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1915.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre
Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence, dans :
- les copies de lettres à la presse1,
- les doubles des courriers reçus par le siège, à Paris, entre 1914 et 19182,
- la correspondance, les notes, rapports, circulaires, accords, traités... (originaux ou duplicatas) émanant de la direction générale de la Maison, des départements maritimes et combustibles ainsi que des succursales françaises et étrangères. Les dossiers d'où proviennent ces pièces ont été classés "tels quels" par les services qui les ont produits. Répertoriés par objet et non par date, ils couvrent – ensemble – une période allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1960. Une notice située à la fin du présent article, reproduit le descriptif qui est fait des archives les plus significatives sur les bordereaux d'inventaire,
- les synthèses réalisées par la Maison et notamment :
- "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
- "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948.
A ces informations s'ajoutent celles recueillies :
- auprès des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
- dans les annuaires et les minutes notariales...
- dans la presse, les revues professionnelles et les ouvrages d'histoire...
Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur l'intitulé de chacun d'eux (en bleu + soulignement).
1+2 Ces corpus n'ont pas fait l'objet d'un dépouillement exhaustif comme cela a été le cas pour les chronos de correspondance datant du 19ème siècle.
1915.00.De la Chambre de commerce russo-française.Fascicule
[Fascicule joint à la note du 6 juillet 1915.]Chambre de commerce russo-françaisePetrogradAu moment même où la Russie resserrait les liens politiques qui l'unissent à la France, elle pouvait enregistrer un prodigieux essor économique, qui venait accroître encore l'importance des relations commerciales existant entre les deux pays.L'action individuelle s'était exercée seule jusqu'alors dans les transactions. Elle en demeure assurément la base indispensable ; mais on s'est aperçu de l'utilité que présenterait un groupement qui s'attacherait à prendre en mains la cause générale, à mettre en relations ceux qui se cherchent, à coordonner des efforts isolés et à servir ainsi de lien entre les commerçants de l'une et de l'autre nation.En effet, si le marché russe offre un champ immense à toutes les branches de l'exportation française, qui ne lui a, malheureusement, pas prêté jusqu'à présent toute l'attention qu'il mérite, les producteurs russes n'ont pas un moindre avantage à trouver en France des débouchés pour les bois, les céréales, les métaux, les huiles minérales, etc., qu'ils tirent en abondance de leur sol.De cette communauté d'intérêts est née la Chambre de commerce russo-française de Petrograd, dont les deux gouvernements ont officiellement consacré l'existence en lui accordant des subventions annuelles.Évitant, dès ses débuts, un écueil vers lequel se trouvent trop souvent attirées les institutions du même genre, la Chambre s'est gardée avec soin de demeurer dans le domaine de la théorie. Elle a composé son conseil des personnalités les plus eminentes parmi celles qui vivent dans la pratique des affaires ; elle crée, au fur et à mesure que le besoin s'en fait sentir, des sections dans les principaux centres de l'Empire ; elle entretient, en outre, des correspondants sur un grand nombre de points ; elle se tient en rapports constants avec les institutions publiques et les groupements locaux ; elle s'est ainsi mise à même de procurer à ses adhérents de précieux renseignements et l'appui le plus utile toutes les fois qu'ils ont recours à elle.Le bulletin qu'elle leur adresse mensuellement, est une source de renseignements de premier ordre pour tous ceux qui sont intéressés de près ou de loin aux relations économiques de la France avec la Russie. Son annuaire est appelé à devenir le vade-mecum de quiconque, appartenant à l'un des deux pays, voudra faire des affaires avec l'autre. Les proportions dans lesquelles s'accroît chaque jour sa correspondance permettent, mieux que tout autre élément, de se rendre compte de la multiplicité de ses fonctions et des sujets sur lesquels on la consulte ; c'est par cette voie que, tantôt répondant à des questions qui lui sont posées, tantôt prenant elle-même l'initiative de suggérer l'action, elle fournit des renseignements détaillés sur les articles à importer ou à exporter ; elle indique aux uns des maisons auxquelles ils peuvent s'adresser en confiance, aux autres des représentants sur lesquels ils pourront faire fond ; elle procure des précisions sur les moyens les plus propres à faire naître des transactions ou à les développer, sur les statistiques, les tarifs douaniers, etc.A ses services doivent être annexés sous peu un bureau de traduction pour catalogues, correspondances et travaux divers, un contentieux qui examinera les questions litigieuses et s'efforcera de leur assurer autant que possible une solution amiable ; enfin, elle prendra toutes les mesures qui lui paraîtront propres à donner satisfaction aux desiderata qui lui seront exprimés et à rendre plus intense le mouvement des échanges entre la Russie et la France.La tâche assignée à la Chambre par ses fondateurs s'est encore précisée depuis la guerre. Parallèlement aux opérations militaires, se mène dans les pays alliés une campagne économique, dont les résultats ne doivent pas être moins désastreux pour nos adversaires. Aussi la Chambre a-t-elle mis tout en uvre, depuis le mois d'août 1914, pour éliminer le commerce ennemi des marchés où il s'était emparé d'une place considérable et pour faire profiter le plus possible ses membres de la situation nouvelle.C'est revenir sur une vieille formule, qui est cependant plus que jamais d'actualité, que de répéter que l'union fait la force et que nul n'a le droit de demeurer indifférent à l'intérêt général. A tous ceux qui participent à un titre quelconque aux relations commerciales franco-russes, ce principe fait un devoir de s'associer au groupement, dont le but est de rendre ces relations plus faciles et plus nombreuses.Ce devoir est d'autant plus aisé à remplir qu'ici il n'est point question de se sacrifier ; servir la cause générale, c'est en même temps prendre le meilleur soin de ses intérêts particuliers. Les quelques exemples donnés ci-dessus prouvent à l'évidence la valeur des avantages que les adhérents sont appelés à retirer de leur inscription au nombre des membres de la Chambre de commerce russo-française de Petrograd.Extrait des statuts de la Chambre de commerce russo-française.§ 8. Les membres actifs sont admis par le conseil d'administration.§ 12. La cotisation annuelle des membres actifs est fixée à 25 roubles (66 F 65) pour les particuliers et les maisons de commerce en nom collectif, et à 100 roubles (266 F 65) pour les compagnies et les sociétés anonymes et pour les institutions industrielles et commerciales.
1915.01.05.De Hypolite Worms.A Me Théret.Paris
Copie de lettre 8, rue PicotParis, le 5 janvier 1915Me Théret, notaire24, boulevard St Denis - ParisCher Maître,Je vous envoie sous ce pli une lettre que ma mère a reçue et à laquelle elle n'a naturellement pas répondu, mais je tiens à vous la remettre car il y aura probablement lieu de l'examiner un peu plus tard.Je vous remets également un chèque de la Mitchell Main Colliery Cy Limited, établi à l'ordre de l'exécuteur testamentaire de feu Monsieur Lucien Worms, ce chèque représentant un jeton de présence comme administrateur de la Compagnie pendant les 7 premiers mois de 1914. Par erreur ma mère croyant que ce chèque lui était destiné, avait commencé par le signer mais la chose pourra être arrangée le jour ou on l'enverra à l'encaissement car du reste, comme vous le verrez vous-même, il y aura lieu d'y ajouter un timbre anglais de deux sous à la place indiquée et il en est de même pour tous les chèques de la Mitchell Main.J'ai fait demander à Monsieur Violette quand il comptait être de retour à Paris et j'espère que sa réponse ne va pas trop tarder.Veuillez agréer, Cher Maître, l'expression de mes sentiments bien dévoués.H. Worms
1915.01.05.De Worms et Cie Port-Saïd.Au consul de France à Port-Saïd
Worms & C° Port-SaïdLe 5 janvier 1915A Monsieur le consul de France à Port-SaïdMonsieur le consul,Faisant suite à la conversation que notre directeur a eu l'honneur d'avoir avec vous aujourd'hui relativement à une plainte formulée par le commandant Guépin et transmise à votre consulat par le ministère de la Marine, nous venons vous confirmer que dès la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l'Allemagne nous avons reçu des ordres de notre direction de Paris de considérer tous les contrats en cours pour fournitures de charbons à Port-Saïd comme étant devenus caducs, et nous en avons informé votre consulat. Nous sommes d'ailleurs absolument certains d'avoir fait remarquer aux premières unités de la Marine de guerre que nous eûmes à charbonner ici que le contrat passé le 4 novembre 1913 pour les besoins de la Marine à Port-Saïd pendant l'année 1914 était frappé de caducité du fait de l'état de guerre entre la Grande-Bretagne et d'autres puissances européennes. Nous l'avons également fait pour les navires de guerre qui suivirent, sans toutefois pouvoir préciser si nous eûmes l'occasion d'attirer spécialement l'attention du commissaire divisionnaire du cuirassé "Jaureguiberry" sur ce point. En tout cas, nous croyons savoir que toutes les commissions d'adjudication ayant siégé au consulat ont eu à leur disposition un dossier complet des contrats et marchés de gré à gré passés pour l'année 1914 qu'il leur a été loisible de consulter.Nous ajouterons que tous nos clients sans exception ont accepté sans discussion l'annulation de leurs contrats en cours et qu'il en a été de même pour tous ceux des dépôts anglais ou français de notre place.Nous adressons à notre direction une copie de cette lettre en la priant de voir le ministère de la Marine au sujet de la plainte en question.Veuillez agréer, Monsieur le consul, l'assurance de nos sentiments respectueusement dévoués.
1915.01.12.De Worms et Cie Bordeaux
Worms & Cie7, allées de ChartresBordeaux, le 12 janvier 1915MM. Worms & Cie ParisMessieurs,Nous vous confirmons notre lettre d'hier.Affaire "Hollander". Nous avons eu la visite de M. Vandercruyce qui est venu au nom des assureurs nous entretenir de cette affaire et nous communiquer un jugement du tribunal de Bordeaux, dont nous vous remettons copie sous ce pli. M. V. trouve dans ce jugement une espèce très rapprochée de celle de l'assistance de "Bidassoa" et considère que l'indemnité qui devrait être attribuée à l'assistance donnée au s/s "Hollander", ne peut pas dépasser 20 à 25.000 francs. Il s'est mis aujourd'hui même en rapport télégraphique avec les assureurs et les armateurs de Rotterdam afin de pouvoir nous indiquer très rapidement la dernière offre ferme qui ne dépassera certainement pas 25.000 F. Nous écrivons ce qui précède à M. Majoux en lui envoyant également copie du jugement Société Angfartygs Aktiebolaget Karin c/ A. Le Quellec & Fils du 6 décembre 1910.Intendant Peria. Nous avons été causer un instant ce matin avec M. Péria qui nous a dit n'avoir pas encore pris de décision au sujet de l'armement du "Consul-Horn"."Emma". Ainsi que nous vous l'avons dit au téléphone, nous terminerons ce vapeur pour qu'il parte cette nuit."Margaux". Est arrivé aujourd'hui à midi, par conséquent nous aurons tout le temps de faire notre opération pour son départ de vendredi."Fronsac" . Ce vapeur partira la nuit prochaine pour Nantes avec environ 100 tonnes."Bidassoa". Ce vapeur a accosté notre quai cet après-midi. Nous commencerons ses opérations demain matin et l'expédierons jeudi vers midi pour Bayonne complètement chargé."Pessac" - "Haut-Brion". Ces deux vapeurs sont attendus à la marée de ce soir."Pomerol". Nous avons commencé cet après-midi son chargement et il partira demain soir pour Brest-Dunkerque et Boulogne.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Salutation illisible]
1915.01.16.De Worms et Cie Newcastle
Worms & C° Newcastle-on-Tyne, 16th January, 1915MM. Worms & Co - ParisDear Sirs,Possibly you may be aware that our income tax Authorities are prepared to consider special appeals from those who can prove that their income last year has been reduced below the previous three years average, such reduction having been caused entirely by the War.In our own particular case we think it might be possible to make a saving on the amount of Tax to be paid this year of about £ 20.The writer has already interviewed the local Surveyor of Taxes about this but it appears that such an appeal can only be heard before the Special commissioners. We would have to provide fairly extensive statements of our working expenses etc. for the years 1911, 1912, 1913 and 1914 and also be prepared to prove that the reduction in last years profits was caused entirely by the war. We may say that the Surveyor although willing to give us every assistance was not very favourably impressed with our proposal. Personally we think that our future averages will adjust matters and that the smallness of the present possible gain is hardly worth the amount of trouble to be incurred. Before going any further with the matter we should be glad to have your opinion about it.We are, Dear sirs,Yours truly,[Signature illisible]
1915.01.19.De James Burness and Sons.Londres
James Burness & Sons138, Leadenhall Street London, 19th January, 1915MM. Worms & Co - ParisDear Sirs,With reference to the decision which was come to yesterday with regard to the increase in the price for Port Said former contract customers and to the telegram which your Senior instructed us to despatch to Port Said upon the subject, we have been rather puzzled to know what we are to say to MM. Mann, George & C° in connection with your decision to include the Glen Line under the preferential treatment which you have decided to extend to your other principal clients, for one or two reasons. Firstly - seeing that MM. Mann, George & C° are not parties to the H/U we are wondering how it will affect them in their relations with MM. Lambert Brothers to whom they are in the habit of taking any Port Said contracts which they are able to influence other than the Glen Line, and, Secondly - it is to be borne in mind that you only through their influence enjoy a portion (although the larger share) of the coaling of the Glen Line fleet, the balance being in the hands of the English Goal C° through MM. Elder, Dempster & C° who now hold a controlling interest in the Line and who use what influence they have in favor of the English Coal C° in which they are shareholders; of course whatever price you were to extend to the Glen Line would soon come to the knowledge of the English Coal C° & Lord Inchcape, and we are wondering whether this might even react upon the relations between MM. Lambert Brothers and the P. & O. through Lord Inchcape who is now Chairman of both concerns. We feel it to be our duty to submit all these ideas for your consideration in order that you may be able to weigh them over and instruct us what we are to do in the matter. Would you like us to see M. Newton Dunn on the subject?We are, Dear Sirs,Yours truly,James Burness & Sons
1915.01.27.De Worms et Cie Bordeaux
Worms & Cie 7, allées de ChartresBordeaux, le 27 janvier 1915MM. Worms & Cie ParisMessieurs,Nous possédons votre lettre du 25 courant et vous confirmons la nôtre d'hier.Melle Thomson. Nous avons bien retiré de votre pli, l'avis d'arrivage et les deux lettres de "La Vie Féminine", relatifs aux 20 ballots de laine arrivés de Casablanca par vapeur "Martinique". Cette laine étant destinée à être tricotée pour les soldats, la direction des Douanes de notre port à laquelle nous avons demandé l'entrée en franchise comme pour les précédents envois, nous a répondu qu'en ce qui concerne la laine, elle devait se soumettre à la décision du 23 octobre 1914, autorisant l'admission temporaire pour deux mois, mais avec engagement de présenter les objets fabriqués à l'Autorité militaire ou à la Croix-Rouge. Conséquemment, nous allons établir ce document et faire procéder à la vérification de la marchandise, mais "La Vie Féminine" sera dans l'obligation de remplir les formalités ci-dessus, faute de quoi la douane réclamerait le paiement des droits.Sursis. Nous vous remercions d'avoir adressé aux secrétaires du Comité des armateurs, la lettre dont vous nous avez remis copie.Nous comptons bien, en effet, procéder comme vous nous l'indiquez pour la prolongation du sursis qui a été obtenu pour MM. Catheline et Fraisse. La décision de ce sursis ne nous étant pas parvenue au moment où se terminait le précédent sursis, nous avions fait auprès de l'état-major de la 18me région, une nouvelle démarche pour conserver ces deux employés jusqu'à ce que la décision ministérielle fût intervenue, et le général, commandant la 18me région, avait accueilli notre démarche par la lettre dont copie ci-incluse."Emma". Nous vous indiquons ci-dessous le détail du chargement pris par ce vapeur :30tonnesgraisse10tonnessel45tonnessucre40tonnescafé20tonnescaoutchouc32tonnestabac12tonneschocolat23tonnessardines8tonnesbougies411tonnesfarine138tonnesfoin205kiloslainage"Pontet-Canet". Nous le terminerons dans la soirée et il partira la nuit prochaine avec un assez bon chargement."Pessac". Nous travaillons à son déchargement."Margaux". Nous effectuons son chargement pour l'expédier vendredi soir, comme d'habitude, pour compte de la Guerre."Michel". Même situation, mais nous pensons qu'il pourra aller demain aux appontements de Queyries.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Salutation illisible]
1915.02.00.Entre le ministre des Finances et Worms et Cie.Contrat risques de guerre du Barsac (annulé)
1915.02.03.De Worms et Cie Bordeaux
Worms & Cie7, allées de ChartresBordeaux, le 3 février 1915MM. Worms & Cie ParisMessieurs,Nous vous avons entretenus, ces jours derniers, de la possibilité d'acheter une partie du terrain contigu à celui que nous occupons à Rochefort, qui est trop exigu, ce qui ne nous permet pas de manoeuvrer commodément, et surtout de mettre en stock les quantités de charbon qu'il nous faudrait.Le terrain dont nous vous avons parlé est d'une contenance de 1.444 mètres carrés de superficie ; nous pourrions y loger au moins 1.000 tonnes de charbon. Le prix demandé par le propriétaire était de 11 F le mètre carré ; nous lui avons répondu que c'était trop cher, mais que nous serions disposés à l'acheter à 10 F le mètre carré, prix qui ne nous semble pas trop élevé, car ce terrain donne en façade sur le quai, devant le bassin n°2, et le fond du terrain borde une route qui conduit à la gare.Cet achat constituerait une dépense d'environ :F 14.000, plus les frais d'acte.En ce qui concerne l'installation, nous prévoyons une dépense d'environ : F 3.000, pour le coût et la pose d'environ 150 mètres de rails.Nous nous contenterions pour le moment d'installer des rails avec un aiguillage pour relier les voies qui sont déjà établies dans notre magasin actuel. Nous éviterions ainsi la pose d'une plaque tournante, que nous ferions installer plus tard, si nous en reconnaissions l'absolue nécessité.Nous vous adressons, sous pli spécial recommandé, le plan de ce terrain, que nous vous serons très obligés de nous retourner après en avoir pris connaissance.Nous vous prions de vouloir bien, après examen, nous autoriser à traiter cette acquisition, et Me Thoyon, notre notaire à Rochefort, établirait alors l'acte d'achat.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Salutation illisible]
1915.02.15.De Worms et Cie Alger
Messieurs Worms & Cie - ParisAlger, le 15 février 1915Messieurs,Nous avons l'honneur de vous remettre, sous ce pli, notre bilan approximatif au 31 janvier avec pièces à l'appui.Il se solde par un bénéfice de F 93.229.65.Nous avons reçu en janvier quatre cargaisons de charbon de Cardiff, ensemble 15.030 tonnes, dont le prix de revient nous est ressorti à F 40.10 la tonne, et une cargaison de charbon Durham, 3.991 tonnes, au prix de revient de F 33.47 la tonne.Nos ventes en janvier se sont élevées à 11.499 tonnes en progression sensible sur les mois précédents.Nous n'avons rien de particulier à vous signaler concernant nos divers comptes.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.Ch. A. Rouyer
1915.02.15.De Worms et Cie Alger.Annexe
Note à joindre à l'inventaire de la fin de l'année 1914
Renseignements divers sur le matériel et sa valeur
Remorqueurs
L'"Audax" est entré en service au mois d'août 1892 et sa chaudière a été remplacée le 25 juillet 1910 : on peut donc espérer qu'il pourra continuer à travailler pendant encore une douzaine d'années car il a toujours été très bien entretenu, sa machine est bonne et il n' y a qu'à remplacer ce qui faiblit pour le maintenir en bon état. Bien qu'il ait vingt-trois ans d'existence nous croyons qu'il représente actuellement une valeur de 20.000 francs.
Le "Robur" a été mis en service au mois de mai 1906 et a fait un bon service depuis qu'il eut été remédié partiellement aux ennuis du début, dus à l'érosion extra rapide des tubes du condenseur : ces tubes, à l'origine, avaient une épaisseur moindre de moitié de celle des tubes que nous employons aujourd'hui et ils étaient simplement soudés tandis que les tubes adoptés par la suite ont été des tubes étirés. Le surcroît d'épaisseur et l'absence de soudure n'ont pas fait disparaître les érosions, bien entendu, mais les effets en sont très atténués. Cette faiblesse est la seule à relever dans la machine de ce remorqueur que nous entretenons tout comme l'"Audax" et qui durera longtemps aussi, nous l'espérons. Il présente sur l'"Audax" l'avantage de demander beaucoup moins d'entretien pour sa coque, qui est en bois : toutes autres choses égales cet avantage se traduirait par un rendement supérieur. Nous estimons que la valeur réelle actuelle de ce remorqueur est d'environ 35.000 francs.
Chalands
Nous visons toujours à faire passer notre matériel chalands à terre une fois tous les trois ans, mais il va sans dire que ce n'est pas là une règle immuable : quand les circonstances l'exigent (en dehors d'accidents sérieux) nous n'hésitons jamais à diminuer ce laps de temps.
L'inventaire présente nos chalands par séries basées sur la portée. Les voici présentés en trois séries comprenant :
1° - ceux qui sont passés à terre en 1913 ;
2° - ceux qui sont passés à terre en 1914 ;
3° - ceux qui passeront à terre en 1915.
1° - Chalands qui ont été mis à terre en 1913
N°31, 14, 21, 32, 35, 24, 33, 17, 25, 7 : en bon état
N°5 - à visiter en 1915 ;
N°9 - en assez mauvais état, à réparer en 1915 ;
N°21 - à visiter en 1915 ;
N°34 - en mauvais état, non par suite de mauvais entretien mais par suite d'un accident qui a été signalé à Paris en son temps : ce chaland a été coincé entre deux navires et a subi une grosse déformation suivant une de ses diagonales.
2° - Chalands qui ont été mis à terre en 1914
N°11, 27, 22, 18, 20, 29, 1, 2, 26, 3, 16, 28, balancelle : en bon état
3° - Chalands à réparer en 1915
N°19 - pour réparation générale ;
N°6 - en mauvais état ;
N°9 - en mauvais état ;
N°34 - réparations nécessitées par la cause indiquée plus haut dans la 1ère série ;
N°4 - en mauvais état ;
N°10 - visite générale ;
N°15 - en mauvais état ;
N°12 - en mauvais état ;
N°8 - réparation générale ;
N°23 - à visiter ;
N°30 - réparation générale ;
N°21 - à visiter ;
N°5 - réparation générale ;
N°13 - réparation générale.
La mention "à visiter" signifie que le chaland auquel elle s'applique n'a donné lieu qu'à des réparations peu importantes il y a deux ans et qu'il y a lieu de le revoir ;
La mention "réparation générale" signifie qu'il y a des réparations évidemment nécessaires et que l'examen des surfaces cachées, susceptibles de s'avarier, peut en révéler d'autres assez importantes.
La mention "en mauvais état" indique que cet état est très apparent.
Valeur actuelle des chalands
La valeur d'origine est indiquée dans l'inventaire, mais, par suite de l'encombrement du port, en raison duquel l'administration ne délivre plus d'autorisation de mouillage de nouveaux chalands, à l'intérieur du port, c'est-à-dire en sûreté, cette valeur n'a pas diminué : elle est même supérieure à la valeur d'origine parce que, à supposer que nous voulussions liquider, la vente de nos chalands aurait comme conséquence le transfert à l'acheteur des postes d'amarrage qu'ils occupent actuellement et qu'on ne peut se procurer à aucun prix. Nous aurions donc, pour calculer le prix à demander pour nos chalands, à rechercher quelle serait la valeur de chalands neufs de la même portée, ce que nous obtiendrions en majorant les prix d'origine de 20% en raison de l'accroissement du prix de toutes choses.
Par exemple, la construction d'un de nos chalands de 145 tonnes reviendrait aujourd'hui à 13.727 F 50 + 2.745 = 16.472 F 90. Avec une seconde majoration dérivant de la valeur du poste d'amarrage nous pourrions en demander 16.000 F. Ceci est une base théorique et en réduisant un peu ce prix pour revenir à la réalité nous n'hésitons pas à dire que celui qui achèterait 15.000 F un tel chaland ferait une bonne affaire car la location journalière en rapporterait 10 à 12 F sans crainte de chômage, en temps normal bien entendu. Il n'y a rien là d'excessif car un des agents de MM. Delmas Frères a demandé 17.000 F d'un chaland de 120 tonnes et dans son cas il faut considérer que le chaland portait 25 tonnes de moins que celui que nous avons pris pour exemple et aussi que les chalands de MM. Delmas, tout en étant de bonne construction, n'ont pas été construits avec d'aussi bons matériaux que les nôtres.
Petites embarcations
Elles sont toutes en bon état, car nous remplaçons immédiatement ce qui est cassé ou mauvais.
Bouées
Les bouées en bois et en fer demandent beaucoup d'entretien et nous allons les remplacer graduellement par des bouées en ciment armé dont l'usage se répand de plus en plus dans le port d'Alger et qui donnent de très bons résultats. Le type de celles que l'on fabrique maintenant a été amélioré et leur prix augmenté : elles reviennent maintenant à 250 F, mais elles sont toujours très avantageuses à ce prix par comparaison avec les bouées en fer et en bois.
Alger, le 15 février 1915
Ch; A. Rouye
1915.02.25.De James Burness and Sons.Londres
James Burness & SonsLondon and 3, Bute Crescent, Cardiff138, Leadenhall Street London, 25th February, 1915MM. Worms & Co - ParisDear Sirs,Commission accounts for 1914We have to acknowledge receipt of your letter of yesterday enclosing Commission Accounts for the first & second halves of last year for which we are much obliged and agreeably with your instructions we have debited you with the sum of £ 10.640.0.8 in our settlement with the London County & Westminster Bank today: we quite understand the reason why the accounts for the first six months had not reached us in the ordinary course.We have to tender you our sincere thanks for the very kind expression contained in the concluding paragraph of your letter which we much appreciate and we should merely like to add that it has been a source of gratification and pleasure to us to have been able to assist you in the difficult circumstances in which both our countries were placed owing to the war.We are, dear Sirs,Yours truly,James Burness & Sons
1915.02.26.De Worms et Cie Le Havre
Worms & CieLe Havre, le 26 février 1915Messieurs Worms & Cie ParisMessieurs,Nous recevons votre lettre du 25 et nous vous confirmons la nôtre de même date."Michel" est arrivé ici ce matin mais il n'a pu entrer au Bassin Vauban, faute d'eau.Vous venez de nous dire que la prime demandée à Londres pour assurer le risque de guerre est de 2 1/2%.Nous allons voir quelle sera celle de la commission pour le prochain voyage de "Michel".Nous vous avons priés de faire une démarche auprès du ministère des Affaires étrangères à l'effet d'obtenir le rapatriement de Jean-Louis Le Gall, mousse à bord de notre S/S "Listrac" qui se trouve actuellement prisonnier au camp de Holzminden. Cet enfant né le 24 août 1899 a moins de 16 ans et il paraît que les mineurs âgés de moins de 17 ans sont libérables par voie d'échange au même titre que les femmes et les invalides.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées,[Georges Majoux]
1915.03.(10).De Mitchell Main Colliery Cy.Barnsley.A Me Théret.Paris
Double de courrierNB : La copie image de ce document de mauvaise qualité n'a pas été conservée.Monsieur,Je vous remercie de votre lettre du 4. La dernière fois qu'il y a eu une vente d'actions de Mitchell Main, la valeur de chaque action de £ 100 entièrement payée, a été prise à £ 145 et nous ne croyons pas qu'en ce moment elles valent plus que cette somme.Le chèque n°11.498 pour £ 725 daté du 20 août 1914 était un dividende intérimaire pour l'année qui a pris fin le 31 décembre 1914 et la même remarque s'applique au chèque daté du 22 décembre 1914, par conséquent ces deux chèques représentent des dividendes intérimaires payés pour l'année qui a pris fin le 31 décembre 1914.J'ai l'honneur...J. E. Mitchell[Ce courrier est accompagné du mot suivant, rédigé par Me Théret :]Cher Monsieur,Sous ce pli, veuillez trouver la réponse de M. le Directeur de la Mitchell Main à la lettre que je lui avais adressée. Comme elle est en anglais, vous seriez bien aimable de m'en faire la traduction que vous remettriez au porteur de la présente, en même temps que l'original.En vous remerciant...]
1915.03.00.De Worms et Cie Bordeaux.Circulaire
Worms & CieArmateursBordeauxCharbons anglais - Cokes et fontesTransitLignes de vapeurs entreBordeaux, Le Havre et Hambourg ; Anvers et toute la Belgique ; Brême ; Rouen et Paris ; Brest, Dunkerque et Boulogne ; La Rochelle Pallice ; Nantes-Bayonne ; Pasages 7, allées de ChartresBordeauxNous avons le regret de vous informer qu'il ne nous est plus possible de continuer l'exploitation de notre service sur Rouen. Voici pourquoi :Nous desservons cette Ligne, vous le savez, depuis plus d'un demi-siècle ; nous avons toujours réussi, quelles qu'aient été les difficultés, à faire partir nos vapeurs à jour fixe et nous nous sommes efforcés par les soins spéciaux que nous apportons aux marchandises qui nous sont confiées de donner satisfaction à notre clientèle ; nous y avons réussi puisque le nombre de nos chargeurs en même temps que l'importance de notre tonnage ont toujours été en augmentant.Lorsque la guerre a éclaté, nous avons maintenu notre service sur Rouen, et cela au prix de très lourds sacrifices : en effet, la mobilisation nous privait brusquement d'une grande partie de notre personnel sédentaire et naviguant, en même temps qu'elle arrêtait d'une façon à peu près absolue, pendant plusieurs semaines, toutes les transactions commerciales, de sorte que le tonnage que nous avions à transporter était à peu près nul alors que nos dépenses d'exploitation augmentaient considérablement.Malgré cela nos départs dans les deux sens ont toujours eu lieu à leur date.A l'heure présente le tonnage que nous avons à chaque voyage est inférieur à la moitié de ce qu'il était avant la guerre et vous n'ignorez pas que rien que par le fait de l'élévation formidable du prix du charbon, nos dépenses d'armement ont progressé au point que si nous voulions maintenant compenser la perte que nous éprouvons de ce double chef, il nous faudrait majorer nos prix de fret de cent pour cent.C'est là une éventualité à laquelle nous n'avons pas songé un seul instant parce qu'ayant toujours considéré que notre ligne constituait un véritable service d'intérêt public nous étions fermement résolus à maintenir son fonctionnement, coûte que coûte, aux conditions actuelles.Mais l'administration des Ponts et Chaussées à Rouen vient de provoquer un arrêté préfectoral portant la date du 3 mars 1915, aux termes duquel pour conserver la concession à quai qui nous a été attribuée il y a de cela un très grand nombre d'années, il nous faudrait signer l'engagement de payer une pénalité dans le cas où nos vapeurs n'apporteraient pas un certain tonnage, comme si notre propre intérêt, à nous, armateurs, dont les dépenses sont les mêmes que nos navires voyagent pleins ou avec des cargaisons incomplètes, n'était pas de leur faire transporter la totalité de ce qu'ils peuvent recevoir.Nous ne pouvons naturellement pas souscrire à de telles conditions et comme notre exploitation devient ainsi impossible, nous suspendons notre service direct de Bordeaux sur Rouen et vice versa, en attendant des temps meilleurs et une réglementation du port qui soit plus en rapport avec ses besoins.Veuillez agréer, M. , nos sincères salutations.
1915.03.08.De Hypolite Worms.A M. Violette.Paris
45, boulevard HaussmannParis, le 8 mars 1915Monsieur Violette20, boulevard Bonne Nouvelle - ParisCher Monsieur,Je vous renvoie sous ce pli le petit fascicule que vous avez bion voulu me prêter et qui est très intéressant.Je vous envoie maintenant sous ce pli un nouveau chèque de Mitchell, celui-ci est le dividende final pour l'année se terminant le 31 décembre 1914 : il est établi à "l'exécuteur testamentaire de feu Monsieur Lucien Worms" et se rapporte aux 5 actions qui m'appartiennent. Je pense que vous le signerez comme les précédents. J'ai déjà mis le timbre anglais pour que vous n'ayez plus qu'à signer et mettre la date aux deux lignes indiquées. En ce qui concerne la date si vous signez le chèque demain, il y aura lieu de mettre "9th march 1915", et naturellement ce chèque doit être endossé.Je vous remets également une circulaire de Mitchell demandant qu'on renvoie les vieux certificats pour qu'ils puissent en établir de nouveaux ; il doit exister deux certificats : l'un pour les 170 actions qui sont au nom de Madame Lucien Worms et un autre pour 5 actions au nom de Monsieur Lucien Worms. Il est peut-être inutile de faire faire de nouveaux certificats aux mêmes noms puisque ces actions vont être divisées et qu'il y aura encore des changements. Si vous voulez nous pourrons préparer une petite lettre pour expliquer à Mitchell qu'il vaudrait peut-être mieux attendre que le partage des actions soit fait afin qu'ils sachent comment établir les nouveaux certificats et pour cela je suis tout à votre disposition pour le faire en anglais.Veuillez agréer, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments bien dévoués.[Rajout à la main :] J'envoie également à ma mère le chèque de Mitchell établi en son nom propre pour qu'elle le signe et elle me le renverra ensuite pour que vous puissiez l'encaisser.
1915.03.10.De Worms et Cie Cardiff
Worms & C°Private & confidential Cardiff, 10th March 1915MM. Worms & C° ParisDear Sirs,We have just had another talk with the Admiralty people, where at both of us were mutually frank over existing difficulties and each others requirements. Our relations with them are specially friendly and possibly to that, we have an advance knowledge of what is going to happen, namely:-... The requirements of the Admiralty and its Allies are so urgent that the entire output of the following Collieries will be taken from tomorrow until the 20th and in all probability until the 27th inst. same will depend on what fresh wants mature and the extent of the output of coal at the collieries during such periods. Ocean, Nixons, Ferndale, Cambrian, Hoods, all the pits of Guest Keen, particularly Dowlais and Cyfarthfa, all those of the United National Collieries, Hills Plymouth, Penrikwyber.Failing enough coal for the Transports, etc., the following collieries on the other hand, will be allowed to retain only very limited quantities for their own requirements during the periods in question. Albion, Great Western, Cymmer, Windsor, Lewis Merthyr, Powell Duffryn, Ynysfaio, Rhymney, Norths and Tredegar, together with several others.This information they gave us on a pledge of strict secrecy and in consequence of our representations that ships, such as "Annam" ss and others on our stem had to be sailed somehow or other without fail promptly, as their cargoes were wanted imperatively. Their reply to that was they could not get enough coals for some of their subsidiary clients, such as the French State Railways, who have a large number of ships here waiting, and many more to come, and that they were almost sure during the next day or two, to take even more stringent measures than those just detailed. We could see very clearly that the commercial trader is not going to have the embargo removed, spoken of above, for some time and that if we are to get our boats away and obtain cargoes for others to follow, you had better get representations made by the French Government to the British, with the view of our being placed on a preferential footing. What we have told you is sure to creep out eventually and will cause a general panic as soon as it becomes known. It explains also, why we have been unable to stem boats or obtain offers of coal recently, as collieries possibly have doubtless some idea of what is pending.We are, Dear Sirs,Yours very truly,[G. W. Moore]
1915.03.12.De Hypolite Worms.A M. Violette.Paris
45, boulevard HaussmannParis, le 12 mars 1915Monsieur Violette25, boulevard Bonne NouvelleParisCher Monsieur,Je vous remets sous ce pli le chèque de Mitchell que j'ai fait signer et endosser par ma mère et dont vous voudrez bien soigner l'encaissement comme pour les autres.D'accord avec notre conversation d'hier, je vous remets également un projet de lettre à la Mitchell Main en réponse à sa lettre circulaire et je joins à cette lettre une traduction, par conséquent, si cela vous convient et convient à Maître Théret, voulez-vous avoir l'obligeance de la donner à ce dernier pour qu'il la fasse partir.Je viens de téléphoner chez vous et je me suis permis de demander qu'on veuille bien descendre chez la concierge la petite mallette que vous aviez emporter de chez moi il y a quelque temps et dont j'ai besoin maintenant car ma femme va s'en aller en Angleterre ces jours-ci.Agréez, Cher Monsieur, l'expression de mes sentiments bien dévoués.H. Worms
1915.03.12.De Hypolite Worms.A Me Théret.Paris
45, boulevard HaussmannParis, le 12 mars 1915Me ThéretParisCher Maître,Je vous retourne sous ce pli la lettre de Mitchell Main avec la traduction. Il semble que la réponse n'est pas tout ce que vous désiriez savoir car je comprenais que vous aviez besoin qu'on vous dise si les chèques en question étaient des dividendes s'appliquant à des périodes soit antérieures au 22 juillet 1914, soit postérieures à cette date. Or on vous répond qu'ils s'appliquent tous deux à l'année 1914, ce dont nous n'avions jamais douté. Si je me permettais de vous donner mon humble opinion, je vous dirais que le chèque du 20 août est pour une période de temps précédant le 22 juillet, mais le chèque du 22 décembre pour une période suivant cette même date.Tout à votre disposition pour vous traduire tout ce que vous aurez besoin, veuillez agréer, Cher Maître, l'expression de mes sentiments bien dévoués.
1915.03.12.De Me Théret.A Mitchell Main Colliery Cy.Barnsley.Paris
24, boulevard St Denis,Paris, 12 mars 1915Monsieur le SecrétaireThe Mitchell Main Colliery Cy. Ltd - BarnsleyMadame Lucien Worms m'a bien remis votre lettre circulaire demandant les vieux certificats pour pouvoir les charger contre des nouveaux.Je détiens les trois certificats, deux étant au nom de Madame Lucien Worms, et un au nom de feu Monsieur Lucien Worms, mais je n'ai pas l'intention de vous les envoyer tout de suite car j'aurai bientôt à vous écrire pour vous demander de transférer ces actions, ou une partie, aux héritiers de feu Monsieur Lucien Worms, et c'est alors que je vous enverrai les certificats respectifs.Agréez, Monsieur, mes salutations distinguées.
1915.03.12.De Worms et Cie Bayonne
Worms & CieArmateursCharbons anglais - Cokes & fontes - Anthracites - BriquettesLignes de vapeurs entre Bayonne et Bordeaux, Nantes, Rouen, Paris, Le Havre, et vice versaTransit Bayonne, les 12 mars 1915Allées Boufflers, 8Messieurs Worms & Cie - ParisNous avons reçu votre lettre du 10 courant.Charte-partie Manuel Camara - Nous venons de recevoir une lettre de MM. Viuda Y Sobrinos Camara, armateurs du "Manuel-Camara" dont vous trouverez la copie sous ce pli. Ils dénoncent la charte-partie du 19 décembre dernier et invoquent le blocus allemand pour refuser d'effectuer le voyage de Swansea à Bayonne, que ce bateau devait faire pour nous à la fin du mois.Il paraît que ces armateurs étaient hier à Bayonne et sont venus voir le courtier pour essayer d'annuler la charte-partie à l'amiable. Le courtier ne s'y est pas prêté de bonne grâce ; ils sont allés consulter un avocat qui leur a rédigé la lettre que nous recevons sous le couvert du courtier et sous la signature des armateurs.Le courtier nous informe qu'en même temps ils ont écrit une lettre identique à M. Frois, négociant en poteaux de mines qui devait charger le vapeur dans une huitaine de jours pour Budd & Cie et qui devait le charger une seconde fois après avoir effectué le voyage qui nous intéresse, également en poteaux de mines pour le compte de Watts Watts. Pour que vous compreniez les mobiles auxquels obéissent ces armateurs, il faut, d'une part, vous signaler que notre charte-partie est au fret de 14 F, pour le charbon et que celles de Frois pour les poteaux de mines sont à 9/- alors que l'on cote maintenant 18/- pour ces mêmes transports.Nous venons de voir notre avocat Me Laxague, qui a commencé par nous déclarer que dans le principe le blocus survenant après la conclusion du contrat d'affrètement, constitue évidemment un cas de force majeure, autorisant la résiliation du contrat.Mais il s'agit de savoir et pour nous d'établir, si, dans le cas actuel, le blocus invoqué ne constitue pas simplement un prétexte ayant pour but de se soustraire à des engagements devenant onéreux, pour permettre à l'armateur de toucher temporairement des frets beaucoup plus élevés.Il n'y a pas lieu, à notre avis, de s'arrêter longtemps sur la proposition des armateurs d'exécuter le voyage quand le blocus sera levé.Nous avons signalé à notre avocat qu'en premier lieu les armateurs ont commis une faute lourde à notre égard, même si le motif invoqué par eux était valable, parce que le blocus allemand a été annoncé le 3 ou le 4 février, croyons-nous, pour être mis en pratique à partir du 18 février et que c'est aujourd'hui 12 mars seulement qu'ils nous font connaître leur intention d'invoquer ce blocus pour annuler leurs engagements. Or, nous pouvons faire valoir que s'ils nous avaient fait connaître leur intention il y a un mois ou 5 semaines, nous eussions pu, leur thèse admise, affréter en temps utile et dans de bien meilleures conditions que maintenant, un autre bateau pour exécuter nos propres engagements. Il y a donc là faute et faute lourde de leur part, à notre avis.La position du "Manuel-Camara" est la suivante :Il est actuellement devant la Barre avec une cargaison de charbon pour notre concurrent Depeaux et il entrera dans le port sans doute demain ou après-demain pour être déchargé dans le courant de la semaine prochaine. Le montant du fret qu'il aurait à toucher serait d'environ 25.000 F. Nous serions d'avis de commencer par faire saisir le fret entre les mains du détenteur et d'interdire à Depeaux ainsi qu'aux courtiers de s'en dessaisir. Nous ne savons pas si, en supposant que vous admettiez notre manière de voir, vous pensez qu'il y ait lieu ou qu'il soit légalement possible de prendre d'autres précautions, et, en principe, de faire saisir le bateau lui-même pour plus de sécurité, car nous ne serons pas les seuls à réclamer ; les acheteurs de poteaux de mines Budd et Watts Watts de leur côté vont avoir une différence de fret de 30 à 40.000 F à réclamer contre les armateurs.Quant à la thèse du blocus, nous estimons qu'il est possible d'établir qu'il n'est pas effectif :1° - parce que l'on affrète tous les jours des navires entre le Pays de Galles et les ports français,2° - parce que l'on pourrait établir la matérialité de notre prétention en affrétant un bateau en remplacement pour le compte des armateurs défaillants s'ils persistent dans leur prétention.Nous ferons remarquer encore (mais c'est surtout l'affaire des armateurs) que s'ils ne s'exécutent pas ils s'interdisent la possibilité d'envoyer leur bateau dans aucun port français ou anglais, sans démentir leur propre prétexte d'abord, sans s'exposer à faire saisir leur bateau en second lieu.Comme il importe que notre voisin Depeaux ne se dessaisisse d'aucun acompte sur le fret avant que nous ayons pu prendre des mesures conservatoires et fait une opposition entre ses mains, il conviendrait que vous nous donniez d'urgence lundi prochain si possible, vos instructions sur la marche à suivre.Si vous êtes d'avis d'effectuer la saisie du fret et que les armateurs venant à résipiscence déclarent qu'ils exécuteront le contrat, est-il possible et conviendrait-il d'exiger une garantie qu'ils tiendront leur promesse ? Dans ce cas le maintien de l'opposition jusqu'à ce que le vapeur ait effectué son chargement à Swansea s'imposerait peut-être.Nous pensons vous avoir indiqué ci-dessus à peu près tous les points de vue et tous les faits utiles à connaître pour prendre une décision.Agréez, Messieurs, nos sincères salutations.[Signature illisible]