211 résultats
1940.03.13.A Hypolite Worms.Londres.Note
Copie[Note pour Monsieur Worms] Paris, le 13 mars 1940Le travail ci-joint a été établi par les Chargeurs réunis, en liaison avec Marchegay et de Moulzin.Un autre travail reste en suspens : c'est celui qui est relatif à la nouvelle charte : pour le mener à bien, il faut attendre les renseignements sur le travail anglais.Quoi qu'il en soit, ce ne sera pas, à proprement parler, une nouvelle charte puisqu'on la présentera comme avenant, et ce, pour que les armateurs ne puissent être accusés d'avoir eux-mêmes essayé de considérer comme chiffon de papier un document sur lequel ils avaient mis leur signature, quoi qu'avec une certaine réserve.On espère ainsi d'ailleurs diminuer l'impression mauvaise que l'inscription de ces réserves avait fait naître chez le ministre des Travaux publics.Le document ci-joint sera lui-même un avenant, avenant qui change complètement le document originel mais avenant tout de même.Demain aura lieu une réunion au cours de laquelle seront examinées, pour la dernière fois, les propositions à faire par groupe de navires, pour les montants des commissions et du forfait.Projet de contrat de géranceArt. 1 - Objet et durée du contratL'exploitation du navire, objet du présent contrat sera confiée au gérant qui opèrera suivant les méthodes commerciales en usage, pour le compte et le contrôle de l'État.L'État se réserve le droit d'intervenir dans le cas où l'intérêt national serait en jeu (changements de trafic ou d'horaire, priorité de chargements de marchandises ou de passagers). Dans ce cas, il donnera des ordres nécessaires au gérant.Le contrat de gérance prend effet à compter de la date de la remise du navire au gérant en vue de son exploitation constatée par procès-verbal de remise.Le contrat prend fin, soit immédiatement par cessation de la charte-partie d'affrètement du navire notifiée au gérant, soit sur dénonciation de l'une ou l'autre des parties après préavis d'un mois.Art. 2 - Définition de la géranceLe gérant prendra toutes mesures pour assurer la meilleure utilisation et le meilleur rendement possibles des navires. Il fera diligence pour s'assurer Ies quantités de combustibles qui lui seront nécessaires sur les stocks mis à la disposition de la Direction des transports maritimes dans certains ports par les importateurs désignés dans les autres ports. Le gérant fournira et paiera le combustible pour le compte de l'État.Le gérant se procurera et paiera l'eau douce pour le compte de l'état ; il paiera de même pour le compte de l'état Ies frais de port, de remorquage et de pilotage, les taxes de consulat, les droits de canal, les commissions d'agence, celles de consignation, celles concernant le recrutement du fret ou des passages suivant les usages commerciaux ; les frais de chargement, de déchargement et de magasinage des cargaisons, ainsi que tous les frais qu'entraînent l'embarquement, la nourriture, l'entretien et le service des passagers. Il paiera d'une manière générale pour le compte de l'État, tous Ies frais quels qu'ils soient, qui ont été mis à la charge de l'État par l'art. 6 de la charte-partie type, exception faite des combustibles s'ils sont fournis par les services des Transports maritimes.Les mouvements et les déplacements de navires, les opérations de chargement, de déchargement, de fardage et d'arrimage ainsi que l'ensemble des manutentions maritimes et terrestres dans les ports, l'embarquement des combustibles, éventuellement le lestage et, d'une façon générale, toutes les opérations relatives aux opérations commerciales, seront payés par le gérant pour le compte de l'État.Le gérant procédera, pour le compte de l'État, à la location des wharfs, docks et magasins sur quai. Il prendra toutes mesures utiles pour assurer l'exécution par les assureurs, contre les risques maritimes, de toutes les obligations qui leur incombent en vertu des polices dont l'État aura pris la suite.Les débours imputables à la responsabilité engagée pour mort ou accident des passagers, ou perte ou avarie à leurs bagages, seront payés par le gérant pour le compte de l'État.Les débours effectués au titre de responsabilité pour perte ou avarie de la cargaison seront payés par le gérant pour le compte de l'État.L'État prenant à sa charge les risques de fret et passages non récupérés, les pertes, s'il y en a, seront portées au débit du compte de voyage.Art. 3 - Comptes de voyagesA la fin de chaque voyage, le gérant présentera le compte du voyage qui groupera les comptes de chacune des escales effectuées par le navire. Chaque compte d'escale comportera au crédit toutes les recettes, fret et passages que le gérant aura encaissées pour le compte de l'État ; il comportera également tous les frets et passages correspondant au chargement ou à l'embarquement des passagers des Services publics. Au débit du compte du voyage, le gérant portera toutes les dépenses qu'il aura effectuées pour le compte de l'État, comme il est dit à l'article 2 ci-dessus.Le gérant fera vérifier par ses agents, correspondants ou consignataires dans les ports, les factures, comptes, mémoires, quittances, bons et autres pièces relatives aux dépenses, frais et fournitures payés par lui pour le compte de l'État. Après s'être assuré que les sommes réclamées sont dues, il apposera sa signature précédée de la mention "Vu et Vérifié". Ces pièces seront jointes au compte d'escale, après visa du Service contrôleur local de la DTM.Au débit de chaque compte d'escale seront portées, suivant les usages commerciaux, les commissions payées pour le recrutement du fret, les commissions de consignation ou d'agence ; ces-dernières suivant la pratique commerciale, seront décomptées, pour les escales de chargement, à raison de :5% sur les frets correspondant à tous les chargements effectués dans l'escale + 2½ s'il y a intermédiaire ;5% sur le montant des passages correspondant à l'embarquement de tous les passagers dans l'escale + 2 ½ s'il y a intermédiaire,et de même, pour les escales de déchargement, à raison de :2% sur les frets correspondant à toutes les marchandises débarquées dans l'escale.Minimum garanti par touchée 5 à 10%.En fin de voyage, le gérant groupe les comptes d'escale et établit le compte de voyage qu'il remet dès que possible à la direction centrale des Transports maritimes.Les observations auxquelles pourrait donner lieu le compte seront formulées dans les deux mois qui en suivront la remise. Passé ce délai, le compte sera considère comme définitif.Art. 4 - Avances et compte courantPour subvenir à toutes les dépenses effectuées pour le compte de l'État énumérées aux articles ci-dessus, le gérant recevra de l'État, en temps utile, toutes les avances nécessaires dont il fera la demande à la Direction des transports maritimes et de manière à être entièrement couvert au moment où il devra effectuer les paiements, compte tenu, notamment, des frets et passages qui seraient encaissés par lui.La Direction des transports maritimes ouvrira et tiendra au nom du gérant un compte courant au crédit duquel seront portées les dépenses faites pour le compte de l'État et les indemnités dues par l'État et au débit duquel seront portées les recettes faites par le gérant et les avances par lui reçues. Le compte est balancé et le solde est réglé s'il y a lieu, en principe mensuellement, ou après chaque voyage et le voyage a une durée supérieure à un mois.Art. 5 - Indemnité de gérancePour le couvrir de ses peines et soins et le rémunérer de ses frais généraux d'administration central, le gérant recevra une indemnité de gérance fixée forfaitairement à [...] par tonne, jauge brute.Le montant de cette indemnité sera réglé annuellement et révisé éventuellement dans les conditions de l'art. 9 de la charte-partie d'affrètement.Art. 6 -Le présent contrat de gérance ne déroge pas aux dispositions de l'article 21 de la loi du 11 juillet 1938 sur le calcul des bénéfices.
1940.03.16.A Hypolite Worms.Londres.Note
CopieA l'heure actuelle, Nochap, qui avait la gérance de "Yiannis" se voit attribuer les consignations, dans les ports de touchée, outre "Mary Livanos", ce dont vous êtes prévenu, de "Olga. E. Embiricos" (1.922 - jauge brute 4.677 T) qui va charger à Madagascar en avril.
1940.03.21.A Hypolite Worms.Londres.Note
CopieParis, le 21 mars 1940Note pour Monsieur H. WormsA la circulaire ci-incluse du Comité central, je joins la copie des lignes que le siège adresse au Havre et qui posent un certain nombre de questions à résoudre rapidement.La flotte des petits caboteurs dont il s'agit, recensée au moyen des états que nous avait remis il y a quelques mois le Comité central, se composerait de 115 bateaux, dont :- 15 sont affectés au trafic méditerranéen,- 12 sont affectés au trafic des charbons,- 2 sont militarisés,- 20 sont des voiliers,de sorte qu'il resterait sur le littoral Mer du Nord/Manche/ Océan, 68 vapeurs ou bateaux à moteur, plus 20 voiliers susceptibles de participer au trafic des diverses.II est à noter que parmi cette flotte se trouvent des unités spécialisées au transport des sables de la Loire, à la navigation dans les estuaires, etc.Si l'on tient compte de ce qu'il s'agit de tout petits bateaux, par les panneaux desquels il serait impossible de faire passer des produits métallurgiques ouvrés ou demi-ouvrés, et des colis un peu lourds, on peut en conclure que l'appoint qui serait apporté au cabotage serait insuffisant et il semble que l'on doive faire appel aux bateaux du tonnage des nôtres, qui ne font de la navigation au cabotage national que presque exceptionnellement.S'il était possible de reprendre une partie de nos lignes, nous aurions à laisser à la flotte charbonnière les bateaux qu'elle a ; au trafic franco-anglais, ceux qui y sont ; sur la ligne Algérie, au moins deux unités et tout le reste pourrait être remis en très grande partie sur le cabotage national étendu dans le domaine international vers la Belgique d'une part, et vers l'Espagne, de l'autre.
1940.03.29.De la Marine marchande.A Worms et Cie.Paris
CopieMarine marchandeLe moral des officiers et équipages de la Marine marchande, surtout de ceux qui fréquentent la côte est anglaise, laisse fortement à désirer.Les causes de ce moral sont relativement faciles à faire disparaître. C'est pourquoi nous avons cru devoir vous en parler, avec l'espoir que votre Maison pourra employer son influence à les faire disparaître et contribuer ainsi à l'uvre collective nécessaire.Les équipages considèrent que leur rôle actuel est aussi dangereux que celui des soldats de 1ère ligne. Ils ont cependant le sentiment que leurs chefs d'abord, l'opinion publique ensuite, ne leur rendent pas justice à cet égard et qu'ils ne jouissent ni des avantages matériels, ni du prestige moral acquis à ces derniers.a) Ils font remarquer que l'armée bénéficie de permissions qui leur sont refusées à eux-mêmes.Des marins et des officiers n'ont pas eu de permission depuis de longs mois. Ils ont au plus quelques heures lors de leurs brèves escales dans les ports.b) Quand, d'aventure, par suite de réparations à leur navire, leur capitaine prend sur lui de leur accorder 24 heures, ils doivent voyager à plein tarif sur les chemins de fer, quand les troupes des armées de terre et de mer voyagent gratuitement.Sans prétendre au même régime, puisque leur solde est différente, ils aimeraient bénéficier du quart de place accordé en temps de paix aux soldats et marins permissionnaires. Il nous a été cité que des matelots du s.s "Bourgogne", privés de permission régulière depuis 8 mois, avaient dépensé 600 francs de voyage pour aller passer 24 heures en Bretagne tout récemment, pendant que leur navire était en réparations.c) Les mouvements de leurs navires n'étant pas connus à l'avance, il leur est impossible de donner leur adresse à leurs familles.Il en résulte que leur correspondance leur parvient difficilement ou avec de gros retards.Cette situation est un des sujets de mécontentement des plus aigus.Ne serait-il pas possible d'y remédier, sans dévoiler les mouvements des navires, par la création de secteurs postaux, qui devraient évidemment fonctionner de telle sorte que les courriers parviendraient aux navires à leurs escales.Enfin, les hommes, assimilant encore leur rôle à celui des troupes engagées, désirent bénéficier de la franchise postale.Il semble relativement facile de donner satisfaction à ces desiderata qui ne sont pas injustifiés.29.3.1940
1940.04.00.Appareil distributeur d'essence
Plan d'un appareil distributeur d'essence fourni dans le cadre des discussions entre Worms & Cie Bordeaux et le préfet de la Gironde
1940.04.14.A Hypolite Worms.Londres.Rapports de traversées des Caudebec, Normanville, Jumièges, etc.
CopieNB : Voir le PDF pour les rapports de traversées (du 3 mars au 14 avril 1940) des navires Worms "Caudebec", "Normanville" et "Jumièges", ainsi que des "Kerkena" et "Espiguette", qui n'ont pas été retranscrits. 3 avril 1940Les retards constatés, soulignés en rouge, sont des retards qui, a priori semblent pouvoir être évités ou diminués.Au contraire, les autres, comme par exemple celui qui est nécessaire pour couler des mines, ne peuvent pas être considérés comme devant disparaître en prenant d'autres mesures.
1940.04.15.De Robert Labbé.Londres.A Joseph R. Denis.Paris.Original
Document originalMinistry of ShippingBerkeley Square House Berkeley Square W.1.15 avril 1940Cher Monsieur Denis,Au cours des négociations avec le Ministry of Shipping, en vue de répartir l'ensemble des flottes alliées entre la France et l'Angleterre, proportionnellement à leurs programmes d'importations par mer, nous avons demandé que des espaces nous soient réservés, d'une manière permanente, sur les liners britanniques réunissant les possessions du Royaume-Uni et la France, dans le cas où il n'existe pas de lignes françaises desservant ces régions.En répondant favorablement à notre demande, le Ministry of Shipping nous a également informé qu'il allait nous aider sur la ligne de Madagascar. Je crois utile de vous donner ci-dessous l'extrait du mémorandum que nous avons reçu, et qui traite de cette question particulière.« Madagascar.J'ai pris aujourd'hui des dispositions pour que le s.s. "Gaelic Star" qui va, dans peu de temps, charger 2.000 tonnes de viande pour la France à Majunga, complète son chargement à Madagascar avec des marchandises uniquement à destination de la France. Il a de la place disponible pour environ 2.000 tonnes de cargaison supplémentaires, et chargera à Madagascar des peaux, du suif, des viandes en conserve, et des engrais.J'ai précisé à la Blue Star Line qu'ils ne pourraient compléter le chargement de leurs navires au départ de Madagascar que dans la mesure où aucune objection ne serait soulevée par la ligne française qui, en temps de paix, a des droits en ce qui concerne les marchandises à destination de la France, en accord avec la Clan Line, qui charge pour le Royaume-Uni. »Monsieur Worms a donné son accord à cette formule. Je compte préciser au représentant qualifié du Ministry of Shipping, lors des conversations subséquentes que j'aurai avec lui, qu'un tel arrangement n'est valable qu'eu égard aux circonstances exceptionnelles que nous traversons.Si vous avez quelques observations à formuler à ce sujet, faites-les-moi connaître.Veuillez croire, cher Monsieur Denis, à l'assurance de mes sentiments très cordiaux.Robert Labbé
1940.04.15.Des Services bancaires.A Joseph R. Denis.Paris
CopieService bancairesNote pour Monsieur DenisLe renouvellement du visa diplomatique sur le passeport de Madame Worms nous est demandé aujourd'hui.Pour l'obtenir, il serait nécessaire de présenter, le plus tôt possible, une demande de visa établie en quatre exemplaires par la Marine marchande, en faveur de Madame Worms qui rejoint son mari en mission officielle à Londres.15/4/40
1940.04.19.A Robert Labbé.Londres.Note
CopieParis, le 19 avril 1940Cher Monsieur Labbé,Je m'excuse de n'avoir pu répondre hier à votre lettre du 15 avril.Depuis ce moment, j'ai reçu copie de celle que Monsieur H. Worms a adressée au ministre. Je crois qu'il n'y a aucun inconvénient à ce que "Gaelic Star", qui prend 3.000 T de viandes à Majunga, à destination de la France, charge pour se compléter, 3.000 T de peaux, de suif, de viande en conserves et d'engrais.Sans doute, il eut mieux valu qu'il prit du manioc à Nossi-Bé, car, pour le moment, c'est ce qui est le plus gênant, mais il n'y a aucun inconvénient grave à ce qu'il prenne autre chose.Voici un aperçu de la situation à Madagascar et à la Réunion.D'après nos informations, les Messageries maritimes et Nochap ont laissé en arrière fin mars 65.000 m3, ce qui représente un volume de 6 unités du type de "Ville-de-Majunga". Or, ont été affrétés en time-charter, deux bateaux grecs, et au voyage, 4 autres navires grecs, ce qui donne, à très peu de choses près, soit en plus soit en moins, le volume en retard.Mais :- sur les six bateaux grecs précités,"Niritos" a été victime d'un accident en mer du Nord et se trouve immobilisé pour de longs mois,-"Yiannis", dont la gérance est à Nochap, n'a qu'une faible capacité cubique,- les 4 bateaux grecs ne pourront pas prendre de marchandises pour les "au-delà" de Marseille, de sorte qu'on risquait, sans l'aide du "Gaelic Star", de ne pas pouvoir faire face aux besoins des ports de l'Atlantique et de la Manche,- la capacité de nos navires est presque toujours diminuée de celle de l'entrepont, car le ministre des Colonies demande que des travailleurs indigènes ou des troupes (de 800 à 1300 par unité) soient embarqués sur chacune des unités Messageries Maritimes et Nochap. Cette mesure diminue le volume utilisable pour la marchandise, de quart environ,- le tonnage régulier est encore diminué du fait que fréquemment il y a priorité pour les marchandises que le ministère de l'Armement fait charger ailleurs qu'à Madagascar. C'est ainsi que "Bourbonnais" n'a pris que 500 tonnes à la Grande Ile et s'est rendu à Mombasa pour y prendre 3.339 tonnes de coton, à destination du Havre,- "Ville de Majunga", qui vient d'arriver au Havre, de l'Océan Indien, a été réquisitionné avec son équipage et Dieu seul sait pour combien de temps.Mais ce qu'il y a de plus grave, c'est que la campagne des maïs va commencer le mois prochain et je ne vois pas, malgré les avis qui ont été donnés au service navigation de la sous-direction Exploitation, que l'on se soit préoccupé de ce problème.Enfin, si par hasard, ce qui me paraît absolument impossible, une des unités de la Havraise n'était pas absolument remplie à la Réunion et à Madagascar, pour la France, elle trouverait à Port-Soudan tout ce qu'il faudrait pour la compléter : ce serait évidemment un pis-aller.Etant donné qu'on vit ici, du moins depuis le début, un peu au jour le jour, et que dès que le retard paraît être sur le point d'être rattrapé quelque part, on le laisse se reconstituer, je crois que d'ici longtemps il y aura tout intérêt pour le pays, sans aucun inconvénient pour Nochap, à ce que, les liners anglais qui viennent à Madagascar, ou dans la région, prennent des "parcels" pour la France.Veuillez agréer, Cher Monsieur Labbé, l'assurance de mes sentiments cordiaux et dévoués.
1940.04.24.De Pechelbronn.Assemblée générale ordinaire.Rapport annuel - exercice 1939
Pechelbronn
Société anonyme d’exploitations minières
Capital 81 000 000 de francs
Siège social à Merkwiller-Pechelbronn (Bas Rhin)
Direction générale à Strasbourg. 32, allée de la Robertsau et provisoirement à Paris, 4, rue Roussel
Exercice 1939
Assemblée générale ordinaire du 24 avril 1940
Conseil d’administration
MM. Dollfus Emile, président
De Peyerimhoff Henri, vice-président.
De Leusse comte Jean, vice-président.
Le Gorrec Yves, secrétaire.
Damour Henry.
Deramond Pierre.
Ehrhardt Roger.
Grandclement André.
Hirsch Jean-Guillaume.
Jaudon Pierre.
Kapferer Marcel.
Mieg Marcel.
Parent Pierre.
Pellissier André.
Schlumberger Nicolas.
Stouvenot Achille.
Wenger Léon.
Direction
MM. Pellissier André, administrateur-directeur général
Ferraud Marc, directeur général adjoint.
Mena Jean, directeur des mines et usines.
Bertaux Marcel, secrétaire général.
Commissaires aux comptes
MM. P.F Gelas, commissaire agréé.
J. Muller, commissaire agréé.
Allocution de M. le président
Messieurs,
Les rapports qui vont être lus vous feront connaître l’activité de votre société au cours des huit derniers mois de paix.
Les résultats très intéressants qui vont vous être exposés ont permis à votre conseil de continuer des amortissements industriels importants.
Ceux-ci s’ajoutant à ceux qui avaient été effectués dans les derniers exercices consolident la position de votre société et de son groupe.
La position géographique excentrée de l’exploitation principale du groupe comportait une menace pour la stabilité de vos capitaux en cas de conflit.
Votre conseil s’est donc efforcé de répartir l’action de votre société sur l’ensemble du pays. Cette politique a exigé des investissements importants et, par voie de conséquence, la nécessité d’amortissements.
Vous avez donc gagné une stabilité accrue de votre actif et il vous est possible de contribuer à la Défense nationale à la place qui vous est assignée.
L’ouverture du conflit a changé brusquement les conditions de votre activité qui a dû s’adapter à une économie de guerre.
Le problème de l’approvisionnement, et singulièrement celui du pétrole et de ses dérivés, a pris une importance capitale pour les belligérants.
Quelle que privilégiée que soit à cet égard la situation des alliés, les circonstances exigent de tous l’effort de production maximum.
Pour sa part, notre société a mis en œuvre toutes ses ressources pour contribuer à satisfaire les besoins du pays. Les événements ne l’ont pas prise au dépourvu. Bien avant le déclenchement des hostilités et en dépit de la situation particulièrement exposée de vos exploitations, des mesures avaient, en effet, été étudiées en accord avec les pouvoirs publics pour sauvegarder une production qui procure au pays une économie de devises de près de cent millions de francs.
Vos départements commerciaux et La Société alsacienne des carburants ont pu évacuer leurs produits des zones frontières et se réorganiser à l’intérieur avec l’aide que lui ont apportée vos autres filiales.
Vos services techniques ont assuré le maintien de la production malgré les difficultés inhérentes aux circonstances actuelles, et se préoccupent de transférer, s’il y a lieu, la fabrication dans une usine amie ; ils ont mis, en outre, à la disposition de la direction des carburants un matériel rotary à grande puissance et des sondeurs expérimentés.
Dans le domaine si important des essences-aviation, votre société s’est adonnée à des recherches depuis plusieurs années, en vue d’obtenir des carburants nationaux ; elle espère trouver dans cette voie une extension intéressante de son champ d’activité.
L’appel aux armées a privé vos services du concours de collaborateurs de tous ordres ; votre conseil a apporté aux mobilisés qui supportent la part la plus lourde du fardeau commun toute l’aide qu’il lui était possible d’accorder. Le personnel qui est resté en place, et dont la tâche a été accrue, a répondu avec un complet dévouement aux efforts qui lui ont été demandés.
Tous servent avec l’entière confiance que nous gardons dans les destinées du pays.
Rapport du conseil d’administration
Messieurs,
L’assemblée générale extraordinaire que vous avez tenue le 21 février dernier a décidé de clore l’exercice 1939 au 31 août.
Conformément à l’article 29 de nos statuts, nous venons vous rendre compte de notre gestion durant cette période de huit mois et soumettre à votre approbation le bilan ainsi que les comptes arrêtés au 31 août 1939.
Au cours de cet exercice, caractérisé par l’influence qu’a exercé une paix précaire, les efforts de réarmement ont animé dans une certaine mesure l’économie mondiale que les craintes persistantes d’un conflit européen tendaient à déprimer. Une amélioration s’est produite, de ce fait, dans l’activité de plusieurs compartiments au nombre desquels figure l’industrie du pétrole.
La consommation des produits pétroliers aux Etats-Unis d’Amérique, principal marché du monde, a subi un fort accroissement.
L’accumulation, poussée par plusieurs états, des stocks pétroliers de réserve a également contribué à une expansion de la demande d’huiles minérales ; les importations en Europe ont été supérieures de 5 % à celles de la période correspondante de 1938. Enfin, on a enregistré une augmentation de 6 % du nombre des navires propulsés au pétrole.
Mais l’accroissement de la demande dû à ces facteurs favorables a été dépassé par celui de la production.
Le tonnage mondial d’huile brute produit au cours des huit premiers mois de l’année 1939 est supérieur de 5 % à celui de la période correspondante de l’année 1938 ; il dépasse de 1 % la production record de l’année 1937 ; l’augmentation est cependant moins forte aux Etats-Unis où des mesures draconiennes ont été prises au mois d’août 1939 pour limiter la production de plusieurs Etats.
La capacité des raffineries s’est encore développée. Elle s’est élevée à environ 370 000 000 de tonnes dépassant de plus de 30 % la production d’huile brute. Un agrandissement de capacité des raffineries a été réalisé, en particulier, pour tirer parti des procédés nouveaux, tels que ceux qui sont appliqués à la fabrication des essences-aviation. Cette évolution a eu pour conséquence une surproduction très considérable des produits finis.
Malgré le déséquilibre entre l’offre et la demande, les prix de vente sont restés sensiblement inchangés pour l’huile brute comme pour les produits finis.
En France, on n’enregistre qu’un léger accroissement des importations par rapport aux huit premiers mois de 1938, alors que la différence est très importante en Allemagne. La consommation a marqué également une augmentation modérée.
L’organisation intérieure du marché a été troublée au cours des derniers mois de l’exercice ; les prix de vente ont subi l’influence d’une concurrence plus sévère.
Les Sociétés pétrolières françaises ont encore vu leurs charges s’accroître à la suite de mesures qui ont été édictées pour aménager la sécurité des stocks.
Les frets qui avaient subi une régression importante au cours du deuxième semestre 1938, ont encore baissé pendant les premiers mois de l’exercice, puis ont marqué une tendance à un relèvement.
La production de notre gisement d’Alsace s’est maintenue sensiblement au niveau ; de l’année précédente.
L’emploi plus étendu du matériel Rotary et les progrès de la technique du forage ont permis d’atteindre d’excellents rendements et de pousser activement les travaux.
L’importation a fourni, comme précédemment, l’appoint nécessaire à la marche- normale des diverses stations de l’usine.
Les tonnages vendus par vos services commerciaux ont accusé une nette augmentation.
Nos accords de 1937 avec les pouvoirs publics relatifs à l’appui que nous devons apporter aux recherches de pétrole et à l’obtention de carburants nationaux, ont fait place en juillet 1939 à une nouvelle convention qui limite l’importance de cet appui à une part déterminée des superbénéfices annuels de l’exploitation des biens amodiés par l’état. Aux termes de cette nouvelle convention, en 1939 et dans les années qui suivront, ce- prélèvement sur les superbénéfices de Pechelbronn SAEM servira à développer les installations de l’exploitation des schistes de Saône-et-Loire, ainsi qu’à nos propres recherches de pétrole.
Votre conseil, après une étude approfondie, aussi bien technique que financière et contentieuse des résultats possibles de cette nouvelle orientation, a accepté, répondant à la demande nettement exprimée de M. le Ministre des travaux publics, de prendre le contrôle de la Société lyonnaise des schistes bitumineux.
Cette opération, effectuée par le rachat d’actions détenues par un groupe industriel étranger à l’industrie du pétrole, nous donne dans cette société une situation largement, majoritaire.
Toujours en exécution de ces accords, des travaux de recherches, dont le profit resterait acquis à notre Société, ont été commencés avec une sondeuse Rotary à grande puissance.
L’activité de votre filiale Pechelbronn-ouest s’est développée dans de très bonnes conditions. Les tonnages traités et vendus sont en augmentation sensible et les résultats de l’exercice font apparaître un bénéfice substantiel.
La Société alsacienne des carburants clôt l’exercice avec des résultats très satisfaisants.
La Société française des pétroles, essences et naphtes a poursuivi l’assainissement de sa situation ; grâce aux mesures prises, l’exercice est bénéficiaire.
Le volume des ventes de la Société des huiles Antar s’est accru dans de fortes proportions. Les résultats financiers sont en nouvelle progression.
Nous avons continué à utiliser les facilités de stockage que nous offre pour nos importations la Société franco-belge d’entreposage de pétrole. Nos transports sur le Rhin ont été assurés dans des conditions normales.
Le bilan et le compte des profits et pertes vous est présenté sous la même contexture que lors de la dernière assemblée générale.
Les stocks restent évalués au prix de revient tant pour les produits bruts que pour les demi-finis et les produits terminés.
Il nous a encore paru nécessaire d’accélérer les amortissements industriels.
Le prix d’amodiation de la mine et des Industries annexes n’avait été, jusqu’à présent, amortissais ’à raison de 1/99 par exercice. Nous avons cru devoir le rendre plus rapide et nous avons porté à cet effet un amortissement supplémentaire de 400 000 francs pour le présent exercice.
Nous vous présentons par ailleurs le bilan et le compte de profits et pertes.
Nous avons estimé devoir utiliser les facilités ouvertes par le Décret du 13 février 1939 et nous avons affecté la somme de Frs 100 000, à un nouveau poste du passif intitulé « Fonds de renouvellement de l’outillage et du matériel anciens ».
Le bénéfice disponible, après déduction des charges administratives, fiscales, financières et commerciales, ainsi que des amortissements industriels, s’élève à un total de Fr 5.583.022,31 que nous vous proposons de répartir comme suit :
Réserve légal 5 % : Fr 279.151,11
Amortissements statutaires du capital social Fr 100.000 : Fr 379.151,11
= 5.203.871,20
Intérêt statutaire de 6 % sur 81.000.000, à valoir sur huit mois soit 20 Fr brut par action : Fr 3.240.000
= Fr 1.963.871,20
10 % sur Frs 1.963.871,20 au Conseil d’administration Fr 196.387,12
10 % sur Frs 1.963.871,20 au profit du personnel Fr 196.387,12 : Fr 392.774,24
Solde : Fr 1.571.096,96
auquel s’ajoute le
report de l’exercice 1938 : Fr 51.374,19
Total à la disposition de l’assemblée générale : Fr 1.622.471,15
Dividende complémentaire de 2 % par action, soit 10 Fr brut : Fr 1.620.000
Et nous vous proposons le report à nouveau de : Fr 2.471,15.
Si vous approuvez cette répartition, les actionnaires toucheront un premier intérêt-dividende de 6 % calculé sur huit mois, soit par action 20 Fr auquel s’ajoutera un dividende complémentaire de 2 %, soit 10 Fr par action, au total 30 Fr brut représentant, après déduction de l’impôt y afférent, 24 Fr 60 net pour les actionnaires personnes physiques, et 21 Fr 90 net pour les actionnaires personnes morales, non assujetties à l’impôt général sur le revenu.
Ce dividende sera payable à partir du 1er juin 1940 aux porteurs des certificats d’inscription d’actions, sur la présentation de ces certificats qui seront revêtus d’une mention constatant le paiement, soit :
à la Caisse de notre société, 38, rue de Bel-air à Angers,
soit aux guichets des banques ci-après désignées :
Société générale alsacienne de banque,
Crédit industriel d’Alsace et de Lorraine,
Banque de Strasbourg,
Banque nationale pour le commerce et l’industrie,
Crédit commercial de France,
Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l’industrie en France,
Union des mines,
ainsi que dans les succursales et agences de ces établissements.
Par application de l’article 34 de la loi du 24 juillet 1867, M. le commissaire vous rendra compte des marchés et entreprises passés au cours de l’exercice écoulé avec nos filiales et avec les sociétés ayant avec la nôtre des administrateurs communs. Nous vous demandons de renouveler en tant que de besoin aux membres du conseil d’administration l’autorisation prévue à cet égard par l’article 40 de la susdite loi et l’article 26 des statuts.
Deux de vos administrateurs désignés par tirage au sort voient leur mandat arriver à expiration :
M. Marcel Kapferer et Nicolas Schlumberger.
Ces administrateurs sont rééligibles pour une nouvelle période de six ans, et nous les proposons à vos suffrages.
Rapport du commissaire aux comptes
Messieurs,
En exécution du mandat de commissaire aux comptes que vous avez bien voulu nous renouveler lors de votre assemblée générale ordinaire tenue le 22 juin 1938, nous avons procédé à la vérification des comptes de l’exercice 1939.
Nous avons l’honneur de vous rendre compte de l’accomplissement de ce mandat.
Conformément à la résolution prise lors de votre assemblée générale extraordinaire tenue le 21 février 1940, votre conseil d’administration vous présente un bilan arrêté à la date du 31 août 1939.
L’Inventaire, le bilan et le compte de profits et pertes qui vous sont soumis ont été mis à notre disposition dans le délai légal et tous les livres, documents et pièces utiles à l’exercice de notre mission nous ont été communiqués par vos services.
Le bilan et le compte de profits et pertes ont été établis d’après les mêmes bases d’évaluation que celles des exercices précédents. Par contre, ces deux documents ont subi une légère modification dans leur forme de présentation : au Passif du bilan apparaît, pour un montant de Frs. 100 000, un nouveau poste intitulé « Fonds de Renouvellement -de l’outillage et du matériel anciens », qui a pour contrepartie un poste de même montant au débit du compte de profits et pertes. Ces modifications résultent de l’utilisation, par votre conseil d’administration, de la faculté de constituer une réserve spéciale que lui donnait le décret-loi du 13 février 1939. Vous avez à approuver expressément ces changements, ce que nous vous conseillons de faire sans réserve.
Les différents postes du bilan au 31 août 1939 se présentent comme suit :
Actif
Immobilisations
Amodiation de la mine et des industries annexes
Annuités antérieures (18/99e de 41.000.000 Fr) fr 7.454.545,38
Annuités de 1939 : Fr 414.141,41
Supplément d’annuité pour rendre plus rapide l’amortissement de ce poste : Fr 400.000
= 8.268.68,79
Reste 32.731.313,21
Fr 41.000.000
Travaux complémentaires
Les dépenses faites pendant les huit premiers mois de 1939 pour travaux complémentaires se montent à Fr 2.924.389,91
Ce qui porte leur total, qui était à fin 1938 de Fr 187.314.03,50
à Fr 190.238.993,41
Ce total se réduit :
Des amortissements antérieurs soir Fr 147.482.099,74
Des amortissements de 1939 Fr 12.702.062,29
Du produit de réalisation d’immeubles et de biens meubles amodiés conformément à l’article 7 du contrat d’amodiation, s’élevant pour les exercices antérieurs à Fr 1.043.570,20
Et à Fr 7.768,80 : 161.235.501,03
Pour l’exercice 1939.
Le solde net ressort donc à Fr 29.003.492.38
29.003.492,38
Approvisionnements et marchandises
Contre, en 1938 : Fr 68.451.262,52
En diminution de Fr 2.546.624,71
Les approvisionnements ont diminué de Fr 816.670,53
Les marchandises en stock de : Fr 1.729.954,18
Les évaluations des stocks sont établies avec la même prudence que précédemment.
Fr 65.904.637,81
Participations
Contre, en 1938 : Fr 42.433.316,65
En augmentation de Fr 2.440.715,19
La somme de 44.874.031,84 Fr représente le montant réellement versé sur les participations, amortissements déduits. Elle ne tient pas compte des versements de libération éventuelle sur certains titres.
Fr 44.874.031,84
Disponibilités et débiteurs
Contre, en 1938 Fr 71.191.355,29
En augmentation de Fr 14.621.933,96
Fr 85.813.289,25
Total de l’actif
Fr 258.326.764,49
Cautions Fr 139.071.385,35
Ces cautions se rapportent, comme les exercices précédents, pour la plus grande partie à des engagements pris au 31 août 1939 par la société, soit directement en faveur des sociétés du groupe, soit en faveur des banques cautionnant des sociétés du groupe et principalement vis-à-vis de l’administration des douanes pour paiement de droits et taxes
Passif
Capital social
Fr 81.000.000
Obligations 5 %
En diminution de Fr 1.451.000
Par suite du rachat en bourse de 1.451 titres
Fr 41.854.000
Obligations 5 ½ %
Sans changement, l’échéance de remboursement étant fixée au 1er décembre de chaque année
Fr 25.607.000
Obligations 6 ½ %
Dont le remboursement n’a pas été réclamé
Fr 3.500
Réserves
Contre, en 1938
En augmentation de Fr 1.600.946,19
Suivant décision de votre assemblée générale du 21 juin 1939, la réserve pour renouvellement de matériel a été portée de Fr 800.000 à Fr 1.800.000
Fr 14.431.798,94
Fonds de renouvellement de l’outillage et du matériel anciens
Dont la création a été décidée par votre Conseil d’administration, par application des prescriptions du décret-loi du 13 février 1939
Fr 100.000
Fonds de prévoyance et de secours en faveur du personnel
Fr 3.286.169,62
Créditeurs divers
Contre, en 1938 Fr 81.907.748,64
En augmentation de Fr 4.502.15,79
Fr 86.409.899,43
Cautions Fr 139.071.385,35
Profits et pertes
Le bilan fait ressortir un bénéfice brut de Fr 19.199.226,01
Les amortissements 1939 et le fonds de renouvellement de l’outillage et du matériel anciens ont absorbé Fr 13.616.203,70
Le bénéfice net de l’exercice 1939 s’établit à Fr 5.583.022,31
Auquel s’ajoute le report de 1938 de Fr 51.374,19
Ce qui porte le solde bénéficiaire à Fr
5.634.396,50
Total du passif
Fr 258.326.764,49
Votre Conseil vous propose de répartir ce solde bénéficiaire comme suit :
Bénéfice net de l’exercice 1939 : Fr 5.583.022,31
à déduire :
Réserve légale : Fr 279.151,11
Amortissement statutaire du capital social : Fr 100.000
Intérêt statutaire de 6 % sur 81.000.000 Fr à valoir sur 8 mois, soit 20 Fr bruts par action : Fr 3.240.000 = 3.619.151,11
Solde : Fr 1.963.871,20
à reporter : Fr 1.963.871,20
Sur ce solde sont à déduire :
10 % au Conseil d’administration : Fr 196.387,12
10 % au profit du personnel : Fr 196.387,12 : 392.774,24
Ce qui laissera un solde de : Fr 1.571.096,96
Auquel s’ajoute le report de 1938 de : Fr 51.374,19
Portant ainsi la somme disponible à : Fr 1.622.471,15
De ce disponible un dividende complémentaire de 2 %, soit 10 Fr bruts par action absorbera : Fr 1.620.000
Le solde définitif de : Fr 2.471,15
Étant reporté à nouveau.
Cette répartition est conforme aux prescriptions de l’art. 41 de vos statuts.
Par ailleurs, nous vous signalons que nous avons vérifié et trouvé conformes à nos constatations les renseignements d’ordre comptable contenus dans le rapport de votre conseil d’administration.
Les investigations auxquelles nous avons procédé n’ayant révélé ni erreur, ni omission dans les comptes, nous pouvons conclure à la correction de ces derniers : nous vous engageons donc à approuver les comptes tels qu’ils vous sont présentés, ainsi que la répartition du bénéfice telle qu’elle vous est proposée par votre conseil d’administration.
Angers, le 28 mars 1940.
Le commissaire aux comptes :
F. Gelas.
Rapport spécial du commissaire aux comptes sur les opérations visées par l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867
Messieurs,
Lors de votre assemblée générale ordinaire du 21 juin 1939, vous avez autorisé vos administrateurs à prendre ou à conserver un intérêt direct ou indirect dans des entreprises ou marchés faits avec la société ou pour son compte.
Conformément aux prescriptions de l’article 34 de la loi du 24 juillet 1867, nous avons examiné les opérations visées par l’article 40 de cette loi.
Elles peuvent être rangées dans les catégories suivantes :
achats de fueloils et gasoils ;
ventes d’essences, carburants, gasoils, fueloils, pétroles, huiles d’autos, huiles industrielles ;
location de réservoirs pour l’entreposage de l’huile brute ;
transport d’huile brute, de gasoil et de fueloil ;
baux d’immeubles ;
cautions ;
opérations courantes de banque, opérations diverses en compte-courant.
Ces opérations, qui rentrent dans le cadre de l’activité de votre société, ont été effectuées à des conditions normales et aux prix du marché et ne comportent, de notre part, aucune observation particulière.
Angers, le 28 mars 1940.
Le commissaire aux comptes :
F. Gelas.
Rapport spécial sur les assemblées générales
Messieurs,
En conformité de l’article 16 du décret-loi du 29 novembre 1939 (J. Off. du 17-12-1939), j’ai l’honneur de vous rendre compte que votre société a, dans son assemblée générale extraordinaire du 21 février 1940, décidé de fixer, à titre exceptionnel, à 8 mois, soit du 1er janvier au 31 août 1939, la durée de l’exercice 1939, et à 16 mois, soit du 1er septembre 1939 au 31 décembre 1940, la durée de l’exercice 1939-40.
Elle a, en outre, déterminé le délai exceptionnel dans lequel devait être réunie l’assemblée générale ordinaire chargée de statuer sur les comptes de l’exercice 1939.
Les résolutions votées par cette assemblée, à laquelle j’ai assisté, étaient motivées par la législation spéciale relative aux bénéfices de guerre.
Elles étaient particulièrement justifiées, et je n’ai aucune observation spéciale à présenter, tant en ce qui les concerne, qu’en ce qui concerne la tenue de l’assemblée.
Angers, le 28 mars 1940.
Le commissaire aux comptes :
F. Gelas.
[Suivent les tableaux « Bilan au 31 août 1939 » et « Compte de profits et pertes au 31 août 1939 »]
Résolutions adoptées
Première résolution
L’assemblée générale, après avoir entendu le rapport du conseil d’administration et ceux du commissaire,
1° approuve le rapport du conseil dans toutes ses parties, les comptes et le bilan arrêtés au 31 août 1939, tels qu’ils lui ont été présentés et, en ce qui concerne la contexture du bilan, les remarques sur lesquelles le commissaire aux comptes a appelé l’attention de l’assemblée.
2° donne aux administrateurs quitus de leur gestion pour l’exercice s’arrêtant au 31 août 1939.
Deuxième résolution
L’assemblée générale approuve la répartition des bénéfices telle qu’elle est proposée par le conseil d’administration. Elle fixe en conséquence l’intérêt-dividende pour l’exercice 1939 à 30 francs brut par action.
L’intérêt-dividende sera payé à partir du 1er juin 1940 aux porteurs des certificats d’inscription d’actions sur la présentation de ces certificats qui seront revêtus d’une mention constatant le paiement, soit :
à la caisse de la société, 38, rue de Bel-Air à Angers, soit aux guichets des banques ci-après désignées :
Société générale alsacienne de banque,
Crédit Industriel d’alsace et de lorraine,
Banque de Strasbourg,
Banque nationale pour le commerce et l’industrie,
Crédit commercial de France,
Société générale pour favoriser le développement du commerce et de l’Industrie en France,
Union des mines, ainsi que dans les succursales et agences de ces établissements.
Troisième résolution
L’assemblée générale donne acte au conseil d’administration de ce qu’il lui a été rendu compte par le commissaire des marchés et entreprises conclus entre Pechelbronn, Société anonyme d’exploitations minières, et les sociétés avec lesquelles elle a des administrateurs communs, ratifie purement et simplement lesdits marchés et entreprises et renouvelle, en tant que de besoin, aux membres du conseil d’administration, l’autorisation prévue à cet égard par l’article 40 de la loi du 24 juillet 1867 et l’article 26 des statuts.
Quatrième résolution
L’assemblée générale réélit comme administrateurs pour une nouvelle période de 6 ans :
MM. Marcel Kapferer et Nicolas Schlumberger.
1940.04.25.De J.R. Denis.A L. Vignet.Note
Paris, le 25 avril 1940
Note pour M. L. Vignet
Une conversation que je viens d’avoir avec M. Ribeyre me montre qu’il y a un malentendu à propos de la société pour laquelle M. Lecreux vous a demandé s’il y avait lieu de payer ou non une cotisation, au prorata des salaires.
J’avais cru qu’il s’agissait de la confédération patronale Girondine, créée il y a quelques années sur l’initiative de la Confédération générale du patronat.
Et c’est à son sujet que je vous ai répondu que Ribeyre ayant appris que les Chargeurs réunis ne payaient que 1 000 F par an, au lieu d’un pourcentage sur les salaires de la main-d’œuvre, avait imité cette économique manière.
Tout cela est bien exact mais il paraît que l’organisme qui a sollicité M. Lecreux est l’Union interprofessionnelle du sud-ouest. C’est un groupement à tendances nettement politiques et personnelles, auquel nous n’avons jamais versé directement de subsides. Il n’y a donc aucune raison pour commencer.
Je dis "directement" car, à franchement parler, la Fédération maritime payant son obole, ne le fait que par les moyens que lui fournissent ses adhérents, c’est-à-dire nous-mêmes.
1940.04.27.De Worms Bordeaux.Au préfet de Gironde
Déclaration pour l’ouverture d’un établissement de 3ème classe des industries dangereuses, insalubres ou incommodes.
à monsieur le Préfet du département
Monsieur le Préfet,
Suivant les prescriptions des circulaires ministérielles du 20 avril 1926 et du 8 décembre 1930, (ministère du commerce et de l’industrie direction des affaires commerciales et industrielles),
j’ai l’honneur de porter à votre connaissance que je me propose d’installer dans la propriété que j’occupe à Bassens (Gironde) un réservoir souterrain destiné à l’emmagasinage et à la distribution des carburants.
Ce réservoir sera d’une contenance de 3.000 litres et remplira les conditions exigées par les lettres circulaires rappelées ci-dessus, ainsi que celles de l’arrêté du 1er Janvier 1932.
Il n’y aura aucune eau résiduaire.
Vous priant de bien vouloir me donner récépissé de la présente.
Je vous prie d’agréer, monsieur le Préfet, l’assurance de ma considération très distinguée.-
Le 27 avril 1940.
P. Pon Worms & Cie
1940.05.00.De (Reu...).Paris.A Hypolite Worms.Londres.Original
Document originalNB : Lettre dont la signature est indéchiffrable, datée de mai 1940 et classée après le 25 de ce mois en raison de la référence faite au transfert récent des bureaux parisiens de la Maison à Nantes. Mai 194044, avenue d'Iéna (16e)Mon cher ami,Si vous aviez été à Paris depuis longtemps je serais allé vous entretenir de la question faisant l'objet de cette lettre.Ce matin, j'avais pensé aller en parler avec M. Denis, mais j'ai appris par [Delapalue] que vos bureaux venaient d'être transférés à Nantes, je crois.Vous vous souviendrez que, dans une précédente correspondance, j'avais attiré votre attention sur ce qu'il convenait, dans l'intérêt commun, de couvrir auprès des mêmes assureurs, les risques de guerre et les risques ordinaires de navigation, ces derniers étant du fait même de la guerre très aggravés. Depuis lors, les circonstances ont confirmé par des faits précis les arguments que j'invoquais.Je vous citerai parmi beaucoup d'autres quatre exemples qui vous concernent particulièrement.Le "Vendée", somme assurée F 236.500, dont l'accident est dû à l'aggravation certaine des dangers de la navigation, bien que n'ayons pas invoqué cette circonstance parce que, au moment du sinistre, avait quitté son convoi. Seule la science du capitaine peut être discutée, mais le "Vendée" naviguait en convoi !Pour le "Picardie", assuré pour F 225.000, la situation est différente. Là une expertise est en cours, à Oran, et si elle n'est pas probante, je me demande comment l'armateur pourra justifier sa demande, soit à l'égard des assureurs risques ordinaires, soit à l'égard des assureurs risques de guerre, alors qu'aucune difficulté ne fut survenue si les deux catégories de risques avaient été couvertes auprès des mêmes assureurs.Ensuite viennent les cas de deux navires étrangers transportant pour votre compte des cargaisons de charbon.Le "[Maindy Hill]" assuré pour F 497.400 qui fut abordé alors qu'il naviguait en convoi et le "[Giannotis Goumaris]", assuré pour F 805.400 dont je viens d'apprendre l'échouement dans la baie de Cardiff.Pour le second de ces deux sinistres, nous attendons des informations complémentaires avant de prendre une décision, mais pour le "[Maindy Hill]", par contre, il ne me paraît pas possible de le considérer comme un risque ordinaire et je serai obligé de conclure au rejet de la réclamation.Ajoutez à toutes ces raisons d'ordre technique, les résultats industriels obtenus d'une part par les assureurs risques ordinaires et d'autre part par les assureurs risques de guerre et vous comprendrez pourquoi je me sens obligé d'insister à nouveau pour obtenir que le Groupement des importateurs de charbons fasse couvrir les risques de guerre par les mêmes assureurs que ceux qui les garantissent contre les risques ordinaires de la navigation. Il m'est d'autant plus aisé d'insister que les taux d'assurances pratiqués par le marché libre sont les mêmes que ceux pratiqués par la commission.Du reste, c'est ainsi que procèdent les importateurs de métaux, de laines, de sucres, de rhume etc. et seule cette manière de procéder permet de concilier les intérêts des assurés avec ceux des assureurs car l'incertitude quant aux causes des sinistres et le fait que, dans le doute, on les attribue aux risques ordinaires de la navigation (assez souvent) nous incitera nécessairement à ne souscrire à l'avenir des polices que si elles comportent la garantie contre les deux catégories de risques.Et maintenant que vous dire, sinon que hier la Banque de l'Indochine baissait de 1.100 F et que la Bourse d'aujourd'hui enregistre une hausse d'égale importance.C'est toute la situation. Paris et tous ses habitants sont pleins de confiance et laissent aux réfugiés la province.De Magda et moi, toute notre amitié affectueuse.[Reu...]
1940.05.06.De Hypolite Worms.Note.Communication téléphonique
Copie de lettre6 mai 1940(Extrait de la communication téléphonique de M. H. Worms, du 5)1° - Jauge brute supérieure à 1.500 tx.Danois attribués à la Francea) saisis par les Français83.000b) saisis par les Anglais182.000Total égal265.000Les Anglais gardent les 130.000 tx. pris par eux et qui leur restent.Norvégiens attribués à la France141.000Norvégiens attribués à Grande-Bretagne96.000Au total406.000dont 226.000 tx. pour l'Angleterre.2° - Jauge brute inférieure à 1.500 tx.Danois attribués à la France20.000 t. saisis par les FrançaisDanois attribués à la Grande-Bretagne26.000 t. prises anglaisesTotal46.000 t. attribuées aux Anglais.Norvégiens65.000 t. attribuées à la France43.000 t. attribuées à la Grande-Bretagne.
1940.05.14.De Anatole de Monzie - ministre des Travaux publics.A Hypolite Worms.Londres.Original
Document originalMinistère des Travaux publicsLe ministre14.5.40Mon cher ami,Je vous remercie un peu tardivement de votre lettre du 4 et vous félicite des résultats par vous obtenus. Si le rythme escompté s'établit nous pourrons nous en tirer. De toutes manières, nous voilà, grâce à vous, sortis de la période d'incertitudes. Vous avez accompli ce pour quoi Rio et moi vous avions demandé si instamment d'être notre auxiliaire.Tout cordialement votre,De Monzie
1940.05.18.De la Marine nationale - intendance militaire.Cherbourg.A Worms et Cie Le Havre
Copie de lettreCherbourg, le 18 mai 1940MM. Worms & CieLe HavreMarine nationaleDirection de l'intendance militaireMessieurs,J'ai l'honneur de vous rappeler ma lettre du 24 avril 1940 vous demandant de m'adresser dans le plus bref délai possible les propositions de règlement amiable pour le remplacement de votre navire "Barsac" perdu.Si vos propositions tardent à me parvenir, je me verrai dans l'obligation de suspendre l'indemnité de privation de jouissance.Veuillez agréer....Le commissaire de 2° classeChevreuilChef de la section "Réquisitions maritimes et prises"Le commissaire en chef de 2° classeGaillardChef du service des approvisionnements de la flotte
1940.05.20.De Hypolite Worms.Londres.A Joseph R. Denis.Paris.Original
Document originalM. Denis20.5.40Inclus la lettre de [Sibilat] dont je vous ai parlé. Si on ne peut rien faire lorsqu'il s'agit des navires que l'État couvre lui-même contre les risques de guerre, il me semble que l'on doit pouvoir trouver une formule pour les charbons et je voudrais que vous en parliez aussi à Vignet, sans cela nous finirions par ne plus être payés de nos sinistres marchandises. Quand vous aurez le rapport Duret sur Picardie, envoyez-le-moi. Voulez-vous aussi m'envoyer le rapport de l'assemblée générale des Chargeurs réunis, qui, je crois a eu lieu le 6 mai.Amitiés.Hypolite Worms
1940.05.20.Du commandant en chef de l'armée.Au quartier général
CopieOrdonnance concernant la gestion réglée des affaires et l'administration d'entreprises de toutes sortes dans les territoires occupés des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg, et de la France.Ordonnance concernant la gestion des affaires, du 20 mai 1940§ 21° Si une gestion réglée des affaires ou leur administration ne sont pas garanties à cause de l'absence des personnes autorisées ou d'autres raisons de force majeure, les groupes d'armées et les autorités expressément désignées par eux pourront installer pour ces entreprises des administrateurs provisoires. L'installation de l'administrateur provisoire aura lieu par remise d'une nomination à laquelle sera ajoutée une copie de cette ordonnance. L'administrateur provisoire n'a pas le droit de transmettre l'administration provisoire à d'autres personnes.2° Pendant la durée de l'administration provisoire, toutes les attributions du détenteur ou du propriétaire et des personnes ordinairement compétentes pour la suppléance ou pour l'administration seront suspendues.3° Les groupes d'armées ou les autorités désignées par eux devront communiquer, autant que possible, l'installation de l'administrateur provisoire aux personnes mentionnées au 2° al., de même aux autorités chargées de la tenue des livres publics (cadastre, registre de commerce, registre des sociétés coopératives, d'associations, etc.)§ 3.1° L'administrateur provisoire est autorisé à toutes les affaires et actions d'ordre juridique et non juridique relatives à la gestion des entreprises respectives. L'installation comme administrateur provisoire tiendra lieu, dans ces limites, de toute autorisation spéciale exigée par les lois.2° C'est seulement avec l'autorisation expresse et donnée au préalable par le groupe d'armées ou les autorités chargées par lui que :a) l'administrateur provisoire pourra modifier l'objet ou l'état juridique d'une entreprise,b) faire des opérations juridiques qui aboutissent à l'aliénation ou à la liquidation d'une entreprise.§ 6.Cette ordonnance entre en vigueur au moment de sa proclamation.Au Quartier général, le 20 mai 1940.Le commandant en chef de l'Armée.
1940.05.21.Du ministère de la Marine marchande.Paris.A Hypolite Worms.Londres.Ordre de service
Copie de lettre NB : Ce document provient du rapport d'Hypolite Worms, daté du 1er août 1940, dont il constitue l'annexe n°1.Ministère de la Marine marchandeDirection des Transports maritimesParis, le 21 mai 1940Ordre de servicepour Monsieur Hypolite Worms,Chef de la délégation françaiseau Comité exécutif franco-anglais des Transports maritimesDans le cas où les communications téléphoniques seraient coupées entre la Direction des transports maritimes et vos services, je vous autorise à prendre en mon nom toutes décisions rentrant dans le cadre des attributions de la délégation française au Comité exécutif des transports maritimes, notamment en ce qui concerne les questions qui résultent des accords généraux de tonnage interallié et dont la solution ne pourrait souffrir de retard.Notification des décisions ainsi prises devra m'être faite le plus rapidement possible, soit par télégramme chiffré s'il s'agit de décisions importantes, soit par lettre dans les autres cas.Les télégrammes à chiffrer seront remis à l'attaché naval à Londres.J'adresse un ordre analogue à M. Cangardel pour l'autoriser à prendre toutes décisions tendant à assurer, dans les conditions les meilleures, le fonctionnement de la Mission des transports maritimes à Londres et l'exécution des opérations relevant des attributions de ladite Mission.
1940.05.25.De Gabriel Le Roy Ladurie.A Georges F. Doriot.Boston
Copie de lettreMon bien cher Georges,Lorsque [...] te remettra cette lettre, le premier acte du grand drame sera joué. Un miracle est toujours possible mais il vaut mieux raisonner [dans la vie] comme s'il n'y avait pas de miracles. En ces heures terribles - terribles en soi et terribles parce qu'on n'en voit pas la fin - c'est vers toi que ma pensée se tourne - et vers [Edna] pour vous confier ma femme et mes trois gosses. Si la dictature hitlérienne s'établit dans ce pays - et comment empêcher une telle dictature sans tanks et sans avions ? - je préfère voir ceux qui me sont chers périr que condamner à subir le régime des Polonais et des Tchèques. A moins qu'à un moment donné on ne puisse les faire partir sur l'Espagne et de là sur l'Amérique. Georges il n'y aura que toi qui pourras un jour tenter la chose. Je sais que tu le feras avec tous les moyens en ton pouvoir. Si jamais tu réussis, je te confie les miens comme s'ils étaient tiens. Fais-les travailler dur et élève-les en suivant mes idées. Ma belle-sur, Madeleine, pourra prendre la petite Anne. Parmi les fonds que tu [sais] environ 25.000 $ [sont à elles]. En tout cas aucun sacrifice matériel ne devra être négligé.[...] et ses petites sont actuellement aux Sables-d'Olonne, 1, rue [Rapide].Pour les autres affaires, je te rappelle que tu es seul responsable. Donc à toi de veiller sur Ludi et les autres.Parmi les adresses où en cas de tragédie tu pourras t'adresser avec certaines chances, j'ai fait un choix que tu trouveras ci-annexé. A toi de devenir le moment venu le centre de ralliement de tous ces points.Jacques B. et moi allons bien, sommes plus unis que jamais et décidés à avoir un calme et un moral à la hauteur des événements.J'ai vu hier ton père. Il m'a paru bien résolu. Je l'ai réconforté et veillerai sur lui dans la mesure du possible.Fais toutes mes amitiés à Ludi. Transmets-lui de cette lettre ce que tu en croiras convenable.Je vous embrasse, Georges et Edna, avec le meilleur de moi.GabrielAccuse par un câble la bonne réception de cette lettre.
1940.05.25.De Hypolite Worms.Londres.A Joseph R. Denis.Paris.Original
Document originalNote pour M. DenisLe courrier de Paris nous parvient tous les jours avec une régularité mathématique. Mais je n'ai absolument aucune nouvelle du bureau depuis 8 jours. Pourrez-vous me mettre un mot de temps en temps par la Marine marchande pour me dire ce qui se passe. Y a-t-il eu de la casse pour nos flottes à Dunkerque, Boulogne, Dieppe ou Le Havre ? Toute nouvelle me ferait plaisir. Dites la même chose à Vignet.HW
1940.05.25.De Jacques Barnaud.Paris.A Hypolite Worms.Londres.Original
Document originalDimanche 25 mai45, bd Haussmann, ParisMon cher Hypolite,J'ai reçu votre lettre ; elle m'a profondément touché. C'est une grande perte pour moi que nous ne soyons pas à côté l'un de l'autre dans ces circonstances, pour nous étayer l'un l'autre, comme nous savons si bien le faire. Mais il est mieux pour nous tous que vous soyez là où vous êtes.J'ai fait replier sur Nantes la plus grande partie des Services bancaires (environ 75 sur 114 (ou 115 ou 119 ?) personnes, le reste étant mis en congé. De la CHP, environ 18 sur 29. De la SFTP, environ 14 sur 20. La Direction générale charbons a envoyé un échelon sur Bordeaux pour décongestionner Nantes. La DGSM a envoyé un échelon sur Nantes : contrôle en comptabilité - environ 18 personnes - et une autre sur Bordeaux : services techniques et armement.Mais tous les directeurs et principaux chefs de service sont restés sur place, soit à Paris, soit au Havre. Si une situation se stabilisait de façon quelconque, on aviserait à opérer les regroupements de façon plus logique. J'ai envoyé Michel à Bordeaux et à Nantes pour s'occuper des questions de cantonnement.Aucune nouvelle de Dunkerque et de Boulogne. Dieppe fortement endommagé mais sans perte de ce personnel. Rien de particulier au Havre, à Rouen et au Trait.Comment en sommes-nous arrivés là ? Les raisons profondes, vous les connaissez. Vingt années de politique jouissance, de profiteurs, de paresse, de démagogie, de criailleries, de forfanterie, d'indécision en face d'un peuple sacrifiant tout pour le même but, tendu par une volonté de fer dans le même effort. Et les mêmes personnes, chez nous, qui sont responsables de l'impréparation et qui sont responsables de la guerre, les mêmes qui ont été antimilitaristes et bellicistes, et tous les noms vous montent aux lèvres, à vous comme à moi.Les raisons immédiates de la rapidité et de l'ampleur de l'échec ? Sans aucun doute la conception qui nous a fait voler avec trois de nos plus belles armées au secours de la Belgique et de la Hollande, à marches forcées, découvrant nos frontières et nos fortifications, pour rencontrer un ennemi qui avait déjà franchi les fortifications de nos alliés.Les Belges n'avaient pas voulu que nous allions chez eux les premiers. Si nous étions restés sur nos lignes de défense, nous n'aurions pas vu ce que nous voyons.Et maintenant, nous avons l'impression que les Anglais n'ont pas fait l'effort maximum, qu'ils nous ont envoyé des troupes et du matériel en quantité dérisoire - sauf les avions de bombardement, mais pas ceux de chasse - conservant pour la défense de leur sol, sans comprendre que leur sol, c'est le nôtre.Notre ami est magnifique, travaille nuit et jour. Nous avons choisi, pour commandant en chef, le meilleur général. Et qui plus est un des plus beaux Français : il est d'une jeunesse et d'une clarté d'intelligence merveilleuses. Nous ne pouvons plus que nous en remettre à lui et à Dieu.Je vous écrirai de nouveau - pardonnez-moi de ne pas l'avoir fait plus tôt. Bernadette et les enfants sont à Montesquieu. Noisy évacué. Amitiés à Dolly, à Meynial, à Robert et à vous. Très, très affectueusement.[Signature illisible] Jacques Barnaud
1940.05.26.De Gabriel Le Roy Ladurie.A Georges F. Doriot.Boston
Copie de lettre Gabriel Le Roy LadurieParis, le 26 mai 1940Mon cher Georges,Le Capitaine René Gadonneix qui vient d'être nommé attaché militaire adjoint à Washington, te remettra cette lettre.Le capitaine R.G. est très lié avec beaucoup de nos amis communs (Robert Demande, etc.). J'attache personnellement la plus grande importance, non seulement à ce que tu te mettes à sa plus entière disposition, mais à ce que des relations suivies s'établissent entre lui et toi-même.Je compte que tu en agiras à son égard comme tu le ferais avec moi-même.Monsieur Georges Doriot101, Chestnut StreetBoston Mass.
1940.05.26.De Robert Labbé.Londres.A Joseph R. Denis.Paris.Original
Document original26 mai 1940Cher Monsieur Denis,La France va se voir allouer soit à titre définitif, soit à titre provisoire (la question est en suspens, car subordonnée à des discussions d'ordre général) un assez grand nombre de petits caboteurs hollandais, la plupart à moteur.Je vous fais parvenir par pli séparé la copie des lettres ou notes qui ont été rédigées à cet égard ainsi que la liste, ci-incluse, des navires en cause.La question de gérance sera probablement réglée assez rapidement puisque tous seront en France à bref délai pour leurs premiers voyages.Très cordialement vôtre,Robert Labbé