1947.06.03.Des ACSM Nitot.Au service industrie commissariat aux dommages de guerre

Le PDF est consultable à la fin du texte.

Paris, le 3 juin 1947

Monsieur le chef du service industrie
et commerce
Commissariat général aux dommages de guerre
Ministère de la reconstruction
28, Cours Albert 1er
Paris

Monsieur,
Faisant suite à l’entretien que monsieur Hugot a bien voulu accorder jeudi dernier à notre directeur général nous avons l’honneur de venir solliciter votre appui en vue de faire hâter l’approbation du dossier de reconstitution de nos chantiers du Trait qui a été déposé par nous le 30 décembre dernier suivant lettre dont vous trouverez ci- joint copie ainsi que de l’additif à cette lettre du 22 mai 1947.
Nous vous, confirmons que nous sommes actuel­lement complètement prêts à passer des marchés définitifs pour la construction :
1°) de notre atelier de tôlerie et d’assemblage
2°) des chemins de roulement de nos cales 1 et 2
3°) de nos bureaux de direction et de fabrication
que nous avons trouvé des entrepreneurs qui possèdent des moyens très puissants et que nous voudrions beaucoup profiter des mois d’été pour avancer les travaux de manière à ce que dès le début de 1948 nos chantiers complètement réorganisés puissent se trouver en mesure de réaliser dans les meilleures conditions l’important programme de constructions neuves qui lui a été confié par le secrétariat général de la marine marchande.
Toutefois pour pouvoir commencer effectivement les travaux l’approbation de ce dossier de reconstitution qui doit tenir lieu de permis de construire est absolument indis­pensable.
À ce sujet nous précisons que les travaux con­cernant les chemins de roulement de nos cales 1 et 2 concernent exclusivement la modernisation de nos chantiers ; par contre la construction de notre nouvel atelier de tôlerie et d’assemblage et des bureaux de la direction comporte à la fois une part réparation de dommages de guerre et une part modernisation. Ayant toutefois présenté un dossier de reconstruction unique, suivant les indications portées à la décision de reconstruction immédia­te prise le 12 septembre 1946 par le ministère de la reconstruc­tion et de l’urbanisme, nous pensons que l’approbation de ce dossier de reconstitution vaudra aussi bien, et vous voudrez bien nous le confirmer, pour les travaux de réparation de dommages de guerre que pour les travaux de modernisation.
Nous ajoutons que nous nous sommes entretenus de la question ces jours-ci tant avec les services de la marine marchande qu’avec la direction centrale des constructions & armes navales et que ces deux ministères sont entièrement d’accord pour que nous poursuivions la reconstruction de nos chantiers avec toute la célérité désirable.
En ce qui concerne la trésorerie de ces travaux, bien qu’à l’heure actuelle nous ayons déjà un large découvert sur la partie déjà faite de notre reconstitution, nous ne deman­dons pas d’être traités sur un autre plan que tous nos collègues, et grâce d’une part à notre participation à l’emprunt obligataire du groupement de la construction navale, d’autre part à l’emprunt de Fr : 50.000.000 que nous avons personnellement réalisé récem­ment auprès du Crédit national il n’existe aucune difficulté pour que nous engagions immédiatement les travaux précisés ci- dessus.
D’après les renseignements que nous avons obte­nus samedi dernier auprès de monsieur Lods, architecte-urbaniste, celui-ci doit au cours d’une visite à Rouen jeudi prochain donner son accord définitif sur notre dossier de reconstitution et celui-ci vous sera transmis sans délai par les services départementaux de la Seine-Inférieure.
Rien ne paraît donc s’opposer, si la procédure même de l’autorisation de reconstitution devait prendre encore, quelque délai, à ce que vous puissiez prendre rapidement une dé­cision provisoire nous autorisant à commencer immédiatement les travaux précisés au début de la présente lettre.
Nous sommes certains à l’avance que vous compren­drez tout l’intérêt qui existe pour la reconstitution de la flotte marchande à ce que nos chantiers du Trait puissent disposer le plus rapidement possible de leurs moyens de production définitifs et en vous en remerciant à l’avance, de ce que vous pourrez faire pour nous, veuillez agréer, monsieur, l’expres­sion de nos sentiments distingués.

Le directeur général,
Henri Nitot
 

Retour aux archives de 1947