1937.03.15.Note (sans émetteur ni destinataire).Cabotage

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15 mars 1937

Comparaison de l'exploitation des lignes
du cabotage national et du cabotage international
en 1935, 4ème trimestre, d'une part, et en 1936, 4ème trimestre, de l'autre

Le choix des périodes n'a pas été libre car il est imposé par l'impossibilité dans laquelle l'armement se trouve de fournir après le 1er janvier 1937, non seulement des résultats comptables, mais même des résultats extra-comptables.
Au surplus, cette obligation rend la comparaison beaucoup moins éloquente car, depuis le début de l'année, les charges du cabotage - du cabotage national plus encore que l'autre - ont augmenté du fait :
1) de certaines décisions qui ont eu pour conséquence d'augmenter l'effectif de certains navires,
2) de l'application dans les ports de la semaine de 40 heures,
a) car l'augmentation du prix des manutentions diminue d'autant les taux de frets, partant, les recettes nettes,
b) l'augmentation de la durée de rotation diminue le rendement du navire dont les dépenses d'exploitation sont, pour la plupart, proportionnelles au temps, tandis que la même recette s'étend, au contraire sur un délai plus long,
c) par suite de la perte de certains trafics qui, précisément, à cause de la réduction que devrait subir le fret net pour que le prix de quai à quai ou le forfait - seuls comparable aux prix du fer - reste intéressant pour le client, ne peuvent pas être recherchés, n'étant plus rémunérateurs,
3) l'augmentation des prix des denrées, des matières, etc., n'a cessé de se poursuivre depuis le 1er janvier 1937, et ce :
a) par suite de l'alignement monétaire dont l'effet ne s'est produit que progressivement, dans le temps,
b) à cause des augmentations des salaires, dans beaucoup d'industries, qui ont été substantielles depuis trois mois,
c) par suite enfin de l'application, dans les ports, de la semaine de 40 heures, dans ces mêmes industries,
4) l'augmentation des salaires des inscrits 11%, etc.
On trouvera, in-fine, un tableau des incidences probables sur les frais d'exploitation.
Il n'eût pas été facile de comparer des voyages identiques, car les circonstances ont fait disparaître presque complètement cette identité qui existait autrefois. Obligé de parer à beaucoup de difficultés simultanées et, la plupart du temps, imprévisibles : grèves à bord, à terre dans les manutentions, nécessité de faire face aux trafics les plus urgents, réparations décriées, retardées, changées, l'armement, en effet, n'a pas pu maintenir les rotations telles qu'elles existaient antérieurement - brûlant certains ports, touchant à d'autres, etc., - de sorte que si l'on prenait des voyages analogues, outre qu'ils ne seraient plus identiques, ils seraient accomplis par des navires différents : c'est pourquoi il a paru plus simple et plus exact de fournir une comparaison entre les exploitations des 4èmes trimestres 1935 et 1936.
Les tableaux qui suivent donnent cette comparaison qui sera suivie des explications désirables sur la manière dont les chiffres ont été choisis.

Cabotage national

Comparaison entre les 4èmes trimestres 1935 et 1936

Dépenses


1935

1936

Armement : personnel

1.441.000

2.255.000

Approvisionnements

70.000

116.000

Réparations

357.000

560.000

Charbons : frais d'opérations dans les ports, débours

1.915.000

2.849.000

Commissions et ristournes

258.000

332.000

Amortissements vapeurs

365.000

390.000

Frais généraux

236.000

338.000


4.957.000

7.201.000

II - Recettes

Frets

4.285.000

5.021.000

III - Tonnages

Tonnes de 1.000 K

100.000

105.000

IV - Augmentation de la différence négative entre I et II


672.000

2.180.000


 

672.000


 

1.508.000

Cabotage international Comparaison entre les 4e trimestres 1935 et 1936

Dépenses


1935

1936

Armement : personnel

1.039.000

1.036.000

Approvisionnements

50.000

53.000

Réparations

367.000

257.000

Charbons ; frais d'opérations dans les ports, débours

1.381.000

1.309.000

Commissions et ristournes

196.000

153.000

Amortissements vapeurs

227.000

170.000

Frais généraux

170.000

155.000


3.320.000

3.133.000

II - Recettes

Frets

3.251.000

3.024.000

III - Tonnages

Tonnes de 1.000 K

72.000

48.000

IV - Augmentation de la différence négative entre I et II


69.000

109.000


 

69.000


 

40.000

Observation relative au tableau ci-dessus

On peut être frappé de ce que les dépenses au cabotage international sont à peu près les mêmes en 1936 qu'en 1935 ; en réalité, ceci tient à ce que les augmentations des durées de rotation sur le secteur cabotage national ont obligé de garder en France, en plus grand nombre ou plus longtemps les navires qui participent au cabotage international : en résumé, le nombre des voyages à l'étranger a diminué.
II convient de souligner, d'ailleurs, que les dépenses du 4ème trimestre 1935, au cabotage international, ont été supportées par 72.000 tonnes, tandis qu'en 1936, elles ne l'ont été que par 48.000 tonnes.
En revanche, les taux de fret ayant pu être relevés, ne serait-ce que par l'alignement monétaire, dans des proportions plus importantes qu'au cabotage national, les recettes, elles aussi sont restées les mêmes malgré la diminution du tonnage, de sorte qu'on arrive sensiblement aux mêmes résultats financiers mais aux dépens de l'activité des transports.
Remarques sur la manière dont ont été établis les tableaux qui précèdent
Les recettes et dépenses de 1935 sont des chiffres comptables ; celles de 1936 sont extra-comptables (en partie) mais serrent, de très près, la réalité.
Pour établir la discrimination entre le cabotage national et le cabotage international - qui n'existait pas dans les écritures - il a été procédé comme suit :
- s'agissant des recettes : extrait de la statistique ;
- s'agissant des dépenses : elles ont été réparties en fonction du tonnage au CI et au CN.

Comparaison de la flotte entre les 4èmes trimestres 1935 et 1936

I - Cabotage national


1935

1936

Dépenses

49,62

68,26

Recettes

42,90

47,55

II - Cabotage international

Dépenses

46,11

64,60

Recettes

45,14

62,36

Tableau des insuffisances d'amortissements pour les années 1931 - 1936 inclus

Années

Amortissements

Amortissements


désirables

pratiqués

1931

2.878.000

2.002.000

1933

2.850.000

2.321.000

1933

2.850.000

2.510.000

1934

3.811.000

2.535.000

1935

2.927.000

2.566.000

1936

2.927.000

2.576.000


17.243.000

14.510.000

Insuffisance : 2.733.000
L'amortissement désirable a été déterminé en prenant une période de 30 ans et le tableau qui précède donne la comparaison entre ce que les amortissements auraient dû être sur la base de 1/20 par an et ce qu'ils ont été par débit de Profits et Pertes.

Exercices

Déficit

Bénéfices

1931

2.416.000


1232


2.388.000

1933

2.645.000


1934

1.993.000


1935

3.680.000


1936

2.555.000


En 1934, le déficit indiqué fait état d'une recette de F 350.000, au titre de la loi Tasso.
En 1935, d'une recette de F 1.192.000, au même titre.
En 1936, d'une recette de F 1.507.000 provenant de la loi Tasso (jauge brute), d'une somme de F 650.000, représentant le montant des avances que l'administration fait sur les factures qui lui sont présentées en exécution de la loi Tasso 1936 (charges sociales) - 40% de l'allocation de la loi Tasso, (jauge brute), mais il n'est pas tenu compte d'une recette éventuelle de F 1.103.000 - différence entre les sommes acquises par le jeu de la loi Tasso (charges sociales) et les avances dont il est parlé au paragraphe précédent, cette somme ne pouvant être encaissée que dans une certaine limite correspondant à celle de F 50.000.000 pour tout l'armement libre, qui est prévu par la loi.
Dans tous les résultats ci-dessus n'entre aucune part aux charges sociales, lesquelles peuvent être évaluées approximativement à F 1.200.000 pour l'armement et par an.
Évaluation des conséquences de certaines charges nouvelles que l'armement aura à subir à partir du 1er janvier 1937
Supplément annuel des frais d'assurances : F 138.000
(augmentation en francs du navire de remplacement )
Réparations (couvertes et annuelles par suite de l'application de la loi Tasso) : F 650.000
Majoration de 11% des salaires des inscrits : F 600.000
Application de la semaine de 40 heures dans les manutentions maritimes (impossible encore à évaluer)


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