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1978.00.00.Recueil d'informations.Janvier à décembre

Ce fichier a été établi par la saisie ou la numérisation de documents conservés chez Worms 1848 et consultables à partir de ce recueil en cliquant sur leurs intitulés (en bleu + soulignement). Les témoignages relatifs à la Banque Worms proviennent le plus souvent du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d’une part, et d’extraits de livres ou d’études, d’autre part. Rares sont en effet les archives émanant directement de cette société ; la raison en est que la Banque Worms, lors de sa nationalisation en 1982, a repris la totalité de ses dossiers (y compris les plus anciens) et les conserve, depuis, indépendamment de la Maison Worms.

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Création de la SFTP

La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée.La création de la Société française de transports pétroliers - SFTP, en 1938 Les mobiles de la création de la SFTP sont évidents et bien connus. Devant l'armement intensif de l'Allemagne, puis l'Anschluss début mars 1938 et l'acheminement à la guerre, les autorités françaises ainsi que certains milieux politiques ou des affaires, s'inquiétèrent de l'insuffisance des moyens dont disposait la France en ravitaillement pétrolier par bateaux-citernes. Le point à préciser est de savoir si l'initiative d'une telle création revient au gouvernement ou à un groupe privé. Dans le livre du centenaire de la Maison Worms & Cie : 1848-1948, dont le texte a été soupesé par les associés-gérants de l'époque, il est dit (pages 84-85) : « Peu d'années après la réorganisation de la Havraise, la Maison Worms créa la Société française de transports pétroliers. L'insuffisance de la flotte pétrolière française, en 1938, inquiéta les pouvoirs publics. La Maison, ayant conçu une formule originale de société d'économie mixte, le gouvernement la chargea de l'exécution de ce projet. L'État put obtenir ainsi 110.000 tonnes de tankers dans d'excellentes conditions. En même temps, la Maison formait le personnel capable d'utiliser rapidement cette flotte, représentant le quart de la flotte pétrolière française. À la veille de la guerre, cette réalisation revêtait une importance d'autant plus grande pour le pays que la société unissait la puissance de l'État à la souplesse de la libre entreprise, selon une formule efficace. En participant aux transports pétroliers sur toutes les mers, la Maison élargissait considérablement son champ d'action traditionnel et achevait de donner à ses activités maritimes une physionomie nouvelle. » En parallèle à ce texte, il est maintenant possible de placer le récit des mêmes événements qu'a fait Jules Moch, ministre des Travaux publics à l'époque, dans son livre "Une si longue vie" (Éditions Robert Laffont, Paris, 1976, pages 144-145) : « Pendant les vingt-huit jours de cette deuxième station au pouvoir, j'ai juste le temps d'apprendre à connaître le ministère et de m'occuper de quelques affaires, sans intérêt autre que local et de deux plus sérieuses, que je résume : Nous manquons de navires pétroliers. Louis Kahn m'apprend qu'une compagnie allemande de transports pétroliers vient de faire faillite et que deux de ses plus gros pétroliers vont être mis aux enchères à Rotterdam. L'État ne peut enchérir, faute de crédits au Budget d'abord et aussi parce que le gouvernement allemand aurait surenchéri ou retiré les navires de la vente. D'où la solution : lancer un armateur privé français et lui demander d'acquérir les navires, en échange d'une garantie de fret pétrolier au cours mondial, majoré d'un faible intérêt rémunérant le capital ainsi investi. L'armement Worms s'offre pour cette affaire... Je consulte Blum, car l'idée ne me semble pas conforme aux règles et nous ne pouvons nous faire autoriser par la Chambre, au prix d'un débat qui alerterait l'Allemagne... Léon Blum est intéressé par ce système, bien qu'il aboutisse à engager les finances publiques sans vote du parlement. Mais l'enjeu vaut cet oubli des règles : ces deux pétroliers nous permettront en effet d'augmenter d'un quart nos importations annuelles de pétrole, au moment où nous avons des mécomptes dans la production industrielle d'essence synthétique. L'opération réussit brillamment. » Pour y voir clair, il serait précieux de pouvoir consulter les originaux de la correspondance reçue alors par MM. Worms & Cie tant de l'Office national des combustibles liquides (ONCL) que des ministères intéressés. Ces documents devraient normalement se trouver dans les archives du siège social de Worms & Cie. A défaut, nous avons pu retrouver les doubles ou copies d'une partie de cette correspondance dans le dossier d'origine de la SFTP, qui se trouve dans les archives de la Banque Worms à Aubergenville. Il y manque naturellement les indications des rendez-vous et entrevues qui ont eu lieu ainsi que des conversations téléphoniques. On ne saura donc jamais avec précision qui a déclenché le premier contact. Cependant, à la lecture des textes qui nous restent (en particulier la lettre de Gabriel Le Roy Ladurie du 22 mars 1938 à Paul Bénazet, (qui fut sous-secrétaire d'État et sénateur), il ressort que c'est Bénazet qui a demandé à Le Roy Ladurie « il y a déjà plusieurs mois », c'est-à-dire fin 1937 déjà, d'étudier le « problème de la mise à la disposition du pays de nouvelles unités pétrolières ». Le tout serait de savoir si à l'origine c'est Le Roy Ladurie, ami de Bénazet, qui a provoqué cette demande ? Quoi qu'il en soit, le projet remis par Le Roy Ladurie à Bénazet le 22 mars 1938 semble avoir été agréé par ce dernier qui en fit part directement au ministre des Travaux publics du moment, c'est-à-dire à Jules Moch. Pour avoir une réponse officielle de ce ministère, MM. Worms & Cie adressèrent au ministre lui-même une lettre en date du 29 mars 1938 accompagnée d'une note qui reprenait le projet de constitution d'une société d'économie mixte pour l'achat de tankers (J. Moch et J. Barnaud avaient été ensemble à l'École polytechnique : le premier est de la promotion 1912, le second de 1913). Le ministère changea et Jules Moch fut remplacé par L.O. Frossard qui fit soumettre ce projet par le président du conseil au président de la République, Albert Lebrun, le 17 Juin 1938, lequel signa le décret "relatif à l'exécution du plan national de ravitaillement en carburants prévu par le décret du 2 mai 1938" (décret du 17 juin 1938 - JO du 20 juin 1938). La voie légale était ainsi ouverte pour que le ministère de la Défense nationale (Édouard Daladier, ministre et président du Conseil) puisse traiter directement avec un groupe privé, en l'occurrence avec MM. Worms & Cie. Le procès-verbal du conseil d'administration de l'Office national des combustibles liquides, réuni le 17 août 1938 pour l'examen du projet de concours financier de l'Office à une société à constituer pour le développement de la flotte pétrolière française, contient le passage suivant : « MM. Worms & Cie ont proposé la constitution d'une société, au capital initial de F 30.000.000, dont 30% souscrits par l'État et 70% par un groupe privé, largement ouvert, d'armateurs, de banquiers, et d'importateurs de pétrole français. MM. Worms & Cie ont soumis en même temps un plan financier adéquat. Des négociations ont été menées sur ces bases par l'Office, tant avec MM. Worms & Cie qu'avec les ministères des Finances et de la Marine marchande. » En conclusion de ces pourparlers, MM. Worms & Cie ont reçu le 23 juillet 1938, une lettre de mission signée de M le président du Conseil, ministre de la Défense nationale, de M. le ministre des Travaux publics et de M. le ministre des Finances. Cette mission tendait : 1°) à la constitution d'une société mixte sur les bases ci-dessus résumées, approuvées par le gouvernement ; 2°) à l'acquisition des premiers éléments de la flotte à constituer pour le compte de la future société. Ce programme est en cours de développement. Et, le procès-verbal porte trace de la discussion : « M. Mény (administrateur-délégué de la Compagnie française des pétroles) approuve lui aussi l'initiative du gouvernement mais il demande si la nouvelle Société jouira de privilèges ou de préférences quelconques vis-à-vis des autres armateurs pétroliers. Le directeur (de l'Office, Monsieur Pineau) répond, qu'il ne sera accordé aucun privilège de cette sorte et que la société sera régie exactement comme les autres par les lois et décrets applicables aux navires-citernes. » Les statuts de la nouvelle société furent approuvés par ce même conseil d'administration de l'Office (ONCL) du 17 août 1938. La nouvelle société se nommait Société française de transports pétroliers - SFTP et son assemblée constitutive se réunissait le 19 septembre 1938. MM. Worms & Cie, en possession de la lettre de mission du 23 juillet 1938, menèrent de front pour compte de la société à créer, et l'achat des tankers prévus et la concrétisation de leur financement. Durant le seul mois d'août, quatre unités furent acquises (livrables fin septembre) ; avec un tanker de plus, les 70.000 tonnes prévues furent atteintes en septembre (75.302 tonnes). De décembre 1938 à mai 1939, trois nouveaux navires vinrent porter le tonnage total à 114.050 TM. (Annexe) En 1938 l'ensemble de la flotte pétrolière française représentait un total de 241.000 tonnes brutes. La France, dans ce domaine, se situait ainsi au 8ème rang dans le monde et au 5ème rang en Europe. La lettre de mission du gouvernement Daladier adressée à la Maison Worms le 23 juillet 1938 donnait à l'augmentation demandée du tonnage une fourchette entre 70.000 et 100.000 tonnes, soit un accroissement dans le premier cas de 29% et dans le deuxième cas de 41%. Dans une première étape (fin septembre 1938) MM. Worms & Cie ont réussi à acheter 75.302 tonnes nouvelles de tankers, soit une croissance du tonnage de 31% (au lieu de 29%) et dans une deuxième étape (mai 1939) le total du tonnage nouvellement acquis fut porté à 114.050 tonnes, soit une augmentation par rapport à 1938 de 47% (au lieu des 41% demandés). En 1939, la flotte pétrolière du Groupe Worms représentait à peu près 30% de l'ensemble de la flotte pétrolière française. Cette flotte eut énormément à souffrir pendant la guerre. En 1949, elle ne représentait plus que 20% de l'ensemble de la flotte pétrolière de la France, mais en 1954 elle avait rejoint le pourcentage d'avant-guerre, soit 30%. [Note signée :] F. Ley

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Extraits des délibérations de la NCHP (1931, 1933, 1934)

Documents incomplets, réunis par Francis Ley afin d'illustrer son historique sur les activités bancaires de la Maison.

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Historique de la Banque Worms - version préparatoire

NB : Note de synthèse des renseignements collectés en préparation à la rédaction du livre intitulé Cent Ans, boulevard Haussmann. La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée. Banque Worms Cinquante ans d'activité 1928-1978  Sources et documentation I - Sources 1) Archives de Monsieur Clive-Worms - Paris Aubergenville : 2) Archives de MM. Worms & Cie 3) Archives de la Banque Worms 4) Témoignages : propos recueillis auprès de Madame Hypolite Worms, Messieurs Raymond Meynial, Guy Brocard, Robert Dubost, Philippe Simoni, William Mannings, Madame Simone Tournier, Messieurs Henri Nitot, Pierre Poulain, Cdt André Ragault. II - Documentation (la mention BN indique la cote à la Bibliothèque nationale) A - Concernant la Maison Worms directement : 1) "Un centenaire : 1848 - 1948 Worms & Cie" - Maurice Ponsot édit. - Paris, 1949 (BN 4°V.22774) 2) "Discours prononcés à l'occasion du centenaire de la Maison Worms" - Imprimerie Union - Paris, 1949 5) "Hypolite Worms" - édit. Draeger Frères - Montrouge, 1953 (BN 4°Ln27-87.887) 4) "Worms & Cie" - plaquette éditée en 1971 5) "MM. Worms & Cie" - plaquette éditée par Graphis - Paris, 1972 6) "MM. Worms & Cie" - plaquette éditée par Graphis - Paris, 1976 (à jour au 1er janvier 1977) 7) Banque Worms - rapport du conseil d'administration et bilan des exercices 1967, 1968, 1969, 1970, 1971, 1972, 1973, 1974, 1975, 1976, 1977 8) Banque Worms - service de documentation financière Dossier "Banque Worms" - extraits de la presse financière de l'année en cours et des trois précédentes années 9) Vial et Capon - "Un juif patriote : Cerf Worms (1784)" - Éditions de Hugonis - Paris 1898 (BN Ln27-46.294) 10) "Les documents politiques, diplomatiques et financiers" (AIII) de Roger Mennevée - (BN 4°G1532) Année 1947 n° de janvier Année 1948 n° de janvier, février, mars, avril, mai, juin, août, décembre Année 1949 n° de février, mars, mai, juin, juillet, novembre, décembre Année 1950 n° de mars, octobre, décembre Année 1951 n° de mars Année 1952 n° de janvier, avril, juin, décembre Année 1955 n° de février Année 1957 n° d'octobre, novembre, décembre Année 1958 n° de février Année 1959 n° de mars Année 1962 n° de février, avril, juin Année 1963 n° de mars Année 1964 n° de novembre Année 1965 n° de février, mars, avril Année 1966 n° de juin, octobre Année 1967 n° de janvier, mars, avril, Mai, Septembre, octobre, novembre, décembre Année 1968 n° de juillet 11) Brochure éditée par MM. Worms & Cie, en 1947, "Statement relating to the wartime activities of the firm of Worms & Cie, Paris, France", Paris le 20 septembre 1947, en réponse au livre du Professeur à Harvard, William L. Langer - "Our Vichy Gamble" (A. Knopf Inc. - New York, 1947 - en anglais) 12) Articles importants a) "Carrefour" du 18.10.1961 : "Voici la Maison Worms" par Gilles Roche b) "Entreprise" du 23.11.1968 : "Si Worms m'était conté..." par Pierre Linde c) "Journal des Finances" du 14.05.1970 : "Monsieur Raymond Meynial, associé commandité - gérant de Worms & Cie" B - Quelques ouvrages citant la Maison Worms et ses associés 1) Anatole de Monzie, "Ci-devant" - Flammarion, Paris, 1942 (BN 8°La42-6a) 2) Pierre Limagne, "Éphémérides des quatre années tragiques 1940-1944", Bonne Presse, Paris, 1945 (2 tomes) (BN 4°G2326 (1) et (2)) 3) Dumoulin de La Barthète, "Au temps des Illusions", Le Cheval Ailé (Georg) Genève, 1946 (BN 16°Lb58-431) 4) Pierre Nicolle, "Cinquante mois d'armistice" (Vichy 2.7.1940-26.8.1944) - Éditions André Bonne, Paris, 1947 (2 tomes) (BN 16°Lb58-440) 5) William L. Langer, "Our Vichy Gamble", A. Knopf Inc. New York, 1947 (BN 8°G15071), édition française "Le jeu américain à Vichy", Plon, Paris, 1948 (BN 16°G783) 6) Paul Baudouin, "Neuf mois au gouvernement" (avril-décembre 1940), La Table Ronde, Paris, 1948 - (BN 16°La42-85) 7) "Commission parlementaire d'enquête sur les événements survenus en France, de 1933 à 1945" par Pierre Serre, Presses universitaires de France, Paris, 1951 - "Dépositions" - Tomme VIII - (BN 4°La42-107 (II-8)) 8) Robert Aron, "Histoire de Vichy", Fayard, Paris, 1954 (BN 8°G 15.679 (1)) 9) Robert Aron, "Histoire de l'Épuration", Fayard, Paris, 1967 - 1975 (3 volumes en 4 tomes) (BN 8°G 1679-33, I à IV) 10) Jules Moch, "Une si longue vie" - Robert Laffont, Paris, 1976, (BN 8°Ln27-91743) C - Ouvrages sur les banques et l'économie (période 1928-1976) 1) Crédit lyonnais, "Un siècle d'économie française" (1863-1963), édité par le Crédit lyonnais pour son centenaire - Paris 1963 (BN 8°LO2-I) 2) Société Générale, "La Société Générale : 1864-1964", édité par la Société Générale pour son centenaire, Paris, 1964 (BN Fol.LO2-3) 3) Alfred Sauvy, "Histoire économique de la France entre les deux guerres (1918-1939)" - Tome III - Fayard, Paris, 1972 - Chapitre "Les banques" par Jean Bouvier (BN 8°LO1-35(3)) 4) A. Pose, "Les banques françaises de 1939 à 1946" dans "Revue d'économie politique", n° de septembre 1947 (Sirey) (BN 8°R8471) 5) Jean Bouvier, "Un siècle de banque française", Hachette, Paris, 1973 (BN 8°LO2-67) 6) G. Petit-Dutaillis a) "Le crédit et les banques", Sirey, Paris, 1964 (BN 8°R-64.160 (I6)) b) "La banque française" - Ediscience, Paris, 1974 (évolution de l'activité et des structures), (BN 8°LO2-70) D - Divers Edgar Faure, (préface d'Anatole de Monzie), "Le pétrole dans la paix et dans la guerre", Impressions contemporaines, Nouvelle Revue Critique, Paris, 1939 (BN 8°G-13 162 (31))  Sommaire Date de création des Services bancaires Avertissement Antécédents familiaux Worms & Cie de 1914 à 1927 Les Services bancaires de Worms & Cie : 1928-1939 (de la grande crise à la deuxième guerre mondiale) Les Services bancaires : 1940-1944 (la guerre et la France occupée) Les Services bancaires : 1945-1962 (reconstruction et nouvel essor) Des Services bancaires à la Banque Worms : 1963-1978 (ouverture vers l'étranger et solide implantation en province) Annexes En guise de conclusion : le Groupe Worms en 1977-1978  Date de création des Services bancaires de Worms & Cie Le premier exercice complet des Services bancaires fut l'année civile 1929. La date de 1929 a été jusqu'ici retenue comme celle de la création des services bancaires de Worms & Cie. C'est elle qui figure dans "Livre du Centenaire - 1848-1948" (page 105), dans la plaquette "MM. Worms & Cie" (pages 2 et 3) éditée en 1972 et dans la plaquette "MM. Worms & Cie " (pages 2 et 4) nouvelle version mise à jour au 1er janvier 1977. Sur le plan purement historique, cette date est inexacte ; en effet : 1) Monsieur Ferdinand Vial, ex-inspecteur de la Société générale, a été engagé le 4 juillet 1928 avec le titre de "chef des Services bancaires de MM. Worms & Cie" ; 2) on relève, au registre du commerce de la Seine, une mention modificative datée du 11 juillet 1928 : « ajouter à l'objet social : opérations de banque et de change, omis sur la première déclaration » ; 3) dans l'acte du 10 décembre 1964 qui modifiait l'acte constitutif du 14 octobre 1964 de la Société financière Worms & Cie en raison d'apports supplémentaires que Worms & Cie faisait à la nouvelle société, l'un des biens énumérés sous le 1°) était : « le fonds de commerce de banque, créé par Worms & Cie en 1928, et exploité sous le n°200 de la liste des banques du ministère des Finances et des Affaires économiques... » Ces documents de nature aussi diverse et émanant : 1) des archives de la direction du personnel de la Banque, 2) du registre du commerce de la Seine, 3) des actes sous seing privé signés par les associés de la Maison Worms portent tous une date absolument unique : 1928. Et on peut même préciser que la création des Services bancaires est du tout début du mois de juillet 1928. Cette date se trouve de plus confirmée par le fait que Monsieur Jacques Barnaud (que Monsieur Hypolite Worms prit à ses côtés en juillet 1927) obtint sa mise en disponibilité du ministère des Finances en date du 12 juillet 1927 et qu'il effectua un "tour de Maison" d'environ 1 an qui le conduisit aux Chantiers du Trait, à l'agence du Havre, à celles d'Angleterre et enfin aux agences en Égypte. Il ne prit effectivement son poste de directeur général de Worms & Cie qu'au cours du 2ème trimestre de 1928 et s'occupa alors de la création des Services bancaires en plein accord avec le chef de la Maison. Pour plus de précision on note au registre du commerce de la Seine, par voie modificative en date du 11 juillet 1928, la nomination de Monsieur Jacques Barnaud comme directeur général de Worms & Cie.  Avertissement L'historique de la Maison Worms & Cie a déjà été retracé par une plume experte et se trouve contenu dans le livre du "Centenaire - 1848-1948". Il ne s'agit donc pas de le récrire - sur un ton qui serait probablement moins heureux - en lui ajoutant simplement le récit des trente années qui se sont écoulées depuis lors. Notre propos est de centrer sur les Services bancaires de Worms & Cie, d'abord, et de la Banque Worms, ensuite, l'histoire de la naissance, de la croissance et du développement d'une entreprise qui est devenue l'une des grandes banques d'affaires de notre pays, et de percevoir au travers de celle-ci l'évolution de tout un groupe. Le jubilé de la Banque Worms, en 1978, ne mérite-t-il pas aussi d'être célébré par une publication du souvenir ? Le texte lui-même n'est qu'un premier jet hâtif devant constituer une trame sur laquelle un travail de mise au point pourra être effectué. Son but est de réunir sous une forme pratique un maximum de renseignements matériels utilisables pour édifier un meilleur ensemble. [Signé :] Francis Ley  Antécédents familiaux La famille Worms, originaire du Palatinat, vint s'installer en 1682 à Sarrelouis (généralité de Metz) lors de la fondation de cette ville par Louis XIV. Une lettre du duc d'Antin du 12 décembre 1715 désignait Olry Worms comme pourvoyeur en viandes des troupes du Roi à Sarrelouis. Les deux fils de ce dernier, Hayem (l722-1812) et Cerf Worms, eurent une attitude patriotique remarquable, lors des disettes des années 1770, 1771, 1777 et 1780, en distribuant du blé et des viandes au prix coûtant ou même à perte. Aussi bénéficièrent-ils, dès juillet 1787, de lettres patentes du Roi. Hayem eut à son tour deux fils, Léon-Hayem (l772-1839), important négociant d'étoffes (rouenneries) à Metz, associé de Schwabe et Worms, et Olry-Hayem (1759-1849) qui vint s'établir à Paris en 1790 et y fonder sous le directoire une maison de banque qui dura jusqu'en 1826, date à laquelle elle fut liquidée à l'amiable par son fils Félix. Sa position de banquier lui permit d'être nommé par les Consuls, en 1801, adjoint au maire du 5e arrondissement, charge qu'il conserva jusqu'en 1814 et dont il se retira décoré de la Légion d'honneur. Le deuxième fils de Léon-Hayem, Abraham-Adolphe Worms, (1799-1843) acquit à Paris, chez son oncle Olry-Hayem Worms de Romilly une solide formation bancaire. Il retourna à Metz sa ville d'origine pour y créer sa propre banque. Le troisième fils de Léon-Hayem se nommait Hypolite Worms (18O1-1877) et fut le véritable fondateur, en 1848, de la Maison Worms. Ayant épousé en 1837 la fille du banquier Isaac Goudchaux, de Nancy, il vint à Paris en qualité d'associé de la banque des Frères G. et J. Goudchaux, proches parents de son beau-père. Il allait exercer dans la capitale, de 1837 à 1848, pendant onze ans, la profession de banquier. Mais quand Michel Goudchaux, le principal associé d'alors, devint ministre des Finances du gouvernement provisoire de la Deuxième République, en février 1848, Hypolite Worms se vit chargé par celui-ci de mettre fin à leur maison de banque. Rendu ainsi disponible, Hypolite Worms créa l'importante maison qui porte toujours son nom et dont l'activité initiale d'importation de charbons anglais fut bientôt complétée par l'armement maritime. Dès le milieu du XIXe siècle, aux grandes dates de notre histoire : guerre de Crimée, percement du canal de Suez, guerre de 1870, les combustibles et la flotte Worms furent d'une utilité notoire. Après la mort d'Hypolite Worms, les nouveaux statuts établis au début de 1881 qui consacraient l'entrée dans la société Worms & Cie d'Henri Goudchaux, neveu de l'ancien ministre des Finances, portaient en toutes lettres dans leur objet social "les opérations de banque et de change national et international". Ainsi, tout au long du XIXe siècle, des membres de la famille Worms ou de la société Worms & Cie ont désiré bénéficier des dispositions de la loi du 14 septembre 1807 qui stipule : "La loi répute actes de commerce toute opération de change, banque et courtage.... toutes obligations entre négociants, marchands et banquiers" étant entendu qu'à l'époque la pratique du commerce de banque se trouvait être entièrement libre. Il faudra en effet attendre 1941 et 1945 pour avoir un ensemble de lois qui régissent la profession bancaire.  - Worms & Cie : de 1914 à 1927 - Le petit-fils du fondateur de la Maison portait non seulement le nom patronymique mais aussi le prénom de son grand-père. Hypolite Worms, né à Paris en 1889, entra dans la société Worms & Cie en 1908. Pour sa formation il effectua des stages à Cardiff, en plein bassin houiller du Pays de Galles, à Port-Saïd, important dépôt et escale maritime, enfin à l'agence du Havre sous la direction de Georges Majoux, futur associé. En décembre 1910, il devenait associé en nom collectif de Worms & Cie. A cette date la Maison possédait 17 navires et 21 comptoirs tant en France qu'à l'étranger. Lucien Worms, père d'Hypolite, décédait juste avant la grande guerre, en juillet 1914. Un nouvel acte social devint nécessaire et fut établi en décembre 1915 qui donna à Hypolite Worms la signature sociale en tant qu'associé-gérant. C'était au moment où Henri Goudchaux, qui avait tant oeuvré pour la société, se retirait des affaires étant gravement malade ; il allait mourir peu après, en avril 1916. Hypolite Worms prit alors effectivement la tête de sa Maison. Dès 1913, il avait déjà eu des contacts avec Anatole de Monzie, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande. En juillet 1917, en pleine guerre, Anatole de Monzie créait le Comité des transports maritimes de la Marine marchande", dit Comité des cinq, dans lequel un siège fut réservé à Worms & Cie : Messieurs Majoux et Worms y représentèrent successivement la Maison. Mais en octobre 1917 le besoin d'un Comité de contrôle de la flotte marchande se fit sentir ; il fut également composé de cinq membres, dont Hypolite Worms. Inquiet des lourdes pertes que subissait la flotte marchande française sous les effets de la guerre sous-marine, Anatole de Monzie demanda à divers groupes de s'intéresser à la construction navale afin d'assurer à l'avenir le remplacement des unités coulées et de pourvoir à la reconstitution de la flotte de commerce après la guerre[1]. Pour répondre à cette pressante nécessité, Hypolite Worms et Georges Majoux décidèrent d'édifier au Trait, sur la Seine en aval de Rouen, un chantier de construction navale. Georges Majoux consacra ses forces à sa réalisation et les premiers ateliers furent achevés juste avant l'armistice. Par arrêté du 30 avril 1918 un Commissariat des transports maritimes fut institué ; présidé par Fernand Bouisson, il comptait parmi ses membres Hypolite Worms. C'était l'époque où un débarquement en Syrie avait été décidé pour prendre les troupes turques à revers. La marine militaire fit appel au chef de la Maison Worms pour organiser très rapidement une base de débarquement, tâche qui fut menée à bien à partir des dépôts de Worms à Port-Saïd. Le ravitaillement continuel de la flotte de guerre en charbon anglais durant toutes les hostilités, la création d'un chantier de construction navale et l'organisation d'une base de débarquement en Syrie ont été les principaux titres à la Légion d'honneur que reçut, début 1923, Hypolite Worms. Dès 1920 le chef de la Maison Worms avait été nommé membre du Comité central des armateurs de France. Après la guerre de 1914-1918, la Maison eut une triple activité : le commerce du charbon, le transport maritime, la construction navale nouvellement créée. Les Services charbonniers s'adonnaient toujours, qu'il s'agisse de charbon de soute ou industriel, à l'importation d'anthracites gallois, mais ceci d'une façon moins exclusive. Ils avaient été, en effet, chargés de recevoir en France le charbon de la Ruhr qui nous était dû au titre des réparations. Après la fin de ces dernières, ils continuèrent à se ravitailler auprès des bassins de la Ruhr et, en plus, ils firent venir de la houille de Pologne où même ils installèrent des agences. Les Services maritimes eurent d'abord pour tâche, tout en recommençant leur activité, de reconstituer leur flotte dont la moitié avait été détruite pendant les hostilités. En plus du cabotage traditionnel repris normalement dans l'Atlantique, la Manche et la mer du Nord, de nouvelles lignes furent ouvertes vers l'Allemagne et la Baltique orientale. La présence en Méditerranée fut aussi renforcée. En janvier 1921, Worms & Cie, dont le siège social se situait depuis 1878 au 45, boulevard Haussmann à Paris, possédait des comptoirs à Dunkerque, Boulogne, Dieppe, Le Havre, Rouen, Le Trait, Caen, Concarneau, Audierne, Douarnenez, Brest, Saint-Nazaire, Nantes, Rochefort, Angoulême, Lille, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Bordeaux, Bayonne, Marseille et Toulon, à Alger, Pasajes (Espagne), Cardiff, Newcastle, Great Grimsby, Gool et Hull (Angleterre), Port-Saïd, Suez, Le Caire et Alexandrie (Égypte), Beyrouth (Syrie), Anvers (Belgique), Rotterdam (Hollande), Duisbourg et Hambourg (Allemagne), Dantzig et Varsovie (Pologne), Prague (Tchécoslovaquie) et Arkhangelsk (Russie). Cette énumération un peu longue permet pourtant de se faire une meilleure idée du réseau établi par la Maison dans notre hémisphère et de ses implantations dont la plus grande partie servait aussi bien à son activité maritime que charbonnière. En décembre 1925, la flotte des Services maritimes, reconstituée et complétée, comprenait en toute propriété 23 steamers dont une bonne partie portait le nom de crus prestigieux : Barsac, Bidassoa, Cantenac, Caudebec, Cérons, Château-Lafite, Château-Latour, Château-Palmer, Château-Yquem, Fronsac, Haut-Brion, Jumièges, la Mailleraye, Léoville, Listrac, Margaux, Pessac, Pomerol, Pontet-Canet, Sauternes, Séphora-Worms, Suzanne-et-Marie, Yainville. Les Chantiers de constructions maritimes du Trait menèrent à bien l'édification de leurs différents ateliers de 1918 à 1920. Huit cales furent progressivement construites et des équipements spécialisés permirent la fabrication des coques, des machines marines et des chaudières à vapeur. Le lancement du premier navire eut lieu le 29 novembre 1921 [en présence de M. Rio, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande]. C'était un charbonnier de 4.700 tonnes, le "Capitaine-Bonelli". Bien d'autres bateaux de tous types le suivirent, allant des navires de charge aux unités militaires de moyen tonnage et aux sous-marins. A la fin de l'année 1925, Hypolite Worms était désigné comme trésorier titulaire du Comité central des armateurs de France. Durant cette même année, Georges Majoux avait quitté Worms & Cie pour prendre sa retraite. Hypolite Worms et Michel Goudchaux demeuraient ainsi seuls associés gérants. Le chef de Maison pensa qu'il serait utile au développement de la société de s'adjoindre la collaboration d'un financier expert. Il s'en ouvrit, au début de 1926, à son ami, René Thion de La Chaume, président de la Banque de l'Indochine qui ressentait, lui aussi, la nécessité de structurer plus solidement la direction de son établissement. Des contacts eurent lieu avec de hauts fonctionnaires des Finances et il s'avéra que deux d'entre eux désiraient "pantoufler". Il s'agissait de Messieurs Paul Baudouin et Jacques Barnaud, amis de longue date, anciens élèves de l'École polytechnique, inspecteurs des Finances, ayant fait partie, en même temps, du cabinet du ministre des Finances Loucheur en novembre-décembre 1925. Aussi dans le courant de 1926, René Thion de La Chaume prit-il à ses côtés comme inspecteur général d'abord, puis comme directeur général, Paul Baudouin. Parallèlement, Hypolite Worms engagea, au même titre, Jacques Barnaud chez Worms & Cie en 1927. Ce dernier[2], après un "tour de Maison" qui le conduisit, entre autres, aux Chantiers du Trait et dans les agences du Havre, d'Angleterre et d'Égypte, vint effectivement occuper, au cours du 1er semestre de 1928, son poste de directeur général à Paris. - Les Services bancaires de Worms & Cie : 1928 - 1939 De la grande crise à la deuxième guerre mondiale - Dans les remous de l'après-guerre, l'inflation continua de sévir et les crises se succédèrent jusqu'au retour de Poincaré en 1926. Celui-ci se décida, le 25 juin 1928, à "stabiliser" le franc. En consacrant la perte de substance de la monnaie il fixa la nouvelle valeur du franc à 1/5e de celle du franc "germinal" (65,5 milligrammes d'or). La réévaluation de l'encaisse or de la Banque de France permit d'effacer les avances faites à l'État et le cours forcé fut supprimé sous certaines conditions. Comme les deux précédentes années, 1928 paraissait devoir être encore euphorique pour l'ensemble des banques qui voyaient affluer les dépôts à leurs caisses. Sur le plan économique, Hypolite Worms sentait monter la lente concurrence que le mazout commençait à faire au charbon. A l'époque, en effet, les usines et même les compagnies d'électricité s'équipaient de nouveaux groupes électrogènes mus par des moteurs "Diesel". Et ces mêmes moteurs trouvaient également leur emploi dans la marine. Aussi Hypolite Worms convint-il avec Jacques Barnaud d'entreprendre une activité nouvelle afin de renforcer la progression de sa Maison. Tourné vers l'Angleterre, uni lui-même à une anglaise, il connaissait parfaitement l'origine et l'évolution des "Merchant Banks" qui avaient toutes été, à leurs débuts, des maisons de commerce. Celles-ci, après avoir accru leurs ressources propres, avaient progressivement augmenté leur volume d'affaires et avaient été, de ce fait, amenées à utiliser le crédit en acceptant des traites tirées sur elles. Ces maisons anglaises rendirent des services identiques à d'autres maisons et en vinrent à accepter des traites étrangères en couverture de leurs propres transactions. Leurs acceptations pures et simples finirent par remplacer les opérations sur marchandises ; en suivant une telle évolution, ces commerçants britanniques devinrent des "Merchant Bankers". Worms & Cie, premier importateur de charbons étrangers en France, armateur, constructeur naval, était une Maison suffisamment connue pour entreprendre un commerce de banque sur le modèle des "Merchant Bankers", du moins au commencement. Mais en raison de ses relations et de sa clientèle, d'une part, et de l'esprit d'entreprise de ses associés, d'autre part, elle s'orienta bientôt vers une activité de banque d'affaires. Avec l'accord d'Hypolite Worms, Jacques Barnaud demanda à ses amis et anciens collègues de l'inspection des Finances, Henri Ardant, secrétaire général, et Maurice Lorain, secrétaire général-adjoint de la Société générale, de lui céder un cadre de banque pour la mise en route des Services bancaires de Worms & Cie. C'est de cette manière que Ferdinand Vial, inspecteur à la Société générale et ancien directeur de son agence de Saint-Etienne, entra début juillet 1928 à la Maison Worms & Cie, avec le titre de chef des Services bancaires[3]. Dès le 1er janvier 1929, Jacques Barnaud faisait appel à Erwyn Marin, cadre au ministère des Finances, qu'il avait bien connu et apprécié, rue de Rivoli. Au commencement du mois de juillet de la même année, il engageait Gabriel Le Roy Ladurie, jusque-là directeur à Katowice de la Banque franco-polonaise, filiale de la Banque de Paris et des Pays-Bas. Dès l'origine, Worms & Cie mit une dotation de dix millions de francs à la disposition de son département de banque. Les premières opérations bancaires traitées par les nouveaux services furent principalement des opérations par signature (acceptations de banque). Une partie de la clientèle habituelle du reste de la Maison devint petit à petit cliente des Services bancaires. Les liens de famille et les bonnes relations des associés et de la direction permirent aussi de s'attacher un certain nombre d'affaires dans diverses branches de l'industrie. Tel fut le cas dans le secteur du papier dont Emmanuel Fauchier-Delavigne, beau-frère d'un commanditaire de la Maison, propriétaire des papeteries Maunoury, était vice-président de la Chambre syndicale du commerce des papiers de France. De même dans l'activité de l'alimentation où Jacques Lebel, commanditaire de Worms & Cie, administrateur de la Banque des produits alimentaires et coloniaux, président du Syndicat des produits alimentaires en gros, vice-président du Groupement des industries alimentaires, fut fort utile aux débuts des Services bancaires. Enfin les relations d'affaires de Paul Leroy, également commanditaire, jouèrent favorablement puisqu'il était, entre autres, administrateur de la Société de transports et manutentions - Stemi, et des Chantiers et Ateliers de la Capelette. Les opérations par signature, l'escompte commercial, créèrent des dépôts qui permirent de nouvelles opérations. L'activité de la banque commerciale se trouvait ainsi bien amorcée. Mais bientôt, les Services bancaires s'intéressèrent aux opérations financières et de prise de participations. Dès 1928, Hypolite Worms et Jacques Barnaud abordèrent les grandes affaires internationales. Un groupe de banques formé sous les auspices de Lazard Frères (Paris-Londres et New York) et complété par Worms et Cie, Vernes et Cie, Morgan et Cie, Samuel et Cie et Kreuzer and Toll, fondait la French and Foreign Investing Corporation [ou French and Foreign Investors, Montréal, 437 Saint James Street]. Il s'agissait d'une société holding canadienne, au capital de 12 millions de dollars canadiens, qui avait pour objet la gérance d'un portefeuille de participations prises dans des affaires industrielles françaises ou étrangères. Hypolite Worms et Jacques Barnaud siégeaient tous deux au conseil d'administration. Mais les méfaits de la grande crise amenèrent les fondateurs à dissoudre par anticipation la société et à rembourser son capital. En 1929, la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur se trouvait en difficulté. La société Worms et Cie qui avait cautionné le paiement des droits de passage du canal de Suez, dus par la Compagnie havraise, et qui avait été amenée à les régler, se trouvait parmi les créanciers importants de cette dernière[4]. Hypolite Worms s'intéressa en tant qu'armateur à l'affaire et estima qu'elle méritait d'être sauvée. Il constitua le 26 mai 1930, avec le concours du Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, le CNEP, Schneider et Cie, la Compagnie générale des colonies et d'autres, une société d'exploitation de la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur au capital de 5 millions de francs. La crise qui sévissait alors, en particulier dans le domaine maritime, empêcha l'affaire de se redresser et elle fut mise en liquidation amiable. Le liquidateur, par acte du 29 décembre 1933, fit apport à la société d'exploitation de tout l'actif de la compagnie, à charge pour elle d'en payer le passif. Après règlement de cette transaction, la société d'exploitation se transforma en Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation qui retrouva progressivement un bel équilibre et dont Hypolite Worms assura la présidence jusqu'à sa mort en 1962. Ainsi, par le biais de ses opérations financières, Worms et Cie doublait ses Services maritimes par l'activité d'une nouvelle compagnie de navigation. Cette dernière exploitait des lignes de long courrier desservant l'Espagne, le Portugal, l'Algérie, l'océan Indien et Madagascar, et même, par l'océan Pacifique, la rive occidentale de l'Amérique du Sud. A la création de l'Ordre du mérite maritime, Hypolite Worms figura dans les premières nominations au grade d'officier (décret du 14 août 1930) en sa qualité de "chef de la Maison Worms et Cie". De 1925 à 1929, Hypolite Worms avait déjà siégé au conseil d'administration de la Société française d'entreprises de dragages et de travaux publics (SFEDTP) qui faisait partie du groupe Homberg. Après le krach de ce dernier durant la grande crise, Lazard Frères, Worms et Cie et la Banque de l'Indochine sauvèrent la SFEDTP, et en décembre 1931, Hypolite Worms reprenait sa place au conseil qu'il conservera jusqu'à son décès en 1962. Au début de 1931, Lazard Frères et Worms et Cie reprirent au groupe Bauer-Marchal le contrôle de la Société immobilière du boulevard Haussmann qui existait depuis 1913 et avait pour objet l'achèvement des aménagements immobiliers à l'entrée du boulevard Haussmann dont le percement était terminé. Mais la crise atteignit également le secteur du bâtiment et des travaux publics et la Société immobilière du boulevard Haussmann connut des déboires jusqu'au moment où la guerre interrompit pratiquement son activité. En juillet 1946, Worms et Cie céda ses intérêts à des sociétés du groupe de la Banque de Paris et des Pays-Bas qui était elle-même déjà entrée dans l'affaire en mars 1940. A la suite de la loi du 11 décembre 1932 qui fixait le statut de l'aviation marchande, un accord fut conclu entre les diverses compagnies aériennes et le gouvernement. Cet accord déboucha, à la fin du mois d'août 1933, sur la constitution définitive de la société Air-France, Jacques Barnaud fit partie du premier conseil d'administration comme représentant des intérêts que MM. Worms et Cie avaient, avant la fusion, dans le groupe d'Air-Union. La crise diamantaire et boursière obligea les Établissements Marret, Bonnin, Lebel et Guieu qui exploitaient un fond de fondeur d'or et de métaux précieux ainsi qu'un département bancaire, de conclure un accord avec leurs banquiers le 22 novembre 1932. Parmi eux, MM. Worms et Cie détachèrent de leurs Services bancaires Erwyn Marin comme administrateur-délégué auprès des Établissements Marret, Bonnin, Lebel et Guieu et Jacques Barnaud, associé gérant, fut chargé tant de leur gestion que de leur réorganisation. En 1938 le redressement était réalisé et en 1942 Erwyn Marin prenait la présidence du conseil d'administration. Par acte du 28 juin 1948 enfin, les deux départements de la société firent l'objet d'une cession : les métaux précieux furent repris par le Comptoir Lyon-Alemand et le département de la banque continua son activité en devenant la Société de financement, participation et gestion. Worms et Cie avait présidé à la bonne fin de ces diverses opérations. A la fin de 1934, un groupe de banques à la tête duquel se trouvaient la Banque de l'Indochine, Worms et Cie et le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, procéda à la réorganisation financière de la Société d'entreprises de grands travaux hydrauliques - EGTH. En novembre 1936, Paul Baudouin, directeur général de la Banque de l'Indochine, assuma la présidence du conseil et la société Worms et Cie fut représentée par MM. Rigal, Rialan et Lauret. Ce dernier devenait à son tour président en 1939. Pendant la guerre, la Banque de l'Indochine s'assura la majorité au conseil et présida dès lors aux destinées de la Société EGTH avec l'aide de Worms et Cie. L'ensemble de ces prises de participation put être réalisé non seulement avec la dotation des Services bancaires, mais aussi grâce aux ressources dont disposaient MM. Worms et Cie. Les nouvelles affaires amenèrent aussi bien des dépôts que des possibilités de remplois et permirent l'accroissement progressif du département de la banque. Mais elles firent, parmi les nouveaux membres de la direction, des ponctions en hommes, qu'il fallut colmater. Jacques Barnaud, devenu associé-gérant au commencement de janvier 1930, fut de plus en plus occupé par les responsabilités assumées dans des sociétés où MM. Worms et Cie avaient pris des intérêts. Erwyn Marin s'en alla, en février 1931[5], assurer exclusivement la réorganisation des Établissements Marret, Bonnin, Lebel et Guieu. Aussi, la Maison engagea-t-elle, dès octobre 1932, Raymond Meynial, jeune inspecteur de la Société générale qui était nommé, début 1933, fondé de pouvoir des Services bancaires. Puis ce fut Lucien Guérin qui y entra en juillet 1934. Il avait été jusque-là fondé de pouvoir de la Banque de Suède et de Paris et continua son activité de fondé de pouvoir chez MM. Worms et Cie en leur apportant une ouverture nouvelle vers les pays nordiques et scandinaves. C'est à l'occasion de l'augmentation de capital de douze à quatorze millions des Entreprises Albert Cochery, décidée en son conseil d'administration du 25 octobre 1934, que Worms et Cie s'intéressa à cette affaire et eut un siège au conseil, occupé par la suite par Guy Brocard. Ce dernier, qui avait été inspecteur au Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, puis à la Société générale alsacienne de banque, était entré comme fondé de pouvoir, en janvier 1937, dans les Services bancaires de Worms et Cie. Hypolite Worms, très attentif au problème du ravitaillement en produits pétroliers, créait en janvier 1936, avec le concours d'un groupe anglais ami, la Société de courtage et d'affrètement pétroliers. Celle-ci avait pour objet l'importation, le transit et le commerce des huiles minérales de pétrole et dérivés, l'affrètement de navires citernes et le transport en général de tout produit pétrolier. Raymond Meynial représentait la Maison au conseil d'administration. Malheureusement, la guerre et l'occupation allemande obligèrent la société à se dissoudre par anticipation, le 31 octobre 1940, en raison de la participation anglaise. Fin juin 1936, Ferdinand Vial quittait le département de la Banque pour d'autres fonctions dans le Groupe Worms. A partir de cette date Gabriel Le Roy Ladurie prit la tête des Services bancaires en qualité de directeur et s'imposa définitivement par sa haute compétence et ses ressources étendues en contacts humains et de meneur d'hommes. Mais la direction demandait d être à nouveau étoffée et Guy Brocard vint, au tout début de 1937, lui apporter son concours. Aux assemblées de mai et d'octobre 1937, MM. Worms et Cie figuraient parmi les deux plus forts actionnaires de la Société française des distilleries de l'Indochine et en 1938 Hypolite Worms vint siéger au conseil aux cotés de son ami René Thion de La Chaume qui allait décéder prématurément le 3 janvier 1940, et fut alors remplacé par Paul Baudouin. Dans le courant de 1938, la compagnie d'assurances contre les accidents La Préservatrice se trouva en mauvaise posture. Sur les instances du gouvernement, certaines compagnies d'assurances furent invitées à soutenir La Préservatrice dont la réorganisation incomba à Worms et Cie. En avril 1939, une nouvelle direction fut mise en place avec Jean Vinson comme secrétaire général. Dès le mois d'août de la même année le conseil désigna comme administrateur-délégué Robert Cousin qui peu après accéda à la présidence. Le rétablissement de la société s'effectua ainsi progressivement et Raymond Meynial vint en juin 1943 y contribuer en qualité d'administrateur. Au printemps de 1948, Guy Taittinger, administrateur de la Société Taittinger, qui était entré chez Worms et Cie en novembre 1947, rejoignit Raymond Meynial au conseil de La Préservatrice et y renforça la présence de notre Maison. C'est en mai de cette même année 1938 que Robert Labbé fit son entrée chez MM. Worms et Cie, comme fondé de pouvoir à signature unique. Il venait de quitter la rue de Rivoli où il avait été jusque-là inspecteur des Finances depuis sa promotion en 1931. Il allait devenir associé en 1940 et associé-gérant en 1944. Devant le réarmement intensif de l'Allemagne et l'"Anschluss" de l'Autriche, le gouvernement français, anxieux d'une guerre éventuelle, s'inquiéta des moyens de ravitaillement en pétrole de la France. Par décret du 17 juin 1938, le gouvernement demanda à l'Office national des combustibles liquides (ONCL) d'apporter son concours, sous forme de participation au capital et de garantie des emprunts, à une société à créer dans le but d'augmenter le tonnage français en pétroliers. Hypolite Worms, pressenti, accepta de constituer une telle société qui vit le jour le 19 septembre 1938 sous la raison sociale Société française de transports pétroliers. Il s'agissait, en fait, d'une société d'économie mixte au capital initial de 30 millions de francs. L'État s'était réservé 30% de celui-ci par l'intermédiaire de l'ONCL et un groupe privé souscrivit les 70% restants. Ce groupe privé réunissait autour de Worms et Cie, MM. Louis Dreyfus et Cie, Desmarais Frères, la Compagnie navale des pétroles, la Compagnie auxiliaire de navigation et Saint-Gobain. Son objet immédiat était d'acquérir, d'armer et d'exploiter des navires-citernes pétroliers pour développer de 25 à 30% au moins le tonnage français en unités de ce type. Dans ce but, une lettre de mission avait été remise, fin juillet déjà, à Worms et Cie, signée par Édouard Daladier[6] - alors chef du gouvernement - en tant que ministre de la Défense nationale, afin de lui faciliter toutes démarches en raison même des circonstances. Le financement de l'achat des pétroliers devait être assuré par l'émission d'un emprunt obligataire de 200 millions (assorti de la garantie de l'ON?L) qui fut effectivement mis sur le marché financier en janvier 1939. Mais, vu l'urgence des besoins en navires-citernes pétroliers, la direction des Services bancaires de Worms et Cie négocia auprès de la Caisse des dépôts et consignations une avance sur les 200 millions d'obligations à venir. Simultanément des membres de la direction se rendirent en Scandinavie, en Angleterre et en Hollande pour y acheter des navires pétroliers. A Rotterdam deux gros tankers se trouvaient justement mis aux enchères à ce moment-là, à la suite de la faillite de leur propriétaire, une compagnie allemande de Hambourg. Worms et Cie réussit à les acquérir sur l'heure pour compte de la SFTP. Fin septembre 1938, Hypolite Worms, président de la toute nouvelle Société française de transports pétroliers, en compagnie d'Anatole de Monzie, ministre des Transports, accueillait au Havre les deux pétroliers allemands et assistait à la cérémonie au cours de laquelle ils furent "francisés" et rebaptisés. L'achat de six autres tankers de plus faible contenance compléta le tonnage nécessaire à l'augmentation d'un bon tiers de la capacité française en transport pétrolier, soit à peu près de 115.000 tonnes. Le complément de leur financement fut négocié auprès de banquiers hollandais amis, sous forme d'emprunts à long terme. Pour le fonctionnement de la SFTP, l'État s'était engagé, en principe, à garantir l'affrètement de ces unités au cours mondial majoré d'un faible intérêt rémunérant le capital investi et permettant surtout de faire face aux charges des emprunts. De toute façon, au moment où la guerre éclata, l'ensemble de la flotte marchande fut réquisitionné. Hypolite Worms, fondateur de la SFTP, assuma d'une façon continue et jusqu'à la fin de sa vie, la présidence de la société à laquelle il accorda toujours une attention particulière. L'année suivante, en 1939, MM. Worms et Cie apportèrent leur concours financier aux Établissements Japy Frères. Ils assurèrent la réorganisation de l'affaire et souscrivirent à la nouvelle augmentation de capital. Au mois d'octobre de la même année, Jean Vinson, secrétaire général de La Préservatrice entrait au conseil en même temps que Roger Paringaux devenait secrétaire général de la société. Depuis lors, Worms et Cie présida à toutes les opérations financières qui eurent lieu pour permettre aux Établissements Japy de poursuivre leur marche en avant. C'est également en 1939 qu'Hypolite Worms vint prendre place au conseil d'administration de la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest, société d'armement maritime, de construction et de location de navires. En 1946, après la guerre, à l'occasion d'une nouvelle augmentation de capital, il fut rejoint au conseil par Anatole Bucquet, directeur général de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation qui était devenue à l'époque l'un des fleurons du Groupe Worms. Durant la période allant de 1928 à 1939, MM. Worms et Cie et leurs Services bancaires se sont intéressés à bien d'autres sociétés ; seules les plus significatives ont été évoquées ici, soit à cause de leur succès, soit même en raison des difficultés qu'elles ont eu à surmonter. N'existe-t-il pas toute une littérature expliquant que la Banque est un "métier du risque" ? Juste avant la deuxième guerre mondiale, les principaux correspondants étrangers des Services bancaires étaient : A Londres - N. Samuel and C° Ltd. - Westminster Bank - Hambros Bank Ltd. - Lazard Brothers and C° Ltd. A New-York - Brown Brothers Harrimann and C° - Guaranty Trust Cy of New-York - Additif au chapitre : Les Services bancaires de Worms & Cie : 1928-1939 - Le 1er octobre 1929, MM. Worms & Cie créaient avec Lazard Frères et la Société générale, l'Union immobilière pour la France et l'étranger (Unife), au capital d'un million de francs. L'objet de la société comportait "toutes opérations immobilières" et les opérations de banque. Le conseil était présidé par Hypolite Worms et se trouvait composé de Jacques Barnaud. David-Weill et Frédéric Bloch-Lainé (Lazard), Henri Ardant et Robert Couteaux (Société générale). En Juin 1930. MM. Worms & Cie participaient à la constitution de la Société franco-persane de recherches aux côtés de la BUP, de la BNC, de l'Union des mines, de Pechelbronn, de la société Constructions des Batignolles, de l'Union européenne. Cette affaire de recherches pétrolières en Iran, au capital de 10 millions de francs, deviendra en 1935 la Société franco-iranienne de recherches. Dans le courant du 2ème semestre de 1930, MM. Worms & Cie prirent une participation dans la Société lyonnaise des eaux et de l'éclairage. A l'Assemblée générale du 24 juin 1931, Jacques Barnaud était désigné comme administrateur, poste qu'il occupera jusqu'à la fin de 1940. Le 20 janvier 1932, Jacques Barnaud se voyait désigné comme administrateur de la société Le Portefeuille industriel dont l'objet était la souscription de tous titres français ou étrangers et qui avait été créée en 1924. Paul Baudouin représentera la Banque de l'Indochine au conseil depuis juillet 1933 et Jacques Barnaud cédera son poste d'administrateur à Gabriel Le Roy Ladurie en 1935. Au cours de l'année 1933, le Groupe Worms est entré dans Estrellas Mining and Finance Corporation, société anonyme canadienne de recherches et d'exploitation minières. Aux côtés de Paul Baudouin vint siéger au conseil Jacques Barnaud qui allait même en prendre la présidence. La Banque de l'Indochine créait le 1er août 1934, avec le concours de Worms & Cie entre autres, la Compagnie minière coloniale au conseil de laquelle vint siéger Jacques Barnaud. En avril 1936, la société Worms & Cie participa à la réorganisation financière de la Société pour l'approvisionnement des consommateurs d'huiles combustibles ; en rémunération de ses créances, elle reçut 3.900 actions de la nouvelle société Huilcombus, société française des huiles combustibles, et elle fut représentée au conseil par Michel Goudchaux et par Hypolite Worms. Début 1937. MM. Worms & Cie prirent des intérêts dans La Réunion française et Compagnie d'assurances universelles réunies et Hypolite Worms entra au conseil d'administration de cette société. A l'Assemblée du 10 octobre 1947, il était encore réélu. - Les Services Bancaires : 1940-1944 La guerre et la France occupée - Comme dans beaucoup d'entreprises, la guerre allait fortement perturber l'activité de la haute direction chez Worms & Cie. Certains responsables de la Maison furent mobilisés, d'autres chargés de missions spéciales par le gouvernement, d'autres enfin, appelés à exercer des responsabilités au sein d'un ministère. Messieurs Meynial, Guérin et Brocard durent répondre, dès le début, à l'ordre de mobilisation. Les deux premiers furent par la suite affectés à une mission déterminée. Hypolite Worms, quant à lui, se voyait appelé en novembre 1939, simultanément par Anatole de Monzie, ministre des Transports, et par Alphonse Rio, ministre de la Marine marchande, qui lui demandèrent de faire partie du nouveau Comité des transports maritimes alors en formation. Voici comment Anatole de Monzie relate, dans son livre "Ci-devant" (pages 178-179), les raisons et le déroulement de cette entrevue : « L'expérience des années 1914-1915 et 1916 nous rend attentifs à l'importance de ce Comité des transports maritimes dont nous sommes chargés, Rio, ministre de la Marine marchande, et moi, de désigner les représentants. C'est ainsi que nous sommes amenés à choisir comme chef de la délégation française (devant résider à Londres en liaison avec les autorités anglaises) M. Hypolite Worms, armateur, l'un des trois ou quatre armateurs expérimentés que possède encore le haut personnel de notre flotte marchande. Je connais Hypolite Worms depuis vingt-deux ans, pour avoir éprouvé ses mérites quand j'étais, en 1917, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande. Dans cet intervalle, il a perfectionné sa technique, accru son autorité, affermi son crédit en Angleterre où il a pris femme et gendre. Il hésite, discute ; Rio et moi insistons. Ce 29 novembre (1939), il part avec l'ordre de mission suivant : "Monsieur Hypolite Worms est chargé d'une mission spéciale en Angleterre. Il est désigné comme chef de la délégation française à l'exécutif franco-anglais des Transports maritimes, et sera, dans ses fonctions, assisté de M. Cangardel, chef de la mission des Transports maritimes à Londres. En cette qualité, il sera plus particulièrement chargé des négociations avec les représentants anglais et des arrangements qui devront être étudiés par l'exécutif des Transports maritimes, conformément au programme qui lui sera transmis par MM. Daladier et Chamberlain. M. Hypolite Worms, assisté de M. Cangardel, sera chargé de représenter la France dans toutes les négociations interalliées relatives à l'achat et à l'affrètement des bateaux neutres." » En fait, Hypolite Worms venait d'être nommé président de la section française de la Commission interalliée pour la Marine marchande. Le siège de la mission française était situé au 2, Dean Stanley Street à Londres et le chef de la Maison Worms y arriva donc le dernier jour de novembre 1939, accompagné de son cousin Robert Labbé et du directeur adjoint de ses Services bancaires, Raymond Meynial. Pour plus de commodité et à l'invitation du ministre britannique, Hypolite Worms alla ensuite s'installer dans les bureaux qui lui étaient réservés au Ministry of Shipping, Berkeley-Square, juste au-dessus du ministre. Au moment de la débâcle et des premiers pourparlers en vue d'un armistice, Hypolite Worms, usant de ses pleins pouvoirs, transféra à l'Angleterre la libre disposition de notre flotte marchande réquisitionnée. Ce transfert s'effectua selon des accords signés à Londres qu'on nomma par la suite Accords Worms et qui furent conclus le 4 juillet 1940. Sa mission terminée et malgré les risques qu'il courait en raison des lois raciales allemandes, Hypolite Worms jugea qu'il ne pouvait abandonner sa Maison pendant toute la durée des hostilités. Dès l'armistice franco-allemand, il s'embarqua pour revenir en France, via le Portugal et Vichy, où il rendit compte des Accords Worms à l'amiral Darlan. II regagna ensuite Paris en pleine occupation et subit alors une très violente campagne de presse spécialement dirigée contre sa personne par des journaux favorables aux Allemands, comme "l'Oeuvre" ou "Au Pilori". "Paris-Soir" crut même devoir surenchérir en consacrant au chef de la Maison Worms quatre importants articles dans ses numéros des 21, 22 et 23 octobre et 3 novembre 1940. L'une des éditions du premier article portait en titre : « Grâce à un Juif converti, les Anglais avaient accaparé notre flotte marchande », et une autre : « Il faut supprimer les trusts ». « Des Juifs ont renié leur origine... Ils n'ont pas pour cela changé de méthode. C'est un de ces convertis qui permit à l'Angleterre de s'emparer de notre flotte de commerce ». Et dans le texte de l'article, on y relevait les traits suivants : « Il est particulièrement intolérable de penser que certaines firmes, grâce à la conversion de leurs chefs, pourront continuer leur activité pernicieuse... Comment peut-on tolérer, par exemple, que M. Hypolite Worms, qui fut pendant la guerre de 1939-1940, chef de la délégation française à Londres, puisse encore exercer une activité quelconque ?... Hypolite Worms a, par son action raisonnée, centralisé toute l'oeuvre de la flotte de commerce française en Angleterre... La flotte de commerce française, dont les intérêts avaient été confiés à ce bizarre représentant, se trouvait ainsi entièrement placée entre les mains de l'Angleterre. Cette mainmise préparait le coup le plus cruel qui ait atteint notre flotte de commerce et nos marins... » Quant à Jacques Barnaud, principal associé à l'époque d'Hypolite Worms, il avait également été convoqué de son coté, en décembre 1939, par Paul Reynaud, ministre des Finances et par Yves Bouthillier, secrétaire général du même ministère, qui lui demandèrent, en raison de sa qualité d'ancien directeur-adjoint du Mouvement général des fonds, de prendre en main le département des finances extérieures, en particulier des disponibilités en devises, du contrôle des achats à l'étranger et de leur règlement en devises. Au moment de l'exode, en juin 1940, le ministre de la Marine marchande fixa à MM. Worms & Cie la ville de Nantes comme base de repli. Jacques Barnaud s'y rendit avec une partie de la Maison, ceci en l'absence d'Hypolite Worms qui se trouvait encore en mission à Londres. De là, Jacques Barnaud fut appelé à Bordeaux par Yves Bouthillier, devenu ministre des Finances, qui le nomma sur l'heure, aux questions économiques franco-allemandes, adjoint de Léon Noël, délégué général du gouvernement pour les régions occupées. Cette mission ne dura que jusqu'à la fin du mois de juillet 1940. Le 3, 4 juillet,- dans le nouveau ministère, René Belin était devenu ministre du Travail et de la Production industrielle à Vichy. Il rappela de Paris Jacques Barnaud pour lui confier le poste de directeur de cabinet. C'est ainsi que l'un des associés d'Hypolite Worms fut amené, à titre personnel, à accepter des fonctions officielles jusqu'à l'occupation totale de la France, en novembre 1942, époque où il démissionna après avoir mené pendant deux ans une lutte serrée pour retarder au maximum la mainmise de l'Allemagne sur l'industrie et la main d'oeuvre françaises. Robert Aron a fort bien décrit ce combat d'arrière-garde dans son Histoire de l'Épuration (T. III (l), pages 118 à 131 et 149 à 153). L'ordonnance allemande du 20 mai 1940 prévoyait la nomination d'un commissaire aryen dans toutes les entreprises israélites des pays occupés. Hypolite Worms, bien que chrétien par le baptême, sentait peser sur sa Maison la menace de l'ordonnance allemande. Pour la prévenir, il demanda à Jacques Brunet, directeur du Trésor, de prendre les devants et de désigner un administrateur provisoire auprès de Worms & Cie. La personne choisie pour ce rôle fut Olivier de Sèze, inspecteur de la Banque de France. De leur côté, les autorités allemandes imposèrent à la Maison Worms, le 25 octobre 1940, la présence d'un de leurs commissaires. C'est ainsi que Wilhelm Beines von Ziegesar, précédemment directeur de la succursale de Cottbus de la Commerzial und Privat Bank A.G., Commerzial Bank à Berlin, vint s'installer au 45, boulevard Haussmann, le 30 octobre 1940, en y faisant afficher ses pleins pouvoirs. En raison de leurs attaches israélites et anglaises, MM. Worms & Cie et leurs Services bancaires furent la seule banque française, en dehors de la Banque de France et des banques étrangères établies en France, à subir chez elle l'autorité d'un commissaire allemand. Mais dès le 1er juillet 1941, Beines von Ziegesar, considéré par les autorités allemandes comme insuffisamment énergique, fut remplacé par le docteur en droit et juriste Freiherr von Falkenhausen, fonctionnaire qui dépendait de la Deutsche Bank. Aussi n'est-on pas surpris de trouver dans le témoignage rédigé au jour le jour, de Pierre Nicolle, contenu dans son livre Cinquante mois d'armistice (T. I page 292-293) le passage suivant à la date du 28 juillet 1941 : « Le double jeu de la Banque Worms et de son équipe apparaît de plus en plus clairement. On veut bien faire des accords financiers au profit de certains intérêts particuliers, mais de collaboration réelle il n'en est pas question. L'impression est que l'équipe Worms est prête à appuyer le mouvement anglophile et gaulliste pour défendre mieux les intérêts des puissances financières françaises... » Rien d'étonnant en effet, quand on se rappelle qu'Hypolite Worms avait épousé une Anglaise et que son gendre, Robert Clive était également de nationalité britannique et fils de l'ancien ambassadeur de Grande Bretagne au Japon. De plus, les relations d'affaires de la Maison Worms avec l'Angleterre remontaient à 1848 et ses importations de charbon comportaient encore en 1939 pour près de 60 % d'anthracites gallois. Afin de soustraire, dans la mesure du possible, la Maison au contrôle exercé par l'autorité d'occupation et pour permettre également à la clientèle d'effectuer avec plus de liberté aussi bien des dépôts que des opérations de banque de toutes natures, Hypolite Worms et ses collaborateurs Le Roy Ladurie et Raymond Meynial décidèrent de créer une succursale des Services bancaires en zone libre. Dans cette perspective la place de Lyon parut d'abord convenir, mais finalement c'est la ville de Marseille qui offrit, dans les circonstances du moment, l'accueil le plus favorable à l'implantation projetée. La nouvelle agence y fut ouverte le 1er novembre 1940, hébergée par les Services maritimes et mise en route par Lucien Guérin qui se trouvait promu délégué de la direction générale en zone libre. Pour desserrer encore un peu plus l'étreinte de l'occupation en zone nord et la menace virtuelle qui pesait sur la zone sud, il fut décidé de fonder une deuxième agence des Services bancaires, cette fois, de l'autre côté de la Méditerranée, à Alger. La direction avait engagé, début 1941, Robert Dubost qui avait acquis une solide formation à la Banque franco-chinoise à Lyon. Le 1er juin, bénéficiant de nouveau de l'hospitalité des Services maritimes, la succursale d'Alger voyait le jour sous la direction de Lucien Guérin et de Robert Dubost. La nouvelle agence se développa rapidement mais se trouva coupée, lors du débarquement américain en novembre 1942, de tout contact avec la métropole. Réduite à ses propres forces, elle continua à grandir et à prospérer non sans vigueur. Durant la guerre de 1939-1944, c'est-à-dire pendant une période particulièrement difficile, MM. Worms & Cie et leurs Services bancaires continuèrent à réaliser des opérations financières et de participation. Leur activité sur le marché financier s'opéra le plus souvent de concert avec un groupe de banques. Seules les opérations les plus importantes seront évoquées ici. C'est à l'occasion de la transformation de SARL en société anonyme, par acte du 23 septembre 1940, de la Manufacture centrale des machines agricoles C. Puzenat et de la création par celle-ci de parts bénéficiaires que Worms et Cie entra au conseil de cette société. Au début de 1941, la Maison créait la Société de courtage maritime et d'études (SARL) qui, en fait, reprenait la suite de la Société de courtage et d'affrètements pétroliers, dissoute obligatoirement à la fin de 1940, en raison de la présence d'intérêts anglais. En juin 1941, elle fut transformée en société anonyme et devint la Société de courtage maritime et d'études (Socomet) au conseil de laquelle siégea Raymond Meynial. MM. Worms & Cie s'intéressèrent en septembre 1941, aux Mines de Charrier et à la fin d'octobre ils préparèrent la cotation en bourse des actions des Établissements Japy Frères, ainsi qu'une augmentation de capital des Entreprises Albert Cochery. Les Services bancaires servirent aussi comme établissement réservataire de l'émission d'actions nouvelles des Entreprises de grands travaux hydrauliques et assurèrent l'introduction à la bourse de Paris des titres de La Préservatrice, en décembre 1941. Au commencement de l'année 1942, la société Worms & Cie assumait le service financier de l'augmentation de capital de dix millions de la Société générale des matières grasses et figurait parmi les membres du conseil d'administration représentée par MM. Foulonneau et Pitavino. Cette affaire détenait plus de 30.000 titres des Établissements Fournier-Ferrier qui furent ainsi indirectement contrôlés par Worms. En juin 1942, les Services bancaires procédèrent aux opérations d'augmentation du capital de la Société des produits chimiques des terres rares et Raymond Meynial représenta Worms & Cie au conseil d'administration, alors qu'à la même époque, Gabriel Le Roy Ladurie, à l'occasion également d'une élévation de capital, siégea au conseil de la Société française de sablières. Un nouvel emprunt obligataire de 200 millions fut décidé dans le courant juin 1942 par la Société française de transports pétroliers et émis par les soins des Services financiers de Worms & Cie. Une augmentation de capital de la Société des peintures Astral Celluco eut lieu en septembre de la même année, sous les auspices des Services bancaires de Worms. Au commencement de l'année 1943, la Société Worms & Cie apporta son aide au doublement de capital de La Préservatrice-Vie. En février, la Maison patronna l'émission des actions nouvelles des Ateliers Moisant Laurent Savey, de même que l'introduction sur le marché financier, au mois de mars, d'un emprunt obligataire émis par les Établissements Japy Frères. En compagnie de la Banque transatlantique, du Crédit algérien, du Crédit commercial de France, des Banques Bonnasse et Maurel Frères, MM. Worms & Cie assuraient, fin 1943, le placement d'un emprunt obligataire émis par les Établissements Fournier-Ferrier dont ils détenaient le contrôle. Au début de 1944, les Services bancaires dirigèrent les opérations d'une augmentation de capital de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation, société qui faisait partie de leur groupe. A la même date, la Maison s'intéressa à la réorganisation financière et à l'accroissement des capitaux sociaux des Grands Magasins Au Bon Marché, opération à laquelle participèrent également Vernes & Cie et Odier-Bungener & Cie. De juin à septembre 1944, la Nation retrouva enfin la disposition quasi totale de son territoire. Mais les passions partisanes se déchaînèrent en raison de longues suspicions dues à l'occupation et souvent mal fondées. C'est parce que Jacques Barnaud avait accepté des fonctions officielles à Vichy, de juillet 1940 à début décembre 1942, et que les responsabilités qu'avait assumées Pierre Pucheu dans le gouvernement du maréchal Pétain à titre personnel et après avoir démissionné de la présidence des Établissements Japy Frères pesaient lourdement sur l'image de marque du Groupe Worms à la libération, qu'Hypolite Worms fut inquiété. La presse du 9 septembre 1944 faisait état de son arrestation la veille, ainsi que de celle de Gabriel Le Roy Ladurie, directeur des Services bancaires. Hypolite Worms fut remis en liberté provisoire le 21 janvier 1945, mais dut encore rester pendant quelques mois en résidence surveillée, ceci jusqu'au moment où l'enquête menée en son endroit aboutit à un non lieu[7]. Le Roy Ladurie, dès sa sortie de détention, qui coïncida avec celle du chef de la Maison, alla combattre les troupes allemandes dans les rangs de l'armée de Lattre. Jacques Barnaud, qui n'avait plus accepté d'émoluments de la Maison Worms durant ses fonctions officielles et avait même refusé tout traitement du gouvernement de Vichy, devant les mesures prises à l'encontre d'Hypolite Worms qu'il considérait comme injustifiées, adressa à MM. Worms et Cie une lettre de démission loyale et courageuse, en date du 14 septembre 1944 : « Messieurs, Un des nôtres, M. Hypolite Worms, a été arrêté pour des motifs que j'ignore, mais je crains que cette décision ait pu être influencée par les fonctions officielles que j'ai occupées depuis l'armistice de juin 1940 jusqu'au mois de novembre 1942. Vous savez que ces fonctions que j'ai cru devoir accepter pour servir notre pays dans la période la plus douloureuse de son histoire, n'ont eu aucune influence sur la vie de notre maison dont j'ai cessé entièrement de m'occuper durant cette période. Vous savez également que si je n'ai pas alors abandonné mes fonctions de gérant c'est qu'il eut été impossible à cette époque de reconstituer normalement la gérance de notre maison sans lui faire courir les plus grands périls. Mais j'estimerais profondément injuste qu'aujourd'hui M. Hypolite Worms, ou notre maison, pût souffrir d'avoir comme associé-gérant un homme qui a cru devoir servir officiellement son pays sous l'occupation allemande. C'est la raison pour laquelle je vous remets ma démission de gérant de la Maison Worms et Cie, en vous demandant qu'il me soit fait application des art. 11 et 15 des statuts. Je vous prie d'agréer, Messieurs, l'expression de mon bien fidèle souvenir. Barnaud » L'internement d'Hypolite Worms paraissait d'autant plus absurde qu'il avait, de sa propre autorité, lors de l'armistice franco-allemand, confié à l'Angleterre le sort de la flotte de commerce française, qu'il avait de ce fait subi la hargne d'une presse soumise à l'occupant, que cet occupant lui avait imposé la présence et le contrôle d'un commissaire dans la Maison qu'il dirigeait, et que lié à une femme anglaise et à un gendre anglais, il avait vécu, la guerre durant, avec l'idée de la victoire finale des Anglo-Saxons.[8] L'absence d'Hypolite Worms et la démission de Jacques Barnaud étaient deux événements si importants qu'ils risquaient de décapiter la Maison. Aussi, par acte du 18 septembre 1944, Robert Labbé, déjà associé, fut-il coopté comme associé-gérant et Raymond Meynial nommé gérant statutaire, Guy Brocard prenant alors la direction des Services bancaires. Le 12 octobre, Jacques Barnaud se voyait, lui aussi, interné par mesure administrative et la presse du 14, s'en faisait l'écho. Sa mise en liberté fut proposée le 12 juillet 1945, mais la haute cour de justice s'y opposa et lança contre lui un mandat de dépôt le 5 décembre 1945. Ce fut seulement le 20 juin 1946 qu'il bénéficia d'une mise en liberté provisoire et finalement le 26 janvier 1949, un non lieu était prononcé à son égard. Jacques Barnaud payait ainsi chèrement les conséquences des fonctions qu'il avait acceptées à Vichy (1940-1942) et par contrecoup la Maison Worms, dont il était resté l'un des principaux associés-gérants, fut également suspectée. La crainte de ce fait avait d'ailleurs été textuellement exprimée par Jacques Barnaud lui-même, dans sa lettre de démission du 14 septembre 1944. Une commission d'enquête vint éplucher les livres des Services bancaires. On peut se faire une idée assez exacte de ce qui s'était réellement passé, en consultant les rapports des experts désignés par la cour de justice[9], pour examiner les opérations traitées pendant l'occupation, par le département bancaire de Worms & Cie et qui figurent en partie dans les dépositions publiées par la Commission parlementaire d'enquête sur les événements survenus en France de 1933 à 1945 (Tome TIII, pages 2281 à 2328). Dans ces dépositions on relève que le commissaire allemand se faisait communiquer tout le courrier et qu'il recommandait certains amis et certaines sociétés, que le montant des découverts consentis à des ressortissants ou entreprises allemands, sur injonction du commissaire allemand, fut de 1 million en janvier 1941, puis s'est élevé à un maximum de 7 millions en février 1941, enfin s'amenuisa jusqu'à disparaître totalement dès février 1942. Quant aux avances faites aux fournisseurs français qui travaillaient le plus souvent sous réquisition pour la Kriegsmarine, elles avaient lieu sur ordre du commissaire allemand et évoluèrent, d'après le rapport d'expertise, entre 8 millions à la fin de 1941, 6 millions à la fin de 1942, et 1,8 millions à la fin de 1943. Et le rapport de conclure que la quasi-totalité de ce dernier montant dut être passé en créances irrécouvrables d'abord, puis purement et simplement en pertes que les Services bancaires durent éponger. Pour l'ensemble des quatre années 1941-1944, le montant cumulé des accréditifs simples et documentaires sur l'Allemagne fut chez Worms et Cie de 161 millions, payés pour 80% par la Commerz Bank et pour 12% par la Deutsche Bank. Se référant aux publications de la Banque de France, le rapport d'expertise indique que l'ensemble des transferts effectués par le clearing franco-allemand pendant l'occupation s'est élevé à l'exportation à 196.480 millions et que le chiffre correspondant pour les Services bancaires de Worms et Cie, ayant été que de 161 millions durant la même période, a donc été infime. Le pourcentage de l'ensemble des opérations passées par le clearing franco-allemand, pour Worms et Cie, n'a atteint que 1,47% du total des opérations effectuées par la même voie, par toutes les banques de la place (pourcentage ressortant du compte de compensation de la Reichs Kredit Kasse de Paris), alors que l'activité de ses Services bancaires en chambre de compensation était plus du double, soit 3 environ à la même époque. Enfin, les opérations effectuées par le département bancaire de la Maison avec l'Allemagne pendant la guerre ne représentaient que 9,8% de l'ensemble de leur activité ; mais les gains réalisés par eux dans le secteur allemand (pertes déduites) se révélèrent encore moindres puisque de 3,8% seulement du total de leurs bénéfices. Les résultats de cette expertise amenèrent à conclure que les Services bancaires de Worms et Cie ont travaillé deux fois moins avec l'Allemagne que leur pourcentage normal en chambre de compensation des banquiers de Paris ne pouvait le laisser supposer et que les gains réalisés dans le secteur allemand avaient été en définitive deux fois et demie moins lucratifs que ceux des autres secteurs géographiques. Une telle enquête a fini par révéler l'attitude profonde qu'Hypolite Worms eut pendant la guerre envers l'Allemagne, c'est-à-dire son attitude réellement négative envers l'occupant. - Les Services bancaires : 1945-1962 Reconstruction et nouvel essor - La guerre terminée, il fallut réparer les dégâts subis et reconstruire ce qui avait été détruit durant le temps des hostilités. Les Services maritimes de Worms et Cie eurent à se réorganiser ; pendant près de cinq ans ils n'avaient plus eu à administrer leur propre flotte du fait qu'elle se trouvait réquisitionnée. La reconstitution de celle-ci fut une oeuvre encore plus importante puisque quatorze unités sur vingt-quatre avaient été détruites, dont les plus belles. Après trois ans et demi d'efforts, l'armement Worms disposa d'un tonnage équivalent à celui de 1939 et qui fut dépassé par la suite. Le pavillon Worms réapparut bientôt en Méditerranée dans le cadre du cabotage national et reprit également les anciens sillages en mer du Nord, vers la Scandinavie en particulier, sur le plan du cabotage international. L'accélération des moyens de transport, le prix de plus en plus élevé des droits de quai et d'affrètement conduisirent les Services maritimes à industrialiser autant que possible leurs activités de consignation, de manutention et de transit afin de hâter au maximum les opérations de chargement et de déchargement. Parallèlement furent créés en 1946 des services de consignation aérienne tant à Paris qu'à Alger et Tunis. Dans le Groupe, les deux sociétés maritimes dont Hypolite Worms assumait personnellement la présidence avaient subi, de leur côté, de très lourdes pertes qui s'élevaient à près de la moitié de leur tonnage total. La Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire profita des circonstances pour mettre en oeuvre un important programme de reconstitution et de modernisation de sa flotte. En peu d'années, les lignes qu'elle desservait ont été assurées par une flottille d'unités homogènes de cargos rapides à moteur qui se situaient parmi les plus modernes de la marine marchande française. Quant à la Société française de transports pétroliers, elle exploitait, dès le 1er janvier 1949, dix pétroliers d'une portée en lourd de 136.800 tonnes, soit 20% du tonnage de la flotte pétrolière française au long cours. En 1952, sa flotte fut portée à 180.000 tonnes, marquant ainsi une augmentation de 50% sur celle de 1939. Dès 1948, elle transportait cinq fois plus de combustibles liquides qu'avant la guerre, en provenance surtout du golfe Persique. Mais le département le plus durement touché de Worms & Cie fut celui de la construction navale. Les Chantiers et Ateliers du Trait furent évacués le 10 juin 1940 sur des positions de repli assignées par la Marine. Les Allemands s'y installèrent et imposèrent la reprise du travail après l'armistice. Cependant, grâce aux dispositions prises par la direction, les prestations se trouvèrent réduites au strict minimum ; en particulier, aucun navire ne fut réparé pour le compte de l'Allemagne. Dès le deuxième semestre de 1941, le travail obligatoire se déroula sous les bombardements meurtriers de l'aviation alliée. Après le 15 août 1944, ils devinrent quotidiens et furent doublés par les duels d'artillerie déclenchés par la bataille de la Seine. La destruction des Ateliers fut complétée par les dispositions prises par les Allemands lors de leur retraite. Il ne subsistait à peu près plus rien des 36.000 mètres carrés de leurs surfaces couvertes. Leur capacité de production avait été réduite à néant. Un plan de reconstitution à l'échelle européenne fut rapidement mis sur pied. Celui-ci tenait compte des techniques les plus récentes, entre autres de l'assemblage d'éléments préfabriqués. Ainsi furent reconstruits des postes rationnels de fabrication en circuit continu : parc de réception des matériaux, ateliers de tôlerie et d'assemblage, plates-formes de montage et cales de construction. De 1945 à fin 1948, la surface couverte des ateliers atteignit 56.000 mètres carrés et un sous-marin, un pétrolier, trois caboteurs, trois chalands citernes furent lancés, alors que trois cargos rapides et quatre pétroliers se trouvaient déjà sur cale. Pour réaliser un tel programme, Hypolite Worms et ses associés s'étaient décidés, par acte du 26 juillet 1945, à ériger en société autonome leur département de constructions navales. C'est ainsi qu'à cette date, la société anonyme des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime - ACSM, fut créée, et ses statuts publiés au Journal spécial des sociétés par actions, le 28 août 1945. Il s'agissait d'une SA au capital initial de 10 millions, qui devait être porté à 50 millions en août 1949, puis à 100 millions. Robert Labbé en fut le président, Hypolite Worms et Raymond Meynial, les administrateurs. L'activité des transports de pétrole par tankers fut également développée après la guerre parallèlement à celle déployée par la Société française de transports pétroliers. C'est ainsi que la Société des transports maritimes pétroliers (STMP), fondée, en fait, en 1936, sous forme de SA au capital de 700.000 F, et qui n'exploitait qu'un seul pétrolier (coulé durant les hostilités), fut réanimée dès 1945. Son capital fut porté successivement à 280 millions en 1949, puis à 560 millions en 1951. Pierre Poulain présida le conseil, et Raymond Meynial y représenta les intérêts de la Maison Worms. Dès 1949 elle avait acquis trois nouveaux pétroliers et à la fin de 1955, elle exploitait une flotte de sept tankers, totalisant quelques 136.000 tonnes[10]. De 1945 à 1949, les associés-gérants de Worms & Cie furent Hypolite Worms et Robert Labbé, assistés de Raymond Meynial en qualité de gérant statutaire. Par acte du 8 décembre 1949, ce dernier devenait également associé-gérant. Jacques Barnaud qui avait démissionné de ses fonctions de gérant en septembre 1944, mais qui demeurait associé, reprit alors son poste d'associé-gérant selon acte du 16 décembre 1949. Les deux premiers alinéas du nouvel article 12 des statuts portait : La société est gérée et administrée par MM. Worms, Barnaud, Robert Labbé et Meynial, cogérants solidairement responsables. Le capital social de Worms & Cie était, au 31.12.1929, encore de 4 millions. Il fut porté le 1er octobre 1940, à 40 millions par incorporation de réserves, puis le 16 décembre 1949 à 400 millions par prélèvement sur la réserve spéciale de réévaluation des immobilisations. En juillet 1945, les succursales de MM. Worms & Cie étaient situées : - En France : à Dunkerque, Boulogne-sur-Mer, Dieppe, Rouen, Le Havre, Caen, Brest, Lorient, Nantes, Tours, Angoulême, Bordeaux, Bayonne, Marseille et Toulon. - En Afrique du Nord : à Casablanca, Alger, Tunis et Sfax. - A l'étranger : à Hambourg (Allemagne), Alexandrie, Le Caire, Port-Saïd et Suez (Égypte). En dehors du chef de Maison, Jacques Barnaud et surtout Raymond Meynial s'occupèrent plus particulièrement des Services bancaires avec l'aide, à la tête de ce département, de Guy Brocard, directeur. La réussite des Services Maritimes en Afrique du Nord et des opérations de banque à Alger, incita les associés de Worms & Cie à ouvrir une nouvelle agence bancaire à Casablanca, le 1er juillet 1946, placée sous la direction de Robert Dubost, promu lui-même directeur des agences d'Afrique du Nord. D'autre part, durant la période de juin 1945 à décembre 1948, Lucien Guérin[11], revenu au siège comme directeur des agences et du département étranger des Services bancaires, développa de plus en plus fortement les relations de la Maison avec la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark et la Hollande. Pour donner une idée de l'activité intense que déployèrent dans l'après-guerre les services financiers de Worms et Cie, il suffit de prendre pour exemple les opérations traitées en 1951 : 1° - Affaires du Groupe, avec appel au public Entreprises Albert Cochery a) augmentation de capital par souscription en espèces                                101.250.000 F b) émission d'obligations à 6,75%                                                                          96.500.000 F Compagnie franco-malgache d'entreprises - augmentation de capital en espèces                                                                   33.800.000 F Union marocaine d'outremer - augmentation de capital en espèces                                                                   25.500.000 F Société de financement, de participations et de gestion (ex-Marret Bonnin Lebel & Guieu) - augmentation de capital en espèces                                                                  140.250.000 F Union métropolitaine de banque - augmentation de capital en espèces                                                                  200.000.000 F Ateliers Moisant Laurent Savey - augmentation de capital en espèces                                                                    50.000.000 F Société de produits chimiques des terres rares - augmentation de capital en espèces                                                                    60.150.500 F Progil - augmentation de capital en espèces                                                                   200.000.000 F Société nationale du Cameroun         - augmentation de capital en espèces                                                                     67.500.000 F Société auxiliaire maritime de Madagascar - augmentation de capital en espèces, par l'intermédiaire de la Nouvelle Société havraise péninsulaire de navigation                                49.676.000 F Compagnie industrielle et minière du Nord et des Alpes - augmentation de capital en espèces                                                                   117.000.000 F Société des peintures Astral-Celluco - augmentation de capital en espèces                                                                   198.720.000 F Établissements Fournier-Ferrier - augmentation de capital en espèces                                                                   375.000.000 F Société Japy Frères - augmentation de capital en espèces                                                                   475.000.000 F Soit un appel au public en faveur de sociétés dans lesquelles la Maison Worms avait d'importants intérêts, pour un total de :                     2.190.346.500 F de 1951 (soit : 73.595.425 F de 1976) 2° - Affaires dans lesquelles Worms participe en circuit fermé Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime - augmentation de capital par incorporation de réserves                                      50.000.000 F Société privée d'études         - augmentation de capital en espèces (de 10 à 15 millions)                                  5.000.000 F Société technique d'études industrielles et commerciales - transformation de SARL en société en commandite par actions et augmentation de capital en espèces                                                                    50.000.000 F Union de crédit pour le bâtiment - UCB créée par un groupe de banques le 13.02.1951                                                M. Robert Labbé au capital de 200 millions de francs                                                                     administrateur Société d'études pour l'aménagement du Haut Sebou créée fin 1950, au capital de 6 millions de francs                                           M. Robert Dubost                                                                                                                                      administrateur C'est en 1951 également[12] que MM. Worms & Cie ont acquis une participation majoritaire dans le Comptoir international d'achats et de ventes à l'étranger - Ciave, qui allait devenir, à la suite d'une fusion, en 1956, Ciave-Compensex. Il s'agissait d'une société d'engineering financier dont l'activité était consacrée à l'étude et à la mise en place de financements nécessaires à la réalisation de grands ensembles industriels à l'étranger. Des filiales à Londres et à New York lui permettaient d'être en relation également avec de grandes banques américaines et anglaises pour la mise sur pied de financements internationaux. Voici quelques exemples de financements réalisés par le Ciave auxquels MM. Worms & Cie ont été appelés à participer : 1951 en Équateur : chemin de fer 300 km Carchi-San Lorenzo montant de US $ 25.000.000 1952 au Chili : construction de quatre bateaux, montant de US $ 12.830.000 1953 au Brésil : construction usine de produits chimiques (Compania Nacional de Alcalis), montant de US $ 25.000.000 1953 en Espagne : construction usine sidérurgique (Empresa Nacional Sidenargica), montant de US $ 32.000.000 1955 en Colombie : construction centrales thermo et hydroélectriques (Institute Nacional de Aprovechamiento), montant de US $ 12.000.000 1958 en Argentine : Raffinerie de pétrole (Yacimientos Petroliferos Fiscales), montant de US $ 13.800.000 1962 en Espagne : Construction raffinerie de pétrole (Empresa Nacional Calvo Sotelo), montant de US $ 15.000.000 Durant les années 1954-1957 Worms & Cie intervint soit comme l'un des associés fondateurs, soit comme participant dans des sociétés de recherches pétrolières lancées à cette époque : - Cofirep (Compagnie financière de recherches pétrolières)[13] - Safrep (Société anonyme française de recherches et d'exploitation de pétrole) - Spgefor (Société générale de forages pétroliers) - Francarep (Compagnie franco-africaine de recherches pétrolières) - Cofimer (Compagnie financière pour l'outre-mer) - Prepa (Société de prospection et d'exploitation pétrolières en Alsace) De même dans des sociétés de développement régional (SDR) de la Méditerranée, du Sud-Est, de Normandie, etc., et dans la Compagnie française du Sahara, la Compagnie financière pour le développement économique de l'Algérie (Cofidal), enfin dans des sociétés d'investissements comme l'Union internationale de placements et d'investissements, le Portefeuille-Investissements (ex-Le Portefeuille industriel). MM. Worms et Cie s'intéressèrent aussi au secteur bancaire. A la fin de 1955, ils fondèrent, avec Vernes & Cie, la société en nom collectif Vernes-Worms & Cie, Société d'études et participations financières et économiques, au capital de 10 millions et dont deux des quatre gérants étaient Jacques Barnaud et Raymond Meynial. A la même époque ils prenaient une importante participation dans le capital de la Banque E. Hoskier et Cie et se faisaient représenter par Guy Brocard, directeur de leurs Services bancaires. Au cours de l'année 1957, ils s'assuraient le contrôle de la banque R. Meyer & Cie. A cette époque les Services bancaires possédaient trois agences, situées à Marseille, Alger et Casablanca. Hypolite Worms et ses associés décidèrent d'augmenter le nombre de celles-ci. Dans ce but, la Maison racheta, fin septembre 1957, la majorité des actions de la Banque de l'union lyonnaise - Bul, à Lyon, dont la présidence fut alors assumée par M. Brocard et la vice-présidence par M. Dubost. Ce dernier était revenu de Casablanca au siège, à la fin de 1955, pour prendre, début 1956, le poste de directeur général adjoint des Services bancaires, alors que Guy Brocard en était le directeur général. En décembre 1958, la totalité des actions ayant été acquise, la Bul fut mise en liquidation amiable et son fonds de commerce repris par les Services bancaires. Ainsi vit le jour le 1er janvier 1959 l'agence de Lyon. Dans la même perspective, en février 1962, MM. Worms et Cie achetèrent à Lille la banque locale Coppenolle qu'ils transformèrent en Banque Camille Coppenolle SA. L'ensemble des titres ayant finalement été acquis, la Banque Coppenolle devint, en juin 1965, la nouvelle agence de Lille des Services bancaires. MM. Worms et Cie étaient déjà le deuxième plus fort actionnaire de l'Union de crédit pour le bâtiment - UCB, du groupe Jacques de Fouchier. En juillet 1959, ils participèrent à la création de la holding de ce groupe, la Compagnie bancaire, dont le Groupe Worms détint 7,23% du capital derrière Paribas qui en posséda 9,02%. Robert Labbé, associé-gérant de Worms & Cie, représenta les intérêts de la Maison au conseil d'administration. A la fin de 1956, le capital de la Maison fut porté de 400 millions à 1.200 millions par prélèvement sur la réserve spéciale des immobilisations. Simultanément les Services maritimes et charbonniers devenaient indépendants et formaient une société anonyme, Worms, Compagnie maritime et charbonnière, au capital de 750 millions (1.050 millions avec la prime d'émission). Robert Labbé en était le président directeur générale, et Jacques Barnaud, Raymond Meynial et la société Worms & Cie les administrateurs. Les Services charbons, depuis la Libération jusqu'à cette date eurent encore une activité soutenue ; les commandes pour Port-Saïd représentaient quelques 50 à 60.000 tonnes par mois, et celles passées par l'Électricité de France atteignaient 100.000 tonnes à la fois. Avant l'indépendance de leurs Services maritimes et charbonniers Worms & Cie annonçait avoir des succursales exerçant l'armement maritime à Boulogne-sur-Mer, à Brest, à Dieppe, à Dunkerque, à Lorient, à Toulon, à Alger, à Tunis, à Sfax (Tunisie), à Hambourg (Allemagne), à Alexandrie (Égypte), au Caire (Égypte) ; d'autres s'occupant de commerce de combustibles à Angoulême, à Nantes, à La Riche (près de Tours) ; d'autres encore s'occupant de ces deux activités, à Bayonne, à Bordeaux, au Havre, à Marseille, à Rouen, à Port-Saïd (Égypte), à Suez (Égypte) ; ceci, sans compter les agences des Services bancaires à Marseille, Alger et Casablanca. Quant à la Société des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime, elle lança le 21 décembre 1953, le plus grand pétrolier mis à flot dans la Seine, baptisé "Languedoc", et le 23 mai 1955, elle effectua le lancement du chalutier ultramoderne "Joseph-Duhamel-II" dont la marraine présente était Madame Renée Coty, femme du président de la République. Enfin, Hypolite Worms, qui continuait à être toujours vigilant en matière de transports de combustibles liquides, fut l'un des premiers en France, à s'intéresser à la construction de méthaniers en vue d'assurer au pays le ravitaillement en gaz naturel liquéfié algérien. Dès 1959, des études très poussées dans ce sens, furent entreprises et les ingénieurs de Gaz-Transport, filiale de la Maison, finirent par mettre au point, avec la collaboration du Gaz de France, deux techniques pour la construction de navires méthaniers, l'une autoporteuse comportant des cuves cylindriques, l'autre "intégrée avec membrane en Invar". La solution autoporteuse fut adoptée pour la fabrication du premier méthanier français (l'un des tout premiers dans le monde) dont la commande fut passée aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime dans le courant de 1962. Baptisé "Jules-Vernes", ce méthanier de 25.300 m3 assura la liaison en gaz naturel, depuis mars 1965, entre Arzew et Le Havre. D'autre part, MM. Worms et Cie ont été en 1956 l'un des fondateurs de la Société algérienne de documentation atomique et dans le même secteur, Raymond Meynial signait à la fin de novembre 1957, avec l'amiral Octacilio Cuhna, président de la Commission nationale de l'énergie nucléaire du Brésil, un contrat pour l'installation de deux usines de traitement d'uranium au Brésil. Au cours des années 1959 à 1962, les opérations financières traitées par les Services bancaires de MM. Worms & Cie furent également fort nombreuses. Les exemples qui suivent illustrent suffisamment l'étendue de leurs activités. En janvier 1959 Worms & Cie participa à la création du Groupement pour le financement de la construction - GFC (société conventionnée) et en mars, de la Sofrelec (Société d'études et de réalisations d'équipements électriques). A la même époque la Maison entrait au conseil d'administration de la Société minière et métallurgique de Penarroya représentée par Raymond Meynial et Pierre Édouard Coquelin. Worms & Cie se trouva être également l'un des principaux actionnaires de la Nederlands Franse Bank NV Amsterdam dans laquelle Raymond Meynial figure au collège des commissaires. Au mois de mai 1959, les Services bancaires ont participé au crédit de 50 millions de NF accordé par un groupe de banques françaises à la Société nationale des pétroles mexicains (Petróleos Mexicanos). En juillet, ils firent partie des banques qui créèrent l'open-end fonds allemand Agefra (Société de placement pour les valeurs françaises), et furent représentés par Robert Dubost. En janvier 1960, s'opère la concentration de l'agence des Services bancaires à Casablanca avec le Crédit marocain, pour donner naissance à Worms & Cie (Maroc). A la même date, le capital des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime est porté à 6 millions de NF. Worms & Cie fonde alors Méthane-Transports au capital de 2.600.000 NF, avec le concours de la Banque de Paris et des Pays-Bas, la Banque industrielle d'Afrique du Nord - Bian, Vernes et Cie et d'autres ; Robert Labbé en est le président. Le Portefeuille Investissements, filiale de W0rms & Cie, dont le président était Jacques Barnaud, porte son capital de 20 à 25 millions de NF, en avril 1960, puis en août à 27.500.000 NF. En avril également, Guy Brocard prend la présidence de la Banque Hoskier, devenue filiale de Worms & Cie, et opère quelques mois plus tard, la fusion entre la Banque Hoskier et la Société métropolitaine de financement et de banque - Sofibanque, ce qui donne la Sofibanque-Hoskier. En avril 1960 encore, Worms & Cie se trouve parmi les fondateurs de la Société Pétrochimique de l'Atlantique, fondée par des Sociétés de son groupe, Socantar et Progil. Le groupe d'assurances La Préservatrice, La Foncière, elles-mêmes du Groupe Worms, intervient dans la Lloyd de France-Vie et Guy Taittinger entre au conseil d'administration de cette dernière. En novembre 1960, création, avec le Groupe financier et commercial du Maghreb (filiale de Vernes et Cie), de l'Omnium marocain d'investissement - Omi, dont Robert Dubost assure la présidence. En octobre et novembre de la même année, soit directement, soit par leur filiale. Le Portefeuille industriel, MM. Worms & Cie, participent aux augmentations de capital du Grand Hôtel de la Rive Gauche Lutetia et de la Société d'expansion hôtelière Louvre. Par acte du 20 janvier 1960, les associés-gérants accueillirent comme associé-gérant Pierre Herrenschmidt qui, depuis 1947, jusqu'à cette date avait été directeur du Crédit national. Comme Jacques Barnaud et Robert Labbé, Pierre Herrenschmidt était passé par l'inspection des Finances où il avait même acquis le grade d'inspecteur général honoraire. En outre il avait été directeur à l'administration centrale du ministère des Finances. Le capital de Worms & Cie demeurait à 1.200 million d'AF soit 12 millions de NF. Les Services bancaires continuèrent en 1961 et 1962 leur progression en s'intéressant à de nouvelles sociétés et en participant à d'autres. Ainsi, en février 1961, Worms & Cie créa la Société d'études et de financement pour le commerce extérieur (Setfico), avec l'aide de ses filiales du Ciave-Compensex, Sofibanque-Hoskier, Transaco et d'autres. De même MM. Worms et Cie participèrent à la fondation de la Société française d'études et de réalisation de transports urbains - Sofre-Transports urbains, sous les auspices de la Régie autonome des transports parisiens (RATP) et avec un groupe de banques. Au milieu de 1961, la Maison participa à la constitution de la Société d'investissements immobiliers de France - Sinvim, du groupe de la Compagnie bancaire ; Robert Labbé en fut l'un des censeurs. En janvier 1962, Worms & Cie et le Portefeuille Investissements ont fait apport à la Société routière Colas, de divers intérêts et titres de filiales africaines de cette société, contre attribution d'actions Routière Colas. Au mois de juin 1962, Worms & Cie constitua la société Worms et Cie-Algérie, SA française qui reprenait l'activité des Services bancaires à Alger ; Robert Dubost en assura la présidence. En janvier 1963, allait s'opérer la fusion de Worms et Cie-Algérie avec l'activité algérienne de la Bian pour donner naissance à la Banque industrielle de l'Algérie et de la Méditerranée - Biam, dont Claude Tixier fut le président. Celui-ci présidait déjà le conseil d'administration de la Bian et avait été inspecteur des Finances, sous-directeur au ministère de l'Économie nationale, directeur général r des Finances d'Algérie, vice-président de la Banque européenne d'investissements. MM. Worms & Cie ont participé en mai 1962, à l'augmentation de capital de 40 à 60 millions de NF de la Compagnie bancaire. De même, ils prirent 7,50% du capital d'origine de la société Gaz Marine dont le gaz de France détint 50%, et qui avait pour objet le transport d'Arzew au Havre de méthane liquéfié provenant d'Hassi R'Mel. La Maison participa également en 1962, à la création d'Imminvest, société immobilière d'investissement, au capital de 10 millions de NF, en compagnie de sa filiale, la Banque R. Meyer et d'autres banques. Worms & Cie s'est trouvé, au début de 1962 toujours, à la tête d'un syndicat de banques françaises dont le but était le financement de la construction d'une importante raffinerie de pétrole en Thaïlande, près de Bangkok. Le montant s'est élevé à 28.500.000 $ US. Mais si l'année 1962 fut riche en opérations nouvelles pour Worms & Cie, elle fut principalement une année de deuils pour l'ensemble du groupe. En effet, Hypolite Worms décédait brusquement le 28 janvier 1962, suivi de près par son plus ancien associé cogérant Jacques Barnaud, qui mourait le 15 avril de la même année. La disparition de ces deux principales personnalités d'alors allait être le signe de la fin d'un type de société ; l'ensemble des départements de Worms & Cie n'allait plus être régi par une société de personnes, il allait de plus en plus, prendre le visage de la société anonyme. On peut dire sans exagération que jusqu'à la mort d'Hypolite Worms, le Groupe Worms porta réellement l'empreinte du chef de la Maison. Malgré la tristesse de ces événements, il était indispensable que la société Worms & Cie continuât sa marche en avant et que sa raison sociale subsistât. C'est ainsi que par acte du 26 mars 1962, Madame veuve Hypolite Worms fut choisie comme associée commanditée, mais sans pouvoir de gérance, alors que Guy Brocard et Jean Barnaud, fils de Jacques Barnaud, étaient nommés gérants statutaires. Mais la disparition de Jacques Barnaud nécessita un nouvel acte social qui fut signé le 3 juillet 1962 avec effet au lendemain de la mort de Jacques Barnaud (16 avril) et qui faisait passer Jean Barnaud parmi les associés-gérants. A cette date donc, après ces divers remaniements, rendus nécessaires par les circonstances, la société Worms & Cie, avait à sa tête, comme associés-gérants : Robert Labbé, Raymond Meynial, Pierre Herrenschmidt et Jean Barnaud, comme associée-commanditée non gérante : Madame Hypolite Worms et comme gérant statutaire : Guy Brocard. - Des Services bancaires à la Banque Worms : 1963-1978 Ouverture vers l'étranger et solide implantation en province - La disparition d'Hypolite Worms entraîna certains changements à la tête des divers départements de la Maison et des sociétés du Groupe. Dans les Services bancaires, toujours sous l'autorité de Raymond Meynial, associé gérant, c'est Robert Dubost qui assuma la direction générale, Guy Brocard ayant été nommé gérant Statutaire de Worms & Cie en mars 1962. Pierre Herrenschmidt prenait la présidence de la Société française de transports pétroliers et des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime ; il avait pour mission de conduire ces derniers vers une concentration avec d'autres chantiers de construction navale d'après un appel pressant du gouvernement. De son côté, Robert Labbé fut choisi comme président de Worms, Compagnie maritime et charbonnière et de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation ; il accédait, d'autre part, à la présidence du Comité central des armateurs de France début mars 1963. En mai 1963 Worms Compagnie maritime et charbonnière créait la société Techni-Marine, ayant pour objet les recherches d'ordre technique dans le domaine des transports maritimes et la conception ainsi que l'exploitation de navires spécialisés, et en juillet elle fondait la Société d'exploitation, gestion et transports internationaux. Enfin, en octobre 1963 en association avec les groupes anglais James Burness and Sons et norvégien Thoresen Shipping Cy, elle inaugurait un service maritime par navires rapides entre Cherbourg et Southampton. La Maison s'est alors également intéressée à la Saphymo, Société des applications de la physique moderne, pour permettre l'accroissement de l'activité de cette dernière auprès des laboratoires de recherches et d'équipements nucléaires et médicaux. D'autre part, Worms & Cie a participé et a prêté aussi son concours à l'augmentation de capital en espèces de la Société pour le développement régional de l'Ouest - Soderu à la fin de 1964. Enfin, les Services bancaires de Worms & Cie ont été chef de file des opérations d'augmentation de capital pour un certain nombre d'affaires, dont la Société française d'entreprises de dragages et de travaux publics, les Établissements Luchaire, la Société routière Colas, Foncina, Au Bon Marché, la Société du grand hôtel de la rive gauche : Hôtel Lutetia. Mais l'événement le plus important de l'année 1964 fut la décision prise par les associés de Worms & Cie d'ériger en société distincte leur département bancaire. Le principal artisan de cette opération fut Raymond Meynial. Il avait en effet senti que l'expansion future de la banque dépendait des moyens qu'elle pouvait avoir. Il était donc nécessaire de sortir du giron de Worms & Cie, société de personnes, l'activité des Services bancaires pour leur permettre un nouvel essor et, à plus ou moins brève échéance, faire accéder au marché financier la société qui allait être créée. Dans la presse financière du 22 octobre 1964 était annoncée la constitution, le 14 octobre, de la Société financière Worms & Cie. Il s'agissait d'une société en nom collectif entre MM. Worms & Cie, Madame veuve Hypolite Worms et Messieurs Barnaud, Brocard, Herrenschmidt, Labbé et Meynial, au capital de 25 millions de NF (en réalité 50 millions du fait d'une prime de réserve de 25 millions), ayant pour objet toutes opérations commerciales, financières, mobilières ou immobilières. Les apports en nature étaient composés de 50.000 actions de la Préservatrice AIRD, 10.000 actions de la Compagnie bancaire, 20.000 actions de Copica, 20.000 actions de S0cantar et 6.175 actions de La Foncière. Par acte du 10 décembre 1964 la Société financière Worms & Cie, à la suite de l'apport que lui faisaient MM. Worms & Cie de leurs Services bancaires, avec jouissance au 31 décembre après fermeture des guichets, donnait naissance à la Banque Worms & Cie. Le fonds de commerce était celui qui avait été créé en 1928 par Worms & Cie et exploité sous le n°200 de la liste officielle des banques, mais dorénavant il va s'agir d'un établissement classé banque d'affaires. Le capital social était porté à 28 millions (en fait 56 millions en raison du versement en prime de réserve de 3 millions). Le premier jour ouvré de 1965 soit le 4 janvier, vit donc s'ouvrir les guichets de la nouvelle Banque Worms & Cie. Après cette dernière modification, Worms & Cie se trouvait être purement et simplement une société holding puisque ses trois départements étaient devenus successivement des sociétés indépendantes : - les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime en 1945, déjà, - les Services maritimes et charbonniers en 1956, - et les Services bancaires début janvier 1965. Par contre, la presse du 29 janvier 1965 se faisait l'écho de la fusion de quatre chantiers navals français. La société des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime faisait publier le communiqué suivant : « ... Cette concentration répond à un appel pressant du gouvernement au cours des derniers mois, aussi bien qu'à une situation de concurrence qui n'a cessé de s'aggraver par suite notamment de la progression des chantiers japonais. L'opération actuelle concerne quatre sociétés de construction navale : Forges et Chantiers de la Méditerranée, Chantiers navals de La Ciotat, Chantiers et Ateliers de Provence, Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime. Finalement, le seul chantier qui subsista fut celui de La Ciotat dans le capital duquel Messieurs Worms & Cie conservèrent 11,10% à la suite de l'absorption par celui-ci des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime le 16 mai 1966. En septembre 1965, la Banque Worms & Cie réalisait une implantation aux États-Unis sous le nom de Permal International Inc. à New York avec Jean R. Perrette comme directeur. Par des communiqués simultanés parus dans la presse les 8, 9 et 10 juin 1966 les accords de coopération intervenus entre la Banque de Paris et des Pays-Bas et respectivement la Compagnie bancaire d'une part, le Crédit industriel et commercial d'autre part, et le Groupe Worms enfin, furent officiellement publiés. Il s'agissait pour Worms et Paribas de resserrer leurs liens de banques d'affaires, d'apporter à un holding commun une partie de leur participation dans la Compagnie bancaire et, dans une prochaine étape, de procéder à une prise de participation réciproque avec échange d'administrateurs. A la suite de ces accords, la Banque foncière du Maroc (filiale de Paribas au Maroc) et la Banque ottomane Maroc ont, début octobre 1966, concentré leurs activités bancaires au sein de Worms & Cie (Maroc) dont le capital a été porté de 3 à 4.200.000 DH. Un nouvel accord bancaire intervint au cours de la première quinzaine de décembre 1966 entre le Crédit du Nord et la Banque Worms & Cie. Cette déclaration d'intention avait pour but de « promouvoir et de réaliser en commun les opérations pour lesquelles leur coopération apparaîtra possible et souhaitable ». Enfin, le 9 décembre de la même année, la Maison Worms & Cie effectuait un nouvel apport à la Banque Worms & Cie, comprenant le droit de jouissance de divers locaux et des espèces pour un total de 14 millions. Le capital fut porté de 28 à 35 millions (7 millions furent passés en prime d'émission. En fait, le capital réel se situait ainsi à hauteur de 70 millions). Le 31 décembre 1966, Pierre Herrenschmidt, associé gérant de la Maison Worms & Cie, président des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime et de la Société française de transports pétroliers se retirait du Groupe, ayant accompli les diverses missions qu'il devait mener à bien. Il allait être remplacé comme associé gérant de Worms & Cie par Guy Brocard. Par acte du 30 mars 1967, la Banque Worms & Cie, société en nom collectif, se transformait en société anonyme dont Raymond Meynial fut le premier président-directeur général. Guy Brocard vice-président-directeur général et Robert Dubost directeur général. Cette transformation allait permettre à Raymond Meynial d'ouvrir le capital de la Banque à de puissants partenaires étrangers et de donner de cette façon à la nouvelle société les moyens nécessaires à son expansion. C'est ainsi que la presse financière des 18 et 19 avril 1967 annonçait que deux grandes banques britanniques, la Bank of London & South America (Bolsa) et la Bank of Scotland avaient pris, le 17 avril, une participation de 10% chacune dans le capital de la Banque Worms, pour une somme de 6 millions de $ US (soit pour environ 30 millions de NF). Dans le communiqué publié à Londres, on soulignait que ces accords représentaient un moyen d'action particulièrement efficace en vue du progrès économique général et, bien entendu, des trois banques concernées. De son côté, le communiqué français concluait : « cette coopération de nature internationale pourrait être éventuellement étendue à des établissements d'autres pays ». Cette internationalisation permettait, en outre, à la Banque Worms de compenser les conséquences de la perte de l'Algérie en accédant à de nouvelles sources d'activité de par le monde. La volonté de se tourner vers l'étranger s'affirma également dans la souscription par la Banque Worms au capital de la société Ufinex, début mai 1967, ce qui lui permettait de siéger au conseil. Cette affaire, nouvellement créée par des banques et des compagnies d'assurances, avait pour objet le financement des investissements commerciaux que les entreprises françaises auraient à supporter pour s'implanter sur les marchés extérieurs et développer leurs exportations. Début avril 1967, la Bolsa, la Bank of Scotland, la Banque Worms et la Svenska Handelsbanken fondaient à Luxembourg l'Alexander Hamilton Fund au capital initial de 10 millions de $ US. Cette société allait se spécialiser dans les investissements à long terme aux États-Unis où elle s'est assuré l'expertise de la Banque de New York. Les 5 et 6 septembre de la même année, paraissait dans la presse financière l'avis de l'aboutissement des négociations de la Banque Worms avec la Hessische Landesbank Girozentrale de Francfort, aux termes desquelles cette dernière allait souscrire au capital de la Banque Worms pour un montant de 10 millions de NF. Le 8 septembre, le conseil de la Banque Worms approuvait les accords intervenus avec Sofibanque-Hoskier et la Banque industrielle de financement et de crédit (BIFC, ex-Bian) qui faisaient apport de l'intégralité des valeurs de leurs patrimoines, tant actives que passives. Pour arriver à cette concentration, le capital de la Banque Worms allait passer de 35.650.000 NF à 59.416.600 NF par incorporation de réserves, puis élevé à 81.638.800 F par émission d'actions nouvelles souscrites en espèces par la Bolsa, la Bank of Scotland et par la Hessische Landesbank Girozentrale. A la fin de ces opérations, le capital social de la Banque Worms s'est trouvé porté à 114.095.400 F par les apports à titre de fusion de Sofibanque-Hoskier et de la BIFC. Les opérations de fusion elles-mêmes eurent lieu avec effet rétroactif au 1er janvier 1967. En raison des apports de la BIFC, le nombre des agences de la Banque Worms s'est trouvé nettement renforcé. Aux agences de Marseille, Lyon et Lille vinrent en effet s'ajouter celles du Havre, de Montpellier, de Nice et de Toulouse, plus celles exploitées par une filiale, la Société méditerranéenne de banque à Ajaccio et Bastia. De même, à notre filiale d'Afrique du Nord, Worms & Cie Maroc, vinrent s'adjoindre celles de la Banque industrielle de l'Algérie et de la Méditerranée (Biam) à Alger et de la Banque d'escompte et de crédit à l'industrie (Beci) à Tunis. Dans le domaine du financement des exportations de biens d'équipement, la Banque Worms a signé, pour le compte des Chantiers de La Ciotat, le premier crédit-acheteur monté en France. Il s'agissait de la fourniture de sous-marins au gouvernement du Pakistan. La Banque Worms a, d'autre part, participé au financement de plusieurs crédits-fournisseurs en 1967 dont celui destiné à la réalisation du doublement d'une raffinerie de pétrole en Thaïlande (Thaïs Oil Refinery Cy) d'un montant de $ US 55.000.000, de deux autres raffineries de pétrole en Costa-Rica et en Espagne et d'installations pétrochimiques au Mexique. Elle a enfin apporté un concours très actif aux opérations en eurodevises en faveur des grandes sociétés étrangères et françaises. Elle a ainsi participé à 48 émissions internationales. En novembre 1967, dans le cadre des accords conclus fin 1966 avec le Crédit du Nord, la Banque Worms entre au conseil d'administration d'Épargne Expansion (société gérant les fonds communs de placement et l'intéressement des salariés), ainsi que plusieurs sociétés de son groupe dont la Banque de l'union occidentale, la Banque Meyer, La Préservatrice et La Foncière. En fin d'année, le nouveau conseil de la Banque Worms se trouve constitué de la façon suivante : Raymond Meynial Président-directeur général Guy Brocard Vice-président-directeur général Guy Erwyn Marin Vice-président (ex-président de Sofibanque-Hoskier) Claude Tixier Vice-président (ex-président de la Bian) Jean Barnaud Administrateur Wilhelm Conrad Administrateur (président de la Hessische Landesbank) Robert Labbé Administrateur Roger V. Low Administrateur (directeur de la Bolsa) Lord Polwarth Administrateur (gouverneur de la Bank of Scotland) Guy Taittinger Administrateur Jean Thierry Administrateur (ex-président de Sofibanque-Hoskier) Monsieur Robert Dubost étant directeur général. Début juin 1968 (la presse des 12 et 13 juin), un accord est intervenu entre la Banque Worms et la Philadelphia National Bank (l'une des grandes banques américaines), aux termes duquel cette dernière va acquérir un peu plus de 7% du capital de notre Banque. L'assemblée ordinaire du 27 juin 1968 a entériné cet accord et a nommé comme nouvel administrateur G. Morris Dorrance Junior, président de la Philadelphia National Bank. En juin 1968 également, une convention passée avec le Crédit industriel et commercial et l'ensemble de son groupe, le Crédit commercial de France, le Crédit du Nord, la Banque de l'union parisienne, permet, avec effets de réciprocité, à la clientèle particulière de la Banque Worms d'effectuer des prélèvements hebdomadaires aux guichets de cette chaîne de banques dont les implantations recouvrent toute la France. C'est également en 1968 que la Banque Worms créa de nouvelles sociétés telles que : - l'Union du crédit-bail immobilier, Unibail, en association avec le Groupement foncier français, le Crédit du Nord, M. de Neuflize, Schlumberger, Mallet & Cie et des compagnies d'assurances ; - la Compagnie pour le financement d'investissements immobiliers - Cofidim avec le concours de la Compagnie bancaire, du Crédit lyonnais et de sociétés du Groupe Worms. Elle s'est aussi intéressée à des sociétés nouvellement créées par d'autres groupes, notamment à la Sicav Sélection-Rendement (investissements en obligations), à Setilex (investissements à l'étranger de techniques et matériels français), à Auxepi (placements immobiliers). Toujours au cours de l'exercice 1968, la Banque Worms a pris la majorité absolue de la société holding Ateliers Moisant-Laurent-Savey, qui, elle-même, a d'importants intérêts dans Pechelbronn, Jaeger et La Foncière-Vie. De même pour la Compagnie Saupiquet (par apport d'actions Cinal), elle devient l'un des principaux actionnaires de cette affaire de conserverie qui est l'une des premières en Europe. Sous l'égide de Worms & Cie, l'assemblée générale extraordinaire du 1er juillet 1968 de Pechelbronn a ratifié la fusion par absorption de la Société des transports maritimes pétroliers - STMP, qui lui a fait apport de son fonds de commerce, d'une flotte de haute mer de cinq navires pétroliers en activité, plus les acomptes versés sur 3 autres en construction, et enfin de ses immeubles à Paris, en contrepartie également son passif. Par cette concentration, le Groupe Worms consolidait sa position dans les transports maritimes et pétroliers. Raymond Meynial représentait la Maison au conseil de Pechelbronn. Enfin, dans le domaine des financements à l'exportation des grands ensembles, la Banque Worms et la Banque française du commerce extérieur, en tête d'un consortium bancaire français, accordent un prêt de 29,5 millions de $ US pour la réalisation d'un complexe pétrochimique au Brésil (Petroquimica Uniao) près de Sao Paulo. Les accords passés avec les autorités brésiliennes, fin octobre 1968, laissent prévoir que ce genre de financement au Brésil pourrait atteindre 150 millions de $ US pour des investissements globaux de 250 millions de $ US. De même un financement de $ US 35 millions a été mis sur pied pour la réalisation d'une grosse cimenterie de Isang-Yong en Corée. Pour accentuer l'ouverture sur la coopération internationale, la Banque Worms créait en avril 1969 une filiale bancaire en Suisse, à Genève, sous la raison sociale Banque Worms & Associés (Genève) SA. Y participaient la Bank of Scotland, la Hessische Landesbank Girozentrale et le Crédit du Nord. La présidence en fut confiée à André Fatio, ancien associé de la Banque Hentsch & Cie, la vice-présidence à Pierre Bazy, et la direction générale à Jacques Mathenet. Le 12 mai 1969 voyait le jour un nouveau fonds d'investissement Haussmann Holdings NV, société anonyme des Antilles Néerlandaises sous l'égide de la Banque Worms et en participation avec un groupe international comprenant : - Bank of London & South America Ltd, Londres - Svenska Handelsbanken, Stockholm - Crédit du Nord, Paris - Bordier & Cie, Genève - Banque de gestion privée, Paris - Promofina SA, Genève Une politique nouvelle de renforcement du nombre de nos guichets hors de Paris se manifeste dès l'année 1969. Deux agences sont alors créées : l'une aux environs de Paris, au coeur du marché d'intérêt national de Rungis, l'autre à Lyon, dans le centre commercial de la Part-Dieu dont le quartier est en pleine rénovation. En matière d'émissions internationales, la position de la Banque Worms s'est maintenue malgré les difficultés de l'heure ; elle a participé à 82 émissions contre 81 en 1968. Les opérations financières ont progressé également. Les augmentations de capital - émissions d'actions contre espèces - ont enregistré un accroissement de 115% sur celles de l'année précédente et les émissions de valeurs à revenu fixe de 15 environ. La Banque Worms a cédé en 1969 les intérêts qui lui restaient dans le Comptoir Lyon-Alemand Louyot & Cie. Par contre, elle a suivi les augmentations de capital des sociétés où elle avait une participation, soit notamment : Progil, la Banque hypothécaire européenne, Unibail, Cofidim, Worms & Cie (Maroc) et elle a renforcé sa position dans le capital de La Foncière Tiard, la Compagnie Saupiquet, la Sifram et d'autres. En dehors des créations comme celles de Haussmann Holdings NV et de la Banque Worms & Associés (Genève), elle a pris des participations dans Jeanneau - Constructions nautiques SA, la Société d'éditions économiques et financières - Sef, la société Sotoma (Tour Maine-Montparnasse). L'année 1970 commençait par la cooptation de Guy Taittinger comme associé-gérant de Worms & Cie et par le remplacement de Madame Hypolite Worms par son petit-fils, Nicholas Clive-Worms, en qualité d'associé commandité. Début janvier également, la société Progil, avant d'être absorbée par Rhône-Poulenc, faisait apport de ses actifs industriels à sa filiale la Sofichim, dont Raymond Meynial devenait administrateur. La presse financière de la fin du mois de janvier 1970 se faisait l'écho des négociations en cours entre, d'une part, PecheIbronn, Rothschild et Worms et, d'autre part, l'organisme d'État Elf-Erap pour la cession à ce dernier de la quasi-totalité des titres de la société Socantar, détenus par les trois premières sociétés. Cette vente allait se réaliser par paiement pour partie en titres (Pechelbronn, Société française de transports pétroliers, Société nationale des pétroles d'Aquitaine) et pour partie en espèces avec échelonnement jusqu'au 30 juin 1973. De ce fait, le Groupe Worms acquérait la totalité du capital de la SFTP (jusque-là société d'économie mixte, dont 30% à l'État) et le contrôle de la société Pechelbronn qui devenait une société holding après que la Banque eut cédé à MM. Worms l'ensemble des titres Pechelbronn contre des titres de La Préservatrice AIRD, Compagnie bancaire, Biam, Portefeuille-Investissement et Le Nickel. Guy Brocard, coopté comme administrateur de Pechelbronn, en devenait le président. A l'occasion du changement de majorité au sein de la société Au Bon Marché, la Banque Worms a échangé la participation qu'elle détenait dans la Compagnie commerciale d'investissements (qui lui assurait jusque-là le contrôle du Bon Marché) contre la participation de 34% que le Groupe Bon Marché détenait dans la Banque de l'union occidentale et qui fut dès lors contrôlée par Worms à 71,5%. Au cours de 1970, la Banque Worms a suivi les augmentations de capital de sociétés dans lesquelles elle avait une participation, notamment, La Préservatrice-AIRD, la Banque de l'union occidentale (BUO), Foncina, Unibail, Cofidim, Jaeger et Induban (Espagne) plus la souscription de 2 millions à l'augmentation de capital de Worms, Compagnie maritime et charbonnière. Enfin, elle a porté à 10 millions de francs sa participation dans Le Nickel. Par contre, elle a vendu les intérêts qu'elle détenait dans la société Astral ainsi que ceux dans la Société de placements internationaux. Au mois de février 1970, la Banque Worms participa à la création de l'Internationale Bank für Aussenhandel AG, à Vienne (spécialisée dans les opérations avec les pays de l'Est), ceci en compagnie de la Hessische Landesbank Girozentrale, de la Philadelphia National Bank, de la Bankkommanditgesellschaft AG, de l'Österreichische Crédit-Institut AG et de la Bank für Arbeit und Wirtschaft AG. Et, en Australie, elle participait de même, avec la Philadelphia National Bank, au capital de l'Australian Finance and Investment - Afic, dont les actionnaires principaux sont la Sagit Trust et la Hambros Bank de Londres. A Buenos Aires, la Banque Worms, aux côtés de la Société générale, de la Compagnie financière de Suez et du Banco de Vizcaya aida à la création de Financiaciones y Mandatos SA, établissement destiné au placement, sur le marché monétaire, d'acceptations bancaires. En France, enfin, elle s'est intéressée à la constitution de la Société European Information Systems - EIS (avec la Bank of America, la Compagnie du Nord et Rothschild (Londres)), société spécialisée dans l'informatique. De même, une participation a été prise dans la Société générale de promotion et de financement immobilier - Sogeprom. Au mois d'avril 1970, des prises de participation croisées ont été effectuées par le Crédit du Nord et la Banque Worms, opération approuvée par l'assemblée générale de cette dernière, du 14 mai. Aussi, Louis de Fouchier, président du Crédit du Nord a-t-il été nommé administrateur de la Banque Worms à cette date et Robert Dubost, directeur général de notre Banque, représenta celle-ci au conseil du Crédit du Nord. La même assemblée du 14 mai de la Banque Worms avait autorisé l'élévation du capital à un plafond de 250 millions de F. Par souscription, ouverte le 30 septembre 1970, le capital a été porté à 152.124.500 F, ce qui assura des fonds propres de l'ordre de 219 millions à la société. Le 10 novembre de la même année, la Maison Worms transformait son Portefeuille Investissements en Sicav, sous le nom Worms Investissements et procédait à une offre publique d'actions de 100 F nominal. C'est le 15 décembre 1970 que l'action de la Banque Worms fut introduite au marché officiel de la bourse de Paris. Ainsi, Raymond Meynial avait mené à bien le programme qu'il s'était fixé dès 1962. Dans des délais normaux, il avait pu faire appel au marché financier pour procurer à la Banque Worms de nouveaux capitaux destinés à soutenir sa belle progression. En 1968 déjà, il avait confié à Pierre Lindé d'"Entreprise" (numéro du 23 novembre) la solution à laquelle il s'était arrêté pour donner à la Banque Worms une nouvelle dimension en la sortant du statut de société de personnes : « Pour nous, il n'y avait dans ces conditions qu'une solution : l'appel au grand public. Mais ce geste était impossible tant que nous demeurions en nom collectif. Par ailleurs, nous n'acceptions l'idée de nouveaux partenaires qu'à la seule condition que leur participation soit minoritaire. Entendons-nous bien, nous ne voulions cependant pas accepter ces simples cartes de visite que l'on corne et que l'on oublie. Cela étant, il était difficile de demander à des étrangers de nous apporter un milliard et demi d'anciens francs pour n'avoir que 7 % du capital de la Banque Worms. C'est pourtant ce qu'il fallait obtenir. C'est à ce problème que je me suis attaqué, il y a six ans, après la mort d'Hypolite Worms et de Jacques Barnaud. » Pour bien terminer l'année 1970, la Banque Worms ouvrait une nouvelle agence à Grenoble le 1er décembre et reprenait en propre les agences de la Société Méditerranéenne de banque à Ajaccio et Bastia le 2 décembre. Au mois de février 1971, à l'occasion de l'augmentation de capital de la Sofapi (Société pour favoriser l'accession à la propriété immobilière), la Banque Worms en est devenue l'actionnaire majoritaire. En raison d'une opération similaire elle s'est également assuré le contrôle de la Sofet-Sofidi qui a pour objet le financement de l'industrie cinématographique. D'autre part, elle a renforcé sa position dans le capital de la Sofical (née de la scission des actifs non algériens de la société Bastos) et exerce le contrôle de l'affaire à égalité avec le Crédit industriel et commercial. Des participations entièrement nouvelles ont été prises la même année dans la Société nationale industrielle aérospatiale - Snias, dans les Établissements G. Truffaut (parmi les plus importants de la profession horticole), dans la société Crédit-bail Haussmann (crédit-bail mobilier), dans la Société d'exploitation Hôtel Concorde-Lafayette, dans la Compagnie financière de promotion et d'autres encore. Les Assurances générales de Trieste et Venise ayant cédé au Groupe Worms leurs participations dans La Foncière, celui-ci détient désormais, directement ou indirectement, le contrôle de cette compagnie. Les disponibilités que la Banque Worms a réalisées en se dégageant du secteur pétrolier Socantar-Antar lui ont permis un réinvestissement dans le groupe Lebon. A la suite de l'entrée du Groupe Worms dans la société Lebon & Cie, cette dernière se transforma en société anonyme, le 4 mai 1971, avec la dénomination Compagnie Lebon et son capital fut porté à 79.500.000 F. Le nouveau président-directeur général désigné fut Patrice Perrot de Corgnol, directeur général adjoint de la Banque Worms. Mais l'un des événements les plus importants pour la Maison fut la restructuration du secteur maritime du Groupe Worms. La Compagnie havraise et nantaise péninsulaire qui prit la dénomination de Compagnie navale Worms devint la société holding de tout le Groupe ; elle ne posséda plus de navires mais seulement des participations importantes dans une vingtaine de filiales françaises ou étrangères. La principale de celles-ci est l'ancienne Société française de transports pétroliers devenue la Société française de transports maritimes - SFTM, qui regroupe une flotte de 44 navires pétroliers et de toute nature totalisant quelques 1.115.000 tonnes, plus 15 navires en commande représentant 915.000 tonnes, soit un total de plus de 2.000.000 de tonnes. La SFTM a, elle-même, quatre filiales, dont trois ont pour objet l'armement et l'exploitation commerciale de sa flotte : - la nouvelle Société française de transports pétroliers (transport d'hydrocarbures et de produits chimiques), - la Navale & Commerciale havraise péninsulaire (cargos de lignes régulières et navires frigorifiques), - la Société nantaise des chargeurs de l'Ouest (navires spécialisés et caboteurs), - enfin, la Compagnie de transports maritimes pétroliers qui exploite six navires pétroliers (plus un en commande) soit plus de 700.000 tonnes en lourd appartenant à Pechelbronn. L'ensemble du Groupe contrôle une flotte moderne d'environ 2.800.000 tonnes au total, ce qui le place parmi les premiers de l'industrie maritime en Europe. En mai 1971, Robert Dubost devenait administrateur directeur général de la Banque Worms alors que Pierre Bazy, jusque-là directeur général adjoint (ex-directeur général de Sofibanque-Hoskier) accédait au poste de directeur général. La Banque a, pour sa part, contribué en 1971 à des financements importants à long et moyen terme dans le domaine de l'exportation. Ainsi, au Brésil, des avenants à des contrats anciens et de nouveaux contrats ont été signés pour des montants totaux de 110 millions de F et de 6,5 millions de $ US. Une convention de 43 millions de F a, d'autre part, été passée avec le groupe Royal-Dutch-Shell pour la réalisation d'un complexe pétrochimique en Hollande. Les services financiers de la Banque ont participé de leur côté à 12 opérations d'augmentation de capital en espèces, contre 10 l'année précédente. Le marché des euro-émissions a été spécialement actif en 1971 et la Banque Worms a participé durant l'année à 140 émissions et à la garantie de 82 d'entre elles. Poursuivant sa politique d'implantation en province, la a Banque a ouvert trois nouvelles agences en 1971 : le 15 avril à Saint-Etienne, le 15 novembre à Rouen et le 1er décembre à Nantes. Dans l'agglomération parisienne même, la Banque établissait des guichets à La Muette le 9 août 1971. La presse financière des 29 et 30 juin 1972 faisait état de la décision prise par la Compagnie financière de Paris et des Pays-Bas et par le Groupe Worms, de créer un nouvel ensemble de banques commerciales par le rapprochement du Crédit du Nord et de la Banque de l'union parisienne sous la raison sociale l'Uni on bancaire. Les participations détenues par les deux fondateurs dans le Crédit du Nord et la Banque de l'union parisienne firent l'objet d'un apport à l'Union bancaire, au capital de 200 millions de F, qui s'est trouvé ainsi actionnaire à 35% du Crédit du Nord et à 84% de la Banque de l'union parisienne. Le Groupe Worms détient 10% de la nouvelle société qui dispose d'un réseau de plus de 700 guichets en France. Notre Banque a également participé à la fondation du Groupement pour le financement des ouvrages de bâtiment, travaux publics et activités annexes - GOBTP, destiné à émettre des emprunts groupés en vue de procurer des ressources suffisantes aux maîtres d'ouvrages. Dans le même esprit, la Banque Worms s'est jointe au Crédit lyonnais et à la FNSaga pour constituer la Caisse de crédit aux professions de l'assurance et libérales - Grépal dont elle détient 10% du capital. Au mois d'août 1972, en accord avec la Banque de l'Indochine, le Ciave, la Philadelphia National Bank et Arbuthnot Latham & Co, la Banque Worms participait à la création de Multi-Credit Corporation en Thaïlande, société de financement et d'investissements pour le sud-est asiatique. Parmi les nouvelles participations, celles prises dans les domaines immobiliers sont à signaler ici : - la Banque s'est assuré le contrôle à 70% environ, directement ou indirectement, de l'établissement financier de crédit immobilier, la Société de prêts immobiliers - Soprim, d'une part, et s'est associée pour moitié à la Société financière Desmarais - Fidic dans le capital de la Compagnie d'investissements fonciers - Comif. Les services financiers de la Banque ont eu à traiter en 1972 quinze augmentations de capital en espèces et treize par distribution d'actions gratuites. Sur le marché des émissions internationales, la Banque Worms a participé à la garantie de 117 d'entre elles et au placement de 195 opérations de ce type. Parmi les crédits a moyen et long terme à l'exportation, on note le financement de deux pétroliers vendus à la Thaïlande, financement dont le montant atteignait $ US 8.300.000. Quant aux nouvelles implantations de la Banque, tant à l'étranger qu'en province, elles eurent lieu début mars 1972 à Nice (Médecin, nouvelle agence qui double celle de Guiglia), le 20 novembre à Bordeaux et début novembre à Londres, cette dernière sous la raison sociale Worms UK Limited dont la direction a été confiée à Jean Sevaux. A Paris et dans la région parisienne, des guichets furent ouverts à Montparnasse le 27 mars et à Vélizy le 28 juillet 1972. Sur le plan international, en association avec la Philadelphia National Bank, Arbuthnot Latham and Co. et la Lease Plan International, la Banque a créé au mois de décembre la Concord International SA, au capital de 4.000.000 de $ US, destinée à constituer un réseau de sociétés de leasing mobilier en Europe et aux États-Unis. L'année 1973 commençait par deux créations nouvelles. D'une part, en province toujours, la Banque ouvrait une agence à Roubaix le 2 janvier. D'autre part, avec Concorde International, elle constituait la filiale française de cette dernière, Concorde Équipement, dont Raymond Meynial assuma la présidence. A la fin de février 1973, un investissement d'importance a été réalisé par la Banque dans le secteur de l'alimentation. De concert avec sa filiale Pechelbronn, elle s'est assuré la majorité du capital, à 50,5%, de la société Lu, Brun & Associés, la plus importante affaire française de biscuiterie, avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 250 millions. En mai, elle a créé une filiale à 99,99% au capital de 2.000.000 de F, la Copartim, destinée à financer la construction à usage d'habitation. La Banque, en compagnie de deux de ses filiales, décidait d'entrer pour 50% dans le capital de deux sociétés soeurs, Rhônalcop et Sogerep, affaires de promotion de logements sociaux dans le sud-est et sud-ouest de la France. En juillet 1973, elle participait à l'augmentation de capital de la Holding Syneurope, du groupe Syneurope-Synelec, dont l'activité est orientée vers l'informatique de pointe. Au cours du même mois de juillet, la Banque Worms prenait une participation de 10% dans le capital de l'International Energy Bank Ltd., dont elle était l'un des cofondateurs avec la Société financière européenne, la Bank of Scotland, la Barclays Bank International Ltd, la Canadian Imperial Bank of Commerce et la Republic National Bank of Dallas. La vocation de cette nouvelle banque est d'assurer de par le monde des financements dans tous les secteurs de l'énergie. Enfin, la Banque Worms a été cofondateur avec la Banque de Paris et des Pays-Bas et la Banque de l'union parisienne d'une nouvelle Sicav, Obligations convertibles, de même que du Groupement - Gimer, aux côtés de la BNP, la Société générale, Paribas et le Crédit naval. Les services financiers de la Banque sont intervenus dans quatre augmentations de capital en espèces et neuf par distribution d'actions gratuites ; de même, dans 84 émissions d'emprunts obligataires. Les crédits à l'exportation à terme en créances nées ont continué à être importants. Au travers du Ciave des financements nouveaux furent mis sur pied dont ceux de $ US 27.000.000 pour la construction de la plateforme Pentagone pour les recherches pétrolières en mer du Nord et de $ US 19.000.000 pour l'extension de la cimenterie d'Alhandra au Portugal. Enfin, parmi les filiales et participations, la Société du Louvre, dont l'immeuble place du Palais-Royal a été cédé à un groupe britannique, est devenue, à la suite de diverses opérations, une société à la fois foncière et holding. Propriétaire de nombreux immeubles dont ceux loués à la Société des hôtels Concorde, dont elle possède 92% du capital, elle détient également 64 du capital de la Société du grand hôtel de la rive gauche, Hôtel Lutetia. En janvier 1974, la Banque participait à la création à Koweït de la Société International Financial Advisors - Ifa, au capital de KD 500.000 (soit $ US 1.700.000) avec la participation de Robert Fleming Holdings Ltd Londres et William Kent & Co. à Greenwich (USA). Son objet est de mettre l'expérience financière de ses fondateurs à la disposition des gouvernements et des sociétés du monde arabe, ainsi que de réaliser des financements régionaux et internationaux intéressant cette partie du globe. A l'occasion de l'assemblée générale ordinaire de la Banque Worms qui s'est tenue le 21 mai 1974, Raymond Meynial, l'un des fondateurs des Services bancaires et de la Banque, et son premier président, a désiré ne plus voir renouveler ses fonctions de président, il a été nommé président honoraire et s'est trouvé remplacé par Guy Taittinger comme président-directeur général. Raymond Meynial, au cours de son allocution à l'assemblée générale du 21 mai 1974, a apporté sur la Banque les précisions suivantes : « ... Je l'ai connue quand elle était un établissement où quelques dizaines d'employés étaient occupés ; elle en compte aujourd'hui 1.300. Les chiffres qui vont suivre parlent d'eux-mêmes : - le total du bilan qui, en 1936, s'élevait à 3 millions et demi est passé en 1944 à 21 millions, en 1973 à 6.500 millions. Les dépôts de la clientèle et des banques qui en 1936 s'élevaient à 2 millions sont passés à 680 millions en I960 et 5 milliards en 1973. Comme vous le voyez, ces quelques chiffres montrent le développement extraordinaire de la Banque au cours de ces trente-cinq dernières... Après avoir ainsi réorganisé, par l'ouverture de nouvelles succursales et l'adjonction des succursales de la Bian, notre implantation en France (je vous indique qu'en 1940 nous étions seulement installés à Marseille et que nous le sommes maintenant dans toutes les principales métropoles régionales), nous avons voulu nous implanter à l'étranger. C'est ainsi qu'au lieu de nous établir directement aux États-Unis, en Angleterre, en Écosse et en Allemagne, nous avons offert à une grande banque de chacun de ces pays de participer à notre entreprise et de prendre une part de son capital que nous avons fixée 7% environ. Chacune d'elles est représentée à notre conseil et nous sommes très heureux de cette nouvelle formule (qui a été reprise par d'autres depuis) et qui nous a permis de développer par une fructueuse coopération notre activité internationale... Quelques chiffres encore vous donneront une idée de la progression de nos opérations internationales : - les comptes en devises gérés par la Banque sont passés de 143 millions en 1963 à 1.588 millions en 1973 ; nos mouvements de comptes change sont passés de 6 milliards en 1963 à 42 milliards en 1973 ; les produits en devises sont passés de 3 millions en 1963 à 16 millions en 1973 ; enfin, l'encours des grands crédits extérieurs est passé de 107 millions en 1963 à 618 millions en 1973. Mais ce bref exposé ne serait pas complet si je n'essayais de décrire rapidement les activités de la banque d'affaires, parallèles à celles de notre banque commerciale et issues de son développement. Au moment de la création de la Banque, la valeur des actifs immobilisés était inexistante. Aujourd'hui, ils sont de l'ordre de 350 millions de nos francs. Les chiffres que voici permettent de suivre leur progression : 1946 6.500.000 francs actuels 1962 140.000.000 francs actuels 1974 350.000.000 francs actuels ... Je me bornerai donc à parler des quelques premiers mois de l'année en cours. Tout d'abord les dépôts ont continué à progresser passant de F 4.986.000.000 au 4 janvier 1974 à F 5.625.000.000 au 31 mars, soit un accroissement de 12 à 13% (en trois mois). » En mai 1974, également, la filiale marocaine de la Banque Worms & Cie-Maroc fusionnait (avec effet rétroactif au 1er janvier) avec la Banque de Paris et des Pays-Bas-Maroc dans le but de renforcer ses moyens d'action avant la marocanisation légale qui allait intervenir fin mai 1975 au plus tard. Le nouveau capital est de 9.072.000 DH et la raison sociale transformée en Société marocaine de dépôt et crédit - SMDC. Le président en est Abdelkader Ben Salah et les vice-présidents Henri Marot (Worms) et Paul-Louis Péan (Paribas), représentant chacun les intérêts de leur banque qui s'élèvent à 20,55% du capital pour chacune des deux banques. A compter du 1er juillet de la même année, le capital social de la Banque Worms a été porté à 171.140.000 F par incorporation de réserves. Au cours de 1974, la Banque a acquis un certain nombre de nouvelles participations dont les plus importantes sont celles prises dans : - Compagnie générale d'entreprise financière et industrielle textile - Cogefit, société de portefeuille dans laquelle la Banque Worms est majoritaire avec un investissement de 23,5 millions de francs ; - Paris Parkings (société concessionnaire de parkings) ; - les autres étant Sefipro (entreprise de financement de la promotion immobilière), S0fremer (pour l'expansion de l'ingénierie française), Sibes (Société interbancaire d'études et de services), Europrim et Cogipart (financements immobiliers), la Sociedad Financiera Atlantica (au Venezuela), DWM-Copeland Gmbh (rapprochement avec Comef) et enfin en octobre 1974 Worms Finance NV, filiale à 100%, société financière dont le siège est à Curaçao aux Antilles Néerlandaises et destinée à faciliter des opérations internationales. En septembre 1974, des accords sont intervenus dans le domaine de la télédistribution entre la Compagnie générale des eaux (réseaux publics), la Sat (câbles coaxiaux), Téléréseaux (Thomson-CSF) et pour le financement la Banque de Paris et des Pays-Bas, le Crédit lyonnais, la Banque Worms et la Société générale. En province, la Banque a amélioré ses conditions d'exploitation à Montpellier en particulier en transférant dans de nouveaux locaux, le 1er juillet, son ancienne agence et en ouvrant le 14 octobre un bureau de quartier 1, rue Aristide-Ollivier. Les services financiers ont participé en 1974 à quatre augmentations de capital en espèces et à onze augmentations de capital par distribution d'actions gratuites ainsi qu'à cinquante-huit émissions d'emprunts obligataires. Par l'intermédiaire du Ciave, durant l'année, ont été signés de nouveaux contrats de fournitures à l'étranger portant sur des montants atteignant 500 millions de francs. Ceci a permis, en particulier, de monter des financements de $ US 16 millions pour la réalisation de l'usine de polypropylène à Capuava au Brésil, de $ US 11 millions pour l'extension de la cimenterie de Dodam, de $ US 14 millions pour celle de Jea-Chun, toutes deux situées en Corée, de $ US 17 millions pour l'usine d'engrais phosphoriques à Taïwan, Roc, de $ US 30 millions pour l'usine de séparation de xylène toujours à Taïwan, Roc, et de $ US 10 millions pour une usine d'éthylène aux Pays-Bas. Enfin, la Banque est intervenue en tant que membre des syndicats de garantie ou de placement à trente-huit émissions sur le marché des émissions internationales. Robert Labbé, associé gérant de la Maison Worms & Cie, président de Worms, Compagnie maritime et charbonnière, président de la Navale & Commerciale havraise péninsulaire, étant décédé le 27 août 1974, a été remplacé par Nicholas Clive Worms au conseil de cette dernière le 8 octobre. Nicholas Clive W0rms lui succéda également au conseil de la Banque Worms qui prit cette décision le 25 septembre 1974. La direction générale de la Banque se trouvait par les nominations de fin d'année renforcée de deux nouveaux directeurs généraux adjoints : Henri Marot et Claude Janssen. Début avril 1975 la filiale au Maroc de la Banque Worms, la Société marocaine de dépôt et crédit, terminait sa marocanisation. Le capital de 9.072.000 DH se trouvait détenu à 50% par des personnes marocaines, à 20,55% par la Banque Worms et par Paribas chacune et à 8,90% par l'ensemble Banque ottomane, Union bancaire et Hessische Landesbank. Henri Marot en est vice-président avec Paul-Louis Péan de Paribas. L'assemblée générale extraordinaire de la Banque Worms du 22 mai 1975 autorisa le conseil à porter en plusieurs fois le plafond du capital social à 350 millions de francs. De leur côté MM. Worms & Cie qui avaient déjà élevé leur capital de 12 à 60 millions par prélèvement sur réserve spéciale de réévaluation le 24 juin 1971, portaient celui-ci à 64 millions, le 26 décembre 1975, par apports en espèces des associés gérants. Au cours de 1975, le département des affaires financières de la Banque est intervenu dans deux opérations d'augmentation de capital en espèces et dans quatre par distribution d'actions gratuites. Il a également dirigé, avec celui de la BNP, cochef de file, l'émission d'un emprunt obligataire de 110 millions de francs du groupement Gimer. Il a en outre participé à 95 émissions d'emprunts obligataires dont quatre convertibles. Le département du commerce extérieur, spécialisé dans le financement des exportations à moyen et long terme, a augmenté de 40% l'encours des crédits tant fournisseurs qu'acheteurs, encours qui dépasse les 850 millions de francs à la fin de 1975. La filiale du Ciave s'est associée à la banque anglaise Hill Samuel pour créer en Grande-Bretagne le Ciave London Limited. Le secteur des émissions internationales a enregistré en 1975 un volume record. La Banque est intervenue dans 175 émissions en tant que membre des syndicats de garantie ou de placement. De nouvelles participations ont été prises et de nouvelles affaires créées. Ainsi Worms-Pierre, société civile de placements immobiliers a été fondée en septembre 1975 au capital initial de 1.000.000 de F avec le concours de la Banque de l'union occidentale, de La Foncière, La Populaire et La Préservatrice. Une première augmentation de capital d'un montant de 15 millions a été ouverte de novembre 1975 à mars 1976. Il a été, d'autre part, décidé d'acquérir 5.000 actions de La Redoute à Roubaix et même d'accroître cette participation. Sous l'égide du Groupe Worms, la Compagnie financière pour le développement économique de l'Algérie - Cofidal, avait vu le jour en 1957. La Banque Worms a été amenée en 1975 à prendre dans cette société une participation directe. De même, elle a participé à la création de la Société dauphinoise de transports de valeurs, Transval Dauphiné, pour répondre aux besoins de notre agence de Grenoble. Au 31.12.1975 la liste des filiales et participations bancaires s'établit comme suit : - Banque de l'union occidentale - BUO, Unibail, Ufiba (Union financière de banque), Banque hypothécaire européenne, et sa filiale, le Crédit immobilier européen, la Compagnie bancaire, Banque Worms & Associés (Genève), Banco de Financiación Industrial (Induban) à Madrid, SMDC (Société marocaine de dépôt et de crédit), l'UBCI (Union bancaire pour le commerce et l'industrie), IEB (International Energy Bank Ltd), IBA (Internationale Bank für Aussenhandel à Vienne), Afic (Australian Finance & Investment Cy. Pty), Ifa (International Financial Advisors), Worms Finance NV, et celle des établissements financiers : Sofet-Sofidi, Concord International, Concorde Équipement, Crédit-bail Haussmann, Haussmann Location, Sofapi (Société pour favoriser l'accession à la propriété immobilière), Épargne-Expansion. En plus, la Banque Worms possède de nombreuses participations dans des sociétés de portefeuille, dans des compagnies d'assurances (La Foncière, La Préservatrice, La Populaire-Vie) et dans des affaires immobilières et diverses. En province, afin de mieux mettre ses services à la portée de la clientèle, la Banque Worms a ouvert en 1975 deux nouveaux bureaux, l'un avenue Pasteur à Rouen, l'autre rue de la République à Grenoble, tous deux le 15 décembre de la même année. Le 28 janvier 1976 était créée au Brésil la société Brasilinvest (au capital initial de 100 millions de Cruzeiros, porté en mai à 200 millions), dans le but de favoriser les apports en capitaux et en technologie au sein de l'économie brésilienne en associant des partenaires étrangers à des industriels brésiliens. Le Groupe Worms a pris une participation dans cette affaire de 2,5 millions de Cr. (environ 250.000 $ US) et se trouve représenté au Brésil même par Patrick Lamotte. D'autre part, le Groupe Worms, toujours en mai 1976, a retrouvé sa place au conseil d'administration de l'Association nationale des sociétés par actions (Ansa) ; c'est Charles Duguet, président-directeur général du Portefeuille industriel et directeur des services financiers, juridiques et administratifs de Worms & Cie qui le représente au conseil. De même, notre Groupe, à la suite de l'augmentation de capital de 30 à 50 millions de francs de la Banque de l'union immobilière - Ucip, détient depuis juin de la même année 5% du capital de cet établissement. Au mois d'octobre, la Banque Worms a acquis 20% puis environ 62% du capital d'un établissement bancaire étranger établi à Paris, la Société mutuelle industrielle (au capital de 10 millions de francs). Les deux autres actionnaires sont les groupes Solvay (Belgique) et Gillet (France). Robert Dubost, vice-président de la Banque Worms, en a été nommé le président-directeur général. En outre, parmi les participations nouvelles de la Banque, certaines méritent d'être citées comme celles prises dans : - L'Aurore, Sicav fondée à la fin d'octobre 1976 (notre participation s'élève à un million de francs) ; - Banco de Vizcaya, pour 10.248.441 F, contre-valeur de 55.204 actions de cet établissement, reçues en rémunération de notre apport de 69.005 actions Induban que nous possédions jusque-là ; - Établissements Carpano Pons, société anonyme au capital de 18 millions dont nous avons pris F 1.095.000 pour notre compte. Il s'agit d'une société holding d'un important groupe industriel sis à Cluses et spécialisé dans la production de mécanismes d'automation et de programmation ; - Celic, société suisse créée en mai 1976 au capital de 250.000 FS, destinée à étendre au domaine international les opérations de leasing au travers de Concorde Équipement notamment ; Electrolux, dont la Banque a acquis 50.000 actions pour près de 5,7 millions, en vue de développer les relations avec cet important groupe suédois. Enfin, notre participation en actions de La Redoute a été renforcée de 4,6 millions de francs. Les ressources de la Banque Worms se sont trouvées étoffées, en février 1976, par l'émission d'un important emprunt obligataire de 100 millions de francs. Des implantations nouvelles ont vu le jour en province ; l'une a ouvert ses guichets le 1er juillet 1976 à Orléans, l'autre le 3 novembre à Tourcoing. Le département du commerce extérieur a poursuivi ses opérations de financement à terme des exportations françaises. La plus grande partie de ces opérations concerne les pays de l'Est européen, d'Afrique (notamment le Maroc), du Moyen Orient (Turquie) ou d'Amérique Latine (Venezuela). Les encours en fin d'année ont augmenté de l'ordre de 29% sur l'exercice précédent. Pour les émissions internationales, l'activité a battu tous les records ; l'augmentation enregistrée a été de 70%. La Banque est intervenue dans 245 émissions comme membre des syndicats de garantie et de placement. Dans le Groupe, le secteur des assurances a connu un important remaniement. La société de portefeuille Acmo (dont le capital était en cours d'élévation de 3.852.000 à 22.149-000 F à la fin de 1976) est passée sous le contrôle de la Banque Worms à plus de 96%. Cette dernière lui a cédé la totalité des actions Foncière Tiard qu'elle possédait, ceci en vue de leur apport à La Préservatrice SA devenue Comindus (Société de participations commerciales et industrielles). L'assemblée générale extraordinaire des actionnaires de La Préservatrice SA, tenue le 16 décembre 1976, a entériné cet apport ainsi que ceux effectués par MLS Participations et par Pechelbronn. L'ensemble de ces apports a fait entrer dans le portefeuille de Comindus 834.504 actions Foncière Tiard lui assurant le contrôle à 52,16% de cette dernière qui est devenue la société mère du groupe Foncière. Comindus, du Groupe Worms, contrôle donc l'ensemble des sociétés Préservatrice et Foncière. Son capital s'est trouvé porté, à la suite des apports en question, de 65.312.500 à 92.290.000 F, Raymond Meynial ayant désiré se retirer, a été nommé président honoraire de Comindus et c'est Guy Taittinger qui a été désigné comme président-directeur général de cette société. [Organigramme Comindus après apport] Les services financiers ont eu à traiter, en 1976, un bon nombre d'opérations. Sept augmentations de capital en espèces ont été domiciliées à nos guichets et trois par distribution d'actions gratuites. La Banque est également intervenue dans deux négociations de blocs de contrôle, l'une pour le compte de Pechelbronn sur la Compagnie des hauts fourneaux de Chasse, l'autre pour le compte de la société Spéravi sur la société des Établissements Japy Frères. Elle a, d'autre part, dirigé avec la Banque nationale de Paris (BNP) le deuxième emprunt obligataire de 100 millions de francs du Groupement des industries de la mer et des activités sous-marines - Gimer. En outre, la Banque Worms a participé à 73 émissions de valeurs à revenus fixes dont 3 émissions d'obligations convertibles. Rappelons ici le succès obtenu par l'émission de l'emprunt obligataire de 100 millions de francs que la Banque Worms a lancé en février 1976 et qui lui a permis un accroissement égal de ses concours hors encadrement. Au 31.12.1976, l'ensemble des ressources provenant des comptes de la clientèle s'est élevé à F 5.754.956.461 (+ 18,3%) (dépôts francs-devises). Les concours à l'économie (francs-devises) ont atteint F 7.637.473.000 (+ 17,5%). Les engagements par avals et cautions étaient, pour leur part, de F 1.197.817.000 (+ 7,2%) et le total du bilan de F 9.661.883.176. A la fin décembre 1976, on apprenait, d'autre part, que Nicholas Clive Worms prenait la présidence de la société Pechelbronn, l'une des holdings du Groupe et que Pierre Bazy était coopté comme associé-gérant de la société Worms & Cie et qu'il assurerait cette fonction dès le 1er janvier 1977. A la suite de négociations qui aboutirent en janvier 1977, il fut décidé au début du mois de février que la Banque Worms et la Banque provinciale du Canada entretiendraient des relations privilégiées. Pour concrétiser un tel accord, la Banque provinciale du Canada prit une participation de 20% dans le capital de la Banque de l'union occidentale - BUO, filiale à une large majorité de la Banque Worms. Participent également au capital de la BUO le Banco Exterior de Espana à Madrid et MM. O. de Schaetzen & Cie à Liège. En février 1977 également, la Banque Worms a participé à la constitution du groupement d'intérêt économique (GIE) Finecomap[14] en compagnie de la BNP, de la Banque Rothschild et de Paribas. Le groupement a pour objet la mise sur pied de financements spécialisés pour la réalisation d'économies sur les importations de matières premières et pour la mise en valeur des ressources nationales de remplacement. Poursuivant sa politique d'implantations nouvelles, la Banque Worms a ouvert, le 18 avril 1977, une agence dans la région parisienne, à Puteaux. De son coté, la Compagnie navale Worms, en vertu de l'autorisation accordée par l'assemblée générale extraordinaire des actionnaires du 16.10.1973 et de la décision prise par son conseil d'administration du 5.04.1977, porte son capital de 69.587.100 F à 86.983.00 F par souscription d'actions nouvelles en espèces. Au moment de l'assemblée générale ordinaire des actionnaires de la Banque Worms du 26 mai 1977 le conseil d'administration de celle-ci était composé de : R. Meynial président d'honneur G. Taittinger président-directeur général R. Dubost vice-président C. Tixier vice-président (ex-président de la BIFC, ex-Bian) J. Barnaud administrateur G. Brocard administrateur N. Clive Worms administrateur Lord Clydesmuir administrateur (gouverneur de la Bank of Scotland) GM. Dorrance Jr. administrateur (président de la Philadelphia National Bank) L.C. de Fouchier administrateur (président du Crédit du Nord) M.R. Luthert administrateur (directeur division Europe de la Lloyds Bank international Ltd) Dr H. Sippel administrateur (président du Vorstand de la Hessische Landesbank) et la direction générale de la Banque de : G. Taittinger président-directeur général P. Bazy directeur général (ex-directeur général de Sofibanque-Hoskier) C. Janssen directeur général adjoint H. Marot directeur général adjoint Au cours de la réunion du conseil d'administration tenue à l'issue de l'assemblée, il a été décidé d'augmenter le capital social de 171.140.000 F à 205.368.000 F par incorporation d'une somme de 34.228.000 F prélevée sur les réserves. Cette opération sera matérialisée par la création de 342.280 actions jouissance du 1er janvier 1977 attribuées gratuitement aux actionnaires à raison d'une action nouvelle sur cinq actions anciennes et dont la distribution sera faite ultérieurement. Dans le Groupe, la constitution de Worms-Distribution, celle de Worms Services maritimes et l'acquisition de sociétés routières ont profondément modifié la structure de Worms, Compagnie maritime et charbonnière. Au lieu de l'articulation précédente de deux directions générales autour d'un siège social, Worms CMC est devenue une société holding regroupant un certain nombre de filiales : - Worms Services maritimes, sous la présidence de Jean Bucquet ; - Services combustibles, propriété de Worms CMC, mais filiale de facto ; - Filiales routières, regroupées de leur côté dans le GIE TFE (groupement d'Intérêt économique - Transports frigorifiques européens), présidé par Jacques Masson (assisté de Robert Diemert qui est le président des sociétés Eurotransit et Alamasse Bulle & Cie). Le siège social de Worms CMC comprend les services suivants : financiers, juridiques et sociaux, comptables, administratifs. Annexes 1. - Liste des associés gérants de Worms & Cie et des directeurs généraux de la Banque 2. - Étude pour la création d'un département Banque (mai 1928) 3. - Documents se rapportant à la Société d'exploitation de la Compagnie havraise péninsulaire de navigation dans les années 1930 4. - Décret du 17 juin 1938 invitant l'Office national des combustibles liquides à apporter son concours à des entreprises ayant pour objet le développement de la flotte pétrolière 5. - Lettre de mission adressée le 23 juillet 1938 par le président du conseil, ministre de la Défense nationale, Édouard Daladier à MM. Worms & Cie 6. - Note sur la création de la Société française de transports pétroliers (SFTP) 7. - Note concernant la création de la société anonyme des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, datée du 27 juillet 1945 8. - Liste des filiales et participations de la Banque Worms au 31.12.76 9 - Bref historique des agences et banques filiales  Relations administratives et industrielles du Groupe Worms en 1940-1941 Dans la France meurtrie de 1940, le gouvernement de Vichy avait, par une loi du 16 Août 1940, institué des comités d'organisation professionnelle chargés de préparer le statut de la profession que chacun d'eux allait superviser. Ces comités d'organisation professionnelle étaient dirigés par un président ou un directeur responsable et avaient un service de répartition des matières premières, lui-même dirigé par un répartiteur jouissant de pouvoirs étendus. Début 1941, il existait ainsi 70 comités d'organisation professionnelle dont 19 pour le textile, 2 pour le tourisme, 1 pour les assurances, 5 pour l'industrie du cuir, 4 pour le papier et l'impression, 15 pour les industries diverses (horlogerie, verrerie, optique, publicité, cinéma etc.) et 26 pour l'industrie lourde. En raison des relations d'affaires ou amicales très étendues des dirigeants du Groupe Worms, il est possible d'établir une liste, non exhaustive, des comités d'organisation professionnelle à la tête ou au sein desquels se trouvent des personnalités connues du Groupe Worms. 1) Aluminium et magnésium - président : Raoul de Vitry, administrateur directeur général de Péchiney, administrateur de Minerais et Métaux, bonne relation de Monsieur Barnaud et de Worms & Cie. 2) Automobile et cycles - directeur responsable : François Lehideux, président de l'Union d'exportateurs français pour l'Europe du Nord (Groupe Worms, Renault, Saint-Gobain, Péchiney). 3) Carrières et dragages - président : Maurice Piketty, ami de Messieurs Barnaud et Le Roy Ladurie. 4) Chaux et ciments - président : Henry Pagezy, président-directeur général de Distribution d'électricité de l'Ouest, administrateur de la Lyonnaise des eaux dont Monsieur Barnaud a été administrateur jusqu'en 1941. 5) Produits chimiques - président : Georges Painvin, administrateur puis président-directeur général d'Ugine, bonne relation de Monsieur Barnaud. 6) Combustibles liquides - président : Jules Meny, administrateur puis président-directeur général de la Compagnie française des pétroles - ami de Monsieur Barnaud (cf. fondation de la SFTP). 7) Combustibles minéraux solides (commerce) - président : Albert Frange, administrateur du Comptoir central des agglomérés de houille du littoral français (connu de la Maison Worms & Cie). 8) Combustibles minéraux solides (importation) - président : André Pol, de la Maison Chatel et Dollfus qui est elle-même l'un des partenaires du Comptoir central des agglomérés de houille du littoral français (connu de Worms & Cie). 9) Combustibles minéraux solides (industrie) - président : Aimé Lepercq, mêmes fonctions et titres qu'André Pol. 10) Énergie électrique - président : Roger Boutteville, président de l'Union électrique du Centre et directeur général de l'Union d'électricité (liens avec la Lyonnaise des eaux dont Monsieur Barnaud a été administrateur jusqu'en 1941). 11) Ferro-alliages - directeur responsable : Eugène Mathieu, vice-président de Transport d'énergie des Alpes et directeur général d'Ugine (relation de Monsieur Barnaud). 12) Goudrons de houille, benzols et dérivés - directeur responsable : Georges Goret, directeur du Gaz de Paris (liens avec la Lyonnaise des eaux dont Monsieur Barnaud était administrateur jusqu'en 1941). 15) Machines agricoles (industrie et commerce) - président : Émile Taudière, ami de Pierre Pucheu, administrateur des Établissements Puzenat (liens avec Worms & Cie). 14) Machines hydrauliques, thermiques et pneumatiques - président : Marcel Danbon, administrateur directeur général d'Alsthom (liens avec Monsieur Barnaud). 15) Manutention dans les ports maritimes - président : Georges Hecquet, président de Travaux et Industries maritimes, du groupe maritime Estier. Autres membres du comité : Robert Lemaignen, président-directeur général de la Société commerciale d'affrètements et de commissions, du groupe de la rue Lord Byron (liens avec Worms affrètements) ; Alexis Baptifaut, administrateur des Chargeurs réunis et de La Réunion française et Compagnie d'assurances universelles réunies dont Monsieur Worms est également administrateur. 16) Industrie et commerce de la machine-outil, de l'outillage et de la soudure - président : Jean Perony, président-directeur général de Somua. Des membres du comité sont en relation avec Worms & Cie (Arthur Bommelaer, président-directeur général de l'Alsacienne de constructions mécaniques, administrateur d'Alsthom). 17) Marine marchande - président : Amiral Docteur (Monsieur Hypolite Worms a été proposé). Des membres du comité sont en relation avec Worms & Cie (Francis Fabre, administrateur des Messageries maritimes et directeur général des Chargeurs réunis, J. Briaut, administrateur de l'Association pétrolière, G. Hecquet, président de Travaux et Industries maritimes, lié aussi à la Société maritime nationale (Estier), P. Vieljeux, de Delmas et Vieljeux et Jean Marie). 18) Mécanique - président : Pierre Pucheu (devenu ministre de la Production industrielle), administrateur de l'Union d'exportateurs français pour l'Europe du Nord (liens avec Worms & Cie), administrateur délégué des Établissements Japy Frères (Groupe Worms). 19) Travail des Métaux - président : Jean Constant. Membre du comité : Albert Japy (des Établissements Japy Frères - Groupe Worms). 20) Métaux et alliages non ferreux - président : René Painvin, président de la Compagnie générale d'électrométallurgie, administrateur de la Compagnie française du bi-métal (liens avec le Groupe Worms). 21) Minerai de fer - président : Paul Nevejans, président de la Société minière, métallurgique et chimique de l'Orb, administrateur des Forges de Strasbourg et de l'Association minière (bons rapports avec Worms & Cie). 22) Minerais et métaux bruts - directeur responsable : Ferdinand Blondel, en relation avec Monsieur Barnaud par l'Estrellas Mining. 23) Sidérurgie - président : Jules Aubrun, administrateur des Messageries maritimes et de la Société de construction des Batignolles (en relation avec les Chantiers du Trait - Worms & Cie). 24) Transports par navigation intérieure - président : Pierre Brousse, directeur général pour la navigation du Rhin (en relation avec Worms maritime et charbonnière). 25) Transports par voies ferrées d'intérêt local - président : M. Boulle - Secrétaire général : E. Calvayrac, administrateur d'Estrellas Mining dont Monsieur Barnaud était président depuis 1937. 26) Assurances et capitalisation - président : Jacques Guérard, président honoraire de la Préservatrice Accidents, administrateur de Japy Frères. - Secrétaire général : Jean Vinson, secrétaire général de la Préservatrice, administrateur des Établissements Japy Frères (Groupe Worms). 27) Banques et établissements financiers - président : Henri Ardant, président-directeur général de la Société générale, ancien inspecteur des Finances (relation de Monsieur Barnaud). - Commissaire adjoint du gouvernement : Jacques Brunet, directeur du Trésor (relation de Monsieur Worms et de Monsieur Barnaud). Ainsi introduit, le Groupe Worms était bien placé sur le plan national et se trouvait à même de jouer un rôle important dans l'économie française du moment. Mais l'occupation allemande oblitéra singulièrement l'activité de l'industrie et du commerce français. En guise de conclusion L'importance de la restructuration intervenue dans diverses branches d'activité du Groupe Worms ces dernières années justifie, en guise de conclusion, la présentation en survol rapide de l'ensemble du Groupe lui-même tel qu'il apparaît actuellement avec son potentiel et sa capacité de services qu'il peut utilement apporter. Document joint : plaquette de présentation du Groupe Worms [1] Les groupes pressentis étaient ceux de Worms, Schneider et Paribas. Schneider créa les Chantiers d'Harfleur et Paribas ceux de Caen. MM. Worms & C° achetèrent alors au Trait une trentaine de terrains contigus ; le premier le 13 décembre 1916 et la quasi-totalité au cours de l'année 1917. [2] Jacques Barnaud a bénéficié auprès du ministère des Finances, à sa demande, d'une mise en disponibilité en date du 12 juillet 1927. Lors de sa déposition auprès de la Commission parlementaire d'enquête, le 2 mai 1950, il a indiqué que c'est en mai 1927 qu'il est entré comme directeur général à la Maison Worms & Cie. Paul Baudouin est entré à la Banque de l'Indochine le 12 février 1926 comme inspecteur général des succursales et agneces d'outre-mer. En mision d'inspection d'outre-mer du 8 octobre 1926 au 31 juillet 1927, il a été nommé directeur général adjoint le 1er janvier 1928, puis directeur général le 29 avril 1931 et président le 4 février 1941. [3] Une mention modificative déposée auprès du greffe du tribunal de commerce de la Seine, en date du 11 juillet 1928, porte : - ajouter à l'objet social : "opérations de banque et de change", mention précédemment omise. [4] Le gros des créances de Worms & Cie était en fait constitué par le solde de deux navires commandés en 1926 par la Compagnie havraise péninsulaire aux Chantiers du Trait (Worms & Cie). [5] Avant d'être administrateur-délégué, il allait devenir vice-président du Comptoir Lyon-Alemand, Louyot et Cie, puis président de Sofibanque-Hoskier, et finalement vice-président de la Banque Worms & Cie après la fusion en 1967. [6] Voir en annexe le texte de cette lettre de mission du 23.7.1938 ainsi qu'une note sur la création de la SFTP. [7] Les non-lieux, tant à l'égard d'Hypolite Worms que de Le Roy Ladurie, furent prononcés le 25 octobre 1946 par la cour de justice et le 10 février 1947 par la Commission nationale d'épuration ; celui concernant la Maison Worms fut émis le 28 novembre 1946 par le Comité de confiscation des profits illicites. [8] Le fait est confirmé par la déposition d'Olivier de Sèze devant la Commission nationale interprofessionnelle d'épuration du 7 août 1945 et par le témoignage d'Emmanuel Monick, gouverneur de la Banque de France, en date du 8 avril 1946. [9] L'expert principal désigné par la cour de justice était M. Gaston Bernard ; son rapport sur la Maison Worms est un document de 700 pages, daté du 31 décembre 1945 qu1 traite de l'activité de tous les départements de Worms & Cie sous l'occupation. [10] A cette date l'ensemble de la flotte pétrolière du groupe Worms représentait près de 30% du tonnage pétrolier en service en France. [11] Le 1er janvier 1949, il était nommé directeur général de la Banque industrielle d'Afrique du Nord (Bian) dont en 1959 administrateur directeur général de celle-ci. En 1964 il devenait président honoraire et conseiller de la BIFC, ex-Bian. [12] D'autre part le 10 octobre 1951 MM. Worms et Cie acquéraient une participation dans les Établissements Luchaire par voie de cession directe de 4.500 actions. [13] AG constitutive du 17 janvier 1955. [14] L'acte constitutif de la société est du 2.12.1976.

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Historique des lieux d'implantation de la Banque Worms en province

Le PDF avec des reproductions des établissements et des plans des localités mentionnés dans cette note, est consultable à la fin du texte. Historique des lieux d'implantation des agences de province de la Banque Worms Ajaccio et Bastia Riche en vestiges préhistoriques, la Corse a également conservé les traces de diverses colonies antiques tant phéniciennes, grecques (VIe siècle avant J.C.) qu'étrusques et carthaginoises. Conquise par les romains qui lui apportèrent la prospérité (IIIe et IIe siècles avant J.C.), elle subit ensuite l'occupation successive des Vandales (Ve siècle), des Goths, de Byzance (VIe siècle) puis des Arabes et des Sarrasins (VIIIe siècle). Au Moyen Age, l'ensemble de la Corse s'intégra à une structure féodale mais le nord de l'ile se donna au Xle siècle déjà une organisation communale. Placée sous la tutelle de Rome, puis de Pise (XIe siècle) elle fut annexée par les Génois au XIIe siècle tout en continuant à subir les contrecoups des luttes en cours entre les rois d'Aragon et les Empereurs (XIIe au XVe siècles). Réunie temporairement à la France entre 1553 et 1559, la Corse fut rétrocédée à cette date à Gênes puis devint un état indépendant en 1755 sous l'impulsion de Pascal Paoli qui réussit à rejeter la domination génoise. De guerre lasse Gênes céda ses droits définitivement à la France en 1768, date à laquelle la Corse devint partie intégrante du territoire national comme l'a confirmé du reste l'Assemblée nationale en 1790. Agence d'Ajaccio au 19, boulevard du Roi Jérôme Le plus ancien chroniqueur de Corse, Giovanni dela Grossa, attribue la fondation d'Ajaccio à Ajax ! Petit bourg au haut Moyen Age, Ajaccio a été ruinée par les invasions barbares puis par la peste à tel point que Gênes décida en 1492 de reconstruire totalement la ville d'après les plans du milanais Cristofaro de Gaudino et sous la direction du Maestro Pietro di Novaria. Sous l'occupation française (1553-1559) une imposante citadelle fut édifiée en 1554. Mais en 1800 les 5.000 habitants étouffent dans les murs de la petite cité et le Premier Consul, Napoléon Bonaparte fait établir un plan d'extension de la ville par Petrucci, plan qu'il bouleverse lui-même en traçant deux nouveaux axes de part et d'autre de la citadelle : le Cours Napoléon et l'avenue du Premier Consul (prolongée par le Cours Grandval). Miot, administrateur général fait rapidement avancer les travaux de 1801 à 1803 ; mais ceux-ci, après lui, traînèrent jusqu'en 1813. Si le tracé du boulevard Jérôme est dû à Napoléon, la construction de ce quartier s'est effectuée principalement sous le Second Empire d'après les plans de l'architecte Jérôme Maglioli qui désirait créer là un beau front de mer dans le genre de la palazzata de Messine ou du quai des Chartrons à Bordeaux. C'est donc dans le cadre d'une urbanisation au Premier et Second Empire que notre agence a trouvé son implantation. MM. Bozzo et Costa, marchands et banquiers établis à Gênes depuis 1810, avaient ouvert en 1863 un comptoir de banque dans l'immeuble portant le n°19 du boulevard du Roi Jérôme. Depuis 1902 les cadres de cette succursale étaient MM. Laeri et Ludwig, tous deux d'origine suisse. M. Ludwig racheta la succursale en 1910 qui, transformée avec le concours de personnalités corses en SA en 1924, prenait la dénomination de Société anonyme de banque et de commerce - SABC. La Bian, sous l'impulsion de M. Guérin, reprenait à son tour cette banque locale en 1960 pour en faire une filiale. Puis, la SABC a été transformée en Société méditerranéenne de Banque en 1962. En 1967, lors de la fusion Worms / BIFC (ex-Bian), la SMB est devenue filiale de la Banque Worms. C'est le 2 décembre 1970 qu'Ajaccio et Bastia devenaient les agences en Corse de la Banque Worms. Depuis 1863 donc ce commerce de banque se perpétue à Ajaccio sur les lieux d'origine situés toujours au 19, boulevard du Roi Jérôme. Agence de Bastia au 7, boulevard de Gaulle En l'An de Grâce 1383 : afin de créer un point d'appui maritime entre Gênes et Livourne, le gouverneur génois, Leonello Lomellino fit bâtir au nord de la Corse un gros bastion, d'où le nom de Bastia (La Bastie). Puis, Tomasino Pregoso, commissaire général, ordonna en 1482 la construction d'un ensemble de remparts et d'un port. Après l'intervention française avec Sampiero Corso, au milieu du XVIe siècle, les Génois édifièrent à Bastia des palais et des églises et la ville devint la véritable capitale de l'île. Napoléon s'intéressa à l'extension de la cité et Louis-Philippe fit agrandir le port. Mais c'est surtout sous le Second Empire qu'Antoine Piccioni, maire de Bastia depuis 1865, fit dresser et réaliser un important plan d'urbanisme qui donna naissance à la nouvelle ville le long de la mer et au nouveau port. Entre autres réalisations, Piccioni créa cette belle terrasse face à la mer qu'est la place Saint-Nicolas. En arrière de celle-ci et la longeant, la voie qui y passe a été depuis la dernière guerre baptisée boulevard du Général de Gaulle. Mais pour les habitants de Bastia ces lieux continuent à être la place Saint-Nicolas en souvenir d'une ancienne chapelle qui s'y trouvait autrefois. C'est ainsi, dans un environnement Second Empire et même postérieur, que notre agence locale a pris place. Comme l'implantation d'Ajaccio, celle de Bastia est devenue une agence de la Banque Worms le 2 décembre 1970. Les locaux occupés par elle, déjà situés au n°7 de la place Saint-Nicolas (devenue boulevard du Général de Gaulle) à l'époque de la SMB, avaient servi précédemment à l'activité bancaire de la caisse régionale de Crédit agricole mutuel de la Corse et sont toujours la propriété indivise de M. de Corsi et de Mme Martella, née Corsi. Ils forment l'angle du boulevard du Général de Gaulle et de la rue Abbatucci. Bordeaux L'hôtel occupé par la Banque Worms au 14 des allées de Tourny à Bordeaux L'histoire du site des actuelles allées de Tourny se confond avec l'histoire la plus reculée de la cité de Bordeaux. Sous Jules César déjà la Via Medullica (la voie du Médoc) passait par le tracé des allées de Tourny et se poursuivait par les rues Fondaudege, Croix-de-Seguey et l'avenue de la Libération. Au Moyen Age, les terrains qui se trouvent à l'arrière des numéros pairs de l'allée de Tourny (face occidentale) formaient le "Campaure" (Campus aureus), vaste cimetière gallo-romain dont les tombes fournissaient aux pilleurs de précieux objets d'or. Au début du XIIIe siècle, les frères prêcheurs jacobins ou dominicains (selon l'ordre de Saint-Dominique fondé à Toulouse en 1216) édifient à partir de 1230, à peu près au milieu des allées de Tourny (entre celles-ci et la rue Mably), leurs bâtiments conventuels et leur chapelle. Grâce aux largesses du roi Henri III d'Angleterre, les travaux sont achevés en 1243 et l'Église peut être consacrée en 1263. Dans cette Église ont été enterrés, du XIVe au XVIIe siècles, des membres de familles bien connues comme les Grimard, Colom, d'Alesne d'Ambés, de Pontac, de Lalanne, Bertrand, Gaufreteau, Labrue, Barbot, Ronceval, Dorat, Larivière, Chaufour, Casse, Labion, Daffis, Saint Cric, Pichon, Robert, Primet, Meirant, Guionet, Seneaut, Constantin, Daste, Daguesseau, de Mons, Dimarle, Peyrelongue, de Lafontaine, Duburg et d'autres encore ! A l'époque, la voie qui passait en ces lieux s'appelait rue du Chapelet ou de Burga. Le terrain du n°14 des allées de Tourny était alors compris dans un îlot limité par la rue de Londres (disparue et proche de l'actuelle rue J.J. Bel), l'enclos des Jacobins et la rue du Chapelet ; au XVIe siècle, il fut acquis par les Jacobins et fit partie de leur cloître. Les agitations de la Fronde gagnèrent Bordeaux que Mazarin et Louis XIV adolescent - vinrent réduire à l'obéissance en 1650, après un siège mémorable. Puis deux insurrections successives - en 1656 et 1675 - exaspérèrent le grand roi à tel point qu'il fit ordonner, par arrêt du Conseil du 24 novembre 1675, de raser toutes les maisons situées sur l'esplanade du Château Trompette ; c'était donc tout le quartier qui s'étendait de part et d'autre des actuelles allées de Tourny qui allait disparaître sur ordre du roi. La démolition débuta en janvier 1678 et dura jusqu'en 1681 ; elle réduisit à néant, entre autres, 21 maisons appartenant aux Jacobins, leur église, le cloître et l'ensemble de leurs bâtiments conventuels. Une fois la place nette, Vauban vint "achever de mettre le Château Trompette dans sa perfection". Tenaces, les Jacobins réédifièrent un peu plus loin, une grande église place du Chapelet en 1700, celle qui se nomme de nos jours l'église Notre-Dame. L'opération de démolition eut pour effet de créer une vaste esplanade, libre de toute construction, entre le glacis des fortifications et les propriétés subsistantes des Jacobins. Au début de 1744, le nouvel intendant de Bordeaux, M. de Tourny, frappé par le fait qu'en cette ville "il n'y a aucune promenade", demanda à d'Argenson l'autorisation de créer une allée s'étendant depuis la porte Médoc à la porte Saint-Germain. Il y fut autorisé et dès le 16 mars 1745 une délibération de la Jurade de Bordeaux atteste "qu'il a été pratiqué dans l'intérieur de la ville entre le glacis du Château Trompette et les jardins des Jacobins, une avenue ou nouveau chemin planté d'arbres". Les allées de Tourny étaient nées ! Mais ce n'était qu'un début. L'intendant de Tourny obtenait l'accord du roi Louis XV, le 31 mai 1745, pour construire le long du mur des Jacobins des maisons à façades uniformes. Il s'agissait d'un alignement de maisons à un étage (plus les combles) alternant avec des "pavillons" plus étroits formant une légère saillie afin de rompre la monotonie de cette longue enfilade d'immeubles. C'est Jacques Gabriel qui en fut le grand architecte et qui dut tenir compte dans son projet de la lourde servitude militaire qui pesait sur ces lieux en raison de la proximité du Château Trompette. Mais la construction des maisons et des pavillons a été réalisée dans le détail par l'architecte Dardan. Les terrains furent rachetés à la ville et aux Jacobins et l'édification des immeubles s'échelonna entre juillet 1746 et août 1757. Le n°14 actuel de l'allée de Tourny appartenait aux Jacobins à l'époque de son achat ; "il formait l'emplacement du n°21 de 96 toises 1/2, pour 9.650 livres" et fut cédé à MM. Treilhes et Floch. Sur cet "emplacement fut bâti un pavillon" en saillie qui s'y trouve encore. Mais en 1797 l'alignement de ces maisons dut subir la percée de la rue Michel-Montaigne. Sous la Restauration, en 1816, le Château Trompette fut démoli à son tour et à sa place purent être édifiées les maisons de la face orientale des allées de Tourny, de 1820 à 1825. Des pétitions réitérées des propriétaires de la façade occidentale des allées de Tourny (en 1818, 1828 et 1831) aboutirent à l'obtention du droit de surhausser d'un étage les maisons et pavillons qui s'y trouvaient. Ce surhaussement toucha l'ensemble, sauf six, des bâtiments concernés et s'effectua selon les plans de l'architecte Charles Burgnet établis en 1853. En 1883, de nouvelles pétitions amenèrent un second surhaussement de ces immeubles (un étage supplémentaire) qui fut réalisé d'après les projets de l'architecte Charles Durand en 1884. De nos jours, il ne subsiste plus de l'ensemble des "façades uniformes" des allées de Tourny à leur état originel de 1744, qu'une seule maison au n°28 et qu'un seul pavillon, le n°14 récemment restauré par les soins de la Banque Worms. C'est effectivement là qu'elle a établi le siège de son agence de Bordeaux en novembre 1972. Grenoble L'agence et le bureau La vallée de l'Isère était déjà peuplée par diverses tribus à l'époque préhistorique et le bourg de Grenoble (Cularo) fut la capitale des Allobroges à l'époque gauloise. Cette région, conquise par les Romains au Ie siècle av. J.C. continua d'avoir pour capitale Gratianopolis (Grenoble) puis elle subit les invasions barbares et celle des Sarrasins (Ve au VIIIe siècles). Elle fut réunie sous les Mérovingiens au premier royaume de Bourgogne et constituée en comté de Grenoble. Rattaché aux États du dauphin de Vienne, ce comté se nomma dès lors "Dauphiné" et passa en 1349 au roi Philippe VI de Valois. Érigé en fief indépendant comme apanage du fils ainé de la Maison royale de France, le Dauphiné devint province française par l'avènement de Louis XI en 1461. Grenoble fut ravagée par des luttes acharnées lors des guerres de religion au XVIe siècle ; au XVIIe siècle elle eut à supporter les hostilités du duc de Savoie et du prince Eugène. Au retour de l'Ile d'Elbe, en 1815, Napoléon fut accueilli à Grenoble avec un réel enthousiasme tant par les troupes de Labédoyère que par la population elle-même. C'est à Grenoble que virent le jour des personnages aussi caractéristiques que l'inventeur-mécanicien Vaucanson, le philosophe Condillac, le constituant Barnave, Henri Beyle connu sous le nom de Stendhal et le peintre Fantin-Latour. L'agence au 4, avenue Jean Perrot Aux XVIIIe et XIXe siècles cette voie s'appelait "route d'Eybens" et traversait carrément la campagne. Elle fut empruntée par Napoléon au retour de l'île d'Elbe en 1815. Au XIXe siècle, bordée de peupliers, elle devint l'avenue d'Eybens qui donnait accès à une zone maraîchère. Le 5 décembre 1944, elle fut baptisée avenue Jean Perrot en souvenir d'un héros de la Résistance. Docteur en droit, associé des Établissements Sappey, Jean Perrot fut pendant la dernière guerre, dans la Résistance, chef départemental du mouvement "Franc Tireur". Probablement trahi, il était sauvagement abattu par deux inconnus le 29 novembre 1943. Les locaux de l'agence ont été acquis en 1970 et font partie d'un immeuble tout neuf dont le terrain était précédemment occupé par un vieil entrepôt appartenant aux Établissements Genthy-Cathiard. Antérieurement encore, le sol était utilisé pour des cultures maraîchères. Le bureau au 13, rue de la République Lors des travaux de rénovation et de prolongation de la rue de la République qui eurent lieu entre 1962 et 1965, il fut nécessaire de déblayer les blocs d'une muraille romaine de 150 mètres de long et de 4 m 50 d'épaisseur à la base, qui faisait partie de l'enceinte de Dioclétien et de Maximilien construite vers 288 après J.C. Au Moyen Age la prolongation de la rue de la République donnait accès au couvent des dominicains frères prêcheurs de Grenoble. Sous la Révolution, l'église des Dominicains devint la Halle aux grains et le passage, après s'être nommé "passage des Jacobins" (ces derniers s'y réunissaient) finit par s'appeler "passage de la Halle". Très vétuste, la Halle aux grains fut rasée en 1908 et la rue qui en découla fut baptisée le 7 décembre 1909, rue de la République. A l'emplacement de la muraille romaine dont les bases servirent aux fortifications de Lesdiguières, édifiées lors des guerres de religion de 1591 à 1593, il a été construit un ensemble d'immeubles modernes (1965-1968). Cet ensemble immobilier a été édifié par la ville de Grenoble et vendu en copropriété. Un local avait été acquis par le Gaz de France à qui nous l'avons racheté en 1975. Les locaux de notre bureau ont été ainsi repris à cette société nationale, et aménagés pour recevoir la clientèle en décembre de la même année. A côté de ceux-ci subsiste encore une tour de 3 mètres de haut et de 5 mètres de long, ultime vestige de l'enceinte de Lesdiguières édifiée sur les bases de la muraille romaine. Le Havre L'agence et le bureau Le port d'Harfleur, fondé au XIe siècle et devenu port d'état en 1281 s'enlisa progressivement dans les sables. François Ier décida de faire construire un nouveau port. En février 1517, après avoir "fait chercher en la côte de Normandie et Pays de Caux lieu sûr et convenable", le roi donne au sieur de Bonnivet, amiral de France, "plein pouvoir et autorité de faire construire ledit havre et fortification au lieu de grasse, audit pays de Caux" pour "tenir en sûreté les navires et vaisseaux de Nous et de nos sujets navigant sur la mer océane". Le port est terminé en 1523 et la cité compte 600 habitants en 1524 : elle en comptera 5.000 dès 1540. Peu après la Basse-Normandie fut agitée - au cours du XVIe siècle - par de sanglantes luttes religieuses et au XVIIe siècle par les troubles des Frondes, enfin dans les dernières années du XVIIIe siècle par ceux de la Révolution auxquels la population du Havre participa activement. Au XIXe siècle, la navigation à vapeur fit du Havre l'un des premiers ports de France et c'est lui qui accueillit, le 19 octobre 1850, le navire "Franklin" qui inaugurait le service transatlantique de la New York and Havre Steam Navigation C° dont la Maison Worms était le fournisseur en charbon. Durant la dernière guerre mondiale la partie de la ville construite avant 1852 fut totalement détruite et le port ruiné à 85%. Leur reconstruction, entreprise selon les plans modernes, hardis et importants d'Auguste Perret, a été menée à bien de 1945 à 1960. Le Havre est actuellement le second port pétrolier français et reçoit en outre le gaz liquéfié provenant d'Algérie pour l'alimentation en gaz naturel du bassin parisien et de la capitale. Les personnalités les plus marquantes nées au Havre sont Bernardin de Saint-Pierre, Casimir Delavigne, André Siegfried, René Coty, Raoul Dufy et Othon Friesz. L'agence au "Franklin Building", n°127, rue Jules Siegfried. La rue actuelle Jules Siegfried marque à peu près la limite nord de la destruction quasi totale, durant la dernière guerre, de la partie du Havre construite avant 1852. A part la période de la Révolution cette voie s'est appelée, du XVIIIe au milieu du XIXe siècle environ, rue d'Orléans. Lors de la construction de la bourse, place Jules Ferry, elle fut baptisée rue de la Bourse, dénomination qu'elle conserva jusqu'en 1922 date à laquelle elle reçut le nom de rue Jules Siegfried. Ce personnage (1837-1922), grand cotonnier du Havre, avait été député-maire puis sénateur et ministre du Commerce (1892-1893). Il était le père d'André Siegfried, géographe socio-économiste, professeur aux Sciences politiques et au Collège de France, de l'Académie française et de l'Académie des sciences morales et politiques, né au Havre. Le Franklin Building est une création d'après-guerre et porte le nom de Benjamin Franklin, débarqué au Havre en 1777 avec mission de négocier avec Louis XVI une alliance entre les États-Unis qui venaient de proclamer leur indépendance et la France. En 1948, M. Giaskel, directeur de l'implantation havraise des United States Lines (USL) décidait de faire construire un immeuble à l'emplacement de la caserne Eblé (de la gendarmerie) détruite pendant la guerre 1939-1945. C'est l'architecte havrais M. Daigue qui fut chargé de cette construction. L'immeuble a été inauguré le 4 juillet 1952, date anniversaire de l'indépendance des États-Unis (1776). Les locaux font partie du patrimoine immobilier du Groupe Worms et ont été rachetés en 1976 à la Banque française du commerce extérieur précédent propriétaire. La surface acquise pour notre agence ne représente en fait qu'une faible partie du Franklin Building. Lille L'agence A l'époque gauloise, le nord de la France était peuplé principalement par les Nerviens qui offrirent, lors de l'occupation romaine au 1er siècle avant J.C. une résistance opiniâtre aux légions de Jules César. Plus tard Clovis conquit ce pays (en 486) qui fit alors partie de la Neustrie pendant toute la période franque. Érigée en comté en 863 la Flandre se donna une cité forte au XIIe siècle sous le nom de Isla (l'île) bâtie entre les deux bras de la Deule ; les comtes de Flandre y avaient déjà fait édifier en 1055 leur château. Au XIIIe siècle le bourg s'appela Insula ou Insulanus. Philippe le Bel se l'appropria en 1304 et la ville resta sous l'autorité du roi de France jusqu'en 1361. Rattachée au duché de Bourgogne, Lille devint en 1383 la capitale de Philippe le Hardi. C'est là que furent établis et déposés les statuts de la Toison d'Or en 1431. Le mariage de la fille de Charles le Téméraire avec l'Empereur Maximilien fit passer le comté de Flandre à la Maison d'Autriche et Lille devint ainsi ville espagnole lors du partage entre Habsbourg d'Espagne et d'Autriche. C'est Louis XIV qui en 1678 rattacha définitivement la Flandre à la couronne de France ; cependant la cité de Lille, perdue durant la guerre de succession d'Espagne, ne revient à la France qu'après la victoire de Denain (1712) et le traité d'Utrecht (1713). Sous la Révolution les Autrichiens furent vigoureusement repoussés de Lille, en 1792. Pendant la guerre de 1870 le général Faidherbe y organisa une courageuse résistance. La première guerre mondiale dévasta le Nord jusqu'au pourtour de sa métropole. Les célébrités natives de Lille les plus représentatives sont l'éditeur de Voltaire, Panckoucke, le général Faidherbe, le compositeur Edouard Lalo, le peintre Carolus Duran et le général de Gaulle. L'agence au 29, rue du Molinel Au Moyen Age l'actuelle rue du Molinel reliait le centre de la cité à l'une des portes au sud-ouest de la ville. Cette porte se nommait porte du Molinel en souvenir d'un moulin qui se trouvait là antérieurement (Molinel = petit moulin). Début 1584, le "magistrat" de Lille décida la création d'écoles dominicales et l'une d'elles fut ouverte le 26 février 1584 dans les pièces surmontant la porte du Molinel. Lors de l'agrandissement des fortifications de Lille, en 1603, cette issue fut baptisée porte Notre-Dame puis sous la Révolution, en 1793, porte de Béthune. Elle a été finalement démolie en 1866 mais la rue continua à se nommer rue du Molinel. En février 1962, la Maison Worms prenait le contrôle de la Banque Coppenolle dont le siège était situé dans l'hôtel particulier de M. Camille Coppenolle au 30, rue du Molinel. Devenue agence Worms en janvier 1965 par le rachat de l'ensemble des titres de Coppenolle SA, notre implantation lilloise acheta, en janvier 1966, des parts de la SCI Lille-Métropole représentant une partie de l'immeuble situé au n°29, rue du Molinel. Ces locaux venaient d'être édifiés par l'entreprise lilloise Aubrun pour compte de la SCI Lille-Métropole qui faisait construire en ces lieux quatre nouveaux immeubles sur un terrain précédemment occupé par la gare routière de la Société des transports Citroën. C'est en septembre 1967 que notre agence prit possession de ces nouveaux locaux. Lyon L'agence et le bureau Le territoire qui s'étend autour du confluent du Rhône et de la Saône se trouvait peuplé par les Ségusiaves qui furent par la suite soumis aux Arvernes et aux Éduens. La conquête romaine y établit en 41 av. J.C. une colonie qui fonda en ces lieux la ville de Lugdunum capitale de la province lyonnaise, puis métropole politique et religieuse de la Gaule et son premier centre de propagation du christianisme (IIe siècle). Elle connut très tôt les pillages par les peuplades voisines et par les barbares. Ainsi les Bourguignons vinrent s'y établir en 478 ; le pays passa en 534 au royaume de Childebert et en 558 à celui de Clotaire. Ensuite ce furent les ravages et les dévastations opérés par les Wisigoths et les Sarrasins. Charlemagne releva le Lyonnais de ses ruines et Lothaire, après le traité de Verdun (843), l'érigea en comté. En 1032 Lyon devint ville du Saint-Empire. Enfin Philippe le Bel, en 1312, l'annexa à la couronne de France. Les guerres de religion du XVIe siècle et les luttes fratricides sous la Révolution française y laissèrent des traces particulièrement sanglantes. Lyon avait en effet osé se dresser contre la Convention et dut subir de terribles représailles. L'Empire permit à la ville de renaître et d'entrer dans la voie de l'industrialisation. Mais au cours du XIXe siècle, les problèmes sociaux engendrés par la constitution d'un monde ouvrier misérable suscitèrent de fréquentes insurrections et des émeutes, en particulier sous Louis-Philippe. Les révoltes des Canuts sont restées célèbres. Les Lyonnais de naissance les plus connus sont l'empereur Caracalla, Philibert Delorme, Antoine Coysevox, Nicolas et Guillaume Coustou, Jean-Baptiste Say, le maréchal Suchet duc d'Albuféra, André Ampère, Jules Favre, Puvis de Chavannes et Antoine de Saint-Exupéry. L'agence au 18, rue Childebert Dans la ruelle qui longeait l'Hôtel-Dieu construit au XVIe siècle se trouvait un abattoir d'où le nom de "rue Boucherie de l'Hospice" puis, en raison du bétail qui stationnait dans cette voie, celle-ci fut nommée "rue Attache-aux-Bœufs". L'abattoir fut supprimé en 1840 et à son emplacement on créa, en 1859, le "Passage de l'Hôtel-Dieu" qui devint une galerie commerçante connue et protégée par une verrière. Par décision du conseil municipal du 5 août 1845 l'ensemble de la rue fut baptisée "rue Childebert" en souvenir du roi qui, selon la tradition, fonda le premier Hôtel-Dieu de Lyon en 549 (celui-ci était en fait situé à Saint-Paul). A l'emplacement occupé par des immeubles édifiés au début du XIXe siècle, l'entreprise Pitance construisit en 1962 le nouveau building "Le Rhône" dans lequel notre agence s'est installée depuis 1978. De 1957, date de la reprise de la BUL par la Maison Worms, à 1978, les locaux détenus par notre implantation lyonnaise étaient principalement situés au n°55, place de la République. Cette place ainsi que la rue de la République sont une création du préfet Vaisse (le Haussmann lyonnais) du Second Empire. (La rue se nomma successivement rue Impériale (1865-1871), rue de Lyon (1871-1878) enfin rue de la République depuis 1878). Le bureau au 90, cours Lafayette En commémoration des visites que Lafayette fit à Lyon lors de son retour triomphal d'Amérique en 1785, puis le 5 septembre 1829 en empruntant le nouveau pont qui venait d'être achevé en 1828, enfin en 1830 quand il fut accueilli par le maire de Lyon, le docteur Prunelle, le pont où il était passé fut baptisé Pont Lafayette, de même l'avenue qui le prolonge eut pour nom celui de cours Lafayette. Dans un nouveau centre commercial édifié sur un parking par les soins de la Société d'équipement de la ville de Lyon, la Banque Worms acheta en 1969 les locaux où vint s'installer son bureau de quartier à proximité des Halles de Lyon et de l'aire rénovée de la Part-Dieu. Marseille L'immeuble de la Banque Worms, 35, cours Pierre Puget On sait communément que Marseille a été fondée par des Phocéens venus s'installer dans cette région vers l'an 600 avant J.C. On se rappelle aussi que les Romains prirent sous leur protection la cité de Massilia en 125 avant J.C. et que celle-ci eut à supporter successivement la présence - violente mais temporaire - des Wisigoths, des Burgondes, des Francs aux Ve et VIe siècles, puis des Maures et des Sarrasins aux IXe et Xe siècles, et qu'enfin pendant plus de deux cents ans elle fit partie du comté de Provence (1257-1481) et ne revint à la couronne que grâce à l'action du roi Louis XI. Mais on soupçonne moins, vu la configuration actuelle de la ville, que durant toute l'Antiquité et jusqu'à la fin du Moyen Age, Marseille ne s'étendait exclusivement qu'au nord du Vieux Port -exception faite de l'implantation au sud du couvent solitaire et fortifié de Saint-Victor. Ce sont les fortifications édifiées au XVIIe siècle qui englobèrent les îlots de maisons construites à l'est et au sud, jusqu'aux actuels cours Pierre Puget et boulevard de la Corderie. Sous le Consulat, le premier préfet des Bouches-du-Rhône fut Charles Delacroix, ministre des affaires extérieures jusqu'en juillet 1797, puis ambassadeur en Hollande. Installé le 8 avril 1800 dans l'hôtel de Georges de Roux [ou Roux de Corse], situé rue Armény à Marseille, Delacroix entreprit une œuvre importante de restauration urbaine en faisant paver les rues boueuses et en y aménageant des trottoirs. Pour la réalisation de ces travaux, il créa des ateliers de charité où les indigents de la commune de Marseille furent employés. A la fin de l'année 1800, il prit la décision de faire démolir les fortifications au sud de la ville entre la porte de Notre-Dame de la Garde et la porte de Rome et ceci en vue d'y créer une avenue plantée d'arbres en guise de promenade. Quand elle fut sur le point d'être terminée, Delacroix fit voter le 9 janvier 1801 par le conseil municipal une motion permettant de baptiser la nouvelle allée cours Bonaparte, en hommage au Premier Consul. En février 1801, la ville d'Aix fit don à celle de Marseille d'une belle colonne de granit que le conseil municipal phocéen décida de faire ériger vers le bout du cours Bonaparte au pied de la colline Bonaparte (actuel jardin de la colline Pierre Puget) pour y recevoir le buste du Premier Consul sculpté par Chardigny. Une inscription en lettres d'or y figurait : "A Bonaparte, vainqueur et pacificateur, Marseille reconnaissante". Lors de la chute de l'Empire, le peuple marseillais sous l'impulsion du comte Pinto de Vellozo, alla renverser le 14 avril 1814 le buste du Premier Consul et le cours Bonaparte fut baptisé "cours Bourbon". Mais après les événements de 1830, le conseil municipal de Marseille vota le 24 juillet 1833 le rétablissement au cours Bourbon de la colonne surmontée du buste de Bonaparte, ce qui eut lieu en présence de la Garde nationale et au chant de la "Marseillaise". Sous le Second Empire, le cours Bourbon redevint le cours Bonaparte mais à la proclamation de la République le conseil municipal, dans sa réunion du 4 octobre 1870, proposa de donner au cours Bonaparte le nom de boulevard de la Patrie. Les circonstances du moment vinrent ajourner toute décision à ce sujet. Finalement, par arrêté du maire de la ville de Marseille, en date du 27 janvier 1871, le cours Bonaparte devenait le cours Pierre Puget qui a conservé cette dénomination jusqu'à nos jours. Quant à la fameuse colonne, elle supporte actuellement le buste de Pierre Puget dont la création artistique est reconnue par tous les régimes. L'immeuble de la Banque Worms, situé au n°35 du cours Pierre Puget, est un ancien hôtel particulier édifié sous le Second Empire. Il a environ 10 mètres de façade et 24 mètres de profondeur et possède 4 étages. Il fut construit pour les industriels marseillais Rostand et passa en 1865 à une autre famille bien connue à Marseille, les Secchiari d'origine grecque. Ces derniers le revendirent en 1885 à des industriels d'origine suisse, les Imhaus. De 1926 à 1941 l'immeuble appartint aux Virabian, également négociants et industriels, et de 1941 à 1946 il fut la propriété des Sociétés huileries Luzzatti et fermières Yerminck réunies. Depuis le 15 janvier 1946, il fait partie du patrimoine immobilier du groupe Worms. Montpellier L'agence et le bureau Avant la conquête romaine le territoire de l'Hérault se trouvait peuplé de tribus celto-belges dont les Volces Tectosages et les Volces Arécomiques. Province romaine dès 121 avant J.C. cette région bénéficia du mélange des populations gallo-romaines et le long de son littoral les Phocéens de Marseille vinrent créer les bourgs d'Agde et de Cessero (Saint-Thibery). Un système politique et législatif très évolué y fut mis en place et dura jusqu'aux invasions des Vandales (Ve siècle) et des Sarrasins (VIlle siècle) qui le ruinèrent. Cette province s'est trouvée ensuite annexée à la France sous le nom de Septimanie (ou Gothie), puis elle passa au comté de Toulouse, à l'Aragon (1204) et à Majorque (1276). Elle revint à la couronne en deux fois : une partie sous Louis IX (1229) et l'autre sous Charles VI. La ville de Montpellier fut, comme le reste de la province, très agitée par la guerre des Albigeois, les luttes religieuses du XVIe siècle et par les frondes du XVIle siècle. Elle eut à souffrir des conséquences directes de la Révocation de l'édit de Nantes et de l'édit de Montpellier. Les troubles de la Révolution lui valurent d'âpres luttes civiles, mais les guerres du XIXe siècle et du début du XXe siècle épargnèrent la ville et la région en raison de leur situation géographique. Sont nés à Montpellier des personnages célèbres aussi divers que Jacques Ier roi d'Aragon, Saint Roch, le peintre Sébastien Bourdon, Cambacérès, le conventionnel Joseph Cambon, le comte Daru et le philosophe positiviste Auguste Comte. L'agence au 8, boulevard Ledru Rollin Depuis juillet 1974 notre agence de Montpellier s'est installée dans de tout nouveaux locaux boulevard Ledru-Rollin à côté de la Banque de France sous la promenade du Peyrou. Ce boulevard a été tracé sur l'emplacement de l'ancienne enceinte de la cité, dite "la commune clôture" qui avait été édifiée aux XIIe et XIIIe siècles et dont il subsiste deux tours, celle des Pins et celle de la Babotte. La "commune clôture" se nommait ainsi du fait qu'elle protégeait à la fois la partie de la ville dépendant de l'évêque et celle du ressort du seigneur de la cité. (Les Guilhem furent seigneurs de Montpellier de 985 à 1204). Héritée de la Bian en 1967 l'agence de Montpellier était alors située au 14, rue de Verdun. De nouveaux locaux mieux conçus et situés furent acquis en 1974 au rez-de-chaussée du 8, boulevard Ledru-Rollin. Ce bel immeuble dénommé "l'Arquinel" (nom d'un puits qui existe à cet endroit), venait d'être édifié par les soins de la SCI Ledru-Rollin par l'intermédiaire de la Sifram sur un terrain déblayé de constructions vétustes, qui avait été acheté à Mlle d'Adhémar, nièce et héritière du vicomte d'Adhémar, décédé en 1906. Au XIXe siècle, jusqu'en 1863, l'ancien immeuble avait été la propriété de M. André Tissie, associé de la Banque "Tissie-Sarrus". Le bureau au 1, rue Aristide Ollivier Ce bureau de quartier a été ouvert en octobre 1974 et se trouve situé sous la place de la Comédie (l'Oeuf) à l'embranchement de la rue de Verdun. Il s'agit là d'un quartier édifié au XIXe siècle "hors les murs" et qui est le lieu de rencontre entre la zone commerçante actuelle et la zone résidentielle de l'époque. Aristide Ollivier était un journaliste régional de talent qui vécut au XIXe siècle et fut tué encore jeune au cours d'un duel malencontreux. Précédemment la rue portant actuellement son nom, avait été baptisée "rue Pont Juvénal". Nantes L'agence De nombreux vestiges préhistoriques, de l'âge de la pierre polie et du bronze en particulier, (dolmens, armes, outils...) ont été retrouvés sur le territoire de la Loire-Atlantique. Les autochtones façonnèrent déjà à l'époque la campagne nantaise avant même l'arrivée des Celtes au Ve siècle av. J.C. La cité de Nantes fut la capitale de la peuplade gauloise des Namnêtes dont elle porte encore le nom. Sous l'occupation romaine les Namnêtes furent englobés dans le ressort de la troisième lyonnaise. Charlemagne et ses successeurs eurent à lutter contre l'indépendance des Bretons qui subirent peu après les ravages des Normands au IXe siècle. Du Xe siècle à 1532 Nantes fut la capitale du duché de Bretagne et ceci malgré la rivalité de Rennes au cours des luttes entre Capétiens et Plantagenets et la guerre de Cent Ans. Le mariage de la fille de la duchesse Anne de Bretagne, Claude de France, avec le futur roi François Ier, permit la réunion du duché à la couronne de France. Durant le XVIe siècle, les guerres de religion saccagèrent le pays et ne cessèrent qu'avec l'édit de Nantes (1598), mais, au XVIIe et au XVIIIe siècles, la révocation de l'édit de Nantes et ses conséquences, de nombreuses émeutes, et finalement la Révolution française qui provoqua le soulèvement de la Vendée, secouèrent profondément la ville de Nantes. Elle est actuellement un centre commercial et industriel important et possède un port actif. Parmi les Nantais de naissance, les plus connus sont la duchesse Anne de Bretagne, les généraux Cambronne et Lamoricière, Jules Verne, Waldeck Rousseau et Aristide Briand. L'agence à la "Résidence du Mail", 9, boulevard Gabriel Guist'hau D'après la chronique, Alain IV, duc de Bretagne, remportait en 930 une éclatante victoire sur les Normands dans les parages de l'actuel boulevard Guist'hau et c'est lui qui décida de faire de Nantes la capitale de son duché. A la fin du XVIIIe siècle François de l'Orme qui possédait les vastes terrains en friche de la Grille fit don à la commune de Nantes d'une longue parcelle où passait le chemin de la Terme de la Grille, appelé aussi "les Boulevards". Cette voie fut baptisée sous la Révolution, en 1790, "cours du Peuple" puis en 1793 en souvenir du fils de François de l'Orme, massacré en mars 1793 par des "brigands"; elle se nomma "cours Delorme". En 1936 ce cours devint le boulevard Gabriel Guist'hau (1863-1931) en commémoration de celui qui fut avocat et député-maire de Nantes ainsi que ministre de divers cabinets Briand. Le terrain sur lequel s'élève actuellement "la Résidence du Mail" a connu des fortunes diverses. En 1788 les lieux appartenaient à l'ordre des Carmélites. Puis ils furent peu après rachetés contre rente foncière perpétuelle par la veuve de noble Jean Hamart, directrice des postes de Nantes. Peu avant 1837 un hôtel particulier prit place au n°11 des "Boulevards", édifié par les soins du colonel d'artillerie Joseph Évariste Vallière. Par la suite cet hôtel fut acquis aux enchères par Julien Perchais armateur-négociant nantais et passa en 1847 à la fille de celui-ci et à son gendre, maître Vauvercy, avocat à Nantes. En 1855 l'immeuble fut acheté par Alexandre Viot, armateur-négociant nantais et porta dorénavant le n°9 du boulevard Delorme (devenu Guist'hau en 1936). L'une des filles mariées du vicomte de Nacquard, en hérita. C'est en 1969 seulement que cet hôtel dut céder la place à "la Résidence du Mail" où notre agence s'installa à la fin de 1971. Nice L'agence et le bureau La région de Nice était peuplée dès l'âge préhistorique. A l'aube des temps historiques les Ligures s'y établirent. Des navigateurs et commerçants grecs d'origine, les Phocéens de Marseille fondèrent la cité de Nice vers 350 avant J.C. ainsi qu'Antibes. A l'époque romaine, César Auguste incorpora cette région à l'empire. Au début du Moyen Age elle constituait la Provence orientale et se trouvait placée sous l'autorité des comtes de Barcelone et d'Anjou. A la suite de la succession de la reine Jeanne, comtesse de Provence, toute la rive gauche du Var passa à la Maison de Savoie qui la conserva jusqu'en 1792. Au hasard des guerres, la ville de Nice fut occupée par le roi de France ou par le Habsbourg. Charles Quint y signa la trêve de Nice en 1538 avec François Ier. Plus tard Nice fut prise par Catinat en 1691, par Berwick en 1706 et finalement par la France de la Révolution en 1792. Français de 1793 à 1814 l'ancien comté de Nice devint état sarde entre 1815 et 1860. Napoléon III l'annexa définitivement à la France après référendum en 1860. Depuis le début du XIXe siècle la cité de Nice est recherchée pour son climat agréable. Un grand nombre de personnages célèbres y passèrent une partie de leur vie ou leurs derniers jours, comme l'impératrice Eugénie. Les hommes de renom, nés à Nice et les plus notoires sont les peintres Louis Brea et Carle Vanloo, le maréchal Masséna duc de Rivoli, l'économiste Adolphe Blanqui, le héros de l'unité italienne Giuseppe Garibaldi et le Dr Albert Calmette inventeur du BCG. L'agence au 22, avenue Jean Médecin L'avenue Jean Médecin est une réalisation du XIXe siècle : elle relie l'hôtel de ville aux abords de la gare du chemin de fer. Issue rapide vers le nord et les montagnes cette voie traversait autrefois une région maraîchère. Actuellement c'est l'axe principal nord-sud de la vie active et commerçante de Nice. Au XIXe siècle elle prolongeait la place Masséna (Masséna est un enfant de Nice) jusqu'à l'actuelle avenue Masséna ; en 1918 elle fut baptisée avenue de la Victoire. Après la deuxième guerre mondiale la municipalité lui donna le nom de son maire estimé Jean Médecin, père du maire actuel. En 1971 la Banque Worms décida de trouver une implantation plus centrale que celle de la rue Guiglia héritée de la BIAN en 1967. Notre agence s'installa alors dans un immeuble appartenant à la ville de Nice qui l'avait reçu en pleine propriété en 1961 à la suite d'un legs. Cet immeuble a été construit, comme beaucoup d'autres de la même avenue, vers 1890 ; il abritait, avant notre installation dans les lieux, la succursale du fameux magasin de vêtements masculins "Old England". Le bureau au 15, rue Guiglia Agence de la Bian, créée par elle en 1960, elle devint agence de la Banque Worms en 1967 et le demeura jusqu'en 1971 date à laquelle elle fut retenue comme bureau de quartier. L'immeuble où s'exerce son activité venait d'être édifié en 1960 sur un terrain des Hoirs Fontana, famille niçoise honorablement connue. La ville a donné le nom de Guiglia à cette rue en souvenir d'un riche niçois qui fit un legs important à Nice pour la fondation d'un musée. En fait ce legs du comte Louis Guiglia (1787-1861), président du Sénat et de la Cour d'appel de Nice sous la Maison de Savoie, a servi à la construction en 1931, sur la Promenade des Anglais, du Centre universitaire méditerranéen. Orléans Historique de l'hôtel de la Banque Worms "Par certain procès-verbal de vente et adjudication fait en la Prévosté d'Orléans le 21 avril 1610", Pierre Fougeu, seigneur d'Escures et du Poutil, devenait propriétaire d'un terrain" où il y a seulement quelques ormes plantés". Cette "place" appartenait jusque-là au couvent voisin des Cordeliers qui la tenait lui-même de "Messieurs le doyen et chanoine et chapitre de l'église collégiale de Saint-Pierre Empont" par "contrat de vente et aliénation du 12 janvier 1472, présent maître Dupont, notaire apostolique d'Orléans". Le seigneur d'Escures, né à Orléans en 1554, avait été un fidèle serviteur d'Henri III puis un ami d'Henri IV. Au début du règne de Louis XIII il était "conseiller du Roi en ses conseils, maréchal général des Logis de ses camps, gouverneur et Premier Maître d'hôtel de Monseigneur frère unique de Sa Majesté". Il logeait alors place Royale à Paris (l'actuelle place des Vosges au n°9) dans ce nouvel ensemble résidentiel où la construction de l'Hôtel d'Escures fut achevée dès 1608. Le jeune Louis XIII y résida pendant les fêtes de l'inauguration de la place Royale les 5, 6 et 7 avril 1612 et y apprécia l'hospitalité de son conseiller d'Escures. Pierre Fougeu d'Escures possédait déjà à Orléans, rue des Cordeliers (qui deviendra rue d'Escures) une propriété adjacente au terrain des Cordeliers ; c'est ce qui l'incita à se porter acquéreur de "la place" mise en vente par les Cordeliers en 1610. Sur ce terrain à l'exemple de la place Royale de Paris, il fit édifier quatre belles "maisons en pavillon" dans le style Louis XIII le plus pur. Dans l'un de ces pavillons (probablement celui à l'angle de la rue Bretonnerie qui fut estimé le plus cher des quatre lors de la succession), d'Escures, malade, reçut Louis XIII les 29 juillet 1614 et 18 mai 1616. Peu avant il était devenu maire de la ville d'Orléans le 28 février 1613 et allait le demeurer quatre années de suite, contrairement à l'usage et grâce à une dérogation accordée par la reine régente Marie de Médicis. Il devait décéder dans son hôtel particulier d'Orléans le 9 mai 1621. Parmi les acquéreurs ou héritiers successifs du "pavillon" qui devint le n°2 de la rue d'Escures, figurent en 1678 Claude Cahouët, écuyer, seigneur de Beauvais, conseiller du Roi, président du bureau des finances de la généralité d'Orléans ; en 1763 M. Gabriel Dounant, écuyer, conseiller secrétaire du Roi et de ses finances, puis le fils de celui-ci en 1773 Mathieu Geneviève Dounant de Chalville, chevalier, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi ; les familles honorablement connues comme celles de Benoit Pierre Garnier de Farville sous le Directoire et l'Empire et en 1857 d'Anatole Pierre Marie Bigot vicomte de la Touanne qui avait épousé une demoiselle de Farville et depuis 1906 la famille du docteur Le Page-Viger. En dernier lieu, au titre de locataire, l'hôtel particulier du 2, rue d'Escures, abrita de 1945 à 1976 la direction Régionale du centre de l'Office national des forêts. Malgré les recherches faites par M. R.J. Boitel, architecte des Bâtiments de France, et exposées dans sa publication "L'Hôtel Fougeu d'Escures, siège de la Chambre des notaires du Loiret", Orléans s.d. (environ 1966) on ignore le nom de l'architecte des "Pavillons d'Escures". Il s'agit très probablement d'une adaptation par un architecte de l'école d'Orléans du style de la place Royale de Paris édifiée selon les plans et dessins de Claude Chastillon, mort en 1616, en collaboration possible avec Jacques II Androuet du Cerceau, décédé en 1624. Reims La place Royale Une cité vieille de plus de deux mille ans ! Les Rèmes ont donné leur nom à la ville de Reims qui fut ensuite choisie par les Romains, lors de la conquête des Gaules, comme capitale de la Belgique seconde. Clovis, victorieux des Alamans, s'y fit baptiser en 496 par Saint Rémi, alors archevêque de Reims. Depuis cette date la ville demeura la métropole traditionnelle du sacre des rois de France. Sous les comtes de Champagne elle devint "ville libre" et ne fut incorporée au royaume qu'au moment du mariage de Philippe le Bel avec la dernière héritière de la Champagne en 1284. Charles VII, "le roi de Bourges", grâce à l'action libératrice de Jeanne d'Arc, put être sacré à Reims le 12 juillet 1429. Plus près de nous, pendant la grande guerre de 1914-1918, la ville eut à subir d'importantes destructions ; par contre, c'est à Reims que furent signées, le 8 mai 1945, les conventions d'armistice mettant fin aux hostilités du dernier conflit mondial. Et c'est là que naquirent des hommes aussi utiles que différents comme Colbert (1619-1683), le maréchal Drouët d'Erlon (1765-1844) et Paul Port "prince des poètes" (1872-1960), pour ne citer qu'eux. Au centre de la ville se croisaient deux voies importantes : celle qui reliait les Flandres à l'Allemagne et celle menant de Paris aux confins de la Champagne. D'après les fouilles, il avait existé en ce lieu, à l'époque romaine, la place d'armes de Durocortorum (Reims). Mais au Moyen Age, faute d'autres espaces, on édifia des maisons sur cet emplacement où ne subsistèrent que des ruelles étroites. Le centre de la cité médiévale se nommait "le Grand Credo" et dépendait de la paroisse Saint-Michel. Au XVIlle siècle, le quartier fut considéré comme malpropre et malsain ; Levesque de Pouilly, lieutenant des habitants de 1741 à 1750, rédigea une requête au roi pour solliciter la création d'une place au milieu du "Grand Credo", requête qui avait recueilli l'approbation générale du conseil de Ville le 7 janvier 1749. Après la mort de Levesque, le nouveau lieutenant des habitants, Jean-François Rogier, demanda à Legendre, ingénieur des Ponts et Chaussées, d'établir un plan de la place à créer. Ce projet, vigoureusement soutenu par les ministres Trudaine et Bertin, fut approuvé par le conseil d'État et par Louis XV le 20 mai 1755. Pour en permettre la réalisation, le roi accordait à la ville de Reims d'importants subsides. Malheureusement, le chapitre de Saint-Michel s'opposa alors au percement du "Grand Credo" dont une partie des immeubles lui appartenait. Finalement un arrêté du conseil d'État du 6 septembre 1756 débouta la requête du chapitre et de l'archevêque de Reims, Armand-Jules duc de Rohan, et les travaux purent commencer le 5 décembre 1758. Ils se terminèrent le 29 septembre 1760 sans que la nouvelle place fût totalement achevée. L'hôtel des Fermes ne vit le jour qu'en septembre 1761 ; la ville racheta au chapitre Saint-Michel encore un lot de terrains et d'anciens immeubles pour y élever les édifices situés à l'entrée des rues Bertin et Trudaine (1769-1788). Cependant dès 1765, sous la. lieutenance de Jean-Baptiste Sutaine, une statue du roi Louis XV fut érigée au centre de la place Royale en témoignage de reconnaissance pour les bienfaits royaux. Œuvre remarquable du sculpteur Pigalle elle fut inaugurée en grande pompe. La Révolution la détruisit mais les deux statues ornant le socle ont été remises en place lors de la reconstitution du monument en 1818 par le sculpteur Cartelier. Au cours du XIXe siècle la place Royale fut parachevée par la construction des bâtiments élevés aux coins des rues Cerès et du Grand Credo d'une part, Carnot et du Cloître d'autre part. L'ensemble ainsi réalisé d'après les plans originaux de Legendre est dans le meilleur style classique et a fière allure. [Durant la première guerre mondiale, la plupart des bâtiments de la Place Royale ont été atteints par les bombardements des 8 et 15 avril 1918 et ont brûlé. Seules les façades ont subsisté et ont été réutilisées et restaurées lors de la reconstruction de ces immeubles.] En choisissant de s'implanter non seulement au cœur de la cité mais plus précisément dans la partie la plus ancienne de la place Royale, la Banque Worms témoigne à la fois son respect des traditions et son désir de collaborer à l'épanouissement continu et à l'avenir de la ville de Reims et de la région. Rouen L'agence et le bureau A l'époque des Gaules, Lille-bonne et Rouen étaient les deux capitales de ce qui allait devenir la Normandie. La conquête romaine au Ier siècle av. J.C. fit de Rouen une métropole provinciale. Sous les Francs la ville et la région furent englobées dans la Neustrie. Les Normands ravagèrent la Basse-Seine et prirent Rouen tant en 841 qu'en 859, et acquirent finalement toute la Normandie en 911. Érigée alors en duché (Xe siècle) avec Rouen pour seule capitale, la Normandie passa sous la domination des Plantagenêts. Le duc Guillaume le Conquérant s'empara de l'Angleterre en 1066 et entraîna Rouen et la Normandie sous obédience anglaise. Mais Philippe Auguste reconquit le duché en 1204. Pendant la guerre de Cent Ans Rouen fut occupé par les Anglais de 1419 à 1449. C'est là qu'ils firent juger et brûler Jeanne d'Arc en 1431. Les guerres de religion au XVIe siècle les Frondes au XVIIe et la Révolution française à la fin du XVIIIe siècle secouèrent rudement Rouen et son arrière-pays. Durant la seconde guerre mondiale l'admirable palais de justice brûla et la fameuse cathédrale fut dangereusement atteinte par les bombardements ; l'un et l'autre sont aujourd'hui restaurés. Parmi les hommes célèbres que Rouen vit naître citons Pierre Corneille, Cavelier de la Salle, Fontenelle, Géricault et Gustave Flaubert. L'agence au 6, rue Rollon La rue Rollon dans laquelle est située notre agence est la voie qui prolonge l'antique rue aux Juifs vers le Vieux-Marché. Elle suit le tracé des anciennes rues Saint Antoine, Saint Jean et du Petit Puits. Élargie sous le Second Empire, au moment où fut créée la rue de l'Impératrice, l'actuelle rue Jeanne d'Arc, elle reçut le nom de rue Rollon, le 31 décembre 1860 en souvenir du premier duc de Normandie. Une statue du duc Rollon, œuvre d'Arsène Letellier, a été érigée en 1865 dans le jardin de l'Hôtel de ville. L'immeuble dans lequel est implantée notre agence date des années 1880 environ. Le rez-de-chaussée et le premier étage sont destinés à la banque ; le second est utilisé comme appartement de fonction. L'immeuble lui-même a abrité jusqu'en 1971, date de notre installation dans les lieux, un fonds de commerce de tissus à l'enseigne "A la fiancée" qui devint plus tard "La Solderie". Le bureau au 14bis, avenue Pasteur L'avenue Pasteur où la Banque a ouvert un bureau de quartier en décembre 1975, est l'ancienne rue de la Madeleine qui avait été façonnée, nivelée et plantée d'arbres en 1783. L'église de la Madeleine qui borne la perspective de la rue a donné son nom à cette dernière. Sous la Révolution elle fut appelée rue de l'Hospice (1794) en raison de l'Hôtel-Dieu qui se dresse derrière l'église de la Madeleine. Le début du XXe siècle baptisa cette avenue du nom du grand savant que fut Pasteur. Dans un immeuble de béton de conception très moderne, construit en 1975, la banque a loué, dès cette date, à la Norwich Union Life Insurance Cy, un local dont elle a fait un bureau de quartier. Le terrain de l'immeuble était précédemment occupé par un négociant en pneumatiques, les Établissements Blard. Roubaix-Tourcoing L'agence de Roubaix et le bureau de Tourcoing Les grandes lignes de l'historique de la région du Nord ont été déjà évoquées à propos de l'agence de Lille. L'agence de Roubaix au n°50 de l'avenue Jean Lebas Selon les géographes, l'édification de la ville de Roubaix est due uniquement à la volonté de l'homme et non pas à une conjonction géographique favorable comme l'intersection de routes, le franchissement d'un fleuve ou un lieu particulièrement abrité. Jusqu'à la Révolution Roubaix n'était qu'un petit bourg ramassé entre les actuelles rues Général Sarrail, de l'Abreuvoir et la Grand'Place. Le bourg et les terres alentour formaient la "seigneurie de Roubaix" qui dura du XIe au XVIIIe siècle. Pierre Seigneur de Roubaix avait obtenu en 1469 de Charles le Téméraire le privilège de fabrique pour la draperie et le tissu (Charte des drapiers), déterminant ainsi l'avenir de la cité. En 1790 l'agglomération se limitait encore aux rues Général Sarrail, de l'Hospice des lignes, Fosses-aux-Chênes et aux maisons entourant l'église Saint-Martin. C'est le préfet du Nord qui en 1819 demanda la création d'une administration communale de la ville de Roubaix. En 1823 la route vers Lille était tracée et allait devenir la rue de Lille en 1832. Puis la route de communication avec Tourcoing fut créée en 1829 et se nomma par la suite rue de Tourcoing. Une série d'expropriations de biens immobiliers entre la Grand'Rue et la rue du Château permit de réunir la Petite place à la place Saint-Martin. Mais ce n'est qu'en 1882 que l'actuelle avenue Jean Lebas fut percée en vue de relier la Grand'Place à la gare du chemin de fer. Cette nouvelle voie se nomma d'abord rue puis avenue de la Gare et finalement après la dernière guerre avenue Jean Lebas en mémoire du maire de Roubaix, mort en déportation en 1944. Les célébrités de Roubaix sont le sculpteur sur bois Antoine Joseph Pater, le chansonnier Nadaud, le ministre Louis Loucheur dont une loi porte le nom et le romancier Maxence Van der Meersch. Depuis son ouverture début 1973 l'agence de Roubaix occupe le rez-de-chaussée de l'immeuble sis 50, avenue Jean-Baptiste Lebas, artère sur laquelle est installée la majorité des banques de la ville. La façade de cet immeuble de trois étages dont la construction remonte à la fin du IlIe siècle, marie fort heureusement les pierres et les briques du pays. Le sigle de la société civile "Alter" l'actuel propriétaire rappelle le nom d'Albert Ternynck d'une famille connue dans la filature et le tissage depuis 1825. A l'origine l'immeuble avait une vocation mixte : jusqu'au deuxième étage, filature et tissage ; au troisième : habitation du propriétaire. Mais depuis de nombreuses années il est consacré à la location de bureaux. Le bureau de Tourcoing au n°3 rue du Général Leclerc A l'époque gauloise une piste traversait déjà les lieux où allait naître par la suite Tourcoing. Les Romains l'élargirent pour établir la voie militaire Boulogne-Cologne. Grosso modo cette chaussée romaine passait à l'endroit des rues actuelles du Brun-Pain, de Lille, de Tournai et du Tilleul. Elle reliait plus précisément Tournai, port sur l'Escaut, à Wervicq, port sur la Lys. Des huttes puis des chaumières furent bâties le long de cette route. L'évêque de Tournai, Saint Éleuthère, évangélisa la région qui demeura jusqu'à la Révolution française sous la juridiction de l'évêché de Tournai. Le nom de "Tourcoin" apparaît pour la première fois en 1080. Au carrefour actuel des rues de Tournai, du Tilleur, du Château et Léon Salembier fut édifié en 1260 un bel hospice. Durant le Moyen Age la seigneurie de Tourcoing était administrée par un bailli qui fit construire un château à côté de l'église Saint-Christophe. Bauduin de Lannoy (1430-1501) racheta la terre de Tourcoing et obtint de l'empereur Maximilien en 1491 la "Franche Foire" qui permit à la cité d'être une grande ville manufacturière de l'époque. Charles Quint autorisa "ceulx de Torcoin à lever un droit de péage afin d'entretenir les chaussées". Sous la Révolution, le 18 mai 1794, les troupes françaises, commandées par Moreau, repoussèrent les Anglais et les Autrichiens devant Tourcoing. Napoléon III accompagné de l'impératrice Eugénie rendit visite à la ville en 1853 et en 1867 et le président Fallières y vint en 1906 pour inaugurer l'exposition internationale textile, consécration de Tourcoing comme métropole de la laine. Les enfants célèbres de Tourcoing sont Philippe Maton et Jean de Lannoy qui en 1624 fondèrent en Amérique la ville de Nouvelle Flandre, devenue en 1664 New York ; le général Douay qui fit les campagnes de la Guadeloupe, Martinique, Algérie, Italie, et fut tué à Wissembourg en août 1870 ; le poète symboliste René Guilbert dit René Ghil et le compositeur Albert Roussel. L'actuelle rue du Général Leclerc (1902-1947) n'a été percée qu'en 1862 en vue de relier la Grand'Place à l'hôtel de ville encore en projet mais construit entre 1866 et 1871 sous l'administration du maire Charles Roussel grand-père du compositeur, et selon les plans de l'architecte Maillard dans un style typiquement Second Empire. Dès lors la voie qui y aboutit se nomma rue de l'Hôtel de Ville. Au n°15 de celle-ci naquit le musicien célèbre Albert Roussel (1869-1937) Depuis la mort tragique du général Leclerc en 1947, la rue de l'Hôtel de ville a été baptisée rue du Général Leclerc en mémoire du héros de la 2ème DB. Le bureau de Tourcoing occupe depuis sa création fin 1976, un petit immeuble de deux étages acquis à la même époque par la Banque. Cet édifice fut construit au cours du dernier tiers du XIXe siècle après la percée de la rue. Le rez-de-chaussée avait précédemment été occupé par un commerce d'articles religieux en raison de sa proximité de la principale église de Tourcoing. Saint-Etienne L'agence La capitale d'une province gauloise, Feurs, a donné son nom au pays du Forez dont le peuplement est très ancien. A l'époque celtique les Ségusiaves l'occupèrent mais furent à leur tour soumis par les légions romaines de Jules César au Ier siècle av. J.C. La domination romaine dura jusqu'au Ve et même jusqu'au VIe siècle, puis les Bourguignons et les Francs envahirent le Forez et Clovis le rattacha au royaume de Bourgogne. Érigé en comté le pays dut subir les ravages des invasions des Sarrasins au VIlle siècle. Les comtes de Forez furent contraints, après arbitrage du roi de France, d'abandonner leurs droits sur Lyon à l'archevêque de cette ville en 1173 et se trouvèrent en lutte, durant le reste du Moyen Age avec leurs voisins. Le fief revint aux Bourbons et à la mort du fameux connétable il fut confisqué et rattaché à la couronne de France en 1527. Saint-Étienne et son arrière pays connurent les drames des guerres de religion, puis ceux de la Révolution française. Les excès qui y eurent lieu en 1789 sont restés dans la mémoire des Stéphanois. La ville n'avait alors guère plus de 20.000 habitants. C'est parce que depuis bien longtemps les Stéphanois savaient utiliser la force de leurs modestes cours d'eau pour travailler le fer et parce que la présence de charbon leur fournissait le moyen d'alimenter abondamment leurs forges que Saint-Étienne a connu au XIXe siècle cette fameuse expansion qui allait faire d'elle en quelques années la capitale française de l'arme et du cycle. Dès 1827, un chemin de fer, le premier en France, reliait Saint-Étienne à la Loire distante d'une quinzaine de kilomètres. Trente années plus tard, la population de la ville atteignait déjà 100.000 habitants. C'est à Saint-Étienne que virent le jour des personnages célèbres tels que l'historien et érudit Claude Fauriel, l'ingénieur Fourneyron inventeur de la turbine hydraulique, Francis Garnier conquérant du delta du Fleuve-Rouge et le compositeur Massenet. L'actuelle avenue de la Libération est une création de la deuxième moitié du XIXe siècle. Elle se nommait à ses débuts "rue au Nord du Lycée". En souvenir du président Félix Faure (1841-1899) foudroyé par une attaque d'apoplexie le 16 février 1899, la municipalité de Saint-Étienne donna le 2 mars 1900 à la rue en question le nom d'avenue Président Faure qui devint le 21 janvier 1941 l'avenue Maréchal Pétain. Au moment où le pays recouvrait sa liberté, cette avenue fut baptisée avenue de la Libération (24 août 1944). L'agence de Saint-Étienne occupe une partie de l'hôtel des Ingénieurs achevé en 1907, à l'angle de l'avenue de la Libération et de la rue du Grand Moulin. L'immeuble a été construit pour le compte de l'Amicale des anciens élèves de l'École nationale supérieure des mines de Saint-Étienne, actuelle propriétaire, sur l'emplacement d'anciens bâtiments achetés en 1899 au moment du tracé de cette avenue et qui appartenaient à Messieurs Taravellier et Giraud de Willechaize. Précédemment les locaux de notre agence avaient toujours abrité une brasserie connue (Berger de 1907 à 1912, Gruber de 1913 à 1963, Vigorelli de 1964 à 1968 et Laurency de 1968 à 1970). Notre agence, après aménagements, s'y est installée le 15 avril 1971. Toulouse L'agence Parmi les premières peuplades celtiques à avoir occupé la région de Toulouse, figurent les Yolces Tectosages. Des vestiges ont fourni la preuve que le bourg de Toulouse existait déjà en l'an 600 avant J.C. La conquête romaine eut pour effet d'incorporer ce pays à la première Narbonnaise qui fut par la suite envahie par les Wisigoths au Ve siècle. Ceux-ci dominèrent pendant trois cents ans la province qui devint la Septimanie. Après eux, les Sarrasins s'emparèrent de l'ensemble du Languedoc (VlIIe siècle) mais en furent chassés par l'avance des Francs. Charlemagne créa en 778 le comté, puis duché de Toulouse qui tour à tour devint le fief de puissantes maisons féodales voisines. Finalement le Languedoc fut réuni à la couronne de France en 1271. Depuis cette époque et jusqu'à la Révolution, Toulouse demeura la capitale incontestée du Languedoc. Le Collège du gai savoir y fut fondé en 1323 et allait devenir, par les soins de Louis XIV, l'Académie des jeux floraux, la plus ancienne société littéraire d'Europe. Au XIIIe siècle la guerre cruelle des Albigeois vint troubler la région et c'est sous les murs de Toulouse que Simon de Montfort fut tué en 1218. Le Languedoc et sa capitale eurent à souffrir des ravages occasionnés par la guerre de Cent Ans, par les guerres de religion au XVIe siècle, par les luttes des Frondes au XVIIe siècle, par les convulsions de la Révolution et enfin par la bataille de Toulouse en 1814. Depuis le Moyen Age, Toulouse est un centre intellectuel et artistique important et le protecteur de la langue d'Oc. Toulouse a donné naissance à des illustrations [sic] dont les plus marquantes sont le peintre François de Troy, le ministre Joseph de Villèle, les sculpteurs Falguière et Laurent Honoré Marqueste et le compositeur Déodat de Séverac. La rue de Metz actuelle traverse des vestiges romains découverts lors de fouilles à l'angle de la rue de la Bourse en 1869. Elle est faite de deux tronçons distincts : - entre la place du Pont et la place Esquirol elle s'est appelée successivement rue du Pont Vieux (XIVe siècle), rue de la Chapelle Gautier, et rue de la Trilhe (nom d'une famille possédant une partie du quartier) du XlVe au XVIe siècles, puis rue du Pont Neuf (commencé en 1543 et terminé en 1606) aux XVIIe et XVIIIe siècles. Sous la Révolution elle se nomma rue l'Honneur (1794), ensuite rue Transversale jusqu'en 1873 date à laquelle elle devint la rue de Metz. Tous les immeubles côté nord ont été reconstruits entre 1869 et 1871 ; côté sud les façades sont encore du XVIIIe siècle ; - entre la place Esquirol (nom d'un médecin aliéniste du XVIIIe siècle) créée en 1892 et la porte Saint-Étienne le dégagement a commencé en 1875. Anciennement la ruelle qui y passait en partie s'appelait rue de la Colombe (de 1477 à 1898) et précédemment elle était baptisée du nom de Bertrand-David (propriétaire de 3 immeubles de la rue en 1203) - (du XlIIe au XVe siècle). Sous la Révolution on la nomma rue de l'Arc-en-Ciel. En face des n°43 et 45 de la rue de Metz actuelle se trouvait, près du chevet de la cathédrale, une grosse tour romaine, vestige de l'enceinte de Dioclétien (283-313 apr. J.C.) et démolie seulement au début du XIXe siècle. Le début de la rue de Metz a été autrefois habité par des notables : au n°1 par Antoine Mengaud, trésorier général de France (1708) ; au n°3 par Jean-Baptiste de Lagorrée, docteur, banquier et "capitoul" (1565-66) ; au n°5 par Jean Marrast, conseiller-secrétaire du Roi (1613) ; au n°14 par le docteur Cartier, régent de l'Université (1679) ; au n°16 par Hélie Astorg, docteur, avocat et "capitoul" (1575-76). L'agence aux n°48 bis et 50 de la rue de Metz Les deux immeubles dans lesquels l'agence de la Banque Worms est implantée (aux n°48bis et 50 rue de Metz) ont été construits après 1871. Les locaux du n°50 étaient occupés dès l'origine par la SA des Établissements Debray négoce en gros de produits alimentaires qui céda son fonds en 1949 à la SARL Cazaux, épicerie en gros. La BIAN acheta le droit au bail en 1959 avec l'autorisation du propriétaire des deux immeubles Mme Moutariol, dont le beau père, l'architecte Montariol, avait fait édifier ces immeubles pour M. Decourteix-Turquet, président du Tribunal civil de première instance, et les lui avait finalement rachetés. Ce n'est qu'en 1976 que l'agence de notre Banque, pour s'agrandir, parvint à acquérir le droit au bail de deux locaux situés au n°48bis, détenus jusque là, l'un par la Compagnie des machines Norma SA l'autre par les Établissements Georges Truffaut. Ces locaux avaient été précédemment utilisés, depuis mars 1914, par la Banque Deloey de Sicard qui vendit à son tour son fonds de commerce à la Banque Adam en 1930, banque fondée en 1784. Cette dernière, en difficultés lors de la grande crise des années 1930, se mit en liquidation en 1935 et son fonds fut repris alors par la Banque Courtois. [Bibliographie - voir le PDF.]  

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Historique des Services maritimes (1814-1978)

NB : Note de synthèse des renseignements collectés en préparation à la rédaction du livre intitulé Cent Ans, Boulevard Haussmann.La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée.  Historique des Services maritimes de MM. Worms & Cie (1914-1918) Fondateur de la Maison Worms en décembre 1848, Hypolite Worms (1801-1877) doubla rapidement son important négoce de charbons par une activité d'armateur et ceci dès la fin de 1855. C'était l'époque où les navires à hélices faisaient leur apparition et supplantaient les bateaux à aubes. Deux navires "héliciers" avaient alors été commandés par lui aux chantiers navals britanniques de Hull et vers la fin de 1856, il se trouvait en possession de quatre bâtiments de ce type destinés à l'armement et à ses transports charbonniers.Ainsi naquirent les Services maritimes de la Maison Worms dont les lignes allaient progressivement s'étendre de la Manche (liaisons avec l'Angleterre dès 1856) à l'Atlantique, à la mer du Nord et à la Baltique. La première ligne régulière Bordeaux-Hambourg fut inaugurée le 16 février 1859 ; celle reliant Bordeaux à Rouen s'ouvrit en 1868 et Bordeaux à Anvers en 1869. La Maison Worms avait alors créé un réseau national et international de cabotage dont le fleuron était la ligne Bordeaux-Le Havre-Hambourg.Pendant la guerre de 1914-1918 les bateaux des Services maritimes de MM. Worms et Cie furent réquisitionnés par l'État en même temps que l'était le reste de la flotte marchande française. Hypolite Worrns, à la fin de l'année 1915, devenait associé gérant de la Maison et en prenait effectivement la direction. En même temps que lui Georges Majoux fut aussi nommé associé gérant. Il avait en effet exercé une grande influence sur le développement: de l'armement Worms comme directeur des Services maritimes.Après la première guerre mondiale il fallut reconstituer la flotte puis reprendre et étendre les anciennes activités. Sous l'impulsion du commandant Delteil, les Services maritimes se manifestèrent jusque dans la Baltique orientale et ouvrirent des succursales à Hambourg, Dantzig et firent revivre les liaisons avec Petrograd rebaptisée peu après Leningrad. Des services de cabotage vinrent compléter les lignes d'armement dans l'Atlantique, la Manche, et la mer du Nord. La flotte Worms, après sa reconstitution et son expansion, était d'un tonnage supérieur de 40% à celui de 1914. Les activités de transit consignation et manutention prirent, de leur côté, une extension de plus en plus importante.En janvier 1921, les Services maritimes étaient installés dans la plupart des ports importants de France, tels Dunkerque, Boulogne, Dieppe, Le Havre, Rouen, Concarneau, Audierne, Douarnenez, Brest, Saint-Nazaire, Nantes Rochefort, Bordeaux, Marseille, Toulon, ainsi qu'à l'étranger comme au Caire et à Alexandrie (Égypte), Anvers (Belgique), Rotterdam (Hollande), Duisburg et Hambourg (Allemagne), Dantzig (Pologne) et Arkangel (URSS).En décembre 1925 la flotte des Services maritimes de MM. Worms et Cie, comprenait en toute propriété, 23 Steamers dont une bonne partie portait le nom de crus prestigieux : "Barsac", "Bidassoa", "Cantenac", "Caudebec", "Cérons", "Château-Lafite", "Château-Palmer", "Château-Yquem", "Fronsac", "Haut-Brion", "Jumièges", "La-Mailleraye", "Léoville", "Listrac", "Margaux", "Pessac", "Pomerol", "Pontet-Canet", "Sauternes", "Séphora-Worms", "Suzanne-et-Marie", "Yainville".(Pour la petite histoire nous donnons en annexe la liste des navires de Worms et Cie ayant porté le nom des grands crus de vignobles du Bordelais.)Les noms des grands crus bordelais avaient été donnés aux navires affectés à la ligne régulière Bordeaux-Le Havre-Hambourg. De même, les bateaux reliant Rouen au canal de Bristol furent baptisés du nom de localités normandes. C'était faire connaître à l'étranger des sites de la terre française.Ces unités desservaient des lignes régulières qui reliaient presque tous les ports entre Dunkerque et Bayonne en cabotage national et en cabotage international les ports de Bordeaux et Le Havre à Hambourg et Brème, de Rouen à Hambourg, de Rouen à Anvers, Dantzig, Gdynia, Königsberg, Memel et éventuellement Riga, du Havre à Anvers et Rotterdam, de Rouen et Dunkerque à la côte est de l'Angleterre, de Rouen toujours aux ports du canal de Bristol, de Dieppe à Grimsby (côte est anglaise) cette dernière pour un trafic bien précis : laines de Mazamet à l'aller et charbons vers Dieppe au retour, destinés aux chemins de fer français. Des escales importantes étaient aménagées à Pasages (Espagne du Nord) sur la ligne Bordeaux-Bayonne, et à Nantes pour les navires reliant Anvers et Le Havre à Alger et Oran. La ligne sur l'Algérie était une des dernières-nées avant la Deuxième Guerre mondiale. Les navires de "tramping", de cabotage national et international transportaient des matières pondéreuses, les derniers cités entre la Baltique et les ports français (bois et charbons de Dantzig et de Gdynia) et entre le canal de Bristol et la France (charbons).Pour le cabotage national, les navires des lignes régulières furent progressivement touchés par la concurrence qu'exerçait le chemin de fer par la pratique des "prix fermes" consentis aux expéditeurs d'un tonnage important et régulier. Pour y pallier, les Services maritimes utilisèrent les forfaits "de bout en bout" (Lille-Toulouse par exemple) en n'utilisant pas seulement la voie maritime mais aussi la voie fluviale, la route et la voie ferrée.Même le "tramping" souffrit durant les années 1930-1940 de la concurrence du rail, en particulier pour le transport du ciment chargé à Boulogne à destination des autres ports étrangers.Rappelons ici qu'Hypolite Worms s'intéressa en 1929 à la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur alors en difficultés. Fin 1933, il la transformait en Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire ce qui permit à la Maison Worms d'adjoindre à son activité traditionnelle de cabotage, l'exploitation des lignes de longs courriers vers l'océan Indien, Madagascar et l'Amérique du Sud.Pendant la Deuxième Guerre mondiale l'ensemble de la flotte marchande française (et les navires des Services maritimes de Worms et Cie ne firent pas exception), fut réquisitionné et placé sous le contrôle de la Direction des transports maritimes qui dépendait du ministère des Travaux publics et des Transports. Cette réquisition dura jusqu'en 1947.Les navires Worms qui se trouvaient en zone libre ou en Afrique du Nord après l'armistice et jusqu'en novembre 1942 furent encore utilisés, sous contrôle des Transports maritimes, par les Services maritimes dont la direction d'exploitation avait été en partie transférée alors à Marseille. Les navires, (ils étaient au moins deux), restés en Angleterre après juin 1940, furent récupérés en 1945.Après la guerre, dès 1945, il fut nécessaire de remettre la flotte sur pied. Quatorze unités sur vingt-quatre avaient été détruites, mais son exploitation dut s'adapter à une nouvelle orientation.Le cabotage national dut être complètement abandonné en raison de la concurrence du rail et de la route. Par contre de nouvelles lignes régulières furent créées en Méditerranée reliant - Marseille, Nice et Sète à Tunis, Sousse et Sfax ;- Marseille et Nice à Bône et Philippeville ;- Marseille à Alger, Djidjelli et Bougie ;- Marseille et Port-Saint-Louis-du-Rhône à Oran et Mostaganem.Cependant les navires utilisés sur ces lignes n'étaient plus adaptés aux besoins de l'époque. Ils étaient trop lents (10 noeuds environ) avec un tonnage insuffisant (850 à 1.000 tonnes de port en lourd) tels le "Barsac" et le "Haut-Brion". Le trafic des primeuristes algériens sur Marseille s'en ressentit. Il fallait de nouveaux navires et c'est ainsi que furent lancés pour les Services maritimes le "Pomerol" (à Brème le 7 mars 1957), le "Sauternes", le "Médoc" (à Brème le 10 mai 1958), et le "Léoville" (à Brème le 10 septembre 1958). Il s'agissait d'unités d'un port en lourd de 1.600 tonnes (sauf le "Sauternes" de 1.255 tonnes) et ayant une vitesse de l'ordre de 15 noeuds.D'autres navires avaient déjà été construits pour la flotte Worms : les "Château-Lafite", "Château-Petrus", "Château-Palmer", "Cérons", "Cantenac", tous lancés au Havre entre 1951 et 1955. La série des "Châteaux" était constituée de navires ayant de 2.660 à 2.680 tonnes de port en lourd et une vitesse commerciale de 13 noeuds environ. Munis de cuves, ils furent exploités sur la ligne Le Havre-Cherbourg-Anvers-Algérie. Sur l'Algérie ils transportaient des produits manufacturés du nord surtout et du matériel d'armement au départ de Cherbourg. Les vins d'Algérie constituaient le principal du trafic vers la France. L'armement Schiaffino, qui avait confié à Worms son agence, ne permettait pas aux bateaux des Services maritimes de toucher les ports de Rouen et de Dunkerque à l'époque.MM. Worms et Cie avaient repris après la Deuxième Guerre mondiale, l'exploitation de leurs lignes de cabotage international Nord vers l'Allemagne l'Angleterre, Anvers, Rotterdam et même l'Irlande. Mais les conditions d'exploitation ayant changé, les Services maritimes se décidèrent d'abandonner progressivement leurs propres navires et de les remplacer par des bateaux hollandais affrétés dont le prix de revient était bien inférieur. MM. Worms et Cie, afin de mieux faire face à cette situation de réadaptation de l'exploitation, avaient déjà, par acte du 3 décembre 1956, érigé en société anonyme, leur département combustibles et services maritimes. Mais les directions générales demeuraient strictement autonomes ainsi que le fonctionnement de l'ensemble de chaque département.Un grave sinistre maritime mérite d'être rapporté ici. En 1949, le "Listrac" (sister-ship du "Fronsac" ), en activité entre Rouen et Cardiff, fut abordé au large de Cherbourg par un gros navire argentin, en plein jour, et coula en entraînant la mort de deux hommes.Après 1960 les lignes exploitées par affrètement furent également abandonnées. Par contre la ligne d'Allemagne subsista encore un certain temps en raison de la location de "l'Argo Reederei" à un partenaire allemand avec lequel les Services maritimes travaillaient depuis 1930.Parmi les navires pondéreux qui demeuraient à la disposition des maritimes, il y avait le "Caudebec" et le "Normanville", tous deux de 3.600 tonnes auxquels vint s'ajouter le "Jumièges" de 2.600 tonnes. Peu avant 1960 l'exploitation du "Caudebec" se fit en commun avec l'Union navale, émanation de l'Atic (Association technique de l'importation charbonnière). En 1961 le "Yainville" (3.600 t) fut lancé aux Chantiers du Trait pour être également exploité en compte à demi avec l'Union navale. A ceux-ci vint aussi se joindre le "Château-Margaux" (3.448 t) construit à Hambourg en 1958 déjà.Mais les événements politiques en Méditerranée obligèrent les Services maritimes à réduire leur trafic dans cette région de notre hémisphère. La nationalisation du canal de Suez en 1956 par le gouvernement du colonel Nasser porta un rude coup aux intérêts maritimes de MM. Worms et Cie en Égypte. L'indépendance et le changement de régime de la Tunisie (1957) les amenèrent à lier leur exploitation dans ce pays avec la Compagnie tunisienne de navigation en obtenant la représentation de cette dernière. La guerre puis l'indépendance de l'Algérie (1962) provoquèrent la chute du trafic entre les côtes françaises et algériennes ; malgré des accords intervenus peu après avec la Compagnie nationale algérienne, les Services maritimes se retirèrent progressivement de ce secteur aussi.Afin de compenser le manque à gagner dû à des événements indépendants de sa volonté, Worms maritime orienta son exploitation plus particulièrement sur la consignation. Déjà après la Deuxième Guerre mondiale, les Services maritimes s'étaient reconvertis en partie dans cette activité. La lenteur des opérations portuaires faisait souvent perdre aux navires le temps gagné par leur vitesse commerciale et les frais de quai devenaient considérables. Pour y pallier la mécanisation des moyens de chargement et de déchargement fut poussée au maximum, ce qui aboutit à une sorte d'industrialisation des Services maritimes.Le département maritime de la Maison avait déjà acquis de belles représentations d'armateurs bien connus et ceci dans divers ports. Après un nouvel effort, les consignations obtenues ont été en progression notoire entre 1960 et 1970 ; à ce propos les représentations des car-ferries Thoresen, la NYK, de Moore Me Cormac (containers) et des European Ferries durant cette période, méritent d'être signalés. Ainsi Worms Services maritimes sont devenus progressivement l'agent des principaux armements du monde entier tels : American Export Lines, Johnson Scanstar, Malaysian International Steamship Corporation, Nippon Yusen Kaisha (NYK), Niver Lines, Turkish Cargo Lines, etc. Afin de progresser encore, les Services maritimes pratiquèrent une politique de création d'agences, de succursales et de filiales.La plus ancienne d'entre elles fut l'agence de voyage dont la fondation remonte avant la guerre (6décembre 1938) en Afrique du Nord et qui petit à petit par Marseille, Lyon et Tours s'est implantée jusqu'à Paris (7 mai 1948). De même à Marseille une filiale de manutention vit le jour avec le concours de la Cotunav. Puis des accords passés avec l'agence maritime Pommé à Port-de-Bouc, ont permis de constituer une autre filiale, la Compagnie auxiliaire maritime. Depuis la guerre, dans d'autres régions, le même processus se poursuivit : à Nantes et Brest avec la Société nouvelle de consignation et de gérance ; à Caen avec la Société de gérance de navigation, Sogena ; à Cherbourg avec la création de l'Agence maritime cherbourgeoise. Également à l'étranger : en Belgique avec la fondation d'Euro-Shipping ; en Allemagne avec Worms, Compagnie maritime et charbonnière gmbh ; en Hollande avec l'Interzee Scheepvaartmaatschappij BV (à Rotterdam).Par ailleurs, Worms CMC rechercha de nouveaux débouchés du côté des transports terrestres et en particulier des transports frigorifiques. Alors que ses navires étaient progressivement vendus entre 1962 et 1968, la société Worms CMC s'intéressa successivement à des sociétés de transports routiers spécialisés. Ainsi, à partir de 1964, une association fut conclue avec des sociétés comme :- Sancier et Cie (transports frigorifiques internationaux), spécialiste des transports par route de denrées périssables sous température dirigée, ceci tant en France que dans toute l'Europe.- Galopin SA (transports frigorifiques internationaux), spécialiste du transport sous température dirigée de produits laitiers, viandes, salaisons, surgelés et primeurs. Sous la responsabilité de Jacques Masson de nouveaux accords eurent lieu avec :- Eurotransit SA (transports frigorifiques internationaux), groupage et distribution pour toute l'Europe, entreposages frigorifiques (produits laitiers, viandes, salaisons, surgelés ainsi que des marchandises générales), gestion de stocks, transit, agence en douane, expéditions maritimes, etc.- Alamassé Bulle et Cie (transports frigorifiques internationaux) en 1972. Spécialiste des produits laitiers, viandes, volailles, surgelés, salaisons pour leur groupage, distribution régionale, entreposage et transit dans toute la France.Ces divers accords et prises de participations aboutirent en 1973 à la création d'un Groupement d'intérêt économique - GIE, les Transports frigorifiques européens, composé des quatre affaires précédentes, Alamassé Bulle et Cie, Eurotransit, Galopin, Sancier. Ce nouveau GIE dispose ainsi d'un parc de 400 véhicules, de 40.000 m2 d'entrepôts frigorifiques en France et à Kehl, et possède un service "affrètement" permettant de résoudre les problèmes d'acheminement des marchandises périssables ou générales, ceci grâce à des implantations à Strasbourg et Francfort (TFE) et des correspondants à Paris (Alamassé Bulle et Cie - Rungis), à Lyon (Transports Sancier), à Marseille (Alamassé Bulle et Cie), à Vire (Galopin SA), à Kehl (Eurotransit-Kehl) et à Londres (Emilie & C°).Finalement, la constitution de sociétés distinctes comme Worms Distribution, celle de Worms Services maritimes et l'acquisition de sociétés routières ont profondément modifié la structure de Worms Compagnie maritime et charbonnière. Au lieu de l'articulation précédente de deux directions générales autour d'un siège social, Worms CMC est devenue une société holding regroupant un certain nombre de filiales :- Worms Services maritimes, société Anonyme sous la présidence de Jean Bucquet,- Services combustibles, propriété de Worms CMC mais filiale de facto dont la direction est assurée par Albert Bosmans,- filiales routières, regroupées de leur côté dans le GIE TFE (Groupement d'intérêt économique - Transports frigorifiques européens), présidé par Jacques Masson (assisté de Robert Diemert qui est le président des sociétés Eurotransit et Alamassé Bulle & Cie).Cependant, depuis déjà des années, la structure d'exploitation des Services maritimes bénéficiait de l'activité d'un ensemble de sociétés affiliées plus spécialement implantées dans les ports. Les filiales et participations peuvent être regroupées en :1° - Sociétés de manutention- la société Girma à Bordeaux,- la Somaba au Havre- la Seima à Rouen- la Cogema à Dunkerque- la Société marseillaise de manutention et de transport à Marseilleassurent en régie les manutentions de Worms CMC dans ces ports.2° - Sociétés de consignation et de transit- la Société Nouvelle de consignation et de gérance à Nantes, Saint-Nazaire, Brest et Donges,- l'Omnium maritime armoricain, à Lorient,- l'Agence maritime et fluviale à Fos (filiale de la Société marseillaise de manutention et de transport),- l'Auxiliaire maritime (prestations aux navires faisant escale dans l'étang de Berre, Lavera, Port-de-Bouc, Fos) et voyage-transit et remorquage à Marseille.3° - Sociétés de transport et d'entreposage (activité terrestre)- la Satema à Pantin - entreposage et magasinage, à laquelle comme déjà indiqué précédemment, sont venus se joindre Eurotransit, Alamassé Bulle & Cie, Galopin et Sancier.4° - Agences à l'étranger et filiales étrangères- l'agence d'Alger (Worms CMC - Algérie)- Worms et Cie SA - Anvers (avec filiales EuroShipping et Steinmann)- Worms CMC gmbh - Hambourg- Worms et Cie Rotterdam- Comesmar à Gênes (avec bureaux à Livourne et Milan). Elle détient en outre une participation dans Automar à Salerne, société spécialisée dans le transit des véhicules automobiles- Permal, New York- Worms and C° Ltd - Londres (Shipping Agency)- Société maritime à Skhira - Tunisie5° - En outre un certain nombre de sociétés d'activités diverses, telles :- la Société Alpes-Rhône Voyages à Lyon ;- Somapar, spécialisée dans l'activité maritime internationale ;- les Armateurs de gros porteurs associés - AGPA pour la gérance de divers navires ;- la Société française de transbordement, créée à Rouen en 1975 avec Duchemin et son transitaire Motrans pour le transbordement des céréales de péniches sur les navires.Il n'est pas besoin de préciser que cette énumération d'affaires liées avec Worms CMC n'est nullement exhaustive. Elle permet pourtant de se faire une bonne idée des affaires qui dépendent de Worms CMC, en particulier depuis que cette dernière est devenue une holding.On ne saurait terminer sans rappeler le rôle important que joua pendant cent ans la Maison Worms dans la vie et l'activité du canal de Suez.Si les Services charbons assuraient une grande partie du combustible nécessaire aux navires qui transitaient dans cette région, les Services maritimes ne fournissaient pas moins, de leur côté, des prestations très utiles et prisées des armateurs. Les droits de passage du Canal devaient être payés à l'avance par les bateaux qui empruntaient cette voie.Aussi la société Worms et Cie avait-elle conclu des accords avec la Compagnie du canal de Suez lui permettant de régler à celle-ci, au lieu et place de ses propres clients et d'une façon groupée, les sommes dues par ces derniers dont les navires utilisaient le Canal. C'est ainsi que l'agence Worms de Port-Saïd était amenée à télégraphier deux fois par semaine à Worms Paris le montant global approximatif dû par ses clients armateurs à la Compagnie du canal, montant qui, télégraphiquement toujours, était reconnu à cette dernière sur la place de Londres.D'autre part, pour augmenter le nombre de passages au travers du Canal et diminuer ainsi le temps d'attente, on recourut au transit de nuit. Pour le permettre aux navires non munis de phares spéciaux, les Services maritimes de Worms constituèrent à chaque extrémité du canal de Suez un petit stock de phares destinés à être loués aux armateurs qui en avaient besoin.Dans le discours qu'il prononça à Port-Saïd l'un des tous premiers jours de 1950, Hypolite Worms déplorait et expliquait en même temps les raisons qui l'avaient si longtemps retenu loin de l'Égypte : « Voila les explications que je vous devais. Mais en réalité cela n'avait aucune importance pour la Maison Égypte car elle a été de tout temps gérée par des hommes d'élite, de tels hommes, de tels collaborateurs que, quelles que soient les difficultés, quels que soient les soucis, quel que soit le travail que ses directeurs ont eu à accomplir, au fond tout marchait très bien ! »Mais les événements politiques survenus en Égypte en 1952 vinrent totalement changer la face des choses avec l'instauration de la République par le général Naguib. La dictature du colonel Nasser depuis 1954 et les nationalisations accompagnées d'une politique xénophobe aggravèrent encore la situation des intérêts français.Pour survivre à ces événements en Égypte, la Maison Worms créa une filiale, la Semco, puis les Services maritimes fondèrent à Port-Saïd Worms, de Castro et C°, société affiliée qui déploie encore de nos jours une bonne activité.Indiquons pour terminer que MM. Worms et Cie avaient déjà créé en 1946 des services de consignation aérienne à Alger, Tunis et Paris. Actuellement un service de fret aérien existe à Marignane dans le cadre de Worms Services maritimes qui sont également présents à l'aéroport de Roissy par l'intermédiaire de l'agence Hector L'Herbier et Cie, SA.

1978.00.De Francis Ley - Banque Worms.Management de la Maison et de la Banque (1916-1978)

La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée. Associés-gérants depuis 1916  Date d'entrée  Associé-gérant de la société  Georges Majoux (1867-1941)  Vers 1900  Worms & Cie  1916-1925  (retrait)  Michel Goudchaux (1880-1955)  1904  Worms & Cie  1911-1940  Hypolite Worms II (1889-1962)  1908  Worms & Cie(sans la signature sociale de 1911 et 1916)  1911-1962  Jacques Barnaud (1893-1962)  1927  Worms & Cie  1930-1944  1949-1962  Robert Labbé (1907-1974)  1938  Worms & Cie  1944-1974  Raymond Meynial (1902-)*  1932  Worms & CieGérant statutaire non associé entre 1944 et 1949  1949-1978  Pierre Herrenschmidt (1906-1999)*  1960  Worms & Cie  1960-1967  (retrait)  Jean Barnaud*  1948  Worms & Cie  1962-1985  Guy Brocard*  1937  Worms & Cie  1967-1978  Guy Taittinger*  1947  Worms & Cie  1970-1978  Nicholas Clive Worms*  1964  Worms & Cie  1974-1997  Pierre Bazy*  1967  Worms & Cie  1977-1984 * Actuellement en fonction. Direction des Services bancaires, puis de la Banque Worms  Chef des Services bancaires, puis directeur  Ferdinand Vial (1928-1936)  Directeur des Services bancaires  Gabriel Le Roy Ladurie (1936-1944)  Directeur des Services bancaires  Guy Brocard (1944-1955)  Directeur général des Services bancaires  Guy Brocard (1955-1962)  Directeur général des Services bancaires  Robert Dubost (1962-1964)  Directeur général de la Banque Worms  Robert Dubost (1964-1976)*  Directeur général de la Banque Worms  Pierre Bazy (depuis 1976)** * Administrateur-directeur général depuis 1971, puis vice-président en 1974 ** Codirecteur général depuis 1971  Président-directeur général de la Banque Worms  Raymond Meynial (1964-1974)  Président-directeur général de la Banque Worms  Guy Taittinger (depuis 1974)

1978.01.00.De la Banque Worms.Bilan social 1978

Bilan social 1978 La loi du 12 juillet 1977 fait obligation aux entreprises d’établir un bilan social. Ce document chiffré fait apparaître un certain nombre d’indicateurs qui sont regroupés autour des sept rubriques suivantes : Emploi, Rémunérations & charges accessoires, Conditions d’hygiène & de sécurité, Autres conditions de travail, Formation, Relations professionnelles, Autres conditions de vie relevant de l’entreprise. Effectifs Cadres H Cadres F Gradés H Gradés F Employés H Employés F Total Effectifs total au 31/12 290 65 188 314 224 423 1504 Effectif permanent 280 62 185 308 191 361 1387 Nbre de salariés titulaires d'un contrat de travail à durée déterminée au 31/12 9 9 Effectif mensuel moyen de l'année considérée 291 63 190 321 211 390 1466 Répartition par sexe de l'effectif total au 31/12 H : 702 et F : 802 Répartition par âge de l'effectif total au 31/12 : - de 25 ans 1 1 10 19 80 175 286 entre 25 et 40 ans 116 6 122 158 71 185 658 entre 40 et 55 ans 133 40 41 117 35 55 421 Plus de 55 ans 40 18 15 20 38 8 139 Total 290 65 188 314 224 423 1504                 Répartition de l'effectif total au 31/12 selon l'ancienneté de 1 à 5 ans 51 6 27 43 128 203 458 de 5 à 10 ans 60 4 68 89 86 168 475 de 10 à 20 ans 54 7 57 101 8 44 271 Plus de 20 ans 125 48 36 81 2 8 300 Total 290 65 188 314 224 423 1504 Répartition de l'effectif total au 31/12 selon la nationalité Français 287 65 186 312 219 421 1490 Etrangers 3 2 2 5 2 14 Répartition de l’effectif total au 31.12 selon une structure de qualification détaillée (voir 111 [= tableau ci-dessus, première ligne]). Travailleurs extérieurs Cadres H Cadres F Gradés H Gradés F Employés H Employés F Total Nombre de salariés appartenant à une entreprise extérieure 0 Nombre de stagiaires (écoles, universités,…) 13 Nombre mensuel de travailleurs temporaires 40 Durée moyenne des contrats de travail temporaire 21 jours Embauches au cours de l’année considérée Cadres Gradés Employés Total Nombre d’embauches par contrats à durée indéterminée 10 12 62 84 Nombre d’embauches par contrats à durée déterminée 12 12 Nombre d’embauches de travailleurs saisonniers 226 226 Départs Cadres Gradés Employés Total Total des départs 12 14 40 66 Nombre de démissions 2 7 16 25 Nombre de licenciements pour cause économique, dont : départs en retraite et pré-retraite 0 Nombre de licenciements pour d’autres causes 1 1 Fin de contrats à durée déterminée 14 14 Départs au cours de la période d’essai 3 3 Départs volontaires en retraite et pré-retraite 7 7 5 19 Décès 3 1 4 Promotion  Cadres Gradés Employés Total Nombre de salariés promus dans l’année dans une catégorie supérieure 62 105 163 330 Chômage  Cadres Gradés Employés Total Nombre de salariés mis en chômage partiel pendant l’année considérée 0 Nombre total d’heures de chômage partiel pendant l’année considérée : Indemnisées Non indemnisées 0 0 Hadicapés Cadres Gradés Employés Total Nombre d’handicapés au 31 mars de l’année considérée 45 Nombre d’handicapés à la suite d’accidents du travail intervenus dans l’entreprise, employés au 31 mars de l’année considérée 0 Absentéisme  Cadres Gradés Employés Total Nombre de journées d’absence 2.120 4.477 13.534 20.131 Nombre de journées d’absence pour maladie 1.890 2.431 6.179 10.500 Nombre de journées d’absence pour accidents du travail et de trajet 29 229 170 428 Nombre de journées d’absence pour maternité 100 1.238 6.090 7.427 Nombre de journées d’absence pour congés autorisés (événements familiaux, congés spéciaux pour les femmes…) 55 346 691 1.092 Nombre de journées d’absence pour d’autres causes 46 233 404 683 II Rémunérations & charges accessoires Montant des rémunérations Hommes Femmes Masse salariale annuelle totale Effectif mensuel moyen 112.311 64.433 Rémunération moyenne du mois de décembre (effectif permanent) hors primes à périodicité non mensuelle – base de 40 heures - 5.799,55 Hiérarchie des rémunérations Sur la base d’un indice 100 « employés » 137,56 « gradés » 302,63 « cadres » Rapport entre la moyenne des rémunérations des cadres, y compris cadres supérieurs et dirigeants (ou équivalents) et la moyenne des rémunérations des employés non qualifiés (ou équivalents) Montant global des dix rémunérations les plus élevées 4.384.440,- Mode de calcul des rémunérations Pourcentage Pourcentage des salariés dont le salaire dépend en tout ou partie du rendement 0 Pourcentage des ouvriers payés au mois sur la base de l’horaire affiché 100 Charges accessoires Montant des versements effectués à des entreprises extérieures pour mise à la disposition de personnel Entreprises de travail temporaire 3.902.619,- Autres entreprises 152.549,- Participation financière Montant global de la réserve de participation pour 1977 2.942.955,- (*) Cadres Gradés Employés Total Montant moyen de la participation par salarié bénéficiaire 4.334 1.991 1.410 Part du capital détenu par les salariés grâce à un système de participation (participation aux résultats, intéressement, actionnariat…) 0 (*) en 1977, un accord dérogatoire a été passé avec les représentants élus du personnel au CCE. Par cet accord, la réserve spéciale de participation s’est trouvé portée pour 1977 à environ 5 fois le montant (602.233) qui aurait résulté de la simple application de l’ordonnance du 17 août 1967. III Conditions d’hygiène & de sécurité Accidents de travail & de trajet Cadres Gradés Employés Total Nombre d’accidents avec arrêt 3 8 14 25 Nombre de journées perdues 42 197 282 521 Nombre d’incapacités permanentes (partielles et totales) notifiées à l’entreprise au cours de l’année considérée 0 1 1 2 Nombre d’accidents mortels : De travail De trajet 0 0 0 0 0 0 0 0 Nombre d’accidents de trajet ayant entraîné un arrêt de travail 2 4 8 14 Nombre d’accidents dont est victime le personnel temporaire ou de prestations de service dans l’entreprise 0 0 1 1 Répartition des accidents par éléments matériels Cadres Gradés Employés Total Nombre d’accidents liés à l’existence de risques graves codes 32 à 40 0 0 0 0 Nombre d’accidents liés à des chutes avec dénivellation – code 02 2 1 3 6 Nombre d’accidents occasionnés par des machines (à l’exception de ceux liés aux risques ci-dessus) codes 09 à 30 0 0 0 0 Nombre d’accidents de circulation – manutention – stockage – codes 01, 03, 04 et 06, 07, 08 0 0 10 10 Nombre d’accidents occasionnés par des objets, masses, particules en mouvement accidentel – code 05 0 0 0 0 Autres cas 1 4 7 12 Maladies professionnelles Cadres Gradés Employés Total Nombre et dénomination des maladies professionnelles déclarées à la sécurité sociale au cours de l’année considérée 0 0 0 0 Nombre de salariés atteints par des affections pathologiques à caractère professionnel et caractérisation de celles-ci 0 0 0 0 Nombre de déclarations par l’employeur de procédés de travail susceptibles de provoquer des maladies professionnelles 0 0 0 0 Comité d’hygiène & de sécurité Total Nombre de réunions du comité d’hygiène et de sécurité 16 Dépenses en matière de sécurité Effectif formé à la sécurité dans l’année 90 Somme des dépenses de sécurité effectuées dans l’entreprise au sens de l’article R.231-8 du code du travail 1.006.153,- IV Autres conditions de travail Durée & aménagement du temps de travail Cadres Gradés Employés Total Horaire hebdomadaire moyen affiché 40 h. 40 h. 40 h. Nombre de salariés ayant bénéficié d’un repos compensateur Par le système légal Par un système conventionnel 4 12 24 40 0 Nombre de salariés bénéficiant d’un système d’horaires individualisés 44 166 250 460 Nombre de salariés occupés à temps partiel : Entre 20 et 30 h Autres formes de temps partiel 0 0 Nombre de salariés ayant bénéficié tout au long de l’année considérée de 2 jours de repos hebdomadaire consécutifs 355 502 647 1.504 Nombre moyen de jours de congés annuels (non compris le repos compensateur) 27 j. 26 j. 26 j. Nombre de jours fériés payés 14 Organisation & contenu du travail Cadres Gradés Employés Total Nombre de personnes occupant des emplois à horaires alternants ou de nuit 1 24 33 58 Conditions physiques de travail Cadres Gradés Employés Total Nombre de personnes exposées de façon habituelle et régulière à plus de 85 dbs à leur poste de travail 0 0 0 0 Nombre de prélèvements, d’analyses de produits toxiques et mesures 0 0 0 0 Transformation de l’organisation du travail Expériences de transformation de l’organisation du travail améliorant son contenu Dépenses d’amélioration des conditions de travail Sommes des dépenses consacrées à l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise au sens de l’article L 437-2 du code du travail 4.389.218,- V Formation Formation professionnelle continue Pourcentage Pourcentage de la masse salariale consacré à la formation continue 1,18 Formation interne Formation effectuée en application de conventions Versement à des fonds assurances formation Versement auprès d’organismes agréés Trésor et autres Total Montant consacré à la formation continue 471.472 688.490 0 0 358.386 1.518.348 Cadres Gradés Employés Total Nombre de stagiaires Hommes Femmes 17 8 63 62 53 119 133 189 Nombre d’heures de stage : Rémunérées Non rémunérées 288 213 4.283 634 5.731 510 10.242 1.357 Prévention Adaptation Formation professionnelle Entretien perfectionnement des connaissances Décomposition par types de stages (exemple de répartition) 163 452 Congés formation Total Nombre de salariés ayant bénéficié d’un congé formation rémunéré 0 Nombre de salariés ayant bénéficié d’un congé formation non rémunéré 0 Nombre de salariés auxquels a été refusé un congé formation 0 Apprentissage Total Nombre de contrats d’apprentissage conclus dans l’année 0 VI Relations professionnelles Représentants du personnel Participation aux élections (par collège) DP CE Commissions spécialisées DS Volume global des crédits d’heures utilisées pendant l’année considérée Temps légal Temps légal CHS 54 j. 4 h. Nombre de réunions avec les représentants du personnel pendant l’année considérée 29 34 16 Dates de signature et objets des accords signés dans l’entreprise pendant l’année considérée Accord RSF signé le 5.12.1977 Nombre de personnes bénéficiaires d’un congé d’éducation ouvrière Total 0 Information et communication Nombre d’heures consacrées aux différentes formes de réunions du personnel Tenue fréquente de réunions à tous les niveaux Procédure d’accueil Différentes procédures pour favoriser l’insertion d’un nouvel employé Procédure d’information ascendante ou descendante et niveau Informations régulières généralisées à tous les niveaux de classification Système d’entretiens individuels Procédures Total Nombre de recours à des modes de solution non judiciaires engagés dans l’année 0 Nombre d’instances judiciaires engagées dans l’année et où l’entreprise est en cause 0 Nombre de mises en demeure et de procès-verbaux de l’inspecteur du travail pendant l’année considérée 0 VII Autres conditions de vie relevant de l’entreprise Œuvres sociales Total Répartition des dépenses de l’entreprise Logement : 995.434, - Transport : 1.573.449, - Restauration : 2.212.365, - Loisirs : 121.216, - Vacances : 3.444.708, - Divers – solidarité : 288.746, - Divers –  crèches : 468.783, - Divers – arbre noël : 142.930, -  Soit 7,33 % de la masse salariale 9.247.631 Budget consolidé des comités d’établissement et du comité central d’entreprise dont, le cas échéant, budget du comité central d’entreprise 172.195, - Autres charges sociales 2.032.288, - Soit 1,61 % de la masse salariale Coût pour l’entreprise des prestations complémentaires (maladie, décès) Coût pour l’entreprise des prestations complémentaires (vieillesse)

1978.01.00.De la Banque Worms.Filiales et participations - exercice 1977

1978.01.00.De Société française de transports pétroliers.Bilan social 1978

Société française de transports pétroliers 1 rue de Mogador 75009 Paris N° siret B 652 054 107 000 14 °° indicateur applicable aux entreprises de plus de 2.000 salariés I Emploi Effectifs Personnel navigant Personnel sédentaire total Officiers Personnel subalterne Cadres Maîtrise Autres employés Effectif total au 31.12 292 564 22 6 22 906 Effectif permanent 218 451 22 6 19 716 Nombre de marins titulaires et stabilisés 237 384 621 Nombre de salariés titulaires d’un contrat de travail à durée déterminée au 31.12 Effectif mensuel moyen de l’année considérée 299 575 22 6 21 923 Répartition par sexe de l’effectif total au 31.12 Hommes Femmes 292 564 21 1 5 1 4 18 886 20 Répartition par âge de l’effectif au 31.12 Sup. 25 ans Entre 25-40 ans Entre 40-55 ans Sup. ou égal 55 ans 53 135 103 1 198 169 196 1 - 5 11 6 - 4 2 - 6 9 3 4 257 322 315 12 Répartition de l’effectif total au 31.12 selon l’ancienneté 0-5 ans 5-15 ans 15-25 ans Sup. à 25 ans 140 81 51 19 202 167 153 19 5 7 2 8 2 4 - - 8 10 3 1 357 272 209 47 Répartition de l’effectif total au 31.12 selon une structure de qualification détaillée impossible impossible 22 6 22 50 Travailleurs extérieurs Nombre de salariés appartenant à une entreprise extérieure 0,02 Nombre de stagiaires (écoles, universités, etc.) 1 1 Embauches Nombre d’embauches par contrats à durée indéterminée 23 108 1 4 136 Nombre d’embauches par contrats à durée déterminée 3 3 Nombre d’embauches de salariés de moins de 25 ans Nombre de marins titularisés ou stabilisés en cours d’année 25 56 Pourcentage de marins titularisés ou stabilisés par rapport au nombre de restes embauchés 165,7 126,7 Départs Total des départs 25 114 8 147 Nombre de démissions 5 6 1 12 Nombre de licenciements pour cause économique dont : départs en retraite et pré-retraite Nombre de licenciements pour d’autres causes 3 3 Fin de contrats à durée déterminée 6 75 3 84 Départs au cours de la période d’essai 2 2 Départs volontaires en retraite et pré-retraite 14 27 2 43 Décès 3 3 Promotion Nombre de salariés promus dans une catégorie supérieure Détermi- nation impossible 1 - 2 3 Chômage Nombre de salariés mis en chômage partiel pendant l’année considérée Nombre total de journées de chômage partiel Handicapés Nombre de handicapés au 31 mars de l’année considérée Nombre de handicapés à la suite d’accidents du travail intervenus dans l’entreprise, employés au 31 mars de l’année considérée Absentéisme Nombre de journées d’absence 498 614 229 95 514 1950 Nombre de journées théoriques travaillées 61401 123210 4875 1247 4379 195162 Nombre de journées d’absence pour maladie Dont maladie de courte durée Dont maladie de longue durée Exemptions de service à bord pour les marins Nombre de journées d’absence pour accidents du travail et de trajet ou maladie professionnelle 390 507 897 Nombre de journées d’absence pour maternité 152 152 Nombre de journées d’absence pour congés autorisés (événements familiaux, congés spéciaux pour les femmes, etc.) 108 107 10 3 21 249 Nombre de journées d’absence pour d’autres causes 217 63 221 501 II Rémunérations et charges accessoires Montant des rémunérations Le choix est laissé dans l’utilisation de l’un ou de l’autre des groupes de 2 indicateurs suivants Masse salariale annuelle totale Effectif mensuel moyen 114 775 63 421 172 369 71 543 52 260 Rémunération moyenne du mois de décembre (effectif permanent) hors primes à périodicité non mensuelle base 40 heures (pour le personnel sédentaire) (indicateur 212) 6.623 6.623 11 706 5 239 3 930 Rémunération mensuelle moyenne Part des primes à périodicité non mensuelle dans la déclaration de salaire Pour les entreprises de pêche, pourcentage du salaire minimum garanti par rapport au salaire défini à l’indicateur 212 Grille des rémunérations Hiérarchie des rémunérations Le choix est laissé dans l’utilisation de l’indicateur 221 ou 221 bis 221. rapport entre la moyenne des rémunérations des 10 % des salariés touchant les rémunérations les plus élevées et celles correspondant aux 10 % des salariés touchant les rémunérations les moins élevées (221) Rapport entre la moyenne des rémunérations des officiers et la moyenne des rémunérations des personnels d’exécution Rapport entre la moyenne des rémunérations des cadres et dirigeants (ou équivalents) et la moyenne des rémunérations des employés non qualifiés (ou équivalents) 1,81 % 3,25 % Montant global des 10 rémunérations les plus élevées 2.477.061 Charges accessoires Personnel navigant Personnel sédentaire total Officiers Personnel subalterne Cadres Maîtrise Autres employés Nourriture à bord et indemnités correspondantes Primes (ancienneté, rendement, d’éloignement…) Avantages sociaux (congés pour événements familiaux…) Indemnités dactylographie, langue étrangère Autres avantages Montant des versements effectués à des entreprises extérieures pour mise à la disposition de personnel : Entreprises de travail temporaire Autres entreprises Tous contrats inférieurs à 3 mois Extras. Jour les ports 63.919 49.957 Charges salariale globale Frais de personne Valeur ajoutée ou chiffre d’affaires Participation financière Montant global de la réserve de participation Néant Montant moyen de la participation par salarié bénéficiaire, en distinguant 3 ou 4 grandes catégories hiérarchiques, habituellement retenues par l’entreprise pour les personnels navigants et sédentaires Néant Part du capital détenu par les salariés grâce à un système de participation (participation aux résultats, intéressement, actionnariat, etc.) Néant III Conditions d’hygiène et de sécurité Personnel sédentaire Cadres Employés qualifiés Employés non qualifiés Total Nombre d’accidents avec arrêt Nombre de journées perdues Français Etrangers Total Nombre d’incapacités permanentes (partielles et totales notifiées à l’entreprise) Nombre d’accidents mortels De travail De trajet Nombre d’accidents de trajet ayant entraîné un arrêt de travail Nombre d’accidents dont a été victime le personnel temporaire ou de prestations de service dans l’entreprise Décomposition des accidents du travail maritime par éléments matériels Total Nombre d’ATM causés par chutes 10 Nombre d’ATM causés par rupture d’aussières 1 Nombre d’ATM causés par des apparaux 3 Nombre d’autres ATM 8 Maladies en cours de navigation Total Nombre de maladies survenues à bord 130 Nombre de maladies ayant entraîné un déroutement 4 Nombre de maladies ayant entraîné un débarquement 93 Nombre de maladies motelles à bord 1 Dépenses en matière de sécurité Total Effectif formé à la sécurité dans l’année Tous les navigants participent aux exercices de sécurité 22 Sommes des dépenses de sécurité effectuées dans l’entreprise au sens de l’article R. 231-8 du code du travail IV Autres conditions de travail Durée et aménagement du temps de travail Personnel navigant Officiers Personnel subalterne  Horaire mensuel moyen – éventuelle par catégorie de navigation 208 208 Nombre d’heures supplémentaires forfaitisées éventuellement par catégorie de navigation 30 15 Nombre d’heures supplémentaires moyen effectué au-delà du forfait – éventuellement par catégorie de navigation Néant  6 Nombre de jours de congés et repos par mois d’embarquement – éventuellement par catégorie de navigation 17 17 Personnel sédentaire Cadres Maîtrise Autres employés Total Horaire hebdomadaire moyen affiché 40 40 40 40 Nombre de salariés ayant bénéficié d’un repos compensateur : Par le système légal Par un système conventionnel 2 2 Nombre de salariés bénéficiant d’un système d’horaires individualisés Nombre de salariés occupés à temps partiel Entre 20 et 30 heures Autres formes de temps partiel 2 2 Nombre moyen de jours de congés annuels (non compris le repos compensateur) 26 572 24 et 22 152 24 et 26 364 1088 Nombre de jours fériés payés 217 63 221 501 Transformation de l’organisation du travail Total Part de l’effectif soumis aux dispositions du décret du 31 mars 1925 (navires dits « classiques ») 0 Part de l’effectif soumis aux dispositions du décret du 8 juillet 1977 (décret du 26 septembre 1964) (navires dits « automatisés ») 100 % Expériences de transformation de l’organisation du travail améliorant son contenu Conditions physiques de travail (par navire et aux différents postes de travail) Total Bruit Existence d’une carte de bruit Fréquence des relevés Nombre de postes exposés à plus de 85 db Pas de poste de travail sur les navires automatisés Gaz, vapeurs, poussières, vibrations : Résultat des analyses d’atmosphère Référence : procès-verbaux de visites annuelles Dépenses d’amélioration des conditions de travail Total Somme des dépenses consacrées à l’amélioration des conditions de travail dans l’entreprise au sens de l’article L 437.2 du code du travail Pas de budget spécial Impossible à individualiser V Formation Formation professionnelle continue % Pourcentage de la masse salariale consacrée à la formation continue 2 923 483 / 77 176 350 3,79 Formation interne Formation effectuée en application de conventions Versement à des fonds assurance formation Versement auprès d’organismes agréés Trésor et autres Total Montant consacré à la formation continue 2674344 91473 157666 2923483 Personnel navigant Personnel sédentaire Total Officiers Personnels subalternes Cares Maîtrise Autres employés Nombre de stagiaires Hommes Femmes 38 111 6 2 157 3 Nombre d’heures de stage Rémunérées Non rémunérées 87024 48008 328 128 124 135612 Prévention Adaptation Formation professionnelle Entretien perfectionnement des connaissances Décomposition par types de stages (exemple de répartition) 15 83 62 Congés formation Total Nombre de salariés ayant bénéficié d’un congé formation rémunéré 17 Nombre de salariés ayant bénéficié d’un congé formation non rémunéré - Nombre de salariés auxquels a été refusé un congé formation -             VI Relations professionnelles Représentants du personnel DP CE Cadres Maîtrise Autres employés Cadres Maîtrise Autres employés Participation aux élections (par collège) N79,5 B 52 31,9 72 Volume global des crédits d’heures utilisés pendant l’année considérée Crédits d’heures non comptabilisées Nombre de réunions avec les représentants du personnel pendant l’année considérée 3 Dates de signature et objets des accords signés dans l’entreprise pendant l’année considérée 22/09/78 refonte sur règlement intérieur du comité d’entreprise Nombre de personnels bénéficiaires d’un congé d’éducation ouvrière Information et communication Total Nombre d’heures consacrées aux différentes formes de réunions du personnel Non comptabilisées Procédures d’accueil Procédures d’information ascendante ou descendante et niveau [illlisible] Système d’entretiens individuels Nombreuses réunions et rencontres avec les cadres sédentaires et les navigants non comptabilisées Procédures Nombre de recours à des modes de solutions non judiciaires engagés dans l’année Nombre d’instances judiciaires engagées dans l’année où l’entreprise est en cause Nombre de mises en demeure et de procès-verbaux de l’inspecteur du travail pendant l’année considérée                 VII Autres conditions de vie relevant de l’entreprise Œuvres sociales Logement Transport Restauration Divers Total Répartition des dépenses de l’entreprise 656 943 14 285 86 114 251 100 1 013 442 Budget consolidé des comités d’établissement et du comité central d’entreprise dont, le cas échéant, budget du comité central d’entreprise Secours, bons, bourses scolaires, loisirs, divers Budget total 1978 Dépenses de l’entreprise au titre de l’article 79 CTM 1 787 328 1797328 Coût pour l’entreprise des prestations complémentaires (maladie, décès) 1 048 339 1048339 Coût pour l’entreprise des prestations complémentaires (vieillesse) 426 918 426918

1978.01.01.Assurances.Organigramme

                  

1978.01.01.Banque Worms.Organigramme

                   

1978.01.01.Compagnie navale Worms.Organigramme

                        

1978.01.01.De la Société française de transports pétroliers.Caractéristiques de la flotte depuis 1947

Flotte SFTP   Date Nombre de navires TPL Jauge brute en tonneaux (approximative) 1er janvier 1947 8 112.200 71.880 1er janvier 1951 10 146.172 93.550 1er janvier 1955 14 212.867 149.190 1er janvier 1959 16 297.404 201.920 1er janvier 1963 14 358.972 226.240 1er janvier 1967 12 423.154 264.830 1er janvier 1971 13 754.497 428.330 1er janvier 1975 8 923.608 490.180 1er janvier 1978 10 1.604.578 825.700  

1978.01.01.Groupe Worms.Organigramme

                   

1978.01.12.De Banque Worms.Projet de montage financier Airbus

Projet de montage financier destiné à permettre la location en longue durée d'avions Airbus, sur la base d'un contrat libellé en US $, par un « loueur » français. Ce schéma, proposé par la Banque Worms, a pour objectif essentiel d'offrir à des compagnies telles qu'Eastern Airlines, une opération de location tota­lement hors bilan et libellée en US $, ne faisant cependant pas appel au marché du tax lease américain ni à la « capacité bénéficiaire » des banques françaises. Les principaux points abordés par cette note sont les suivants : 1. propriété des avions 2. contrat de location 3. fiscalité 4. aide de l'Etat français 5. financement de l'acquisition des avions par le « loueur » 6. équilibre financier du loueur 7. conclusions « Annexes » A emprunt obligataire sur le marché américain B « données » et variables C exemples chiffrés Par nature ce type de financement à 100 % sur une durée correspondant à la vie économique de l'avion, trouve ses ressources dans l'exploitation du matériel et doit normalement contribuer au renforcement progressif du fonds de roulement de l'acquéreur. I Propriété des avions : loueur ou « Lessor » Les avions sont vendus à un groupement d'intérêt économique (GIE), de droit français, constitué entre des banques françaises et le « constructeur » ou son « représentant ». Ce GIE est constitué sans capital. Les avions, propriété directe ou indirecte du GIE, sont immatriculés aux USA (et/ou d'une manière générale dans le pays du locataire). 2) Contrat de location du type « true lease américain », c'est-à-dire : Location irrévocable de longue durée sans obligation d'achat de la part du locataire (hypothèse retenue dans l'ex. chiffré : 15 ans). Option d'achat en faveur du locataire sur la base de la valeur mar­chande ("fair market value") de l'avion en fin de location. Loyers libellés en US $ payables annuellement (ou semi annuellement) à terme échu. Calcul des loyers établis sur la base d'une valeur résiduelle théorique élevée, garantie par le constructeur. - On a retenu une hypothèse maximum de 15 % de la valeur initiale de l'avion. La valeur résiduelle effective de l'avion dépendra évidemment de ses qualités techniques et commerciales ainsi que des conditions générales du marché. On observera, qu'actualisée à 9 %, une somme de 15 $ payable dans 15 ans a une « valeur actuelle » de 4,12 $, ce qui est faible. - Cette formule permet d'offrir au locataire un contrat de location dont les loyers sont comparables à ceux d'un « tax lease » (*) américain tout en assurant au Lessor une rentabilité actuarielle du lease plus élevée. Les « tax lease » américains sont en effet habituellement calculés sur la base d'une valeur résiduelle assez basse (5 % p. ex.). - La SNIAS garantirait la valeur résiduelle au GIE « loueur ». Elle ou son représentant pourrait être nommée « agent revendeur » par le GIE « loueur » et vendre les avions « à qui bon lui semble » en fin de location. Elle bénéficierait ainsi de tout ou partie des profits éventuels pouvant résulter d'une revente à un prix excédant la valeur garantie. (*) Contrat de leasing répercutant en grande partie sur le locataire les avantages fiscaux procurés chez le propriétaire par l'amortissement accéléré. 3) Fiscalité Le GIE renoncera au régime d'amortissement accéléré et procédera à un amortissement linéaire de l'avion sur sa durée totale de location. Les banques membres du GIE ne réaliseront donc aucune économie d'impôt. Par contre, il sera demandé aux pouvoirs publics d'accorder au « constructeur » pendant la durée prévue de la location, une avance non productive d'intérêt. Cette avance sera remboursée à la fin de la location et correspondra au maximum à la valeur résiduelle garantie par la SNIAS cf. §4 (aide de l'Etat). La valeur résiduelle de l'avion constituera donc la source et la garantie de remboursement de cette avance, destinée à être substituée aux « économies d'impôts ». Le montant de 15 % maximum retenu dans l'exemple chiffré est à rapprocher du montant cumulé des économies d'impôt réalisables par le GIE en pratiquant le régime d'amortissement accéléré et qui s'élève en pointe à environ 30 % du prix de l'avion. 4) Aide l'Etat français (montage juridique) Avance non productive d'intérêt remboursable en fin de location, consentie au « constructeur ». Le remboursement par le constructeur de cette avance pourrait être garanti par une sûreté réelle sur les avions loués. Cette avance de l'Etat servira à refinancer tout ou partie d'une avance consentie par le « constructeur » au « GIE loueur ». Le montant exact de cette aide de l'Etat ne pourra être déterminé qu'en fonction des divers paramètres évoqués en annexe B (« données et variables »). Il devrait être inférieur à 15 % du prix de l'avion. Les « modalités » pratiques de cette aide (avance d'actionnaire, aide spécifique, etc...) pourront être déterminées par les pouvoirs publics, en tant qu'actionnaire du constructeur. 5) Financement de l'acquisition des avions par le loueur Le financement des avions loués devra être assuré pour l'essentiel par les crédits export auxquels l'exportation pourrait donner lieu. Dans une première approximation on assimilera cet ensemble de crédits export à un crédit, libellé en FF, représentant 85 % du prix des avions, remboursable sur 12 ans au taux de 8 ½  %. Le « solde » sera assuré par une avance du constructeur au GIE loueur - en tant que membre de ce GIE - Cette avance ne sera pas productive d'intérêt et sera remboursable à l'issue de la période de location prévue. Le refinancement de cette avance consentie par le constructeur au GIE loueur sera assuré par l'aide de l'Etat évoquée au § 4. 6) Equilibre financier du loueur L'ensemble des opérations décrites ci-dessus se traduit dans la trésorerie du « loueur » par un flux de trésorerie négatif net annuel en FF pendant la période de remboursement des crédits export et un flux de trésorerie net annuel positif en $ ensuite. On observe donc une situation de trésorerie déséquilibrée engendrant de surcroît un risque de change. Pour remédier à cette situation il est donc nécessaire de procéder à un ensemble d’opérations, (superposées au financement proprement dit de l'avion), et destinées à rééquilibrer la trésorerie d'une part et à annuler le risque de change d'autre part : a) Emprunt à long terme en $ (par émission d'obligations libellées en US $ sur le marché domestique américain). Le montant de cet emprunt sera déterminé à partir des recettes en $ à provenir de la location de l'avion et du « service financier » (remboursements de principal et paiements d'intérêts) qu'elles permettront d'assurer. Un loyer de 9,445 $ offre au locataire un « taux de loyer apparent » de 4,708 % pour un avion de 100 $. Un loyer annuel de 9,445 $ (cf exemple chiffre) permet d'assurer le service financier (remboursements et intérêts) d'une somme de 76,1333 $ empruntée à 9 % et remboursée en annuités constantes sur 15 ans. La concordance entre le flux de recettes en $ et le flux du service financier de l'emprunt éliminera tout risque de change. b) Emploi de la contrepartie en FF du produit de l'emprunt obligataire ci-dessus dans la souscription d'une émission obligataire, ad hoc libellée en FF, remboursable en 12 ans selon un plan d'amortissement comparable à celui des crédits export, et émise par un débiteur acceptable par le GIE. (Ce pourrait être accessoirement pour la SNIAS un moyen de consolider ainsi une fraction de ses dettes à court terme). Ces deux opérations (a) et (b) procurent au GIE un flux de trésorerie net annuel positif en FF pendant la période d'amortissement de l'emprunt libelle en FF, et un flux de trésorerie net annuel négatif en $ ensuite. L'ensemble de l'opération peut donc être équilibré, globalement et à tout moment, en trésorerie. Tous les risques de change sont ainsi éliminés. Equilibre financier du loueur – Commentaire La formule proposée consiste à traiter d’une manière radicalement nouvelle un problème classique : celui d'une location de longue durée (vie économique du bien loué) lorsque le loueur finance son investissement par des crédits d'une durée notoirement inférieure : un déficit de trésorerie s'accumule pendant la durée de remboursement des crédits et s'apure progressivement ensuite. Par le jeu d'économies d'impôt résultant d'un régime d'amortissements accélérés, le loueur peut, dans les systèmes dits de « tax lease » ou ceux qui en sont dérivés, intégrer dans ses calculs un flux de trésorerie positive équivalant à une avance complémentaire d'origine publique, non rémunérée, remboursée progressivement au cours de la période finale, bénéficiaire. Il offre ainsi des conditions de loyers compétitives. Mais si la monnaie du financement est différente de celle de la location, un risque de change vient se greffer sur le problème d'équilibre de la trésorerie et rend les solutions classiques inopérantes. L'idée a donc été de redécomposer la courbe de trésorerie cumulée du loueur dans ses composantes ... a) une courbe de remboursement des emprunts libellés en FF c'est-à-dire une courbe de trésorerie négative en FF b) une courbe correspondant à l'encaissement des recettes en $ c'est-à-dire une courbe de trésorerie positive en $. ... et à superposer à l'opération de location une opération purement finan­cière, engendrant une courbe de trésorerie positive libellée en FF super­posable à la courbe (a) , et une courbe de trésorerie négative libellée en $ superposable à la courbe (b). Par ailleurs, la différence de taux existant entre le coût des crédits export et la rémunération des emplois en FF permet de rembourser une avance initiale destinée à compléter les crédits export. L'opération ne fait plus appel à des économies d'impôt pour trouver son équilibre mais à une avance complémentaire du constructeur, dont le remboursement est assuré par la valeur résiduelle de l'avion, et qu'il appartient à l' « actionnaire » du « constructeur » de refinancer par des moyens appropriés (avances d'actionnaires, aide spécifique ...). Le montant de l'avance initiale nécessaire dépend des divers paramètres mis en jeu (cf. annexe B). Les conditions actuelles des marchés financiers français et américain permettent d'estimer qu'elle pourra être limitée à un maximum de 15 %. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'elle puisse être notoirement inférieure en fonction du contrat de location dont les conditions tiendront compte du coût des crédits auxquels le locataire serait obligé de faire appel s'il devait acquérir les avions. 7) Conclusions 1. Le schéma proposé permet d'offrir à des compagnies aériennes étrangères, un contrat de location de longue durée, libellé en US $, dont le loueur est un GIE constitué entre des banques françaises et le constructeur. Dans le cas particulier d'Eastern Airlines, un contrat de location de longue durée rend moins nécessaire le renforcement du fonds de roulement auquel devrait donner lieu une acquisition en toute propriété. En effet, l'exploitation du matériel devrait d'une part permettre de payer les loyers, et, d'autre part, contribuer à renforcer progressivement le fonds de roule­ment de l'acquéreur. 2. La "construction" proposée s'appuie sur des méthodes de financement éprouvées : crédits export et émission d'obligations sur le marché domes­tique américain. On a vu qu'au lieu d'un système d'économies d'impôt procurées par un régime d'amortissement accéléré, l'équilibre financier du loueur est assuré par la valeur résiduelle de l'avion que le constructeur garantit et finance grâce à des ressources ad hoc telles que avances d'actionnaires, aides spécifiques, ou toutes autres formules appropriées. 3. Sur un plan plus général, la mobilisation immédiate des recettes futures de location en $, permet une entrée immédiate de devises. Le remboursement (en $) de l'emprunt contracté sur le marché obligataire américain est ultérieurement assuré par les loyers en $, il n'entraîne pas de sortie de devises. En outre, la contrepartie en FF de cet emprunt peut être « recyclée » auprès d'emprunteurs publics ou para-publics - tels que la SNIAS - leur permettant de se financer à partir d'une « épargne étrangère » sans subir de risque de change. Pour ceux des emprunteurs qui ne disposent pas de recettes normales d'exploitation libellées en devises étrangères, cette élimination du risque de change est primordiale. Elle découle, en fait, de ce que le système proposé substitue une exportation de services (location d'avions) réglée en $ à une exportation de bien matériel (avions) ré­glée en FF. Ce sont les recettes de location en devises qui couvrent indirectement celles qui font défaut chez l’émetteur. Annexe A Emission d'obligations en $ par le GIE Cet emprunt émis par le « GIE loueur » serait garanti par le cons­tructeur et l'Etat français, sans recours possible contre les autres membres du « GIE loueur » au-delà du montant de l'échéance en principal et intérêts qui pourrait être dû aux porteurs d'obligations lors d'une défaillance. - Ce type d'émission avec garantie d'un tiers sans recours contre le débiteur principal est bien connu des Américains et est notamment utilisé dans les opérations de « leveraged lease » : le crédit du « lessee » (compagnie aérienne par ex.) est utilisé par le lessor (groupe de compagnies d'assurance par ex.) pour emprunter à long terme une partie des fonds nécessaires à l'acquisition du bien loué. Dans le cas présent (Eastern Airlines) seul le crédit du fournis­seur peut permettre au « loueur » d'emprunter les fonds nécessaires. - Du point de vue du droit français, cela correspond à une « désoli­darisation » partielle vis-à-vis des tiers de la part des autres membres du « GIE loueur », ce qui est juridiquement possible. (En contrepartie, le constructeur et l'Etat disposeraient des recours nécessaires sur la propriété des avions). - Cette formule permettrait d'offrir aux porteurs d'obligations, d'une part une garantie bancaire conjointe et solidaire des membres du « GIE loueur » sur un montant correspondant à une annuité de service financier (principal et intérêts), et d'autre part une garantie de l'Etat français, derrière le constructeur sur le solde du principal dû. Ce système devrait ouvrir la possibilité d'une émission sur le marché domestique américain à des conditions comparables à celles obtenues par les meilleurs débiteurs internationaux, ceci malgré le système de garantie en cascade. Annexe B « Données et variables » L'annexe ci-jointe donne un exemple chiffré de l'opération sur la base des hypothèses suivantes : - Durée : 15 ans X Taux de l'emprunt en $ : 9 % - Crédits export : 85 % 12 ans 8 ½ % X Avance au constructeur : 15 % du prix d'achat X Taux « apparent » de sortie du « lease » : 4,708 % annuel - Valeur résiduelle garantie : 15 % X Taux des obligations en FF (x) : 11 % On observera que pour une durée donnée, un ensemble de crédits export donné, et une valeur résiduelle garantie donnée, il reste quatre facteurs susceptibles de varier : X le taux de sortie du « lease » X le coût des obligations en $ X le rendement des opérations en FF X la quotité avancée par l'Etat. Le « taux de sortie » du lease en $ devrait logiquement suivre l'évolu­tion des taux à long terme en $ ; ces deux variables ne sont pas indépendantes. Elles peuvent donc être caractérisées par un différen­tiel d ($). par ex. si taux LT = 9 % => taux sortie « lease » 6 % d = 3 % cela veut dire que si les taux du $ baissent à 8 %, il faudra offrir un taux de sortie du lease à 5 %, etc. Le « différentiel » pourra en première approximation être assimilé à une constante et il en résulte que deux variables seulement sont susceptibles de varier l'une par rapport à l'autre. (x) le rendement de l'argent à MT en FF (x) la quotité avancée par l'Etat. On peut donc estimer qu'il y a trois marges de manoeuvres possibles : 1. pour une durée donnée et un différentiel donné entre le taux de l'argent à LT en $ et le taux souhaitable de sortie du lease : plus le taux de l'argent est cher en France, plus le montant de l'avance par l'Etat nécessaire est faible. 2. plus le différentiel est faible, plus l'avance nécessaire est faible. 3. plus la durée est courte, plus l'avance nécessaire est faible. Il n'est pas exclu qu'une conjoncture favorable pour l'opération qui serait caractérisée par des taux élevés en France, un raccourcis­sement possible du contrat de location, et la négociation d'un diffé­rentiel "faible" avec le locataire, permette de réduire considérable­ment l'aide de l'Etat (et à la limite de s'en passer) ou tout au moins de pouvoir la rembourser plus vite. Dans ces conditions, la valeur résiduelle garantie par la SNIAS pourrait également être réduite, voire nulle. Annexe C1 Loueur Emplois Ressources Avion 100 Crédits export à 8 1/2 ans 85 Avance Constructeur (A) Emploi en FF  11 %    à 12 ans (X) 76,1333 Emprunt en $ à 15 ans à 9 % (Y) Total    (100 + X) 176,1333 Total    (100 + X) 176,1333 A ⩽ 15     76,1333 ⩽ Y ⩽ 91,133 A + Y = 91,1333 Y dépend des loyers à recevoir 76,1333 replacés à 11 % conformément au tableau C 2 permet de rembourser les 85 de crédits export à 8 ½ % Annexe C.2 Exemple chiffré Loyers annuels Service dette $ Crédit export Total Emploi à MT à 11 % principal int. à 8,5% principal intérêt 1 9,4450 9,4450 7,0833 7,2250 14,3083 5,9336 8,3747 2 9,4450 9,4450 7,0833 6,6229 13,7062 5,9843 7,7220 3 9,4450 9,4450 7,0833 6,0208 13,1041 6,0404 7,0637 4 9,4450 9,4450 7,0833 5,4187 12,5020 6,1028 6,3993 5 9,4450 9,4450 7,0833 4,8166 11,8999 6,1720 5,7279 6 9,4450 9,4450 7,0833 4,2146 11,2979 6,2489 5,0490 7 9,4450 9,4450 7,0833 3,6125 10,6958 6,3342 4,3616 8 9,4450 9,4450 7,0833 3,0104 10,0937 6,4288 3,6649 9 9,4450 9,4450 7,0833 2,4083 9,4916 6,5339 2,9577 10 9,1450 9,4450 7,0833 1,8062 8,8895 6,6505 2,2390 11 9,4450 9,4450 7,0833 1,2042 8,2875 6,7801 1,5074 12 9,4450 9,4450 7,0833 0,6021 7,6854 6,9238 0,7616 13 9,4450 9,4450 85,000 76,1333 14 9,4450 9,4450 15 9,4450 9,4450 141,6750 141,6750 dont 76,1332 capital 65,5418 intérêt à 9 %. Taux apparent du lease         4,708 % Dans ce cas une aide initiale de 15 % est nécessaire pour financer l'acquisition de l'avion. Un loyer annuel de 11,3059 au lieu de 9,450 (taux apparent 7,468 % au lieu de 4,708 %) permet d’emprunter 91,1333 à 9 % sur 15 ans dont 76,1333 peuvent être replacés comme précédemment et 15 servir à financer l’acquisition de l’avion. Dans ce cas, l’aide initiale de l’Etat et/oui du constructeur n’est plus nécessaire. Annexe C3 variantes Coût des $ empruntés 8 1/2 % 9 % 9 1/2 % Aide initiale de Taux de sortie « apparent » possible du lease l'Etat nécessaire 15 % 4,275 % 4,708 % 5,14 % 0 % 6,993 % 7,468 % 7,94 % N.B.     Une hausse de 1 % (c 'est-à-dire 12 % au lieu de 11 %) du taux des emplois en FF permet pour un taux de sortie du lease donné de réduire l'aide initiale de l'Etat de 3,1279 % du prix de l'avion.

1978.01.23.De Charles Duguet.Témoignage

Le PDF est disponible à la fin du texte. Le 23 janvier 1978 Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime La Maison Worms avait eu l'occasion depuis sa création en 1848 de rendre service à l'État, en particulier en assurant des transports de ravitaillement pendant la guerre de Crimée. Elle répondit à nouveau favorablement, au cours de la Première Guerre mondiale, à la demande des pouvoirs publics qui recherchaient des investisseurs pour développer la construction navale en vue de pallier les destructions importantes de navires par l'arme sous-marine allemande et d'assurer la renaissance de la flotte de commerce une fois la paix retrouvée. C'est ainsi que furent édifiés, entre 1917 et 1921, les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, au bord de la Seine, à égale distance des charmantes villes de Caudebec-en-Caux et de Duclair, au petit village du Trait qui ne comptait que trois cents âmes. Le lieu avait été soigneusement choisi près des côtes de la Manche pour recevoir, en partie d'Angleterre, les approvisionnements qui faisaient défaut en France en raison de l'effort de guerre et de l'occupation du nord et de l'est du Pays. Le Trait est situé en aval de Rouen, là où le fleuve est suffisamment important pour pouvoir lancer les plus grandes unités concevables à l'époque et les conduire jusqu'au Havre, malgré les courants et la marée qui se fait sentir jusqu'en amont de Rouen. Une route nationale et une voie ferrée permettaient d'assurer l'acheminement des matières, produits et matériels nécessaires à la construction des navires. C'est donc sur la commune du Trait que la Maison Worms implanta le fleuron industriel de sa couronne. Il y eut, simultanément, un nombre incalculable de problèmes à résoudre puisqu'il s'agissait de créer de toutes pièces, dans une région uniquement agricole, une industrie lourde en utilisant des moyens de production fort importants. Il fallut par exemple faire venir de la main-d'œuvre qualifiée de l'extérieur, c'est-à-dire de régions de construction navale. En fait, c'est surtout Dunkerque et Nantes qui fournirent l'état-major technique, les dessinateurs, agents de maîtrise et ouvriers professionnels, le personnel de bureau, d'administration, les ouvriers spécialisés et les manœuvres étant recrutés sur place. Une école d'apprentissage, dont la renommée était très grande, a été créée dès l'origine et fonctionna sous l'égide et la responsabilité des Chantiers pendant toute leur existence. Elle a formé la quasi-totalité des ouvriers professionnels, agents techniques et dessinateurs des générations suivant celle de la création du Chantier. Les disciplines multiples enseignées, dessin, traçage des coques de navires, soudure, mécanique, électricité, travail du fer, du bois, etc. étaient sanctionnées par des diplômes d'État. Parallèlement à la construction d'une quinzaine d'ateliers et d'une huitaine de cales, d'un appontement et d'un embranchement particulier, la Maison Worms commença l'édification d'une nouvelle ville, à proximité immédiate de l'ancien village, ce qui impliquait la mise en place d'un plan d'urbanisme avant l'heure, épousant le relief des lieux et respectant un très beau panorama. Il fallut prévoir un réseau de rues, l'implantation de locaux publics (chapelle, écoles, mairie, dispensaire, terrains de sport, place du marché, etc..) et d'immeubles (maisons individuelles et collectives) afin d'accueillir une population qui très vite représenta plus de 4.000 personnes. Le plan d'ensemble, suivi sans retouches au cours des agrandissements successifs de la cité, s'inspirait de la structure vivante des petites villes si bien que la nouvelle agglomération donnait l'impression d'avoir un passé. Ses constructeurs avaient réussi à lui donner une âme en évitant le piège de certaines villes nouvelles des années 1950, qui ne sont malheureusement que des villes-dortoirs. C'est grâce à l'impulsion de MM. Hypolite Worms et Georges Majoux, associés gérants, que les buts industriels fixés par le gouvernement purent être atteints dans un délai record, puisque le 29 novembre 1921 le premier navire, un cargo charbonnier de 4.700 tonnes, était lancé au Trait. Il était nécessaire, en dehors de la construction de quelques 600 logements individuels et collectifs par la Société immobilière des Chantiers, de promouvoir l'accession à la propriété individuelle afin que la population prenne racine. A cet effet, les avantages de la loi Loucheur, ministre dans divers cabinets de Guerre et ensuite précurseur de talent en matière de financement de logements populaires, furent utilisés à plein pour favoriser la construction de pavillons individuels répartis dans le cadre harmonieux de la nouvelle commune. Ces efforts persistants ont abouti à la création d'une véritable cité-jardins aux coquettes maisonnettes de style normand, consacrée dans les années 1930 "première cité-jardins de France". Les Chantiers ont été dans l'obligation d'assumer au départ la quasi-totalité des fonctions municipales, telles que voirie, adduction d'eau, enlèvement des ordures ménagères, squares et jardins, fonctionnement des écoles, y compris une école ménagère à audience régionale. Ils ont eu la sagesse de transférer, dès que les structures d'accueil furent en place, ces fonctions aux élus puisque leur action relevait d'une nécessité absolue et non pas d'un souci de s'immiscer, sous forme d'un paternalisme bon enfant, dans les affaires de la Cité. Il convenait, d'autre part, que les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime fissent très rapidement preuve de leur valeur, de la qualité de leur travail, pour occuper, dans la construction navale française, une position de premier plan puisqu'à cette époque seuls les chantiers anciens bénéficiaient, dans les milieux professionnels et dans l'administration, d'une renommée solide leur permettant de prétendre à la construction des unités les plus intéressantes. Le Trait brûla les étapes en réalisant progressivement des navires de taille plus importante et en diversifiant ses productions : à côté de cargos il se lança dans la construction de chalutiers, navires spécialisés, pétroliers et aborda sans complexe le domaine difficile de la marine de guerre. Les navires militaires lancés au Trait, torpilleurs, contre-torpilleurs, sous-marins, ravitailleurs, etc. furent très vite appréciés par la marine nationale. A titre d'exemple le torpilleur "Le-Basque" lancé le 25 mai 1929, jaugeait 1.495 tonneaux, avait 107 mètres de longueur, une machine de 33.000 chevaux, ce qui était considérable pour l'époque, était doté de quatre canons de 130 m/m, de deux batteries anti-aériennes de 37 m/m et de deux tubes triples lance torpilles. Ce navire de guerre, qui portait un nom prestigieux et qui succédait à un vaisseau de ligne de quarante canons lancé en 1671 et à un brick de seize canons construit à Bayonne en 1808, figurait parmi les vaisseaux les plus rapides de la flotte. Dans le domaine de la marine de commerce le Trait s'est signalé par des réalisations remarquables. En 1933, le Chantier a construit le seul navire de recherches océanographiques français existant avant la guerre, le "Président-Théodore-Tissier". En 1935, il a lancé le pétrolier "Shéhérazade" dont le port en lourd de 18.500 tonnes représentait un record mondial, ce qui peut faire sourire aujourd'hui devant les pétroliers géants de 500.000 tonnes ou plus. A la veille de la deuxième guerre mondiale le Trait avait en quelque sorte rempli son contrat puisqu'environ 100 navires avaient été livrés à la satisfaction de sa clientèle. Les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime étaient la première entreprise du département par le nombre et la qualité de ses effectifs (de l'ordre de 1.500 personnes qui deviendront environ 2.000 personnes dans les années 1950). La Deuxième Guerre mondiale vit la destruction par de nombreux bombardements alliés, les combats qui suivirent le débarquement et les sabotages des allemands en retraite, d'une grande partie des installations techniques et administratives des Chantiers. Au cours de cette période dramatique pour la ville du Trait qui subit d'importants dégâts, les Chantiers réussirent pratiquement à ne livrer aucun navire aux autorités d'occupation, à l'exception d'un sous-marin qui était sur le point d'être lancé lors de l'armistice et d'un ravitailleur d'escadre "Ostrieland" qui fut récupéré à la libération et reprit son nom d'origine "Charente". Les autres unités militaires en construction ne furent jamais lancées, les Chantiers arguant constamment de difficultés de tous ordres, la plupart suscitées par eux, pour retarder leur achèvement. C'est donc la tête haute qu'après la libération le Trait pansa ses blessures. Pendant les tristes heures de l'occupation les ingénieurs n'étaient pas restés inactifs en ce sens qu'ils avaient réfléchi aux moyens à mettre en œuvre après la Libération pour créer un nouveau chantier digne de prendre en charge les traditions de sérieux et d'efficacité de l'ancien et d'assurer la pérennité du renom de ses constructions. La préfabrication de blocs métalliques destinés à constituer par assemblage sur cales les coques des navires fut organisée à l'atelier de tôlerie dont les dimensions, la structure, le déroulement des tâches reposaient sur des conceptions nouvelles tenant intégralement compte de la substitution de la soudure au rivetage. De nouvelles cales plus grandes, desservies par de puissantes grues, et un quai d'armement de 210 m de long témoignaient de la résurrection à plus grande échelle des Chantiers. Le Trait a bénéficié pour son développement de l'expérience des armements dépendant de la Maison Worms, en particulier de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire et la Société française de transports pétroliers, fondée peu avant la Deuxième Guerre mondiale à la demande du gouvernement pour assurer une certaine indépendance en matière d'approvisionnement de produits pétroliers. Les contacts, la large concertation entre les ingénieurs du Trait et ceux de l'armement de la Maison Worms, assurèrent aux Chantiers une position enviée en matière technique. A titre d'exemple ils furent parmi les premiers à substituer à bord des navires de commerce le courant alternatif, plus économique, plus sûr et plus efficace, au courant continu, et les tout premiers dans le monde à construire des navires automatisés fonctionnant sans personnel dans la salle des machines (cargos "Ville-de-Bordeaux" et "Ville-de-Dunkerque" lancés en 1965). Après la libération la clientèle de l'Armement Worms resta importante ce furent les livraisons des navires pétroliers "Champagne", "Beauce", "Languedoc" pour la Société française de transports pétroliers, unités dont le port en lourd était proche de 20.000 tonnes et des cargos "Nossi-Bé", "Ville-de-Djibouti", "Ville-de-Rouen", "Ville-de-Dunkerque", "Ville-de-Nantes", "Ville-de-Brest", "Ville-de-Bordeaux", "Ville-de-Lyon", "Ville-d'Anvers" pour la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire, unités variant de 7.000 à 15.000 tonnes de port en lourd. Entre 1945 et 1966 les Chantiers ont livré peu de navires militaires puisqu'il s'agissait de reconstruire surtout la flotte de commerce et de faire face aux extraordinaires progrès des échanges mondiaux, mais il convient de citer parmi les navires de guerre le sous-marin "Morse" de 1.640 tonnes en surface et 1.910 tonnes en plongée, livré en mars 1960, l'une des unités les plus modernes de l'époque, deux sous-marins pour le Pakistan et des dragueurs de mines ayant donné toute satisfaction aux utilisateurs. Parmi les navires de commerce la diversification a été accentuée puisqu'en dehors de pétroliers, de cargos, il a été construit des minéraliers, navires polythermes, car-ferries, chalutiers congélateurs, pousseurs, etc. Comme d'autres chantiers, le Trait exerçait également, en vue d'équilibrer l'emploi des équipes, des activités terrestres de mécanique et de chaudronnerie lourde ou moyenne. Citons entre autres l'exploitation d'une licence (Chicago Bridge and Iron Company) de conserve avec les Constructions métalliques de Provence à Arles, qui consistait à fabriquer et monter des toits flottants métalliques pour les réservoirs d'hydrocarbures des raffineries. Ces toits suivaient le niveau du liquide stocké pour éviter des pertes importantes par évaporation. Les Chantiers du Trait, à l'instigation de M. Robert Labbé, associé gérant, qui en était le président depuis qu'ils avaient été filialisés après la Libération, se sont lancés à l'assaut des techniques cryogéniques en vue de transporter des gaz liquéfiés dont le méthane. Les ACSM firent équipe avec les Forges et Chantiers de la Méditerranée, le Trait pour la coque et Méditerranée pour la propulsion, dans la compétition que se livrèrent les Chantiers de l'Atlantique, les Chantiers de France et de Dunkerque et l'association ACSM/FCM. Les Chantiers procédèrent à l'étude du transport du méthane liquide sur le navire expérimental "Beauvais", liberty-ship mis à leur disposition par la Société Méthane Transport spécialement créée à l'initiative de M. Robert Labbé pour financer des expériences en mer. A la suite de cette confrontation les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime furent choisis pour construire le premier navire méthanier français et aussi le premier navire méthanier au monde mettant en œuvre des techniques absolument nouvelles. Les Chantiers du Trait ont opté pour un matériau qui venait d'être mis au point par les Aciéries françaises, l'acier à 9% de nickel et à très basse teneur en carbone et dessiné des cuves de forme essentiellement cylindrique dont la conception géométrique permettait de réduire au maximum leur poids et le coût des pièces destinées à les maintenir en place. L'isolation, problème capital puisque le méthane est transporté à la température de 161 degrés au-dessous de zéro et à la pression d'un bar, fut assurée, soit par des matériaux modernes tels que le Klegecell, fixé selon des dispositifs spéciaux mis au point par le Chantier, soit par de la perlite, isolant pulvérulent. C'est ainsi que fut construit le "Jules-Verne", navire de 201 m de long destiné à transporter entre Arzew, terminal d'Hassi-R'Mel, 25.500 m3 de gaz liquide par voyage, ou 15.300.000 m3 de produit gazeux. Le "Jules-Verne", lancé le 8 septembre 1964, a permis d'assurer une grande partie des besoins de la capitale, le gaz liquide déchargé au Havre étant re-gazéifié dans ce port, acheminé par pipe dans la région parisienne et stocké dans les réservoirs naturels souterrains de Beynes, dans les Yvelines. Pendant la construction du "Jules-Verne", les Chantiers expérimentèrent une technique intégrée à membrane en invar dont la conception devait permettre une construction plus facile et plus économique de méthaniers de grande capacité dont on pouvait, à l'époque, prévoir la commande dans un avenir assez proche. Les Chantiers du Trait ont dû disparaître dans le cadre de la politique que le gouvernement s'était fixée en matière de construction navale et qui, dès le Livre blanc de 1959, envisageait le regroupement en quelques grands chantiers des activités navales françaises. Ils furent absorbés par voie de fusion par les Chantiers de la Ciotat en mai 1966. Toute activité navale a aujourd'hui disparu au Trait. Il reste quelques activités métallurgiques et de petites entreprises faisant appel à de la main-d'œuvre non spécialisée. Les techniques "gaz" des Chantiers ont survécu à la disparition de la construction navale au Trait puisqu'elles ont été recueillies et perfectionnées par la société Gaz-Transport qui a donné naissance à une nouvelle génération de navires méthaniers à cuves intégrées. En 1978 environ 40% des navires méthaniers en service et en commande sur la planète ont été construits sur les licences Gaz-Transport, dont le succès mondial repose sur une très grande fiabilité de conception et un coût économique de mise en œuvre. Le Trait, dont la population était de l'ordre de 7.000 habitants en 1966, représente une très belle page dans le Livre de la Maison Worms. Si la réussite industrielle relève du passé, il reste une cité agréable qui témoigne de l'esprit créateur de notre Maison. Située dans un cadre prestigieux chargé d'histoire puisque Saint-Wandrille et Jumièges ne sont qu'à quelques lieues, la ville du Trait connaîtra certainement de beaux jours après l'actuelle période de repli sur elle-même. C'est le vœu de ceux qui ont servi la Maison Worms dans le dur et beau métier de constructeur de navires et qui ont dû quitter cette ville attachante, tel le navire se séparant à jamais de son ber de lancement. [Signé :] Ch. Duguet Ancien secrétaire général des ACSM

1978.02.02.De la Société française de transports pétroliers.Note pour M. Barnaud

SFTP 2/2.78 Note pour Monsieur Barnaud En contrepartie de l’engagement du groupe Worms d’armer un tonnage minimum : 450.000 T en 1970 600.000 T en 1975 800.000 T en 1980 le ministère du Développement industriel et des Transports s’engageait de son côté à faciliter l’accomplissement de cette promesse par tous moyens, notamment en apportant son aide pour l’emploi de ce tonnage par des raffineurs nationaux. À partir de 1980, le groupe Worms pourra se délier de tout engagement moyennant un préavis de trois ans. L’ensemble de ces dispositions ne concernait pas le tonnage géré par la CTMP, liée par un accord particulier à Antar. Chaque année, la SFTM indique à l’administration le tonnage qu’elle arme. Dans l’état actuel de la flotte on peut prévoir qu’au 1er janvier 1980 le tonnage non concerné par les accords CTMP/Antar sera de 1.173.021 TM, soit : Dauphiné 117.272 T C/P ELF se terminant en mai 1980 Saintonge 117.112 T C/P ELF se terminant en mai 1981 Normandie 239.510 T C/P ELF se terminant en juin 1984 Aquitaine 239.435 T C/P ELF se terminant en février 1983 Champagne 168.937 T C/P ELF se terminant en juillet 1978 Poitou 135.500 T C/P ELF se terminant en janvier 1980 Limousin 155.250 T C/P ELF se terminant en juin 1978 1.173.026 T Dans ces conditions, il ne semble pas qu’il soit opportun de dénoncer l’accord conclu avec le ministère dont on pourrait solliciter l’appui, le cas échéant.  

1978.02.03.De André Gaudaire.Marseille.A Nicholas Clive Worms.Paris

Le PDF est disponible à la fin du texte. Marseille, le 3 février 1978 Monsieur Clive Worms Associé gérant de Worms & Cie 45, bd Haussmann - 75009 Paris Cher Monsieur, J'ai été très touché par votre lettre du 17 janvier, j'en avais en effet reçu une précédemment de Monsieur Lay, pour lequel je viens de préparer une réponse assez longue que je lui adresserai au début de la semaine prochaine. Ainsi que je le lui écris, je ne pense pas que les renseignements que je suis en mesure de lui communiquer soient exactement du genre de ceux que vous désirez, mais toute cette période 1947 à 1956 a été dominée par la naissance puis l'explosion du nationalisme arabe et son conflit avec celui des Israéliens. Ces événements ont malheureusement amené la ruine de nos affaires dans cette partie du monde comme je le prévoyais déjà dans une correspondance que j'adressais à Monsieur Grédy, en 1951, et dont vous trouverez sous ce pli, une photocopie. Veuillez agréer, Cher Monsieur, l'assurance de mon parfait respect et de mon entier dévouement. A. Gaudaire

1978.02.06.De André Gaudaire.Marseille.A Francis Ley - Banque Worms.Paris.Original

Le PDF est disponible à la fin du texte. Monsieur Gaudaire                                                                            Marseille, le 6 février 1978 83, bd du Redon                                                                                        Monsieur Francis Ley La Rouvière E 8                                                                                             c/o Banque Worms 13009 – Marseille                                                                    45, bd Haussmann 75009 - Paris Cher Monsieur, J'ai bien reçu à mon retour à Marseille, qui a été quelque peu différé par suite d'un déplacement à l'étranger, votre lettre du 5 janvier qui répondait à la mienne du 3 de ce même mois, relative aux quelques renseignements que je pourrais éventuellement fournir sur les activités des Services maritimes du Proche-Orient de Worms & Cie, pendant la période comprise entre 1947, date du Centenaire de notre Maison, et 1956, date de l'expulsion de tous les Français résidant en Égypte. Si je prends comme point de départ 1947, la raison en est que dans l'intéressante brochure consacrée à ce Centenaire, l'historique y est parfaitement évoqué jusqu'à cette année. Historique qui, je pense, ne peut pas ne pas dépendre et se mêler intimement avec l'évolution commerciale et industrielle de notre Maison. 1947 est d'ailleurs l'année qui correspond à l'approche de l'abandon du charbon en tant qu'énergie des transports maritimes au profit du pétrole. La baisse sans cesse croissante de l'utilisation du premier de ces combustibles, qui constituait une des principales ressources des succursales du canal de Suez, nous a amenés à essayer de remplacer cette source de profit par les activités suivantes : 1) Les agences et consignations maritimes Elles nous ont permis d'atteindre le chiffre de 350 navires par mois, ce qui constituait plus du tiers du trafic total du Canal. 2) Agrandissement de nos ateliers (800 personnes) destinés à répondre non seulement aux réparations résultant de cette activité, mais aussi : a) A la fabrication de projecteurs flottants Cette insubmersibilité réalisée par un de nos ingénieurs, permettait de hisser les appareils directement par treuils sur l'étrave des navires et de les larguer de même à l'autre extrémité du Canal, où ils étaient entreposés de la même manière, économisant ainsi toute dépense de transport. b) A la création d'une section de réparations de radars avec le concours du matériel de la Société Kelvin Hugues de Londres, c) A l'entretien d'une flotte de 12 vedettes, 6 remorqueurs dont un de haute mer, de 160 chalands et de 4 citernes destinées à l'alimentation en eau douce des navires, par la Ships Water Supply Cie exploitée en commun avec la Maison Stapledon. d) A la réfection et au montage des engins des entreprises internationales de travaux publics chargées de la percée d'un canal de dérivation de 12 km destiné à offrir aux navires une nouvelle possibilité de croisement. Ce canal devait être inauguré en grande pompe par le roi Farouk ; inauguration qui évidemment n'a pas eu lieu. 3) La manutention des marchandises environ 50.000 tonnes par mois. 4) L'acquisition en 1956 d'un navire côtier pour le transport de matériel de forage de la Société Purfina de Bruxelles entre Port Tewfick et Abou Rudeiss, petit port côtier situé près de la nappe de pétrole découverte au Sinaï. 5) L'élargissement des possibilités d'entreposage 6) Le développement de nos départements transit et douane. 7) L'ouverture des bureaux de voyages à Port-Saïd, Suez, Le Caire. 8) La représentation de notre Maison au Liban et en Syrie En 1950, apprenant que l'Irak Petroleum Cie se proposait de procéder à l'aménagement de terminaux pétroliers au large des ports de Sayda, de Tripoli (Liban) et de Banias (Syrie), nous avons pris immédiatement contact avec l'IPC et la Maison Henry Heald & C° de Beyrouth que nous connaissions de longue date et sommes convenus que moyennant un partage de commissions, cette dernière assurerait en notre nom la consignation des navires pétroliers qui désireraient utiliser nos services. Mais il était impossible de faire de même pour ce qui concerne le terminal de Banias, car déjà la Syrie n'acceptait plus que des sociétés étrangères opèrent sur son territoire. Messieurs Henry Heald nous recommandèrent alors un ancien magistrat syrien de leur connaissance, Monsieur Georges Elias qui créa avec nous dans les mêmes conditions de rémunération la Société syrienne de consignations maritimes (SSCM). Il avait été d'autre part convenu avec ces deux sociétés que les bénéfices qui seraient retirés de ces collaborations seraient mis à la disposition des Services maritimes de Worms & Cie Paris. Ils n'ont été que très minimes, j'en ignore leur montant et comment notre siège social en a disposé. 9) La fondation en 1950 de la Société égyptienne maritime et commerciale (Semco) Cette société à laquelle nous avons confié la plupart de nos activités portuaires avait en réalité pour but de se substituer à nos services dans le cas où, devant le nationalisme croissant auquel nous assistions dans les pays arabes, il deviendrait nécessaire d'abandonner notre nationalité. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit, mais bien malheureusement, d'abord par suite des destructions provoquées par la guerre, le trafic du Canal a été interrompu jusqu'en juillet 1957, ensuite nos collaborateurs grecs et égyptiens qui assuraient la gestion de cette société n'ont pas joué le jeu, enfin en 1965 le gouvernement égyptien a décidé la nationalisation de toutes les agences maritimes qu'elles soient étrangères ou égyptiennes. Au moment de mon départ de Port-Saïd, notre trésorerie qui, depuis l'intervention militaire franco-britannique était bloquée, s'élevait pour autant que je puisse l'estimer, à livres égyptiennes 600.000, soit au taux en vigueur à l'époque de F 1.000 AF, à 600.000.000 anciens francs. Somme à laquelle, il y avait lieu d'ajouter un fonds de roulement constant d'une moyenne de 900.000.000 d'anciens francs constitué d'une part, par le montant des droits de Canal que Messieurs Burness à Londres (banquiers : la Westminster Bank) et nous-mêmes à Port-Saïd recevions des armateurs et que nous ne reversions à la Compagnie du Canal que 7 à 10 jours après, et d'autre part, par le remboursement également différé par Burness, auxquels ils étaient payés, de nos comptes d'escale. C'est d'ailleurs ce fonds de roulement qui à mon avis lorsqu'il a été tari, a été un des principaux éléments de la faillite de nos représentants en Angleterre. Les immobilisations et stocks étaient d'environ 210.000.000 d'anciens francs. Nous avions auparavant transféré à Worms & Cie, par l'intermédiaire des Burness, en 1947, 200.000 livres égyptiennes, en 1954, 41.000 livres égyptiennes et entamé en juillet 1956 des formalités pour en effectuer de nouveaux, mais la nationalisation de la Compagnie du canal de Suez a amené le ministre des Finances égyptien à opposer une fin de non-recevoir à notre demande. Ainsi la tragédie des pays du Proche-Orient aura en Égypte anéanti la grande œuvre qui depuis 1871, suivant les géniales directives de Messieurs Worms et de leurs associés, plusieurs générations d'hommes s'étaient efforcées de maintenir et d'accroître. Il faut cependant espérer que le prestige ainsi acquis pendant plus d'un siècle dans cette région, auprès des hommes d'affaires et notamment des armateurs, aura permis à notre Maison de développer plus facilement ailleurs, d'autres de ses objectifs. Dans cette lettre, j'ai récapitulé succinctement ce que nous avons essayé de faire pour nous maintenir à flot dans la tempête qui secoue encore Israël et les pays arabes. Nous avions d'autres projets auxquels notre banque aurait pu s'intéresser car j'entends encore la voix de Monsieur Jacques Barnaud me dire à Port-Saïd : « Je regrette que les grandes possibilités financières qu'offrait votre organisation à nos Services bancaires, n'aient pas été exploitées ». De son côté, Monsieur Robert Labbé, après avoir visité avec moi, les premiers forages effectués dans le Sinaï, m'avait donné son accord pour que soient posées les premières bases d'une société industrielle avec le concours de personnalités égyptiennes, françaises et étrangères, ce qui avait été fait, mais il est inutile d'évoquer des projets devenus maintenant irréalisables à moins d'un changement complet dans la région considérée. Je crois que cette lettre qui n'est en définitive qu'un rapide aperçu des activités de nos services d'Égypte, ne vous apporte pas les éléments que Monsieur Clive Worms et vous-même désirez. Elle ne contient en effet aucun renseignement historique ou documents et copies de cet ordre. Il ne pouvait d'ailleurs en être autrement, étant donné que j'ai dû quitter en hâte Port-Saïd en fin décembre 1956 en n'emportant que le strict nécessaire. Cependant, peut-être, vous intéressera-t-il de savoir qu'il existait dans nos bureaux de Port-Saïd, une coupe en argent qui d'après mon prédécesseur Monsieur S.C Acfield dont le nom est mentionné à la page 14 du discours qu'a prononcé Monsieur Hypolite Worms à l'occasion du Centenaire de sa Maison, aurait été offerte au début du siècle par le Mikado pour marquer sa reconnaissance pour la célérité que nous avions apportée au chargement du charbon sur les navires, qui grâce à la rapidité de ces opérations, étaient parvenus à temps pour participer à la victoire de la flotte japonaise sur la flotte russe en 1904 à Tsushuma. De fait, nous avons représenté la grande compagnie de navigation japonaise NYK depuis 1896. Cette histoire avait été rapportée à Monsieur Acfield également par son prédécesseur Monsieur Pierre Grédy, tous deux décédés. Il est possible, quoique j'en doute fort, que cette coupe existe toujours dans nos anciens locaux, mais peut-être, pourrions-nous le demander à Monsieur Louis Girard qui a été désigné par la direction des Services maritimes de Worms à Paris, pour s'occuper à Port-Saïd de la surveillance des navires des armateurs qui nous le demandent (shipowners agents). De même, nous possédions un magnifique album illustré par des photographies accompagnées des curriculum vitae de toutes les personnes qui avaient contribué au développement de notre Maison en Égypte depuis qu'elle s'y est installée et que nous feuilletions avec le plus grand respect. Mais je suppose qu'un exemplaire doit exister dans les archives du boulevard Haussmann et qu'il vous sera peut-être possible de le retrouver. Je crois devoir vous signaler également que toute la lignée de ces personnes jusqu'à moi-même, étions par tradition appelés aux fonctions honorifiques de consul de Belgique et des Pays-Bas. En ce qui me concerne, je ne possède que les correspondances et rapports que j'ai adressés au siège social pendant les tragiques événements de Suez de 1956. En terminant, il est inutile, je crois de vous faire savoir que je reste à l'entière disposition de Monsieur Clive Worms et de vous-même, pour me rendre à Paris, s'il était estimé que la relation de vive voix de mes souvenirs d'Égypte pouvait vous être utile. Dans ce cas, faites-moi savoir la date qui conviendrait, compte tenu de ce que je serai en Suisse du 20 février au 11 mars 1978, et que j'estime devoir être à Marseille pour accomplir mon devoir d'électeur les 12 et 19 de ce mois. En espérant avoir l'occasion de faire votre connaissance, je vous adresse, cher Monsieur, l'expression de mes meilleurs sentiments. A. Gaudaire PS [manuscrit] : J'ajoute que je possède aussi quelques photos d'événements locaux tels que réceptions de personnalités et défilés, que, le cas échéant, bien qu'elles ne me semblent pas présenter un grand intérêt, je tiens évidemment à votre disposition. Monsieur André Gaudaire Né le 15 février 1908. - Entré dans la Maison en 1946 comme sous-directeur à Port-Saïd. - 1949                                      nommé directeur à Port-Saïd - 1952                                      nommé directeur général adjoint à Port-Saïd - 1956                                      nommé directeur général (Port-Saïd) - 1 janvier 1958                       repris au siège social - Services maritimes - comme directeur - 1 janvier 1961                       Directeur des services consignations (DGSM-Paris) - 1 juin 1968                            Conseiller chargé de la prospection à l'étranger - 1 avril 1973                           Retraité.

1978.02.10.De Pierre Darredeau.Témoignage

Le PDF est disponible à la fin du texte. Quelques souvenirs complémentaires de M. Pierre Darredeau (1927-1945) Je suis entré à la Maison Worms & Cie clans les conditions suivantes : Mon père et le commandant Delteil, directeur général des Services maritimes de Worms & Cie, étaient des amis intimes, se connaissant depuis leur jeunesse et ils se rencontrèrent dans les premiers jours de novembre 1927. M. Robert Delteil demanda à mon père à quel moment je devais rentrer de mon service militaire, et ce dernier lui répondit : le 15 novembre. M. Delteil lui dit alors que si cela m'intéressait, je pouvais aller le voir 28, avenue Bosquet, son domicile parisien, et qu'il me prendrait en stage au Havre, ajoutant, pour nous tranquilliser, mon père et moi, que « Worms était plus solide que la Banque de France ». Rentré à Paris, je pris rendez-vous avec lui et, si je puis le dire, le marché fut conclu. Je me présentai au Havre le 1er décembre et fus reçu par le directeur général. II m'annonça alors que Jean Desouches était arrivé le jour même et ferait son stage en même temps que moi, ce dont je fus très heureux. Ce stage dura trois mois et se fit plus à la succursale locale qu'a la DGSM, M. Delteil nous ayant précisé que nous serions affectés ensuite, précisément à la direction générale, en tant que cadres. Mais, fin février, aucun poste n'étant disponible, le stage fut prolongé d'un mois ; puis, la situation étant la même, nous fûmes, Jean et moi, envoyés en vacances pour quinze jours. Revenant au Havre, nous fûmes, tous deux, invités à prendre passage sur "Léoville", commandé par le commandant Halluitte, ce navire assurant le service hebdomadaire Le Havre-Anvers-Rotterdam et, partant du Havre, chaque mardi soir. Je me souviens que le commandant avait son jeune fils à bord pour ce voyage. A Anvers, dont le directeur était un HEC, (promotion 1898) M. Henri Dumard, qui devint par la suite directeur général de la NCHP, nous fûmes très aimablement accueillis par lui et par ses adjoints, M. Gruson (étant devenu directeur à Boulogne) et Potocki, futur successeur. Et nous avons, le jour même, pris place à bord du "Lussac", en partance pour le canal de Kiel, Dantzig, puis Koënigsberg, le commandant s'appelant Robillard. A Dantzig, M. Gada, le directeur étant absent, nous fûmes reçus fort gentiment par Louis Péquignot, sous-directeur et HEC. A Koenigsberg, très aimablement reçus par notre agent Johannessen, nous recueillîmes de la documentation sur le plan professionnel, mais aussi nous découvrîmes le "nazisme", car nous étions en Prusse orientale, très nationaliste et je me souviens des "beuveries" à la bière, de nombreux jeunes dans les cafés et de regards de travers de certains qui surent que nous étions des Français. Ces séances étaient ponctuées de temps à autre, par des chants nationalistes, repris en chœur par l'assistance. Le voyage de retour jusqu'à Rouen, se fit avec deux passagers supplémentaires, la fille et le gendre de notre agent, et, bien entendu, avec la cargaison de bois et de charbon prises dans les ports baltes. Revenus au Havre, nous apprenons qu'aucun poste n'est encore disponible ; nous sommes donc invités à regagner nos foyers où nous procédons à la mise au point de notre rapport. Mais, pour ma part, ce séjour est très court, car je suis prié de me rendre à Nantes et d'y prendre passage sur un de nos caboteurs, le "Cantenac", afin d'aller à Brest remplacer le second de la succursale, M. Suzanne (le directeur étant alors M. Nicolas, qui est affecté au Havre, en qualité de secrétaire à la direction générale, et qui y remplace M. J. Mercier, celui-ci venant de démissionner pour prendre l'agence d'une compagnie d'assurance espagnole. Mais je ne reste à Brest que huit jours, parce que M. Suzanne, qui n'a aucun goût ni aucune préparation pour des tâches administratives, demande son retour à Brest, la DGSM étant bien d'accord avec lui. Je permute donc avec lui. C'est ainsi que je prends place dans le bureau qui est celui de l'adjoint du directeur général et qui est M. Anatole Bucquet, HEC lui aussi, homme d'une intelligence et d'une compétence exceptionnelles, qui complète fort heureusement le chef et l'administrateur remarquables qu'est le Cdt Delteil. Ces fonctions de secrétariat consistent, en particulier, à suivre les dossiers de ce que l'on appelle alors les "affaires générales", à savoir toutes les questions de principe et de politique générale, qui échappent à la compétence des différents services. Bien entendu, j'agis sous le contrôle et avec l'aide de M. Busquet. Je pense utile de faire maintenant un retour en arrière pour expliquer l'évolution qui s'est produite dans l'organisation des Services maritimes au Havre, à partir de 1922. C'est en effet, cette année-là, que les associés, M. Hypolite Worms, M. Michel Goudchaux et M. Georges Majoux (HEC, promo 1887) que MM. Worms et Goudchaux avaient pris près d'eux, appliquèrent la décision de créer au Havre, la direction générale des Services maritimes, alors que jusque-là, Le Havre était la maison mère comprenant à la fois, la direction maritime et la succursale, sous un directeur unique : M. Charles Serret (ancien officier de marine), mais la supervision étant assurée par M. Majoux. M. Robert Delteil fut nommé directeur général des Services maritimes. II avait démissionné de la Marine en 1919, alors qu'il était capitaine de frégate, et avait été désigné aussitôt comme directeur de la succursale de Marseille. Il vint donc au Havre en 1922, M. Serret demeurant le directeur de la succursale du Havre. Comment s'étonner dès lors, en dépit des mérites incontestables du Cdt Delteil, qui justifiaient pleinement sa nomination, que les relations entre lui et M. Serret aient été mauvaises. M. Robert Delteil prit avec lui : M. A. Bucquet comme adjoint ; il était jusque-là chef du service transit de la succursale, M. A. Ribeyre en qualité de chef du service exploitation des lignes, le Cdt Noël Sagon (ancien officier de la marine), qui devint chef de l'armement et du service technique, ce dernier secteur étant sous les ordres de M. Le Maignan, ingénieur en chef, secondé par M. Quillier ; tous deux dirigeant l'atelier de réparations, M. Robert Malingre, HEC, qui, venant des Chantiers de la Seine maritime au Trait, créés en 1917 par M. G. Majoux, prend en main le service financier et la comptabilité générale, M. Malingre se révèle un financier de très grande valeur et, personnellement, je conserve de lui, qui se comporta toujours à mon égard avec tant d'amitié, un souvenir particulièrement ému, M. Marcel Gobin, enfin, étant chargé du contentieux. Les services de la succursale deviennent alors : le service des lignes (lignes Worms) dirigé par M. Atgie (qui y restera jusqu'à sa retraite), le service des consignations, avec à sa tête M. G. Tate (qui y resta jusqu'à son départ pour la DGSM à Paris en 1943), aux services lignes et consignations, il faut ajouter le service des manutentions, avec à sa tête, M. Revert, ancien officier de la Marine marchande, le transit où M. Lenormand succéda à M. Bucquet, enfin, la caisse et la comptabilité, et le secrétariat-service personnel. En 1929, arrive de Boulogne, Jean Pelletier, second de cette succursale, et qui devient le chef du trafic au cabotage national à la DGSM, alors que je suis désormais, outre mes attributions indiquées plus haut, chef du trafic au cabotage international, un service spécial étant créé pour les lignes anglaises et en consignation, le service de l'exploitation des lignes n'étant en réalité qu'un service spécial du mouvement des navires, donc un service non-commercial. En mai 1929, arrive à la DGSM, Louis Castan, qui sera toujours, comme Jean Desouches, un vrai frère pour moi. En 1929, également, M. Lucien Émo, sous-directeur de la succursale du Havre, prend la direction de la succursale de Dunkerque, où il succède au Cdt Crétin (ancien officier de marine), qui est allé remplacer à Rouen le directeur, M. Sury, qui prend sa retraite. M. Émo est remplacé au Havre par M. Ribeyre, à qui succède M. Henri Bouteloup, polytechnicien, camarade de promotion de Monsieur Jacques Barnaud, associé-gérant. Au 1er janvier 1931, M. Serret prend sa retraite et est remplacé par M. A. Bucquet, à qui succède à la DGSM, M. H. Bouteloup, qui était arrivé à la Maison en 1928. C'est M. Maurice Bouan, HEC, qui remplace M. Bouteloup à l'exploitation des lignes. A noter que MM. Bucquet, Ribeyre et Péquignot, tous trois HEC, le premier de la promo 1912, les deux autres de 1914-19, étaient entrés à la Maison le 1er juillet 1919. En 1933, M. Émo passe de la direction de Dunkerque à celle de Rouen, le Cdt Crétin ayant démissionné pour raison de santé. M. Duret, ancien X et camarade de promotion de MM. Jacques Barnaud et Bouteloup, et ancien GM, qui avait débuté à Marseille, prend la direction de la succursale de Dunkerque. Toujours en 1933, M. Ribeyre est nommé directeur de la succursale de Bordeaux ; il y restera jusqu'en 1940 et prendra à ce moment, la direction générale de la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest. A Bordeaux, il a succédé à M. de Kersabiec ; à cette époque, le directeur charbons de Bordeaux est le Cdt Fortin (ancien marin), qui, comme les commandants Delteil, Crétin, Sagon, et aussi le Cdt Denis, devenu secrétaire général de Worms & Cie, a démissionné de la Marine. Le Cdt Denis aura comme adjoint M. Philippe Simoni, HEC, qui lui succédera par la suite. En 1933 également, M. J. Pelletier est muté à Marseille où il devient le second de M. Revoil ; il succédera à ce dernier, lorsque sera créée après la guerre, la direction des Services maritimes en Méditerranée, que dirigera M. Revoil, cette DSMM s'occupant de l'exploitation, dans les sens de direction du trafic des lignes Worms de Méditerranée, mais n'ayant aucun regard sur les succursales et agences, sauf dans la mesure où elle a, avec elles, des rapports d'armateur à agent. Au départ de M. Pelletier pour Marseille, je prends en charge le cabotage national, en plus de mes autres fonctions. Au printemps 1938, M. A. Bucquet passe à Rouen, où il va succéder à M. L. Émo, qui vient au Havre et se prépare à succéder à M. Robert Delteil comme directeur général, celui-ci ayant manifesté le désir de prendre sa retraite fin 1938. M. A. Bucquet restera peu de temps à Rouen, car il deviendra en 1941, directeur général de la NCHP, à Paris. M. L. Émo aura comme adjoint à la DGSM, M. L. Péquignot, que je remplace à ce moment comme adjoint de M. H. Bouteloup qui prend la direction de la succursale du Havre. Après la guerre, du fait des événements et des modifications dans les lignes de la DGSM, le service trafic dirigé par M. André Darredeau depuis janvier 1939 regroupera toutes les lignes maritimes DGSM. M. G. Roussel succédera à M. A. Darredeau lorsque celui-ci me remplacera en octobre 1953 à la direction de la succursale du Havre, au moment où je serai nommé directeur des Services maritimes pour l'Afrique du Nord. Le service des consignations avait été créé en 1941 et confié à M. G. Tate. Par la suite, un service Égypte sera créé et confié à M. Jean Desouches dans les conditions indiquées par lui. 10.02.1978 Une précision concernant le service des manutentions de la succursale du Havre. En 1931, la Havraise Péninsulaire qui appartenait aux frères Grosos, du Havre, ayant été reprise par la Maison, les manutentions de ses navires, qui étaient effectuées devant un hangar du bassin Bellot, appelé alors "Hangar 5", par la Maison Mannoni, manutentionnaire du Havre, il y eut à cet endroit, un nouveau secteur de notre service manutention, outre les manutentions de nos caboteurs et des navires consignés, les premiers aux hangars A et B du bassin de la Citadelle.

1978.02.23.De Banque Worms.A la Banque marocaine du commerce extérieur

23 février 1978 Banque marocaine du commerce extérieur N/Réf. Tit/régul/AML/CG – Poste 803 Messieurs, Nous avons l’honneur de vous informer que la Chambre syndicale des agents de change fait connaître que le groupe de la Société française de dynamite « Sofrady » qui détient 21,9 % du capital de la société Le Molybdène a porté sa participation à 44,8 % en acquérant le 20 février 1978 de la Société de recherches minières du Falta, société française du groupe Worms, 9.375 actions A de la société Le Molybdène. Cette acquisition a été réalisée au prix unitaire de F 12. Notre maison agissant pour le compte de la Société française de dynamite « Sofrady » s’est engagée auprès de la Chambre syndicale à se porter acquéreur en bourse, du 21 février au 13 mars 1978, des actions A de la société Le Molybdène qui seraient présentées à la vente au même prix unitaire de F 12. Nous détenons sous votre dossier : 38 actions Le Molybdène au porteur vif pour lesquelles nous vous serions obligés de bien vouloir nous faire parvenir vos instructions pour le 12 mars 1978 au plus tard. Avec nos remerciements anticipés, veuillez agréer, messieurs, l’expression de nos sentiments distingués. Banque Worms, Par procuration.  

1978.04.10.De Francis Ley - Banque Worms.50 ans d'activité en chiffres (1937-1976).Note

Les Services bancaires de MM. Worms & Cie La Banque Worms 50 ans d'activité bancaire en quelques chiffres Les chiffres ont leur éloquence mais la prescription trentenaire a réduit définitivement au silence les plus anciens d'entre eux. Le premier bilan que nous possédions encore date du 31.12.1937. La comparaison des bilans de dix en dix ans environ (le bilan ayant enregistré la fusion avec la BIFC et Sofibanque-Hoskier s'intercale en plus), permet de se faire une idée de l'évolution d'ensemble et de certains postes en particulier. Grâce au coefficient de transformation en francs actuels (de 1976) du pouvoir d'achat du franc (d'après la moyenne des indices des prix de gros et de détail) publié tant par l'Institut national de la statistique et des études économiques - Insee que par le Conseil national du crédit, il est possible de mieux apprécier l'évolution des masses les plus caractéristiques du bilan des Services bancaires de Worms et Cie d'abord et de la Banque Worms ensuite. Il convient cependant de rappeler que les vicissitudes des indices de prix et leurs nombreuses jonctions en chaîne doivent inciter à ne considérer le coefficient de transformation que comme un simple indicateur d'un ordre de grandeur. Bilan En francs actuels (1976), le total du bilan a évolué comme suit : 1937                               350.324.000 F actuels 1945                               735.053.000 F actuels 1955                            1.220.110.000 F actuels 1965                            2.612.375.000 F actuels 1967 (après fusion) 4.090.833.000 F actuels 1976                            9.661.883.000 F actuels          (x 25) Et l'ensemble des dépôts de la clientèle 1937                               183.564.000 F actuels 1945                               608.674.000 F actuels 1955                               967.736.000 F actuels 1965                            1.288.227.000 F actuels 1967                            2.513.521.000 F actuels          (x 30) 1976                            5.670.201.000 F actuels De leur côté, les engagements ont progressé ainsi : - Crédits (en trésorerie) 1937                               237.400.000 F actuels 1945                               541.670.000 F actuels 1955                            1.230.408.000 F actuels 1965                            1.678.145.000 F actuels 1967                            3.018.776.000 F actuels 1976                            7.540.149.000 F actuels - Cautions et avals 1937                                 50.993.000 F actuels 1945                               126.035.000 F actuels 1955                               354.094.000 F actuels 1965                               809.442.000 F actuels 1967                               925.660.000 F actuels 1976                            1.197.817.000 F actuels Enfin, l'actif net comptable a progressivement augmenté de la façon suivante : 1937                                 22.075.000 F actuels 1945                                 25.930.000 F actuels 1955                                 85.000.000 F actuels 1965                               143.000.000 F actuels 1967                               314.000.000 F actuels 1976                               338.000.000 F actuels Soit, avec l'emprunt obligataire de 100 millions émis en février 1976, un ensemble de capitaux permanents de 438.000.000 de F actuels. A titre de documentation, nous reproduisons, ci-après, le tableau comparatif des bilans au 31 décembre 1937, 1945, 1955, 1965, 1967 et 1976 ainsi que le tableau de l'évolution des postes que nous avons précédemment indiqués en francs actuels. Situations et bilans (en milliers de francs) Services bancaires de Worms & Cie (anciens francs) Banque Worms (nouveaux francs) 31.12.1937 31.12.1945 31.12.1955 31.12.1965 31.12.1967 (après fusion) 31.12.1976 Actif Caisse, trésor, banques d'émissions Banques et correspondants Portefeuille, effets Coupon Comptes courants Avances garanties Avances et débiteurs divers Débiteurs par acceptations Titres Comptes d'ordre et divers Immeubles et immobilier Comptes de frais à amortir 5.411 68.835 114.208 - 81.544 - 22.965 56.208 28.938 15.513 - - 89.944 1.157.218 1.032.167 602 549.372 40.855 157.386 223.434 344.227 3.070 4.929 - 1.232.295 3.625.942 18.948.395 253 7.951.873 54.595 533.166 809.989 4.795.979 37.052 80.150 14.206 47.188 421.551 546.652 844 129.862 1.569 30.305 33.502 48.590 776 1.178 - 74.870 463.246 1.009.419 1.399 256.145 26.387 31.778 48.621 132.138 5.335 6.357 - 77.910 2.057.311 5.320.255 8.154 1.114.355 - 330.061 330.389 378.522 22.552 22.375 - Total 393.622 3.603.204 38.083.895 1.262.017 2.055.695 9.661.883 Passif Comptes de chèques et spéciaux Comptes courants Banques et correspondants Comptes éligibles après encaissement Créditeurs divers Créditeurs et export Acceptations à payer Bons et comptes à échéance fixe Comptes d'ordre et divers Obligations Provisions Réserves Capital en dotation Bénéfices 23.427 182.825 70.125 8.629 15.688 - 56.208 - 11.906 - 19.814 - 5.000 - (après répartition) 223.531 2.424.434 95.356 34.432 110.526 - 223.434 322.007 42.384 - - 87.100 40.000 - (après répartition) 2.072.898 22.631.279 2.459.439 694.628 386.971 - 809.889 5.256.701 938.701 - 266.006 1.667.267 900.000 - (après répartition) 50.974 458.769 377.728 116.373 19.797 23.210 33.502 112.589 4.451 - - 24.954 28.000 11.670 104.235 854.351 393.677 133.730 44.056 - 48.621 304.490 6.483 - - 43.957 114.093 8.002 319.816 2.088.625 2.100.165 734.469 326.536 - 330.389 3.261.760 41.168 100.000 - 110.767 171.140 48.067 (exercice) 28.981 (report) Total 393.622 3.603.204 38.083.895 1.262.017 2.055.695 9.661.883 Hors bilan Engagements par cautions et avals Effets escomptés circulant sur notre endos Ouvertures de crédit confirmés 57.295 71.000 - 617.821 1.032.855 55.295 10.962.676 11.138.279 753.193 391.035 132.615 4.572 465.156 225.022 6.349 1.197.817 1.105.539 1.813.477 Évolution de certains postes du bilan : (en milliers de francs) Services bancaires de Worms & Cie (anciens francs) Banque Worms (nouveaux francs) 31.12.1937 31.12.1945 31.12.1955 31.12.1965 31.12.1967 (après fusion) 31.12.1976 Coefficient de transformation en francs 1976 (Insee) 0,89 0,204 0,0323 2,07 1,99 1 Total du bilan Total en francs actuels 393.662 350.324 3.603.204 735.053 38.083.895 1.220.110 1.262.017 2.612.375 2.055.695 4.090.833 9.661.883 9.661.883 Dépôts clientèle Total en francs actuels 206.252 183.564 2.969.972 608.674 29.960.878 957.736 622.332 1.288.227 1.263.076 2.513.521 5.670.201 5.670.201 Crédits en trésorerie Total en francs actuels 266.742 237.400 2.655.249 541.670 38.093.142 1.230.408 810.698 1.678.145 1.516.973 3.018.776 7.540.149 7.540.149 Hors bilan : engagements par cautions et avals Total en francs actuels 57.295 50.993 617.821 126.035 10.962.676 354.094 391.035 809.442 465.156 925.660 1.197.817 1.197.817 Actif net comptableTotal en francs actuels 24.800 22.075 127.100 25.930 2.567.000 83.000 59.954 143.000 158.000 314.000 338.000 338.000 Comparaison des bilans 1955 et 1965 (au 31 décembre - en millions de NF) Les dépôts sont passés de 299 M à 622 M, soit une progression de 2.1 fois. Le total du bilan est passé de 380 M à 1.262 M, soit une augmentation de 3,3 fois. Cette distorsion dans l'augmentation des dépôts par rapport au total des bilans provient du fait que certains postes du bilan ont enregistré, durant les 10 ans considérés, un accroissement considérable ; en effet : 1) au passif, le poste : - comptes courants passe de 226 M à 458 M, soit un accroissement de 2 fois - banques et correspondants passe de 24 M à 377 M, soit un accroissement de 15,7 fois - comptes exigibles après encaissement passe de 6 M à 116 M, soit un accroissement de 19 fois Total : 256 M à 951 M, soit un accroissement de 3,7 fois 2) à l'actif, le poste : - banques et correspondants passe de 36 M à 421 M, soit un accroissement de 11 fois - portefeuille effets passe de 189 M à 546 M, soit un accroissement de 2,8 fois Total 225 M à 967 M, soit un accroissement de 4,3 fois Durant cette décade donc, non seulement les dépôts ont été renforcés mais des opérations comme celles effectuées avec les banques et correspondants ainsi que celles représentant des effets à l'encaissement ont été considérablement développées. Récapitulatif annuel des dépôts (1967-1976) Département étranger Les chiffres du département étranger de la Banque ne sont pas moins parlants. Les crédits destinés au financement des exportations "grands ensembles" n'ayant été institués qu'en 1950, nous n'avons comparé que les données comprises entre 1956 et 1976, soit sur une période de 20 ans : En appliquant le coefficient de transformation en francs actuels (1976) on constate la progression suivante (en millions) : Crédits grands ensembles 1956                   86.5 de francs actuels 1963                  232.1 de francs actuels 1967                  351.0 de francs actuels 1973                  904.0 de francs actuels 1976               1.154.0 de francs actuels - Contrevaleur de la masse des devises gérées par la banque - (figurant au bilan) 1956                    44.8 de francs actuels 1963                  310.0 de francs actuels 1967                  710.0 de francs actuels 1973               2.210.0 de francs actuels 1976               2.282.0 de francs actuels Cette évolution ressort du tableau que nous donnons ci-après dans lequel sont indiqués aussi bien les chiffres réels que ceux réduits en francs (constants) actuels. Activité du département étranger (en millions de francs) Anciens francs Nouveaux francs 31.12.1956 31.12.1963 31.12.1967 31.12.1973 31.12.1976 Commerce extérieur « grands ensembles »[1] - en cours d'utilisation En francs actuels 2.800.0 86.5 107.0 232.1 176.4 351.0 651.0 904.0 1.154.0 1.154.0 Contrevaleur en francs de la masse des devises gérées par la Banque (au bilan) En francs actuels 1.450.0 44.8 143.0 310.0 355.0 710.0 1.588.0 2.210.0 2.282.0 2.282.0 Coefficient de transformation en francs actuels (1976) publié par l'Insee 0.0309 2.17 1.99 1.39 1 Dépôts des agences En comparant l'évolution des dépôts (clientèle) des agences et banques filiales avec les dépôts (clientèle) du siège à Paris sur les douze années qui s'échelonnent entre le retour de Monsieur Dubost (1955) et la fusion de 1967, il est possible de dire que la politique d'ouverture de nouvelles agences a permis une importante récolte de fonds. En effet : 1/ En 1955, grâce aux dépôts des agences d'Afrique du Nord principalement, 1'ensemble des dépôts des agences représentait les 59% des dépôts parisiens, pourcentage qui devait atteindre un maximum en 1960 avec 70%. 2/ Les événements d'Algérie qui ont entraîné la disparition de l'agence d'Alger n'ont eu que des conséquences réduites au minimum grâce à la création des agences de Lyon (1959) et de Lille (1962) et, dès 1963, le pourcentage des dépôts (clientèle) des agences remontait à 50% de ceux du siège pour atteindre 64% en 1966 juste avant la fusion (valeur 1/1/l967). 3/ On peut donc affirmer que la politique d'implantations nouvelles a maintenu le pourcentage des dépôts des agences, malgré les à-coups des événements, à plus de 50% des dépôts de Paris (en moyenne 54%), ce qui représente, en fait, un peu plus de 1/3 de l'ensemble des dépôts (clientèle) de la Banque. Nous donnons, ci-après, un aperçu de cette évolution de 1955 à 1967 (non compris) avec le pourcentage des dépôts agences sur siège social. Comparaison des dépôts (clientèle) des agences et banques filiales avec les dépôts (clientèle) du siège à Paris (du retour de M. Dubost à la fusion - valeur 1/1/1967) Dépôts clientèle (en millions de francs) Anciens francs Nouveaux francs Chiffres CCB au 31 décembre 1955 1956 1957 1958 1959 1960 Paris 17.798 20.565 29.410 22.965 30.137 293.1 Marseille Lyon Lille Total provisoire 3.442 - - 3.442 4.076 - - 4.076 3.712 - - 3.712 3.768 - - 3.768 5.507 1.222 - 6.729 81.1 25.7 - 106.8 Alger Casablanca Total Afrique du Nord 3.079 4.113 7.192 3.162 2.182 5.344 5.739 3.352 9.091 5.568 3.533 9.101 6.981 3.402 10.383 31.6 70.9 102.5 Total agences et banques filiales 10.634 9.420 12.803 12.869 17.112 209.3 Total général 28.432 29.985 42.213 35.834 47.249 502.4 Pourcentage agence//Paris 59% 46% 44% 56% 56% 70% Dépôts clientèle (en millions de francs) Nouveaux francs Chiffres CCB au 31 décembre 1961 1962 1963 1964 1965 1966 Paris 348.0 400.9 380.2 362.2 420.9 428.3 Marseille Lyon Lille Total provisoire 78.7 26.9 - 105.6 77.9 37.6 5.7 121.2 60.7 39.7 8.3 108.7 67.0 43.3 9.3 119.6 52.5 34.8 16.1 103.4 57.4 49.9 26.4 133.7 Alger Casablanca Total Afrique du Nord 43.4 51.1 94.5 - 57.5 57.5 - 82.2 82.2 - 111.4 111.4 - 104.8 104.8 - 143.3 143.3 Total agences et banques filiales 200.1 178.7 190.9 231.0 208.2 277.0 Total général 548.1 579.6 571.1 593.2 629.1 705.3 Pourcentage agence//Paris 57% 44% 50% 63% 49% 64% Il est également très significatif de comparer le total des dépôts de la clientèle (en France) de l'ensemble de nos agences province avec ceux du siège de Paris, ceci de 1955 à 1976. De cette comparaison il ressort qu'en 1955 les dépôts de province représentaient 19% des dépôts parisiens et qu'en 1976 le pourcentage en question est passé à 41%, soit plus du double. Cette progression est due à la politique consistant à augmenter le nombre de nos agences afin de toucher progressivement toutes les métropoles régionales. En appliquant aux 3.442 M d'anciens francs de dépôts récoltés en province en 1955, le coefficient de transformation en francs actuels (l976), on obtient un total de 111,1 M de francs 1976 alors que le total des dépôts récoltés en province en 1976 est de 1.446 M, soit 13 fois plus, ce qui montre bien l'intérêt que représente le renforcement de notre présence en province. Ci-joint, le tableau reproduisant les chiffres et les pourcentages en question. Dépôts de la clientèle des agences de province et du siège à Paris (en millions de francs) Chiffres CCB Ensemble des agences province Total agences Paris Agences/Paris 1955 Marseille 3.442 (AF) 17.798 (AF) 19% 1956 4.076 (AF) 20.565 (AF) 20% 1957 3.712 (AF) 29.410 (AF) 13% 1958 3.768 (AF) 22.965 (AF) 16% 1959 + Lyon 6.729 (AF) 30.137 (AF) 22% 1960 106,8 (NF) 293,1 (NF) 36% 1961 105,6 348,0 30% 1962 + Lille 121,2 400,9 30% 1963 108,7 380,2 29% 1964 119,6 362,2 33% 1965 103,4 420,9 24% 1966 133,7 428,3 31% 1967 + Le Havre, Montpellier, Nice, Toulouse (après fusion) 189,4 868,4 21% 1968 201,6 943,- 21% 1969 260,3 867,9 30% 1970 + Ajaccio, Bastia, Grenoble 363,1 1.279,1 28% 1971 + Nantes, Rouen, St-Etienne 497,6 1.712,7 29% 1972 + Bordeaux, Roubaix 638,9 2.041 31% 1973 762,6 2.254,4 33% 1974 942,7 2.584,5 36% 1975 1.155,4 3.187,4 36% 1976 + Orléans, Tourcoing 1.446,- 3.478,8 41% Ressources de la Banque (en milliers de francs - 1955-1967) Découverts (en milliers de francs - 1955-1967)   [1] Opérations instituées par lettre du 24/4/1950 n°7.109 (Cex) du Crédit national

1978.04.10.De Francis Ley - Banque Worms.Historique de la Banque Worms (1928-1978)

NB : Note de synthèse des renseignements collectés en préparation à la rédaction du livre intitulé Cent Ans, boulevard Haussmann. La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée. Introduction Nombreux sont aujourd'hui encore les collaborateurs des divers départements de Worms et Cie qui se souviennent d'avoir participé en 1948 à la célébration du centième anniversaire de la fondation de la Maison. Un "Livre du Centenaire" (1848-1948) a fort bien retracé alors l'histoire de la progression et de la consolidation d'une entreprise qui était devenue, à la veille de la grande guerre de 1914-1918, la première affaire en France d'importation et de commerce de charbons étrangers, et l'une des importantes sociétés d'armement maritime de notre pays. Au moment de fêter le 50ème anniversaire de la création des "Services bancaires de MM. Worms et Cie", actuellement la "Banque Worms", il nous semble intéressant de rappeler les étapes qui ont marqué depuis 1914 l'expansion continue, et à une bien plus grande échelle qu'auparavant, de notre Maison. Cette évolution, de plus en plus accélérée, porte l'empreinte de chefs de Maison non seulement aptes à s'adapter à leur temps, mais aussi capables de la prévoir. D'autre part, elle est ponctuée par des événements planétaires marquants, telles les deux guerres mondiales et les diverses crises économiques qui ont tantôt stimulé, tantôt menacé le développement de la Maison Worms. Ces données rendent donc son histoire particulièrement attachante. La création d'un troisième département de MM. Worms et Cie, celui de la construction navale, est la conséquence tant de la guerre de 1914-18, que de la volonté de M. Hypolite Worms (1889-1962) d'entreprendre une oeuvre pressante d'intérêt national. M. Hypolite Worms, entré en 1910 dans la Maison fondée par son grand-père, en devenait associé-gérant le 1er janvier 1916, au moment où M. Henri Goudchaux, qui avait tant participé jusque là au développement de la société, se voyait obligé de se retirer étant gravement malade. A partir de cette date, M. Hypolite Worms fut le véritable chef de Maison. Or, dès 1913, il avait eu, en raison de sa qualité d'armateur, des contacts avec M. Anatole de Monzie, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande. En 1916, la guerre sous-marine menée par les forces navales allemandes se révéla particulièrement néfaste et meurtrière pour la marine de commerce française. M. Anatole de Monzie, qui occupait toujours le même poste au gouvernement, lança alors un appel à trois groupes industriels et financiers (Schneider, Paribas et Worms) en vue de promouvoir de nouveaux chantiers de construction navale, destinés à assurer le plus tôt possible la reconstitution de notre flotte. Sur le champ, M. Hypolite Worms répondit favorablement à cet appel et c'est ainsi que la Maison entreprit l'achat, dès le début de décembre 1916, des six premiers terrains du domaine industriel qui allait être créé sur la petite commune du Trait (Seine maritime), entre Rouen et Le Havre. Le choix du site avait été déterminé en fonction des possibilités qu'offrait le voisinage de l'Angleterre en approvisionnements dont l'économie de guerre de la France avait besoin, alors qu'une partie des territoires les plus industrialisés de celle-ci se trouvait occupée par l'envahisseur. Pour mener à bien cette importante oeuvre qu'était l'édification d'un chantier naval, M. Hypolite Worms fit appel à M. Georges Majoux, ancien directeur des Services maritimes de la Maison, devenu son associé. Vingt cinq hectares de terrains furent ainsi rassemblés, sur lesquels des ateliers de 36.000 m2 furent construits, plus huit cales et une cité ouvrière, "cité-jardin" modèle à l'époque. En 1919, les bâtiments étaient terminés et le travail pouvait commencer, en particulier dans les ateliers de tôlerie. La première quille fut posée dans la cale n°3, le 6 mai 1920 et le premier lancement de navire eut lieu le 29 novembre 1921. Il s'agissait d'un cargo charbonnier de 4.700 tonnes, le "Capitaine Bonelli" au baptême duquel assista M. Rio, nouveau sous-secrétaire d'État à la Marine marchande. Deux autres navires charbonniers allaient suivre : le "Chef Mécanicien Ad. Blanc" lancé le 25 février 1922 et le "Capitaine Le Diabat" mis à flot le 10 mai de la même année. Quand, en juin 1925, M. Georges Majoux prit sa retraite, 24 unités de divers types avaient déjà été lancées et le village du Trait, de 380 habitants à l'origine, était devenu une "cité-jardin" ouvrière de près de 4.000 personnes. Après le départ de M. Georges Majoux, la Maison ne comptait plus que deux associés-gérants : M. Hypolite Worms et M. Michel Goudchaux. M. Hypolite Worms pensa alors qu'il serait bon de renforcer le nombre des responsables de la Société. Dès la fin de 1925, il s'ouvrit à l'un de ses amis, M. René Thion de La Chaume, président de la Banque de l'Indochine, de son désir d'adjoindre à la direction de sa Maison une personnalité de valeur. C'était l'époque où les trésoreries des affaires industrielles et commerciales étaient à l'aise et M. Worms en tant que négociant, armateur et constructeur de navires s'en rendait bien compte. Aussi fut-il attiré par le choix éventuel d'un financier pour le poste en question. De concert avec M. Thion de La Chaume il fit pressentir certains inspecteurs des finances pour savoir s'il y en avait parmi eux qui désiraient "pantoufler". Dans le courant de février 1926, M. Thion de La Chaume, qui avait également des problèmes de direction à résoudre, eut recours à M. Paul Baudouin pour les fonctions d'inspecteur général et à partir de 1931 de directeur général de la Banque de l'Indochine. Pour sa part, M. Hypolite Worms prit à ses côtés, en mai 1927, comme directeur général de la Maison, M. Jacques Barnaud, ancien directeur des services techniques du cabinet du ministre des Finances, M. Loucheur (1925) et directeur adjoint du mouvement général des fonds (1926). L'esprit créateur et d'entreprise, qui était le partage de Messieurs Worms et Barnaud, allait présider à leur entente et à leur étroite collaboration ; dès le début de janvier 1930, M. Jacques Barnaud était désigné comme associé-gérant de la Maison. Mais entre-temps déjà, d'importantes décisions avaient été prises qui allaient donner par la suite à MM. Worms et Cie de nouvelles dimensions : la création des "Services bancaires" en 1928 ; le sauvetage puis la prise de contrôle de la "Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur" en 1929-1933. Première partie Création et débuts des "Services bancaires" Worms et Cie de 1928 à 1939 Après un "tour de Maison" qui le conduisit aux Ateliers et Chantiers du Trait, puis aux agences implantées en Angleterre et en Égypte, M. Jacques Barnaud vint occuper effectivement à Paris, au printemps de 1928, son poste de directeur général. A l'époque MM. Worms et Cie comptaient trois départements qui se répartissaient la triple activité de la Maison. Les "Services charbonniers", dirigés par M. Louis Vignet, lui-même secondé par M. Maurice Ragot et par la suite par M. Michel Leroy, importaient du combustible anglais, des fournitures de soute et des agglomérés de houille en provenance principalement du Pays de Galles. Depuis la grande guerre ils s'approvisionnaient également auprès des bassins houillers de la Ruhr et de Pologne où deux agences avaient été ouvertes. Leur activité demeurait l'une des plus importantes de la profession en France. Les "Services maritimes", sous la vigoureuse direction du commandant Delteil exploitaient les lignes de cabotage national le long des côtes de l'Atlantique, de la Manche et de la mer du Nord. En plus de celles qui desservaient l'Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas, ils avaient ouvert de nouvelles lignes de cabotage international vers l'Allemagne (Hambourg) et la Baltique orientale (Dantzig, la Lettonie et Leningrad). Leur flotte, détenue en toute propriété, était constituée de 23 steamers dont la majeure partie portait le nom d'un grand cru bordelais en souvenir des premières lignes partant de Bordeaux vers le nord et même vers l'Espagne. L'ensemble de la Maison possédait alors vingt agences en France (dont une à Alger), quatre agences en Angleterre, trois en Égypte, deux en Allemagne ainsi qu'en Pologne, une en Espagne, en Belgique, en Hollande en Russie et en Tchécoslovaquie. La construction navale des "Ateliers et Chantiers du Trait", après la retraite de M. Georges Majoux, était dirigée par M. Henri Nitot avec une compétence incontestée. Plus de quarante navires de toute nature avaient été lancés (charbonniers, cargos, cargos-mixtes, chalutiers, remorqueurs etc.) et le beau pétrolier "Orkanger", de 12.000 tonnes, destiné à l'armement norvégien Westfal-Larsen allait être mis à flot le 20 mai 1928. L'ensemble des trésoreries des trois départements de la Maison Worms représentait une masse relativement importante dont la gestion pouvait devenir plus rentable. M. Hypolite Worms avait été frappé, lors de son séjour auprès des agences de la Maison situées en Angleterre, par la nature variée des services que les "merchant-bankers" étaient à même de rendre à leur clientèle. Toutes ces "merchants-banks" avaient commencé par être de simples maisons de commerce qui, en grandissant, avaient accepté des traites tirées sur elles en règlement de leurs transactions commerciales. Ces acceptations avaient peu à peu été données en faveur de tiers et s'étaient étendues au commerce international. C'est ainsi que de telles maisons, en grandissant, étaient devenues des "merchant-banks". D'autre part M. Hypolite Worms avait été sensibilisé par la montée de la concurrence que le mazout commençait à faire au charbon. Il pensa qu'à une échéance plus ou moins brève, il fallait créer un nouveau département de la Maison pour compenser la diminution inévitable de l'activité charbonnière. Aussi, avec le concours de M. Jacques Barnaud, décida-t-il de fonder les "Services bancaires" de MM. Worms et Cie. Le franc venait d'être "stabilisé" par Poincarré le 25 juin 1928 ; la réévaluation de l'encaisse or de la Banque de France permettait d'effacer les avances faites à l'État et, semblable aux deux précédentes années, 1928 se présentait encore comme une période euphorique pour les banques qui voyaient affluer les dépôts à leurs caisses. Avec l'accord de M. Worms, M. Barnaud demanda à M. Henri Ardant, alors secrétaire général de la "Société générale ", de lui déléguer un cadre capable de mettre en marche le département bancaire projeté. C'est ainsi qu'entra dans la Maison, le 4 juillet 1928, M. Ferdinand Vial, inspecteur de la "Société générale" (et ancien directeur d'une de ses agences), avec le titre de "chef des Services bancaires" de MM. Worms et Cie. Mais ce qui donne date certaine à cette création, c'est la modification apportée à l'inscription au registre du commerce de la Seine, en date du 11 juillet 1928, qui stipule : "ajouter à l'objet social : opérations de banque et de change" - mention précédemment omise. Simultanément, cette modification entérinait la nomination de M. Jacques Barnaud comme directeur général de la Maison Worms. Dès le 1er janvier 1929, M. Barnaud faisait appel à M. Erwyn Marin, cadre au ministère des Finances, qu'il avait connu et apprécié rue de Rivoli, et au début de juillet de la même année à M. Gabriel Le Roy Ladurie, directeur à Katowice de la Banque franco-polonaise, filiale de Paribas, dont il connaissait l'activité exemplaire. Les premières opérations traitées par les nouveaux services bancaires furent principalement des opérations par signature (acceptations de banque) dans l'esprit des "merchant-banks". Une partie de la clientèle habituelle des autres départements de la Maison devint petit à petit cliente du département bancaire. Les liens de famille et les bonnes relations des associés et de la direction, permirent aussi de s'attacher un certain nombre d'affaires dans diverses branches de l'industrie. Les Fauchier-Delavigne favorisèrent l'établissement de relations dans le domaine du papier, les Lebel, dans le secteur de l'alimentation, les Leroy, dans celui des transports et des constructions métalliques, pour ne citer que ces trois exemples. Les opérations par signature amenèrent l'escompte du papier commercial qui à son tour renforça rapidement les dépôts. Ces dépôts permirent de nouvelles opérations ; l'activité de la banque commerciale se trouvait donc bien amorcée. Mais bientôt, les Services bancaires s'intéressèrent aux opérations financières et aux prises de participations, orientant ainsi leur activité vers celle d'une banque d'affaires. A la fin de 1929, la Compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur se trouvait en difficultés. La reconstitution de sa flotte après la grande guerre pesait lourdement sur sa trésorerie et la grave crise qui se mit à sévir sur les produits coloniaux obligea la compagnie à rechercher une aide extérieure. M. Hypolite Worms fut pressenti car ses Services maritimes au canal de Suez et son département de construction navale au Trait, comptaient la compagnie parmi leur clientèle. Après une sérieuse étude, M. Worms, en tant qu'armateur estima que cette société méritait d'être sauvée. Il constitua le 26 mai 1930, avec le concours du Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, le Comptoir national d'escompte de Paris, Schneider et Cie, la Compagnie générale des colonies et d'autres, une Société d'exploitation de la compagnie havraise péninsulaire de navigation à vapeur au capital de 5 millions de francs. M. Worms en assuma la vice-présidence et demanda, en outre, à M. Barnaud, et au commandant Denis, le vigoureux secrétaire général de la Maison, de représenter MM. Worms et Cie au conseil. La grande crise mondiale qui commençait alors, en particulier dans le domaine maritime, empêcha la Société d'exploitation d'effectuer le redressement espéré et la compagnie fut mise en liquidation amiable. Par acte du 29 décembre 1933, le liquidateur fit apport de l'ensemble de l'actif de la compagnie à la Société d'exploitation, à charge pour elle d'en payer tout le passif. Après règlement de cette transaction, l'assemblée générale extraordinaire du 20 mars 1934, décida de transformer la Société d'exploitation en Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation dont la présidence revint à M. Hypolite Worms, présidence qu'il conservera jusqu'à sa mort en 1962. Ainsi, par le biais d'une opération courageuse de sauvetage, la Maison Worms doublait l'activité de cabotage de ses Services maritimes par l'exploitation d'une compagnie de navigation de longs courriers. Cette dernière possédait en effet des lignes qui desservaient le Golfe persique, l'océan Indien et Madagascar. Mais il fallut encore à M. Hypolite Worms, à la nouvelle compagnie et à M. Anatole Bucquet, son directeur général, beaucoup de ténacité et un effort soutenu pour faire traverser à la société la crise des frets qui continuait à sévir et ce ne fut qu'en 1937 que ses résultats redevinrent bénéfiques. Le risque avait été grand, mais le pari fut finalement gagné. La Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation allait devenir l'un des beaux fleurons du Groupe Worms. Bien d'autres opérations de banque d'affaires eurent lieu entre 1928 et 1939. Nous ne rappellerons ici que les plus significatives. De 1925 à 1929, M. Hypolite Worms avait déjà siégé au conseil d'administration de la Société française d'entreprises de dragages et de travaux publics "SFEDTP" qui faisait alors partie du groupe Homberg. Après le krach de ce dernier durant la grande crise, Lazard Frères, Worms et Cie et la Banque de l'Indochine, sauvèrent la SFEDTP et en décembre 1931, M. Worms reprenait sa place au conseil et la garda sa vie durant. Dans le courant du deuxième semestre de 1930, MM. Worms et Cie prirent une participation dans la Société lyonnaise des eaux et de l'éclairage. A l'assemblée générale du 24 juin 1931, M. Barnaud était désigné comme administrateur, poste qu'il occupa jusqu'en 1940. MM. Worms et Cie détenaient des intérêts dans le groupe d'Air Union. A la suite de la loi du 11 décembre 1932 qui établissait le statut de l'aviation marchande, un accord intervint entre les diverses compagnies aériennes et le gouvernement. Cet accord déboucha, à la fin du mois d'août 1933, sur la constitution définitive de la société Air France. M. Jacques Barnaud fit dès lors partie du nouveau conseil d'administration et y représenta les intérêts de la Maison. En février 1931, les Services bancaires avaient délégué M. Erwyn Marin auprès des Établissements Marret-Bonnin, Lebel et Guieu dont la marche donnait des inquiétudes.Cette affaire exploitait un fond de fondeur d'or et de métaux précieux ainsi qu'un département bancaire et subissait de plein fouet les conséquences de la crise diamantaire et boursière. Elle finit par conclure, le 22 novembre 1932, un accord avec ses banquiers dont MM. Worms faisaient partie. Ceux-ci firent nommer M. Erwyn Marin administrateur-délégué des Établissements Marret-Bonnin, Lebel et Guieu et confièrent à M. Jacques Barnaud, la responsabilité de la réorganisation et de la gestion de cette société. En 1938, le redressement était réalisé et en 1942, M. Erwyn Marin prenait la présidence du conseil d'administration de cet établissement. Indiquons ici dès maintenant et par anticipation, que par acte du 28 juin 1948, les deux départements firent l'objet d'une cession : les métaux précieux furent repris par le Comptoir Lyon-Alemand et le département banque donna naissance à la Société de financement, participation et gestion. MM. Worms et Cie en trouvant la solution, avaient présidé à la bonne fin de ces diverses opérations. Le déplacement qui s'avéra définitif de M. Erwyn Marin, aux Établissements Marret-Bonnin, Lebel et Guieu, nécessita la reconstitution des cadres de direction des Services bancaires de Worms et Cie. Aussi la Maison fit-elle appel, dès octobre 1932, à M. Raymond Meynial, jeune inspecteur de la Société générale, plein d'allant et de possibilités, qui fut promu le 1er janvier 1933 fondé de pouvoirs des Services bancaires. Ce département prenant de plus en plus d'extension, la Maison s'attacha, en juillet 1934, la collaboration comme fondé de pouvoirs de M. Lucien Guérin qui exerçait jusque là les mêmes fonctions à la Banque de Suède et de Paris et qui était très au fait du courant d'affaires avec les pays nordiques et Scandinaves. Ainsi, progressivement, les Services bancaires nouèrent-ils des relations privilégiées avec le nord de l'Europe. A la fin de 1934, un groupe de banques à la tête duquel se trouvaient la Banque de l'Indochine, Worms et Cie et le Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie, procéda à la réorganisation financière de la Société d'entreprises de grands travaux hydrauliques "EGTH". En novembre 1936, M. Paul Baudouin, directeur général de la Banque de l'Indochine, assuma la présidence de cette société et MM. Worms et Cie furent représentés au conseil par Messieurs Rigal, Rialan et Lauret. Ce dernier devenait à son tour président en 1939. En anticipant, indiquons encore que durant la Deuxième Guerre mondiale, la Banque de l'Indochine s'assura de la majorité au conseil et présida dès lors aux destinées de la société EGTH, mais toujours avec l'aide de Worms et Cie. A l'occasion de l'augmentation de capital de 12 à 14 millions, selon décision du conseil d'administration du 25 octobre 1934, l'Entreprise Albert Cochery fut l'objet d'une prise de participation de la part de MM. Worms et Cie qui obtinrent en conséquence un siège au conseil. Ce siège allait être occupé quelque temps après par M. Guy Brocard auquel les Services bancaires avaient fait appel en janvier 1937. Il entrait dans la Maison en qualité de fondé de pouvoirs après avoir été inspecteur du Crédit foncier d'Algérie et de Tunisie et de la Société générale alsacienne de banque. Aussi lui apportait-il déjà une solide expérience. Un changement allait s'opérer, fin juin 1936, à la tête des Services bancaires. M. Ferdinand Vial quittait le département pour d'autres fonctions dans le Groupe Worms. M. Gabriel Le Roy Ladurie, dont l'activité incessante, la haute compétence, les ressources étendues en contacts humains et une qualité réelle de meneur d'hommes avaient été unanimement reconnues, se trouvait nommé directeur des Services bancaires, poste de direction qu'il assuma pleinement et dans toute l'acception du terme. M. Hypolite Worms, très attentif au problème de ravitaillement en produits pétroliers, créait le 28 janvier 1936, avec le concours d'un groupe anglais ami, MM. Johns I. Jacobs, la Société de courtage et d'affrètement pétrolier "Socap" SA, dont M. Jean Nelson-Pautier fut le directeur général. Celle-ci avait pour objet l'importation, le transit et le commerce des huiles minérales de pétrole et dérivés, l'affrètement de navires citernes et le transport en général de tout produit pétrolier. M. Nelson-Pautier, formé par la société de courtage pétrolier anglaise Davies and Newman, mena l'affaire avec beaucoup d'intelligence, d'esprit de conciliation et de tact, de telle façon qu'elle était devenue de très loin, en 1939, la première société de courtage d'affrètement pétrolier en France. M. Raymond Meynial l'aida dans sa tâche en représentant la Maison au conseil d'administration de la Socap. Malheureusement la guerre et l'occupation obligèrent la société à se dissoudre en octobre 1940 en raison de la participation anglaise. Mais l'affaire allait renaître en février 1941, sous forme de la Socomet (Société de courtage maritime et d'Étude) et nous la retrouverons à ce moment là. De son côté M. Pierre Poulain fondait le 26 février 1936 la Société des transports maritimes pétroliers "SMTP". Elle avait pour objet "toutes opérations de toutes natures relatives à l'industrie et au commerce de la navigation" et plus particulièrement des pétroliers. Jusqu'à la deuxième guerre mondiale, elle n'arma qu'un seul pétrolier, le "Brumaire" de 11.840 tonnes, acheté aux Chantiers et Ateliers de Saint-Nazaire-Penhoet, pour la somme de 5.000.000 de francs. Mais le financement de cet achat restait à parfaire. M. Raymond Meynial, qui siégea à partir du 10 mai 1948 au conseil d'administration de la STMP, a retracé lui-même dans des termes saisissants, les événements de cette période : « La STMP a été créée en 1936, alors que le marché des frets était très bas. Je me souviens fort bien que Pierre Poulain est venu nous trouver, Hypolite Worms et moi-même, pour demander des avances destinées à achever un navire pétrolier, le "Brumaire" de 11.000 TDW. Bien que nous ne connaissions pas à l'époque Pierre Poulain, il nous a convaincus et nous fûmes d'accord pour lui consentir un crédit. Par la suite nous avons appris à le connaître et je pense donner (...) la meilleure preuve de son intelligence et de son adresse en disant que, depuis sa création, aucun actionnaire n'a eu à faire d'apport en argent frais pour que l'affaire soit arrivée à ce qu'elle représente aujourd'hui (en 1971) c'est-à-dire, une fois les dernières commandes livrées, plus de 700.000 TDW. » C'est ainsi que MM. Worms et Cie avaient été amenés à aider au démarrage de la SMTP d'abord, puis à concrétiser des liens avec elle. En 1938, la situation politique et militaire de l'Europe allait inciter M. Hypolite Worms à être le promoteur d'une importante société de transports pétroliers. Devant le réarmement intensif de l'Allemagne, certaines personnalités des milieux gouvernementaux et des affaires s'inquiétèrent de la faiblesse des moyens en ravitaillement pétrolier dont disposait la France en cas de guerre. M. Paul Bénazet, député et ancien sous-secrétaire d'État, qui avait été haut commissaire à la guerre en 1925 et 1926, s'occupait à la fin de 1937 d'un projet de loi sur "l'organisation de la nation en temps de guerre". Il était l'ami de M. Gabriel Le Roy Ladurie et lui avait demandé de faire examiner par les services qualifiés de la Maison Worms le problème que posait la mise à disposition de notre pays de nouvelles unités pétrolières. L'étude de ce problème fut confiée à M. Nelson-Pautier, directeur général de la Socap (Société de courtage et d'affrètement pétroliers), créée à l'instigation de M. Worms au début de 1936. M. Hypolite Worms et M. Jacques Barnaud, déjà sensibilisés sur cette question, furent très intéressés par les possibilités qu'offrirait un accord du secteur privé avec les pouvoirs publics, afin d'aboutir rapidement à des solutions concrètes. L'État ne pouvait, en effet, se permettre de se porter lui-même acquéreur d'une flotte pétrolière importante sans attirer l'attention de l'étranger. D'autre part, il ne disposait pas immédiatement des crédits nécessaires. Il fallait donc que l'opération se fasse sous couvert d'une affaire à caractère privé prédominent. Au mois de mars 1938, dix jours seulement après l'envahissement de l'Autriche et l'"Anschluss", M. Le Roy Ladurie fut chargé de fournir aux autorités intéressées un projet de société d'économie mixte destinée à procurer à la nation le nombre de tankers supplémentaires indispensables pour faire face à la gravité de la situation. Le 29 mars 1938, M. Barnaud, au nom de MM. Worms et Cie, soumettait le projet demandé au ministre des Travaux publics, qui était alors M. Jules Moch, son ancien camarade à l'École polytechnique. Parallèlement, le gouvernement prit une série de mesures tendant à renforcer la Défense nationale et en particulier le ravitaillement en carburants (décret du 2 mai 1938). Le décret du 14 juin sur la modification du régime des subventions aux navires citernes pétroliers et le décret du 17 juin 1938 "relatif à l'exécution du plan national de ravitaillement en carburants" ouvrirent la voie à la négociation directe de l'État avec la Maison Worms. Le 22 juillet, MM. Worms remettaient au gouvernement le projet définitif de la constitution d'une société d'économie mixte, dont l'objet était l'acquisition du tonnage jugé nécessaire en nouveaux pétroliers et le 23 juillet 1938, le gouvernement, par lettre de mission spéciale, signée par M. Édouard Daladier, président du conseil et ministre de la Défense nationale, M. Paul marchandeau, ministre des Finances et M. O. Frossard, ministre des Travaux publics, donnait mandat irrévocable à MM. Worms et Cie dans les limites d'une durée de deux mois : - d'acquérir à l'étranger une flotte de navires pétroliers très récents d'un tonnage de port en lourd minimum de 70.000 Tonnes, tonnage pouvant être porté à 100.000 tonnes ; - de créer une société dont l'État détiendrait 30% du capital et le secteur privé 70% ; - de constituer ce groupe privé avec des sociétés exclusivement françaises et de tout premier ordre ; - en contre-partie l'Office national des combustibles était autorisé à apporter son concours financier, sous forme de prêts ou de garantie de prêts, au financement des investissements en tankers de la société. Un aussi bref délai et la nature secrète de l'opération donnèrent à cette dernière un caractère impératif d'urgence et de discrétion absolue. Toute la direction de MM. Worms et Cie se mobilisa pour participer à la réussite de cette mission extraordinaire. Elle déploya une activité aussi discrète qu'efficace. M. Barnaud, M. Meynial, M. Brocard firent plusieurs déplacements, tant en Scandinavie qu'en Hollande et en Angleterre, dans le but d'acquérir le plus tôt possible les navires pétroliers indispensables. Ainsi furent achetés, dans un premier temps, cinq pétroliers étrangers dont les noms furent francisés, à savoir, le 5 août 1938 le "Lorraine" et le "Languedoc", à l'armement norvégien Mosvald ; le 12 août le "Champagne" à la société norvégienne Thorvald Berg ; le 17 août le "Bourgogne" à Leif Hoegh and Co (Norvège) et le 10 septembre le "Roussillon" à Th. Brovig (Norvège). Cet ensemble constituait une flotte d'environ 76.000 TDW, ce qui correspondait amplement aux chiffres stipulés par la lettre de mission. Entre temps, M. Worms et M. Barnaud avaient réuni le groupe d'entreprises privées qui devait détenir 70% du capital de la société à créer. Il s'agissait de MM. Worms et Cie, MM. Desmarais Frères, la Compagnie auxiliaire de navigation, la Compagnie navale des pétroles, Saint-Gobain-Chauny et Cirey et MM. Louis Dreyfus et Cie. Le 19 septembre 1938, l'assemblée générale constitutive de la nouvelle société se réunissait pour élire son conseil d'administration à la tête duquel fut porté M. Hypolite Worms. Elle prit le nom de Société française de transports pétroliers "SFTP" et son capital était fixé à 30 millions de francs. Le financement des investissements fut complété par un emprunt obligataire de 200 millions de francs, émis en janvier 1939, et par des crédits à long terme. Se fondant sur les marges du tonnage indiqué dans la lettre de mission, la SFTP, en un deuxième temps, se porta acquéreur de trois nouveaux pétroliers : "Le Franche-Comté" acheté le 29 décembre 1938 à l'armement hollandais Van Ommeren, le "Saintonge" acquis auprès de la société danoise AP Möller le 7 mars 1939 et le "Touraine" de la Stavanger Tank Rederei (Norvège) le 25 mars. A cette date le total du tonnage atteint par la SFTP s'élevait à 115.000 TDW environ, réalisant ainsi et au-delà les objectifs fixés par l'État. Dans le livre "Le Pétrole dans la Paix et dans la Guerre" que le président Edgar Faure faisait paraître en 1939, avec une préface de M. Anatole de Monzie, il est indiqué (p. 168) que le tonnage de la flotte pétrolière française en 1938 était (avant l'intervention de la SFTP) de 241.000 TDW. Les 115.000 tonnes de port en lourd réunies par la SFTP d'août-septembre 1938 à mars 1939, représentaient donc une augmentation du tonnage pétrolier national de près de 50%. Ce fut là incontestablement une belle et utile réalisation. L'État sut manifester sa satisfaction devant cette réussite en déléguant M. Anatole de Monzie, alors ministre des Travaux publics, à la réception au Havre des deux premiers pétroliers acquis par la SFTP qui eut lieu le 26 septembre 1938. Messieurs de Monzie et Worms échangèrent à cette occasion des discours vibrants dans lesquels on perçoit leur mutuelle estime et leur amitié. C'est en mai 1938 que M. Robert Labbé fit son entrée dans la Maison Worms et Cie, comme fondé de pouvoirs à signature unique. Il venait de quitter la rue de Rivoli où il avait été jusque là inspecteur des finances depuis sa promotion en 1931. Il allait devenir associé en 1940 et associé-gérant en 1944, et jouera dès lors un rôle important dans le domaine de l'armement maritime de la Maison. Dans le courant de la même année 1938, la compagnie d'assurances contre les accidents "La Préservatrice", se trouva en mauvaise posture. Sur les instances du gouvernement, certaines compagnies d'assurances et des sociétés financières furent invitées à soutenir "La Préservatrice" dont la réorganisation incomba au mois de novembre à MM. Worms et Cie. En avril 1939, une nouvelle direction fut mise en place et dès le mois d'août de la même année, le conseil désigna comme administrateur-délégué M. Robert Cousin qui peu après accéda à la présidence. Le rétablissement de la société s'effectua progressivement et M. Raymond Meynial vint en juin 1943 y contribuer vigoureusement en qualité d'administrateur. Épaulée par la Maison Worms, La Préservatrice allait prendre à l'avenir un nouvel essor. En 1939 également, MM. Worms et Cie apportèrent leur concours financier aux Établissements Japy Frères. Ils assurèrent la réorganisation de l'affaire et souscrivirent à la nouvelle augmentation de capital. Au mois d'octobre 1939, M. Jean Vinson, secrétaire général de "La Préservatrice", entrait au conseil de la société et M. Pierre Pucheu était nommé directeur général. Depuis lors la Maison Worms présida à toutes les opérations financières qui eurent lieu pour permettre aux Établissements Japy de poursuivre leur marche en avant. C'est aussi en 1939 que M. Hypolite Worms s'intéressa à la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest et vint prendre place au conseil d'administration de cette société d'armement maritime, de construction et de location de navires. En anticipant ici encore sur les événements, on peut dire qu'après la guerre, à l'occasion d'une nouvelle augmentation de capital, qui eut lieu en 1946, M. Worms demanda à M. Anatole Bucquet, directeur général de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation de le rejoindre au conseil de la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest. Juste avant la deuxième guerre mondiale, les Services bancaires de MM. Worms et Cie s'étaient créé, dans le monde, un solide réseau de correspondants étrangers, dont les principaux étaient alors : A Londres : - N. Samuel and C° Ltd - Westminsterbank - Hambros Bank Ltd - Lazard Brothers and C° Ltd A New York : - Brown Brothers Harrimann and C° - Guaranty Trust Cy of New York Durant la période 1928-1939, les autres départements de la Maison avaient également évolué favorablement. Les Services charbonniers avaient progressivement fait appel à d'autres bassins qu'à ceux du Pays de Galles. Comme ils avaient été chargés de recevoir et de transporter en France le charbon de la Ruhr livré au titre des réparations, une fois ces opérations finies, ils doublèrent leurs achats de charbon allemand entre 1929 et 1937. D'autre part, ils importaient, vers 1930, 15% de la houille polonaise introduite en France. Ils concurrencèrent, à partir de 1931, les célèbres anthracites gallois avec ceux de Hongay. En 1929, les charbons anglais représentaient encore 85% de leurs ventes. En 1937, ce pourcentage était tombé à 60%, les autres 40% étant fournis principalement par l'Allemagne, la Pologne et le Tonkin. Pour donner ici un ordre de grandeur, indiquons que le total des importations en combustibles solides se situait autour de 1.500.000 tonnes par an. Les Services maritimes, durant cette même période, avaient d'abord consolidé l'exploitation de leurs lignes régulières de navigation de cabotage national entre les ports français de la mer du Nord, de la Manche et de l'Atlantique, et de cabotage international avec l'Espagne, l'Angleterre, la Belgique, les Pays-Bas, l'Allemagne, la Pologne et les pays baltes. Mais il leur fallut bientôt lutter avec ténacité pour traverser la grande crise de 1930-1933. L'année 1930 fut cependant marquée par l'entrée en service, presque simultanément, de quatre nouveaux navires : "Château-Larose", "Château-Pavie", "Médoc" et "Pomerol" qui étaient une version bien modernisée des anciens caboteurs. Cet événement parut d'autant plus audacieux que l'armement mondial, comme l'armement français, subissait alors les méfaits de la crise généralisée des frets. A partir de 1936, les échanges commerciaux avec l'Allemagne, la Pologne et les pays baltes faiblirent en raison de la situation politique. Les importations de bois polonais et baltes furent soumises à contingentement. En compensation, les Services maritimes établirent alors une ligne Marseille-ports du nord qui leur permit de se familiariser avec les conditions d'exploitation spécifiques à la Méditerranée. L'ensemble de la flotte possédée en toute propriété était passé de 23 à 25 unités dès 1938. En voici la liste : "Château-Yquem", "Lussac" , "Jumièges", "Château-Larose", "Château-Pavie", "Château-Latour", "Château-Palmer", "Normanville", "Caudebec", "Margaux", Pontet-Canet", "Médoc", "Pomerol", "Le-Trait", "Barsac", "Cérons", "Léoville", "Sauternes", "Listrac", "Pessac", "Bidassoa", "Mérignac", "La-Mailleraye", "Fronsac", ayant tous leur port d'attache au Havre, plus un remorqueur dont le port d'attache était Alger. Pour donner un ordre de grandeur de leur activité, l'on peut indiquer qu'environ 600.000 tonnes de marchandises étaient transportées annuellement. Mais les Services maritimes n'avaient pas seulement limité leur objet social au transport maritime. Des activités annexes avaient pris une certaine ampleur comme la consignation, la manutention et le transit. En outre ils avaient obtenu, par arrêté du 6 décembre 1938, une licence de voyages pour leur agence d'Alger, licence qui après la guerre sera étendue au siège de Paris et à plusieurs agences de province. Enfin, la construction navale aux Ateliers et Chantiers du Trait avait connu une activité intense de 1928 à 1939, et une soixantaine de navires étaient ainsi sortis des cales. Parmi ceux-ci figurent les pétroliers "Mégara" et "Mirza", de 12.000 tdw, lancés respectivement le 29 décembre 1928 et le 20 octobre 1929 pour l'Anglo-Saxon Petroleum Company Ltd, et le seul navire de recherches océanographiques de la France, le "Président-Théodore-Tissier" mis à flot le 23 septembre 1933. Deux réussites méritent encore d'être citées : la construction au Trait de la chaudière et de la machine marine destinées au contre-torpilleur "Cassard" qui allait détenir, à l'époque, le record du monde de vitesse ; le lancement, le 12 octobre 1935, du pétrolier "Shéhérazade" pour la Compagnie auxiliaire de navigation, navire qui avec ses 166,2 m de long, 21,8 m de large, 18.800 tonnes de port en lourd était, au moment de sa mise à flot, le plus grand tanker du monde. L'oeuvre bien commencée par M. Georges Majoux avait été heureusement continuée et élargie par M. Henri Nitot. Malheureusement les événements internationaux allaient, moins d'un an après, bouleverser la destinée des peuples et avec elle leur équilibre économique et ethnique. Deuxième partie Les "Services bancaires" et MM. Worms et Cie Durant la guerre et l'occupation de la France (1939-1945) A la déclaration de la guerre, début septembre 1939, bien des membres de la direction de la Maison furent mobilisés et d'autres requis sur place pour assurer la bonne marche de l'entreprise. Au mois de novembre 1939, M. Hypolite Worms était invité à se rendre auprès de M. Anatole de Monzie, ministre des Transports, qui le reçut en compagnie de M. Rio, ministre de la Marine marchande. Les deux ministres demandèrent avec instance à M. Worms de faire partie du nouveau comité des transports maritimes alors en formation. Dans son livre "Ci-devant" (pp. 178-179), M. de Monzie a joliment décrit cette entrevue historique et ses résultats : « L'expérience des années 1914-1915 et 1916 nous rend attentifs à l'importance de ce comité des transports maritimes dont nous sommes chargés, Rio, ministre de la Marine marchande, et moi, de désigner les représentants. C'est ainsi que nous sommes amenés à choisir comme chef de la délégation française (devant résider à Londres en liaison avec les autorités anglaises) M. Hypolite Worms, armateur, l'un des trois ou quatre armateurs expérimentés que possède encore le haut personnel de notre flotte marchande. Je connais Hypolite Worms depuis vingt-deux ans, pour avoir éprouvé ses mérites quand j'étais, en 1917, sous-secrétaire d'État à la Marine marchande. Dans cet intervalle, il a perfectionné sa technique, accru son autorité, affermi son crédit en Angleterre où il a pris femme et gendre. Il hésite, discute : Rio et moi insistons. Ce 29 novembre (1939), il part avec l'ordre de mission suivant : "Monsieur Hypolite Worms est chargé d'une mission spéciale en Angleterre. Il est désigné comme chef de la délégation française à l'exécutif franco-anglais des Transports maritimes, et sera, dans ses fonctions, assisté de M. Cangardel, chef de la mission des transports maritimes à Londres. En cette qualité, il sera plus particulièrement chargé des négociations avec les représentants anglais et des arrangements qui devront être étudiés par l'exécutif des transports maritimes, conformément au programme qui lui sera transmis par MM. Daladier et Chamberlain. M. Hypolite Worms, assisté de M. Cangardel, sera chargé de représenter la France dans toutes les négociations interalliées relatives à l'achat et à l'affrètement des bateaux-neutres." » En fait M. Hypolite Worms venait d'être nommé président de la section française de la commission interalliée pour la Marine marchande. Le siège de la mission française était situé au 2, Dean Stanley Street à Londres et le chef de la Maison Worms y arriva donc le dernier jour de novembre 1939, accompagné de son cousin M. Robert Labbé et du directeur adjoint de ses Services bancaires, M. Raymond Meynial. Pour plus de commodité et à l'invitation du ministre britannique, M. Hypolite Worms alla ensuite s'installer dans les bureaux qui lui étaient réservés au Ministry of Shipping, Berkeley Square, juste au-dessus du ministre. Après la débâcle de nos armées et l'armistice, M. Hypolite Worms, usant de ses pleins pouvoirs, prit sur lui la responsabilité de transférer à l'Angleterre la libre disposition de notre flotte marchande réquisitionnée. Le transfert s'effectua selon des accords signés par lui à Londres, le 4 juillet 1940, que l'on nomma par la suite les "accords Worms". Sa mission terminée et malgré les risques réels que lui faisait courir la présence allemande en France, M. Hypolite Worms jugea qu'il ne pouvait abandonner sa Maison dans les circonstances du moment et pour une durée indéterminée. Il décida de revenir à Paris et dans le courant du mois de juillet, via le Portugal, l'Espagne et Vichy - où il rendit compte de sa mission à l'amiral Darlan - il regagna la capitale. Mais dès l'automne il eut à faire face à de graves difficultés. L'ordonnance française du 18 octobre 1940, en partie calquée sur la loi raciale allemande (ordonnance du 20 mai 1940), soumettait les entreprises dont les dirigeants n'étaient pas considérés comme de vrais aryens à un contrôle de l'État. Bien que M. Michel Goudchaux ait démissionné le jour même de son poste d'associé-gérant, et que M. Hypolite Worms, né de mère chrétienne, ait été lui-même baptisé dès sa naissance, la Maison Worms fut placée sous la surveillance d'un administrateur-provisoire français, M. Olivier de Sèze, inspecteur de la Banque de France, et sous le contrôle d'un commissaire administrateur allemand, M. Beines von Ziegesar, directeur de la succursale à Cottbus de la "Commerzial-bank". Ce dernier, considéré comme pas assez rigoureux allait être remplacé le 1er juillet 1941 par le Freiherr von Falkenhausen, docteur en droit et fonctionnaire relevant de la Deutsche Bank. Ainsi, pendant toute la durée de l'occupation allemande, en raison d'une mesure arbitraire, MM. Worms et Cie furent-ils le seul établissement bancaire français, en dehors de la Banque de France et des banques étrangères installées en France, qui ait eu à supporter le contrôle d'un commissaire allemand. Presque simultanément à cette contrainte qui vint s'abattre sur la Maison, M. Hypolite Worms se vit l'objet d'une furieuse et violente campagne de presse de la part des journaux passés au service de la propagande pro-allemande. L'"Oeuvre", "Au Pilori" et "Paris-Soir" (voir les numéros de ce dernier des 21, 22, 23 octobre et 3 novembre 1940), pour ne citer que ceux-là, se déchaînèrent contre le chef de la Maison. Dans "Paris-soir" on pouvait lire : « Comment peut-on tolérer, par exemple, que M. Hypolite Worms, qui fut, pendant la guerre 1939-1940, chef de la délégation française à Londres, puisse encore exercer une activité quelconque ? ». La situation de M. Worms était difficile, d'autant plus qu'il demeurait seul à la tête de la Maison, M. Goudchaux ayant démissionné et M. Barnaud ayant accepté des fonctions officielles. En effet, en décembre 1939, M. Paul Reynaud, ministre des Finances et M. Yves Bouthiller, secrétaire général du même ministère, demandèrent à M. Jacques Barnaud, en raison de sa qualité d'ancien directeur adjoint du mouvement général des fonds, de prendre en main le département des finances extérieures, en particulier des disponibilités en devises, du contrôle des achats à l'étranger et de leur règlement en devises. Au moment de l'exode, en juin 1940, le ministre de la Marine marchande fixa à MM. Worms et Cie la ville de Nantes comme base de repli. M. Jacques Barnaud s'y rendit avec une partie de la Maison, ceci en l'absence de M. Hypolite Worms qui se trouvait encore en mission à Londres. De là, M. Jacques Barnaud fut appelé à Bordeaux par M. Yves Bouthiller, devenu ministre des Finances, qui le nomma sur l'heure, aux questions économiques franco-allemandes, adjoint de M. Léon Noël, délégué général du gouvernement pour les régions occupées. Cette mission ne dura que jusqu'à la fin du mois de juillet 1940. Le 14 juillet, dans le nouveau ministère, M. René Belin était devenu ministre du Travail et de la Production Industrielle à Vichy. Il appela à lui M. Jacques Barnaud pour lui confier le poste de directeur de cabinet. C'est ainsi que l'un des associés d'Hypolite Worms, fut amené, à titre personnel, à accepter des fonctions officielles jusqu'à l'occupation totale de la France, en novembre 1942, époque où il démissionna après avoir mené pendant deux ans une lutte serrée pour retarder au maximum la mainmise de l'Allemagne sur l'industrie et la main-d'oeuvre françaises. M. Robert Aron a fort bien décrit ce combat d'arrière-garde dans son "Histoire de l'Épuration" (T. III (1), pages 118 à 131 et 149 à 153). Une partie des services de la Maison se trouvait donc installée provi-soirement à Nantes. Le département bancaire continuait à Paris, avec un effectif restreint, à poursuivre ses activités sous la conduite de M. Gabriel Le Roy Ladurie, directeur, et de M. Raymond Meynial, directeur adjoint. Les rapports avec le commissaire allemand incombaient essentiellement à M. Le Roy Ladurie qui maîtrisait parfaitement la langue allemande. La tâche était délicate car le commissaire voulait tout voir et tendait à rabattre vers les guichets bancaires de la Maison des opérations que celle-ci ne désirait nullement traiter. Afin de soustraire, dans la mesure du possible, la Maison Worms au contrôle exercé par l'autorité d'occupation et pour permettre également à la clientèle d'effectuer avec plus de liberté aussi bien des dépôts que des opérations de banque de toutes natures, M. Hypolite Worms et ses collaborateurs, M. Le Roy Ladurie et M. Raymond Meynial, décidèrent de créer une succursale des Services bancaires en zone libre. Dans cette perspective, la place de Lyon parut d'abord convenir, mais finalement c'est la ville de Marseille qui offrit, dans les circonstances du moment, l'accueil le plus favorable à l'implantation projetée. La nouvelle agence fut ouverte le 1er novembre 1940, hébergée par les Services maritimes et mise en route par M. Lucien Guérin qui se trouvait promu "délégué de la direction générale en zone libre". Pour desserrer encore un peu plus l'étreinte de l'occupation en zone nord, et la menace virtuelle qui pesait sur la zone sud, il fut décidé de fonder une deuxième agence des Services bancaires, cette fois de l'autre côté de la Méditerranée, à Alger. La direction avait fait appel, début 1941, à M. Robert Dubost qui avait acquis une solide formation à la Banque franco-chinoise à Lyon. Le 1er juin, bénéficiant encore de l'hospitalité des Services maritimes, la succursale d'Alger voyait le jour sous la direction de M. Lucien Guérin et de M. Robert Dubost. La nouvelle agence se développa rapidement mais se trouva coupée, lors du débarquement américain en novembre 1942, de tout contact avec la métropole. Réduite à ses propres forces, elle continua à grandir et à prospérer avec vigueur. Durant la guerre 1939-1944, c'est-à-dire pendant une période particulièrement difficile, MM. Worms et Cie et leurs Services bancaires continuèrent à réaliser des opérations financières et de participation. Leur activité sur le marché financier s'opéra le plus souvent de concert avec un groupe de banques. Seules les opérations les plus importantes seront évoquées ici. C'est à l'occasion de la transformation de SARL en société anonyme, par acte du 23 septembre 1940, de la Manufacture centrale des machines agricoles C. Puzenat et la création par celle-ci de parts bénéficiaires que Worms et Cie entra au conseil de cette société. Au début de 1941, la Maison créait la Société de courtage maritime et d'études (SARL) qui, en fait, reprenait la suite de la Société de courtage et d'affrètements pétroliers, dissoute obligatoirement à la fin de 1940, en raison de la présence d'intérêts anglais. En juin 1941, elle fut transformée en société anonyme et devint la Société de courtage maritime et d'études (Socomet) au conseil de laquelle siégea M. Raymond Meynial aux côtés de M. Jean Nelson-Pautier qui en assumait la présidence. MM. Worms et Cie s'intéressèrent en septembre 1941, aux Mines de Charrier et à la fin d'octobre ils préparèrent la cotation en bourse des actions des Établissements Japy Frères, ainsi qu'une augmentation de capital des Entreprises Albert Cochery. Les Services bancaires servirent aussi comme établissement réservataire de l'émission d'actions nouvelles des Entreprises de grands travaux hydrauliques et assurèrent l'introduction à la Bourse de Paris des titres de La Préservatrice, en décembre 1941. Au commencement de l'année 1942, la Société Worms et Cie assumait le service financier de l'augmentation de capital de dix millions de la Société générale des matières grasses et figurait parmi les membres du conseil d'administration, représentée par MM. Foulonneau et Pitavino. Cette affaire détenait plus de 30.000 titres des Établissements Fournier-Ferrier qui furent ainsi indirectement contrôlés par Worms. En juin 1942, les Services bancaires procédèrent aux opérations d'augmentation du capital de la Société des produits chimiques des terres rares et M. Raymond Meynial représenta Worms et Cie au conseil d'administration alors qu'à la même époque, M. Gabriel Le Roy Ladurie, à l'occasion également d'une élévation de capital, siégea au conseil de la Société française des sablières. Un nouvel emprunt obligataire de 200 millions fut décidé dans le courant de juin 1942 par la Société française de transports pétroliers et émis par les soins des services financiers de Worms et Cie. Une augmentation de capital de la Société des peintures Astral Celluco eut lieu en septembre de la même année, sous les auspices des Services bancaires de Worms. Au commencement de l'année 1943, la société Worms et Cie apporta son aide au doublement de capital de "La Préservatrice-Vie". En février, la Maison patronna l'émission des actions nouvelles des Ateliers Moisant Laurent Savey, de même que l'introduction sur le marché financier, au mois de mars, d'un emprunt obligataire émis par les Établissements Japy Frères. En compagnie de la Banque transatlantique, du Crédit algérien, du Crédit commercial de France, des banques Bonnasse et Maurel Frères, MM. Worms et Cie assuraient, fin 1943, le placement d'un emprunt obligataire émis par les Établissements Fournier-Ferrier dont ils détenaient le contrôle. Au début de 1944, les Services bancaires dirigèrent les opérations d'une augmentation de capital de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation, société qui faisait partie de leur groupe. A la même date, la Maison s'intéressa à la réorganisation financière et à l'accroissement des capitaux sociaux des grands magasins "Au Bon Marché", opération à laquelle participèrent également Vernes et Cie, et Odier-Bungener et Cie. Tant bien que mal, les Services bancaires avaient réussi à s'organiser pour faire face à la période de guerre et d'occupation. Les autres départements de la Maison eurent à souffrir bien davantage encore des événements et de la situation néfaste qui en découlait. Les Services charbonniers, coupés de leurs sources de ravitaillement (Angleterre, Pologne, Tonkin) durent effectuer une conversion totale pour le temps des hostilités. Ils ne traitèrent plus que sur le marché intérieur : achats auprès des bassins français et ventes aux grossistes et surtout aux foyers domestiques directement. Parallèlement ils se lancèrent dans l'exploitation de plusieurs tourbières situées près de Nantes, Angoulême, Bayonne, et dans le Finistère. La plus importante, celle de Crossac, près de Nantes, employait plus de 250 personnes. De concert avec la Société française des charbonnages du Tonkin, MM. Worms et Cie entrèrent comme associés, le 4 décembre 1941, dans la SARL des tourbières de l'Essonne qui dura jusqu'en 1946. Par ailleurs une nouvelle activité fut également trouvée dans l'exploitation forestière (poteaux de mines, traverses de voies ferrées, planches, charbon de bois etc..) - ceci aussi bien dans le sud-ouest de la France qu'en Normandie. La Maison s'intéressa alors à la fondation, le 24 décembre 1941, de la Compagnie centrale d'exploitation forestière au conseil d'administration de laquelle un siège lui fut réservé. Ces diverses activités de remplacement, mises en place durant la période des hostilités, permirent d'assurer un emploi à un nombre important de membres du personnel et d'éviter aux plus jeunes la réquisition du "STO" (Service du travail obligatoire en Allemagne). Les Services maritimes eurent leur flotte réquisitionnée pendant la durée de la guerre. Leurs navires furent placés sous le contrôle de la direction des Transports maritimes du ministère des Travaux publics et des Transports. Après l'armistice de 1940, les unités qui se trouvaient en zone libre ou en Afrique du Nord furent encore utilisées, jusqu'en novembre 1942, par la fraction de la direction des Services maritimes repliée à Marseille et toujours bien entendu, sous le contrôle de la direction des Transports maritimes. A la fin de 1941, le s/s "Guilvinec" (commandant François Desquez) était torpillé en baie d'Arcachon par un sous-marin italien. En janvier 1942, le s/s "Jumièges" (commandant André Mataguez) disparaissait corps et biens. En novembre 1942, les quelques bateaux qui se trouvaient dans les ports de la zone libre furent saisis par les Allemands. Ceux demeurés en Afrique du Nord continuèrent à naviguer pour les besoins des "Forces françaises libres". En 1943, le s/s "Château-Yquem" était torpillé à sa sortie d'Ajaccio. Plus heureux, le s/s "Château-Latour" participa en 1944 aux opérations de libération en Corse et en Provence. Quand, à la fin des hostilités, on fit les comptes, les Services maritimes avaient perdu 14 unités sur les 24 que comptait leur flotte ! Les quatre plus beaux bâtiments se trouvaient détruits : le "Château-Yquem" (3.358 tdw), le "Jumièges" (2.550 tdw), le "Château-Larose" (2.500 tdw), et le "Lussac" (2.755 tdw). Deux navires avaient été séquestrés par la Marine britannique et l'un d'eux perdu sous pavillon anglais. Les constructions maritimes aux Ateliers et Chantiers du Trait eurent à subir, dès le deuxième semestre de 1941, en 1942 et en 1943, de nombreux bombardements aériens. Contraints de travailler pour la puissance occupante les Chantiers du Trait réussirent à ne livrer, de 1940 à 1944, qu'un seul sous-marin qui était sur le point d'être lancé lors de l'armistice et qu'un ravitailleur d'escadre "Ostriesland", qui fut récupéré à la Libération et reprit son nom d'origine : "Charente". Les autres unités dont la construction fut exigée par la marine allemande ne furent jamais lancées, les Chantiers du Trait se retranchant derrière les multiples difficultés du moment dont certaines suscitées volontairement par eux-mêmes. Lors de la bataille de la Seine, après le 15 août 1944, les bombardements aériens, les duels d'artillerie et les démolitions systématiques opérées par l'armée allemande en retraite achevèrent la destruction quasi totale des installations du Trait. Le personnel eut à déplorer 28 morts sur les lieux de travail et un nombre égal parmi les habitants de la "cité-ouvrière". Les autres compagnies de navigation du Groupe connurent également d'importantes difficultés et subirent de grosses pertes pendant la guerre. La Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire vit, comme les autres compagnies, sa flotte réquisitionner par le service des Transports maritimes de la Marine marchande. Elle géra donc, pour compte de l'État, sa flotte composée de 10 navires dont le "Malgache" (8.960 tdw), qui était à l'époque l'une des plus belles unités de la flotte de commerce française. Mais à partir de juin 1940, cette flotte commença à être éprouvée. Le "Ville-de-Reims" était saisi par les autorités allemandes le 24 juin 1940; le "Ville-de-Metz", réquisitionné par les Allemands le 4 août 1940, fut envoyé dans la Baltique où il disparut, le Malgache", réquisitionné à la même date par la Marine allemande, subit une grave avarie par l'explosion d'une bombe. De mars à juillet 1941, quatre navires furent arraisonnés par l'amirauté britannique et passèrent sous pavillon anglais. Le "Ville-de-Rouen" et le ""Ville-de-Tamatave" furent coulés en mer au service des alliés, respectivement en décembre 1942 et janvier 1943. Le 8 novembre 1942, le "Ville-de-Havre" était coulé sous Casablanca et le ""Ville-d'Oran" se mettait au service des alliés. Enfin le "Condé" pris par les Allemands en mars 1943, était envoyé par le fond, près de Nice, en août 1944. De son côté, la Société française de transports pétroliers - "SFTP" eut bien des ennuis à supporter pendant les hostilités. Au moment de l'armistice de 1940, la situation de sa flotte était la suivante : - les pétroliers "Languedoc", "Franche-Comté" et "Saintonge" étaient saisis par le gouvernement anglais ; - le "Touraine" était immobilisé dans le port de la Nouvelle-Orléans ; le "Bourgogne" et le "Limousin" se trouvaient eux aussi immobilisés à la Martinique ; - les "Lorraine", "Champagne", "Roussillon" et "Dauphiné" étaient à l'abri dans des ports d'Afrique du Nord ; - le "Picardie" n'était plus qu'une épave à Oran ; - le "Vendée" et le "Capitaine-Damiani" subissaient d'importantes réparations, l'un à Saint-Nazaire, et l'autre à Marseille. Enfin le "Phoenix" avait disparu près d'Istamboul. Par la suite le "Lorraine" fut détruit à Oran le 9 novembre 1942, et le "Dauphiné" se saborda à Toulon le 27 novembre 1942 ; le "Saintonge" servit les Forces françaises libres ; le "Touraine" fut réquisitionné par les États-Unis et navigua sous pavillon panaméen ; le "Champagne", pris par les Allemands en janvier 1943, fut torpillé par la marine britannique près de Bastia ; le "Franche-Comté", réquisitionné par l'Angleterre, navigua pour le compte de la marine britannique pendant toute la guerre ; le "Picardie" avait été réduit à l'état d'épave dès le 1er février 1940 ; le "Vendée" s'échouait le 26 février 1940 près de Saint-Nazaire et fut renfloué et conduit dans la Grande Forme Jean Bart, pour y être réparé. En 1945, sur les dix pétroliers possédés par la SFTP, il ne restait plus que cinq valides. Mais voici le temps de la Libération du territoire national. La Maison Worms eut alors de nouvelles épreuves à traverser. Pendant l'occupation, la présence du commissaire allemand et les contacts que MM. Worms et Cie furent astreints d'avoir avec certaines personnalités allemandes du monde des affaires firent peser sur eux de lourds soupçons. De plus, l'un de leurs principaux Associés, M. Jacques Barnaud, avait accepté des fonctions officielles au gouvernement de Vichy, dont il avait d'ailleurs démissionné en novembre 1942. Enfin M. Pierre Pucheu, qui avait été directeur général des Établissements Japy Frères, avant d'accepter le poste de ministre à Vichy, continuait à être considéré comme un homme du Groupe Worms. Au moment de la Libération de Paris, les jalousies et les passions se déchaînèrent. M. Hypolite Worms, dont la femme et le mari de sa fille unique étaient anglais, dont l'activité charbonnière plus que centenaire était tournée vers l'Angleterre, et qui, la guerre durant, avait espéré la victoire des Anglo-Saxons, se voyait l'objet d'une arrestation, le 8 septembre 1944. En même temps, le directeur de ses Services bancaires, M. Le Roy Ladurie, subissait un sort identique. Tous deux furent rendus à la liberté le 21 janvier 1945 et une enquête approfondie menée à leur égard à la demande de la Cour de Justice aboutit à des non-lieux prononcés par elle le 25 octobre 1946. D'autre part, le 12 octobre 1944, M. Jacques Barnaud, qui, en raison de la détention injustifiée de M. Worms, avait donné sa démission d'associé-gérant dès le 14 septembre, était à son tour interné par mesure administrative. Du fait de ses activités politiques jusqu'en novembre 1942, une très longue enquête fut menée à son encontre. Le 20 juin 1946, il retrouvait la liberté et un non-lieu fut prononcé à son égard le 26 janvier 1949. Quelles étaient donc les conclusions de l'expert, M. Gaston Bernard, mandaté par la cour de justice ? Il est intéressant de les connaître pour éclairer l'activité réelle de la Maison Worms pendant la guerre. Ces conclusions figurent dans les "dépositions" publiées par la "commission parlementaire d'enquête sur les événements survenus en France de 1933 à 1945" (Tome VIII, pp. 2281 à 2328). Les voici : « En ce qui concerne les ouvertures de crédits et avances sur factures allemandes, c'est à dire l'escompte de factures allemandes, le montant des découverts consentis à des ressortissants ou entreprises allemandes sur injonctions du commissaire allemand était, d'après le rapport d'expertise, de 1 million en janvier 1941. Il s'est élevé à un maximum de 7 millions en février 1941, et a alors décru, pour disparaître complètement à partir du mois de février 1942. » En ce qui concerne les avances consenties aux fournisseurs français de la Kriegsmarine, sous forme d'escompte de factures, l'expert écrit : « Le commissaire allemand donna l'ordre à la Banque Worms, en 1941, d'ouvrir a ses fournisseurs des comptes d'avances aux factures. Afin de déterminer le montant de ces opérations, il a été procédé à un dépouillement des comptes des fournisseurs français de la Kriegsmarine chez la Banque Worms. Ces comptes sont au nombre de trente six. Le dépouillement des comptes de ces diverses personnes ou organismes à abouti à un relevé mensuel des sommes. » Le tableau dressé par l'expert montre que le découvert était d'environ 8 millions à la fin de 1941, 6 millions à la fin de 1942 et 1.800.000 francs à la fin de 1943. L'expert ajoute : « La majorité de ces créances est considérée comme irrécouvrable et constitue une perte pour la Banque. » En ce qui concerne les accréditifs simples et les accréditifs documentaires, l'Expert analyse longuement ces opérations qui furent faites principalement avec la Commerzbank et avec la Deutche Bank - dans une mesure bien moindre - dont dépendait le second commissaire allemand, von Falkenhausen. L'expert écrit : « II ressort du tableau qui précède que les accréditifs totaux ouverts aux banques allemandes ont atteint, pour 1941, 1942, 1943 et 1944, un montant total de 161 millions, sur lequel environ 80% ont été payés pour la Commerzbank, et 12% pour la Deutsche Bank. » Il ajoute : « D'une note versée au dossier de l'expertise se référant aux indications publiées par la Banque de France, il résulte que l'ensemble des transferts de fonds effectués par clearing franco-allemand pendant l'occupation s'est élevé, à l'exportation, à la somme de 196.480 millions. Le chiffre des transferts passés par la Banque Worms, soit 161 millions environ, n'en représente qu'un pourcentage infime... D'ailleurs le pourcentage des opérations qu'à traitées la Banque Worms avec le clearing allemand n'a représenté que 1,47% de l'ensemble des opérations traitées avec le même clearing par les autres banques de la place (pourcentage déterminé grâce aux chiffres passés au compte de compensation de la Reichskreditkasse de Paris), alors que l'activité de la Banque Worms est considérée, à la Chambre de compensation des Banquiers de Paris, comme représentant environ 3% de l'activité bancaire totale de la place de Paris. Cela revient à dire que si la Banque Worms avait effectué avec les Allemands des opérations d'accréditifs pour un volume proportionnel à son importance sur la place de Paris, elle aurait été amenée à faire de telles opérations pour un total sensiblement double de celui qu'elle a traité en réalité. Dans l'ensemble, les autres banques de la place de Paris ont donc eu une activité proportionnellement plus grande qu'elle en matière d'accréditifs allemands. » En conclusion de cette étude l'expert écrit : « D'une façon générale, les opérations effectuées par la Banque Worms, dans le secteur allemand, ont représenté un coefficient d'activité de 9,8% par rapport à l'ensemble des opérations traitées; mais compte tenu des pertes subies, dans le secteur allemand, le bénéfice net pour la période d'occupation se trouve ramené à 941.000 francs, soit 3,8% seulement du bénéfice net total du département bancaire pendant la même période. » Il ressort nettement de ces conclusions que l'activité de la Maison Worms durant l'occupation a été freinée volontairement dans ses rapports avec l'Allemagne et l'attitude des Chantiers du Trait en est une illustration. Pouvait-il en être autrement alors que les sympathies de M. Hypolite Worms étaient attirées naturellement, par une ancienne tradition d'affaires et par des liens de famille, plutôt outre-Manche qu'outre-Rhin ? Troisième partie MM. Worms et Cie et leurs Services bancaires : 1945-1962  Reconstruction et nouvel essor Après la Libération, MM. Worms et Cie, par acte du 18 septembre 1944, nommèrent M. Robert Labbé, déjà associé depuis 1940, au poste d'associé-gérant, et M. Raymond Meynial à celui de gérant-statutaire. M. Guy Brocard devenait directeur des Services bancaires à la suite de la démission de M. Gabriel Le Roy Ladurie qui, à la fin de janvier 1945, était allé combattre les Allemands aux côtés du colonel Navarre. Un peu plus tard, M. Jacques Barnaud vint reprendre sa place d'associé-gérant, en date du 16 décembre 1949. Dans tous les départements de la Maison, un énorme travail de reconstruction en vue d'un nouvel essor allait être entrepris. Les Services maritimes eurent à reconstituer leur flotte puisque quatorze navires avaient été détruits pendant la guerre. D'autre part, il leur fallut réorganiser les lignes de cabotage qui avaient disparu pendant les hostilités et les adapter aux nouvelles conditions d'exploitation. Le simple cabotage national dut être même complètement abandonné en raison de la trop forte concurrence du rail et de la route. Par contre de nouvelles lignes régulières furent créées en Méditerranée reliant : - Marseille, Nice et Sète à Tunis, Sousse et Sfax, - Marseille et Nice à Bône et Philippeville, - Marseille à Alger, Djidjelli et Bougie, - Marseille et Port-Saint-Louis-du-Rhône à Oran et Mostaganem. Une série de nouveaux navires fut construite et lancée pour les Services maritimes de 1946 à 1955 : le "Médoc" (1946), le "Cérons", (1947), les "Château-Palmer", "Fronsac", "Listrac", et "Jumièges" (1948), les "Château-Lafite" et "Château-Pétrus" (1950), les "Haut-Brion", "Sauternes" (1951), "Château-Yquem" (1953), "Cantenac" (1954) et le "Château-Latour" (1955). La série des "Château" était constituée de navires de 2.525 à 2.580 TDW  dont la vitesse commerciale s'élevait à 13 noeuds. Munis de cuves, ils furent exploités sur la ligne Le Havre, Cherbourg, Anvers, vers l'Algérie. Ils transportaient les produits manufacturés du nord vers les ports algériens et au retour les vins d'Algérie vers la France. Certains de ces bateaux s'avérèrent trop lents pour satisfaire au trafic des primeuristes algériens sur Marseille. Une nouvelle génération de navires vit alors le jour : le "Pomerol" (1957), un nouveau "Médoc", le "Château-Margaux" et le "Léoville" (1958). Il s'agissait d'unités de 1.255 à 1.500 TDW ayant une vitesse de 15 noeuds. A partir de 1950, les Services maritimes exploitèrent, pour moitié avec l'Union navale, d'abord le "Caudebec-UN-2", puis le "Gravisia" (18.555 TDW). Après la guerre également, le cabotage international Nord, vers l'Allemagne l'Angleterre, Anvers, Rotterdam et même l'Islande, reprit vie. Mais les conditions d'exploitation avaient totalement changé et progressivement les navires des Services maritimes furent remplacés sur ces lignes par des bateaux hollandais affrètes dont le prix de revient était plus bas. Pour mener à bien l'ensemble de ces mesures de réadaptation aux opérations d'après-guerre, MM. Worms et Cie, par acte du 1er décembre 1955, érigèrent en société anonyme unique leurs départements combustibles et maritimes avec des directions générales strictement autonomes. Le premier président de Worms Compagnie maritime et charbonnière fut M. Robert Labbé, assisté de M. Jacques Barnaud, vice-président, et de MM. Hypolite Worms et Raymond Meynial, administrateurs. La direction générale des Services maritimes était confiée au commandant Étienne Hallé et celle des Services charbonniers à M. Michel Leroy. M. Robert Malingre assumait la direction des Services financiers. Pour les Services charbonniers la situation se trouvait à nouveau totalement changée. Avant la Deuxième guerre mondiale, leurs principaux clients étaient les sociétés gazières, les sociétés d'électricité, les cimenteries et la grosse industrie. L'économie de l'occupation avait nécessité une conversion radicale. Or, la Libération rendait les charbons étrangers à nouveau accessibles au marché français et les importations d'Angleterre et même des États-Unis reprirent corps, mais ceci pour peu de temps. En effet la nationalisation des houillères (ordonnance de décembre 1944 suivie par la loi de mai 1946) et celle des compagnies d'électricité (loi d'avril 1946) obligèrent les Services charbonniers à opérer une nouvelle reconversion. Leur activité, déjà orientée pendant la guerre vers l'approvisionnement direct des foyers domestiques fut renforcée. Mais en vue de remplacer progressivement le négoce du charbon qui, manifestement, était à son déclin, par celui d'autres combustibles, il fut décidé d'entreprendre la vente et la distribution du mazout et de combustibles gazeux. Des événements déterminants avaient en plus durement touché les intérêts que possédaient en Égypte, tant les Services charbonniers que les Services maritimes. La nationalisation du canal de Suez en 1956 par le gouvernement du colonel Nasser, le changement de régime survenu en Tunisie en 1957, la guerre d'Algérie et l'indépendance de ce pays en 1952, furent autant d'événements dont les conséquences se manifestèrent par la baisse des ventes du charbon. Une nouvelle orientation de l'activité était donc devenue nécessaire. Les Ateliers et Chantiers du Trait eurent à fournir, après la Libération, un énorme travail de déblaiement et de reconstruction puisque leurs installations avaient été presque totalement détruites. Sous la direction générale de M. Henri Nitot, assisté pour la partie technique par M. Pierre Abbat, les Chantiers décidèrent d'envoyer une équipe d'information aux États-Unis et en Scandinavie en vue de récolter des données tenant compte des plus récents progrès accomplis par la construction navale. C'est d'après ces nouvelles normes que fut réédifié au Trait un ensemble industriel ultramoderne. L'évolution la plus récente des techniques, en particulier la soudure électrique, de l'oxycoupage et de l'assemblage d'éléments préfabriqués, permit d'implanter de nouveaux postes de travail selon un circuit aussi court et continu que possible : parc de réception des matériaux, ateliers de tôlerie et d'assemblage, plates-formes de montage, pour aboutir finalement aux cales de construction. A la place des anciens bâtiments de 35.000 m2 furent édifiés de nouveaux ateliers de 55.000 m2. Afin de donner un nouvel essor à leur département de construction navale, MM. Worms et Cie décidèrent, durant l'été 1945, de l'ériger en société indépendante. Par acte du 26 juillet 1945 et conformément à l'assemblée constitutive du 30 juillet, la Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime - ACSM se trouvait créée, au capital de 10.000.000 de francs. Son conseil d'administration était composé de M. Robert Labbé, président, de MM. Hypolite Worms et Raymond Meynial, administrateurs. La reconstitution des chantiers fut menée bon train et de nouveaux bateaux purent être mis rapidement sur cale. Ainsi le sous-marin "L'Africaine" fut-il lancé le 7 décembre 1946, déjà suivi des navires caboteurs "Barsac", "Cérons", "Tessala", des pétroliers "La-Mayenne", "La-Baïse", et des chalands-automoteurs "Lutetia", "Courlis" et "Djinn". De plus grandes unités virent alors le jour. En présence du ministre de la Marine marchande, M. Colin, le 23 septembre 1949, le navire mixte "Ville-de-Tamatave" fut mis à flot. Destiné à la renaissance de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation, il était long de 140 m, large de 18,80 et de 9.000 tonnes de port en lourd. Équipé d'un moteur Sulzer de 8.000 cv, il avait une vitesse de route de 17 noeuds et pouvait prendre à bord 30 passagers en plus de l'équipage. La "Ville-de-Tamatave" eut un sistership, "Ville-de-Tananarive", le 31/5/1950 ; puis furent lancés successivement un autre cargo mixte et trois pétroliers de 16.500 tonnes dont le chef de file fut le "Champagne", suivi du "Roussillon" (1951) et du "Saint-Patrice" (1952). Parmi les navires construits durant cette période il convient de citer les plus notoires, en effet, - le 17 mars 1953 était mis à l'eau le pétrolier "Beauce" de 17.800 TM , de 167 m de long et de 20,57 m de large ; il était destiné à la Société française de transports pétroliers - SFTP. Toujours pour la SFTP fut lancé, le 21 décembre 1953, le plus grand pétrolier mis à flot dans la Seine, le "Languedoc", de 20.150 tonnes, propulsé par un puissant moteur Diesel ; - le 23 mai 1955 on procédait au lancement d'un chalutier ultramoderne le "Joseph-Duhamel-II" dont la marraine présente était Madame René Coty, femme du président de la République ; - en 1956 c'était au tour de la "Ville-de-Rouen" d'être mise à flot ; il s'agissait d'un cargo de 11.000 tonnes destiné à la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire qui allait encore prendre livraison, en 1957, du sistership de la "Ville-de-Rouen", la "Ville-de-Dunkerque", et en 1961 de la "Ville-du-Havre" de 12.000 TDW, filant 19 noeuds, prototype de 4 navires d'une série identique. De son côté, la SFTP acquérait, en 1958, un nouveau pétrolier, l'"Artois", de 20.150 tonnes. En 1951 également les ACSM livraient à la Compagnie nantaise des chargeurs de l'Ouest un beau minéralier, le "Pentellina" de 17.500 tonnes et à la Compagnie générale d'armement maritime un autre navire minéralier, le "Longwy" de 21.250 tonnes. Par ailleurs, M. Hypolite Worms, qui continuait à être toujours très vigilant en matière de transport maritime des combustibles liquides, fut l'un des premiers en France à s'intéresser à la construction de méthaniers en vue d'assurer au pays le ravitaillement nécessaire en gaz naturel liquéfié algérien. Dès 1959, des études très poussées dans ce domaine furent entreprises et les ingénieurs de Gaz-Transport, filiale de la Maison, finirent par mettre au point, avec la collaboration du Gaz de France, deux techniques pour la construction de navires méthaniers, l'une "autoporteuse" comportant l'utilisation de cuves cylindriques, l'autre "intégrée" avec membrane en Invar. Malheureusement, l'année 1961 fut celle du début d'une grave crise pour les chantiers de construction navale des pays occidentaux. Une certaine saturation se fit jour dans les catégories des petits et moyens navires alors que la tendance vers la production de bateaux de plus en plus gros s'accentuait rapidement. D'autre part la concurrence des chantiers maritimes japonais se manifesta alors d'une façon redoutable. Pour les ACSM, dont les installations sur les bords de la Seine limitaient le tonnage des unités produites en raison du tirant d'eau, le retournement du marché et la quête au gros tonnage furent des données néfastes qui allaient les condamner à plus ou moins brève échéance. De 1945 à 1962 les autres compagnies de transports maritimes du Groupe eurent également à fournir un gros effort de reconstitution et de modernisation de leur flotte en vue de leur expansion. Les étapes de l'évolution favorable de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire, durant cette période, peuvent se résumer ainsi : - de 1945 à 1955 la compagnie a développé ses services sur l'océan Indien (Madagascar, La Réunion, Île Maurice) en reconstituant sa flotte par des cargos de ligne très modernes et en organisant un réseau d'agences et des services de cabotage étroitement coordonnés ; - en 1955, elle a créé une ligne nouvelle sur le golfe Persique en continuant, au cours des années suivantes, à commander de nouveaux navires de ligne dotés des améliorations techniques les plus récentes. Pour réaliser ce programme, la compagnie a d'abord acquis trois caboteurs : "Île-Sainte-Marie", "Ville-Fort-Dauphin" et "Ville-de-Tuléar". Puis, de 1955 à 1959, quatre nouveaux navires rapides pour son trafic long-courrier : "Ville-de-Rouen", "Ville-de-Dunkerque", "Ville-de-Majunga" et "Ville-de-Nantes" d'une portée en lourd totale de 42.000 TDW. A partir de 1960 un nouveau programme fut entrepris. Il s'agissait d'acquérir plusieurs navires d'un type nouveau, plus gros porteurs et plus rapides, suivant la formule "tout à l'arrière". La première de ces unités, "Ville-du-Havre" fut mise en service en janvier 1962, la seconde "Ville-de-Brest" en août de la même année. D'autres allaient suivre en 1963 et 1965. De son côté, la Société française de transports pétroliers - SFTP ne disposait plus après guerre que de 8 unités sur les 12 qu'elle possédait auparavant. Un programme de douze nouveaux pétroliers fut mis en chantier de 1950 à 1958, représentant l'acquisition d'une flotte d'un total de 250.000 TDW. Ces douze pétroliers se nommèrent "Champagne", "Orléanais", "Roussillon", "Camargue", "Beauce", "Languedoc", "Poitou", "Anjou", "Sologne", " Vendée", "Artois", " Lorraine". Individuellement ils jaugeaient entre 17.500 et 28.800 TDW. Un second programme prit corps à partir de 1960 avec l'acquisition de trois tankers de la classe 50.000 TDW et un de la classe 70.000 TDW. Ce furent le "Béarn", l'"Armagnac" et le "Franche-Comté", entre autres. A cette époque le total de la flotte de la SFTP représentait 30% de l'ensemble de la flotte pétrolière française. Les effets de la guerre avaient été largement effacés. Pour la Société de courtage maritime et d'étude - Socomet, la fin des hostilités vint lui permettre de prendre un nouvel élan. M. Nelson-Pautier continuait à l'animer, avec ses grandes qualités de négociateur, jusqu'à sa mort en 1950. La présidence passa alors à M. Guex, puis à M. Deuber et en 1956 à M. Marin-Darbel. M. André Fenez en était le directeur général et M. Georges Bertaux, le directeur général-adjoint. Tous les efforts de la société portèrent sur les affrètements pétroliers. La Socomet devint ainsi le courtier préférentiel, pour ne pas dire exclusif, de la SFTP, de la STMP, de la Compagnie nationale de navigation, de Courtage Transports, des Pétroles d'outre-mer - et de plus en plus aussi, des Messageries maritimes et de la Compagnie générale d'armements maritimes. Tous les types d'affrètements étaient utilisés, depuis le marché "spot", la charte à temps (time-charter) jusqu'aux chartes à moyenne et longue durée qui étaient très recherchées. Pendant de nombreuses années, la société eut un peu plus de 40 navires en long et moyen terme sous "charte Socomet ". Les affrètements "spots" étaient réalisés selon le marché du jour de la conclusion de l'opération; les taux subissaient les fortunes diverses de l'économie internationale et des tensions politiques dans le monde. La Socomet offrit en outre aux armateurs les services de départements spécialisés comme ceux de l'achat-vente de navires, des "dry-cargos", des produits (couverture des contrats de soute) et du département technique (représentation d'entreprises étrangères). Les Services bancaires connurent rapidement un nouvel essor sous l'impulsion de l'étroite collaboration qui s'était établie entre M. Raymond Meynial - gérant de MM. Worms et Cie- et M. Guy Brocard, directeur du département bancaire. La réussite des Services maritimes en Afrique du Nord et le bel essor qu'avait pris l'agence des Services bancaires à Alger, sous la conduite de M. Dubost, incitèrent les associés à tenir compte des larges possibilités que le continent africain offrait encore à l'époque. Ils décidèrent alors d'ouvrir le 1er juillet 1946, une agence bancaire au Maroc - à Casablanca, et ils confièrent à M. Robert Dubost la direction de celle-ci tout en lui demandant d'assurer la direction et la coordination des agences bancaires d'Afrique du Nord. M. Pierre Lelièvre, succédant à M. Dubost, prit alors la tête de l'agence d'Alger. D'autre part M. Lucien Guérin, revenu au siège comme directeur des agences et du département étranger des Services bancaires, développa de plus en plus intensément, entre juin 1945 et décembre 1948, les relations de la Maison avec la Suède, la Norvège, la Finlande, le Danemark et la Hollande. Le 1er janvier 1949, il était nommé directeur général de la Banque industrielle d'Afrique du Nord (Bian) dont il allait devenir administrateur en 1959. En novembre 1947, les associés firent appel à M. Guy Taittinger, de la société Taittinger - Compagnie commerciale et vinicole champenoise, qui entra dans la Maison comme fondé de pouvoirs et allait devenir, en juin 1957, directeur du département boursier des Services bancaires. M. Meynial prit M. Taittinger à ses côtés, au conseil d'administration de La Préservatrice, dès le début de 1948 afin de renforcer la présence de notre Maison dans cette société d'assurances ; le 12 juillet 1949, M. Raymond Meynial accédait à la vice-présidence du conseil de celle-ci. Au sein même de MM. Worms et Cie, M. Meynial, qui avait apporté un concours particulièrement soutenu à la Maison durant la période si difficile de la guerre et de l'après-guerre, était appelé, par acte du 8 décembre 1949, à prendre place parmi les associés-gérants. Pour sa part, M. Guy Taittinger créait, en juin 1949, de bonnes relations entre les Services bancaires et la compagnie d'assurances, La Foncière. Depuis lors, la Maison s'intéressa à cette dernière et en devint l'un des principaux actionnaires. M. Taittinger fut alors appelé par l'assemblée de juin 1951 à siéger au conseil de La Foncière, dont l'expansion notoire suivait le renouveau, à l'époque, de notre Marine marchande. Pour donner une idée de l'activité intense que déployaient alors les Services financiers de Worms et Cie, il suffit de prendre comme exemple les opérations traitées en 1951 : 1° - Affaires du Groupe, avec appel au public Entreprises Albert Cochery a) augmentation de capital par souscription en espèces                                101.250.000 F b) émission d'obligations à 6,75%                                                                          96.500.000 F Compagnie franco-malgache d'entreprises - augmentation de capital en espèces                                                                   33.800.000 F Union marocaine d'outremer - augmentation de capital en espèces                                                                   25.500.000 F Société de financement, de participations et de gestion (ex-Marret Bonnin Lebel & Guieu) - augmentation de capital en espèces                                                                  140.250.000 F Union métropolitaine de banque - augmentation de capital en espèces                                                                  200.000.000 F Ateliers Moisant Laurent Savey - augmentation de capital en espèces                                                                    50.000.000 F Société de produits chimiques des terres rares - augmentation de capital en espèces                                                                    60.150.500 F Progil - augmentation de capital en espèces                                                                   200.000.000 F Société nationale du Cameroun         - augmentation de capital en espèces                                                                     67.500.000 F Société auxiliaire maritime de Madagascar - augmentation de capital en espèces, par l'intermédiaire de la Nouvelle Société havraise péninsulaire de navigation                                49.676.000 F Compagnie industrielle et minière du Nord et des Alpes - augmentation de capital en espèces                                                                   117.000.000 F Société des peintures Astral-Celluco - augmentation de capital en espèces                                                                   198.720.000 F Établissements Fournier-Ferrier - augmentation de capital en espèces                                                                   375.000.000 F Société Japy Frères - augmentation de capital en espèces                                                                   475.000.000 F Soit un appel au public en faveur de sociétés dans lesquelles la Maison Worms avait d'importants intérêts, pour un total de :                     2.190.346.500 F de 1951 (soit : 73.595.425 F de 1976) 2° - Affaires dans lesquelles Worms participe en circuit fermé Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime - augmentation de capital par incorporation de réserves                                      50.000.000 F Société privée d'études         - augmentation de capital en espèces (de 10 à 15 millions)                                  5.000.000 F Société technique d'études industrielles et commerciales - transformation de SARL en société en commandite par actions et augmentation de capital en espèces                                                                    50.000.000 F Union de crédit pour le bâtiment - UCB créée par un groupe de banques le 13.02.1951                                                M. Robert Labbé au capital de 200 millions de francs                                                                     administrateur Société d'études pour l'aménagement du Haut Sebou créée fin 1950, au capital de 6 millions de francs                                           M. Robert Dubost                                                                                                                                      administrateur Dans le même esprit et pour aller aux faits les plus saillants, nous ne citerons ici que les interventions et opérations les plus importantes que les Services bancaires furent amenés à traiter entre 1951 et 1952. Le 10 octobre 1951, MM. Worms et Cie acquéraient une participation dans les Établissements Luchaire par voie de cession directe de 4.500 actions. C'est en 1951 également qu'ils prirent une participation majoritaire dans le Comptoir international d'achats et de ventes à l'étranger - Ciave, société d'engineering financier dont l'activité était consacrée à l'étude et à la mise en place de financements nécessaires à la réalisation de grands ensembles industriels à l'étranger. Des filiales furent implantées à Londres et à New York, permettant d'établir des relations avec les grandes banques anglaises et américaines pour la mise sur pied de ces financements. À titre d'exemple, indiquons que les Services bancaires firent partie du groupe de banques qui financèrent au Brésil un marché de 25 millions de $ US, en 1953, ainsi qu'un autre en Espagne de 32 millions de $ US, la même année. Entre 1954 et 1957, MM. Worms et Cie intervinrent, soit comme l'un des fondateurs, soit comme participant, dans des sociétés de recherches pétrolières créées alors, qu'il s'agisse de Cofirep, Safrep, Sogefor ou de Francarep, Cofimer et Preda. Dans le même temps ils s'intéressèrent également aux sociétés de développement régional "SDR" (de la Méditerranée, du Sud-Est, de Normandie, etc.). De même, ils renforcèrent leur présence dans le secteur bancaire, en prenant une importante participation dans le capital de la Banque E. Hoskier et Cie, au conseil de laquelle M. Guy Brocard représenta la Maison, et en s'assurant en 1957 le contrôle de la Banque R. Meyer & Cie, dont M. Guy Taittinger devint associé-gérant. A cette époque les Services bancaires possédaient trois agences, situées à Marseille, Alger et Casablanca. M. Hypolite Worms et ses associés décidèrent d'en augmenter le nombre. Fin septembre 1957, la Maison racheta la majorité des actions de la Banque de l'union lyonnaise "Bul" à Lyon, dont la présidence fut assurée par M. Brocard et la vice-présidence par M. Dubost. Ce dernier était revenu de Casablanca à la fin de 1955 pour occuper le poste de directeur général adjoint des Services bancaires, M. Brocard ayant été nommé directeur général et M. Coquelin, directeur général adjoint, chargé des participations. En décembre 1958, la totalité des actions de la Bul fut acquise et la société, mise en liquidation amiable, donnait naissance le 1er janvier 1959 à l'agence de Lyon dont la direction fut confiée à M. Jacques Mathenet. A cette date les directeurs des autres agences étaient : M. Claude Ferrand à Marseille, M. Pierre Lelièvre à Alger et M. Henri Marot à Casablanca. Dans la même perspective, MM. Worms et Cie achetèrent à Lille en février 1962, la banque locale Coppenolle qu'ils transformèrent en Banque Camille Coppenolle SA. L'ensemble des titres ayant finalement été acquis, la Banque Coppenolle devint, en juin 1965, la nouvelle agence de Lille. Toujours dans le domaine bancaire, MM. Worms et Cie se trouvaient être le deuxième plus fort actionnaire de l'Union de crédit pour le bâtiment - UCB du groupe Jacques de Fouchier. En juillet 1959, ils participèrent à la création de la société holding du groupe, la Compagnie bancaire, dont le Groupe Worms détint 7,23% du capital derrière Paribas qui en posséda 9,02%. M. Robert Labbé représenta les intérêts de la Maison au conseil d'administration dont il devint, par la suite, le vice-président. Dans le domaine atomique, M. Raymond Meynial signait à la fin du mois de novembre 1957, avec l'amiral Octacilio Cuhna, président de la Commission nationale de l'énergie nucléaire du Brésil, un important contrat pour l'installation de deux usines de traitement d'uranium au Brésil et pour son financement. Au début de 1959, la Maison entrait au conseil d'administration de la Société minière et métallurgique de Penarroya et était représentée par M. Raymond Meynial et M. Pierre Édouard Coquelin, directeur général adjoint des Services bancaires. C'est également à ce moment là que MM. Worms devinrent l'un des principaux actionnaires de la Nederlands Franse Bank NV à Amsterdam et que M. Meynial fit partie du collège des commissaires de celle-ci. D'autre part les Services bancaires participaient, en mai 1959, au crédit de 50.000.000 de NF  accordé par un groupe de banques françaises à la Société nationale des pétroles mexicains (Petróleos Mexicanos) et en juillet de la même année ils firent partie des banques qui créèrent l'"Open-end Fonds" allemand Agefra, société de placement pour les valeurs françaises dans lequel ils furent représentés par M. Robert Dubost. Au Maroc, sous la direction de M. Marot, s'opéra en janvier 1960 la concentration de l'agence des Services bancaires à Casablanca avec le Crédit marocain pour donner naissance à Worms et Cie (Maroc). Au même moment, à Paris, MM. Worms et Cie fondaient la société Méthane-Transports, au capital de 2,6 millions de NF, avec le concours de Paribas, de la Bian, de Vernes et Cie et d'autres. M. Robert Labbé en fut le président. Le Portefeuille Investissements, filiale de Worms et Cie, portait son capital, en avril 1960, à 25 millions de NF, puis au mois d'août à 27,5 millions de NF. Depuis sa fondation M. Jacques Barnaud en assumait la présidence. En avril 1960 également. M. Guy Brocard devint président de la Banque Hoskier, filiale de la Maison, et dirigea, quelques mois plus tard, les opérations de fusion entre la Banque Hoskier et la Société métropolitaine de financement et de banque - Sofibanque, fusion qui donna naissance à Sofibanque-Hoskier. Toujours en avril 1950, MM. Worms et Cie se trouvèrent parmi les fondateurs de la Société pétrochimique de l'Atlantique, créée avec le concours de deux sociétés de son groupe, Socantar et Progil. Les compagnies d'assurances La Préservatrice et La Foncière, elles-mêmes du Groupe Worms, intervinrent à la même époque dans la compagnie Lloyd de France-Vie et M. Guy Taittinger fut appelé à siéger au conseil de cette dernière. La présence de la Maison au Maroc se manifesta, entre autres, en novembre 1960 par la création en commun avec le Groupe financier et commercial du Maghreb (filiale de Vernes et Cie), de l'Omnium marocain d'investissement - Omi, dont M. Robert Dubost assura la présidence. Au cours de cette même année, durant les mois d'octobre et de novembre, soit directement, soit par le Portefeuille industriel, leur filiale, MM. Worms et Cie participèrent aux augmentations de capital du Grand Hôtel de la rive gauche "Lutetia" et de la Société d'expansion hôtelière du Louvre. Par acte du 20 janvier 1960, déjà, M. Hypolite Worms et ses associés, avaient accueilli, comme associé-gérant de Worms et Cie, M. Pierre Herrenschmidt, qui depuis 1947 jusqu'à cette date avait été directeur du Crédit national. Comme M. Jacques Barnaud et M. Robert Labbé, M. Herrenschmidt était passé par l'inspection des Finances dont il avait le titre d'inspecteur général honoraire. Il avait été, en outre, directeur à l'administration centrale du ministère des Finances. Ainsi le cercle des dirigeants de la Maison avait-il été renforcé. Au milieu de l'année 1961, la Maison participa à la constitution de la Société d'investissements immobiliers de France - Sinvim, du groupe de la Compagnie bancaire, M. Robert Labbé en fut tout naturellement l'un des censeurs. En janvier 1962, MM. Worms et Cie et le Portefeuille des investissements firent apport à la Société routière Colas de divers intérêts et titres de filiales africaines de cette société ; en contrepartie, ils reçurent un nombre important d'actions de la Routière Colas, société de travaux publics bien connue. Au début de 1962 toujours, MM. Worms et Cie se trouvèrent à la tête d'un syndicat de banques françaises dans le but d'assurer le financement de la construction d'une importante raffinerie de pétrole en Thaïlande près de Bangkok ; le montant du marché s'élevait à 28,5 de $ US. Voilà, brièvement évoquées quelques opérations traitées par MM. Worms et Cie et leurs Services bancaires de 1945 au début de 1962. Mais si 1962 allait être aussi une année fertile en interventions nouvelles, elle fut surtout une année de deuil pour l'ensemble de la Maison et du Groupe. En effet, M. Hypolite Worms décédait brusquement et en pleine activité le 28 janvier 1962, suivi de près par son plus ancien associé-cogérant M. Jacques Barnaud, qui mourait le 15 avril de la même année. La disparition simultanée de ces deux principales personnalités d'alors mettait en quelque sorte un terme au type de société de personnes qui avait régi jusque-là la Maison Worms et ses filiales immédiates. Le Groupe allait prendre de plus en plus le visage des sociétés anonymes, alors que jusqu'à la disparition de M. Hypolite Worms, il avait porté l'empreinte effective du chef de Maison. Vouloir résumer ici l'action menée par M. Worms de 1914 à 1962, c'est s'apercevoir qu'il transforma au cours des ans, et avec le concours de collaborateurs experts, la Maison ancestrale et solide dont il avait hérité en un groupe puissant ouvert sur toutes les activités de l'industrie, du commerce et des finances. Malgré ces deuils, il était indispensable que la société Worms et Cie continuât sa marche en avant et que sa raison sociale subsistât. Aussi, par acte du 26 mars 1962, Madame Hypolite Worms fut-elle choisie comme associée-commanditée - mais sans pouvoir de gérance - alors que MM. Guy Brocard et Jean Barnaud, fils de M. Jacques Barnaud, étaient nommés gérants statutaires. La disparition de M. Jacques Barnaud nécessita un nouvel acte social, signé le 3 juillet 1962, qui faisait passer M. Jean Barnaud parmi les associés-gérants avec effet du 16 avril, lendemain de la mort de son père. Il n'est pas vain de rappeler ici que M. Hypolite Worms était, à juste titre, fier de sa banque. Dans un discours qu'il prononça au début de janvier 1950 à Port-Saïd il précisait lui-même les dimensions qu'avaient prises sa Banque et son Groupe : « En 1928 - (je vous ai raconté d'ailleurs qu'à partir de 1928, la Maison Worms avait plus ou moins reconstruit ou récupéré ses pertes de la guerre de 1918) - j'ai créé le département bancaire de la Maison Worms. En effet, au cours de ma carrière qui, en 1928, était déjà longue, je m'étais aperçu qu'il manquait en France un élément bancaire qui avait fait peut-être la fortune de l'Angleterre au 19ème siècle, c'est ce que les Anglais appellent merchant bankers. Ce département est devenu, grâce aux hommes qui l'ont géré, une des banques privées françaises les plus actives, peut-être une des plus grandes banques françaises d'affaires ou banque de commerce exactement, rendant les services que j'avais voulu essayer de créer à l'origine, c'est-à-dire une maison de merchant banking. C'est pourquoi la Maison Worms, maison de charbons et maison maritime, est devenue maintenant une maison aux activités multiples, car le fait d'être banque d'affaires implique son intérêt dans les affaires commerciales et industrielles qu'elle a protégées, qu'elle a, grâce à son activité, ses moyens, permis de développer, et elle a maintenant toute une série d'activités nouvelles. » Ces paroles prononcées par M. Hypolite Worms en 1950 avaient acquis douze ans plus tard, au moment de sa mort, une vérité et un relief encore plus saisissants. Quatrième partie Des Services bancaires à la Banque Worms 1962-1978 L'expansion du Groupe en France et à l'étranger La disparition de M. Hypolite Worms et de M. Jacques Barnaud entraîna certains changements à la tête de la Maison et de ses filiales. Les Services bancaires, qui continuaient à être l'objet de toute l'attention de M. Raymond Meynial, eurent M. Robert Dubost comme directeur général à la place de M. Guy Brocard nommé gérant statutaire en mars 1962. M. Pierre Herrenschmidt accédait à la présidence de la Société française de transports pétroliers et des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime ; il avait pour mission de conduire ces derniers vers une concentration avec d'autres chantiers de construction navale d'après un appel pressant du gouvernement. Et M. Robert Labbé prenait la présidence de Worms Compagnie maritime et charbonnière et de la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation, il se voyait d'autre part choisi comme président du Comité central des armateurs de France, début mars 1963. Les Services bancaires dont la direction générale avait été confiée à M. Dubost eurent un nouveau directeur général adjoint en la personne de M. Patrice de Corgnol qui remplaça M. Pierre Édouard Coquelin appelé au poste de secrétaire général de MM. Worms et Cie. Casablanca, la société Worms et Cie (Maroc) absorbait en octobre 1953 l'agence de la Banque industrielle d'Afrique du Nord (Bian) et la nouvelle société, de droit marocain, qui conservait la même raison sociale, Worms et Cie - Maroc, fut présidée par M. Robert Dubost et eut M. Henri Marot comme administrateur délégué et M. Jean Pineill comme directeur général. Les opérations traitées au Siège, à Paris, furent de plus en plus nombreuses; en allant à l'essentiel nous n'évoquerons que les plus marquantes. En 1964, MM. Worms et Cie prirent des intérêts dans les Établissements Merlin et Gérin au conseil d'administration desquels M. Pierre Édouard Coquelin représenta la Maison. D'autre part, ils furent chef de file de divers groupes de banques constitués en vue de l'augmentation de capital d'un certain nombre d'affaires, comme la Société française d'entreprises de dragages et de travaux publics, les Établissements Luchaire, la Société routière Colas, Foncina, "Au Bon Marché", la Société du grand hôtel de la Rive Gauche : "Hôtel Lutetia". Mais l'événement le plus important de l'année 1964 fut la décision prise par les associés de la Maison d'ériger en société distincte son département bancaire. Le principal artisan de cette opération fut M. Raymond Meynial. Il avait en effet senti que l'expansion future de la Banque dépendait des moyens dont elle disposerait. Il était donc nécessaire de sortir du giron de MM. Worms et Cie, société de personnes, l'activité des Services bancaires pour leur permettre un nouvel essor et, à plus ou moins brève échéance, faire accéder au marché financier la société qui allait être créée. M. Meynial, quelques années plus tard, a retracé lui-même les données du problème qui se posait alors avec acuité (voir "Entreprise" nunéro du 23 novembre 1968). « Pour nous, il n'y avait dans ces conditions qu'une solution : l'appel au grand public. Mais ce geste était impossible tant que nous demeurions en nom collectif. Par ailleurs, nous n'acceptions l'idée de nouveaux partenaires qu'à la seule condition que leur participation soit minoritaire. Entendons-nous bien, nous ne voulions cependant pas accepter ces simples cartes de visite que l'on corne et que l'on oublie. Cela étant, il était difficile de demander à des étrangers de nous apporter un milliard et demi d'anciens francs pour n'avoir que 7% du capital de la Banque Worms. C'est pourtant ce qu'il fallait obtenir. C'est à ce problème que je me suis attaqué, il y a six ans, après la mort d'Hypolite Worms et de Jacques Barnaud. » En deux étapes qui se suivirent à bref délai la Banque Worms vit le jour. Le 14 octobre 1964, la Société financière Worms et Cie fut créée en nom collectif entre MM. Worms et Cie, Madame Hypolite Worms, Messieurs Barnaud, Brocard, Herrenschmidt, Labbé et Meynial, au capital de 25 millions de francs et une prime de réserve d'égal montant. Les apports en nature qui lui étaient faits comprenaient : 50.000 actions de La Préservatrice AIRD, 10.000 actions de la Compagnie bancaire, 20.000 actions de CCFICA, 20.000 actions de Socantar et 6.175 actions de La Foncière. Par acte du 10 décembre 1964, la Société financière Worms et Cie, à la suite de l'apport que lui faisaient MM. Worms & Cie de leurs Services bancaires, prévu pour le 31 décembre au soir, donnait naissance à la Banque Worms et Cie, société en nom collectif entre les mêmes associés. Le fonds de commerce de banque était celui qui avait été constitué en 1928 par MM. Worms et Cie et exploité par la suite sous le n°200 de la liste officielle des banques. Le capital social était porté à 28 millions de francs et une prime de réserve d'un montant équivalent était constituée. Après cette dernière modification, MM. Worms et Cie étaient devenus purement et simplement une société holding, puisque leurs trois départements avaient été transformés en sociétés indépendantes : - les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime en 1945 déjà, - les Services maritimes et charbonniers en 1956, - et les Services bancaires en ce début d'année 1965. Pour la jeune Banque Worms, une plus grande ouverture vers l'étranger allait commencer. En septembre 1965, elle réalisait une implantation aux États-Unis sous le nom de Permal international Inc., à New York avec M. Jean R. Perrette à sa tête. En juin 1966, des accords de coopération étaient signés par Paribas et respectivement la Compagnie bancaire d'une part, le Crédit industriel d'autre part, et le Groupe Worms. A la suite de ces accords, la Banque foncière du Maroc (filiale de Paribas) et la Banque ottomane Maroc concentrèrent, début octobre 1966, leurs activités bancaires au sein de Worms et Cie (Maroc). Un autre accord bancaire intervint, en décembre 1966, entre le Crédit du Nord et la Banque Worms et Cie. Il était destiné à « promouvoir et réaliser en commun les opérations pour lesquelles leur coopération apparaîtra possible et souhaitable ». Cet accord allait déboucher en avril 1970, sur des prises de participations croisées. C'est ainsi que M. Louis de Fouchier, président du Crédit du Nord, vint alors siéger au conseil de la Banque Worms (devenue SA) et que M. Robert Dubost, directeur général de notre Banque, alla représenter celle-ci au conseil du Crédit du Nord. Le 31 décembre 1966, M. Pierre Herrenschmidt, associé-gérant de la Maison Worms et Cie, président des ACSM et de la SFTP, se retirait du Groupe ayant accompli les diverses missions qu'il avait menées à bien. Il allait être remplacé comme associé-gérant de MM. Worms et Cie par M. Guy Brocard. Comme l'avait dit M. Meynial, il ne suffisait pas seulement de créer une Banque Worms indépendante sous forme de société anonyme, mais il fallait aussi ouvrir son capital à des apports extérieurs. Par acte du 30 mars 1967, la Banque Worms et Cie, société en nom collectif, se transformait en société anonyme dont M. Raymond Meynial fut le premier président-directeur général, avec M. Guy Brocard comme Vice-président-directeur général et M. Robert Dubost comme directeur général. Cette transformation allait permettre d'associer à la Banque de puissants partenaires étrangers et de donner de cette façon à la nouvelle société les moyens nécessaires à son expansion. Le 17 avril 1967, deux grandes banques britanniques, la Bank of London & South America - Bolsa et la Bank of Scotland, prirent une participation de 10% chacune dans le capital de la Banque Worms, pour une somme de 5 millions de $ US, soit pour 30 millions de francs environ. Le communiqué français publié à cette occasion concluait en ces termes : « Cette coopération de nature internationale pourrait être éventuellement étendue à des établissements d'autres pays ». En effet, début septembre de la même année, on apprenait que les négociations menées par la Banque Worms avec la Hessische Landesbank Girozentrale de Francfort avaient abouti. Aux termes de l'accord intervenu, cette dernière allait souscrire à une augmentation de capital de la Banque Worms pour 10 millions de francs. Afin de renforcer la part française du capital et de créer ainsi une grande banque, M. Meynial mena dans le même temps des négociations avec la Sofibanque-Hoskier et la Banque industrielle de financement et de crédit - BIFC (ex-Bian) en vue de leur fusion avec la Banque Worms. Celles-ci faisaient apport de l'intégralité des valeurs de leurs patrimoines, tant actives que passives, et le 8 septembre 1967 le conseil de la Banque Worms approuvait les termes de cet accord. Pour arriver à une telle concentration, le capital de la Banque Worms fut d'abord élevé à 59.415.600 F, par incorporation de réserves, puis porté à 81.638.800 F par émission d'actions nouvelles souscrites en espèces par la Bolsa, la Bank of Scotland et la Hessische Landesbank Girozentrale, et enfin augmenté à 114.093.400 F par les apports à titre de fusion de Sofibanque-Hoskier et de la BIFC. Les opérations de fusion eurent même lieu avec effet rétroactif au 1er janvier 1967. Il avait suffi à M. Meynial et à ses partenaires de quelques mois pour promouvoir la Banque Worms au rang d'une des toutes premières banques d'affaires en France. En raison des apports de la BIFC, le nombre des agences de la Banque Worms s'est trouvé nettement renforcé. Aux agences de Marseille, Lyon et Lille, vinrent en effet s'ajouter celles du Havre, de Montpellier, de Nice et de Toulouse, plus celles exploitées par une filiale, la Société méditerranéenne de banque, situées à Ajaccio et Bastia. De même, à notre filiale d'Afrique du Nord, Worms et Cie-Maroc, vinrent s'adjoindre celles de la Banque industrielle de l'Algérie et de la Méditerranée (Biam) à Alger et de la Banque d'escompte et de crédit à l'industrie (BECI) à Tunis. A la fin de l'année 1967, le nouveau conseil d'administration de la Banque Worms était constitué de la façon suivante : Raymond Meynial : président-directeur général Guy Brocard : vice-président-directeur général Erwyn Marin : vice-président (ex-président de Sofibanque-Hoskier) Claude Tixier : vice-président (ex-président de la Bian) Jean Barnaud : administrateur Wilhelm Conrad : administrateur (président de la Hessische Landesbank Robert Labbé : administrateur Roger V. Low : administrateur (directeur de la Bolsa) Lord Polwarth : administrateur (gouverneur de la Bank of Scotland) Guy Taittinger : administrateur Jean Thierry : administrateur (ex-vice-président de Sofibanque-Hoskier) Monsieur Robert Dubost étant directeur général et MM. Pierre Bazy et Patrice Perrot de Corgnol, directeurs généraux-adjoints. Mais l'année 1967 avait vu aussi se fonder a Luxembourg l'Alexander Hamilton Fond, au capital de 10 millions de $ US, sous l'égide de la Banque Worms, la Bolsa, la Bank of Scotland, et la Svenska Handelsbanken. De même, dans le domaine du financement des exportations de biens d'équipement, la Banque Worms avait signé, pour le compte des Chantiers de La Ciotat, le premier crédit-acheteur monté en France et destiné à parfaire le financement de sous-marins commandés par le gouvernement du Pakistan. Un nouvel accord intervint, début juin 1968, entre la Banque Worms et l'une des grandes banques américaines, la Philadelphia National Bank. Cette dernière acquérait un peu plus de 7% du capital de la Banque Worms dont l'assemblée ordinaire des actionnaires du 27 juin 1968 entérinait la transaction et nommait au conseil d'administration M. G. Morris Dorrance Junior, président de la Philadelphia National Bank. En juin 1968 également, une convention passée avec le Crédit industriel et commercial et l'ensemble de son groupe, le Crédit commercial de France, le Crédit du Nord, la Banque de l'union parisienne, permettait, avec effets de réciprocité, à la clientèle particulière de la Banque Worms d'effectuer des prélèvements hebdomadaires aux guichets de cette importante chaîne de banques dont les implantations recouvrent toute la France. C'est aussi à cette époque que la Banque Worms s'intéressa à la création de sociétés de financements immobiliers, telles l'Union du crédit-bail immobilier Unibail ou la Compagnie pour le financement d'investissements immobiliers - Cofidim. De même à des Sicav telles Sélection-Rendement, Setilex ou Auxepi. Toujours au cours de l'exercice 1968, la Banque Worms acquit la majorité absolue de la société holding, Ateliers Moisant-Laurent-Savey" qui possédait elle-même d'importants intérêts dans Pechelbronn, Jaeger, et La Foncière-Vie. Elle devenait d'autre part l'un des principaux actionnaires de la Compagnie Saupiquet (par apport d'actions Cinal) qui est l'une des premières affaires de conserverie d'Europe. Sous l'égide de MM. Worms et Cie, l'assemblée générale extraordinaire du 1er juillet 1968 de Pechelbronn ratifiait la fusion-absorption de la Société des transports maritimes pétroliers - STMP dont l'actif comprenait, entre autres, cinq pétroliers en activité plus des acomptes sur trois en construction. Par cette concentration, le Groupe Worms consolidait sa position dans les transports maritimes et pétroliers et M. Raymond Meynial continuait à représenter les intérêts de la Maison au conseil de Pechelbronn. Il est aussi intéressant de rappeler ici qu'en octobre 1968, la Banque Worms et la Banque française du commerce extérieur, à la tête d'un consortium de banques françaises, accordèrent un prêt de 29,5 millions de $ US pour la réalisation d'un complexe pétrochimique au Brésil (Petroquimica Uniao) près de Sao Paulo. Le financement prévu pouvait atteindre jusqu'à 150 millions de $ US pour des investissements pouvant s'élever jusqu'à 250 millions de $ US. Pour accentuer l'ouverture vers l'étranger, la Banque Worms créait, en avril 1969, une filiale bancaire en Suisse, à Genève, sous la raison sociale Banque Worms et Associés (Genève) SA. Y participaient la Bank of Scotland, la Hessische Landesbank Girozentrale et le Crédit du Nord. Le président en était M. André Fatio, ancien associé de la Banque Hentsch et Cie, le vice-président, M. Pierre Bazy et le directeur général M. Jacques Mathenet. Le 12 mai 1969 voyait le jour un nouveau fonds d'investissements Haussmann Holdings NV, société anonyme des Antilles néerlandaises, sous l'égide de la Banque Worms et avec la participation d'un groupe international de banques : Bank of London & South America (Londres), Svenska Handels Banken (Stockholm), Crédit du Nord (Paris), Bordier et Cie (Genève), Banque de gestion privée (Paris), Promofina SA (Genève). Dès 1969, une nouvelle politique de renforcement du nombre des guichets de la Banque Worms, hors Paris, prit corps. Deux agences furent alors créées : à Rungis - au coeur du marché d'intérêt national ; à Lyon dans le centre commercial de la Part-Dieu qui venait d'être construit. L'année 1970 commençait par la cooptation de M. Guy Taittinger comme associé-gérant de MM. Worms et Cie et par le remplacement de Madame Hypolite Worms par son petit-fils M. Nicholas Clive Worms, en qualité d'associé-commandité. En janvier également, des négociations étaient en cours entre, d'une part Pechelbronn, Rothschild et Worms et, d'autre part, l'organisme d'État Elf-Erap pour la cession à ce dernier de la quasi-totalité des titres de la Société Socantar détenus par les trois premières sociétés. Cette vente allait se réaliser par paiement pour partie en titres (Pechelbronn, Société française de transports pétroliers, Société nationale des pétroles d'Aquitaine) et pour partie en espèces avec échelonnement jusqu'au 30 juin 1973. Par cette transaction le Groupe Worms acquérait la totalité du capital de la SFTP (jusque-là société d'économie mixte dont l'État possédait 30%) et le contrôle de la société Pechelbronn. Cette dernière devenait une société holding à la suite de la cession par la Banque Worms à MM. Worms et Cie de l'ensemble des titres Pechelbronn contre des titres de La Préservatrice AIRD, Compagnie bancaire, Biam, Portefeuille-Investissement et Le Nickel. M. Guy Brocard, qui était administrateur de Pechelbronn, en devenait le président. A la même époque, la Banque Worms échangeait la participation qu'elle possédait dans "Au Bon Marché" contre celle que celui-ci avait dans la Banque de l'union occidentale - BUO ; elle devenait ainsi l'actionnaire majoritaire de la BUO, en détenant 71,5% de son capital. Pour renforcer encore sa présence à l'étranger, la Banque Worms participa en février 1970 à la création de l'Internationale Bank für Aussenhandel AG, à Vienne, (spécialisée dans les opérations avec les pays de l'Est), ceci en compagnie de la Hessische Landesbank Girozentrale, de la Philadelphia National Bank, de la Bankkommanditgesellschaft AG, de l'Osterreichische Credit-Institut AG et de la Bank für Arbeit und Wirtschaft AG. En Australie, elle entrait dans le capital de l'Australian Finance and Investment Co. - Afic, conjointement avec la Philadelphia National Bank. Les actionnaires principaux de l'Afic étaient la Sagit Trust et la Hambros Bank de Londres. L'assemblée du 14 mai 1970 de la Banque Worms autorisait l'élévation du capital jusqu'à un montant de 250 millions de francs. Dans un premier temps, une souscription fut ouverte le 30 septembre et le capital porté à 152.124.500 F, ce qui assura des fonds propres de l'ordre de 219 millions à la Banque. Et le 15 décembre, l'action de la Banque Worms était introduite au marché officiel de la bourse de Paris. Ainsi M. Meynial avait mené à bien le programme qu'il s'était fixé dès 1962. Dans des délais raisonnables il avait pu faire appel au marché financier pour procurer à la Banque de nouveaux capitaux destinés à soutenir sa rapide progression. En février 1971, la Banque Worms devenait l'actionnaire majoritaire de la Sofapi (Société pour favoriser l'accession à la propriété) et acquérait le contrôle de la Sofet-Sofidi dont l'objet est le financement de l'industrie et du commerce cinématographiques. Des participations entièrement nouvelles ont également été prises à la même époque dans la Société nationale industrielle aérospatiale - Snias, dans les Établissements G. Truffaut (parmi les plus importants de la profession horticole), dans la Société crédit-bail Haussmann, dans la Société d'exploitation "Hôtel Concorde-Lafayette", dans la Compagnie financière de promotion et dans bien d'autres sociétés encore. C'est l'époque aussi où les Assurances générales de Trieste et Venise ayant cédé au Groupe Worms leurs participations dans La Foncière, celui-ci détint désormais, directement ou indirectement, le contrôle de cette compagnie. D'autre part, à la suite de l'entrée du Groupe Worms dans la société Lebon et Cie, celle-ci devint une société anonyme - le 4 mai 1971 - sous la dénomination Compagnie Lebon et son capital fut porté à 79,5 millions de F. Le nouveau président-directeur général de la Compagnie Lebon fut alors M. Patrice Perrot de Corgnol, directeur général adjoint de la Banque Worms. En mai 1971, M. Robert Dubost devenait administrateur-directeur général de la Banque Worms et M. Pierre Bazy, directeur général. En juin de la même année, la Compagnie financière de Paris et des Pays-Bas et le Groupe Worms prenaient la décision de créer une nouvelle unité de banques commerciales par le rapprochement du Crédit du Nord avec la Banque de l'union parisienne sous la raison sociale Union bancaire. Le Groupe Worms détient 10% du capital de l'Union bancaire qui dispose d'un réseau de plus de 700 guichets en France. Dans le même temps, notre Banque a participé à la fondation du Groupement pour le financement des ouvrages de bâtiment, travaux publics et activités annexes - GOBTP, ainsi qu'à la constitution avec la FNSaga de la Caisse de crédit aux professions de l'assurance et libérales - Crépal. Au mois d'août 1972, en accord avec la Banque de l'Indochine, le Ciave, la Philadelphia National Bank et Arbuthnot Latham & Co., la Banque Worms participait à la création de Multi-Crédit Corporation en Thaïlande, Société de financement et d'investissements pour le sud-est asiatique. La Banque Worms créait, d'autre part, en novembre 1972, un bureau à Londres, sous la raison sociale Worms UK Limited, dont la direction fut confiée à M. Jean Sevaux. Sur le plan international, en association avec la Philadelphia National Bank, Arbuthnot Latham and Co. et la Lease Plan International, notre Banque fondait, en décembre de cette même année, la Concord International SA, destinée à constituer un réseau de sociétés de leasing mobilier en Europe et aux États-Unis. Conjointement avec Concord-International, la Banque Worms constituait la filiale française de son partenaire Concorde Équipement, dont M. Raymond Meynial assuma la présidence. A la fin de février 1973, un investissement conséquent fut réalisé par la Banque dans le secteur de l'alimentation. De concert avec sa filiale Pechelbronn, elle s'assura de la majorité du capital, à 50,5%, de la société Lu, Brun & Associés, la plus importante affaire française de biscuiterie dont le chiffre d'affaires se situe autour de 250 millions. Le financement à la construction retint aussi l'intérêt de notre Banque à cette époque ; c'est ainsi qu'elle créa alors la Copartim, et entra dans les sociétés-soeurs, Rhonalcop et Sogerep. Sur le plan international, au cours du mois de juillet 1973, la Banque Worms prenait une participation de 10% dans le capital de l'International Energy Bank Ltd, dont elle était l'un des cofondateurs avec la Société financière européenne, la Bank of Scotland, la Barclays Bank International Ltd, la Canadian Imperial Bank of Commerce et la Republic National Bank of Dallas. Avec le Ciave, des financements nouveaux furent mis sur pied dont ceux de 27 millions de $ US pour la construction de la plate-forme '"Pentagone" destinée aux recherches pétrolières en mer du Nord. L'une des filiales du Groupe Worms, la Société du Louvre, à la suite de la cession de l'immeuble place du Palais-Royal à une société britannique et de diverses opérations financières, est devenue propriétaire de 92% du capital de la Société des hôtels "Concorde" et de 64% de celui de la Société du grand hôtel de la Rive Gauche : "Hôtel Lutetia". En janvier 1974, la Banque participait a la création à Koweït de la société International Financial Advisors - Ifa, avec le concours de Robert Fleming Holdings Ltd, Londres, et de William Kent & Co., à Greenwich - USA. Son objet était d'étudier et de réaliser les financements dont les gouvernements et les sociétés du monde arabe pourraient avoir besoin. Mais l'année 1974 fut également marquée par un événement important au sein de la Banque. A l'occasion de l'assemblée générale ordinaire du 21 mai 1974, M. Raymond Meynial, l'un des fondateurs des Services bancaires et de la Banque Worms et son premier président, exprimait son désir de ne plus voir renouveler ses fonctions de président. Il a été nommé à juste titre président d'honneur et M. Guy Taittinger a été appelé à lui succéder à la présidence. M. Meynial, au cours de l'allocution qu'il fit à cette occasion, a tracé les étapes de l'expansion extraordinaire qu'a connue la Banque de la Maison. Voici quelques passages de son discours : « Je l'ai connue quand elle était un établissement où quelques dizaines d'employés étaient occupés ; elle en compte aujourd'hui 1.300. Les chiffres qui vont suivre parlent d'eux mêmes : - le total du bilan qui, en 1936, s'élevait à 3 millions et demi est passé en 1944 à 21 millions, en 1973 à 6.500 millions. Les dépôts de la clientèle et des banques, qui, en 1936, s'élevaient à 2 millions sont passés à 680 millions en 1960 et 5 milliards en 1973. Comme vous le voyez, ces quelques chiffres montrent le développement extraordinaire de la Banque au cours de ces trente-cinq dernières années. ... Après avoir ainsi réorganisé, par l'ouverture de nouvelles succursales et l'adjonction des succursales de la Bian, notre implantation en France (je vous indique qu'en 1940 nous étions seulement installés à Marseille et que nous le sommes maintenant dans toutes les principales métropoles régionales), nous avons voulu nous implanter à l'étranger. C'est ainsi qu'au lieu de nous établir directement aux États-Unis, en Angleterre, en Écosse et en Allemagne, nous avons offert à une grande banque de chacun de ces pays de participer à notre entreprise et de prendre une part de son capital que nous avons fixée à 7% environ. Chacune d'elles est représentée à notre conseil et nous sommes très heureux de cette nouvelle formule (qui a été reprise par d'autres depuis) et qui nous a permis de développer par une fructueuse coopération notre activité internationale. Quelques chiffres encore vous donneront une idée de la progression de nos opérations internationales : - les comptes en devises gérés par la Banque sont passés de 143 millions en 1963 à 1.588 millions en 1973 ; nos mouvements de comptes change sont passés de 6 milliards en 1953 à 42 milliards en 1973 ; les produits en devises sont passés de 3 millions en 1953 à 16 millions en 1973 ; enfin, l'encours des grands crédits extérieurs est passé de 107 millions en 1953 à 518 millions en 1973. Mais ce bref exposé ne serait pas complet si je n'essayais de décrire rapidement les activités de la banque d'affaires, parallèles à celles de notre banque commerciale et issues de son développement. Au moment de la création de la Banque, la valeur des actifs immobilisés était inexistante. Aujourd'hui, ils sont de l'ordre de 350 millions de nos francs. Les chiffres que voici permettent de suivre leur progression : 1945 :      6.500.000 francs actuels 1962 : 140.000.000 de francs actuels 1974 : 350.000.000 de francs actuels Je me bornerai donc à parler des quelques premiers mois de l'année en cours. Tout d'abord les dépôts ont continué à progresser passant de F 4.986.000.000 au 4 janvier 1974 à F 5.525.000.000 au 31 mars, soit un accroissement de 12 à 13% (en trois mois). » En mai 1974 également, la filiale marocaine de la Banque, Worms et Cie - Maroc, fusionnait (avec effet rétroactif au 1er janvier) avec la Banque de Paris et des Pays-Bas - Maroc, dans le but de renforcer ses moyens d'action avant la marocanisation légale qui devait se faire avant mai 1975. La raison sociale fut transformée en Société marocaine de dépôt et de crédit (SMDC). Le président en fut M. Abdelkader Ben Salah et les vice-présidents, M. Henri Marot (Worms) et M. Paul-Louis Péan (Paribas). En avril 1975 la marocanisation était terminée et le capital de 9.072.000 DH se trouvait détenu à hauteur de 50% par des personnes marocaines, 20,55% par la Banque Worms, 20,55% par Paribas et 8,90% par la Banque ottomane, l'Union bancaire et la Hessische Landesbank Girozentrale. A compter du 1er juillet 1974, le capital de la Banque Worms fut porté à 171.140.000 millions de francs par incorporation de réserves. En octobre de la même année fut créée la société Worms Finance NV, filiale à 100% de la Banque, société financière dont le siège est à Curaçao aux Antilles néerlandaises et dont l'objet est de faciliter des opérations internationales. Il est bon de rappeler aussi, comme exemple des nombreux crédits à l'exportation que la banque fut appelée à monter le financement de la construction à Taïwan Roc d'une usine de séparation de xylène d'un montant de 30 millions de $ US. Mais l'année 1974 a été aussi marquée par un nouveau deuil. M. Robert Labbé, associé-gérant de MM. Worms et Cie, président de Worms Compagnie maritime et charbonnière et de la Compagnie navale et commerciale péninsulaire, décédait le 27 août. Il fut remplacé par M. Nicholas Clive Worms au conseil de cette dernière le 8 octobre et au conseil de la Banque Worms le 26 septembre. La direction générale de la Banque se trouva renforcée à la fin de 1974 par la nomination de deux nouveaux directeurs généraux adjoints : M. Henri Marot et M. Claude Janssen. Et l'assemblée générale extraordinaire du 22 mai 1975 autorisa le conseil à porter le capital à 350 millions de francs en une ou plusieurs fois. On peut noter à la fin de 1975 que le département du commerce extérieur de la Banque avait augmenté ses interventions de 40% et qu'ainsi l'encours des crédits fournisseurs et acheteurs dépassait les 850 millions de francs. En 1975, de nouvelles participations ont été prises et de nouvelles affaires créées. Ainsi Worms-Pierre, société civile de placements immobiliers, a été fondée en septembre avec le concours de la Banque de l'union occidentale - BUO, de La Foncière, de La Populaire et de La Préservatrice. Une première augmentation de capital d'un montant de 15 millions de francs eut lieu entre novembre 1975 et mars 1976. La direction générale de la Banque a d'autre part décidé d'acquérir 5.000 actions de La Redoute de Roubaix et même d'accroître cette participation qui fut effectivement renforcée en 1976 de 4,6 millions de francs. Le 28 janvier 1976 était fondée au Brésil la société Brasilinvest (dont le capital a été porté en mai à 200 millions de Cruzeiros) dans le but de favoriser les apports en capitaux et en technologie à l'économie brésilienne. Le Groupe Worms prit une participation dans cette affaire et se fit représenter au Brésil par M. Patrick Lamotte. Au mois d'octobre de cette même année, la Banque acquit 20% puis 62% environ du capital d'un établissement bancaire étranger établi à Paris, La Société mutuelle industrielle, au capital de 10 millions de francs. Les deux autres actionnaires sont les groupes Solvay (Belgique) et Gillet (France). M. Robert Dubost, vice-président de la Banque Worms, a été appelé à la présidence de cette société. Parmi les autres participations réalisées en 1976, citons encore celles prises dans le Banco de Vizcaya, les Établissement Carpano Pons et Electrolux dont la Banque a acquis 50.000 actions pour près de 5,7 millions en vue de développer les relations avec cet important groupe suédois. La Banque avait lancé, dès février 1976, un emprunt obligataire de 100 millions de francs qui allait lui assurer un accroissement égal en concours hors-encadrement. A la fin décembre 1976, on apprenait que M. Nicholas Clive Worms prenait la présidence de la société Pechelbronn, l'une des sociétés holdings du Groupe - et que M. Pierre Bazy était coopté comme associé-gérant de MM. Worms et Cie à partir du 1er janvier 1977. En février 1977 la Banque Worms et la Banque provinciale du Canada décidèrent d'établir des relations privilégiées entre elles. Pour concrétiser un tel accord, la Banque provinciale du Canada prit une participation de 20% dans le capital de la Banque de l'union occidentale - BUO, filiale de la Banque Worms à une large majorité. Au moment de l'assemblée générale ordinaire des actionnaires de la Banque Worms, du 26 mai 1977, le conseil d'administration de celle-ci était composé de : R. Meynial : président d'honneur G. Taittinger : président-directeur général R. Dubost : vice-président C. Tixier : vice-président (ex-président de la BIFC, ex-Bian) J. Barnaud : administrateur G. Brocard : administrateur N. Clive Worms : administrateur Lord Clydesmuir : administrateur (gouverneur de la Bank of Scotland) GM. Dorrance Jr. : administrateur (président de la Philadelphia National Bank) L.C. de Fouchier : administrateur (président du Crédit du Nord) M.R. Luthert : administrateur (directeur division Europe de la Lloyds Bank international Ltd) Dr H. Sippel : administrateur (président du Vorstand de la Hessische Landesbank) Et la direction générale de la Banque de : G. Taittinger : président-directeur général P. Bazy : directeur général (ex-directeur général de Sofibanque-Hoskier) C. Janssen : directeur général adjoint H. Marot : directeur général adjoint Au cours de la réunion du conseil d'administration tenue à l'issue de l'assemblée, il a été décidé d'augmenter le capital social de la Banque de 171.140.000 de francs à 205.368.000 de francs par incorporation d'une somme de 34.228.000 de francs prélevée sur les réserves et création de 342.280.000 actions nouvelles attribuées gratuitement aux actionnaires à raison d'une pour cinq anciennes. En février 1977, on apprenait que la Banque Worms avait participé à la constitution, en date du 2.12.1976, du groupement d'intérêt économique (GIE), Finecomap, en compagnie de la BNP, de la Banque Rothschild et de Paribas. Le groupement a pour objet la mise sur pied de financements spécialisés pour la réalisation d'économies sur les importations de matières premières et pour la mise en valeur de ressources nationales de remplacement. C'est au début d'octobre de la même année que la société Finacrans, filiale à plus de 99% de Pechelbronn, elle-même contrôlée à 53% par la Banque Worms, prit le contrôle de la Société financière du Dauphiné (ex-Financière Valisère), société holding d'un groupe bonnetier français, déjà implanté aux États-Unis. Toujours en octobre la Banque s'assura le contrôle de la société Edic (Entreprise de développement industriel et commercial) dont l'activité est centrée sur les conseils et l'assistance dans les domaines juridiques, économiques et financiers aux sociétés étrangères désirant s'implanter au Brésil. Le bureau de Rio de Janeiro est animé par M. André Rosenthal et celui de Sao Paulo par M. Patrick Lamotte qui a quitté Brasilinvest. Le 29 novembre 1977 étaient signés à Bahreïn les contrats ayant trait à la construction d'un hôtel de luxe de 384 chambres au centre de Manama sur le front de mer. La coordination du projet et de son financement a été assurée par la Banque Worms qui fut ainsi amenée à mettre en place un crédit-acheteur de 118.000.000 francs complété par un prêt à moyen terme de 20.500.000 dollars. Le groupe de banques dont la Banque Worms est le chef de file comprend la national Bank of Kuwait SAK, la Chartered Bank Bahrain, Abu Dhabi Investment ??. En même temps la Banque Worms, par l'entremise de sa filiale, la Banque de l'union occidentale - BUO, présidait à la création de la Société bancaire arabe. Indiquons enfin que durant l'année 1977, Permal, à New York, a créé une société spécialisée pour les investissements industriels européens aux États-Unis, sous la raison sociale Worms American Capital Corporation - WACC, qui joue le rôle d'une "Investment Banking Firm" américaine. Nous avons retracé jusqu'ici la façon dont la Banque Worms, entre 1962 et 1978, s'est rapidement transformée et avons montré comment elle a progressivement pris pied dans un bon nombre de régions du globe. Il nous reste à évoquer brièvement l'histoire de son implantation en province. L'agence d'Alger qui, sous la pression des événements était devenue Worms et Cie-Algérie en juin 1952, puis la Biam, Banque industrielle d'Afrique et de la Méditerranée, en décembre de la même année, avait dû se résoudre à cesser son activité en mai 1958 en souscrivant un accord avec la Banque extérieure d'Algérie. A cette époque la Banque Worms possédait en province les agences de Lille, Lyon et Marseille - fondées par elle - et les agences du Havre, de Montpellier, Nice et Toulouse - acquises par apport-fusion de la BIFC (ex-Bian). La France avait alors entrepris une politique d'émancipation et d'indépendance des territoires africains. Aussi les dirigeants de la Banque Worms décidèrent-ils de concentrer sur le territoire national leurs efforts en vue d'y établir de nouvelles implantations. Ils demandèrent à M. Robert Dubost et à M. Henri Marot - revenu de Casablanca pour prendre la tête de la direction des agences - d'entreprendre une politique d'ouverture de nouveaux guichets bancaires dans les principales métropoles du territoire national. Dès mars 1969, l'agence de Lyon créait un nouveau bureau : l'agence Lafayette - dans le centre commercial de la Part-Dieu en pleine rénovation. Le 1er décembre 1970 l'agence de Grenoble voyait le jour et le 2 décembre (date symbolique) la Banque Worms, en absorbant sa filiale SMB (Société méditerranéenne de banque) incorporait à son réseau les agences d'Ajaccio et de Bastia et les bureaux temporaires de Propriano et de Ghisonaccia. Au cours de l'année 1971 trois nouvelles agences furent fondées; l'une à Saint-Étienne le 15 avril, les autres à Rouen le 15 novembre et à Nantes le 1er décembre. L'agence de Nice doublait ses moyens d'exploitation en créant une nouvelle implantation plus centrale - avenue Jean Médecin - le 13 mars 1972. Et le 20 novembre de la même année, l'agence de Bordeaux ouvrait ses portes à la clientèle. Dans le nord une nouvelle agence était créée le 2 janvier 1973 à Roubaix. A Montpellier l'activité de l'agence était transférée dans des locaux modernes - bd Ledru Rollin - début juillet 1974 et en octobre suivant, un bureau Aristide Ollivier mettait ses nouveaux guichets à la disposition de la clientèle. En 1975 les agences de Rouen et de Grenoble ouvraient simultanément, le 15 décembre, des bureaux de quartier, la première avenue Pasteur, la seconde rue de la République. Dans le centre, l'agence d'Orléans était créée le 1er juillet 1975 et dans le nord celle de Tourcoing - dépendante de l'agence de Roubaix - le 3 novembre de la même année. Actuellement M. Salvi dirige l'agence d'Ajaccio, M. Alessandri celle de Bastia, M. Rabault celle de Bordeaux, M. Vincent celle de Grenoble, M. Boquet celle du Havre, M. d'Herbecourt celle de Lille, M. Treppoz celle de Lyon, M. Loze celle de Marseille, M. Pechoux celle de Montpellier, M. Giraud celle de Nantes, M. Odelin celle de Nice, M. Guilleminet celle d'Orléans, M. Llorac celle de Roubaix-Tourcoing, M. Hubac celle de Rouen, M. Migeon celle de Saint-Étienne, M.Guéritault celle de Toulouse. En dehors des succursales de province la Banque possède des agences à Paris et dans la région parisienne. Elles ont été ouvertes : - à Rungis le 3 mars 1969 (M. Berthelot - directeur) - à La Muette le 9 août 1971 (M. Thévenot - directeur) - à Montparnasse le 27 mars 1972 (M. Carton - directeur) - à Vélizy le 28 juillet 1972 (M. Fayen - directeur) - à Puteaux le 18 avril 1977 (M. Bellard - directeur) Durant la même période 1962-1978 les autres sociétés du Groupe Worms poursuivirent leur métamorphose. Au sein de Worms Compagnie maritime et charbonnière : la direction générale des Services combustibles dont M. Michel Leroy était la tête, accélérait le transfert de son activité charbonnière vers celles qu'offraient la manutention, le fuel et le gaz, butane et propane. Alors qu'en 1948 sur des ventes de combustibles d'environ un million de tonnes, les combustibles liquides et gazeux ne représentaient même pas 10% de ce chiffre, en 1972 ces derniers avaient atteint, sur 1,1 millions de combustibles vendus en métropole, un pourcentage de l'ordre de 80% : pour illustrer cette évolution marquante voici quelques chiffres repères pour la métropole : Charbons (métropole) Combustibles liquides Combustibles gazeux 1962 408.458 T 78.933 T 12.023 T 1965 488.376 T 149.401 T 16.713 T 1972 277.899 T 766.177 T 36.750 T De la dizaine d'agences qui assuraient précédemment la vente directe du charbon il ne subsistait en 1976 plus que trois : Bayonne, Rouen et Marseille. Par contre il avait été créé des sociétés régionales de vente, filiales de Worms CMC, comme la Société bordelaise d'exploitation de combustibles - Sobeco à Bordeaux et Les Combustibles de l'Ouest - LCO, à Nantes. Pour les combustibles liquides (fuel) et gazeux (butane-propane) les centres de vente sont nombreux et se situent à Bayonne, Bordeaux, Le Havre, Caen, Marseille, Nantes, Tours, le Mans, Rouen, Elbeuf, Louviers, Nancy et naturellement Paris. Au cours de l'exercice 1972, en vue de résoudre le problème du ravitaillement en fuel devenu difficile, les Services combustibles créèrent avec la société Esso Standard SAF une filiale commune au nom de Worms Distribution, dont M. Robert Labbé fut le premier président. Pour la vente du gaz, Worms CMC racheta, en association avec Antar et Rhin-Rhône, la société Sogal. Depuis le 1er juillet 1977, le Groupe Worms dispose de sa propre société de distribution des gaz butane et propane sous la raison sociale Worms Gaz, dont le président est M. Albert Bosmans. D'autre part, l'activité de la manutention reprit vie. Les tonnages manutentionnés peur les services publics, après avoir enregistré une baisse sensible, en particulier au Havre, ont augmenté dans des proportions spectaculaires depuis la crise du pétrole. Les déchargements des tonnages destinés au Havre à Électricité de France et qui dépassent présentement 4.000.000 de tonnes par an, sont effectués par le truchement d'une filiale : la Chamar (Compagnie havraise de manutentions rationnelles). Quant aux Services maritimes, à la suite des événements survenus en Méditerranée de 1956 à 1962 et des difficultés que rencontrait l'exploitation directe de leur flotte, ils prirent la décision de vendre progressivement leurs navires entre 1962 et 1968 et d'orienter leurs activités vers la consignation et les transports terrestres. Sous l'impulsion de leur directeur général, M. Jean Bucquet, ils amorcèrent leur reconversion. Les consignations obtenues entre 1960 et 1970 ont marqué une progression notoire et les représentations des car-ferries Thoresen, de Moore Mc Cormac" (containers) et des European Ferries méritent d'être signalés. Depuis, la nouvelle société Worms Services maritimes est devenue l'agent des principaux armements du monde entier tels : American Export Lines, Johnson Scanstar, Malaysian International Steamship Corporation, Nippon Yusen Kaisha (NYK), Niver Lines, Turkish Cargo Lines, etc. De 1962 à 1968, également, les Services maritimes s'intéressèrent à plusieurs sociétés de transports routiers spécialisés, frigorifiques en particulier. A partir de 1964 une association fut conclue avec des sociétés comme : - Sancier et Cie, spécialiste des transports par route de denrées périssables sous température dirigée, ceci tant en France qu'en Europe, - Galopin SA, spécialiste des transports sous température dirigée des produits laitiers, viandes, salaisons, surgelés et primeurs. Sous la responsabilité de M. Jacques R. Masson, de nouveaux accords eurent lieu avec les sociétés : - Eurotransit SA dont l'activité comprend le groupage et la distribution pour toute l'Europe, l'entreposage frigorifique, la gestion de stocks, l'agence en douane et les expéditions maritimes. - Alamassé, Bulle et Cie, depuis 1972. Cette dernière est spécialisée également dans la distribution régionale de toute denrée périssable, l'entreposage et le transit dans toute la France. Ces divers accords et prises de participations aboutirent en 1973 à la création d'un groupement d'intérêt économique sous le nom de Transports frigorifiques européens, qui regroupe les quatre sociétés précédentes. Ce nouveau GIE dispose d'un parc de 400 véhicules et de 40.000 m2 d'entrepôts frigorifiques en France et à Kehl. Il possède en outre un service affrètement avec un bon réseau de correspondants en France et à l'étranger. Finalement, la constitution de sociétés distinctes comme Worms Distribution en 1972 et Worms Services maritimes en 1975, ainsi que l'intéressement pris dans des sociétés de transports routiers, modifièrent profondément la structure de Worms Compagnie maritime et charbonnière. Au lieu de l'articulation précédente de deux directions générales autour d'un siège social, Worms CMC est devenue une société holding regroupant un certain nombre de filiales. - Worms Services maritimes, SA présidée par M. Jean Bucquet, - Services combustibles, propriété de Worms CMC mais filiale de facto dont la direction est assumée par M. Albert Bosmans, - filiales routières regroupées au sein du groupement d'intérêt économique Transports frigorifiques européens,présidé par M. Jacques Masson, qui est assisté de M. Robert Diemert, président d'Alamassé, Bulle et Cie et d'Eurotransit. Les jours des Ateliers et Chantiers de Seine-Maritime, du Trait - ACSM, étaient comptés depuis que le gouvernement avait établi un plan de concentration des chantiers navals en France. M. Hypolite Worms avait eu encore le plaisir d'assister avant sa mort à l'établissement des plans du futur méthanier "Jules-Verne", premier navire français de cette nature et deuxième dans le monde. Commandé ferme en 1962 aux ACSM pour la compagnie Gaz-Marine, il était lancé le 8 septembre 1964, et entrait en service en mars 1965 entre Arzew, terminal du gaz d'Hassi-R'Mel (Algérie) et le Havre. Avec ses 201 m de long, 24,70 m de large, sa vitesse de 17 noeuds et ses sept citernes, il pouvait transporter 25.500 m3 de gaz liquéfié à -161°, soit en fin de compte 15.300.000 m3 de produits gazeux. Parmi les dernières belles unités construites par les ACSM, il faut encore citer la "Ville-de-Bordeaux" lancée le 6 août 1964 et la "Ville-de-Lyon" lancée en décembre 1965, toutes deux acquises par la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire. Pour répondre aux directives imparties par le gouvernement, des pourparlers en vue d'une fusion furent entrepris avec les Chantiers navals de La Ciotat dès la fin de 1965. En mars 1966 la restructuration des deux chantiers - ACSM et CNC - était entreprise et lors de l'assemblée générale à caractère constitutif du 15 mai 1965 des Chantiers navals de la Ciotat, la fusion par voie d'absorption des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime se trouvait réalisée avec la dissolution de plein droit de ces derniers. Ainsi les ACSM, après avoir été créés par M. Hypolite Worms en 1916 à la demande du gouvernement, disparaissaient en 1966 sur intervention des pouvoirs publics. Mais pendant cinquante ans ils rendirent de notables services à la Marine française et même étrangère. Il faut cependant souligner que les techniques mises au point par les ACSM pour le transport des gaz ont survécu à la disparition des chantiers eux-mêmes. Elles ont été reprises et perfectionnées par la société Gaz Transport, SARL créée le 25 octobre 1965 dont l'animateur et le gérant est M. Auguste Gilles. Gaz Transport est une société d'engineering naval dans le domaine des techniques de constructions de navires transporteurs de gaz liquéfié et tout particulièrement de gaz naturel liquéfié. La flotte méthanière mondiale, à la fin de 1977, comprenait 71 unités en service, en construction ou en commande dont 25 (soit 37% environ) étaient ou allaient être construits suivant une technique Gaz Transport. Ces 25 méthaniers ont tous été commandés par d'importantes sociétés tant américaines, japonaises que suédoises et françaises. Les diverses sociétés d'armement maritime rattachées au Groupe Worms avaient chacune continué leur exploitation propre depuis 1962. Pour faire face à la concurrence et aux besoins de plus en plus spécialisés des transports par voie de mer, un important processus de restructuration des sociétés navales du Groupe fut entrepris et mené à terme le 6 décembre 1971. A cette date la Compagnie havraise et nantaise péninsulaire devenait une société holding sous la raison sociale Compagnie navale Worms, cotée en bourse, dont le capital était de 69.587.100 F et les fonds propres de 245 millions. M. Robert Labbé assumait la présidence ayant à ses côtés M. Jean Barnaud comme vice-président. La Compagnie navale Worms n'est pas directement propriétaire de navires ; elle détient par contre de nombreuses participations dans le secteur maritime et contrôle ainsi une vingtaine de filiales françaises ou étrangères. La principale de celle-ci est la Société française de transports maritimes, non cotée en bourse, au capital de 98.400.000 F, propriétaire à la date du 6/12/1971 d'une flotte de 44 navires pétroliers, transporteurs de vrac, cargos de ligne, navires spécialisés, navires réfrigérés, caboteurs, d'un port en lourd total de 1.115.000 tonnes. Elle allait prendre livraison sur les trois années à venir de 13 nouveaux navires d'un port en lourd supplémentaire de 915.000 tonnes environ. Son président est M. Jean Barnaud. La Société française de transports maritimes - SFTM possède elle-même quatre filiales directes. Les trois premières ont pour objet l'armement et l'exploitation technique et commerciale de sa flotte. Ce sont : - la Société française de transports pétroliers - SFTP pour les navires transporteurs d'hydrocarbures et de produits chimiques - la Navale et Commerciale havraise péninsulaire - NCHP pour les cargos de lignes régulières et les navires réfrigérés - la Société nantaise des chargeurs de l'Ouest - SNCO pour les navires spécialisés, transporteurs de vrac et caboteurs - la quatrième, la Compagnie de transports maritimes pétroliers - CTMP gère et exploite à cette date, en liaison avec la SFTP, une flotte de six navires pétroliers, d'un port en lourd total de 495.000 tonnes, appartenant à la société Pechelbronn, autre société du Groupe qui avait absorbé par voie de fusion la Société des transports maritimes pétroliers - STMP en mai 1968. La Compagnie de transports maritimes pétroliers attendait alors livraison d'un navire supplémentaire de 240.000 tonnes. Le chiffre d'affaires traité par la Société française de transports maritimes dépassait, pour 1971, 350 millions de francs pour un cash-flow de l'ordre de 85 millions. Les autres filiales de la Compagnie navale Worms, de taille plus modeste, peuvent se répartir en trois groupes. Filiale de l'océan Indien, à Djibouti, Madagascar, les Comores, la Réunion, l'Ile Maurice, exploitant un réseau d'agences et de services de transit, de manutention, d'entreposage lié aux lignes régulières du Groupe, et aussi une flotte de caboteurs assurant la liaison dans cette zone Filiales de la région nantaise assurant diverses activités de services et exploitant également une flotte de caboteurs sur des trafics nationaux et internationaux Filiales internationales, en association avec des armateurs étrangers, pour l'exploitation de navires en général spécialisés, en particulier avec le groupe Feronia International Shipping - Fish qui a développé très rapidement une activité de services des forages côtiers ou en mer au moyen de navires spéciaux. Compte tenu du retrait de certaines unités âgées, le Groupe Worms allait contrôler en 1975 une flotte moderne d'un tonnage d'environ 2.800.000 tonnes, répondant parfaitement à la tendance du transport maritime : prépondérance en tonnage de pétroliers, croissance des grands transporteurs de vrac, modernisation d'une flotte de cargos. Cette diversification et les nombreux accords conclus avec des armateurs français et étrangers doivent permettre, malgré les risques inhérents à l'industrie maritime, un développement harmonieux à la Compagnie navale Worms qui se situe parmi les premières compagnies navales en Europe. Mais la coordination et le regroupement ne furent pas l'apanage des seules compagnies maritimes du Groupe. Le secteur des assurances bénéficia également d'une solide restructuration. La compagnie La Préservatrice dont le conseil avait été présidée par M. Robert Cousin de 1940 à la mort de celui-ci en 1966, voyait .accéder à cette date M. Raymond Meynial à la présidence. Avec le concours de M. Guy Taittinger, administrateur, et de M. Guillaume Legrand, directeur général, un plan de restructuration du groupe de La Préservatrice fut alors élaboré. En 1973, ce plan fut réalisé, notamment avec la contribution de M. Jean Schoenlaub, directeur financier. Une nouvelle société exploitante fut créée au capital de 80 millions de francs, qui reprit la raison sociale de La Préservatrice AIRD ainsi que la totalité du portefeuille de celle-ci. L'ancienne société AIRD devint une société de placements sous le nom de La Préservatrice SA, au capital de 65.312.500 F ; La Préservatrice-Vie et les autres sociétés du groupe devinrent, de ce fait, les filiales de La Préservatrice SA. La création d'une société anonyme de portefeuille permettait au groupe des investissements dans des affaires industrielles et financières, investissements que la réglementation si stricte imposée aux compagnies d'assurances en France ne leur laissait guère la possibilité d'effectuer. Le rôle imparti à la nouvelle Préservatrice SA fut aussi de prendre le contrôle de certaines compagnies d'assurances ou de faciliter le rapprochement de celles-ci. Dans cette perspective, l'assemblée générale extraordinaire du 16 décembre 1976 de La Préservatrice SA entérina l'apport des titres de La Foncière Tiard effectué par Acmo (qui les avait reçus en partie de la Banque Worms), ainsi que les apports de même nature effectués par MLS Participations et par Pechelbronn. L'ensemble de ces apports avait permis de regrouper simultanément dans le portefeuille de La Préservatrice SA 834.504 actions de La Foncière Tiard. A la suite de ces opérations La Préservatrice SA prenait la dénomination de Comindus (Société de participations commerciales et industrielles) et détenait le contrôle à 52,92% de La Foncière Tiard qui fut elle-même la société-mère du groupe Foncière. Comindus, du Groupe Worms, contrôle ainsi l'ensemble des groupes d'assurances La Préservatrice et La Foncière. Son président est M. Guy Taittinger - M. Raymond Meynial étant devenu président d'honneur - et les administrateurs représentant les intérêts de la Maison Worms sont : MM. Nicholas Clive Worms, Claude Tixier et Guillaume Legrand qui assure en même temps la direction générale de la société et la présidence de la nouvelle Préservatrice AIRD. Pour arriver à réaliser une telle restructuration il avait fallu que le groupe de La Foncière ait suivi parallèlement une évolution toute semblable. M. Guy Taittinger avait accédé en effet à la présidence de La Foncière en janvier 1969 déjà. En juin de la même année, M. Jean Barnaud était venu renforcer la présence de Worms et Cie au conseil de la compagnie. Un an plus tard, en juin 1970, sous un patronyme commun, le groupe Foncière était constitué ; il comprenait La Foncière Tiard, La Foncière-Vie, La Foncière Capitalisation, plus les filiales, et M. Guy Taittinger en était le président. Au cours de l'exercice 1971, les Assicurazioni Generali se retiraient de la compagnie et cédaient leur participation au Groupe Worms qui devenait alors majoritaire. Et en 1975 le processus de restructuration était enclenché. La Foncière Tiard absorbait La Foncière-Vie et renforçait de ce fait sa position de société-mère du groupe. Une offre publique d'échange (OPE) des actions de La Foncière Tiard par Comindus était lancée en octobre 1977. Dans le même temps La Foncière Tiard faisait apport de son activité d'assurances à une nouvelle filiale qui reprenait la même raison sociale. L'ancienne Tiard devenait ainsi une société de portefeuille et prenait la dénomination de Société de participations et de gestion - Speg. Elle allait détenir l'intégralité du capital de la nouvelle Tiard ainsi qu'un portefeuille de titres cotés et des disponibilités. Après les opérations résultant de l'OPE, Comindus devint la société holding des deux groupes Préservatrice et Foncière, par l'intermédiaire respectivement de La Préservatrice Aird et de la Speg. Finalement l'apport de la Banque Worms à la Speg de 40% des actions de La Préservatrice Aird et l'achat par la Speg à Comindus de 55% des titres de La Préservatrice Aird rendaient la Banque Worms et Comindus les principaux actionnaires de la Speg, qui allait contrôler aussi bien le groupe Préservatrice que Foncière. En guise de conclusion Le cinquantième anniversaire de la création des Services bancaires de MM. Worms et Cie, devenus la Banque Worms, a été l'occasion de retracer non seulement l'historique des activités bancaires de celle-ci, mais aussi l'histoire de tout un groupe. Qu'on ne s'en étonne pas puisque l'expansion considérable du Groupe Worms a été puissamment aidée par la naissance et le développement de la Banque. Si nous nous sommes limités à un récit succinct où n'apparaissent principalement que les animateurs des diverses sociétés du Groupe, c'est par esprit de synthèse, mais nullement pour passer sous silence toutes les bonnes volontés, tous les efforts et toutes les capacités qui, conjugués, ont permis à l'ensemble de grandir et de prospérer. Et nous voulons pour preuve de cela notre désir d'offrir à tous les artisans de la réussite de notre Maison, en témoignage de gratitude, un exemplaire de la présente plaquette du souvenir. En conclusion plus précisément de l'activité bancaire, dont la progression a été remarquable, nous reproduisons ici quelques données chiffrées. Leur éloquence nous fait grâce de tout commentaire.