1946.02.00.De W.G.France Amérique Grande-Bretagne.Article

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Puissances occultes à l'œuvre contre la France

Article de W. G., traduit de la Weltwoche par Renée Gouzy et paru dans le n°1 de France - Amérique - Grande-Bretagne, publication éditée par Z. Kaganski (Casablanca)

[Résumé et extraits]

Consacré au complot fomenté par la synarchie contre les forces de la démocratie française, l'article retrace le déroulement de ce mouvement (réf. notamment à la Cagoule, l'Action française : « mouvements réactionnaires et antisémites »), mouvement dont Jean Coutrot est présenté comme « le grand animateur - sinon le créateur »,  lequel, « après une vie mouvementée, se suicida à Paris le 19 mai 1941 » ... « Coïncidence étrange quelques mois avant le suicide de Coutrot, son jeune secrétaire Théallet, en parfaite santé, mourut brusquement sans que l'on connut les causes de sa mort ; quelques mois après ce fut le tour de son deuxième secrétaire, Yves Moreau, et du beau-frère de Coutrot, Henri Brûlé, (ce dernier avait précédemment rendu visite au ministre de la Production à Vichy, Gabriel Leroy-Ladurie, considéré dans les milieux bien informés comme le véritable dirigeant du mouvement synarchique... »
« En 1930, Coutrot fonde l'association X. Crise qui préconisait la solution de la crise mondiale qui sévissait à cette époque au moyen de méthodes scientifiques et cherchait à introduire en France les idées « technocrates »... Coutrot avait créé ainsi une ligue soumise à une idéologie précise, sorte de franc-maçonnerie de polytechniciens, appelés par leur formation et leurs tendances professionnelles à devenir les dirigeants de l'économie nationale... »
« C'est alors l'ère vichyssoise, qui porte la synarchie à son apogée. Les principaux membres font leur apparition dans les différents ministères : Barnaud, Baudouin, Benoît-Méchin, Bichelonne, Bouthiller, Borotra, Gitrat, Lamirand, Lehideux, Le Roy-Ladurie sont des synarques ainsi que Piétri, ambassadeur de France à Madrid, et de Boisanger, gouverneur de la Banque de France. Le nom de Pucheu figure également sur la liste (tombée entre les mains de la police française) des membres du mouvement synarchique, qui réussit, avec Dumoulin de la Barthète, Gillouin et de Fontraulx, à s'infiltrer dans l'entourage immédiat de Pétain, tout en étant représenté à Alger auprès du général Giraud par Couvé de Murville.
« La mainmise sur l'économie du pays est assurée par le magnat de la houille, de Peyerimoff, président de l'Union des Employeurs, et par les actionnaires de la Banque Worms & Cie, dont les vrais dirigeants, Hypolite Worms et Barnaud, sont tous deux  membres influents du mouvement synarchique. La Banque Worms étant, entre parenthèses, la banque collaborationniste n°1. »


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