1922.00.Des ACSM.Note non datée.Les constructions navales en France

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Les constructions navales en France

En 1914, la production annuelle des chantiers de constructions navales en France était d'environ 300 000 tonnes de tonnage brut.
Pendant les premières années de la guerre les constructions navales furent suspendues, mais elles reprirent par la suite une certaine activité pour la réparation des navires de guerre et la construction d'unités légères.
De 1914 à 1918, en plus de l'arrêt presque complet de la construction des navires de commerce, en particulier en France, il y eut les pertes formidables occasionnées par la guerre.
On aurait cru qu'au lendemain de ces événements les besoins énormes de l'armement mondial allaient nécessiter la construction d'un grand nombre de navires, et en particulier ceux de l'armement français, un des plus durement éprouvés par la guerre.
On vit donc s'ériger de nombreux chantiers nouveaux très importants pendant que ceux existant perfectionnaient leur outillage et augmentaient leur personnel, les possibilités de production annuelle passèrent alors de 300 000 tonnes à plus de 600 000 tonnes, les chantiers reçurent des ordres considérables et au 1er janvier 1921 le nombre des navires de commerce en commande était encore de 143 représentant un tonnage brut de 540 000 tonnes.
Malheureusement, au lieu de l'activité exceptionnellement intense que l'on prévoyait pour les
radiations commerciales par mer, il s’est produit un arrêt de la consommation et des exportations, et, comme conséquence inévitable, un avilissement considérable des frets.
Devant cette situation si difficile, les armateurs ne sont pas pressés de recevoir leurs commandes et la livraison de nombreuses unités est même résiliée, amenant la perturbation dans les chantiers. Il ne s’est par suite produit pas ou un nombre absolument très restreint de commandes en 1921, et en comptant 35 à 40 navires lancés, il aurait dû au moins rester au 1er janvier 1922 approximativement 100 navires en commande, alors qu’il n’y a actuellement qu’environ 60 navires en construction en France, répartis comme l’indique la note ci-jointe, et procurant du travail dont l’achèvement ne dépassera pas la fin de cette année ou celle de 1923 pour de rares chantiers.
Par ailleurs l’attribution de la flotte allemande aux Alliés et la liquidation de la flotte d’État ont porté le dernier coup aux chantiers navals.
Un abaissement des salaires dans les chantiers, et une reprise intense des affaires pourraient seuls amener les armateurs à passer dès cette année quelques commandes, ce qui éclaircirait un peu l’avenir très sombre qui s’ouvre devant les chantiers. Déjà certains d’entre eux, pour parer la crise, ont orienté leur activité vers les constructions mécaniques diverses et viennent même de signer d’importants contrats avec les compagnies de chemin de fer pour la réparation de locomotives.

État des navires actuellement en construction en France

Chantiers de Saint-Nazaire (Penhöet)

- 1 pétrolier en achèvement
- 1 vapeur en transformation
- 2 500 locomotives à réparer

Chantiers de Normandie

- 2 pétroliers pour la société Mazout-Transports

Chantiers Augustin Normand

- 1 chalutier lancé en cours d’achèvement pour "les Pêcherie de France"
- 2 restant à lancer

Ateliers & Chantiers de Bretagne

- 1 refouleur pour Rouen
- 1 navire câblier en transformation
- 100 locomotives à réparer

Chantiers navals français

- 1 cargo 3 100 tonnes
- 1 pétrolier de 11 000 tonnes
- 7 cargos de 4 700 tonnes

Chantiers de France

- 1 vapeur de 5000 tonnes pour la Société navale de l’Ouest en achèvement
- 1 à lancer

Chantiers de la Gironde – Bordeaux & Cherbourg


Harfleur

- 1 paquebot de 165 M
- 2 pétroliers de 10 250 tonnes
- 100 chaudières marines
- 5 000 tonnes de charpentes métalliques
- 2 cargos de 6 800 tonnes en achèvement
- 2 à lancer
- 3 cargos de 6 500 tonnes

Ateliers & Chantiers de la Loire (Saint-Nazaire)

- 3 paquebots pour la Compagnie des chargeurs réunis
- 1 000 locomotives à réparer

Forges & Chantiers de la Méditerranée

- 1 paquebot pour la Société des transports maritimes à vapeur
- 2 paquebots pour la Compagnie des chargeurs réunis

Chantiers de la Seine-Maritime

- 5 cargos de 4 700 tonnes
- 4 Listrac
- 2 Superchateau

Ateliers & Chantiers de la Loire (Nantes)

- 1 cargo de 11 700 tonnes pour la Compagnie des chargeurs réunis
- 1 dock flottant pour la chambre de commerce de Dieppe

Anciens Chantiers Dubigeon & Chantiers de Dyls & Bacalan

- Achèvement du programme des cargos "Marie Louise"

 

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