1920.05.01.De la Compagnie générale des travaux publics & privés.A Worms & Cie.Note.ACSM

Compagnie générale des travaux publics et privés
1, rue du Cirque - Paris

                                                                         Paris le 31 mai 1920

       Messieurs Worms & Cie

Messieurs,

Depuis cinq mois vous examinez nos demandes pour déterminer exactement ce que vous décidez de faire pour nous tenir compte des difficultés que nous rencontrons par suite de force majeure pour exécuter les travaux du Trait.

Après tous les retards provoqués par des circonstances étrangères et des grèves au cours desquelles vous nous avez toujours trouvés à vos côtés, nous avons pu avoir avec vous quelques entretiens qui ont permis de déterminer les renseignements que vous jugiez nécessaires pour fixer votre opinion et vous permettre de nous payer dans des conditions rendant nos pertes acceptables, nous vous avons ainsi remis des notes qui établissent dans quelles conditions il est légitime de nous régler puisque nous démontrons la réalité de nos dépenses et que nos travaux vous reviennent cependant moins chers que les autres travaux exécutés au Trait et moins chers qu’ils ne nous ont coûté .

Nos justifications ayant été contestées par MM. Achard et Mongin, M. Majou nous a donné rendez-vous au Trait en nous disant qu’il nous suffirait d’apporter les factures contestées pour que nos justifications soient admises. Au Trait, M. Majou nous a dit qu’il nous laissait discuter avec MM. Achard et Mongin, et nous a fait connaître qu’il leur donnait tous pouvoirs pour conclure avec nous une entente définitive pour qu’il n’y ait plus à revenir sur la question. M. Majou s'est aussitôt retiré.

M. Achard contrairement à ce programme nous a déclaré qu’il ne pouvait admettre de fixer dès maintenant des prix pour l’avenir et qu’il préférait que nous lui présentions de nouvelles justifications après l’achèvement du gros œuvre des ateliers. De plus, il s’est formellement refusé à tenir compte des factures que nous présentions sur l’invitation de M. Majou chaque fois qu’il pouvait nous en opposer une autre à meilleur prix, disant que nous aurions dû faire des procès à ceux qui ne nous ayant pas livré nous obligeaient à acheter plus cher par petites quantités pour ne pas arrêter les travaux.

Nous sommes ainsi arrivés à des prix qui entraînaient une augmentation de 45,8 % sur les maisons ouvrières et de 19,3 % sur les ateliers ; comme les augmentations que nous demandions nous laissaient une perte, celle-ci est augmentée de 29,2 % sur les maisons ouvrières et de 18,7 % sur les bâtiments.

Pour éviter des pertes de temps nous avons admis les chiffres de M.  Achard étant entendu que nous serions réglés sur les nouveaux prix tous les mois, qu'une retenue de 15 % nous serait faite sur les situations mensuelles, sur ces 15 %, 5 % seraient affectés à l'amortissement du reliquat des 179 000 F restant dus par nous pour solder le compte Duchereau ; et que la retenue sur les maisons ouvrières ne nous serait rendue qu’après prélèvement si c’était nécessaire, des sommes restant dues par nous en fin de travaux sur ces 179 000 F.

Il a été reconnu que ceci nous donnait plus de 400 000 F à toucher de suite.

Cette entente a été acceptée par nous dans le désir d’en finir et sur l’affirmation de vos représentants qu’il nous était possible d’obtenir de vous d’autres contrats pour de nouveaux travaux sur lesquels il       nous serait possible de nous rattraper.

Or, M.  Achard nous a déclaré qu’il ne pourrait pas signer l’entente mais seulement vous en transmettre la proposition. Il nous a formellement promis d’agir pour que vous puissiez terminer et nous régler demain mardi.

Je suis obligé d’insister auprès de vous pour qu’il en soit ainsi. Dans le cas contraire en effet, il nous serait matériellement impossible de continuer plus longtemps l’effort financier que nous faisons.

Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de notre considération distinguée.

Un administrateur,
(Signé :) Blondel

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