokerage to us.
Vessel to be suitable for grab discharge.
If you resp. your subsidiary Companies should be interested in fixing one or more vessels or taking over the whole contract for shipment as named above we should be pleased to hear from your preferably with firm offer, stating number of decks (max. 2 decks preferred), number and size of hatches and maximum draft on arrival at the discharging port of the vessel in question, when we hope to be able to come to terms with you.
Yours faithfully,
Aktieselskabet Det Danske Kulkompagni
1951.05.08.Des ACSM.Au délégué départemental du ministère de la reconstruction
Paris, le 8 mai 1951,
Monsieur le délégué départemental du ministère de la reconstruction et de l'urbanisme
Délégation de la Seine-Inférieure
21 boulevard des Belges
Rouen
Monsieur le délégué départemental,
Transfert n° 3.114
Faisant suite à votre lettre du 12 février 1951 adressée à notre siège social au sujet de l'utilisation par nos chantiers du Trait des crédits afférents à la perte du navire "La Mailleraye", nous avons l'honneur de vous faire connaître qu'en principe nos intentions seraient les suivantes
1°) construction dans nos chantiers d’une nouvelle cale en vue de pouvoir construire des pétroliers de gros tonnage.
L'étude de cette cale est actuellement en cours et nous vous en préciserons les données dans le plus bref délai.
2°) achat pour notre atelier de mécanique d'un complément de machines-outils devant nous permettre l'exploitation de la licence de construction que nous avons récemment prise des générateurs à pistons libres système SIGMA.
3°) contributions à l'édification d'une centaine de nouveaux logements ouvriers en accord avec l’Office public d'habitations de la Seine-Inférieure.
Nous pensons que les renseignements précédents vous suffiront pour faire parvenir à monsieur le directeur des dommages de guerre du ministère de la reconstruction et de l'urbanisme votre avis favorable concernant le transfert en notre faveur des crédits afférents à la perte du navire "La Mailleraye", mais nous demeurons bien entendu à votre entière disposition pour tous renseignements complémentaires que vous pourriez désirer.
En vous remerciant à l’avance, nous vous prions d’agréer, monsieur le délégué départemental, l’expression de nos sentiments distingués.
Le directeur général
Signé illisible
1951.05.10.Des ACSM.Au ministère de la reconstruction et de l’urbanisme
Paris, le 10 mai 1951
Ministère de la reconstruction et de l'urbanisme
Direction des dommages de guerre
Cité administrative
Avenue du parc de Passy
Paris
Messieurs,
Dommages de guerre professionnels.
Demande de règlement au titre des travaux exécutés au cours de l'année 1950.
Nous avons l'honneur de vous remettre ci-joint, d'une part la fiche de calcul de notre indemnité relative aux éléments d'exploitation y compris les stocks, et d'autre part le rapport d'expertise de notre expert assermenté, monsieur Borde, en vue d’une demande de règlement au titre des travaux exécutés au cours de l'année 1950 ; le rapport relatif à nos bâtiments et à nos installations de génie civil vous sera adressé ultérieurement.
Nous espérons que les conclusions du rapport de notre expert nous permettront de nous effectuer très rapidement notre règlement dans le cadre des crédits de priorité qui nous ont été accordés pour l’année 1950.
Avec nos remerciements anticipés, veuillez agréer, messieurs, l'expression de nos sentiments distingués.
Le directeur général,
Signé Nitot
Sans par conséquent adopter une position de principe contraire au règlement à 100 % au moyen de titres pour les dépassements éventuels de nos crédits d’engagement de 1949, nous n’avons absolument pas la possibilité de procéder pour le moment à leur estimation et nous pensons que la question demeurera ouverte au cours des prochains mois.
Veuillez agréer, messieurs, l’expression de nos sentiments distingués.
Le directeur général
Signé Nitot
1951.06.01.Des mines de Charrier.Acte social (incomplet)
Copie
Par devant Me Antoine Chambaz, licencié en droit, notaire à Mila, soussigné,
ont comparu :
1°) M. le comte Hubert d'Hespel, propriétaire demeurant à Jemmapes, département de Constantine, agissant comme président-directeur général de la Société Nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne, société anonyme au capital de soixante millions de francs, dont le siège social est à Constantine, 27, avenue Anatole France et plus spécialement autorisé à l'effet des présentes, suivant délibération du conseil d'administration de ladite société prise au siège social le trente mars mil neuf cent cinquante et un, dont une copie certifiée conforme est demeurée ci-annexée après mention.
Étant expliqué que la société dont il s'agit a été constituée conformément aux prescriptions de la loi des neuf septembre mil neuf cent dix-neuf et des décrets des vingt et un avril mil neuf cent vingt, vingt et un mai mil neuf cent vingt-trois et vingt huit mai mil neuf cent quarante sur la législation des mines,
d'une part,
2°) et M. Jean Cantacuzène, ingénieur civil des Mines, demeurant à Paris, 1, rue des Saints-Pères, agissant comme président-directeur général de la Société des mines de Charrier, société anonyme au capital de cinquante cinq millions de francs, dont le siège social est à Prugne (Allier) et plus spécialement autorisé à l'effet des présentes, en vertu d'une délibération du conseil d'administration de ladite société prise à Paris, le douze février mil neuf cent cinquante et un, dont une copie certifiée conforme est demeurée ci-annexée après mention.
Étant expliqué que la société dont il s'agit a été constituée conformément aux prescriptions de la loi du neuf septembre mil neuf cent dix-neuf et des décrets des vingt et un avril mil neuf cent vingt, vingt et un mai mil neuf cent vingt-trois et vingt huit mai mil neuf cent quarante-quatre sur la législation des mines,
d'autre part.
Lesquels comparants es-qualités, préalablement à l'amodiation et au bail, objet des présentes, ont exposé ce qui suit :
Exposé
I - La Société nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne, est titulaire de la concession des mines d'Aïn-Barbar qui a été accordée pour une durée illimitée suivant décret impérial en date du treize mai mil huit cent soixante-trois.
Cette concession a pour objet l'exploitation des mines de cuivre, plomb, zinc et autres métaux connexes comprises dans les limites ci-après définies : territoire des Hamendas, arrondissement de Bône, département de Constantine.
Ayant pris le nom de "concession d'Aïn-Barbar", elle est limitée ainsi qu'il suit :
Au nord par une ligne droite menée du Kef Aïn Zena, point M à l'embouchure dans la mer du ravin appelé Oued Sidi Liassa, point N.
A l'Est par le bord de la mer, entre l'embouchure du ravin qui descend d'Ain Touta, point 0.
Au Sud-Est par une ligne brisée partant du point 0, passant par la Kouba de Sidi Bou Medine, point P et aboutissant au rocher Guerits El 'leur, point Q.
Au Sud-Ouest par une ligne droite allant du point Q au point culminant de Djebel Chaira, point R.
Au Nord-Ouest par une ligne droite joignant le point R au point de départ M.
Observation faite que cette concession porte sur des terrains appartenant à des tiers, d'une contenance superficielle de mille trois cent dix-sept hectares.
Ainsi d'ailleurs que ces limites pour le périmètre concédé figurent en un plan annexé au décret précité du treize mai mil huit cent soixante-trois, duquel plan une copie certifiée conforme est demeurée annexée aux présentes après mention.
II - La Société nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne a été constituée par acte sous signatures privées en date à Constantine du vingt avril mil neuf cent quarante-deux déposé au rang des minutes de Me Marchal, notaire à Mila, le vingt-sept avril mil neuf cent quarante-deux et immatriculée au registre du commerce de Constantine sous le ? 7320-B.
Cette société a été fondée en vue d'assurer l'équipement et l'exploitation des mines de cuivre, plomb et zinc d'Aïn-Barbar.
À cet effet, le transfert de la concession définie ci-dessus par la Compagnie minière métallurgique de Caronte au profit de la Société nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne, a été autorisé par décret en date du vingt-cinq août mil neuf cent quarante-huit et a été opéré suivant acte reçu par Me Marchal, notaire à Mila, le treize novembre mil neuf cent quarante-quatre.
III - La Société nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne ayant à achever l'équipement complémentaire, la remise en état de son gisement d'Aïn-Barbar, la préparation de l'exploitation, le conseil d'administration de ladite société a décidé de s'assurer le concours d'un groupe minier qualifié et organisé et, en conséquence, de confier la mise en valeur dudit gisement, par voie d'amodiation, à la Société des mines de Charrier.
Amodiation
Ceci exposé, M. le comte Hubert d'Hespel, es-qualités, au nom et pour le compte de la Société nouvelle des mines d'Aïn-Barbar, Société minière cirtéenne, désignée dans la suite des présentes sous les vocables de "société amodiatrice" concède, sous la condition suspensive de l'autorisation du gouvernement, à la Société des mines de Charrier, désignée dans la suite des présentes sous les vocables de "société amodiataire", ce qui est ici accepté pour cette dernière par M. Jean Cantacuzène es-qualités, tous les droits de la première société, à exploiter dans les termes du décret intervenu et de la législation en vigueur, la concession des mines d'Aïn-Barbar ci-dessus désignée.
Avec lesdits droits d'exploitation se trouvent conférés à la société amodiataire, les bénéfices et charges des conventions intervenues ou à intervenir entre la société amodiatrice et l'État, l'Algérie et l'ECA, ainsi que tous les contrats existants ou à intervenir concernant l'exploitation.
Bail
Indépendamment des conventions de l'amodiation et sous la même condition suspensive d'approbation du traité d'amodiation par le gouvernement à titre de convention annexe de ladite amodiation, M. Hubert d'Hespel es-qualités donne à bail à loyer à la Société des mines de Charrier, représentée par Monsieur Jean Cantacuzène, qui accepte, les bâtiments industriels et d'exploitation, puits, galeries, machines, agrès, outils, ustensiles, chariots, wagonnets, lignes et installation de distribution d'énergie électrique, et d'une façon générale, tous les immeubles par nature et par destination attachés à la mine ainsi que tout le mobilier et le matériel industriels quelconques servant à l'exploitation de la mine d'Aïn-Barbar, sans aucune exception ni réserve.
Tel au surplus que le tout se trouvera plus amplement désigné dans un état dressé par les parties, certifié véritable par elles et qui sera déposé par acte séparé au rang des minutes du notaire soussigné.
Durée
L'amodiation comportant cession du droit d'exploitation de la concession des mines d'Aïn-Barbar, ainsi que le bail des immeubles par nature et par destination et du mobilier et matériel industriels servant à l'exploitation de la mine, sont consentis pour une durée de neuf années entières et consécutives qui commenceront à courir rétroactivement à compter de ce jour dès la publication au Journal officiel du décret d'autorisation du gouvernement.
Toutefois, en temps voulu, l'amodiation et le bail pourront être renouvelés à la demande de l'une ou l'autre des parties contractantes, pour le temps et aux conditions qui seront alors arrêtés.
Charges et conditions
L'amodiation et le bail sont faits sous toutes les garanties ordinaires et de droit. Ils ont lieu en outre aux charges et conditions suivantes que M. Cantacuzène oblige la société amodiataire à exécuter, savoir :
1°) Cette dernière exploitera les biens amodiés en bon père de famille.
2°) Elle prendra la mine d'Aïn-Barbar ainsi que ses accessoires mobiliers et immobiliers, par nature et par destination, dans l'état où ils se trouvent actuellement et tels que, notamment le matériel, les immeubles par destination et les approvisionnements seront détaillés dans l'état dont il est ci-dessus question, sans pouvoir élever aucune [...]
1951.06.05.De la préfecture de Police de la Seine.A Hypolite Worms.Carte d'identité
Copie
1951.06.07.Société mutualiste des employés de la Maison Worms & Cie.AG
Procès-verbal de l’assemblée générale extraordinaire du 7 juin 1951
L’assemblée générale extraordinaire s’est tenue le 7 juin 1951 à 17h30 au siège social de la société, 7 allées de Chartres, à Bordeaux.
Etaient présents :
MM Galy président
Carsoulle vice président
Ducamin secrétaire général
Flouret secrétaire adjoint
Arcambal membre du conseil
Sol membre du conseil
Lafaye membre du conseil
Ainsi que 55 sociétaires présents ou représentés.
Les pouvoirs ont été vérifiés et reconnus valables.
Le pointage donne les résultats suivants :
Membres ayant droit au vote : 146
Quorum : 37
Membres présents ou représentés : 62
Le quorum étant atteint, l’assemblée peut valablement délibérer.
Le président ouvre la séance.
L'ordre du jour comporte :
1°- Augmentation des cotisations
2°- Application de l’article 2 des statuts
Le conseil d’administration ainsi que les commissaires aux comptes ayant constaté un déficit dans les deux exercices écoulés, une augmentation des cotisations doit être envisagée pour résorber les diminutions de recettes et parer à toute éventualité.
L'assemblée décide par 59 voix contre 3, de porter les cotisations à partir du 1/7/1951, après accord ministériel, à :
Assurés sociaux Frs : 25,- par mois
Non assurés sociaux Frs : 40,- par mois.
La deuxième question à l’ordre du jour est celle concernant l’article 2, c’est-à-dire les enfants bénéficiaires des prestations en échange de cotisation.
Il est décidé à l’unanimité que les adhérents entrant dans cette catégorie seront avisés par lettre, d’avoir à prendre leurs dispositions pour adhérer à une autre mutuelle tout en leur laissant un délai jusqu'au 1/7/1952, pour leur permettre, éventuellement, de subir le stage imposé par certaines mutuelles.
L’ordre du jour étant épuisé, le président lève la séance à 18 h 15.
Le président.
1951.06.14.De Worms & Cie.Au ministère de la reconstruction et de l'urbanisme
Paris, le 14 juin 1951,
Ministère de la reconstruction et de l’urbanisme
Direction des dommages de guerre
Cité administrative
Avenue du parc de Passy
Paris 16°
Monsieur le ministre,
Indemnité de perte du "La Mailleraye"
Notre succursale de Bordeaux vient de nous faire parvenir copie de la lettre en date du 2 Juin qu'elle a reçue de l'administration du port autonome de Bordeaux et nous vous prions de trouver ci-inclus, copie de cette lettre.
Étant donné que "La Mailleraye" a été reconnu perte totale et que nous devons être indemnisés par vos services de la destruction de notre navire, nous vous serions obligés de bien vouloir nous indiquer dans quel sens nous pouvons répondre à la lettre que le port autonome de Bordeaux nous a adressée.
Nous vous prions d'agréer, monsieur le ministre, l'expression de notre considération distinguée.
P. Pon Worms & Cie
1951.06.23.De Pechelbronn.Assemblée générale ordinaire.Rapport annuel - exercice 1950
Pechelbronn
Société anonyme d’exploitation minières
Capital : 994.700.000 francs
Siège social à Merkwiller-Pechelbronn (Bas-Rhin)
Direction générale à Paris, 4, rue Léon-Jost (17e)
Registre du commerce : Strasbourg B 70
Exercice 1950
Assemblée générale ordinaire du 23 juin 1951
Conseil d’administration
MM. Marcel Bertaux, président,
Yves Le Gorrec, vice-président,
Georges Assemat, administrateur,
Albert Auberger, administrateur,
Robert Courau, administrateur,
Roger Ehrhardt, administrateur,
Pierre Herrenschmidt, administrateur,
Le comte Jean De Leusse, administrateur,
Pierre Parent, administrateur,
Régie autonome des pétroles, administrateur, représentée par M. Jean de Vries,
Léon Wenger, administrateur,
Jean Wenger-Valentin, administrateur.
Direction
MM. Marcel Bertaux, président-directeur général,
Charles Lambert, directeur général,
Marcel Bonnefons, secrétaire général.
Commissaires aux comptes
MM. Pierre Félix,
Charles Muller.
Rapport du conseil d’administration à l’assemblée générale ordinaire du 23 juin 1951
Messieurs,
Nous vous avons réunis en assemblée générale ordinaire, conformément à la loi et à l’article 29 de vos statuts, pour vous faire l’exposé de l’activité de votre société au cours de l’exercice 1950 et vous demander d’approuver le compte de profits et pertes et le bilan arrêtés au 31 décembre 1950, ainsi que pour soumettre à votre ratification un avenant à la convention intervenue le 17 octobre 1949 entre votre société et le bureau de recherches de pétrole.
Sur le plan mondial, l’année 1950 a été caractérisée par un accroissement de la production totale du pétrole brut qui a dépassé de plus de 10 % les chiffres d’extraction de l’année précédente. Elle a atteint 523 millions de tonnes environ, contre 468 millions en 1949.
La répartition de cette production entre les principales régions productrices, comparée à celle de 1938, a été la suivante :
En millions de tonnes
1938
1950
États-Unis
164
270
Amérique latine
38
96.5
Europe
8
8.5
Moyen-Orient
16
87.5
Extrême-Orient
10
13
URSS
30
37.5
Autres
5.5
9.5
271.5
522.5
L’augmentation enregistrée pour cette période de douze ans est supérieure à 92 %. Selon les prévisions des grandes compagnies pétrolières américaines, cette production continuera à croître en 1951.
Le potentiel mondial d’absorption des produits pétroliers ne cesse de progresser, de sorte que la production doit s’adapter aux besoins de la consommation.
Les prix fob Golfe, après avoir enregistré une légère dépression au début de l’exercice, ont repris par la suite une allure ascendante accentuée par la guerre de Corée.
Parallèlement, les taux de fret, qui s’étaient maintenus à des niveaux très bas pendant la première moitié de l’année, se sont vivement redressés au cours des derniers mois de l’année par suite de la demande de tonnages considérables réclamés par les événements internationaux.
Dans le domaine national, la réalisation du plan de modernisation et d’équipement a été efficacement poursuivie au même rythme qu’en 1949.
De ce fait, le tonnage d’huile brute traitée par l’ensemble des raffineries françaises a pu atteindre au total
14.530.000 tonnes en 1950
Contre 11.530.000 en 1949
et 6.200.000 en 1938.
Parallèlement, la consommation de l’économie civile française en produits pétroliers a continué à progresser. Elle a porté sur
10.081.531 tonnes en 1950
contre 8.768.564 en 1949
et 6.052.738 en 1938.
En ce qui concerne les recherches, tant dans la métropole que dans les territoires d’outre-mer, le nombre de mètres forés a atteint 232.495, contre 152.680 en 1949.
Les efforts accomplis pour assurer la découverte et l’exploitation de toutes les possibilités potentielles nationales se poursuivent ainsi avec persévérance et ont enregistré un premier succès dans la découverte en Aquitaine du champ de Lacq.
Bien que la vente à la consommation des produits pétroliers soit entièrement libre depuis décembre 1949, la fixation de leur prix de vente demeure placée sous l’autorité des pouvoirs publics. Ceux-ci, faisant état du désordre généralisé qui a sévi durant toute l’année sur le marché des carburants, ont ajourné jusqu’au 1er avril 1951 le relèvement de la marge de distribution, demeurée jusqu’alors au coefficient 10 par rapport à 1939.
La suppression, à dater du 28 juin 1950, du Groupement d’achat des carburants (GAC) a modifié le mode de fixation du prix de cession des produits pétroliers aux distributeurs.
Précédemment basés sur un prix de cession fixé par un arrêté ministériel, les prix de vente sont désormais établis à partir d’un prix de reprise en raffinerie déterminé mensuellement par une commission paritaire. Ce prix qui devrait refléter l’équivalence du prix d’importation des produits finis en provenance du lieu d’origine de ces produits et des frets maritimes, a subi les conséquences de certaines décisions des pouvoirs publics désireux d’atténuer la hausse ; il en résulte que l’importation des produits finis a été rendue impossible et le marché français reste un marché de raffinerie.
Pour votre société, l’exercice 1950 a été caractérisé par la mise en œuvre du programme de recherches dans la Concession, élaboré avec l’assentiment et le concours financier du bureau de recherches de pétrole, en exécution de la convention intervenue le 17 octobre 1949 avec cet organisme et dont vous aviez ratifié les dispositions, lors de l’assemblée générale extraordinaire du 13 décembre 1949.
Trois appareils modernes de sondage, dont deux susceptibles de dépasser 2 000 m, ont été livrés au cours du deuxième semestre et aussitôt mis en service. Deux autres sont actuellement en cours de livraison. L’un de ces appareils a été affecté au SERP d’Alsace. En outre, il a été fait appel en relais au concours d’une entreprise de sondages pour un appareil moyen.
Le nombre de mètres forés a atteint 53.000 en 1950, contre 39.000 en 1949.
Parallèlement, la prospection géophysique a été poursuivie en utilisant les méthodes les plus modernes. Les indications concordantes données par ces divers procédés d’investigation ont conduit à donner une nouvelle orientation aux recherches.
À cet effet, un programme combiné de prospection par sismique réflexion et de sondages de reconnaissance vient d’être mis à exécution.
Concurremment, la réalisation d’un programme renforcé et accéléré de forages d’exploitation sur les structures anciennes a été entreprise pour maintenir, et si possible développer, la production pendant le délai estimé nécessaire pour la recherche et la mise en production de nouvelles structures.
Les moyens de financement mis à la disposition de votre Société par le BRP se sont élevés à 486 millions en 1950, dont 260 pour le matériel d’équipement.
Agréant les pétitions que nous lui avions présentées, l’état, par deux décrets du 10 avril 1951 et du 7 mai 1951, vient d’accorder à votre société un permis exclusif de 5 ans pour la recherche d’hydrocarbures liquides ou gazeux sur deux zones, l’une de 42.496 hectares en moyenne Alsace, dans la région de Sélestat, l’autre de 60.836 hectares s’étendant à l’Est de votre concession actuelle jusqu’au Rhin. Les premières investigations géophysiques faites dans ce dernier périmètre ont révélé l’existence de structures géologiques favorables à l’accumulation du pétrole ; une campagne méthodique de sondages va être entreprise pour les explorer.
À cet égard, le bureau de recherches de pétrole a accepté que les dispositions de la convention du 17 octobre 1949, qui en prévoyait du reste le principe, soient étendues aux travaux à entreprendre sur ce nouveau périmètre.
En conséquence, un avenant à cette convention a été établi et signé le 26 février 1951.
Les modalités essentielles en sont les suivantes :
- Extension de la convention du 17 octobre 1949, ainsi que de ses modalités d’application fixées d’un commun accord aux travaux de recherches entrepris dans le périmètre en cause ;
- Établissement pour ces travaux d’un compte annuel d’exploitation comprenant, au débit, les frais d’exploitation (à l’exclusion des frais de travaux), les intérêts des prêts consentis par le BRP et le brute revenant au BRP ; au crédit, la valeur de l’huile brute éventuellement produite.
Le solde de ce compte servira, par priorité, à l’amortissement des investissements, étant entendu que le BRP recevra chaque année la part lui revenant sur ces amortissements, en fonction de sa participation financière aux travaux.
- À défaut de tout nouveau lien contractuel entre Pechelbronn et l’État, le solde éventuel de la créance sur BRP serait annulé-à l’expiration du contrat d’amodiation du 4 février 1921, après liquidation du compte d’exploitation précité.
Telles sont les principales dispositions de cet avenant que nous soumettons à votre ratification.
Nous devons ajouter que, en ce qui concerne la convention initiale du 17 octobre 1949, votre conseil, à défaut de stipulation explicite à ce sujet, a fait connaître son accord pour étendre au remboursement des prêts consentis par le BRP au titre de cette convention les modalités prévues par l’avenant du 26 février 1951.
Les tonnages d’huile brute traitée par la raffinerie ont atteint 61.375 tonnes, contre 56.093 tonnes en 1949.
Les travaux de reconstruction et de modernisation de la raffinerie ont été activement poussés en 1950. La nouvelle unité de distillation combinée topping et sous vide, après avoir effectué ses essais, vient d’entrer en service. Elle doit permettre une valorisation appréciable des produits traités en réduisant les frais. La raffinerie a repris la fabrication de la paraffine.
À la fin de 1950, les dépenses totales de réparation et de reconstruction des installations sinistrées atteignaient environ 1 710 millions de francs, dont 865 millions avaient été couverts par des indemnités versées par l’État.
À chacune de vos précédentes assemblées, nous n’avions pas manqué d’attirer votre attention sur la précarité du régime qui, depuis la Libération, assurait l’équilibre financier de l’exploitation de votre société. Nous sommes heureux de vous informer cette année de la disparition des appréhensions que nous éprouvions à ce sujet. La loi du 27 mai 1950 relative aux comptes spéciaux du trésor pour 1950 a, en effet, décidé la création d’un fonds de soutien aux hydrocarbures ou assimilés d’origine nationale. En exécution de cette disposition, une décision ministérielle, en date du 22 août 1950, a fixé les modalités du soutien accordé à votre société pour la période s’étendant jusqu’au 31 décembre 1953. Son principe essentiel est le remboursement des taxes intérieures sur les produits finis fabriqués par la raffinerie, tenant compte à la fois d’un rendement forfaitaire et des tonnages réellement traites. Toutefois, le montant total du soutien est affecté d’un coefficient de réduction progressif à partir de 1952.
L’ensemble de ces dispositions assurent à votre société un statut stable jusqu’à la fin de 1953, à la condition que le Parlement renouvelle pour chaque exercice l’aliment budgétaire du Fonds de Soutien.
En cours d’exercice, mais avec effet du 1er janvier 1950, votre filiale Antar, Société anonyme d’Exploitations Pétrolières, a, ainsi que cela avait été prévu, absorbé par fusion la Société française des pétroles, essences et naphtes, PEN. Il en résulte qu’Antar SAEP concentre désormais toutes les activités de distribution réparties précédemment entre la Société alsacienne des carburants, la Société PEN et la Société des huiles Antar.
Compte tenu de l’absorption PEN et de l’augmentation de capital de 328 millions réalisée au début de 1950, le capital social d’Antar SAEP s’élevait à 670 millions au 31 décembre 1950. Une nouvelle augmentation, souscrite le 15 juin 1951, vient de porter ce capital social à 1 228 millions de francs.
L’activité commerciale de votre filiale s’est favorablement développée en 1950 et le volume des produits vendus a suivi, et parfois dépassé, les progressions enregistrées par la profession.
Lors du renouvellement des autorisations d’importation de 3 ans, à partir du 1er septembre 1950, les anciennes licences de la Société alsacienne des carburants et de la Société française des pétroles, Essences et Naphtes, ont été reportées sur Antar. Les droits qui lui ont été ainsi attribués sont de 94.800 tonnes de carburants, 2.500 tonnes de pétrole lampant et 5.000 tonnes d’huiles de graissage, auxquels s’ajoutent les produits extraits du brut de votre concession, ainsi que les droits complémentaires résultant de son rattachement aux raffineries françaises de pétrole de l’Atlantique.
L’ensemble des résultats satisfaisants obtenus en 1950 par Antar SAEP et ses filiales ont permis la distribution d’un dividende de 15,366 % sur le capital de 670 millions.
Les raffineries françaises de pétrole de l’Atlantique, dans lesquelles Antar SAEP détient une participation importante, ont traité 700.000 tonnes d’huile brute en 1950, contre 678.000 tonnes en 1949. Elles poursuivent la réalisation de leur programme d’extension à la capacité de 1.400.000 tonnes par la mise en place d’un appareillage moderne permettant la production d’huile de graissage ainsi qu’une amélioration sensible du rendement et de la qualité des essences, par l’érection d’un cracking catalytique de 10.000 barils /jour. Dans les limites de leurs autorisations administratives, qui, par décret du 25 octobre 1950, ont été renouvelées pour 13 ans sur la base de 295.000 tonnes d’essence contre 194.500 tonnes antérieurement, les RFPA seront ainsi mises en mesure de produire 11 % du marché français des carburants.
Les résultats de 1950 ont permis aux RFPA de distribuer un dividende de 10 % sur un capital de 1.460 millions.
La Société minière des schistes bitumineux à Autun a progressé dans la réalisation du programme de modernisation et de rationalisation de sa production. Les résultats tangibles acquis à cet égard permettent d’escompter une amélioration sensible du rendement de l’exploitation. Les dispositions relatives au fonds de soutien des hydrocarbures nationaux lui sont également applicables.
Le bilan de 1949 a permis la distribution d’un dividende de 4 % sur un capital de 90 millions.
La Société nationale des pétroles du Languedoc méditerranéen a poursuivi méthodiquement la campagne d’exploration du Languedoc. Jusqu’à présent, aucun gîte pétrolier susceptible d’une exploitation rentable n’a été décelé. Votre société a cru devoir continuer de fournir son appui financier à cette société et participer ainsi plus activement à l’effort de recherche français à la découverte du pétrole.
La participation de 82.160.000 francs que votre société possède dans le capital de la SNPLM est amortie à concurrence de 75 %.
Le syndicat d’études et de recherches de pétrole en Alsace (SERPA), qui a été constitué en participation par votre société avec le bureau de recherches de pétrole, a pu intensifier sa campagne de prospection dans la région de Sélestat en y affectant l’appareil moderne américain qu’elle a reçu en fin d’exercice.
Avant de passer à l’examen des comptes de l’exercice 1950, nous vous informons que les documents soumis à votre approbation ont été communiqués dans les délais légaux à votre comité d’entreprise.
Comme précédemment, ce dernier a accompli les missions sociales qui lui incombent en liaison avec votre direction générale et avec les comités des autres sociétés du groupe, dans le même esprit de coopération confiante.
L’obligation qui nous a été faite de nous conformer aux dispositions du plan comptable prescrit pour les entreprises de recherche de pétrole a eu pour effet de modifier assez sensiblement la présentation antérieure de nos comptes. Monsieur le commissaire aux comptes vous donnera dans son rapport les explications désirables à ce sujet.
Après amortissement de vos investissements, selon les règles habituelles et constitution de toutes les provisions statutaires et estimées nécessaires par votre conseil d’administration, le bénéfice net de l’exercice 1950 ressort à Fr 104.063.840.
Après affectation :
à la réserve légale, soit 5 % : Fr 5.203.192
au fond d’amortissement du capital social sur les mêmes bases qu’en 1949 : Fr 13.755.485 ; Fr 18.958.677
il reste à la disposition de l’Assemblée : Fr 85.105.163,
montant sur lequel pourrait être prélevé, si vous en décidez ainsi, l’intérêt statutaire de 6 % sur le capital de Fr 994.700.000 : Fr 59.682.000,
laissant un solde de : Fr 25.423.163,
sur lequel sont à affecter statutairement :
- au Conseil d’administration 10 % : Fr 2.542.316
- au profit du personnel 10 % : Fr 2.542.316 ; Fr 5.084.632
En ajoutant le solde de : Fr 20.338.531,
Au report de l’exercice 1949 : Fr 86.162,
Il apparaît comme restant disponible : Fr 20.424.693.
Nous vous proposons de prélever sur ce montant :
- un superdividende de 2 % : Fr 19.894.000,
Et de reporter à nouveau le solde de : Fr 530.693
Si, comme nous le supposons, nos propositions de répartition reçoivent votre agrément, le dividende global de 8 %, soit 200 frs brut par action de 2.500 Fr, donnant net 164 Fr et 50 Fr brut par action non regroupée de 625 Fr, donnant net 41 Fr, sera mis en paiement à partir du 15 juillet 1951.
Il sera payable aux porteurs de certificats d’inscription d’actions, sur la présentation de ceux-ci qui seront revêtus d’une mention constatant le paiement, soit :
- à la Société générale de Crédit industriel et commercial, 66, rue de la Victoire, à Paris, dans ses succursales, ainsi qu’aux guichets des banques affiliées à son groupe, notamment à ceux du Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine, 14, rue de la Nuée-Bleue, à Strasbourg ;
- au Crédit lyonnais, 19, boulevard des Italiens, à Paris ;
- à la Banque nationale pour le commerce et l’industrie, 16, boulevard des Italiens, à Paris ;
- à la Société générale, 29, boulevard Haussmann, à Paris ;
- à la Société générale alsacienne de banque, 8, rue du Dôme, à Strasbourg ;
- au Crédit commercial de France, 103, av. des Champs-Élysées, à Paris ;
- à l’Union des mines, 9, rue Louis-Murat, à Paris ;
- à la Société nouvelle de la compagnie algérienne de crédit et de banque, 50, rue d’Anjou, à Paris ;
- à la Banque Worms & Cie, 45, boulevard. Haussmann, à Paris ;
- dans les succursales et agences en France de ces établissements ;
- ainsi qu’aux bureaux de la société, 4, rue Léon-Jost, à Paris, et 32, allée de la Robertsau, à Strasbourg.
Conformément aux termes de l’article 5, alinéa 2, du décret du 30 octobre 1948, modifié par le décret du 3 avril 1951, la fraction de 60 centimes par action de 500 frs restant due sur le dividende de 1949, constituera une masse qui s’ajoutera au montant net de la prochaine distribution revenant à l’ensemble des actions « Pechelbronn ».
Monsieur le commissaire vous rendra compte, suivant les termes de l’article 40 nouveau de la loi du 24 juillet 1867, des marchés et entreprises conclus au cours de l’exercice avec des sociétés ayant avec la vôtre des administrateurs communs.
Sept de vos administrateurs, MM. G. Assemat, R. Ehrhardt, Y. Le Gorrec, P. Herrenschmidt, J. De Leusse, P. Parent et L. Wenger, voient leur mandat arriver à expiration avec la fin de l’exercice 1950. Nous les représentons à vos suffrages. '
Le mandat de votre commissaire aux comptes, M. F. Gelas, ainsi que celui du commissaire suppléant, M. Ch. Muller, viennent également à expiration.
Vous aurez donc à procéder à la nomination, pour la période triennale qui se terminera lors de l’assemblée générale de 1954 du commissaire aux comptes et de son suppléant et de fixer leurs émoluments.
Rapport du commissaire aux comptes
Exercice 1950
Messieurs,
En exécution du mandat de commissaire aux comptes que vous avez bien voulu nous confier, nous avons procédé à l’examen des comptes de l’exercice 1950 ainsi que du bilan et des comptes de résultats arrêtés au 31 décembre 1950.
Nous avons l’honneur de vous rendre compte de l’accomplissement de notre mission.
Tous les livres et documents comptables ont été mis en temps utile à notre disposition et toutes justifications et explications que nous avons sollicitées nous ont été fournies par vos services.
Nos vérifications, effectuées par voie de pointages et de sondages nombreux, n’ont révélé ni erreurs, ni omissions dans les écritures enregistrées et nous permettent de conclure à leur régularité.
Nous vous rappelons que l’assemblée générale extraordinaire du 13 décembre 1949 avait autorisé votre conseil d’administration d’augmenter le capital social de votre société pour le porter au maximum à Fr 1.200.000.000.
Usant de cette autorisation, votre Conseil d’administration, dans sa séance du 27 janvier 1950, a porté le capital social de Fr 397.880.000, à Fr 497.350.000, par incorporation d’une somme de Fr 99.470.000, prélevée à raison de Fr 66.743.083, sur la prime d’émission et à raison de Fr 32.726.917, sur la réserve spéciale. Cette augmentation du capital social ratifiée par l’assemblée générale extraordinaire du 1er avril 1950 a donné lieu à élévation de la valeur nominale des 795.760 actions existantes, portée de Fr 500, à Fr 625, chacune.
En outre, votre conseil d’administration, dans sa séance du 3 mars 1950, en vertu de l’autorisation déjà mentionnée, a décidé de porter le capital social de Fr 497.350.000, à Fr 994.700.000, par émission au prix de Fr 2.800, soit avec une prime de Fr 300, par titre, de 198.940 actions nouvelles de Fr 2.500, nominal à souscrire en numéraire.
Cette dernière augmentation du capital social a été définitivement réalisée après vérification de la sincérité de la déclaration de souscription et de versement par l’assemblée générale extraordinaire du 20 septembre 1950.
Par ailleurs, l’assemblée générale extraordinaire en date du 1er avril 1950 a décidé de regrouper en actions de Fr 2.500, chacune les 795.760 actions de Fr 625, par voie d’échange de 4 actions de Fr 625, contre une de Fr 2.500. Elle a donné tous pouvoirs au conseil d’administration en vue d’assurer ce regroupement et l’échange qui en résulte ainsi que d’en fixer la date d’ouverture. En application des prescriptions légales, la date de clôture de l’échange est fixée au 24 avril 1952, l’ouverture ayant eu lieu le 25 avril 1950.
Votre société a été tenue, en application du décret du 30 décembre 1947 en ce qui concerne la tenue de sa comptabilité et la présentation des arrêtés des comptes, de se conformer aux dispositions du plan comptable approuvé par arrêté du ministre de l’économie nationale en date du 18 septembre 1947.
Ceci a eu pour effet de modifier sensiblement la présentation habituelle de l’arrêté des comptes, modifications qui se sont surtout matérialisées par un regroupement ou par une ventilation de certains comptes.
Le bilan au 31 décembre 1950, établi conformément au modèle prescrit par le plan comptable, se présente comme suit :
Actif
Valeurs immobilisées
Frais d’établissement : Fr 49.143.584
Amortissements : Fr 49.143.584
Cette rubrique, nouvellement créée, comprend les dépenses engagées au cours de l’exercice 1950 pour les augmentations du capital social et pour les acquisitions d’immobilisations.
Ces dépenses ont été intégralement amorties au 31 décembre 1950.
Immobilisations : Fr 1.434.741.468
Contre Fr 592.693.624 à l’arrêté précédent, soit une augmentation nette de Fr 842.047.844.
Succinctement cette augmentation s’établit comme suit :
Acquisitions et travaux complémentaires : Fr 335.106.044
Reconstitution d’immobilisations sinistrées : Fr 744.012.423
Immobilisation en cours : Fr 4.295.075
= Prix de revient des nouvelles immobilisations : Fr 1.083.413.542
à déduire :
Valeur d’actif des éléments cédés en 1950 : Fr 295.610
Transfert au compte matières et fournitures de la valeur du matériel de forage et fournitures pour lignes électriques, précédemment immobilisée pour un montant de : Fr 51.125.116 ; Fr 51.420.726
= Augmentation nette de la valeur d’actif des immobilisations : Fr 1.031.992.816
Annuité d’amortissement 1950 et provision pour dépréciation des terrains : Fr 190.175.582
Vente d’immobilisations amodiées : Fr 65.000 ; Fr 190.240.582
à déduire :
Reprise des amortissements afférents aux immobilisations cédées en 1950 : Fr 295.610
= Augmentation nette du montant total des amortissements et provisions afférents aux immobilisations : Fr 189.944.972
= Augmentation nette des immobilisations en 1950 : Fr 842.047.844
Nous faisons remarquer que le groupe des immobilisations comprend le compte « Forages de recherches et travaux de prospection » ainsi que les amortissements correspondants, créés en 1950 conformément aux dispositions de l’article 7 de la convention intervenue entre votre société et le bureau de recherches de pétrole en date du 17 octobre 1949.
Autres valeurs immobilisées : Fr 432.607.336
Ce montant groupe les postes suivants :
Prêts à plus d’un an : Fr 3.546.812
Dépôts et cautionnements : Fr 1.097.710
Ces deux comptes étaient inscrits précédemment dans la rubrique des « débiteurs ».
Titres de participation : Fr 513.077.814
Moins : Provision pour dépréciation : Fr 85.115.00 ; Fr 427.962.814
Total : Fr 432.607.336.
La valeur des titres de participation figurait au bilan antérieur comprise dans le chapitre « Participations et titres ». Elle accuse une régression de Fr 99.257.862, diminution provoquée en majeure partie par la provision pour dépréciation de Fr 85.115.000 constituée au 31 décembre 1950.
Stocks
Valeurs d’exploitation : Fr 398.042.542
Contre Fr : 247.678.522, au 31 décembre 1949.
Valeurs réalisables à court terme ou disponibles
Comptes de tiers : Fr 447.680.477
Moins provisions pour dépréciation : Fr 67.235.188 ; Fr 380.445.289.
La valeur d’actif des « comptes de tiers » s’élève à Fr 447.680.477, tandis qu’au 31 décembre 1949 l’ensemble des postes correspondants se montait à Fr 402.398.392, remarque étant faite que le compte « Prêts à moins d’un an », inscrit en 1950, n’existait pas en 1949.
Le montant total des provisions pour dépréciation s’élève à Fr 67.235.188, contre Fr 51.394.783, à la clôture de l’exercice 1949.
Comptes financiers
Comparativement à l’arrêté précédent, le poste « effets à recevoir » est en augmentation de : Fr 66.400.130,
Les « titres de placement » de Fr 6.584.885
Et les disponibilités immédiates de : Fr 444.293.078,
Soit une augmentation totale de : Fr 517.278.093
Le porte « Bons du Trésor allemand » et les provisions y relatives sont restés inchangés en 1950.
Fr 697.608.297
Cautions (pour mémoire)
Contre Fr 950.466.196, au 31 décembre 1949.
Fr 1.339.287.244
Passif
Capitaux permanents
Capital propre et réserves
Au bilan d’ouverture du 1er janvier 1950 les comptes compris dans cette rubrique se totalisaient par : Fr 767.425.468
Au cours de l’exercice 1950 les modifications suivantes ont été apportées à ces comptes, savoir
Augmentations :
Le capital social a été augmenté de Fr 596.820.000
Par incorporation d’une somme de Fr 99.470.000 prélevée sur les réserves et par l’émission, au prix de Fr 2.800, de 198.940 actions nouvelles de Fr 2.500, nominale chacune, soit : Fr 497.350.000
= Fr 596.820.000
Aux comptes de réserves ont été inscrites des augmentations se chiffrant au total à : Fr 564.383.107, montant qui se détaille comme suit :
- prime d’émission (198.940 actions émises avec une prime de Fr 300 chacune) : Fr 59.682.000
- réserve légale (5 % du bénéfice de l’exercice 1949) : Fr 3.744.722
- Fonds d’amortissement du capital social :
Amortissements prélevés sur le résultat de l’exercice 1949 : Fr 5.254.138
+ intérêts statutaires : Fr 1.725.731 ; Fr 6.979.869
- Indemnité versée par l’État pour la reconstruction d’immobilisations détruites par faits de guerre (réserve fiscale augmentée en 1950 des remboursements reçus) : Fr 459.628.037
- Plus-values à réinvestir (plus-values sur cessions de 1950) : Fr 1.621.562
- Réserve spéciale (dotation prélevée sur les résultats de l’exercice 1949 et ayant servi intégralement à l’augmentation du capital social) : Fr 32.726.917
= Fr 564.383.107
La diminution des réserves porte sur : Fr 99.470.000
Savoir :
- prime d’émission : Fr 66.743.083
- Réserve spéciale : Fr 32.726.917
Ces deux montants ont été incorporés au capital social.
= Augmentation nette en 1950 : Fr 1.061.733.107
= Montant total du capital et des réserves au 31 décembre 1950 : Fr 1.829.158.575
Fr 1.829.158.575
Report à nouveau
Contre Fr 7.152.458, au 31 décembre 1949
Fr 86.162
Fonds au profit du personnel
Au bilan précédent ce poste s’élevait à Fr 8.698.146
Fr 3.544.577
Provisions pour risques
Contre Fr 343.184, en 1949
Fr 331.060
Dettes à long terme
Le solde de l’emprunt obligataire dont le délai de remboursement est supérieur à un an s’élevait au 31 décembre 1949 à Fr 163.418.000. La diminution de Fr 7.973.000 correspond au montant à amortir au cours de l’exercice 1951 et a été inscrite dans la rubrique « Dettes à court terme ».
Le poste « Autres emprunts à plus d’un an » s’élevant à Fr 485.900.000, a été nouvellement créé et comprend les avances reçues en 1950 du bureau de recherches de pétrole en exécution de la convention passée avec cet institut en date du 17 octobre 1949.
Fr 641.345.000
Dettes à court terme
Compte de tiers
Comparativement à l’arrêté précédent, l’ensemble des postes groupés sous cette rubrique est en diminution de Fr 158.934.439
Fr 511.668.997
Comptes financiers
Ce chapitre groupe la valeur des postes « Obligations à moins d’un an » et « effets à payer » qui s’élevait au 31 décembre 1949 respectivement à Fr 8.665.000, et à Fr 199.585.812, soit au total à Fr 208.250.812
Fr 253.246.721
Résultats
Fr 104.063.840
Solde bénéficiaire de l’exercice 1950 contre un bénéfice net de Fr 74.894.435 en 1949.
Cautions (pour mémoire) : Fr 1.339.287.244.
Il s’agit de la contrepartie du poste « Cautions » inscrit à l’actif.
La présentation du compte d’exploitation et du compte de pertes et profits de l’exercice 1950, dont copies se trouvent annexées au présent rapport, tient compte des prescriptions du plan comptable.
Les modifications intervenues dans la présentation de l’arrêté des comptes étant dues soit à l’évolution normale des opérations sociales, soit à l’application obligatoire du plan comptable, nous vous engageons à les sanctionner par votre vote.
Votre Conseil d’administration vous propose de répartir le bénéfice de l’exercice 1950, qui s’élève à : Fr 104.063.840, de la façon suivante :
- 5 % à la réserve légale : Fr 5.203.192,
- au Fonds d’amortissement du capital social : Fr 13.755.485,
- dividendes : Fr 79.576.000,
- tantièmes au Conseil d’administration : Fr 2.542.316,
- au profit du personnel : Fr 2.542.316 ; Fr 103.619.309,
Reste : Fr 444.531,
à ce chiffre vient s’ajouter le report de l’exercice antérieur, soit : Fr 86.162,
pour former un montant de : Fr 530.693,
à reporter à nouveau.
Cette répartition étant conforme à la loi et à vos statuts, nous vous conseillons de la ratifier ainsi que d’approuver les comptes tels qu’ils vous sont présentés.
Pour terminer nous vous signalons que nous avons vérifié et reconnu conformes à nos constatations les renseignements d’ordre comptable dont fait état le rapport de votre Conseil d’administration.
Strasbourg, le 26 mai 1951
Le commissaire aux comptes :
Signé P. F. Gélas
Rapport spécial du commissaire aux comptes sur les opérations visées par l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867 modifié par l’article 10 de la loi du 4 mars 1943
Messieurs,
Conformément aux prescriptions de l’article 10 de la loi du 4 mars 1943, modifiant l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867, nous avons l’honneur de vous rendre compte des conventions intervenues au cours de l’exercice 1950 entre votre société et ses administrateurs ou des sociétés ayant avec la vôtre des administrateurs communs.
Les conventions qui nous ont été signalées concernent en particulier :
a) Souscription à l’augmentation du capital de la Société nationale des pétroles du Languedoc méditerranéen, société anonyme, pour une somme totale de Fr 6.000.000, représentant 6.000 actions de Fr 1.000, chacune.
b) Acquisition par votre société au prix de Fr 2.875, d’une action Raffineries françaises de pétrole de l’Atlantique ; cette action, d’une valeur nominale de Fr 2.500, a été cédée par la société « Antar SAEP ».
c) Souscription à l’augmentation du capital de la société « Antar SAEP » portant sur 2.140 actions de Fr 1.000, chacune au prix de Fr 1.750, l’action, soit au total Fr 3.745.000.
d) Souscription à 1.367 parts de Fr 50.000, chacune au prix total de Fr 68.350.000, du Syndicat de recherches de pétrole en Alsace, association en participation dont « Pechelbronn SAEM » assure la gérance.
e) Cession à votre société par Monsieur Assemat, administrateur, de 110 actions de la société « Antar SAEP » pour le montant total de Fr 200.750.
f) Avance de Fr 5.900.000, accordée à la Société immobilière des mines et raffineries de Pechelbronn pour permettre à cette dernière d’effectuer des opérations immobilières se rapportant aux logements des services et du personnel des sociétés du groupe.
g) Prêts consentis par votre société à la Société synthèse et fermentation qui s’élevaient au 31 décembre 1950 à Fr 2.400.000.
h) Cautions fournies par « Pechelbronn SAEM » pour le compte de :
Antar, SAEP : Fr 831.304.600,
Charente, Limousin, Berry, société anonyme : Fr 36.800.000,
Raffineries françaises de pétrole de l’Atlantique, société anonyme : Fr 120.000.000,
Rhin et Rhône, société anonyme : Fr 40.000.000,
Socommar, société anonyme : Fr 2.800.000,
en faveur des instituts ci-après :
Banque française du commerce extérieur
Banque nationale pour le commerce et l’industrie
Compagnie algérienne
Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine
Crédit lyonnais
Société générale de crédit industriel et commercial
Worms & Cie
Caisse des marchés de l’État
Crédit national
Crédit fluvial maritime
Administration des douanes.
i) Souscription par votre société de 2.000 actions d’une valeur nominale de Fr 1.000, chacune au prix total de Fr 2.640.000, des Raffineries algériennes.
Toutes les autres affaires traitées avec des sociétés dans lesquelles certains de vos administrateurs possèdent un intérêt direct ou indirect constituent des opérations courantes qui ne sortent pas du cadre de l’activité normale de votre société.
Ces affaires ont été conclues à des conditions qui n’appellent pas d’observations particulières de notre part.
Strasbourg, le 26 mai 1951
Le commissaire aux comptes :
Signé : P. F. Gélas.
[Suivent les tableaux « Bilan au 31 décembre 1950 », « Compte d’exploitation générale – exercice 1950 » et « Compte de pertes et profits – exercice 1950 », pages 19, 20 et 21]
Assemblée générale ordinaire du 23 juin 1951
Texte des résolutions
Première résolution
L’assemblée générale, après avoir entendu le rapport du conseil d’administration et ceux du commissaire aux comptes :
1° approuve le rapport du conseil dans toutes ses parties, ainsi que les comptes de l’exercice 1950, tels qu’ils lui ont été présentés, et arrête en conséquence à la somme de frs. 104 063 840, le montant des bénéfices nets de l’exercice 1950 ;
2° donne aux administrateurs quitus de leur gestion pour ledit exercice.
Deuxième résolution
L’assemblée générale approuve la répartition des bénéfices telle qu’elle est proposée par le conseil d’administration. Elle fixe, en conséquence, l’intérêt dividende, pour l’exercice 1950, à frs. 200 brut par action de 2 500 frs et de frs. 50 brut par action non regroupée de 625 frs.
L’intérêt dividende sera payé à partir du 15 juillet 1951 aux porteurs des certificats d’inscription d’actions, sur la présentation de ces certificats, qui seront revêtus d’une mention constatant le paiement, soit :
- à la Société générale de crédit industriel et commercial, 66, rue de la Victoire, à Paris, dans ses succursales, ainsi qu’aux guichets des banques affiliées à son groupe, notamment à ceux du crédit' industriel d’Alsace et de Lorraine, 14, rue de la Nuée-Bleue, à Strasbourg ;
- au Crédit lyonnais, 19, boulevard des Italiens, à Paris ;
- à la Banque nationale pour le commerce et l’industrie, 16, boulevard des Italiens, à Paris ;
- à la Société générale, 29, boulevard Haussmann, à Paris ;
- à la Société générale alsacienne de banque, 8, rue du Dôme, à Strasbourg ;
- au Crédit commercial de France, 103, avenue des Champs-Élysées, à Paris ;
- à l’Union des mines, 9, rue Louis-Murat, à Paris ;
- à la Société nouvelle de la compagnie algérienne de crédit et de banque, 50, rue d’Anjou, à Paris ;
- à la Banque Worms & Cie, 45, boulevard Haussmann, à Paris ;
- dans les succursales et agences de France de ces établissements ;
- ainsi qu’aux bureaux de la société, 4, rue Léon-Jost, à Paris, et 32, allée de la Robertsau, à Strasbourg.
Troisième résolution
L’assemblée générale donne acte au conseil de ce qu’il lui a été rendu compte, par le commissaire, des marchés et entreprises conclus entre Pechelbronn SAEM et les sociétés avec lesquelles elle a des administrateurs communs, et ratifie purement et simplement lesdits marchés et entreprises.
Quatrième résolution
L’assemblée générale ratifie le renouvellement du mandat d’administrateur de MM. G. Assemat, R. Ehrhardt, Y. Le Gorrec, P. Herrenschmidt, J. De Leusse, P. Parent et L. Wenger, dont les pouvoirs expireront à l’assemblée générale qui statuera sur les comptes de l’exercice 1956.
Cinquième résolution
L’assemblée générale ratifie purement et simplement l’avenant à la convention intervenue en date du 17 octobre 1949 entre le bureau de recherches de pétrole et Pechelbronn. Cet avenant, signé le 26 février 1951, a pour objet d’étendre aux recherches effectuées dans le périmètre faisant l’objet du permis exclusif de recherches du 7 mai 1951 les dispositions générales de la convention du 17 octobre 1949 applicables au périmètre de la concession amodiée.
Sixième résolution
L’assemblée générale nomme commissaire aux comptes M. F. Gelas et commissaire suppléant M. Ch. Muller, pour une durée de trois ans qui expirera lors de l’assemblée générale appelée à statuer sur les comptes de l’exercice 1953.
Elle décide d’allouer aux commissaires les honoraires prévus au barème officiel de la fédération des compagnies des commissaires inscrits près la cour d’appel.
Septième résolution
L’assemblée générale, par application de l’article 27 des statuts, fixe les jetons de présence à attribuer aux administrateurs de la société à une somme globale annuelle de frs. 800 000 qui restera maintenue jusqu’à décision contraire.
1951.06.25.Des ACSM.Au ministère de la reconstruction
Paris, le 25 juin 1951,
Ministère de la reconstruction et de l'urbanisme
Direction des dommages de guerre
Cité administrative
Avenue du parc de Passy
Paris
Messieurs,
Dommages de guerre immobiliers
Demande de règlement au titre des travaux exécutés au cours de l’année 1950
Comme suite à notre lettre en date du 10 mai 1951 qui vous adressait le rapport d’expertise n° 6 de notre expert assermenté, monsieur Borde, concernant les dommages de guerre professionnels, nous avons l’honneur de vous remettre ci-joint le rapport d’expertise n° 8 de notre expert assermenté, monsieur Chauliat, relatif à nos bâtiments et à nos installations de génie civil.
Espérant que ces rapports vous permettront de nous effectuer rapidement notre règlement dans le cadre des crédits prioritaires qui nous ont été accordés pour l’année 1950 et en vous en remerciant par avance, veuillez agréer, messieurs, l’expression de nos sentiments distingués.
Le directeur général
Signé Nitot
1951.06.27.De Hypolite Worms.Discours
Copie
Le PDF est consultable à la fin du document.
Monsieur l'Ambassadeur, Mesdames, Messieurs.
On parle beaucoup en ce moment de coopération européenne, et ce n'est pas nous qui le regretterons, bien au contraire. Mais en scrutant les possibilités d'avenir de notre continent, ne sommes-nous pas parfois amenés à sous-estimer ce qui existe déjà comme coopération concrète entre les peuples.
Une cérémonie comme celle d'aujourd'hui est le meilleur exemple que, sans manifestations bruyantes, des liens économiques se tissent entre les nations, et que, pour une part, les problèmes qui sont l'objet d'examens théoriques et de controverses politiques, se résolvent dans les faits.
Le magnifique bateau qui a été mis à l'eau aujourd'hui va venir renforcer la flotte de la Société française de transports pétroliers, dont j'ai l'honneur de présider le conseil d'administration. Cette Société est une société d'économie mixte, c'est-à-dire qu'elle associe dans sa gestion l'État et les armateurs privés, chacun y jouant son rôle et y remplissant sa mission dans le plein respect des droits des autres, et dans le plein exercice des responsabilités contractuellement acceptées.
Pour cette Société française, à la fois publique et privée, c’est un chantier hollandais qui a conçu et réalisé le pétrolier "Orléanais", comme il construira, dans les mois à venir, le "Camargue" et le "Poitou". Qu'on le prenne comme on le voudra, cet acte n'est rien d'autre qu'un geste de coopération économique entre l'économie française et l'économie néerlandaise.
Nous sommes venus en Hollande parce que nous avons pu, plus vite et plus économiquement qu'ailleurs, construire les bateaux dont la France a le plus urgent besoin, pour son développement industriel, comme pour sa défense nationale. Nous avons fait travailler l'industrie des Pays-Bas, pour pouvoir mieux, demain, faire travailler celle de la France. Nous avons noué de nouveaux liens entre l'économie de nos deux pays, et nous pensons ainsi avoir aidé, dans la mesure de nos forces et de nos moyens, à cette interpénétration progressive des activités européennes qui a certes besoin, pour s'effectuer, des lumières de la politique, mais qui sera d'autant plus réalisable que tous ceux qui le peuvent l'auront fait lentement avancer.
Notre présence en Hollande nous ravit d'autant plus que nous nous sentons beaucoup d'affinités avec nos constructeurs.
Fondés en 1854, les Chantiers Wilton sont quasi-centenaires. Et pourtant ils appartiennent toujours à leurs fondateurs, et ceux qui les dirigent et Ies animent aujourd'hui, descendants directs de ceux qui les ont créés au siècle dernier, y maintiennent toutes les traditions qui ont fait leur réputation. Au meilleur et au vrai sens du terme, cette maison centenaire est demeurée une maison de famille, et nous n'hésiterons pas à dire que là est sans doute un des secrets de sa prospérité.
Si j'ai tenu à m'arrêter sur ce caractère des chantiers Wilton, c’est parce que je ne puis oublier qu'en dehors des fonctions que j'assume à la Société française de transports pétroliers, j'en assume d'autres, à la tête d'une maison fondée par mon grand-père en 1848, maison dont nous avons fêté le centenaire il y a quelques années, et qui a gardé, elle aussi, cette marque familiale.
II me reste à dire maintenant le plaisir particulier des Français qui sont ici, à se trouver aux Pays-Bas. Depuis le Moyen Âge, l'histoire de nos deux peuples est parallèle, elle a toujours été faite de compréhension réciproque, et bien peu nombreuses sont les années au cours desquelles ils se sont opposés. Au contraire, innombrables sont les circonstances dans lesquelles les deux pays ont été unis pour le meilleur de leur activité.
S'il est vrai que les Français sont les fils spirituels de Descartes, comment oublier que Descartes a vécu aux Pays-Bas les années les plus fécondes de sa vie intellectuelle ?
C'est précisément parce que vous êtes, Monsieur l'Ambassadeur, le lien vivant entre la France et la Hollande, que je tiens à vous exprimer, avec nos remerciements pour votre présence, notre hommage reconnaissant pour l'œuvre que vous accomplissez ici. Je vous prie également de bien vouloir être notre interprète auprès de Monsieur Gaston Defferre, ministre de la Marine marchande. Je sais qu'il avait vivement souhaité être parmi nous, dans ce pays ami, si accueillant. Les événements politiques ne le lui ont pas permis, et nous interdisent par là même de lui dire directement notre gratitude pour la sollicitude qu'il témoigne a la Marine marchande française.
Je ne puis songer, en terminant ces quelques mots, à remercier toutes les hautes personnalités hollandaises et françaises qui honorent cette cérémonie de leur présence, pas plus que tous ceux qui ont conçu et construit le pétrolier qui nous réunit, et tous ceux qui auront demain la charge de le diriger. Mais, en levant mon verre à la prospérité de nos deux pays, je les associerai dans tous mes vœux et mes pensées, dans l'espérance de revenir bientôt, pour d'autres cérémonies pacifiques du genre de celle-ci, les seules manifestations internationales qui soient sans amertume, parce qu'elles ne sont que sources de vie et que génératrices de travail créateur.
[Note manuscrite : Deuxième rédaction au cas où l’ambassadeur ne viendrait pas.]
Nous aurions été particulièrement heureux d'avoir à nos côtés, dans ces Pays-Bas accueillants et amis, Monsieur Gaston Defferre, ministre de la Marine marchande. Il l'aurait lui-même désiré.
Mais les événements politiques français l’ont empêché de mettre à exécution son projet. Son absence ne m'interdira toutefois pas de rappeler la gratitude que lui vous l'armement français, à raison des efforts qu'il déploie pour qu'il se développe et se fortifie.
Je ne puis songer, en terminant ces quelques mots, à remercier toutes les hautes personnalités hollandaises et françaises qui honorent cette cérémonie de leur présence, pas plus que tous ceux qui ont conçu et construit le pétrolier qui nous réunit, et tous ceux qui auront demain la charge de le diriger. Mais, en levant mon verre à la prospérité de nos deux pays, je les associerai tous dans mes vœux et mes pensées, dans l'espérance de revenir bientôt, pour d’autres cérémonies pacifiques du genre de celle-ci, les seules manifestations internationales qui soient sans amertume, parce qu'elles ne sont que sources de vie et que génératrices de travail créateur.
1951.07.04.Des ACSM.Au délégué départemental du MRU
Le Trait, le 4 juillet 1951,
Monsieur le délégué départemental du MRU
21 boulevard des Belges
Rouen
Congés annuels 1951
Fermeture du 13 au 30 juillet
Monsieur,
Dommages de guerre immobiliers
Nous avons l'honneur de vous adresser ci-joint le rapport d'expertise n° 8 de notre architecte assermenté Monsieur Chauliat, relatif à nos bâtiments et installations de génie civil.
À ce rapport sont joints : une copie de la lettre que nous envoyons à la direction des dommages de guerre du ministère de la reconstruction et de l’urbanisme, ainsi que le complément de devis et plans établis depuis le rapport d'expertise n° 7 répertoriés selon bordereau annexé.
Nous espérons que les conclusions de ce rapport vous permettront d'adresser un avis favorable au ministère pour que nous puissions obtenir le règlement dans le cadre des crédits prioritaires de l'année 1950.
En vous remerciant d'avance, nous vous prions d'agréer, monsieur, nos sincères salutations.
J. Roy
Secrétaire général
1951.07.06.De Worms Le Havre.Au chef du Pilotage de la Seine
Le Havre, le 6 juillet 1951,
Monsieur le chef du Pilotage de la Seine
Le Havre
Monsieur,
Nous procédons actuellement à la révision des loyers de nos locaux. Celui du local que vous occupez n’a pas été augmenté depuis le 1er juin 1949.
Étant donné les augmentations successives des salaires et des charges, nous désirerions en porter le montant de Frs : 15.000 à Frs 30.000 par an, à compter du 1er septembre 1951.
Nous pensons que vous serez d’accord avec nous et vous serions obligés de nous le faire savoir.
Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.
P. Pon Worms & Cie
Signé illisible
1951.07.12.Des ACSM.Au ministère de la reconstruction
Paris, le12 juillet 1951
Ministère de la reconstruction et de l'urbanisme
Direction des dommages de guerre service central
des dossiers de dommages de guerre de la priorité nationale
bureau DGN7
Cité administrative
Avenue du parc de Passy
Paris - 16ème
Monsieur le directeur,
Transfert n° 3114 : transfert aux Ateliers & Chantiers de la Seine Maritime des dommages de guerre concernant le navire "La Mailleraye" appartenant à la société Worms & Cie
Faisant suite à la demande de transfert que nous vous avons adressée le 6 novembre 1950, nous avons l’honneur de vous préciser que les dommages, qu’il s’agit de transférer des services maritimes de la Maison Worms & Cie aux Ateliers et Chantiers de la Seine Maritime, qui appartiennent également à la société, comprennent non seulement les dommages correspondants à la perte du navire "La Mailleraye", mais également ceux couvrant les pertes d’embarcations et d’engins de sauvetage sinistrés à Marseille.
Nous vous précisons qu’en ce qui concerne les dommages du navire "La Mailleraye" (dossier 28 A/57), leur valeur sur la base août 1950 a fait l’objet d’un premier rapport de l’expert, monsieur Licoys, du 21 septembre 1950 concluant à un montant de Fr 88.400.000 et d’un rapport complémentaire qui a été transmis au M.R.U. le 3 novembre 1950 et correspondant à un montant de Fr 1.246.817.
Quant à l’indemnité proposée par Monsieur Licoys concernant les dommages des pertes d'embarcations et d'engins de sauvetage sinistrés à Marseille, elle s'élève, suivant un rapport complémentaire de cet expert à Fr 2.812.000, valeur août 1950, et par lettre DGN4 740.416 du 6 septembre 1950, le M.R.U. a bien voulu donner son accord aux services maritimes de notre Maison pour que l'indemnité y afférent subisse la même affectation que celle découlant de la perte du navire "La Mailleraye".
Le total de ces montants vous a bien été indiqué dans notre demande du 8 novembre 1950, mais sans que peut-être une distinction suffisante ait été faite entre les dommages de guerre du navire "La Mailleraye" et les dommages de guerre des embarcations et engins de sauvetage sinistrés à Marseille.
Nous avons donc tenu à vous apporter ces précisions pour que la décision de transfert soit rédigée d'une manière aussi exacte que possible et couvre bien les deux origines des dommages dont il s'agit.
En espérant que votre décision pourra être prise prochainement, et en vous remerciant à l'avance, veuillez agréer, monsieur le directeur, l'expression de notre considération distinguée.
Le directeur général
Signé Nitot
1951.08.01.Des Services charbons.Note
Copie
Les statistiques d'expédition des producteurs en charbon destiné aux foyers domestiques et à la petite industrie montrent une incontestable augmentation par rapport à l'an dernier.
Le début de la campagne 1950-1951 fut, il est vrai, exceptionnellement mauvais. Pour les trois premiers mois de la nouvelle campagne (avril, mai, juin), les ventes des bassins français et de la Sarre à cette catégorie de consommateurs ont atteint 2.727.000 tonnes contre 2.088.000 tonnes en 1950, soit 31% en plus.
De son coté, l'agglomération du littoral a livré sur la même période 140% des tonnages de l'an dernier. L'importation a fourni à peu près les mêmes quantités : 495.000 tonnes au deuxième trimestre 1951, contre 423.000 tonnes en 1950.
Les fournitures de coke de gaz dont la production est dispersée entre de multiples usines ne peuvent malheureusement être totalisées rapidement. Il est possible qu'elles soient en régression. Cela paraît même certain pour Paris où les stocks qui existaient en 1950 ont disparu. Cependant au total les tonnages livrés au négoce en toutes catégories de combustibles sont certainement beaucoup plus forts que l'an dernier.
Malgré cet accroissement des disponibilités d'une année à l'autre, on nous signale de toutes parts que les arrivages sont insuffisants pour satisfaire les demandes de la clientèle et que les stocks dans les chantiers demeurent au point bas. Les récentes hausses et celles qui sont attendues soit dans les tarifs des houillères, soit dans ceux de la SNCF ne sont naturellement pas faites pour changer l'attitude des consommateurs.
On paraît se réjouir de leur prévoyance exceptionnelle en cette saison s'il y avait assez de charbon pour y répondre ou s'il devait y en avoir assez dans les deux ou trois mois qui nous séparent de l'automne.
Essai du 1er août 1951