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1937.00.00.Recueil des informations de janvier à décembre

Ce recueil recense chronologiquement les données collectées sur l'année citée en référence, dans :

  • les copies de lettres à la presse1,
  • les doubles des courriers reçus par le siège, à Paris, entre 1936 et 19412,
  • la correspondance, les notes, rapports, circulaires, accords, traités... (originaux ou duplicatas) émanant de la direction générale de la Maison, des départements maritimes et combustibles, des chantiers de constructions navales du Trait, ainsi que des succursales françaises et étrangères. Les dossiers d'où proviennent ces pièces ont été classés "tels quels" par les services qui les ont produits. Répertoriés par objet et non par date, ils couvrent – ensemble – une période allant de la fin du 19ème siècle au début des années 1960. Une notice située à la fin du présent article, reproduit le descriptif qui est fait des archives les plus significatives sur les bordereaux d'inventaire,
  • les synthèses réalisées par la Maison et notamment :
    • "Historique de la succursale de Newcastle (1848-1948)", classé en 1948
    • "Historique de la succursale de Port-Saïd, relations avec l'Égypte (1869-1948)", daté du 16 juin 1948.

A ces informations s'ajoutent celles recueillies :

  • auprès des services administratifs : état civil, tribunal de commerce...
  • dans les annuaires et les minutes notariales...
  • dans la presse, les revues professionnelles et les ouvrages d'histoire...

Du fait de la nationalisation de la Banque Worms en 1982, les témoignages relatifs au département bancaire proviennent essentiellement du secrétariat général et de la direction de Worms & Cie, d'une part, et d'autre part, d'extraits de publications externes ou d'études conduites par la Maison Worms. Ainsi :

Les documents d'où sont extraits les renseignements rassemblés dans ce recueil sont consultables à partir de ce fichier en cliquant sur leur intitulé (en bleu + soulignement).

1+2 : Ces corpus n'ont pas fait l'objet d'un dépouillement exhaustif comme cela a été le cas pour les chronos de correspondance datant du 19ème siècle.

1937.00.De J. Le Martret - Syndicat des armateurs et marins bretons.Brest.Au ministre de la Marine

Copie de lettreBrestJ. Le MartretPrésident du Syndicat des armateurs et marins bretons15, rue Traverse à Brestà Monsieur le ministre de la Marine marchandeParisMonsieur le ministre,J'ai l'honneur d'attirer votre bienveillante attention sur la situation qui serait faite aux armements au cabotage et au bornage si le contre-projet modificatif du projet de loi Tasso était voté par le Parlement.D'après ce contre-projet, ces deux armements seraient exclus du bénéfice de la loi, en raison du privilège du monopole de pavillon dont ils jouissent.Je ne sais, M. le ministre, si on a cherché à déterminer le bénéfice que retire le petit armement de ce privilège qui est devenu une simple fiction depuis que des mesures économiques destinées à porter remède à d'autres activités sont venues paralyser l'industrie des transports entiers.C'est ainsi que la loi de 8 heures applicable à tout l'armement français n'a pas été sans toucher quelque peu le petit aussi bien que le gros armement.Plus tard et successivement sont venus :1° - la taxe d'apprentissage qui joue contre le petit armement qui forme lui-même, non seulement ses apprentis, mais aussi ceux de la plus grande partie de l'armement français.2° - La taxe sur les transports qui pratiquement est supportée par l'armement au cabotage et au bornage.3°- Les prix fermes des compagnies de chemins de fer qui à eux seuls ont porté plus de préjudice à l'armement côtier que toutes les autres mesures réunies. Ils ont évincé complètement le bornage et le cabotage du trafic de port à port et la conséquence de leur application a été la suppression en fait du monopole du pavillon qui ne peut s'entendre qu'autant que la concurrence sur le plan national reste libre.4° - Les contingentements qui, venus en dernier lieu, ont enfin eu raison de l'armement au cabotage breton qui renferme à lui seul les 4/5 des navires pratiquant le trafic de port à port.A partir de la mise à exécution du décret sur le contingentement du charbon et pendant un an, l'armement au cabotage breton a dû être remisé dans le fond des ports et ce n'est que grâce à la ténacité des services du ministère de la Marine marchande, à laquelle je me fais un devoir de rendre hommage qu'en octobre 1932 les navires de 150 tonnes et au-dessus reprirent armement, un contingent de charbon anglais ayant été mis à la disposition du syndicat.Mais les navires d'un plus faible tonnage, mais les borneurs, qui ne peuvent penser aller en Angleterre et qui ont été atteints par ces mesures au même titre que les goélettes, qu'a-t-on fait pour eux ? Rien.Pour pouvoir subvenir aux besoins de leurs familles, ils se sont adonnés à différents trafics pour lesquels bon nombre d'entre eux n'étaient pas construits.On peut trouver quelques-uns ramassant, mais au prix de quelles peines et de quelles privations, les miettes que dédaigne la voie ferrée.On trouve aussi quelques borneurs transportant des chargements de cailloux où le matériel s'use vite.Beaucoup n'ayant pas de fret, draguent le long de nos côtes du sable pour la fumure des champs et l'entretien des routes, encore dans ce dernier travail sont-ils terriblement concurrencés par les entreprises de camionnage automobile qui, au mépris des règlements cueillent à même le sable sur les plages pour le transporter à destination.Partout, M. le ministre, c'est la misère et la désolation. Le gain d'un père de famille, et en Bretagne les familles sont nombreuses, est très insuffisant pour nourrir sa nichée, entretenir le matériel, le remplacer au besoin, le garantir contre le mauvais temps par l'assurance, payer les droits et les redevances qui s'attachent à son dur métier ; aussi la pitance passant en premier, le matériel disparaît. De 350 bâtiments dont se composait le cabotage avant-guerre, il ne reste plus qu'une cinquantaine, tous à bout de souffle. Quelques-uns n'ayant plus les fonds nécessaires pour se faire radouber, se remisent au fond des ports.D'autres sont harcelés par les avitailleurs qui, désireux de faire rentrer leurs créances antérieures, refusent à l'avenir tout nouveau crédit.La question de l'assurance est résolue depuis deux ans environ, les primes d'assurances restant impayées pendant que les frets se raréfient de plus en plus, les navires restent découverts.Ce lamentable état de choses, s'il procède un peu du marasme général des affaires de navigation a été singulièrement aggravé en ce qui concerne le cabotage et le bornage par les décisions des pouvoirs publics restreignant systématiquement la liberté commerciale du petit armement.Et c'est à ce petit armement que ces mêmes pouvoirs publics se proposent de refuser l'aide matérielle qu'on accorderait au reste de l'armement français.Permettez-moi de dire, Monsieur le ministre, que par humanité et par équité les armements au cabotage et au bornage auraient dû être les premiers l'objet de la sollicitude gouvernementale.Ils ont été atteints par la crise au même titre que tout l'armement, ils ont été en outre très gravement lésés dans leur industrie par la concurrence déloyale des compagnies de chemins de fer, concurrence provoquée par les pouvoirs publics, je le répète.Aujourd'hui, les importateurs de charbon rejettent les offres d'affrètement des caboteurs, leur préférant le tonnage étranger cependant que nos petits armateurs savent parfaitement que le taux de fret qu'ils proposent ne devrait avoir aucune influence pratique sur le marché intérieur du combustible.Les négociants de nos ports ont tout avantage à faire venir leur sucre de Nantes ou leur vin de Brest par voie ferrée plutôt que de confier ces transports aux borneurs.D'où disparition rapide d'une industrie jadis florissante et qu'on a considéré jusqu'ici comme indispensable à l'économie générale du pays.D'où aussi tarissement de la meilleure source de recrutement des marins.Je suis persuadé, Monsieur le ministre, que notre appel sera entendu. Je suis persuadé que votre bienveillance avisée s'exercera en faveur d'une catégorie de citoyens particulièrement digne d'intérêt.C'est au nom des 3.000 familles bretonnes qui vivent du cabotage et du bornage que je vous demande de traiter ces deux armements sur le même pied d'égalité que le reste de l'armement français.Ce faisant, M. le ministre, le Parlement acquittera la dette qu'il a contractée vis-à-vis de l'armement dans une séance au cours de laquelle le ministre d'alors dit du haut de la tribune de la Chambre des députés, parlant de la loi de huit heures :"Si, dans l'avenir, l'armement français doit souffrir des effets de cette loi, le Parlement se fera un devoir de lui venir en aide".Les armements au cabotage et au bornage ne souffrent pas seulement de l'application de la loi de 8 heures, mais encore de toute la réglementation qui, par la suite, est venue restreindre son activité.Ils en souffrent, ils en meurent.Avec mes remerciements anticipés, je vous prie d'agréer, Monsieur le ministre, mes respectueuses salutations.

1937.01.00.De Worms et Cie.Circulaire.(1).Original

Document originalWorms & CieParis, [...] janvier 193745, boulevard HaussmannM.Nous avons l'honneur de vous annoncer que nous avons nommé, comme directeur général de nos Ateliers et chantiers de la Seine maritime, M. Nitot, précédemment directeur de ces Chantiers.Il sera remplacé dans ces fonctions par M. Abbat, antérieurement sous-directeur.Le siège de la direction générale sera dans nos bureaux, 45, boulevard Haussmann, à Paris.Veuillez agréer, M., l'expression de nos sentiments distingués.Worms & Cie

1937.01.00.De Worms et Cie.Circulaire.(2).Original

Document originalWorms & CieParis, [...] janvier 193745, boulevard HaussmannM.Nous avons l'honneur de vous faire connaître que nous avons désigné M. Robert Dhorne, précédemment chargé de notre succursale de Brest, comme directeur du bureau de nos Services maritimes à Paris en remplacement de M. Ernest Letendart, atteint par la limite d'âge, que nous avons nommé directeur honoraire de notre Maison.Veuillez agréer, M., l'expression de nos sentiments distingués.Worms & CieM. Robert Dhorne signera : P. Pon Worms & Cie [signature]

1937.01.28.De Worms & Cie Services bancaires.Au ministère des travaux publics

Paris, le 28 janvier 1937 Ministère des Travaux publics Financement des marchés Cautions personnelles et solidaires Décret du 12 décembre 1936 (JO du 23 décembre 1936) Monsieur le ministre, Comme suite au décret du 12 décembre 1936 (JO du 23 décembre) concernant les cautions personnelles et solidaires des titulaires des marchés de l’État et des collectivités publiques, nous avons l’honneur de vous adresser, ci-inclus, une demande d’admission, sur timbre, suivant modèle prescrit par vos services. Veuillez agréer, monsieur le ministre, les assurances de notre haute considération. Signé illisible. Nous soussignés : Hypolite Worms et Jacques Barnaud, associés gérants de messieurs Worms & Cie, négociants, armateurs, banquiers, société en nom collectif et en commandite simple, dont le siège social est à Paris – 45, boulevard Haussmann après avoir pris connaissance du décret-loi du 30 octobre 1935 et du décret d’application du 12 décembre 1936 relatifs au financement des marchés de l’État et des collectivités publiques, demandons à monsieur le ministre des Finances que l’établissement ci-dessus indiqué soit autorisé à se porter caution personnelle et solidaire des titulaires de tous marché de l’État et des collectivités publiques. Nous nous engageons, dès notification de l’agrément, à déposer en gage à la caisse des dépôts et consignations entre les mains de monsieur le caissier principal une valeur de 100.000 F. Ce cautionnement, versé une fois pour toutes, contribuera à garantir tous les engagements qui seront pris ultérieurement par messieurs Worms & Cie, conditions prévues par le décret du 12 décembre 1936 en qualité de caution personnelle et solidaire. Fait à Paris le vingt-huit janvier mil neuf cent trente-sept. Signé : Barnaud et H. Worms.  

1937.01.28.Des ACSM.État des navires - commandes de 01 à 87 - marchés du 31.12.1919 au 17.11.1936

État des navires commandés aux Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime Nos des commandes Noms des armateurs Noms des navires Types des navires Dates des marchés Montant des marchés Dates des lancements 1 Worms & Cie Le Havre "Léoville" Cargo 31.12.1919 3.359.350 03.09.1922 2 Worms & Cie Le Havre "Sauternes" Cargo 31.12.1919 3.359.350 09.11.1922 3 Worms & Cie Le Havre "Barsac" Cargo 31.12.1919 3.359.350 18.01.1923 4 Worms & Cie Le Havre "Cérons" Cargo 31.12.1919 3.359.350 03.06.1923 5 Commande résiliée - - - - - 6 Commande résiliée - - - - - 7 Worms & Cie Le Havre "Château-Lafite" Cargo 31.12.1919 6.424.000 22.06.1924 8 Worms & Cie Le Havre "Château-Yquem" Cargo 31.12.1919 6.424.000 08.02.1925 9 Commande résiliée - - - - - 10 Commande résiliée - - - - - 11 Commande résiliée - - - - - 12 Commande résiliée - - - - - 13 Commande résiliée - - - - - 14 Ministère de la Reconstitution "Capitaine Bonelli" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 29.11.1921 15 Industrielle Bureau "Chef-Mécanicien Armand Blanc" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 25.02.1922 16 National des charbons "Capitaine Le Diabat" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 10.05.1922 17 National des charbons "Capitaine Prieur" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 03.07.1922 18 National des charbons "Capitaine Edmond Laborie" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 22.03.1923 19 National des charbons "Dionée" Cargo charbonnier 20.10.1919 4.817.500 27.11.1923 20 Société de navigation à vapeur Daher & Cie - Marseille "Vaccares" Cargo pour le transport des colis lourds Marché principal : 20.10.1919 Marché Daher : 20.03.1923 4.327.500 1.036.950 05.01.1924 21 Commande résiliée - - - - - 22 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 51 Chaland à clapets 17.08.1923 2.150.000 (pour les 6 chalands) 17.04.1924 23 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 52 Chaland à clapets 17.08.1923 - 17.04.1924 24 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 53 Chaland à clapets 17.08.1923 - 22.06.1924 25 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 54 Chaland à clapets 17.08.1923 - 22.06.1924 26 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 55 Chaland à clapets 17.08.1923 - 06.08.1924 27 Ponts et Chaussées service maritime de la Seine-Inférieure PC 56 Chaland à clapets 17.08.1923 - 06.08.1924 28 Société auxiliaire de manutention et de navigation à Rouen Ponton pour grue de 4 tonnes 24.11.1923 83.000 02.04.1924 29 Chambre de commerce de Dieppe "Balidar" Remorqueur 24.12.1923 860.000 03.09.1924 30 Det Bergenske Dampskibsselskab "Leo" Cargo 10.01.1924 2.200.000 14.12.1924 31 Det Bergenske Dampskibsselskab "Lynx" Cargo 10.01.1924 2.200.000 22.03.1925 32 Det Bergenske Dampskibsselskab "Nova" Cargo mixte 21.01.1924  Kr 800.000 26.07.1925 33 Compagnie Delmas Frères & Vieljeux "Lucie Delmas" Cargo 10.04.1924 2.513.700 06.05.1925 34 Compagnie générale transatlantique Ponton d'accostage 07.02.1924 167.000 les 2 pontons 22.06.1924 35 Compagnie générale transatlantique Ponton d'accostage 07.02.1924 - 22.06.1924 36 Hauts-fourneaux, forges et aciéries de Denain & Anzin "Ostrevent" Cargo 15.04.1924 2.620.000 30.09.1925 37 Chemins de fer de l'État "Rennes" Cargo 05.04.1924 2.550.000 23.08.1925 38 Ministère de la Marine "Loing" Pétrolier 15.10.1924 9.593.00 04.04.1927 39 M. le sénateur G. Menier "Fleurus" Paquebot 12.12.1924 3.050.000 28.03.1926 40 Det Norsk Russiske Dampskibsselskab "Soroka" Cargo 16.09.1925 Kr 716.000 21.11.1926 41 Det Norsk Russiske Dampskibsselskab "Keret" Cargo 16.09.1925 Kr 716.000 19.04.1927 42 La Morue française & sécheries de Fécamp - Paris "Adriatique" Chalutier 22.10.1925 2.150.000 08.08.1926 43 La Morue française & sécheries de Fécamp - Paris "Caucasique" Chalutier 22.10.1925 2.150.000 01.02.1927 44 Poudrerie nationale de Sevran-Livry "Seine" Chaland à essence automoteur 15.12.1925 325.000 01.08.1927 45 Poudrerie nationale de Sevran-Livry "Marne" Chaland à essence automoteur 15.12.1925 325.000 07.07.1927 45 Union normande "Meuse" Automoteur-citerne 15.12.1925 325.000 07.07.1927 46 Union normande "Moselle" Automoteur-citerne 15.12.1925 325.000 01.08.1927 48 Ministère de la Marine Chaland séparateur de mazout 428.000 01.07.1928 49 Ministère de la Marine Chaland séparateur de mazout 428.000 01.07.1928 50 Ministère de la Marine "Basque" Torpilleur Série dite des "1 500 tonnes" 31.12.1925 15.350.000 25.05.1929 51 MM. Westfal Larsen-Bergen "Orkanger" Pétrolier 18.03.1926 £ 119.000 20.05.1928 52 The Anglo-Saxon Petroleum Co. "Megara" Tank steamer 14.08.1926 £ 141.000 29.12.1928 53 The Anglo-Saxon Petroleum Co. "Mirza" Tank steamer 14.08.1926 £ 141.000 20.10.1929 54 Worms & Cie Le Havre "Mérignac" Cargo 08.1927 4.200.000 08.10.1929 55 Ministère de la Marine Q-160 "Antiope" Sous-marin 22.02.1928 15.200.000 18.08.1931 56 Ministère de la Marine Q-161 "Amazone" Sous-marin 22.02.1928 15.200.000 28.12.1931 57 Société algérienne de navigation à vapeur "Charles Schiaffino" Cargo 03.07.1928 8.750.000 16.03.1930 58 Ministère de la Marine Q-164 "Oréade" Sous-marin 18.12.1928 15.645.000 23.05.1932 59 Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation – Nochap "Ville de Tamatave" Cargo mixte 21.03.1929 14.950.000 22.01.1931 60 Compagnie havraise péninsulaire de navigation "Ville de Majunga" Cargo mixte 21.03.1929 14.950.000 21.07.1931 61 Commande résiliée - - - - - 62 Marine nationale Q-175 "La Sybille" Sous-marin 16.12.1929 18.375.000 28.01.1933 63 Ponts & Chaussées Ponton d'embarquement 24.06.1930 1.900.000 23.09.1931 64 Ponts & Chaussées Ponton d'embarquement Bac Berville 24.06.1930 1.900.000 65 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 23.12.1931 66 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 23.12.1931 67 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 23.12.1931 68 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 69 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 70 Ponts & Chaussées Chaland 09.01.1931 414.000 71 Société de transit Jules Roy "Charles Nungesser" Coque de remorqueur 14.02.1931 600.000 28.10.1931 72 Société de transit Jules Roy "Georges Madon" Coque de remorqueur 14.02.1931 600.000 27.11.1931 800 R Ateliers et Chantiers de Bretagne Appareil évaporatoire chaudières Contre-torpilleur DA 12 11.08.1930 6.895.000 10 R Ateliers et Chantiers de Bretagne Demi-appareil évaporatoire Contre-torpilleur DA 16 20 R Chantiers de la Gironde Contre-torpilleur DA 17 02.07.1931 3.000.000 30 R Forges & Chantiers de la Méditerranée (Marine nationale) Contre-torpilleur DA 21 08.08.1931 8.400.000 100 R Marine nationale Transports Seine 4 chaudières 14.08.1931 619.000 500 R Parc à huile Milhaud 4 réservoirs 17.08.1931 342.642 2 R Ponts & Chaussées Boulogne-sur-Mer "Désiré Delmotte" 1 chaudière 31.03.1931 514.660 73 Société anonyme de gérance et d'armement "Cap Blanc" Navire acier cargo 16.10.1931 7.800.000 30.11.1932 74 Société anonyme de gérance et d'armement "Cap Cantin" Navire acier cargo 16.10.1931 7.800.000 12.03.1933 75 Marine nationale "Vénus" Sous-marin 26.01.1932 21.730.000 06.04.1935 76 Marine marchande "Président Théodore Tissier" Navire océanographique 19.08.1932 7.455.000 23.09.1933 77 Ponts et Chaussées Bac de Caudebec Bac à vapeur 09.02.1933 1.147.000 502 R 503 R Iraq Petroleum Cy 3 réservoirs 21.12.1932 Fob £ 2.192 Montage £ 2.375 78 Worms & Cie "Le Trait" Cargo 01.06.1933 5.584.370 28.07.1934 79 Marine nationale "Incomprise" Escorteur 18.01.1934 23.250.000 15.04.1937 80 Marine nationale "Bouclier" Escorteur 18.01.1934 21.750.000 1937 81 Compagnie auxiliaire de navigation Pétrolier 12.04.1934 31.500.000 12.10.1935 572/73 R Standard franco-américaine de raffinage 2 réservoirs 04.04.1934 150.000 07.1934 574/75 R Standard franco-américaine de raffinage 2 toits flottants 03.04.1934 135.000 30.04.1934 450 R Marine nationale "Quentin Rossevelt" 2 chaudières 03.04.1934 345.000 08.04.1934 380/386 R The Texas Cy 2 réservoirs toits fixes 16.02.1934 145.000 06.1934 The Texas Cy 1 réservoir toit fixe 16.02.1934 102.000 06.1934 The Texas Cy 2 réservoirs toits fixes 17.02.1934 186.675 06.1934 306 R Société algérienne de navigation à vapeur "Charles Schiaffino" Chauffe au mazout 01.02.1934 280.000 28.01.1937 588/89 R Société de raffinage des huiles de pétrole 4 toits flottants pour réservoirs 4200 m3 08.06.1934 640.000 25.12.1934 590/91 Société générale des huiles de pétrole 2 toits flottants pour réservoirs 2800 m3 08.06.1934 246.000 30.11.1934 82 Société navale caennaise "Danaé" Cargo charbonnier 10.1935 6.000.000 21.05.1936 83 Société navale caennaise "Dioné" Cargo charbonnier 11.10.1935 5.900.000 27.11.1936 84 Entreprise d'acconage et de remorquage "Saint Louis" Remorqueur 11.1935 2.950.000 28.01.1937 85 Marine nationale "Cérès" Sous-marin 07.03.1936 20.845.000 86 Louis Dreyfus & Cie Cargo à moteur 16.04.1936 15.250.000 87 Marine marchande Cargo de 9 000 tonnes 17.11.1936 15.250.000

1937.02.05.Du ministère des Finances.A Worms & Cie Services bancaires

Paris, le 5 février 1937 P/le ministre, le directeur à MM. Worms & Cie Banquiers 45 boulevard Haussmann À Paris Messieurs, Vous m’avez adressé une demande à l’effet d’obtenir pour votre société l’agrément qui lui est nécessaire, en vertu des décrets des 30 octobre 1935 et 12 décembre 1936, pour se porter caution personnelle et solidaire des titulaires de marchés passés par l’État, l’Algérie, les départements, les communes et les établissements publics. J’ai l’honneur de vous faire connaître que j’accorde cet agrément à votre établissement. Par le même courrier, j’habilite M. le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations à recevoir le cautionnement fixe de 100.000 francs que votre société s’est engagée à verser, au reçu de la présente notification. Pour me permettre de compléter votre dossier, je vous prie de me faire parvenir une copie de l’acte de constitution de votre société, et une copie de votre dernier bilan. Agréez, etc. Signé Henri Gilet.  

1937.02.05.Du ministre des Finances.Au directeur général de la Caisse des dépôts

5 février 1937 Le ministre des Finances à monsieur le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations Affaires générales et marché financier Cautions personnelles et solidaires Décrets des 30 octobre 1935 et 12 décembre 1936 Comme suite à ma note n° 152 du 6 janvier 1937 relative à la mise en vigueur du régime des cautions personnelles et solidaires des titulaires de marchés, institué par les décrets du 30 octobre 1935 (article 9) et du 12 décembre 1936, j’ai l’honneur de vous faire connaître que j’ai donné mon agrément aux établissements suivants : Banque corporative du bâtiment et des travaux publics 4, rue Beaubourg à Paris MM. Worms et Cie, banquiers 45, boulevard Haussmann à Paris Ces établissements doivent effectuer le dépôt du cautionnement fixe de 100.000 francs entre les mains du Caissier général de votre établissement, je vous serais obligé de bien vouloir donner toutes instructions utiles pour que ces versements soient acceptés. Signé : Henri Gilet.  

1937.02.16.De Worms & Cie Services bancaires.Au ministre des Finances

Paris, le 16 février 1937 Monsieur le ministre, Nous avons l’honneur de vous informer que nous avons versé à la Caisse des dépôts et consignations suivant récépissé n° 3.731 COS du 11 février 1937 : F 105.000 nominal de bons du Trésor 4 % 1935 comme suite à votre lettre du 5 février 1937. Veuillez agréer, monsieur le ministre, les assurances de notre haute considération. P. Pon Worms & Cie. Signé illisible. [Suit la déclaration de versement des Services bancaires de Worms & Cie à la Caisse des dépôts et consignations]  

1937.03.00.Des ACSM.A Worms Paris.Note.Situation du personnel du 25 février au 3 mars 1937 (PDF seul)

Ce tableau n'a pas été retranscrit. Seul le PDF est proposé à la consultation.

1937.03.12.De Jacques Marchegay - CCAF.Note

Paris, le 12 mars 1937Sous le prétexte qu'il bénéficiait du privilège du pavillon, l'armement au cabotage avait été privé, presque entièrement, des avantages de la loi du 12 juillet 1934 - première loi Tasso - d'aide à l'armement libre. Un tel traitement n'était d'ailleurs pas justifié car le cabotage restait soumis à la concurrence du chemin de fer et l'on sait combien elle était sévère à cette époque. Quoi qu'il en soit, cette industrie dut se contenter de l'attribution du coefficient 1 mais seulement jusqu'à concurrence de 375 tonneaux de jauge brute par navire quelle que fût sa jauge brute totale.Plus tard, le 26 juillet 1936, quand fut promulguée la deuxième loi Tasso d'aide à l'armement, dont le but était de compenser les charges nouvelles qui venaient d'être imposées, elle fut l'objet d'un traitement légèrement meilleur mais sans cependant atteindre, il s'en faut, le pied d'égalité avec le reste de l'armement. L'article 4 de ladite loi, étendant le coefficient 1 aux 1.500 premiers tonneaux de chaque navire accordait, en outre, le coefficient ½ pour les 500 tonneaux de 1.500 à 2.000. Autrement dit, bénéficiaient intégralement de la nouvelle loi, avec ce coefficient, les navires au cabotage jusqu'à concurrence de 1.750 tonneaux de jauge brute, au lieu de 375.Ces deux lois, en vigueur jusqu'au 31 décembre 1936 furent prorogées, la première jusqu'au 31 décembre 1937 et la seconde jusqu'au 31 mars de la même année seulement.II en résulte qu'à partir de cette date - 31 mars 1937 - si aucune mesure législative nouvelle n'intervient, le cabotage reviendra au traitement qu'il avait subi depuis le mois de juillet 1934 jusqu'au mois de juillet 1936.Or, sa situation, depuis la promulgation de la première loi Tasso (1934) s'est profondément modifiée et, de mauvaise, elle est devenue lamentable.Les charges nouvelles qu'il supporte et qui le mettent en état d'infériorité devant son concurrent habituel - le rail - ne sont pas seulement constituées par celles qui incombent à tout l'armement et que nous appellerons les "charges directes" mais encore, et peut-être davantage, par celles qui ont été appliquées à l'industrie de la manutention.Qu'il s'agisse d'un trafic de port à port ou d'un forfait d'un point de l'intérieur à un autre point de l'intérieur, les frais de chargement et de déchargement dans le premier cas, auxquels s'ajoutent les frais de transit dans le deuxième, sont, en effet, les facteurs qui entrent intégralement dans le prix de fret ou dans le forfait que le cabotage présente aux clients, pour être comparée à celui du fer.Une simple énumération des charges nouvelles des deux catégories montrera quelle importance peut atteindre l'augmentation des frais d'exploitation, dans le sens complet et exact du mot :- hausses des salaires - et de leurs accessoires - des états-majors et des équipages,- mise en application des contrats collectifs qui augmente singulièrement le nombre et le prix des heures supplémentaires à payer,- augmentation des frais de nourriture et accroissement tant en fréquence qu'en quantité - des indemnités à verser aux officiers et marins lorsqu'ils ne sont pas nourris à bord,- dans beaucoup de cas, augmentation de l'effectif des navires,- création des congés payés, etc., etc.Notons, en passant, que sur justification, ces dépenses devaient être remboursées par le jeu de la 2ème loi et que si celle-ci était abrogée, ses bienfaits ne seraient remplacés par rien, comme nous allons le voir par la suite.Dans l'autre catégorie, il convient d'énumérer les charges suivantes :- augmentation des salaires des dockers, c'est-à-dire du prix de la manutention,- mise en application des contrats collectifs dans les ports, c'est-à-dire diminution des heures ouvrables et, par suite, augmentation des frais résultant de l'obligation de recourir à des heures supplémentaires,- impossibilité souvent d'obtenir ces heures supplémentaires, à quelque prix que ce soit et, par conséquent, séjours plus longs dans les ports, d'où allongement de la rotation et diminution du rendement du bateau : la même recette demande, en effet, et toutes choses égales d'ailleurs, pour être encaissée, beaucoup plus de temps qu'autrefois, alors que la plupart des dépenses restent proportionnelles au temps écoulé. (Cette considération est primordiale car les séjours à la mer des navires caboteurs sont de très courte durée et atteignent rarement 48 heures. Or, quand il fallait 3 jours pour charger et décharger un navire, il en faut maintenant 6, soit une augmentation de durée de 3 jours sur 5, c'est-à-dire plus de 50%. Et pendant ces trois jours, les équipages sont payés, l'amortissement pour les polices d'assurance aussi, etc.),- et les inconvénients qui précèdent vont augmenter d'importance immédiatement, par suite de la mise en application de la semaine de 40 heures sur les quais.Enfin, il est une autre catégorie de dépenses qui ont été accrues et qu'il convient de citer :- ce sont celles qui proviennent de l'entretien des navires en conséquence des augmentations générales du prix de la main d'œuvre, du prix des matières, sans oublier les combustibles et approvisionnements de toute nature.En contre-partie, l'armement en général a bénéficié de l'alignement monétaire et, dans certains cas, ce seul phénomène a eu pour conséquence immédiate un accroissement de recettes de 30% : le cabotage n'a pas eu cette ressource et ses frets sont restés les mêmes, en francs alignés - qu'ils étaient en francs 1926.Par une heureuse coïncidence, la reprise mondiale a eu pour conséquence immédiate de permettre un relèvement en Livres des frets qui, pendant un certain temps et dans certaines conditions, a doublé. S'il n'en est plus ainsi actuellement, la différence en Sterling des frets pratiqués par les tramps entre le mois de mars ou avril, par exemple, est maintenant encore de plus de 50% des premiers : le cabotage ne participant pas au trafic mondial mais bien exclusivement à l'économie nationale, non seulement n'a pas profité de ce relèvement des taux de fret mais encore, il a été obligé de ne pas augmenter ses tarifs puisque, quelles que soient les charges nouvelles et la situation économique du moment, le chemin de fer conserve les siens.Si l'augmentation des recettes n'a pas été, pour les lignes régulières internationales, aussi forte que dans le tramping, elle a été tout de même intéressante et il convient de souligner qu'elle s'est ajoutée à une autre augmentation provenant de l'accroissement du volume du trafic depuis quelques mois : le cabotage encore se trouve - à peu près tout seul - privé de ce bienfait puisque, non seulement le tonnage qu'il transportait n'a pas augmenté en soi, mais qu'il doit en perdre pour les deux raisons suivantes :1°- des chargeurs pressés d'avoir leurs marchandises et qui utilisaient les services du cabotage, alors que ceux-ci étaient à la fois réguliers et relativement prompts, se tourneront vers le fer parce que la durée de rotation ayant augmenté, la fréquence des départs aura diminué et les délais de livraison se seront accrus ;2° - parce que, dans certains cas, la manutention est devenue tellement chère que le fret de mer qui restait à l'armement était vraiment trop misérable pour mériter d'immobiliser des navires pendant quelques jours de plus.Ainsi, depuis 1934, et même depuis le commencement de l'année 1936, on peut dire que la situation a changé complètement de face : si, à tort ou à raison, on a pu prétendre que la navigation au cabotage était privilégiée par rapport aux autres puisqu'elle était protégée de la concurrence étrangère, il se trouve qu'elle a supporté, plus qu'aucune autre, et on peut dire, au maximum, les nouvelles charges sociales incombant à l'armement et à la manutention, alors qu'elle ne bénéficie d'aucune des contre-parties que les autres ont pu trouver.Il est donc essentiel, sous peine de voir désarmer un grand nombre de navires, qu'à l'occasion de la prorogation éventuelle de la loi du 26 juillet 1936, le parlement examine cette situation tout à fait critique pour venir en aide au cabotage et lui permettre de traverser les difficultés de l'heure, difficultés qui ne peuvent d'ailleurs se terminer qu'avec une augmentation suffisante des tarifs de transports par voie ferrée.A vrai dire d'ailleurs, la mesure bienveillante qui doit être prise en faveur du cabotage national doit s'étendre au cabotage international toutes les fois que le navire se trouve en concurrence avec les voies ferrées qui ont conservé les tarifs d'il y a quelques mois : tel est le cas du cabotage entre la France, et la Belgique.

1937.03.12.Du journal La Journée industrielle.Article

Coupure de presse

1937.03.15.Note (sans émetteur ni destinataire).Cabotage

15 mars 1937Comparaison de l'exploitation des lignesdu cabotage national et du cabotage internationalen 1935, 4ème trimestre, d'une part, et en 1936, 4ème trimestre, de l'autreLe choix des périodes n'a pas été libre car il est imposé par l'impossibilité dans laquelle l'armement se trouve de fournir après le 1er janvier 1937, non seulement des résultats comptables, mais même des résultats extra-comptables.Au surplus, cette obligation rend la comparaison beaucoup moins éloquente car, depuis le début de l'année, les charges du cabotage - du cabotage national plus encore que l'autre - ont augmenté du fait :1) de certaines décisions qui ont eu pour conséquence d'augmenter l'effectif de certains navires,2) de l'application dans les ports de la semaine de 40 heures,a) car l'augmentation du prix des manutentions diminue d'autant les taux de frets, partant, les recettes nettes,b) l'augmentation de la durée de rotation diminue le rendement du navire dont les dépenses d'exploitation sont, pour la plupart, proportionnelles au temps, tandis que la même recette s'étend, au contraire sur un délai plus long,c) par suite de la perte de certains trafics qui, précisément, à cause de la réduction que devrait subir le fret net pour que le prix de quai à quai ou le forfait - seuls comparable aux prix du fer - reste intéressant pour le client, ne peuvent pas être recherchés, n'étant plus rémunérateurs,3) l'augmentation des prix des denrées, des matières, etc., n'a cessé de se poursuivre depuis le 1er janvier 1937, et ce :a) par suite de l'alignement monétaire dont l'effet ne s'est produit que progressivement, dans le temps,b) à cause des augmentations des salaires, dans beaucoup d'industries, qui ont été substantielles depuis trois mois,c) par suite enfin de l'application, dans les ports, de la semaine de 40 heures, dans ces mêmes industries,4) l'augmentation des salaires des inscrits 11%, etc.On trouvera, in-fine, un tableau des incidences probables sur les frais d'exploitation.Il n'eût pas été facile de comparer des voyages identiques, car les circonstances ont fait disparaître presque complètement cette identité qui existait autrefois. Obligé de parer à beaucoup de difficultés simultanées et, la plupart du temps, imprévisibles : grèves à bord, à terre dans les manutentions, nécessité de faire face aux trafics les plus urgents, réparations décriées, retardées, changées, l'armement, en effet, n'a pas pu maintenir les rotations telles qu'elles existaient antérieurement - brûlant certains ports, touchant à d'autres, etc., - de sorte que si l'on prenait des voyages analogues, outre qu'ils ne seraient plus identiques, ils seraient accomplis par des navires différents : c'est pourquoi il a paru plus simple et plus exact de fournir une comparaison entre les exploitations des 4èmes trimestres 1935 et 1936.Les tableaux qui suivent donnent cette comparaison qui sera suivie des explications désirables sur la manière dont les chiffres ont été choisis.Cabotage nationalComparaison entre les 4èmes trimestres 1935 et 1936Dépenses19351936Armement : personnel1.441.0002.255.000Approvisionnements70.000116.000Réparations357.000560.000Charbons : frais d'opérations dans les ports, débours1.915.0002.849.000Commissions et ristournes258.000332.000Amortissements vapeurs365.000390.000Frais généraux236.000338.0004.957.0007.201.000II - RecettesFrets4.285.0005.021.000III - TonnagesTonnes de 1.000 K100.000105.000IV - Augmentation de la différence négative entre I et II672.0002.180.000672.0001.508.000Cabotage international Comparaison entre les 4e trimestres 1935 et 1936Dépenses19351936Armement : personnel1.039.0001.036.000Approvisionnements50.00053.000Réparations367.000257.000Charbons ; frais d'opérations dans les ports, débours1.381.0001.309.000Commissions et ristournes196.000153.000Amortissements vapeurs227.000170.000Frais généraux170.000155.0003.320.0003.133.000II - RecettesFrets3.251.0003.024.000III - TonnagesTonnes de 1.000 K72.00048.000IV - Augmentation de la différence négative entre I et II69.000109.00069.00040.000Observation relative au tableau ci-dessusOn peut être frappé de ce que les dépenses au cabotage international sont à peu près les mêmes en 1936 qu'en 1935 ; en réalité, ceci tient à ce que les augmentations des durées de rotation sur le secteur cabotage national ont obligé de garder en France, en plus grand nombre ou plus longtemps les navires qui participent au cabotage international : en résumé, le nombre des voyages à l'étranger a diminué.II convient de souligner, d'ailleurs, que les dépenses du 4ème trimestre 1935, au cabotage international, ont été supportées par 72.000 tonnes, tandis qu'en 1936, elles ne l'ont été que par 48.000 tonnes.En revanche, les taux de fret ayant pu être relevés, ne serait-ce que par l'alignement monétaire, dans des proportions plus importantes qu'au cabotage national, les recettes, elles aussi sont restées les mêmes malgré la diminution du tonnage, de sorte qu'on arrive sensiblement aux mêmes résultats financiers mais aux dépens de l'activité des transports.Remarques sur la manière dont ont été établis les tableaux qui précèdentLes recettes et dépenses de 1935 sont des chiffres comptables ; celles de 1936 sont extra-comptables (en partie) mais serrent, de très près, la réalité.Pour établir la discrimination entre le cabotage national et le cabotage international - qui n'existait pas dans les écritures - il a été procédé comme suit :- s'agissant des recettes : extrait de la statistique ;- s'agissant des dépenses : elles ont été réparties en fonction du tonnage au CI et au CN.Comparaison de la flotte entre les 4èmes trimestres 1935 et 1936I - Cabotage national19351936Dépenses49,6268,26Recettes42,9047,55II - Cabotage internationalDépenses46,1164,60Recettes45,1462,36Tableau des insuffisances d'amortissements pour les années 1931 - 1936 inclusAnnéesAmortissementsAmortissementsdésirablespratiqués19312.878.0002.002.00019332.850.0002.321.00019332.850.0002.510.00019343.811.0002.535.00019352.927.0002.566.00019362.927.0002.576.00017.243.00014.510.000Insuffisance : 2.733.000L'amortissement désirable a été déterminé en prenant une période de 30 ans et le tableau qui précède donne la comparaison entre ce que les amortissements auraient dû être sur la base de 1/20 par an et ce qu'ils ont été par débit de Profits et Pertes.ExercicesDéficitBénéfices19312.416.00012322.388.00019332.645.00019341.993.00019353.680.00019362.555.000En 1934, le déficit indiqué fait état d'une recette de F 350.000, au titre de la loi Tasso.En 1935, d'une recette de F 1.192.000, au même titre.En 1936, d'une recette de F 1.507.000 provenant de la loi Tasso (jauge brute), d'une somme de F 650.000, représentant le montant des avances que l'administration fait sur les factures qui lui sont présentées en exécution de la loi Tasso 1936 (charges sociales) - 40% de l'allocation de la loi Tasso, (jauge brute), mais il n'est pas tenu compte d'une recette éventuelle de F 1.103.000 - différence entre les sommes acquises par le jeu de la loi Tasso (charges sociales) et les avances dont il est parlé au paragraphe précédent, cette somme ne pouvant être encaissée que dans une certaine limite correspondant à celle de F 50.000.000 pour tout l'armement libre, qui est prévu par la loi.Dans tous les résultats ci-dessus n'entre aucune part aux charges sociales, lesquelles peuvent être évaluées approximativement à F 1.200.000 pour l'armement et par an.Évaluation des conséquences de certaines charges nouvelles que l'armement aura à subir à partir du 1er janvier 1937Supplément annuel des frais d'assurances : F 138.000(augmentation en francs du navire de remplacement )Réparations (couvertes et annuelles par suite de l'application de la loi Tasso) : F 650.000Majoration de 11% des salaires des inscrits : F 600.000Application de la semaine de 40 heures dans les manutentions maritimes (impossible encore à évaluer)

1937.03.23.Note sur l'augmentation des salaires des officiers de marine

1937.03.Le réveil du Trait.ACSM

Le réveil du Trait, organe local du parti communiste Journal mensuel. Le numéro : 15 centimes Mars 1937 Mes camarades : Voici aujourd’hui notre premier numéro. Inutile de vous dire la fierté que nous avons à vous le présenter, vous devez la comprendre ; mais nous concevons aussi nos [illisible] et nos responsabilités vis-à-vis de vous. Soyez certains que nous les assumerons au mieux des intérêts de l’ensemble de la classe ouvrière. Ce journal ne sera ni sectaire, ni de parti pris ; mais uniquement, selon la parole de notre camarade Maurice Thorez, un organe de large union. Large union de tous les travailleurs ? Oui nous la souhaitons et la voulons ! Pour cela, camarades, faisons abstraction une fois pour toutes de nos petites rancunes personnelles. Montrons à nos adversaires, que nous avons de la cohésion dans nos revendications. Montrons-leur aussi que nous avons étudié à fond, les solutions que nous proposons aux problèmes sociaux qui nous sont posés. Nous ne sommes pas des intellectuels, mais nous sommes persuadés qu’avec notre vouloir et notre bon sens, avec nos raisonnements sains et notre parfaite compréhension des besoins et des droits des travailleurs, nous devons réaliser l’émancipation des classes laborieuses, qui jusqu’ici ont toujours peiné, mais n’ont pas été récompensées. Pour réaliser ce programme, il ne faut pas que seul un groupe travaille, il faut que tous sans exception s’y mettent et nous attendons de nos camarades leur bonne collaboration. Chaque fois que vous connaîtrez quelque fait où incident susceptible d’intéresser l’ensemble des travailleurs, faites nous le connaître et suggérez-nous vos commentaires et solutions. Si partant de ces principes, nous y mettons tous nos humbles moyens et tout notre cœur, nous oeuvrerons dans notre cadre local, à la réalisation magnifique du grand parti unique des travailleurs de France. Allons de l’avant mes camarades, un sort meilleur nous attend. R. Gohon. Vie chère Un problème angoissant se pose : la vie augmente, et à tel point que les avantages acquis, s’en trouvent presque annulés. Et voici la presse raffinée, (comme dit le Journal du Trait), les fascistes et les ennemis du front populaire, partis en croisade contre le gouvernement que s’est donné le peuple de France pour faire respecter ses droits « Ici la vie augmente, c’est la faute aux lois sociales et à la dévaluation. » disent-ils. Mais ils oublient de dire pour combien les lois sociales sont entrées dans le coût de la vie, et dans quelles proportions ils ont haussé leurs prix. Certes, les lois sociales et l’augmentation des salaires, les contrats collectifs, les congés payés, les 40 heures et aussi la dévaluation, (que nous n’oublions pas), entrent pour une certaine partie dans le coût de la vie. Mais, en admettant ce raisonnement des patrons, c’est au maximum de 15 % que la vie aurait dû augmenter ; et encore considérant qu’ils ont fait trop de bénéfices et que pour beaucoup ils en ont fait même plus pendant la crise qu’avant, ils pourraient bien faire ce sacrifice, afin de permettre la reprise économique. Mais ils ne veulent pas lâcher prise ; ils veulent conserver leurs privilèges. Ils profitent de l’application des lois sociales pour augmenter leurs bénéfices. Leur résistance va jusqu’à refuser des [illisible] pour empêcher la reprise économique, pour saboter l’exposition et en rendre responsable le Front populaire. Ils augmentent les marchandises dans des proportions démesurées : 30 – 40 – 60 et même 80 % pour certaines denrées. Ce n’est pas le commerçant honnête, ce n’est pas le paysan, ce n’est pas l’ouvrier qui sont responsables de la vie chère : ce sont les 200 familles capitalistes arrivées à l’agonie et organisées en trust pour imposer leurs prix et supprimer la libre concurrence. Dans un dernier sursaut les capitalistes cherchent à se rattraper en organisant la vie chère, en sabotant les lois sociales, en luttant contre le Front populaire et s’ils croient l’occasion favorable en déclenchant la guerre civile. Unissons-nous plus que jamais. Soutenons le Front populaire et réclamons la prison pour les fauteurs de vie chère. Adam. Octave Pestel. Ce nom camarades, évoque l’une des pages les plus émouvantes de l’histoire de notre commune. Octave Pestel fut notre maire. Bon, serviable, dévoué à la cause des humbles, nul ne peut contester l’avoir en vain sollicité, pour un renseignement, un conseil ou un secours dûment justifié. Sa popularité était grande parmi l’ensemble de ses administrés. Tout devait se passer au Trait comme dans le meilleur des mondes, semble-t-il. C’était en vérité mal connaître l’esprit des Hobereaux nouvellement installés, qui, possesseurs des quatre cinquièmes du pays voulaient étendre leur pouvoir et tenir dans leurs griffes la municipalité. Octave Pestel « sans peur et sans reproche » était inattaquable de face. Qu’importait à notre féodalité locale, on employa la calomnie. Attaqué dans ses fonctions de premier magistrat, dans ses affections les pus chères et dans sa vie intime, trainé dans la boue, notre vieux tribun opposa à la calomnie sa solide indifférence et son mépris. Mais la calomnie inlassablement continua. Elle devait venir à bout de l’organisme le mieux constitué ; elle devait l’emporter sur l’âme la mieux chevillée ; elle devait vaincre cet homme de cœur. Octave Pestel peu de temps avant sa fin, vint à confier à l’un de ses plus fidèles disciples, tout le mal qu’il dut subir, toute la peine que sa fierté lui défendit d’avouer à ses administrés. Octave Pestel est mort camarades. La calomnie a hâté sa fin. Et récemment, l’un des chefs de ce sinistre orchestre répondait en souriant à l’un de nos amis : « Oh ! ne parlons plus du passé ! » Bien sûr Caïn sans scrupules. Mais nous sommes là, pour vous rafraîchir la mémoire. Le Beaufils. Liste de souscription La liste de souscription a rapporté jusqu’ici trois cents francs. Nous remercions les souscripteurs et nous nous excusons auprès des camarades dont les articles n’ont pu paraître faute de place. Comité anti-fasciste Il a été formé dans notre cité, depuis trois mois, un comité anti fasciste en ce moment même près de 100 adhérents depuis sa formation. Ce comité a pour but de lutter énergiquement, en collaboration avec les classes laborieuses et les différents partis du front populaire à la dissolution des ligues factieuses tendant à nous diviser et à nous imposer leurs lois scélérates. Nous faisons donc appel à votre devoir de vaillants démocrates, pour venir en masse grossir les rangs de notre comité. Camarades, prenez dès maintenant votre carte d’adhérent du comité anti fasciste auprès des camarades Maclard et Talbot qui se tiennent à votre disposition. MT. Comité mondial des femmes Le Trait a aussi son comité mondial des femmes. Après quelques difficultés vaillamment surmontées, il compte actuellement 140 adhérents. Le comité mondial des femmes s’est donné le programme suivant : 1° lutte contre la vie chère, en donnant à la ville un marché plus important 2° par la création d’une commission d’hygiène répandre dans le pays une atmosphère nouvelle Pour faire plus fortes et faciliter notre tâche, nous faisons appel aux femmes du Trait ; c’est par de nouvelles et nombreuses adhésions que renforçant notre action, nous connaîtrons enfin le bien-être. Le comité. Chez Amiot à Caudebec-en-Caux Depuis toujours, la direction fasciste de cette usine manœuvrait habilement contre ses ouvriers. Elle prétendait avec quelques brebis égarées, ne jamais réembaucher les camarades Menière et Biessy secrétaire et trésorier du syndicat de l’aviation. Mais voilà que tout change d’un seul coup. Le 23 dernier à 16 heures 30, les gars déclenchent la grève avec occupation d’usine, et la terminent victorieusement à 22 heures en réintégrant leurs camarades. Malgré tout le système de marchandages, de corruption dont disposait jusqu’alors le directeur Villard ; les gars ont démontré à ce que pouvait aboutir une organisation syndicale dirigée par de bons militants. Qu’en pensent les dirigeants du syndicat professionnel ? Dans ce même journal, nous donnerons une longue documentation sur la manœuvre croix de feu vis-à-vis des ouvriers. Une collecte en faveur d’un ouvrier malade a produit 502 frcs ; Bravo les gars de chez Amiot et en avant. M. Biessy. Succès juridique La section syndicale en liaison avec la Fédération des mutilés du travail, vient de remporter un nouveau succès au sujet d’un accident du travail. La compagnie d’assurances contestait ainsi que la direction l’accident du travail. Devant les résultats de l’enquête en justice de paix, la compagnie d’assurances, après avoir retardé la procédure, vient de proposer à notre camarade un règlement lui donnant satisfaction. Cela pour éviter une condamnation à payer. Camarades suivez les conseils juridiques de votre section syndicale et si vous êtes mutilés du travail ; adhérez à la fédération des mutilés du travail qui vous défendra énergiquement. État civil Certaines irrégularités constatées dans la tenue des registres de l’État civil, ont amené notre syndicat à porter ces faits à la connaissance du ministre de l’intérieur. Le ministre à la suite de cette plainte, a prescrit au Parquet de Rouen d’enquêter sur ces actes d’états civils absents… ? D’ores et déjà sans préjuger des résultats de l’enquête en cours, nous pouvons dire que les faits incriminés ont été reconnues exacts lors d’un transport de justice à la mairie du Trait. Attendons les résultats de l’enquête et espérons que le ministre prendra les sanctions méritées par les responsables dans cette affaire. Club nautique Il existe au Trait une nouvelle société, légalement constituée et reconnue par les pouvoirs publics. Formée par l’élément ouvrier cette société a pour but le développement du sport nautique. « Savoir nager n’est pas un luxe, mais une nécessité ». Pour arriver à un but utile le « Club nautique du Trait » a besoin d’expansion et pour cela l’appui de la population lui est nécessaire ; cet appui peut être fourni au club en s’y faisant inscrire qui comme membre actif, qui membre honoraire. Pour avoir une piscine (projet actuellement à l’étude), pour avoir des loisirs « agréables et utiles », adhérez au Club nautique du Trait. Le bureau. Le comité des loisirs et sports invite cordialement les camarades du Trait à venir nombreux au concert du samedi 13 mars au Clos fleuri à 20 heures 30. Prix des places : 4 F, 3 F et 2 F. Le comité. Armement Les marchandages rentrent plus en perte qu’avec du boni. Dans ces cas, l’on accuse l’ouvrier de n’avoir rien fait ou bien de trop bavarder ; mais ce que l’on oublie de dire, c’est que nous ne disposons pas de l’outillage nécessaire. Pourtant la demande d’outillage ainsi que celle de la réparation de la toiture ont été faites depuis 4 mois et renouvelées à la direction tous les mois par les délégués. Nous ne voyons rien venir, et certainement ces demandes sont restées à l’étude, comme beaucoup d’autres. Toujours des promesses, mais pas souvent de résultats. Entretien mécanique Nos délégués ont porté de nombreuses réclamations à la direction, dans certains cas ils ont obtenu satisfaction ; mais depuis longtemps ils réclament en vain la réparation de la toiture, et pourtant il ne s’agit que de changer 4 tuiles cassées. Pensez-vous camarades que cela ruinera les chantiers Worms ? Décès. Nous apprenons avec peine la mort de notre bon camarade Jules Hede, après 7 mois de souffrance et de maladie. Unanimement estimé à l’entretien et dans tout le chantier, de ses chefs et de ses camarades, il ne laisse que des regrets. La section syndicale représentée aux obsèques a offert une couronne par collecte et a présenté à madame Hede nos condoléances attristées et nos sentiments respectueux. Peinture Depuis longtemps et après force réclamations, il avait été convenu, qu’il serait construit à l’usage des peintres : un magasin vestiaire en remplacement du misérable baraquement actuel, ouvert à toutes les intempéries. Allons-nous voir encore longtemps nos vêtements par temps pluvieux, de plus en plus mouillés à l’intérieur des armoires mal protégées par un semblant de toiture ? Nous pensons que non ! et que l’on voudra bien nous entendre. Montage bord Depuis quelques jours on commence à embaucher aux Chantiers. Mais à titre provisoire : encore une vraie combine de la direction. Comme cela pas d’ennuis pour la débauche ; tout est prévu. Jouer sur les mots, sur les pourcentages d’heures supplémentaires, c’est une petite guerre que la direction pratique à merveille. Mais nous restons groupés et nous sommes là pour répondre à ces tentatives de division. Informations fiscales Nomination des répartiteurs : la commission de répartition comporte le maire, l’adjoint, cinq propriétaires fonciers de la commune dont deux doivent être forains c’est-à-dire domiciliés dans une commune voisine. Nous prions les responsables de ne pas perdre de vue cette importante remarque. Charlatanisme et superstition Une certaine officine de bons pasteurs fait des ravages dans notre région. Sous prétexte de rédemption elle bourre le crâne de certains ouvriers. Cette secte comme bien vous le pensez est anti syndicaliste. Mais ce qui est énorme c’est qu’elle essaie de persuader les égarés, qui écoutent la bonne parole, que Mussolini est un demi Dieu et que seul son régime fasciste sera le remède universel et donnera aux ouvriers, qu’il fait marcher à coup de trique, le paradis sur la terre. Naturellement pour ces gens sans scrupules les communistes et les socialistes sont des voyous. Nous syndicalistes, nous voyons l’inspiration de ces mabouls et la tête de leur serpent ressemble singulièrement à de la Rocque et à Doriot. Nous reviendrons sur cette manœuvre détournée du fascisme. Familles nombreuses Négligences municipales : plusieurs de nos camarades ayant eu de nouvelles naissances, réclament depuis longtemps les secours prévus par la loi : prime de natalité, secours aux femmes en couches, encouragement nationale. À vous monsieur le maire, d’activer un peu les choses, pour que les parents ne reçoivent lesdits secours, au moment où leurs enfants seront en âge de travailler. LD.   Le gérant : L. Adam. Adhérez au parti communiste Radio-liberté est toujours là. Achetez le programme à André Picory ou abonnez-vous.  

1937.04.02.De Jean Legall et Marcel Aumont.Le Havre.Arbitrage

Copie de noteNB : La copie image de ce document, de mauvaise qualité, n'a pas été conservée.Arbitrage du différend existant entre la Chambre syndicale des négociants-importateurs au Havre et le Syndicat général des ouvriers charbonniers de magasins du Havre et de la régionPar compromis en date du 26 mars 1937, la Chambre syndicale des négociants-importateurs de charbons au Havre, et le Syndicat général des ouvriers charbonniers de magasins du Havre et de la région ont décidé de soumettre à. l'arbitrage certaines questions de la Convention collective en cours d'élaboration, sur lesquelles ces organismes n'étaient pas d'accord.La Chambre patronale a choisi comme arbitre M. Marcel Aumont, membre de la Chambre de commerce du Havre, et le Syndicat ouvrier M. Jean Le Gall, secrétaire de la Fédération nationale des ports et docks, et leur a donné mission de statuer sur les points suivants :1° - Déterminer les nouveaux salaires par fixation d'un pourcentage d'augmentation, compte tenu de l'application de la semaine de quarante heures.Les arbitres, considérant que dans un but de simplification la délégation ouvrière avait renoncé aux indemnités qu'elle avait l'intention de demander, et qu'ils avaient mission de tenir compte « dans la fixation du pourcentage afférent aux nouveaux salaires, du caractère salissant ou de la nature plus ou moins pénible de certains travaux », décident que le pourcentage afférent aux salaires actuels sera de 13% (treize).2° - Déterminer le pourcentage d'augmentation pour les travaux en heures supplémentaires et ceux des dimanches et jours fériés.Les arbitres décident que le pourcentage d'augmentation pour les travaux en heures supplémentaires sera de 50 %, et que le pourcentage d'augmentation pour les travaux des dimanches et jours fériés sera de 70 % du montant du salaire horaire.3° - Déterminer la date d'application des nouveaux salaires.Les arbitres décident que les nouveaux salaires seront appliqués rétroactivement a partir du lundi 15 mars écoulé.4° - Déterminer le montant de l'indemnité aux ouvriers employés à l'approvisionnement en brai des usines.Les arbitres fixent cette indemnité à F 7- par journée de travail, soit F 3.50 par vacation.Les arbitres soussignés déclarent que cet accord sera tiré en 5 exemplaires dûment signés, qui seront adressés respectivement au ministère du Travail, à la sous-préfecture du Havre, au conseil des Prud'hommes, à la Chambre syndicale des négociants-importateurs de charbons au Havre, et au Syndicat général des ouvriers charbonniers de magasins du Havre et de la région.Le Havre, le 2 avril 1937. Signé : Jean Le Gall, Marcel Aumont

1937.04.21.Note (sans émetteur ni destinataire).Baltique

Paris, le 21 avril 1937Relations maritimes avec les ports de la BaltiqueExtension du bénéfice de l'aide à l'armementOn peut dire que d'une façon constante les pouvoirs publics se sont préoccupés de voir le pavillon français représenté dans le trafic de la Baltique.Les représentants de notre pays à l'étranger, de leur côté, et notamment ceux des pays baltes, n'ont cessé de préconiser le maintien et le développement des liens maritimes unissant la France à leur région.En fait, l'armement français n'a négligé aucun effort dans ce but et depuis l'armistice tout a été tenté pour faire revivre - sans aucune aide de l'État d'ailleurs - un service direct reliant comme autrefois la France et les pays baltes, y compris la Russie.En 1919, une ligne directe était créée sur la Pologne et la Prusse orientale avec Dantzig comme escale régulière et Königsberg comme escale éventuelle.En 1922, les ports de Reval et de Riga étaient desservis à leur tour.Un peu plus tard enfin une autre ligne touchait régulièrement Leningrad.Malheureusement, la carence presque totale du fret rendit très lourde l'exploitation de ces trois services et l'armement réduit à ses seuls moyens se vit très vite obligé de limiter ses sacrifices et contraint d'abandonner progressivement ses positions.Le coup le plus sensible lui a été porté par la politique des contingentements lorsqu'elle a été étendue aux bois de la Baltique, le privant ainsi du fret qui constituait son principal aliment.La loi de l'aide à l'armement votée le 12 juillet 1934 aurait pu, dans une certaine mesure, porter remède à cet état de choses.Malheureusement le trafic de la Baltique échappait au bénéfice des nouvelles dispositions, et le cabotage national lui-même presque entièrement soustrait à la manne se voyait privé de toute possibilité d'intensifier hors de ses mers ses moyens d'action.Toutefois, par une série de mesures ultérieures de légers correctifs, mais insuffisants dans l'ensemble, ont été apportés à cette situation. Ils ont eu pour caractère de faire rentrer dans le cadre de la loi du 12 juillet les ports russes de la mer Baltique (décret d'application du 6 novembre 1934).Enfin, pour ces mêmes ports russes, le coefficient d'augmentation des primes de base a été porté de 2 à 3 (loi du 24 juillet 1936, modifiant celle du 12/7/34).Or, les ports baltes continuent comme par le passé à être frappés d'exclusive et cela reste le point le plus important du problème.Les allocations dont bénéficierait l'armement pour relier les ports russes seraient en effet insuffisantes pour l'amener à reprendre l'exploitation de la ligne abandonnée.Le trafic de la Baltique doit en effet être considéré dans son ensemble, et l'expérience faite au cours des années précédentes avait montré la nécessité de fondre en un seul service les 3 lignes de la Pologne, des pays baltes, et de l'URSS. Cette formule avait été imposée par la force des choses avant l'abandon final.L'exploitation des ports baltes est en somme complémentaire de l'exploitation des ports russes et l'une ne peut être entreprise sans l'autre.C'est montrer par conséquent l'intérêt de ne pas traiter la première d'une façon différente de la seconde, et finalement tout avantage attaché à la fréquentation des ports baltes se répercuterait directement sur les services de la Russie que le législateur a eu précisément en vue de favoriser.

1937.04.Le réveil du Trait.ACSM

Le réveil du Trait, organe local du parti communiste Journal mensuel. Le numéro : 15 centimes Avril 1937   Unité (Unir, unir et toujours unir). Tel est notre mot d’ordre. Et pour cela l’unité organique de la classe ouvrière s’impose. Nous sommes des participants acharnés de l’unité totale du prolétariat. L’unité de nos deux partis s’impose d’abord et formera ainsi un pôle d’attraction important auquel viendront se rattacher les divers partis se réclamant de la classe ouvrière, et les hésitants. Le parti unique aura dès sa naissance une tâche difficile à remplir par suite de l’esprit légitime d’une révolution sociale qu’il suscitera dans la masse et de la panique des possédants effrayés par la bise ouvrière (à cette révolution, les prolétaires n’ont rien à y perdre, que leurs chaînes ; ils ont un monde à y gagner). Il nous faut dès maintenant rapprocher les socialistes et les communistes pour les habituer à lutter et à penser ensemble. Les résultats de l’unité d’action depuis 1932 ont donné à la classe ouvrière des avantages énormes. Ils ont donné aux deux partis et aux jeunesses une place forte dans la société ; en 1932 : 130.000 socialistes et 25.000 communistes ; 11.286 jeunes socialistes et 3.000 jeunes communistes. En 1936 : 305.000 communistes et 262.000 socialistes ; 40.000 jeunes socialistes et 92.000 jeunes communistes. Plus d’un demi-million en tout. Si l’unité d’action a donné tout cela, le parti unique donnera beaucoup plus encore. Prolétaires de tous les pays unissez-vous. Vive le parti unique. Vive la section unique du Trait. L. Adam. Rétrospective La parole est libre et l’écriture est serve. Les paroles s’envolent et les écrits demeurent. En juin 1925, le Journal du Trait écrivait : « Non seulement tous les ponts sont coupés entre le Journal du Trait et le maire et ceci caractérise bien le manque de libéralisme de nos anciens adversaires (sic) mais encore le maximum de précautions sont prises pour écarter le public des séances… Mais pourquoi donc se cacher si l’on se contente de servir le bien public avec désintéressement et sans parti pris. » En 1927, notre tartuffe de journal écrivait encore ; « D’ailleurs les séances qui se passaient le dimanche ont lieu maintenant le mercredi après-midi quand "on" est bien sûr qu’il n’y aura pas d’importuns. » Il est téméraire, camarades, de porter un jugement sur autrui si, mis au pied du mur, l’esprit critique n’est pas en mesure d’améliorer la situation. En effet, analysons comment nos docteurs-ès-fourberie interprètent le « libéralisme » intégral : Le 24 août 1936, conduite en fanfare de quelques édiles après une séance de conseil rendue orageuse par la maladresse d’un de ses membres. Le 6 novembre, réunion du conseil à 15 heures, le 30 décembre à 10 h., « quand il n’y a pas d’importuns ». Dans une commune de 3.000 habitants, les séances dites publiques sont bâclées en 45 minutes. L’ordre du jour passe à la vitesse d’un météore devant nos édiles sourds, muets et aveugles, incapables d’une réaction quelconque. Or, camarades, vous avez envoyé siéger à la maison commune, des hommes susceptibles de gérer vos intérêts, non pas des polichinelles soucieux surtout de ne pas gêner l’action malfaisante du patronat de droit divin. R. Legendre. Charlatanisme et superstition Dans notre précédent numéro, nous vous mettions au courant des menées de quelques égarés. Depuis, ainsi que nous l’avions prévu, l’activité de ceux qui dirigent ces malheureux a porté ses fruits : un jeune ménage a été désuni par les incantations et maléfices de ces maboules. L’époux a dû requérir la gendarmerie pour faire rentrer sa femme au logis conjugal. Des frères et parents sont devenus ennemis dans le sein d’une même famille. De plus, les agissements mystérieux des adeptes jettent l’émoi et l’effroi certains soirs dans notre paisible cité. En effet, les enfants et même les adultes sont réveillés dans leur sommeil par des cris et des hurlements qui n’ont rien de divin. Nous nous demandons et l’avons demandé au parquet, à quelles pratiques ont peut soumettre ces malheureux pour qu’ils vomissent le diable avec de pareils hurlements de frayeur. En tous cas, ces agissements ont semé le trouble dans notre cité et les gens sains d’esprits commencent à en avoir assez ainsi qu’en témoigne une manifestation qui s’est produite jeudi soir 18 mars que l’on attribue, selon le Journal de Rouen et le Matin, aux seuls communistes. Nous souhaitons de tout cœur que ces agissements contraires à la morale et à la santé publique cessent et nous espérons que le procureur de la république saisi d’une plainte y mettra bon ordre. En attendant sa décision, la population du Trait derrière ses organisations de front populaire ne tolèrera pas que des pratiques de sorcellerie ayant comme but final l’avènement du fascisme et France troublent la paix et la tranquillité des travailleurs et des honnêtes gens qui eux n’ont pas besoin de se cacher pour pratiquer leur religion. R. Gohon. Comité (Paix et liberté) Nous sommes heureux de constater que notre dernier appel n’est pas resté vain et que les travailleurs de toutes tendances n’aspirent qu’à continuer l’âpre lutte contre tous les mercantis de la finance qui cherchent continuellement le sabotage des lois sociales et à nous réduire de nouveau à la misère. Ces hobereaux n’hésitent pas à employer les grands massacres. N’est-ce pas en luttant contre la dissolution de ces ligues factieuses que 5 de nos camarades sont tombés à Clichy sous les balles de ces canailles, agents du grand capital, provocateurs de guerre civile. N’est-ce pas en les laissant ravitailler en troupes et en munitions leur trop fameux Franco que nous leur permettrons de tuer les femmes et les enfants de nos vaillants miliciens, qui eux luttent jour et nuit pour arracher aux mains de ces terroristes le pays qui leur donnera le Pain, la Paix et la Liberté. Camarades, je vous demande à nouveau de venir grossir nos rangs et de faire adhérer nos camarades à notre comité pour que nous puissions nous aussi lutter énergiquement pour obtenir le pain, la paix et la liberté qui nous donneront la joie de vivre et nous permettront enfin de mettre en prison les Doriot et la Roque provocateurs de guerre civile. MT. Meeting de Front populaire Nous vous invitons à venir nombreux au meeting de front populaire qui aura lieu le dimanche 18 avril à 14 h 30 salle Leroy. Des affiches en donneront bientôt le programme. Hygiène et salubrité Voici les beaux jours et avec eux la saine promenade les jours de repos. Tout le monde ne peut faire de lointaines excursions et il en est beaucoup qui doivent se contenter de faire un tour dans le pays. Les seigneurs du Trait ont certes créé de beaux jardins publics, dont ils ne sont pas peu fiers. Mais pour être logiques avec eux-mêmes, et afin de ne pas nuire à l’esthétique de leur cité, ils devraient veiller davantage à l’entretien des routes et au service de voierie. Moins de flaques d’eau et de fossés nauséabonds réduiraient dans les quartiers populeux du Trait le nombre toujours croissant des enfants aux pauvres figures chétives et sans couleur. Espérons que ces créateurs entendront le cri d’alarme jeté par le comité des femmes et que par d’heureuses mesures ils amélioreront la salubrité de leur cité. Le C. des F. L’enfance malheureuse Camarades ! Nous vous faisons un pressant appel afin de parvenir à retirer les enfants de Mme veuve Leblond mère de famille incapable par sa mauvaise conduite de pourvoir à leur nourriture et à leur entretien. Malgré différentes plaintes portées par les voisins, dont une à monsieur le procureur de la république, aucune mesure n’a été apportée, quoiqu’une enquête ait été menée par les gendarmes. Pour éviter à ces malheureux enfants les brimades et les obligations de quémander aux voisins, il nous faut au plus vite venir à leur secours en demandant aux autorités compétentes de prendre les mesures qui s’imposent à ce sujet. MT. Un peu plus d’humanité Un camarade s’étant présenté dans la nuit du 20 au 21 mars chez monsieur le docteur Bourlange pour lui demander de venir au chevet de sa femme qui attendant un bébé se trouvait très malade ; il ajouta que c’était la sage-femme qui l’avait chargé de voir un docteur. Celui-ci répondit d’abord qu’il venait, puis se reprenant, il s’enquit du nom de la sage-femme. Dès qu’il sur que la sage-femme était madame Lizion, il dit qu’il était souffrant et il envoya le camarade chercher un docteur à Caudebec qui dès son arrivée fit transporter la malade à Rouen. Mais le lendemain matin à 8 h monsieur le docteur prenait ses visites dans le Trait. Un mécontent. Garde-chiourme Parmi nos surveillants se trouve un charmant copain, mais qui a un très grand défaut, c’est… d’être habillé dans une peau de v… Ce cher monsieur M… ne s’est-il pas permis de faire 4 rapports sur de nos camarades. Rapports qui ne sont pas foncés. Rappelons en passant que ce monsieur n’est très syndicaliste. Est-ce qu’il se croirait revenu au temps où nous étions sous le joug de nos exploiteurs ? Si oui, il se trompe. Allons ! qu’il revienne à de meilleurs sentiments, sans cela nous lui montrerons que nous sommes toujours unis, et que nous n’accepterons pas d’un surveillant qu’il devienne garde-chiourme. G. et P. Football Le comité des loisirs et sports toujours actif a créé actuellement une section de football qui a déjà reçu de nombreuses adhésions. Un pressant appel est fait à tous ceux qui veulent pratiquer ce sport et qui pourront aider le comité à réaliser les projets qu’il a déjà établis. Voici à titre indicatif les mesures nécessaires à un terrain de football : Maximum : 119 m de long sur 91 m 50 de large Moyen : 110 m de long sur 73,20 de large Petit : 100 m de long sur 63,35 de large Minimum : 91,50 de long sur 45,75 de large Le comité. Aviation populaire Une section d’aviation populaire est formée à Caudebec par l’amicale laïque. Elle a pour but l’étude des problèmes aéronautiques, la propagande et la pratique de l’aviation populaire en commençant par le vol à voile. En attendant la formation d’une section au Trait, prière aux adeptes de s’adresser au camarade Biessy trésorier du syndicat Amiot, cité Amiot à St Wandrille. L.A. [illisible] À charrier du fumier au lieu de se reposer ou de travailler dans son jardin comme le font ses camarades. Il oublie, que d’après la loi de 40 heures, sa journée du samedi lui est payée et que des chômeurs sont toujours à la recherche de leur pain. Camarade, un peu plus de solidarité. Un syndiqué. Au gréement Il y a des chômeurs à la porte et l’on fait travailler le contremaître : Pourquoi ? L’on pourrait embaucher un ou deux ouvriers de plus ou bien éduquer des apprentis. Mais la direction préfère économiser sur la sécurité des ouvriers gréeurs. Un gréeur. Montage – bord Autrefois les douches n’étaient pas connues. A présent et grâce à notre direction du 20ème siècle, nous les connaissons dans tous les ateliers Worms. Les toitures demandent un léger raccommodage. Est-ce parce que l’on a l’intention de munir les établis de grands parapluies que la demande de notre délégué n’a reçu aucune réponse. Russie d’aujourd’hui Documentez-vous sur la Russie nouvelle. Lisez la revue bimensuelle des « Amis de l’Union soviétique ». S’adresser à André Picory. Le numéro : un franc. Petites annonces Le réveil du Trait se met à la disposition des commerçants et organisateurs pour toute publicité. Tarif : un franc la ligne. Modes – couture pour travaux : une adresse à retentir Madame Hinfray – diplomée de l’école professionnelle de Paris. Prix modérés. [illisible] un an madame B. une demande d’allocation militaire (son fils aîné étant depuis six mois sous les drapeaux), se demande si vraiment notre secrétaire de mairie a fait le nécessaire. Ne voyant rien venir, cette personne a été se renseigner auprès du maire de Duclair, qui lui a affirmer n’avoir jamais eu connaissance de cette demande, et pour cause : le tout étant resté à la mairie du Trait. Alors monsieur le secrétaire, dans quel récipient avez-vous noyé cette demande justifiée. Si vous n’êtes pas capable de tenir votre place, cédez-là à un autre. Et vous monsieur le maire surveillez un peu mieux votre gestion. Taudis Nous sommes très heureux de constater que notre démarche auprès de la commission d’hygiène préfectorale est venue se rendre compte sur place, en présence de monsieur le maire, de l’architecte de l’Immobilière et des camarades Talbot, Billard, Fraallo et Lamoulène ; de la situation de ces logements et a constaté l’état lamentable de ces habitations. Là vivent avec leurs parents de pauvres gosses qui s’étiolent chaque jour de plus en plus. Nous espérons qu’après cette visite, le service d’hygiène préfectorale fera le nécessaire. Un habitant des taudis. Adhérez au parti communiste Familles nombreuses Notre organisation a eu un grand succès au dernier bal, qui fut donné le 3 avril. Merci pour la bonne collaboration de notre camarade Martin. Nous regrettons qu’il ait quitté Le Trait mais nous le comptons toujours dévoué à notre cause. Louis Debord. A vendre machine à écrire portative ultra légère, avec coffret possédant un tiroir à accessoires, petits caractères, très pratique, pouvant passer des clichés à polycopier. S’adresser à Adam. Le gérant : L. Adam. Jeunes : adhérez aux « jeunesses communistes ».

1937.05.11.De Worms & Cie Services bancaires.A la Banque de France

Paris, le 11 mai 1937, Monsieur le chef du service des comptes-courants avances Banque de France Place Ventadour Paris Monsieur, Nous avons l’honneur de solliciter de votre bienveillance une extension de crédit à notre compte avance de : Frs 2.017.600 Ce qui porterait notre faculté de découvert actuellement de : Frs 7.102.900 à Frs 9.120.500 environ. En garantie de cette facilité nouvelle nous déposerions à vos caisses pour être placés sous notre dossier de garantie de compte avance : 2.600 bons du Trésor 4 /2 % 1934-1937 Notre demande d’extension de crédit est motivée par notre désir de conserver, en vue de nos besoins éventuels de trésorerie pour nos opérations courantes de banque, la disponibilité des bons du Trésor 4 ½ % 1934-1937 pendant la période où ces titres seront déposés au Trésor pour le remboursement au 5 octobre 1937. Nous vous remercions à l’avance et vous prions d’agréer, monsieur, nos salutations distinguées. Signé Worms  

1937.05.22.De la Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire.A l'agence économique de Madagascar

Paris, le 22 mai 1937 Nouvelle Compagnie havraise péninsulaire de navigation Trafic EF/LB MM. Trafic sur et en provenance de Madagascar, des Comores, de La Réunion et de Maurice. Nous avons l’honneur de vous informer que les charges supplémentaires nouvelles qui grèvent nos exploitations nous mettent dans l’obligation de procéder à un relèvement de nos frets à l’exportation sur et à l’importation de Madagascar, des Comores, de La Réunion et de Maurice. Nous tenons à vous donner l’assurance que, désireux de continuer à faciliter les opérations de notre clientèle dans toute la mesure où les circonstances nous le permettent, nous nous efforcerons de limiter ce relèvement au strict minimum. Nous préparons les nouveaux tarifs qui, nous pouvons vous l’indiquer d’ores et déjà, entreront en vigueur le 1er juin prochain, et seront, par suite, appliques à toutes les marchandises chargées à bord des navires ci-dessous désignés : À l’exportation S/S "Ville du Havre" - départ d’Alger le 2 juin 1937 S/S "Ville de Tamatave" - départ de Dunkerque le 5 juin 1937 À l’importation S/S "Ville de Metz" - départ de La Réunion le 25 juin 1937 Ces nouveaux tarifs vous seront adressés par un prochain courrier et, dans l’intervalle, nous nous tiendrons à votre disposition pour vous renseigner sur les conditions de fret applicables aux envois que vous pourriez avoir à effectuer à destination de Madagascar, des Comores, de La Réunion, de Maurice et vice-versa. Veuillez agréer, MM., nos salutations distinguées. L’administrateur délégué  

1937.05.24.Note de la Banque de France.Worms & Cie

Paris, le 24 mai 1937 Note La société Worms & Cie – affrêtement et armement de navires – dont le siège social est à Paris, est titulaire, sur les livres de la banque centrale, d’un compte courant d’avances dont le crédit maximum a été fixé à 8 millions de francs par décision du Conseil général du 20 novembre 1930. Cette entreprise détient en portefeuille 2.600 bons du Trésor 4 ½ % 1934 à 3, 6 ou 10 ans, dont elle se propose de demander le remboursement le 5 octobre 1937. Il sera, par suite, nécessaire, conformément aux conditions d’émission de cet emprunt, que ces titres soient déposés dans les caisses du Trésor avant le 5 juin 1937. La société Worms et Cie serait désireuse de conserver, pour les besoins éventuels de sa trésorerie, la possibilité de mobiliser, pendant la période de 4 mois susvisée, les titres dont il s’agit. Elle nous demande, à cet effet, d’accepter ces bons en garantie d’avances, ce qui permettrait de [illisible] un crédit [illisible] de 7.120.500 frs [illisible]. Rien ne paraît s’opposer [illisible]. Signé illisible. La suite du document est illisible.  

1937.05.29.De Worms et Cie.Historique de la flotte

29 mai 1937 Note pour servir à l'histoire de la flotte Worms Le 1er janvier 1882, la Maison Hypolite Worms & Cie, sous la nouvelle raison sociale de Worms Josse & Cie, prend la suite des affaires de l'armement havrais F. Mallet & Cie, et entreprend de continuer l'exploitation de ses lignes de cabotage national et international sous la direction de sa succursale du Havre, cependant que sa succursale de Bordeaux reste chargée de la gestion des services d'armement dont elle était déjà chargée. C'est ainsi qu'à la direction du Havre appartient l'exploitation des lignes de Bordeaux au Havre et Hambourg et vice-versa avec escales intermédiaires éventuelles et par la suite périodiques à Brême, à Dunkerque et à La Pallice, de Bordeaux à Rouen et vice-versa avec transbordement à Rouen des marchandises destinées à la région parisienne en combinaison avec les services de la Compagnie de navigation HPL. D'autre part, la direction de Bordeaux continue à gérer son service régulier de Bordeaux à Pasages [Pasajes] et vice-versa qui, plus tard, en raison de l'importance accrue des consignations de vins d'Espagne à destination des entrepôts de Bercy, donnera lieu à des transports directs de Pasages à Rouen. La direction de Bordeaux assure également un service de Bordeaux à Anvers en combinaison avec l'armement Deppe. Au moment où la Maison Worms Josse & Cie entreprit l'exploitation de ces services maritimes, elle disposait de 11 vapeurs auxquels devait s'ajouter, dans le courant de l'année 1882, une douzième unité portant le nom du fondateur de la Maison : le s/s "Hypolite-Worms". Six de ces vapeurs avaient un port en lourd inférieur à 1.000 tonnes et leurs dates de construction s'échelonnaient entre 1856 et 1870. Le tonnage des 5 autres unités était de 1.100 à 1.150 tonnes dead weight. Ces navires avaient été construits entre 1869 et 1877. Le nouveau vapeur "Hypolite-Worms" portait 1.240 tonnes ; son type n'étant pas sensiblement différent de ceux des "Blanche" (1869), "Marguerite-Franchetti" (1873), "Frédéric-Franck" (1875), "Louise-Jenny" (1877). Ces navires essentiellement destinés aux transports de marchandises diverses et, en particulier, de vins en barriques bordelaises et en caisses, étaient très compartimentés, ils possédaient 4 cales et 4 entreponts, ils avaient un gaillard, une dunette et un château qui abritait des marchandises chargées en pontée. En 1884, le s/s "Ville-de-Nantes", de 1.200 tonnes dw, s'ajoutait à cette flotte, mais, en décembre 1890, la perte du "Louise-Jenny" ramenait à 12, le nombre des unités de la flotte. A cette époque, l'armement Worms Josse & Cie était en plein essor, il avait triomphé de la concurrence de plusieurs entreprises d'armement qui n'avaient réussi qu'à provoquer des baisses momentanées des taux de fret et s'étaient effondrées lamentablement, faute d'avoir pu ou su maintenir cette régularité des services et les soins donnés au transport, à la manutention et à la réexpédition des marchandises qui ont toujours caractérisé l'armement Worms. Pourtant une autre concurrence n'a pas cessé d'être menaçante, celle des chemins de fer qui déjà ne comprenaient pas que les transports maritimes de cabotage doivent pour le bien de la clientèle et dans l'intérêt de l'État coexister avec le rail. Mais pour lutter contre cette incompréhension, il faut offrir aux chargeurs des facilités accrues, il est nécessaire de posséder des navires plus grands, mieux outillés et de plus forte vitesse pour assurer en tout temps la régularité des départs dont l'importance est essentielle. Lorsque "Louise-Jenny" disparaît, deux nouveaux navires sont en construction, ce sont les "Suzanne-et-Marie" et "Séphora-Worms", vapeurs de 2.050 tonnes de port en lourd, d'un type un peu différent de celui de l'"Hypolite-Worms", mais comportant aussi 4 cales avec entreponts, 4 treuils et 4 grues à vapeur. Ces deux vapeurs avaient des machines à triple expansion, leur vitesse aux essais atteignit 12 nœuds ; ils entrèrent en service en 1891. Simultanément deux unités très anciennes "Isabelle" et "Lucien" disparaissaient de la flotte. Un an plus tard le "Margerite-Franchetti", dont la construction datait de 1873, subissait une refonte complète ; il recevait une nouvelle machine et de nouvelles chaudières et était muni de cales de lestage. La vitesse de ce navire modernisé était considérablement améliorée. Le vieux vapeur "Emma" avait entre-temps était vendu. La supériorité des nouveaux navires sur les anciens s'affirmant nettement, un nouveau vapeur est commandé en 1892, puis deux autres navires semblables sont également mis en construction et en 1893, ces vapeurs qui portent les noms d'"Emma", "Thérèse-et-Marie" et "Lucie-et-Marie" entrent en ligne. Ils sont de mêmes dimensions et de même type que "Suzanne-et-Marie" et "Séphora-Worms", sauf qu'ils n'ont pas de dunette abritant des logements de passagers, ceux-ci en plus petit nombre étant logés sous le pont du château. Ces 3 vapeurs atteignent la vitesse de 12 nœuds aux essais. Le 1er janvier 1895, la raison sociale est devenue ce qu'elle sera désormais : Worms & Cie. Il n'y a pas eu depuis la mise en service des 3 vapeurs livrés en 1895 d'autres changements dans la composition de la flotte, mais la direction du Havre a pris le contrôle des vapeurs "Commandant-Franchetti" et "Marie" qui étaient précédemment gérés par la direction de Bordeaux, celle-ci ne conservant plus que l'ancien vapeur "Séphora", assurant un service de navette entre Bordeaux et Pasages. Ce port de la côte basque espagnole était souvent fréquenté par d'autres vapeurs de plus fort tonnage et c'est en sortant de ses passes le 3 mars 1897 que le s/s "Blanche", projeté sur les récifs par une mer furieuse fut englouti avec son équipage, à la seule exception du second capitaine. En 1899, un navire acheté prend place dans la flotte et reçoit le nom de "Michel", son port en lourd est de 2.565 tonnes ; c'est un vapeur dont les installations ne conviennent pas parfaitement bien aux transports des marchandises diverses du cabotage et pour l'y adapter il est nécessaire de lui faire subir des transformations importantes ; celles-ci sont exécutées en 1900 et le résultat obtenu est relativement satisfaisant. L'expérience de l'utilisation de ce vapeur devait démontrer son infériorité en comparaison avec les plus récentes unités construites, spécialement en vue du trafic de la Maison, ce fut néanmoins une unité qui fournit une carrière fort honorable jusqu'au moment où une torpille allemande l'envoya par le fond. Revenant un peu en arrière, notons qu'en 1898 et en 1900 respectivement, "Marie" et "Ville-de-Nantes" disparaissaient à la suite d'échouements sur la côte bretonne. La construction et la mise en service en 1900 et 1901 du "Sauternes" et du "Haut-Brion", navires de 1.400 tonnes en lourd comblent le vide occasionné par ces deux sinistres, puis c'est au commencement de 1901 la mise en service d'une plus petite unité le "Bidassoa", de 840 tonnes, qui est encore en service. L'année 1902 est marquée par la livraison du "Barsac" (le premier de ce nom). Le type de ce navire est assez différent de celui des "Suzanne-et-Marie" et "Emma". Depuis la mise en service de ces derniers navires, c'est-à-dire depuis une dizaine d'années, la composition des chargements avait varié ; ce n'étaient plus à peu près uniquement des vins, des caissages ou des marchandises en sacs, mais aussi des colis dont les dimensions importantes présentaient des difficultés de manutention en raison des faibles dimensions des panneaux. Pour remédier à ces inconvénients, le "Barsac" n'avait que 5 cales et 3 panneaux au lieu de 4, mais ces panneaux étaient d'assez grandes dimensions, surtout les panneaux n°2 et n°3 qui, en outre de mâts de charge sur l'avant, étaient desservis chacun par des grues à vapeur disposées par paires sur le château et la dunette. Le "Barsac" avait une portée en lourd de 2.600 tonnes au tirant d'eau de 5,80 m ; il pouvait soutenir une vitesse de 11 nœuds. Les dispositions d'ensemble de ce vapeur ayant donné toute satisfaction furent retenues dans l'étude des plus récentes unités de la flotte. La mise en service du "Barsac" n'augmentait pas le nombre des unités de la flotte. Le "Lucie-et-Marie" avait été en effet vendu l'année précédente. II était sous pavillon japonais et naviguait dans les mers de Chine quand, en 1905, il fut coulé par un torpilleur. "Marguerite-Franchetti", qui naviguait depuis 22 ans, fut vendu en 1905. C'est à la même époque que la Maison Worms acheta les 3 navires de la Maison Leblanc, Guian & Cie (autrefois A. Grandchamp Fils & Cie) qui était menacée de disparaître à la suite de la mort de M. Leblanc, et entreprit de continuer le service franco-anglais de cet armement entre Dieppe et Grimsby. Les vapeurs "Georgette" et "Hirondelle" furent seuls conservés, l'"Ernestine" fut vendue pour démolition, mais un an plus tard "Georgette" sombrait dans l'Humber à la suite d'une collision et "Hirondelle" qui avait fourni une carrière de 48 ans fut vendu pour la démolition. Le "Cantenac" (820 tonnes en lourd), acheté en 1905, avait été affecté à la ligne Dieppe/Grimsby en même temps que deux autres petites unités de la flotte en attendant que soient construits trois nouveaux vapeurs mieux adaptés au trafic de cette ligne. C'est en 1907 que ces vapeurs qui reçurent les noms de "Listrac" et "Pessac" entrèrent en service. Ces vapeurs de 900 tonnes de port en lourd furent étudiés en vue du trafic de charbon et de marchandises diverses de la ligne de Dieppe à Grimsby et de l'obtention d'une jauge nette inférieure à 150 tonnes pour réduire au minimum les frais de pilotage. Le petit vapeur "Pervenche" (445 tonnes) fut acheté en 1907, il devait être revendu en 1912 à un armateur de Bordeaux, M. de Béchade, qui l'utilisa longtemps encore dans une navigation côtière aux Nouvelles-Hébrides. C'est également en 1907 que fut mis en service le "Fronsac", petit vapeur de 600 tonnes de port en lourd, dont le type est sensiblement le même que celui des "Listrac" et "Pessac". En 1909, un sister-ship de ces deux derniers vapeurs, le "Léoville" (premier de ce nom) fut mis en service. Le "Léoville" devait avoir une courte carrière ; il sauta en effet sur une mine flottante en 1916. Le "Frédéric-Franck" fut vendu en 1911 à des armateurs marseillais qui, peu de temps après, le revendirent à la Compagnie générale transatlantique. Ce vapeur naviguait depuis 43 ans lorsqu'il disparut par suite d'un échouement. En 1912, les vapeurs norvégiens "Freya" et "Kathinka" sont achetés et prennent les noms de "Pomerol" et "Pontet-Canet" (les premiers portant ces noms) ; ce sont des vapeurs de 1.550 tonnes de port en lourd munis d'entreponts. Le "Margaux", construit à Dunkerque entre en service en novembre 1912. C'est un vapeur de 1.880 tonnes de port en lourd pouvant soutenir une vitesse de 11 nœuds ; ses dispositions d'emménagement sont à peu près les mêmes que celles du "Barsac" (le premier de ce nom), mais il n'est pas pourvu de grues de chargement. Par contre, il a 2 mâts de charge et treuils à chaque panneau. Ce vapeur est encore en service. En 1913 quatre vapeurs de 2.500 tonnes de port en lourd furent commandés aux Ateliers et Chantiers de la Loire, à Nantes. Le premier de ces vapeurs, le "Château-Palmer" allait partir en essais lorsque éclata la guerre mondiale ; il n'entra en service qu'en octobre 1914. Le "Château-Yquem" (le premier de ce nom) suivit un mois plus tard et quant au "Château-Lafite" (premier de ce nom) et au "Château-Latour", leurs livraisons furent retardées jusqu'en avril 1915 pour le premier et mars 1916 pour le second. Ces vapeurs à 2 ponts avec gaillard, dunette et long château central, ont 3 cales et entreponts, et le château couvre un entrepont supérieur ; ils ont trois panneaux chacun avec doubles mâts de charge et 2 paires de grues à vapeur desservant les panneaux n°2 et n°3 ; leur vitesse en charge atteint 11 nœuds ½. Le 1er août 1914, la flotte de la Maison Worms & Cie se composait de 18 unités. Le nombre était porté à 20 trois mois plus tard, mais dès le mois de mars 1915, un premier vapeur, l'"Emma" était torpillé, "Léoville" disparaissait en janvier 1916, puis successivement en 1917 étaient coulés par suite de torpillages ou rencontres de mines flottantes en 1917 "Château-Yquem", "Michel", "Saint-Émilion" (navire acheté sur chantiers à Oslo et coulé dès son premier voyage), "Sauternes"et "Thérèse-et-Marie". Enfin, en janvier 1918, "Barsac" et "Château-Lafite" disparaissaient à deux jours d'intervalle et pour clore la série impressionnante de ces pertes, ce fut celle du "Pontet-Canet" en août 1918. Dix navires de la flotte auxquels il conviait d'ajouter le "Saint-Éloi" affrété, avaient ainsi disparu pendant la guerre et on peut, d'après cette hécatombe, juger des efforts déployés en ces années d'épreuves par la Maison Worms & Cie pour maintenir en existence ses services de cabotage. Avec les unités de sa flotte qui n'avaient pas été réquisitionnées et en dépit des pertes subies, elle réussit à maintenir un trafic aussi régulier que le permettaient les circonstances entre les ports du littoral de l'Atlantique et de la Manche, y compris Dunkerque. Qu'on nie après cela l'importance ou bien plutôt la nécessité de l'existence du cabotage national en tous temps et, en particulier en temps de guerre. On ne pourrait le faire qu'avec la plus entière mauvaise foi. L'armement Worms & Cie a en réalité, au cours de la guerre mondiale, rempli un rôle prédominant dans le ravitaillement des populations civiles en assurant des transports que les chemins de fer occupés par d'autres tâches n'auraient pu réaliser en aucune façon ou avec une extrême lenteur. A la fin des hostilités le nombre des vapeurs en service, qui avait été de 20 en novembre 1914, était réduit à 13 et la somme des portées en lourd de ces navires était réduite à 19.415 tonnes contre 32.790 tonnes en novembre 1914. Pendant les deux années qui suivirent la Grande Guerre le rétablissement des services ne put être réalisé qu'en recourant à des affrètements, mais un programme de reconstruction de la flotte était en préparation, non seulement pour combler les vides causés par la guerre sous-marine, mais aussi en vue d'une extension importante des services aussi bien du cabotage national que du cabotage international. Nantes, Brest Lorient, Boulogne devaient s'ajouter à la liste des ports français régulièrement et fréquemment desservis. Des succursales de la Maison Worms & Cie étaient établies à Hambourg et à Dantzig et les services devaient s'étendre en Baltique jusqu'à Leningrad. Dans le courant de l'année 1921, la flotte s'augmenta de 3 unités à la suite de l'acquisition des vapeurs "Caudebec", "Jumièges" et "Yainville", navires ayant respectivement 2.200 tonnes, 2.500 tonnes et 2.150 tonnes de portée en lourd, du type à un pont, convenant bien pour les transports de fret lourd ou encombrant. Les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime ont entrepris en 1922 la construction de 4 navires étudiés, en accord avec le service technique de la direction générale des Services maritimes, dont le siège est au Havre, en vue de réaliser un type de navire côtier destiné spécialement au cabotage national, c'est-à-dire au trafic de marchandises diverses. Les deux premiers de cette série, le "Léoville" et le "Sauternes", furent mis en service en septembre et novembre 1922 et les deux autres "Barsac" et "Cérons" prirent rang dans la flotte en janvier et juin 1923. Ces 4 vapeurs ont une portée en lourd de 1.200 tonnes, ils sont du type à un pont avec long gaillard et dunette et château combinés, leur machine est située à l'arrière. Le pont du gaillard couvre un entrepont supérieur. II y a 5 cales et 3 panneaux, chacun d'eux desservi par une paire de mâts de charge. Ces vapeurs donnèrent aux essais une vitesse de 12 nœuds. Le vapeur "La-Mailleraye" (665 tonnes de port en lourd) est acheté en Hollande en avril 1922. C'est un petit caboteur chargeant facilement des fers en barres de grandes longueurs. Le "Pontet-Canet", vapeur de 1.560 tonnes de port en lourd, est cédé en 1923 par l'État à la Maison Worms & Cie en compensation de la perte du navire du même nom, torpillé près de Saint-Malo en août 1918. Le "Pontet-Canet" est un ancien navire allemand à un pont avec gaillard et longue superstructure de dunette et château combinés ; il peut soutenir en service une vitesse de 11 nœuds. En mars 1924, l'"Hypolite-Worms", le plus ancien navire de la flotte (42 ans), coule en vue de La Hève à la suite d'une collision. Dans cette même année 1924, les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime livrent le premier d'une paire de navires qui lui ont été commandés en vue de desservir les ports de Baltique, y compris Petrograd, c'est le "Château-Lafite", son sister-ship "Château-Yquem" sera livré 7 mois plus tard en février 1925. Ces deux vapeurs ont un port en lourd de 3.350 tonnes, ils sont du type à deux ponts avec gaillard et longue dunette, ils ont 4 panneaux desservis par des mâts de charge doubles. Le panneau n°2 qui est de grandes dimensions est en outre pourvu du levage de 2 grues à vapeur. Ces navires comportent des emménagements confortables pour 10 passagers, leur vitesse aux essais atteint 12 nœuds. Le "Listrac", ex-"Rheinland", est acheté en 1926, c'est un vapeur de 2.615 tonnes de port en lourd du type à un pont avec château et dunette combinés et gaillard, 3 panneaux et cales, mâts de charge, doubles à chaque panneau, sa vitesse est de 10 nœuds. Le "Séphora-Worms" est vendu en novembre 1926 et démoli à Dunkerque, il avait navigué pendant 35 ans. Le "Mérignac", vapeur de 830 tonnes de port en lourd, a été construit par les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime et mis en service en octobre 1929, c'est un navire à un pont avec gaillard et longue dunette, il a été conçu spécialement pour desservir les petits ports bretons. En juin 1930 le "Pomerol" a été vendu, mais un vapeur qui portera le même nom est en construction en Écosse et sera livré un mois plus tard, son sister-ship "Médoc" a été mis en service en juin 1930. Ces deux vapeurs sont du même type que le "Pontet-Canet" mais non semblables à ce vapeur, leur port en lourd est de 1.600 tonnes et leur vitesse en charge aux essais atteint 11,5 nœuds. Les mêmes chantiers écossais ont en construction pour la Maison Worms & Cie deux autres vapeurs de 2.560 tonnes de port en lourd du type "Château-Palmer" amélioré, ils sont livrés en août et septembre 1930 et reçoivent les noms de "Château-Larose" et "Château-Pavie". Ces vapeurs sont pourvus des derniers perfectionnements de l'époque, leur vitesse aux essais à pleine charge atteint 12,6 nœuds. Des essais ultérieurs à demi-charge ont prouvé que la vitesse de 14 nœuds pouvait être atteinte dans ces conditions. La mise en service des cinq dernières unités nouvelles permettent d'opérer un rajeunissement de la flotte, aussi le "Haut-Brion" fut-il vendu en novembre 1932, le "Suzanne-et-Marie" en octobre de la même année et le "Yainville" en mai 1934. Mais entre temps, en novembre 1933, un navire de construction plus récente, le "Château-Lafite" avait été cédé à la Marine nationale qui, sous le nouveau nom de "Aude", le convertit en transport du littoral. Enfin, en juillet 1934, entrait en service un sister-ship du "Médoc" et "Pomerol", construit par les Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, qui recevait le nom de "Le-Trait".  

1937.05.Le réveil du Trait.ACSM

Le réveil du Trait, organe local du parti communiste Journal mensuel. Le numéro : 15 centimes Mai 1937 1er mai 1937 ! Victoire des travailleurs ! Ce fut une magnifique journée d’unité internationale de tous les travailleurs. Pour la première fois en France, le premier mai fut fêté sans l’ombre de la répression. Ce fut vraiment l’anniversaire de la victoire du peuple sur les oligarchies qui tremblent. Au Trait, il fallait voir avec quelle fierté la population unanime s’est groupée autour du drapeau de la CGT et conduite par ses meilleurs militants, a défilé dans un ordre parfait par les artères principales de notre cité. Cette belle journée nous réchauffe le cœur, mais également nous rappelle notre serment du 14 juillet 1935. Nous faisons le serment solennel de rester unis pour désarmer et dissoudre les ligues factieuses, pour défendre et développer les libertés démocratiques et pour assurer la paix humaine. La tâche est en effet loin d’être terminée. Il nous faut batailler ferme encore pour réaliser la totalité du programme : La retraite des vieux travailleurs. Les grands travaux et le fond national de chômage. La dissolution effective des ligues factieuses reconstituées ou camouflées et la mise en prison des La Rocque, Doriot, Dorgères et autres trublions agents provocateurs du fascisme. Aussi devant la barbarie fasciste, nous devons nous montrer solidaires de nos camarades républicains espagnols. Notre cœur se serre en pensant à l’abominable carnage de vieillards, de femmes et d’enfants, provoqué en Espagne par Franco et ses acolytes. Il faut que partout les hommes de cœur se dressent pour sauver l’honneur de l’humanité et la paix du monde gravement menacée à l’heure actuelle. Communistes, socialistes, qui feront le parti unique de la classe ouvrière, démocrates et catholiques, serrons les rangs pour barrer la route à la barbarie fasciste et pour sauver l’Espagne républicaine. Travailleurs du Trait ! Unissez-vous pour le pain, la paix, la liberté. R. Gohon. Nota : l’abondance des matières et le succès toujours croissant de notre journal nous oblige à tirer à six pages. Étant donné le coût du papier et du tirage, nous devons porter le prix du numéro à 25 Cts. M. Meyer quitte le rassemblement populaire - Seul à bord, mais capitaine. Ce numéro a été tiré à 500 exemplaires ; c’est vous dire, camarades, l’accueil de la population, nous continuerons de notre mieux pour vous le rendre plus attrayant en le maintenant toujours au service des masses laborieuses. R. G. Garantie municipale Le Journal du Trait n’a pas dit que nos édiles dans une de leurs dernières séances, venaient d’accorder à la maison Worms, le bénéfice de la garantie municipale pour la construction d’un groupe de 50 habitations ouvrières. Rien ne nous étonne plus de la part de nos polichinelles habitués à tous les renoncements. Garantie morale ? N’est-ce pas plutôt une reconnaissance de dette, une hypothèque tirée sur l’avenir de notre commune ? Car les fous capables d’allumer l’incendie aux quatre coins du monde ne sont pas encore disparus ; le danger de chômage pas complètement écarté. Qu’importe ! Les biens immobiliers de nos féodaux ne sont-ils pas « garantis » contre tous les fléaux imaginables par nos élus conseillers municipaux. La classe ouvrière est là pour « garantir » à messieurs Worms cette vie fraîche et joyeuse dont ils trouvent normal, par ailleurs, de nous faire supporter tout le poids. Garantie ? Qu’a-t-on fait à propos, pour assurer notre sécurité, celle de notre femme et de nos gosses. Garantis, certes nous l’avons été : diminutions de salaires, chômage partiel, prélèvements sur nos gratifications, provocations, vexations, régime d’un odieux favoritisme, débauche. Voilà donc le bilan passé de nos féodaux. Spéculer sur notre travail, sur notre peine, pour notre plus grande misère. Il faut que cela cesse ! Notre parti communiste ne veut plus que le peuple souffre. Il veut supprimer l’exploitation de l’homme par son semblable. Notre parti garantit dans une société sans classe, le droit au travail pour tous, le droit à la vie. Il réclame que l’on donne incessamment une retraite pour les Vieux travailleurs que l’économie capitaliste met au ban de la société. Notre parti communiste dit « il faut faire payer les Riches ». C’est-à-dire, prendre l’argent chez les 200 familles et laisser la classe ouvrière maîtresse de ses destinées, et de celles de la nation. R. Legendre. Comité des femmes Le comité remercie bien vivement toutes les personnes qui ont contribué à la collecte faite pour les petits enfants d’Espagne, le jour du Premier mai qui a rapporté la coquette somme de 356 francs, 40. À tous nous adressons un merci de tout cœur, ainsi qu’à nos charmantes quêteuses. Le bureau. La médiation C’est la dernière trouvaille, c’est la ceinture de sauvetage du Franco. La diplomatie du comité de Londres dont on juge chaque jour les succès, nous propose de réaliser l’accord entre la République et le fascisme, entre les victimes et leurs assassins. Ce qui nous étonne et qui est suspect, c’est que la médiation soit née au moment précis où la République espagnole, malgré le blocus a repoussé victorieusement l’invasion étrangère. Rappelez-vous, quand la rébellion surgit du peuple désarmé, quand les bourreaux massacraient les populations de Séville, de Badajoz, après les défaites de Tolède et de Talavéra, les forces fascistes avançaient sur Madrid ; quand Hitler et Mussolini paraissaient avoir gagné la partie, nul ne parlait de médiation. Mais Madrid a résisté, les troupes italiennes ont été écrasées, le fascisme recula, à Tolède comme ailleurs. Bilbao affamé refusa de se rendre : la raison, c’est que des anciennes milices est sortie l’armée populaire, [illisible] et conduite par des officiers de valeur formés dans le combat. Et aussitôt on parle de médiation. La médiation, c’est aujourd’hui le meilleur moyen de sauver Franco de la défaite totale. Le peuple espagnol ne veut, lui, que l’évacuation de son territoire et sa libération complète. Aussi nous comprenons de moins en moins la politique de faiblesse de notre gouvernement. Déjà par deux fois, le Rassemblement populaire a été mis devant le fait accompli. C’est pourquoi nous demandons à Léon Blum, avant de prendre une décision de consulter les organisations qui le soutiennent. Nous avons eu la non intervention qui priva l’Espagne des moyens de se défendre, tandis qu’une armée étrangère outille d’une façon [illisible] s’emparait de son territoire. Nous avons eu le contrôle qui aboutit à faire surveiller les cotes républicaines par ceux-là même qui les bombardent, et affament [illisible]. C’est assez, c’est même de trop. Qu’on s’occupe d’accorder ce que demande l’Espagne, de ce que demande le Front populaire unanime, ce que demande le Rassemblement universel pour la paix. Régner devant [illisible] problème de l’agression étrangère contre l’Espagne un mot de la SDN. Et dans une Espagne républicaine, débarrassée des bourreaux étrangers ; laisser passer la justice du peuple. René Talbot. Comité « Paix et liberté » Le comité « paix et liberté » du Trait a tenu dimanche 25 avril 1937 un grand meeting de Front populaire sous la présidence de monsieur André Marie. À ce meeting prirent la parole : le citoyen Chalignie de la fédération radicale-socialiste. Le camarade Lageix au nom du parti socialiste. Le camarade Pican au nom du parti communiste. Ces trois orateurs furent chaleureusement applaudis pour leurs exposés et une quête pour les Républicains espagnols produisit 208 francs. Dans la soirée, un grand bal donné salle Leroy obtint le plus vif succès. Belle journée pour le rassemblement populaire. Le secrétaire. Assurances sociales Notre syndicat vient d’avoir gain de cause dans un litige d’assurance sociale. Notre camarade Brasse était il y a 18 mois l’heureux père d’un bébé. Sa dame assurée à l’Union mutualiste de la basse Seine envoya en son temps sa feuille de maternité à sa caisse pour toucher ses prestations. Mais la caisse ayant égaré le dossier refusait depuis ce temps de la payer. Notre camarade nous demanda conseil et sous l’action vigoureuse du syndicat, un jugement de la commission d’arrondissement en date du 3 avril 1937 condamnait l’union mutualiste à s’acquitter de sa dette. Notre camarade a enfin touché son dû, jugez de son plaisir, il considérait cet argent comme perdu. Camarades, n’hésitez pas à nous consulter ; chaque fois que vous serez dans votre droit, votre syndicat vous aidera de ses conseils juridiques. R. G. Champ des oiseaux. Salubrité Depuis un an nous avons réclamé des fosses septiques dans chaque habitation. Rien n’a été fait dans ce sens par la Société immobilière. Cela est certes regrettable. Mais il y a aussi certains camarades qui exagèrent. Ainsi un camarade du quartier n’a rien trouvé de mieux que d’établir son trou à fumier à proximité d’une borne fontaine d’eau potable. Il ne se rend certainement pas compte du danger pour ses voisins et pour lui-même. Voici les chaleurs qui approchent et il est nécessaire que les ouvriers comprennent qu’il est de leur intérêt de recouvrir leur fumier afin de réduire ainsi les risques d’épidémies. Pour l’instant, ne comptons pas trop sur les fosses septiques, c’est le moindre des soucis de la Société immobilière, mais pour nous ouvriers, un peu plus de conscience vis-à-vis de nos camarades et de nous-mêmes. Des voisins. Impôts : cote mobilière & personnelle L’évaluation se fera pratiquement en appliquant au nombre de pièces d’habitation dont les garages des voitures ne servent pas à un usage commercial. Les prix unitaires suivants : catégorie A. Villas importantes. Par pièce : 32 F. Cie BC. Maisons Loucheurs, HBM et toutes maisons importantes, maisons métalliques. Par pièce : 20 F. Cie E. Maisons ouvrières, cité des roses, Neuville, Champ des oiseaux, St Éloi, Vieux Trait (partie), R/Georges Clemenceau, etc. Par pièce 12 F. Cie F. Maisons de minime importance dans le Vieux Trait, Pon. Surcouf, Duguay-Trouin, etc. Par pièce : 8 F. Cie G. Cité La Mailleraye D° 11. Baraquement en planches P/logis : 6 F. Réductions pour charge de famille : P/4 ou 5 enfants au foyer : une pièce. À partir de 6 enfants :  deux pièces. Valeur du centime le franc : 2,28. Exemple de calcul de l’impôt. Un père de famille catégorie E a quatre pièces et 5 enfants mineurs à son foyer. Combien paiera-t-il ? Nom de pièces imposables : 4 – 1 = 3 Chiffre de base : 12 x 3 = 36 Montant de l’impôt : 36 x 2,28 = 82 F. Nous voyons clair… aujourd’hui Depuis longtemps des passe-droits, que nous pouvons confirmer se font à la Société immobilière du Trait. Ces combines se font au détriment de nos camarades pères de famille nombreuse, pour l’attribution des logements. Bien souvent à la suite de demandes répétées, M. Dupuich promet un logement mais le futur locataire ne voit jamais venir les clefs ; et pour cause : M. D… n’a pas dit son dernier mot. Les mauvaises langues insinuent… ? que M. D…. n’est pas insensible aux aimables sourires de certaines personnes. Ces favorisées grâce à ce talisman peuvent changer de logement… tous les trimestres. Par contre les familles nombreuses qui ont trop de soucis pour avoir le sourire restent dans leur taudis et doivent coucher grands garçons et filles dans une même pièce. Qui de M. Dupuich ou de son subalterne M. D… est directeur. Un père de famille nombreuse. D. L. Mort d’Antonio Gramsci Le parti communiste italien, vient de subir une lourde perte dans la personne de son vénéré chef et fondateur Antonio Gramsci. Le fascisme a réussi à abattre par un lent assassinat notre camarade. Mais son martyr ne sera pas vain, il sera d’exemple et stimulera les masses laborieuses d’Italie pour obtenir un régime de liberté digne de ce grand pays. Souvenons-nous des paroles de Mattéoti mourant : « Moi vous m’avez suicidé, mais mon idée vous ne la tuerez pas. Elle ne mourra jamais ! Mais enfants glorifieront ma mémoire et les travailleurs respecteront mon cadavre. » Un italien. Une campagne de dénigrement qui doit cesser. Notre docteur local fait encore des siennes et s’acharne à lutter insidieusement contre madame Lizion sage-femme du Trait. Il déconseille vivement à ses clientes de faire appel à cette Dame à qui cependant personne n’a jamais eu de reproche à adresser sur l’exercice de sa profession. Il va même jusqu’à insinuer que des troubles survenus après couches sont dus à de mauvais soins et envoie à l’hôpital pour opération, des mères qui subissent une simple crise passagère qu’un simple médicament peut apaiser. Nous voudrions que cesse cette campagne injuste. Les sages-femmes des pays voisins ont certes le droit de travailler, nous ne le nions pas, mais tant qu’il n’y aura rien à reprocher à Madame Lizion, les plus élémentaires sentiments d’humanité et de confraternité exigent que la sage-femme du Trait puisse exercer librement sa profession dans notre cité, sans être méprisés injustement. Des mécontents. Comité des loisirs Notre comité des loisirs, qui appartient à tous les travailleurs du Trait, avait sa place tout indiqué dans la célébration du 1er mai, et nous saluons avec joie la Chorale populaire qui a prêté à cette inoubliable journée un concours très apprécié. Beaucoup de nos camarades n’avaient pas encore entendu ce jeune groupe qui comprend à présent 50 membres – signe indéniable de sa vitalité. Disons qu’ils furent enthousiasmés, et ajoutons que ceux qui ne croient pas dans les réalisations de l’art populaire ont été obligés de s’incliner cinq mois d’existence seulement, une ascension lente mais sûre qu’entretiennent la foi dans la réussite et la confiance en l’avenir, une technique qui s’affirme à chaque nouvelle audition, les détracteurs ne peuvent nier cela. La tenue nouvelle de la chorale au cours du défilé, a favorablement impressionné les spectateurs. La partie de concert de l’après-midi a obtenu un succès mérité ; l’idée de présenter un tour de chant, monologue, danse et musique, dans un épisode de grève était excellente et cadrait bien avec la Fête du travail. De chaleureux applaudissements accueillirent « Premier mai » composé pour la circonstance par notre camarade Douay. Quant à l’Internationale qui termina cette partie artistique, lorsque toute la salle la reprend en chœur vibrant et grandiose, et fut – avec la puissance et le calme du défilé du matin – un des moments les plus imposants de la journée. Au cours du meeting, les camarades Lemonier et Faure ont fait à tous un appel en faveur du comité des loisirs, nous nous y associons de tout cœur, et nous demandons à chacun d’apporter son aide, si modeste soit-elle, à la belle cause de la culture et des loisirs populaires. Nous montrerons par là que la littérature, le théâtre et la musique ne sont pas le privilège d’une classe, mais qu’ils sont la propriété du peuple qui sait comprendre la beauté, qui veut reconquérir et garder les trésors artistiques de son pays. Et quand le peuple veut sortir de l’ignorance où l’ont soigneusement maintenu les classes dirigeantes, il fait un grand pas dans sa conquête de la liberté ! Le comité. Chômage Depuis bientôt six mois la confection Laporte a fermé ses portes ; ses ouvrières sont pour la plupart restées sans travail. Le chantier en a embauché quelques-unes, mais comme toujours avec parcimonie. De plus comment se fait-il que les embauches n’aient pas été réservées exclusivement aux jeunes filles à la charge de leurs parents. Dans certaines familles nombreuses qui supportent de lourdes charges, de grandes jeunes filles ont fait plusieurs demandes ne trouvant pas de travail dans la région, malgré les capacités professionnelles. N’aurait-on pas pu accorder la priorité à ces jeunes filles sur d’autres personnes dont le mari travaille au chantier et qui n’ont qu’un bébé. Non pas que nous refusions le droit au travail à quiconque (toutes les femmes ont droit au travail) mais la plus élémentaire justice commande que l’on aide d’abord les plus affligés. Il est véritablement inouï que notre direction et le Journal du Trait [illisible] tout faire pour les familles nombreuses alors qu’ils s’en moquent royalement. C’est ce que l’on peut appeler de la duperie à longue échéance. L.D. Atelier Forge cornière Les ouvriers de cet atelier demandent l’installation au-dessus des Forges de tuyaux d’aération indispensables. En effet depuis la construction de l’atelier de soudure électrique on a supprimé deux portes. Au moment du montage des feux, nous respirons les gaz à pleins poumons. C’est un drôle d’apéritif qui coupe plutôt l’appétit. Autour du dispensaire Nous possédons un dispensaire d’hygiène sociale, dont nous ne dirons rien aujourd’hui, mais dont nous voulons signaler l’état défectueux des abords. Le 28 avril dernier, les mères de famille amenant leurs bébés à la pesée auraient presque dû emprunter une barque pour s’y rendre, car il a été mis, sous les ordres du chef jardinier de la Société immobilière, des pas de cailloux ou de boue, qui font de la rue une mare fangeuse impraticable, même pour les usagers des sentiers des champs. Les vélos ne s’y risquent qu’avec prudence et le cœur des mères se serre lorsqu’il faut engager les voitures d’enfants dans ce cloaque. Messieurs les responsables de la Société immobilière, vous n’avez sans doute pas l’intention [illisible] de pas à cet endroit, alors pensez à nos mères de famille et à nos enfants qui souffrent déjà tant. Allons messieurs, un peu d’humanité. Un habitant de la rue. Premier mai au Trait 1er mai 1936. Nous attendions fiévreusement les résultats des élections. Nous sentions que notre première grande victoire était proche. Deux jours plus tard, le peuple fêtait le triomphe du Front populaire. Et depuis, les travailleurs ont vu leur situation s’améliorer, ils ont salué les temps nouveaux qui leur apportaient la libération. 1er mai 1937. Nous avons fêté le travail pour la première fois, nous avons vécu un 1er mai de fraternité joyeuse, contrastant avec celui des années précédentes où les uns n’osaient pas agir, où les autres luttaient, le cœur serré d’une angoisse si compréhensible. Nous nous sommes retrouvés, tous unis, puissants et calmes, conscients de notre force et confiants dans l’avenir. Je ne pourrai jamais oublier ce défilé qui grossissait à chaque pas, entraîné par les accents de la fanfare et par les chants de la chorale populaire, ce cortège discipliné, mais où seulement les poings fraternels de 1500 travailleurs se levaient pour répondre aux visages amis qui nous souriaient à notre message. Nos morts de la guerre, nous les avons salués simplement mais sincèrement, parce que, « Eux », ils avaient un idéal qui fut odieusement exploité, et que, s’ils étaient encore des nôtres, ils lutteraient avec nous. Partout à chaque moment de cette journée, Union et Fraternité. Au match de footballeurs, notre jeune équipe faisait ses débuts, les spectateurs apprécièrent, une tenue des plus loyales. L’après-midi, nous nous sommes retrouvés dans la grande salle du Bouchon, qui fut presque trop petite, pour entendre la voix de notre camarade de Rouen cette voix que nous avons connue dans les moments de lutte, et qui revenait chargée d’émotion de cette journée, pour nous rappeler qu’il nous fallait défendre nos conquêtes, et en gagner de nouvelles. Pour nous rappeler que notre camarade Barbou qui présidait à ce meeting, était une victime de plus au tableau si chargé de l’injustice capitaliste. Combien étions-nous ? Je ne saurais le dire mais tous nous avons applaudi avec une sincérité vibrante, le comité des loisirs qui est aussi une de nos belles conquêtes et qui veut donner à tous les travailleurs du Trait les distractions auxquelles ils ont le droit d’aspirer. Je ne saurais dire non plus, combien nous étions au bal. Qu’importe ! Les chiffres ne dépeindraient pas la joie franche qui y régnait, l’entrain de tous – musiciens et danseurs – et l’ovation qui salua la chorale bissée et [illisible]. Ce fut une journée inoubliable, une journée d’union sans tâche. Nous étions forts et nous devons le rester. Coude à coude et le pied ferme, camarades, continuons la lutte pour notre liberté, la marche vers le bonheur de notre pays et de l’humanité. Un du cortège. Accident Notre belle fête du 1er mai a été malheureusement endeuillée par un grave accident d’automobile. Plusieurs camarades de Duclair qui venaient à notre meeting en ont été les victimes. En passant à St. Paul leur voiture sans motif connu, se retourna sur ses occupants. Un de nos amis Joseph Préaux a été relevé tué sur le coup et trois autre camarades ont été grièvement blessés. Nous présentons nos condoléances fraternelles à la famille Préaux et nos vœux de prompt rétablissement aux camarades blessés. Avant d’acheter un poste de TSF Voyez E. Saupin Dépositaire de « Philipps » et des plus grandes marques françaises. Reprise des vieux postes aux plus hauts cours. Vente à crédit en 6 – 12 – 15 et 18 mois. Réparation de tous postes par de spécialistes. Superbe cadeau à tous les syndiqués. Charbons R. Leclerc se recommande à sa fidèle clientèle du Trait pour livraison à domicile de boulets, charbons gras et maigres et coke à gaz. Gréement Dans notre dernier numéro, un article signé un gréeur n’était que d’un fouineur. Les faits cités se sont avérés grossis exagérément. Nous en donnons acte aux camarades intéressés. Le fameux fouineur. Entretien mécanique Notre atelier est réellement par trop étroit. Pour certains travaux, les compagnons se gênent mutuellement et doivent attendre souvent les uns après les autres. Les placards sont en nombre insuffisants. Quand se décidera-t-on à remédier à cet état de chose. Au point de vue outillage, c’est encore pire et ce sujet fera l’objet d’un prochain article plus documenté car des mesures urgentes s’imposent. R. Gohon. Madame Lizion Sage-femme Rue Georges Clemenceau Informe qu’elle vaccinera jusqu’au 31 mai 1937 Consultations de 14 heures à 16 heures Prend des Dames pensionnaires. Boucherie Duval Livraison à domicile les mardi – jeudi et dimanche Le jeudi étal place du marché Viandes de premier choix Des prix de la qualité Modes – couture Pour tous travaux : Une adresse à retenir Madame Hinfray – diplômée de l’école professionnelle de Paris Prix modérés. Adhérez au parti communiste. Ciné-liberté et le CDLP (centre de diffusion du livre et de la presse) organise une tournée de cinéma privé dans notre région. Ils seront au Trait le vendredi 4 juin à 20 h 30. Réservez votre soirée du 4 juin pour venir voir « La vie est à nous », « Espagne 36 », ainsi que plusieurs documentaires. Une plus ample information sera donnée ultérieurement. Le gérant : L. Adam.

1937.06.00.De Worms & Cie.Réquisition du Château-Palmer.Mémoire

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