1971.00.00.Recueil d'informations.Janvier à décembre

Ce fichier a été établi par la saisie ou la numérisation de documents conservés chez Worms 1848 et consultables à partir de ce recueil en cliquant sur leurs intitulés (en bleu + soulignement). Les témoignages relatifs à la Banque Worms proviennent le plus souvent du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d’une part, et d’extraits de livres ou d’études, d’autre part. Rares sont en effet les archives émanant directement de cette société ; la raison en est que la Banque Worms, lors de sa nationalisation en 1982, a repris la totalité de ses dossiers (y compris les plus anciens) et les conserve, depuis, indépendamment de la Maison Worms.

1971

De Worms Compagnie maritime et charbonnière : Registre du commerce. Au Havre : « 48, rue d’Arcole, chantiers ; cité provisoire forêt de Montgeon, dépôt de charbon ; 27, rue Lamoignon, marchand de bois et charbons ; Sanvic ; 10, rue de Châteaudun, dépôt de charbons et tous combustibles ; quai de Graville, production d’agglomérés et de houille (chantier et usine) ; entrepositaire et manutentionnaire de charbon et tous combustibles solides, liquides et gazeux ; 140, boulevard de Strasbourg, importation et production de charbon, fonds donnés en gérance à Sérac. »
Banque Worms : Pierre Bazy, directeur général. Ouverture de quatre nouvelles agences. 5% du crédit-bail Haussmann. « Filiales bancaires et financières dont l'activité est le complément ou le prolongement de la nôtre. » Participation dans des sociétés holdings : MLS Participations (ex-Ateliers Moisant-Laurent-Savey), SAPP, Le Portefeuille mobilier, l'immobilière Saint-Martin, etc. Majorité dans Sofet-Sofidi (n°1 du financement de l’industrie cinématographique) en partenariat avec 4 banques. Participation dans la société Sofical (50/50 avec Worms) qui exploite des usines de cigarettes. Participation dans la Snias, important client de la Banque. Participation de 10% dans Sogeparc II (parkings souterrains à Paris), entrée au capital des Établissements Georges Truffaut qui possèdent un important parc immobilier. 8% du capital de la Compagnie financière de promotion, créée sous l’égide du Groupement foncier français. Prise de participation dans la société d’exploitation du Concorde Lafayette (hôtel), porte Maillot, à Paris ; la Société du Louvre passe un contrat avec Unibail pour le financement de l’hôtel.
Rachat de la participation de Assicurazioni Generali dans la Foncière ; constitution de la holding Préservatrice S.A.

1er janvier 1971
Société française de transports pétroliers : Répartition du capital :

- MM. Worms & Cie                                                                                                          22,70%

- Pechelbronn                                                                                                                   37,45%

- Compagnie havraise et nantaise péninsulaire                                                              13,97%

- Société immobilière et financière pour la France et l'Afrique du Nord                            1,94%

- Société Financière Desmarais                                                                                         9,89%

- Compagnie auxiliaire de navigation                                                                                 7,78%

- Monsieur Bernard Lebon                                                                                                 3,26%

- Caisse de dépôts et consignation                                                                                    2,95%

- Divers                                                                                                                               0,02%

Toute la flotte du groupe Worms subit une réorganisation fondamentale s'inspirant des principes suivants : regrouper la propriété des navires et les opérations financières entre les mains d'une seule société, laisser la gérance des navires à des sociétés indépendantes, responsables chacune de son secteur. La création de la CHNP, Compagnie havraise et nantaise péninsulaire, a marqué le premier stade de ce regroupement (1968) par le rassemblement des navires de la CNHP et ceux de la SNCO. Un deuxième stade va ensuite être franchi par l’intégration de la SFTP à cet ensemble. Sur le plan juridique, le processus est le suivant : cession à la SFTP de la propriété des navires de la CHNP qui prend le nom de Compagnie navale Worms et conserve la qualité de société financière cotée en Bourse. La SFTP, qui est alors propriétaire de tous les navires du groupe, prend le nom de Société française de transports maritimes (SFTM) et a seule la qualité d'armateur.
La gérance des navires est confiée à trois sociétés : la Navale et Commerciale havraise péninsulaire, créée au premier stade de regroupement ; la Société navale des chargeurs de l'Ouest, qui a également été fondée antérieurement, et une structure dénommée Société maritime de gérance et d'études (Eurotramp) qui reprend le nom de SFTP et est chargée de la gérance des pétroliers. Le capital social de la nouvelle SFTP est de 4 millions de francs.
Son premier conseil d'administration comprend : MM. J. Barnaud, président, l’amiral Beret, vice-président directeur général, Robert Labbé (Compagnie navale Worms), F. Deschodt (SFTM), H. Douxami, directeur général adjoint, Monsieur Metzmaier est nommé secrétaire du conseil.

Début de 1971
Pechelbronn : Souscription à l’augmentation de capital de Merlin Gérin (croissance de 23,6% du chiffre d’affaires) dont elle détient 3,12% du capital.
Elle possède également 12,40% (ou 12,7%) du capital de la Compagnie Lebon, après la transformation de celle-ci en société anonyme et l’augmentation de son capital suite notamment aux apports effectués par Worms & Cie [voir mai 1971]. La Compagnie Lebon a une activité industrielle à travers Lebon Industrie.
Pechelbronn est actionnaire à hauteur de 11,25% de Luchaire S.A (croissance de 29% du chiffre d’affaires). Participation dans Finacrans qui détient des actions Rhône-Poulenc.
Pechelbronn entre dans l’actionnariat de La Foncière, d’Arjomari-Prioux et de Truffaut (à vérifier).
Poursuite de la politique de prise de participations industrielles et financières. « Nous nous efforçons d’intéresser la société au développement de groupes ou d’entreprises dont le secteur d’activité et le dynamisme paraissent prometteurs. Avec le souci d’obtenir le statut de maison mère. »
Doublement du capital social, de la valeur nominale des actions et augmentation d’un tiers du dividende.

Activités maritimes
Restructuration de la flotte par la constitution de la CNW. [Voir 6, 23 novembre et 6 décembre 1971.]

29 janvier 1971
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : Conseil d’administration. Autorisation de vendre les quirats : 20% dans "Cérons", 2% dans "Hypolite-Worms", 35% dans "Pentellina", 2% dans "Ville-de-Metz", 2% dans "Jacques-Cartier". Services combustibles : reprise à la Société pétrolière des combustibles de l’Atlantique - SPCA des actions de la Société des dépôts pétroliers du Val de Loire - Sodepal, prise de participation de 50% avec Schneider pour la constitution d'une société de ré-épreuve de tanks à gaz liquéfiés, prise de participation dans un dépôt pétrolier à Paris. Blanzy Ouest. Worms CMC est administrateur de l’Union charbonnière et financière - Ucef, des Combustibles de l’Ouest - LCO, de la Société pétrolière des combustibles de l’Atlantique - SPCA ; ventes éventuelles d'immeubles. Services maritimes : cautions à la Société anonyme de transport, d’entreposage de magasinage - Satema, Eurotransit, Rhône Alpes voyages ; prise de participation de 17% dans la Société de manutentions de la basse Seine - Somaba et transfert de l'exploitation manutention au Havre à cette société fonctionnant en régie ; prises de participation dans la Société interprofessionnelle d'entreposage à Marseille et dans l’Auxiliaire maritime dont la Société marseillaise de manutention et de transport - SMMT reprendra les actions (le groupe Worms détient 72% de l’Auxiliaire maritime) ; constitution éventuelle de Permal Shipping ; projet d'acquisition de Feron de Clebsattel et de 50% de sa filiale manutention, la Compagnie générale de manutention - Cogema (Dunkerque). Ventes de participations : cession à la Compagnie havraise et nantaise péninsulaire - CHNP des actions détenues dans la Société nantaise de consignation et de gérance - SNCG, rétrocession à la Société marseillaise de manutention et de transport - SMMT des actions Auxiliaire maritime. Worms CMC est administrateur de : Eurotransit, Transnucléaire, Sateco, la Société anonyme de transport, d’entreposage de magasinage - Satema, la Société de manutentions de la basse Seine - Somaba (Le Havre), Sofic ou Sofie à Marseille (en cours de constitution), Société d'études maritimes. Ventes d'immeubles des Services maritimes : Villa de Quinsac, Villa de Maison-Laffitte (avenue Sully), Villa de Frédéric Mistral à Marseille, Villa rue Thomas Dubosc à Rouen, immeuble rue du commandant Malbert à Brest, immeuble 4,rue de la Libération à Dieppe, magasin rue Dumont d'Urville au Havre, appartement 11, rue Dupont des Loges à Paris. GIE Worms maritime. Alger : projet d'apport partiel d'actifs.

Février 1971
Banque Worms : Actionnaire majoritaire de Sofapi (établissement de crédit hypothécaire pour favoriser l’accession à la propriété : octroi de crédit pour l’acquisition de logements neufs ou anciens).

Mai 1971
Participation dans la société Lebon qui devient une société anonyme.

14 mai 1971
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : Conseil d’administration. Cession à la Compagnie havraise et nantaise péninsulaire - CHNP des 20% dans "Cérons". Services combustibles : expropriation du terrain en rade de Toulon ; reprise à la Société pétrolière des combustibles de l’Atlantique - SPCA des actions de la Société des dépôts pétroliers du Val de Loire - Sodepal ; achat à la Société strasbourgeoise d'armement de 12% dans le capital de Kieffer dont les Établissements Trautmann, possèdent 67% du capital. Cautions aux : Combustibles de l’Ouest - LCO, Société bordelaise d’exploitation de combustibles - Sobeco, Société des dépôts pétroliers du Val de Loire - Sodepal (33,33%). Location-gérance à Esso Standard de la station essence du boulevard du capitaine Gèze à Marseille. Services maritimes : cession à la Société des travaux et industrie maritime - Stim des 50% de la Société de manutention du Nord - Somanor et prise de participation de 33,33% dans la Compagnie générale de manutention - Cogema (manutentions en régie à Dunkerque) - cette opération est conjointe à la dénonciation du contrat Stim et donc au rachat par Stim des 50% que Worms CMC détient dans Somanor ; étude de prise de participation dans une société effectuant des manutentions en régie à Rouen (également au Havre et à Dunkerque) ; Worms CMC est représenté au conseil d'administration de la Société anonyme de transit et de consignation - Satco ; caution aux Ateliers et Chantiers de la Manche à Dieppe.

27 mai 1971
De Robert Labbé à André Marie : « La reprise des Chantiers du Trait par la Société des Chantiers navals de La Ciotat et leur fermeture consécutive, parallèlement à la reprise des Chantiers de la Méditerranée défaillants par le groupe Herlicq, a été en juillet 1967, l’une des conditions mises par le Gouvernement à l’adoption par les pouvoirs publics d’un plan de longue durée d’aide à/et de développement de la construction navale en France. »

Juin 1971
Banque Worms : Accord avec Paribas : Constitution de l'Union bancaire par le rapprochement du Crédit du Nord avec la BUP : réseau de plus de 700 guichets - la participation du Groupe 10%.
De Francis Ley : Historique des agences de la Banque Worms et de ses filiales

29 juin 1971
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : Assemblée générale extraordinaire. Augmentations de capital survenues en 1970 à la suite des apports de MM. Worms & Cie. Modification des statuts dans le cadre de la loi n°70-1-284 - articles concernés : 16, 18, 19 et 22. Acquisition de 1.750 m2, à Paris, 50, boulevard Haussmann. Exercice 1970 - Services combustibles : les ventes de combustibles solides ont représenté 69% du chiffre d'affaire total de cette branche d'activité ; baisse de la vente des combustibles solides ; stagnation de la vente des combustibles gazeux ; développement de la vente des appareils et de la distribution des articles sanitaires. Crise des approvisionnements pétroliers (marché des fuels) ; les entreprises de distribution ont paru moins attrayantes aux producteurs qui ont réduit leur marge ; développement des activités commerciales : acquisition et aménagement d'un nouveau chantier à Toulon, acquisition et construction de bureaux et hangars à Bordeaux, extension du parc de véhicules, projet de cession des installations de Toulon et Bordeaux dans le courant 1971. Sonatherm (Société nationale thermique - exploitation de chauffage), cette filiale est détenue à 85,6%. Souscription à l'augmentation de capital de la société Les Combustible de l'Ouest - LCO (participation de 10%). Souscription à l'augmentation de capital de la Société des dépôts pétroliers du Val de Loire - Sodepal, dont Worms CMC détient 33%. Sociétés continuant à traiter le charbon : Société pétrolière des combustibles de l'Atlantique - SPCA, Sodepal, Société anonyme d’exploitation et de chauffage - Sochan, Société bordelaise des combustibles - Sodeco, Société d'exploitation rationnelle des agglomérés et du charbon - Serac, Éblissements Trautmann. Services maritimes : redressement sensible en dépit de la perte de l'agence générale des lignes Moore Mac Cormac ; réorganisation commerciale, prospection auprès des armateurs pour de nouvelles consignations et avec des chargeurs pour le recrutement du fret ; réorganisation des services de manutention au Havre dont l'exploitation est transférée à une filiale commune avec la Compagnie des chargeurs réunis, SA Jockelson et Maison Roussel, et à Dunkerque, où des accords techniques sont conclus avec Feron de Clebsattel (1971) ; restructuration des services administratifs et d'exploitation dans les succursales. Société marseillaise de manutention et de transport - SMMT (100%), Eurotransit (nouveaux entrepôts frigorifiques), Auxiliaire maritime (hausse des activités voyages et transit, baisse des activités remorquage), Société anonyme de transport, d’entreposage de magasinage - Satema (96%), Société nantaise de consignation et de gérance - SNCG (50%, transformation en SA début 1970), Worms & Cie Anvers, Worms & Cie Rotterdam, Comesmar. Alger : Institution par le gouvernement algérien de deux monopoles d'État, l’un concernant les manutentions et l'autre les agences de voyages ; projet de fermer l'agence, décision de vendre les immeubles. Titres de participation : acquisition de 15% dans Auxiliaire maritime.

2ème semestre 1971
Banque Worms : Participation à la fondation du GOBTP (Groupement pour le financement des ouvrages du bâtiment, des travaux publics, et activités annexes).

10 septembre 1971
De Raynaud à la Banque Worms : le président de Saupiquet informe la Banque Worms de l'envoi de la situation de l'entreprise au 30 juin 1971.

15 octobre 1971
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : Conseil d’administration. Opération Société marseillaise de manutention et de transport - SMMT/CMAF. Services combustibles : cession des immeubles de Montgeron, Bordeaux et Angoulême ; acquisitions de la SA Kieffer à Strasbourg et de la Société [anonyme] des dépôts pétroliers du Val de Loire - Sodepal à Nantes ; expropriation du terrain de La Palasse à Toulon ; négociation vente des actions de la Société d’études, de chauffage et d’équipement technique - Secet à Astec, avance à Trautmann pour le rachat Desangle-Arnaudy, acquisition des actions de la Banque Worms dans la Société anonyme d’exploitation et de chauffage - Sochan. Services maritimes : prises de participation complémentaires dans la Société de manutentions de la basse Seine - Somaba (régie au Havre), la Compagnie générale de manutention - Cogema (régie à Dunkerque), Seima (opérations de manutention en régie à Rouen) ; vente d'immeubles, depuis le 1er janvier 1971 : Villa de Quinsac (Bordeaux), appartement 11, rue Dupont des Loges (Paris), magasin rue Dumont d'Urville (Havre). Fermeture de la succursale d’Alger, le 31 août 1971. Rachat des parts d’Alpes Rhône voyages à Fatton (50%) à Lyon. Vente des actions Permal à Worms & Cie et des actions European Ferries. Vente des appartements situés rue Dubosc à Rouen, boulevard Rodocanachi à Marseille, avenue Pasteur, rue Lord Kitchner au Havre, 4, place François Sauvage à Saint-Adresse, 77, avenue Foch à Dunkerque, allée de Berry à Nanterre. Caution Somabami à Dunkerque.

6, 23 novembre et 6 décembre 1971
Toute la flotte du groupe Worms subit une réorganisation fondamentale s'inspirant des principes suivants : regrouper la propriété des navires et les opérations financières entre les mains d'une seule société, laisser la gérance des navires à des sociétés indépendantes, responsables chacune de son secteur. La création de la compagnie d'armement CHNP, Compagnie havraise et nantaise péninsulaire, a marqué le premier stade de ce regroupement (1968) par le rassemblement [de la propriété] des navires de la Havraise et de ceux de la Nantaise. Un deuxième stade va ensuite être franchi par l’intégration de la SFTP à cet ensemble. Sur le plan juridique, le processus est le suivant : cession à la SFTP de la propriété de la flotte et des deux filiales de la CHNP qui prend le nom de Compagnie navale Worms, holding cotée en bourse et société anonyme de portefeuille et de patrimoine (immeubles) qui gère l'ensemble des filiales et participations maritimes, notamment malgaches. La SFTP, qui est devenue propriétaire de tous les navires du groupe, prend le nom de Société française de transports maritimes (SFTM) et a seule la qualité d'armateur.
La CNW contrôle une vingtaine de filiales dont la principale est la SFTM (ex-SFTP) dont elle possède 58% du capital et dans laquelle Pechelbronn possède des intérêts importants. Devient maison mère de Progemar (remorquage portuaire et de haute mer + activités off shore).
À la date du 6 décembre 1971, la SFTM est propriétaire de la quasi-totalité de la flotte du groupe (pétroliers, transporteurs de vrac, cargos de ligne, navires spécialisées, navires réfrigérés, caboteurs), d'un port en lourd total de 1.150.000 T, soit 44 navires. Elle a quatre filiales directes, qui assurent la gestion des navires :
- la Navale et Commerciale havraise péninsulaire, NCHP, (pour les cargos de lignes régulières et les navires réfrigérés) et la Société navale des chargeurs de l'Ouest, SNCO, (pour le tramping et le cabotage), ces deux structures, ex-filiales de la CHNP, ont été créées au premier stade de regroupement, en 1968 ;
- la (nouvelle) SFTP, société de gérance, de construction et d'exploitation des navires pétroliers et transporteurs de produits chimiques. Sur le plan purement juridique, il s'agit de la continuation de l'ancienne Société maritime de gérance et d'études, Eurotramp, également créée lors de la fusion Havraise-Chargeurs de l'Ouest. Signalons que la gérance commerciale des navires de tramping, l'une des activités principales d'Eurotramp, est maintenant confiée à Unitramp, GIE constitué avec l'UIM (Union Industrielle et Maritime). Le capital social de la nouvelle SFTP est de 4 millions de francs. Son premier conseil d'administration comprend : MM. J. Barnaud, président, l’amiral Beret, vice-président directeur général, Robert Labbé (Compagnie navale Worms), F. Deschodt (SFTM), H. Douxami, directeur général adjoint, Monsieur Metzmaier est nommé secrétaire du conseil ;
- la CTMP qui continue de gérer et d'exploiter les pétroliers appartenant à Pechelbronn, laquelle poursuit son activité en liaison à la fois avec Antar, principal affréteur de sa flotte.
Diversification des navires et perspectives offertes par cet ensemble qui se place aux tous premiers rangs de la profession en France.

16 décembre 1971
De Raymond Meynial, au conseil d’administration de la Compagnie de transports maritimes pétroliers (ex-STMP) : Discours prononcé à l’occasion du départ en retraite de Pierre Poulain]. « La STMP a été créée alors que le marché des frets était très bas. Je me souviens fort bien que M. Poulain est venu nous trouver, M. Hypolite Worms et moi-même, pour demander des avances destinées à acheter un navire pétrolier, le "Brumaire", de 11.000 tdw. Bien que nous ne connaissions pas à l’époque Pierre Poulain, il nous a convaincus et nous fûmes d’accord pour lui accorder un crédit. Par la suite nous avons appris à le connaître et je pense donner [...] la meilleure preuve de son intelligence et de son adresse en disant que, depuis sa création, aucun actionnaire n'a eu à faire d'apport en argent frais pour que l'affaire soit arrivée à ce qu'elle représente aujourd'hui, c'est-à-dire, une fois les dernières commandes livrées, plus de 700.000 TDW. » [Propos cités par Francis Ley dans son historique sur la Banque Worms, en date du 10 avril 1978.]
Du Journal de la marine marchande : "La création de la Compagnie navale Worms vise à simplifier et à renforcer la structure des activités maritimes du groupe."

31 décembre 1971
De Worms Compagnie maritime et charbonnière : [Extrait du rapport à l’assemblée générale du 30 juin 1972.] Exercice 1971. « Nous devons faire le point de la politique menée au cours des récentes années et préciser ensuite les orientations nouvelles. » L'année de tous les dangers. « Votre société a dû renouveler son fonds de commerce initialement constitué par le négoce du charbon et par le cabotage, activités déclinantes remplacées par un service plus complet d’agences maritimes, par un développement systématique de la distribution des combustibles liquides et gazeux, et par une certaine activité de magasinage et de transports routiers qu’il a fallu créer soit directement, soit par l’intermédiaire de filiales. » Le bénéfice ne suit pas la hausse du chiffre d'affaires : « Cette situation est due aux marges sans signification économique dont dispose votre département "combustibles" plus spécialement en matière de fuels ainsi qu'au déclin du marché charbonnier. » Département maritime. Poursuite d'un climat social tendu : retards à l'appareillage rencontrés par la flotte française, augmentation des salaires des dockers qui a ralenti l'exploitation maritime. Filiales. Du côté de l'agence maritime ou de la manutention, la Société marseillaise de manutention accuse des pertes ainsi que la SNCG ; l'Auxiliaire maritime (Port-de-Bouc, Lavera) voit diminuer ses bénéfices. Du côté du magasinage et transport, Eurotransit remonte ainsi que Satema. Filialisation totale de la manutention : la Compagnie se dégage totalement de l'exploitation directe de cette activité et la confie à des filiales au Havre (Somaba), à Dunkerque (Cogema), à Rouen (Seima) et à Bordeaux (Girma). Même phénomène que pour la flotte : Worms CMC devient un sanctuaire de métiers et une grande corbeille de participations financières. Événement historique : la fermeture de la succursale d'Alger, "après plus de 80 années de présence efficace dans ce pays" (1891). Exercice social sans bénéfice ni perte. En substance, le rapporteur estime que la première étape de transformation (reconversion, réduction des frais généraux, etc.) est achevée et qu'"il fallait entamer une seconde étape et renouveler en fait le fonds de commerce de votre société", en tenant compte des atouts (initiative des directions locales, orientation vers le magasinage et le transport routier, crédit du groupe, réseau de succursales et filiales), mais aussi des handicaps comme "la rentabilité insuffisante de certains secteurs, celui des manutentions ou du négoce de combustibles". Élaboration d'un programme pour instaurer une nouvelle politique. Mise en régie des opérations de manutention, confiées à des sociétés avec partenaires au Havre, à Dunkerque, à Rouen et à Bordeaux. La société se sépare de ce métier, dont les conditions d'exercice sont souvent tendues voire explosives (grève des dockers). Objectifs : - rechercher davantage de consignations, de représentations industrielles ou commerciales de toute nature. Ne garder des opérations "historiques" que celles qui sont rentables et en développement et aussi qui utilisent le potentiel de la société sans nécessité de gros investissements ; - développer les activités de magasinage et de transport de marchandises de toute catégorie et plus particulièrement sous température réfrigérée, avec pour émulateur la filiale Eurotransit à Strasbourg et le redressement de la filiale Satema à Pantin. Moyens mis en oeuvre : - poursuivre les investissements à Strasbourg et acquérir de nouveaux intérêts dans des sociétés spécialisées dans ce secteur. Renforcer ses positions sur un secteur en développement ; - étendre son implantation à l'étranger, compte-tenu du développement des transports internationaux. Projet d'implantation en Espagne et en Angleterre, satellites à Milan, Livourne et Trieste. Fédération avec l'ensemble des filiales envisagée. Ce tournant est vital pour la société qui ne peut plus vivre sur ses acquis et doit tenir compte des "interventions excessives des pouvoirs publics" et d'un marché parfois déclinant.

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