734 résultats
1919.01.00.Des ACSM Achard.Salaires ouvriers
Taxes horaires minimum et maximum
Apprentis
13 ans
0,25
13 ½
0,30
14
0,40
14 ½
0,45
15
0,55
15 ½
0,60
Jeunes ouvriers
16
0,70
16 ½
0,75
17
0,85
17 ½
0,90
18
1
18 ½
1,10
Manœuvre
Comprenant bardeurs, magasin, manœuvre non spécialisé
19 ans & au-dessus
1,20
Tourneurs, ajusteurs, traceurs mécaniques, raboteurs, mortaiseurs
1ère catégorie
1,70
Tourneurs, ajusteurs, traceurs mécaniques, raboteurs, mortaiseurs
2e catégorie
1,60
Tourneurs, ajusteurs, traceurs mécaniques, raboteurs, mortaiseurs
3e catégorie
1,50
Perceurs à la machine, décolleteurs, taraudeurs, rectifieurs
1ère catégorie
1,40
Perceurs à la machine, décolleteurs, taraudeurs, rectifieurs
2e catégorie
1,30
Perceurs à la machine, décolleteurs, taraudeurs, rectifieurs
3e catégorie
1,25
Chaudronnier cuivre et fer, soudeurs autogène
1ère catégorie
1,70
Chaudronnier cuivre et fer, soudeurs autogène
2e catégorie
1,60
Formeurs de chaudières
1,70
Formeurs de bateaux
1,70
Riveurs de chaudières
1,50
Riveurs de coques et chanfreineurs
1,50
Frappeurs de ces 4 corporations
1,25
Teneurs de tas
1,20
Perceurs au cliquet
1,25
Forgerons de pièces mécaniques
1ère catégorie
1,70
Forgerons de pièces mécaniques
2e catégorie
1,60
Forgerons de cornières
1,70
Frappeurs de ces deux corporations
1,30
Serruriers armement
1ère catégorie
1,60
2e catégorie
1,50
Charpentiers en fer et traceurs de bateaux
1ère catégorie
1,70
Charpentiers en fer et traceurs de bateaux
2e catégorie
1,60
Charpentiers en fer et traceurs de bateaux
3e catégorie
1,50
Monteurs de bateaux
1,50
Charpentiers en fer et traceurs de chaudières, cheminée et boîte à fumée
1ère catégorie
1,70
Charpentiers en fer et traceurs de chaudières, cheminée et boîte à fumée
2e catégorie
1,60
Charpentiers en fer et traceurs de chaudières, cheminée et boîte à fumée
3e catégorie
1,50
Monteurs de chaudières & accès
1,50
Poinçonneurs, cisailleurs, meuleurs
1,50
Conducteurs ponts roulants, treuils
1,30
Conducteurs machines à vapeur
1,40
Fondeurs et mouleurs
1ère catégorie
1,70
Fondeurs et mouleurs
2e catégorie
1,60
Ebarbeurs
-
Menuisiers
1ère catégorie
1,70
Menuisiers
2e catégorie
1,60
Scieurs
1,60
Modeleurs
1,70
Charpentier de bateaux
1ère catégorie
1,70
Charpentier de bateaux
2e catégorie
1,60
Electricien
1ère catégorie
1,70
Electricien
2e catégorie
1,60
Chauffeurs
1,35
Maçons
1ère catégorie
1,65
Maçons
2e catégorie
1,60
Gréeurs & voiliers
1ère catégorie
1,60
Gréeurs & voiliers
2e catégorie
1,50
Peintre
1ère catégorie
1,40
Peintre
2e catégorie
1,30
En supplément de ces taxes, il est accordé, au personnel, une prime de vie chère par journée de travail (comme suit)
Apprentis de 13 à 16 ans
1.00
Jeunes ouvriers de 16 à 18 ans
1.50
Ouvriers au-dessus de 18 ans
2.00
Ouvriers mariés ayant un enfant
2.50
Ouvriers mariés ayant 2 enfants
3.00
Ouvriers mariés ayant 3 enfants
3.50
Ouvriers mariés ayant 4 enfants
4.00
Ouvriers mariés ayant 5 enfants
4.50
Ouvriers mariés ayant 6 enfants
5.00
Ouvriers mariés ayant 7 enfants
5.50
Ouvriers mariés ayant 8 enfants
6.00
Ne sont considérés comme étant à la charge de l’ouvrier que les garçons au-dessous de 14 ans et les filles au-dessous de 17 ans.
Les pères de famille ayant des garçons au-dessous de 14 ans travaillant aux chantiers, ne participent pas à cette prime.
Pour le ministre de la reconstitution industrielle
Par autorisation
Signé : Breynaert
Ateliers & Chantiers de la Seine Maritime
Worms & Cie
Le directeur
Signé : Achard
1919.01.29.Du Petit Havre.Article
Tribunaux. Tribunal correctionnel du Havre.
Le 11 janvier, dans la soirée, un surveillant de la maison Worms, appréhendait Léon Viol, 39 ans, journalier, 15 rue de l’Arsenal, qui venait de prendre dans la cale du steamer "Sephora-Worms", au quai de l’Yser, des mouchoirs et des serviettes-éponges. Ce journalier passera 8 jours en prison.
1919.03.01.De A. Lebreton.A Worms - ACSM.Courrier
A. Lebreton
31, rue Jeanne d’Arc
Avoué
Rouen, le 1er mars 1919
Messieurs Worms & Cie
Messieurs,
Je reçois à l’instant votre lettre du 28 février contenant la copie d’une nouvelle signification de M. Duchereau.
J’ai pensé que nous pouvions nous en tenir là, mais je ne voudrais cependant pas laisser croire que nous avons tardé en quoi que ce soit à faire procéder à l’expertise ordonnée, alors que M. Duchereau est seul fautif des retards apportés, n’ayant pas répondu aussi rapidement que nous le désirions à la limitation à un seul expert de la mission ordonnée.
Je vous adresse, sous ce pli, un projet de réponse pour remettre au point cette question d’ailleurs secondaire et si vous partagez mon avis, vous serez bien aimable de faire régulariser cette signification par votre huissier en le priant de me la retourner le plus tôt possible.
J’ai écrit effectivement à M. Detoeuf pour avoir un rendez-vous et j’attends sa réponse ; vous n’ignorez pas sans doute qu’il a eu un changement d’affectation et est maintenant attaché au service des Ponts et Chaussées au Havre.
Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de mes sentiments très distingués.
[Signé :] A. Lebreton
[Projet]
L’an mil neuf cent dix-neuf, le
À la requête de la société Worms & Cie, dont le siège est à Paris, bd Haussmann, n°45,
pour lequel domicile est élu à Rouen, rue Jeanne d’Arc, n°31, en l’étude de M. Lebreton, avoué près le tribunal civil de ladite ville et aussi en mon étude.
J’ai soussigné, dit et déclaré à
Monsieur Duchereau, ingénieur-constructeur, demeurant à Paris, avenue d'Orléans, n°16, en son domicile, ou étant et parlant à
en réponse à sa signification du 27 février 1918,
- qu’il n’appartient pas à M. Duchereau de rappeler la société requérante à l'exécution de l’ordonnance de référé du 8 février 1919 et à la nécessité de diligenter les mesures d’instructions ordonnées et nécessitées par le fait et la faute dudit M. Duchereau,
- que s’il n’a pas été procédé plus tôt à l’ouverture des opérations d’expertise, la faute en est uniquement à M. Duchereau, qui a tardé à prendre parti sur la limitation à un seul expert de la mission ordonnée par justice,
- que lorsque sa réponse est enfin parvenue, la société requérante a aussitôt sollicité de l’expert unique, M. Detoeuf, un rendez-vous dont elle attend la fixation avec tout autant de désir que M. Duchereau lui-même, de procéder le plus tôt possible.
A ce qu’il n’en ignore
Sous toutes réserves
Dont acte
Et j’ai au susnommé où étant et parlant comme ci-dessus délivré et laissé la copie du présent.
Coût.
Employé à la copie une feuille de papier libre format timbre à un francs ci, 1 F
1919.03.01.De Paul-Jules Archambault, huissier.A Worms - ACSM.Requête contre Marcel Duchereau
P. Archamboult
Huissier
Audiencier - Cour d’appel - 23, rue d’Aboukir - Paris
27 février 1919
L’an mil neuf cent dix-neuf, le vingt-sept février
A la requête de M. Duchereau, ingénieur-constructeur, demeurant à Paris, avenue d’Orléans, n°16, pour lequel domicile est élu à Rouen, rue Thiers, n°52, en l’étude de Me Malaudain, avoué, et encore à Paris, en mon étude,
J’ai, Paul-Jules Archambault, huissier près le tribunal civil de la Seine séant à Paris, y demeurant rue d’Aboukir, 23, soussigné, dit et déclaré à la société Worms & Cie, dont le siège social est à Paris, boulevard Haussmann, n°45, où étant et parlant à une femme à son service,
- que mon requérant proteste énergiquement tant contre les termes de la signification qui vient de lui être délivrée, requête de ladite société Worms par exploit de Dessaix, huissier à Paris, en date du vingt-cinq février 1919, apparu en copie que contre la prétention exprimée en cet exploit par la dite société à la résiliation des conventions verbales d’entre elle et M. Duchereau,
- que mon requérant entend formellement poursuivre l’exécution desdites conventions malgré les difficultés et les obstacles de toutes sortes apportés par la dite société et ses subordonnés dont le but aujourd’hui manifeste est de déposséder M. Duchereau de son entreprise,
- que tout en rappelant à ladite société la mesure d’instruction ordonnée par décision de justice du huit février 1918, et qu’il importe de diligenter mon requérant, fait les réserves les plus expresses et les plus étendues, quant aux réparations qu’il entend demander à la société Worms & Cie du dommage que lui causent les agissements de ladite société et de ses subordonnés.
Sous toutes réserves
À ce que les susnommés n’en ignorent, sous toutes réserves et je lui ai étant et parlant comme dessus laissé la présente copie sous enveloppe fermée ne portant d’autre indication d’un côté que le nom et la demeure du susnommé et d’autre coté que le cachet de mon étude apposé sur la fermeture du pli conformément à la loi.
Coût : douze francs
Employé pour la copie présente, une feuille timbrée format à 1 F
Signé : Archambault
1919.03.25.De Worms & Cie.Au ministère des Travaux publics et des Transports.Note
Paris, le 25 mars 1919
Ministère des Travaux publics et des Transports
Service général d'exploitation des chemins de fer
Paris
Monsieur le ministre,
Nous avons l’honneur de nous référer à l’entretien que nous avons eu avec vos services, hier, et nous venons vous confirmer ci-dessous les renseignements que nous avons fournis :
Nous édifions actuellement au Trait, près Duclair, (Seine-Inférieure) des Ateliers de constructions navales, dont les travaux, commencés depuis déjà un temps assez long, se trouvent continuellement arrêtés, depuis un an, par suite des difficultés de transport qu’éprouvent nos entrepreneurs pour l’acheminement du matériel dont ils ont besoin.
C’est ainsi, par exemple, que les établissements Sainrapt & Brice, 3, place Paul Verlaine, à Paris, ont obtenu de la Marine marchande des bons de classement en première catégorie, le 14 janvier dernier, qui ont été déposés à votre ministère, et sont devenus inefficaces par suite de la fermeture du PLM et du PO.
Le 13 février 1919, ces mêmes établissements ont déposé à la Marine marchande une demande de dérogation pour :
- 6 wagons au départ de Gien (PLM)
- 2 wagons au départ de Sully-sur-Loire (PO).
La Marine marchande a transmis ces demandes, avec avis favorable, à votre ministère (service du capitaine Lagarde, commission centrale des réseaux) le 18 février et, après plusieurs démarches, nos entrepreneurs nous font savoir qu’ils ont appris par ce service que les pièces apostillées avaient été transmises aux commissions de réseaux intéressées.
Au PO, par exemple, on nous répond n’avoir rien reçu.
Vous comprendrez qu’il nous est impossible de continuer à travailler dans de semblables conditions et c’est pourquoi, étant donné l’intérêt national que présente la question, nous vous demandons de vouloir bien donner des ordres, de façon que des wagons soient donnés par les réseaux intéressés, en vue de l’acheminement de ce matériel.
Nos entrepreneurs, les établissements Sainrapt & Brice, ont, de plus, actuellement, en souffrance à Marignac (Haute-Garonne) le matériel suivant :
- Voie Decauville, plaques tournantes, aiguillages, wagonnets, échasses, boulins, cordages, sonnettes à vapeur, moteurs électriques, treuils, claies et petit matériel. Le tout représente approximativement un tonnage de 140 tonnes. Les pièces les plus lourdes pèsent environ 2 tonnes. Les échasses au nombre de 3 000 environ, et certaines pièces des sonnettes ont une longueur variant de 12 à 15 mètres.
Pour les mêmes raisons que ci-dessus, nos travaux se trouvent arrêtés, et le service des prisonniers nous menace, par suite du travail, de retirer ceux qu’il a mis à notre disposition soit environ 500, ce qui aurait, pour nous, les conséquences les plus graves.
Vous estimerez certainement avec nous, Monsieur le ministre, que les transports dont nous vous entretenons présentent un caractère tout particulier d’urgence, puisque l’impossibilité dans laquelle nous nous trouvons actuellement de terminer nos chantiers navals a une répercussion fâcheuse sur la reconstruction de la marine marchande française.
Veuillez agréer, Monsieur le ministre, l’expression de notre haute considération.
Signé : Worms & Cie
1919.03.27.Du chef du service des approvisionnements.Aux ACSM.Instructions
[Note manuscrite : copie du document transmis par Le Trait le 27 mars 1919]
Commissariat aux Transports maritimes et à la Marine marchande
Inspection du matériel
Bureau de Rouen
A/s des transports
Note 3 371 en date du 21 mars 1919 de M. le chef du service des approvisionnements
Je vous prie de faire savoir aux industriels que la formalité essentielle à l’heure actuelle pour obtenir un transport est la demande écrite adressée par l’expéditeur à la gare expéditrice.
Les compagnies ont en effet recouvré une liberté relative d’exploitation et tout transport pour lequel il n’a pas été pris date risque d’échouer, même s’il est recommandé par un service public. En d’autres termes, notre intervention ne doit avoir pour but que d’appuyer les démarches personnelles des intéressés, mais ne doit pas les précéder.
Je vous signale, à cette occasion, que les certificats de classement n’ont plus aucune valeur.
Rien n’est changé aux instructions antérieures en ce qui concerne les demandes de dérogation, sinon qu’elles ne doivent en aucun cas précéder les demandes écrites directes des expéditeurs aux gares, comme il est dit plus haut.
Toutes les fois que vous le pourrez vous m’éviterez une perte de temps en les faisant établir en 4 exemplaires sur le modèle ci-joint. Le ministère des Travaux publics m'en réclamant 3 exemplaires, je suis en effet obligé de les faire recopier toutes.
Marine marchande - direction du matériel
PO le chef du service des approvisionnements.
Signé : Miguet
1919.04.10.De A. Lebreton, avoué.A Worms - ACSM.Affaire Duchereau - nomination d'un expert
A. Lebreton
Avoué - 31, rue Jeanne d’Arc,
Rouen, le 10 avril 1919
MM. Worms & Cie
Messieurs,
J’ai l’honneur de vous adresser sous ce pli la copie de la lettre que j’adresse à votre maison aux Chantiers de la Seine-Maritime, elle vous mettra au courant de l’ordonnance de référé que j’ai obtenue ce matin contre Monsieur Duchereau.
Veuillez agréer, Messieurs, l’assurance de mes sentiments distingués.
Signé : A. Lebreton
Rouen, le 10 avril 1919
Aff. Duchereau
Messieurs,
J’ai l’honneur de vous informer que je me suis présenté ce matin au référé pour solliciter la nomination d’un expert conformément à vos instructions.
Ma demande tendait à faire confier à l’expert comme mission principale de procéder au constat de l’état des travaux des 16 maisons ouvrières faisant l’objet du marché Duchereau et en outre de dresser le compte des matériaux que vous étiez disposé à prendre en compte pour la continuation des travaux.
L’avoué de M. Duchereau a protesté contre notre déclaration de résiliation et a prétendu que si les travaux étaient incontestablement en retard la faute en était aux intempéries, gelée, et autres causes indépendantes de sa volonté et aussi à notre propre faute ainsi qu’il résulterait de plusieurs significations et mises en demeure qu’il vous a fait signifier.
Il demandait en conséquence que si une expertise était ordonnée, il soit donné mission à l’expert de rechercher si vous n’étiez pas responsable des retards dans l’exécution des travaux.
Je me suis opposé à cette mission en déclarant que cette recherche de responsabilité était une question de fond dont le tribunal avait seul à connaître et que l’expert ne pouvait procédé à des investigations et à une enquête qui ne rentrait nullement dans ses attributions et qui pourrait préjudicier à nos droits.
Finalement M. le président a décidé que l’expert aurait pour unique mission de dresser le constat de l’état des travaux sans avoir à s’occuper de la prise en charge par vous des matériaux, ce qui impliquerait reconnaissance de la résiliation, ni des causes de responsabilité pour retard dans les travaux.
Il a nommé comme expert dispensé de serment, M. Leprince, entrepreneur de travaux publics à Rouen, juge au tribunal de commerce, que je saisirai de sa mission aussi rapidement que possible.
Je fais part de cette décision à votre maison de Paris et à Monsieur Bonpaix, votre avocat.
Veuillez agréer, Messieurs, l’expression de mes sentiments distingués.
1919.04.27.Du Petit Havre.Article
Avis divers.
On demande ouvriers et ouvrières pour manutention de charbon et briquettes – s’adresser chez Worms & Cie, rue Charles-Laffitte.
1919.05.06.De A Lebreton, avoué.A Worms - ACSM.Projet de note.Résiliation marché Duchereau
A Lebreton
Avoué - 31, rue Jeanne d'Arc
Rouen, le 6 mai 1919
Messieurs,
J'ai l'honneur de vous informer qu'après m'être mis d'accord avec M. Bonpaix, vote avocat, et avec les Chantiers de la Seine-Maritime, j'ai fourni en votre nom devant le tribunal de Rouen une demande en résiliation du marché Duchereau pour les maisons ouvrières.
Cette demande devenait particulièrement urgente en présence des manœuvres employées par M. Duchereau pour rendre à son chantier une activité trompeuse et tardive.
M. le président du tribunal auquel j'ai exposé la situation m'a autorisé à assigner Duchereau à jour fixe pour l'audience du 26 mai. J'en ai avisé M. Bonpaix qui, s'il ne peut accepter cette date, pourra plaider dans tous les cas à brève échéance.
Je m'occupe d'autre part d'assurer l'exécution de l'ordonnance de référé qui a confié à M. Leprince la mission de constater l'état des travaux des maisons ouvrières.
Pour ces diverses affaires, ainsi que pour l'expertise Duchereau sur malfaçons, et pour la suite de l'expertise Hottat, je vous serais obligé de bien vouloir mettre à ma disposition une somme de 4 000 F en compte.
Veuillez agréer, etc.
1919.05.07.Du Petit Havre.Article
"Hypolite-Worms".
Le vapeur "Hypolite-Worms" parti de Bordeaux pour Le Havre, le 26 avril, avec diverses marchandises, a été contraint de relâcher le 1er mai, à Saint-Nazaire, pour procéder à des réparations, ayant eu une fuite à sa chaudière de tribord. Ce navire, n’eût été le gros temps, aurait pu continuer son voyage avec la chaudière de babord, mais le capitaine jugea prudent de gagner Saint-Nazaire.
1919.05.16.De H. Worms.A Me Bonpaix.ACSM.Note (mauvaise qualité)
[Copie de très mauvaise qualité ; l'image n'a pas été mise en ligne sur le site.]
16 mai 1919
M. Bonpaix,
14, rue d'Offémont - Paris
Monsieur,
J'ai l'honneur d'accuser réception de votre lettre d'hier par laquelle je note que le procès que nous intentons à la maison Duchereau viendra le mardi 3 juin.
Il est en effet nécessaire que l'un de nous ait une entrevue avec vous, en présence de M. Majou, architecte, si vous le permettez, nous attendrons le retour de mon associé, M. Majoux, qui, plus que moi encore, est au courant des détails de cette affaire et comme il sera à Paris tout au commencement de la semaine prochaine, je lui demanderai de vous téléphoner et de s'entendre avec vous au sujet de ce rendez-vous.
Recevez, Monsieur, l'expression de mes sentiments les meilleurs et très distingués.
1919.05.17.Du Petit Havre.Article
Nouveau remorqueur.
Le remorqueur "Dona-Catalina", venant de Gibraltar, est entré, jeudi après-midi. Ce steamer a été acheté par la maison Worms ; après sa francisation, il prendra le nom de "Périgord" et sera destiné au remorquage de chalands de mer entre notre port et l’Angleterre.
1919.06.03.Des ACSM - Gustave Majou.A Worms & Cie.Note
Direction des travaux des constructions
des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime
Gustave Majou - architecte
Le Trait par Duclair
Le 3 juin 1919
Messieurs Worms & Cie 45, boulevard Haussmann - Paris
Messieurs,
A la suite de la conversation de Me Bonpaix et conformément à la conversation téléphonique que nous avons eue hier, je me suis rendu rue d’Offémont, à la réunion où se trouvait l’avocat de M. Duchereau, et le représentant autorisé de la firme Blondel, Posth & Cie, dans le but de faire cesser l’état de chose actuelle, et de gagner tout le temps qui serait perdu dans un procès, lequel interromprait les travaux pendant de longs mois encore, les deux solutions suivantes sont soumises à votre appréciation.
1ère solution – Résiliation totale des marchés Duchereau
Cette résiliation pourrait être faite d’accord entre les parties, sur les bases suivantes :
1° - Les travaux exécutés seraient payés suivant les conditions du marché ; la liquidation de ce compte comporterait le règlement de la situation Duchereau au 9 novembre 1918. Si un accord amiable ne pouvait intervenir relativement à cette liquidation, le différend serait tranché par deux experts arbitres, les malfaçons seraient évaluées et déduites de ce compte.
2° - Les matériaux sur place resteraient à MM. Worms, un inventaire en serait dressé contradictoirement.
3° - Le matériel et outillage d’entreprise serait enlevé par MM. Blondel & Cie.
2ème solution – Reprise de travaux par MM. Blondel, Posth & Cie
1° - Les marchés en cours seraient repris aux mêmes conditions par l’entreprise Blondel, Posth & Cie qui se substitue à Duchereau.
2° - La réfection des malfaçons serait faite sur la base de la proposition Detoeuf.
3° - Un inventaire des approvisionnements sur le chantier serait fait contradictoirement.
Dans cette réunion les idées générales de l’affaire ont été échangées entre les avocats des parties adverses. Il résulte de leur conversation que chacun d’eux est persuadé d’avoir des arguments suffisamment forts pour gagner les procès et tous deux sont également d’accords sur deux points : la procédure sera très longue et le résultat incertain.
Le représentant de la Maison Blondel, Posth & Cie désire surtout en finir pour pouvoir disposer de son matériel et de ses capitaux.
En quittant Me Bonpaix, nous convînmes d’un rendez-vous pour échanger nos idées sur la réunion qui venait d’avoir lieu, et en tirer les conséquences pratiques qui nous apparaissaient en vue de la défense des intérêts de MM. Worms & Cie.
Je suis donc retourné ce matin au cabinet de Me Bonpaix et voici notre impression sur les deux solutions qui vous sont présentées. Le but pratique qui est à rechercher dans l’impasse où nous nous trouvons, c’est 1° de se débarrasser de Duchereau, 2° finir les travaux au plus vite au meilleur compte possible.
Envisageons la première solution qui est la résiliation immédiate. Elle offre l’avantage de se débarrasser de Duchereau mais comporte aussi l’aléa de la discussion d’un règlement de compte ou nous ne serons certainement pas d’accord. D’après les réflexions que j’ai entendu faire par l’adversaire, le règlement de la situation du 9 novembre que M. Lefrançois a examiné est très critiqué. N’ayant pas les éléments sous les yeux, j’ai noté certains points sans m’engager dans une situation inutile.
En résumé : la liquidation de compte serait relativement simple pour les maisons ouvrières ; on arriverait à s’entendre mais le règlement de la situation du 9/11 des travaux d’usine remet en question tous les éléments de discussion du procès, matériaux, charbon, ciment, chaux, etc., il faudra recourir aux experts. Cependant, supposons toutes difficultés aplanies, la résiliation réglée, nous continuons les travaux. Qu’adviendra-t-il ? La Maison Brice reprend les matériaux, acceptera-t-elle du ciment et des chaux éventés ? J’en doute. Les armatures de ciment armé dont la disposition répondait a un système particulier de Duchers sont déjà ligaturées prêtes à être posées. Ce système sera-t-il accepté par Brice, et à quel prix ? De plus, les salaires nouveaux des ouvriers vont être augmentés du fait de l’application de la journée de 8 heures. Le tout frappé de 16 ½ pour cent pour frais généraux et bénéfices nous conduira à une dépense bien supérieure au prix du marché Duchereau.
2ème solution – Reprise des contrats Duchereau par Blondel, Posth & Cie
La première condition a exiger, si cette solution est envisagée, c’est d’avoir des garanties réelles, c’est-à-dire la certitude de solvabilité de la firme et clauses de délais d’exécution à mentionner dans l’avenant de substitution au marché. Ces deux points n’ont point été discutés et dans notre pensée vous sont réservés si vous appelez Blondel & Cie à réaliser cette proposition.
Ceci acquis les malfaçons étant réparées par Blondel, l’organisation du chantier établie sur une base nouvelle, les travaux se continueraient dans les conditions normales et pourraient être repris dans un délai beaucoup plus court que nous pourrions l’espérer dans l’état actuel des choses ?
Ce seul point de vue est d’un intérêt tellement pressant pour l’avancement du chantier que cela peut permettre de traiter largement les à cotés de cette liquidation de Duchereau, tels que ciment avarié, chaux éventée, frais de procédure, etc.
Conclusions : Me Bonpaix et moi pensons que la deuxième solution est la plus conforme à la défense de vos intérêts.
Il serait utile que vous informiez Me Bonpaix ainsi que moi-même de la décision que vous aurez arrêtée dans la plus bref délai afin de convenir avec vous d’un rendez-vous avec la Maison Blondel, Posth & Cie et préparer les préliminaires de la résiliation ou de l’avenant de reprise des travaux, suivant le choix que vous aurez arrêté.
Veuillez agréer, Messieurs, etc.
1919.06.05.De H. Worms.A Gustave Majou.Courrier.Blondel, Posth & Cie (mauvaise qualité)
[Copie de très mauvaise qualité ; l'image n'a pas été mise en ligne sur le site.]
5 juin 1919
M. Gustave Majou - architecte
41, rue Laffitte - Paris
Monsieur,
Nous avons l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 3 courant par laquelle vous voulez bien nous rendre compte de l'entrevue que vous avez eue, dans le bureau de Me Bonpaix, avec l'avocat de M. Duchereau et le représentant de la maison Blondel, Posth & Cie.
Nous allons examiner avec nos Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime les deux propositions qui nous sont faites, mais, en attendant, nous voudrions avoir, avant de prendre une décision, des renseignements très précis sur la Maison Blondel, Posth & Cie, tant au point de vue de la moralité que de ses ressources financières, de ses capacités techniques et de l'importance des travaux qu'elle a déjà effectués, peut-être pourriez-vous obtenir ces renseignements pour nous.
Veuillez agréer, Monsieur, nos salutations distinguées.
[Signé :] Worms
1919.06.12.De H. Worms.A Gustave Majou.Courrier.Blondel, Posth & Cie (mauvaise qualité)
[Copie de très mauvaise qualité ; l'image n'a pas été mise en ligne sur le site.]
12 juin 1919
M. Gustave Majou
41, rue Laffitte – Paris
Monsieur,
Nous avons l'honneur de vous accuser réception de votre lettre d'hier dont nous avons bien noté le contenu. Savez-vous si la Maison en question a fait des travaux pour d'autres administrations ou services publics que le PLM, ce qui permettrait, peut-être, de rechercher des renseignements à une source différente.
Nous vous remettons sous pli séparé la copie d'une fiche qui nous a été remise sur la situation financière des entrepreneurs en question. C'est assez vague.
Agréez, Monsieur, nos salutations distinguées.
[Signé :] Worms
1919.07.01.Entre M. Duchereau, Blondel Posth & Cie et Worms & Cie.Accord (incomplet)
Entre
1°.- La société Worms & Cie
2°.- Monsieur Duchereau
3°.- La Société de constructions
La société Worms & Cie voulant faire édifier au Trait près Rouen (Seine-Inférieure) d'importantes constructions pour son commerce et notamment des ateliers de montage, d'ajustage, de menuiserie et un groupe de maisons ouvrières, a soumis à M. Duchereau des plans et devis sur lesquels sont intervenus entre la société Worms & Cie d'une part et M. Duchereau d'autre part, des marchés aux termes desquels M. Duchereau s'est engagé à exécuter suivant les plans dont s'agit et aux conditions de cahiers des charges générales et spéciales à exécuter pour le compte de ladite société Worms & Cie :
1°.- Suivant contrat du trente mars 1918 avec avenant audit contrat en date du
2°. -
3°.-
4°.- Un groupe de 16 maisons ouvrières moyennant le prix global et à forfait de 446 000 F.
M. Duchereau a commencé l'exécution desdits travaux et au cours de celle-ci sont survenues entre les parties des difficultés qui ont provoqué des incidents judiciaires tendant à la requête de la société Worms & Cie :
1°.- A des mesures d'expertise sur
2°.- A la résiliation du marché du ... relatif au groupe de maisons ouvrières.
Par ordonnance de référé en date des... M. le président du tribunal civil de Rouen a commis pour... M. Detoeuf, ingénieur, à... et pour le groupe de maisons ouvrières, M. Leprince, à...
Les experts ainsi commis avaient commencé leurs opérations et la demande en résiliation du marché relatif au groupe de maisons ouvrières introduite devant le tribunal civil de Rouen allait être plaidée lorsque les parties, la société Worms & Cie et M. Duchereau se sont, sans la médiation de leurs conseils, rapprochées et ont mis fin aux difficultés existantes entre eux ainsi qu'à toutes procédures quelconques engagées devant le tribunal civil de Rouen au moyen des conventions transactionnelles et forfaitaires ci-après :
M. Duchereau se substitue pour la continuation des travaux MM. Blondel Posth & Cie et leur cède en conséquence les marchés sus-datés des... avec l'approbation de la société Worms & Cie, les présentes substitution et cession devant prendre effet à partir du 1er juillet 1919 ;
MM. Blondel Posth & Cie prendront donc à cette date la possession et la direction des chantiers et des travaux pour la continuation de ces derniers et leur exécution dans les termes des plans, devis, marchés, et aux conditions des cahiers des charges générales et spéciales passées entre M. Duchereau et la société Worms & Cie que MM. Blondel Posth & Cie déclarent parfaitement connaître et auxquelles ils se soumettent comme si ces actes étaient originairement intervenus entre eux et la dite société Worms & Cie.
MM. Blondel Posth & Cie feront leur affaire personnelle avec M. Duchereau de toutes questions concernant le matériel et outillage de ce dernier comme les approvisionnements des divers chantiers dont l'inventaire sera dressé et le compte établi entre M. Duchereau et la société Worms & Cie.
Les travaux exécutés au premier juillet 1919 feront l'objet d'états et mémoires entre M. Duchereau et la société Worms & Cie pour être réglés et acquittés entre eux dans les termes de leurs conventions et suivant leurs comptes antérieurs, les travaux à exécuter et qui seront exécutés à partir du premier juillet 1919 devant faire l'objet d'une nouvelle situation et d'états distincts des précédents entre la société Worms & Cie et MM. Blondel Posth & Cie.
Au cas où M. Duchereau et la société Worms & Cie ne tomberaient pas d'accord sur l'état des travaux exécutés par lui ou pour son compte au premier juillet 1919, les parties choisissent dès à présent pour trancher ce différend et établir leur compte du chef desdits travaux M. Leprince, qui statuera comme arbitre amiable compositeur sans être tenu d'observer les règles de la procédure et par une décision sans recours quelconque possible.
Comme conséquences des présentes conventions transactionnelles et forfaitaires et sous la condition de leur parfaite exécution, chacune des parties, M. Duchereau et la société Worms & Cie renoncent à toutes actions quelconques de l'une contre l'autre pour quelque cause que se soit et se désistent purement et simplement des actions et procédures engagées devant le tribunal civil de Rouen dont elles s'obligent à supporter les frais et dépens par elles respectivement exposés ainsi qu'à prendre chacune en charge la moitié des frais et honoraires des deux experts, MM. Detoeuf et Leprince.
De leur côté, MM. Blondel Posth & Cie réitèrent leur soumission aux devis, cahiers des charges et marchés ci-dessus comme leur engagement à exécuter aux mêmes conditions les travaux, objet de ces marchés. Et en raison de l'époque avancée de l'année ainsi que de la nouvelle législation du travail comme aussi les augmentations de prix, la société Worms & Cie et MM. Blondel Posth & Cie procéderont à une révision des détails d'exécution et des tarifs des prix de la main d'œuvre et des matières premières.
Si une difficulté pouvait surgir du fait de l'une quelconque des parties soussignées pour l'exécution des présentes conventions en dehors de l'objet de la mission confiée à M. Leprince, les parties font attribution au tribunal civil de... en même temps qu'élection de domicile pour la signification de tous actes et pour toutes notifications quelconques en leurs demeures respectives sus-indiquées à Paris.
Les droits d'enregistrement qui pourraient être perçus à l'occasion des présentes seront à la charge de celle des parties qui aura rendu cet enregistrement nécessaire.
Fait en trois originaux à Paris le...
1919.07.15.De Blondel Posth & Cie.A Gustave Majou.Courrier
Maison Blondel Posth & Cie
Paris, le 15 juillet 1919
Monsieur Majou - Architecte
41, rue Laffitte - Paris
Monsieur,
Nous avons l’honneur de vous confirmer la conversation que M. Pisier a eue avec vous ce matin.
Nous vous confirmons que l’opération faite par la Compagnie générale de travaux publics et privés avec M. Duchereau a consisté purement et simplement en un achat de matériel et d’immeubles possédés par ce dernier. Pour réaliser cette cession la Compagnie générale de travaux publics et privés a remis à M. Duchereau 600 actions d’apport de 500 F et 50 000 F en espèces. C’est là une opération purement commerciale et qui n’implique pas la fusion de l’entreprise Duchereau avec la Compagnie générale de travaux publics et privés.
La situation de M. Duchereau vis-à-vis de la Compagnie générale de travaux publics et privés est donc celle d’un simple actionnaire.
Nous vous confirmons que M. Duchereau n’a aucune possibilité de s’immiscer dans l’administration de la Compagnie générale de travaux publics et privés et qu’il ne peut contribuer en rien à la direction ou à l'exécution des travaux de la compagnie et en particulier de ceux pour lesquels nous sommes en pourparlers.
Conformément à votre demande, nous vous adressons ci-joint la liste des membres du conseil d’administration de la Compagnie générale de travaux publics et privés et la liste des actionnaires de cette compagnie [voir PDF].
Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de notre considération la plus distinguée.
1919.07.19.Entre l'État et Worms - ACSM.Marché.Construction 8 navires charbonniers
[Seules les 9 premières pages ont été retranscrites – pour les spécifications techniques voir le PDF.]
Table des matières
Marché
Spécification de la fourniture
Appareils moteurs et évaporatoires
Taxes horaires minimum et maximum
Avenant au marché
Marché pour la fourniture de huit navires charbonniers à vapeur en acier
de 4 700 tonnes de portée en lourd
Entre :
Le ministre de la Reconstitution industrielle, Bureau national des charbons, dénommés ci-après "l’Administration", représenté par M. Breynaert, directeur du BNC, agissant au nom du ministre et par autorisation d’une part,
Et
les "Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime" (Worms & Cie) dont le siège social est à Paris, 45, boulevard Haussmann, représentés par M. L. Achard, agissant au nom et pour compte desdits Établissements dénommés "le constructeur" dans le présent marché, d’autre part,
il a été convenu ce qui suit :
Importance de la fourniture
Article I
Le Constructeur s’engage envers l’Administration à mettre à sa disposition, dès la signature du présent marché, deux cales de construction numérotées 5 et 4 dans son Chantier du Trait afin d’y construire une série de huit navires identiques aux clauses et conditions stipulées ci-après.
Le Constructeur aura la faculté de consacrer à cette même construction, une troisième cale numérotée 2 à partir de l’époque où cette cale sera prête, mais l’Administration n'aura pas le droit d’exiger que les navires qui font partie du présent contrat occupent plus de deux cales à la fois.
Toutefois, l’Administration aura la faculté d’augmenter le nombre des navires commandés jusqu’à concurrence de 12 en notifiant la commande supplémentaire, douze mois au plus tard après la signature du présent marché. Dans ce cas, elle pourrait exiger que la cale supplémentaire n° 2 lui soit réservée pour l'exécution des navires supplémentaires.
Le Constructeur pourra, avec l'autorisation écrite de l’Administration, sous-traiter tout ou partie des appareils moteurs et évaporatoires, mais dans tous les cas il demeurera responsable de l’ensemble de la fourniture faisant l’objet du présent marché.
Description de la fourniture
Article II
Tous les navires de la série seront identiques, ils auront les dimensions suivantes :
Longueur entre perpendiculaires 95 m
Largeur au fort hors membre 13,96 m
Creux sur quille au livet du pont supérieur 7 m
Ils seront conformes aux plans, spécifications et inventaires détaillés annexés au présent marché et revêtus de la signature des parties.
Les navires seront livrés avec un certificat de classification au Bureau Veritas pour la cote 3 I 3/3 L I I et du Lloyd’s Register pour la cote 100 A I.
Toutes les installations devront satisfaire aux prescriptions de la loi du 17 avril 1917 (sécurité de la navigation) et aux décrets rendus pour son application.
Le port en lourd sera de 4 700 tonnes de 1 000 kilos y compris le charbon de soute, le poids de l’équipage, le poids de l’eau, des vivres et fournitures qui lui sont destinés, l’eau des chaudières et l’eau contenue dans le condenseur et les tuyautages.
Les navires avec ce chargement en lourd seront en bon état de navigabilité et atteindront au franc bord d’été un tirant d’eau moyen de 6 m 30 environ sous tôle quille. Ils porteront 4 500 tonnes sur un tirant d’eau moyen de 5 m 95.
Surveillance
Article III
Les navires seront construits sous la surveillance technique des experts du Bureau Veritas et du Lloyd’s Register, les quels auront le droit de rebuter dans les ateliers du constructeur ou dans ceux de ses sous-traitants, tout travail et toute matière qui ne serait pas conforme à la spécification ou aux règlements de leurs sociétés. Ils pourront exiger le remplacement aux frais du Constructeur de tout objet ou matière fournis par lui et qui auraient été rebutés.
Indépendamment de cette surveillance, les représentants accrédités de l’Administration pourront vérifier l’exécution de toutes les clauses du présent contrat qui ne rentrent pas dans les attributions des experts ci-dessus.
A cet effet, ils auront en tout temps libre accès dans les chantiers et ateliers du Constructeur qui sera tenu de leur fournir tous les éléments nécessaires aux vérifications qui leur incombent.
Tous les frais de la surveillance du Bureau Veritas et du Lloyd’s Register, tant dans les chantiers du Constructeur que chez les sous-traitants, sont à la charge de l'Administration.
Assurance
Article IV
Pendant toute la durée de la construction et jusqu’au moment de la livraison des navires, le Constructeur sera responsable des risques d’incendie, de lancement et de séjour au port ou en rade, à l’exclusion des risques de navigation pendant les essais. Il sera tenu à cet effet, de souscrire des polices d'assurances pour une valeur au moins égale à celle des acomptes reçus.
Ces polices seront faites au nom du Constructeur, mais elles spécifieront qu’en cas de sinistre, le bénéfice de l’assurance sera transféré à l’Administration jusqu’à concurrence des acomptes versés par elle.
Conditions de recette
Article V
Chaque navire ne sera considéré comme terminé et livré qu’après une inspection générale faite contradictoirement par les représentants accrédités de l'Administration et ceux du Constructeur, inspection dont les résultats seront consignés dans un procès-verbal constatant l’achèvement des travaux, et après qu’il aura satisfait aux essais de recette décrits à l’article suivant.
Essais de recette
Article VI
Les essais de recette sont au nombre de deux, savoir : un essai de vitesse et un essai de consommation effectués avec un tirant d’eau correspondant à la demi-charge, c’est-à-dire au port en lourd de 2 350 tonnes.
La durée du premier essai sera de 6 heures.
Au cours de cet essai, par temps et mer calmes, la vitesse résultant du nombre de tours moyen mesuré au compteur et de l’avance partout mesurée sur une base reconnue ne devra pas être inférieure à 10 nœuds. La consommation de charbon sera mesurée à titre de simple renseignement.
La durée du second essai sera de 12 heures. Au cours de cet essai, l’allure de la machine sera réglée de façon à réaliser une vitesse moyenne de 9 nœuds.
La consommation de charbon de Cardiff, ramenée par le calcul à celle correspondant à cette vitesse ne devra pas dépasser un poids de 85 kilos par mille parcouru pour la machine principale et les machines de servitude, y compris la dynamo, le bouilleur et le servomoteur.
Pendant les divers essais, le Constructeur sera responsable du personnel mécanicien chargé des machines, chaudières et appareils auxiliaires et fourni par lui.
Le personnel du pont pendant les essais et les matières premières seront fournis par l’Administration, qui en sera responsable et qui aura à sa charge les frais de lestage, de délestage de remorquage, pilotage, entrée et sortie des ports.
Toutefois, si les essais devaient être recommencés pour insuffisance imputable au Constructeur, les matières premières seront fournies par l’Administration pour deux essais seulement de chaque espèce.
Indépendamment des essais de vitesse et de consommation il sera fait dans le port ou à la mer, un essai de tous les appareils mécaniques dépendant de la coque : apparaux de mouillage, guindeau, pompes, etc.
Les essais de recette pourront n’avoir lieu qu’après le premier voyage du bateau. Dans ce cas il sera fait avant le départ, un essai préliminaire permettant de constater que le navire peut naviguer en toute sécurité.
Le Constructeur mettra à bord un mécanicien qui vérifiera que pendant toute la traversée les appareils ne subissent aucune fatigue anormale du fait de la conduite.
Primes, pénalités et rebuts
Article VII
Si le port en lourd n'atteint pas 4 700 tonnes, le Constructeur subira par tonne en moins, une pénalité de 1 000 F.
Au delà de 5 % de déficit sur le port en lourd, les navires pourront être rebutés.
Inversement, si le port en lourd dépasse 4 700 tonnes, le Constructeur recevra une prime de 1 000 F par tonne supplémentaire de port en lourd.
Si la vitesse obtenue dans l'essai prévu à l’article précédent n'atteint pas 10 nœuds, le Constructeur subira une pénalité de 10 000 francs par dixième de nœud en moins ; si la vitesse n'atteint pas 9 nœuds, les navires pourront être rebutés.
Si, au contraire, la vitesse dépasse 10 nœuds, le Constructeur recevra une prime de 10 000 francs, par dixième de nœud en plus.
Si la consommation de charbon mesurée dans l’essai ci-dessus dépasse 85 kilos par mille parcouru, le Constructeur subira une pénalité de 1 000 francs par hectogramme de charbon brûle en plus.
Au-delà d’une consommation de 100 kilos de charbon par mille parcouru, le navire pourra être rebuté.
Inversement, des primes de consommation calculées dans les mêmes conditions, seront allouées au Constructeur si le navire réalise une consommation inférieure aux chiffres donnés plus haut.
En cas de rebut, le Constructeur remboursera intégralement les sommes reçues à titre d’acomptes ainsi que la valeur des fournitures faites par l’Administration.
L’approbation par l’Administration des plans de la coque et des appareils moteurs et évaporatoires ne modifie en rien la responsabilité du Constructeur en ce qui concerne les conditions essentielles du présent marché et notamment le port en lourd, la vitesse et la consommation.
Délais
Article VIII
Les navires devront être présentés en recette dans les délais suivants à compter du lendemain de la date de notification du présent marché :
Navires 1 et 2 12 mois
Navires 3 et 4 15 mois
Navires 5 et 6 18 mois
Navires 7 et 8 21 mois
Si l'Administration décide de commander avant l’expiration des 12 premiers mois, des navires supplémentaires, ceux-ci seront mis en chantier échelonnés sur la cale n° 2 et seront livrés dans les délais de 12, 15, 16, 21 mois à partir de la notification de la commande supplémentaire.
Les délais ci-dessus supposent que la livraison des matériaux d’acier pour coque commencera deux mois après la signature du marché et se poursuivra sans discontinuer dans l’ordre voulu pour permettre au fournisseur de conduire normalement la construction.
L’Administration interviendra auprès des usines métallurgiques peur obtenir ce résultat, mais sans aucune responsabilité de la part de l’Administration en ce qui concerne le retard dans les fournitures.
En cas de retard sur les délais indiqués ci- dessus, le Constructeur subira pour chaque navire une pénalité de 1 000 F par jour de retard, sans que la pénalité totale ainsi encourue puisse dépasser un dixième de la valeur de chaque navire.
Si le retard de livraison atteint ou dépasse 6 mois, l’Administration aura le droit de rebuter le navire.
Le Constructeur aura le droit de réclamer l’exonération de tout ou partie des pénalités encourues s'il peut justifier que tout ou partie de ses retards sont dus à des sas de force majeure dûment caractérisés.
Inversement, le Constructeur aura droit à une prime de 1 000 francs par jour d’avance réalisé sur les détails indiques plus haut.
Chaque navire sera présenté aux essais avec une carène propre. S’il est nécessaire de le caréner avant les essais, les frais de ce passage au bassin seront remboursés par l’Administration sur facture sans prélèvement d’aucun bénéfice pour le Constructeur.
Après achèvement des essais et de l’inspection générale prévus à l’article V, le navire sera livré définitivement à l’Administration dans les eaux du Havre.
Plans et documents
Article IX
Dans un délai de un mois à dater de la notification du marché le Constructeur remettra aux représentants de l’Administration deux séries d’héliographies des plans annexés au marché et au fur et à mesure de leur exécution, trois séries d’héliographies sur fond blanc comprenant le plan des formes et l’échelle de déplacement, le plan des emménagements, la coupe au maître le plan de l’étambot et du gouvernail. L’Administration pourra disposer de ces plans pour faire construire, mais exclusivement pour elle, d’autres navires du même type.
Au moment de la livraison de chaque navire, le Constructeur remettra à l’Administration :
1° - Les documents demandés par la commission de surveillance pour obtenir le permis de navigation.
2° - Les certificats du Bureau Veritas et du Lloyd’s Register constatant que le navire a reçu la cote spécifiée. En outre, pour toute la série des navires, le Constructeur remettra un seul jeu de plans sur calque, conformes à l’exécution et en outre, pour chaque navire, deux jeux d’héliographies sur fond blanc comprenant : le plan des formes et l’échelle de déplacement, le plan des emménagements, la coupe au maître, le plan de l’étambot et du gouvernail, le plan général des machines, le plan des chaudières, le plan de pompage et un plan indiquant la position des cloisons et des portes étanches, les dispositifs de manœuvre de ces dernières et le tuyautage d'incendie avec la position des prises d’eau, ainsi que les plans ou catalogues permettant la commande des pièces de rechange de l’appareil moteur et évaporatoire et des appareils auxiliaires. Il sera fourni également, le cas échéant en nombre égal aux jeux de plans, les instructions détaillées pour la conduite des appareils spéciaux.
Enfin, en cours de construction, il sera remis aux représentants locaux de l’Administration, sur leur demande, les plans de détail dont ils pourraient avoir besoin pour l’exercice de leur surveillance.
Garantie
Article X
Le Constructeur garantit la bonne exécution et le bon fonctionnement des machines et appareils auxiliaires pendant une période de 6 mois à partir de la date de la recette définitive.
Toute avarie étrangère à des cas de force majeure et ne provenant ni d’usure naturelle, ni du fait du personnel utilisant le navire, qui surviendrait pendant ce temps, serait réparée aux frais du Constructeur par les soins de l’Administration ou par les soins du Constructeur lui-même, au choix de l'Administration, sans indemnité.
Le délai de garantie ne pourra être prolongé si l’Administration fait exécuter d’office au compte du Constructeur, les réparations reconnues nécessaires. Si, au contraire, elle laisse au Constructeur le soin de faire ces réparations, ce délai pourra être prolongé pour les organes réparés et ceux qui en dépendent pendant une durée qui sera fixée par l’Administration en raison de l'importance des avaries et ne pourra dépasser 6 mois.
Dans ce cas, et après vérification des réparations effectuées, le solde de la fourniture sera liquidé après l’expiration du délai primitif, défalcation faite d’une fraction calculée au prorata de la valeur d’ensemble des installations ayant donné lieu à prolongation du délai de garantie.
Il est stipulé que le Constructeur n’est pas responsable des avaries provenant du mauvais temps, du personnel à bord et en général, de tiers quelconques.
En aucun cas et pour quelque cause que ce soit, les responsabilités du Constructeur ne s’étendront à des dommages indirects et l’Administration s'engage formellement à renoncer à toute réclamation au sujet des dommages de ce genre.
D’une manière générale, en cas de contestation, l’Administration devra faire la preuve que l’avarie est imputable à la garantie.
Pendant la durée de cette garantie, le Constructeur aura le droit de conserver à bord un mécanicien de garantie chargé de surveiller la marche des appareils. Cet agent ne recevra de l’Administration ni solde, ni indemnité ; il aura droit seulement à la nourriture et sera traité comme un officier-mécanicien du bord.
Commande de matières, accessoires et appareils
Article XI
Les matières, accessoires et appareils entrant dans la construction du navire devront être d’origine française, sauf autorisation spéciale de l’Administration.
Prix de la fourniture
Article XII
Le prix de chacun des huit navires commandés ferme par le présent contrat est fixé à 4 817 500 (quatre millions huit cent dix-sept mille cinq cents francs).
Ce prix correspond à un prix de base de 500 F (cinq cents francs) la tonne pour les tôles et profilés de coque livrés sur wagon dans les usines métallurgiques françaises.
Ce prix correspond d’autre part, au bordereau de salaires appliqués actuellement dans les chantiers du Trait et correspondant à la journée de huit heures, bordereau qui est annexé au présent marché.
En cas de variation de ces éléments, le prix à forfait prévu ci-dessus subira des corrections définies comme il est indiqué ci-après :
Correction de prix suivant la valeur des matériaux.
Le tonnage de matériaux d’acier employés dans la construction du navire étant estimé à environ 2 000 tonnes, si le prix des matériaux d’acier pour coque varie de 5 francs par tonne en plus ou en moins par rapport au prix indiqué ci-dessus le prix du navire variera donc de F 10 000.
L’Administration aura le droit de contrôler le tonnage réellement employé et la variation de prix sera établie suivant le chiffre de ce tonnage.
Correction de prix suivant la valeur de la main-d’œuvre
Le nombre de journées d’ouvriers nécessaires pour la construction du navire et de tous ses accessoires étant estimé à environ 125 000, cette correction sera de 12 500 francs si le salaire journalier moyen varie de 0,10 pendant toute la durée de la construction du navire par suite de modifications officiellement sanctionnées du bordereau de salaires, l’Administration aura le droit de contrôler les journées d'ouvriers employées, afin de corriger proportionnellement s’il y a lieu, l’importance de la correction ci dessus.
Enfin, la correction sera de 7 000 francs si le prix moyen du charbon varie de 5 francs par tonne, pendant toute la durée de la construction, le prix actuel servant de base au forfait ci-dessus étant de 120 francs la tonne.
Pour calculer la variation totale du salaire journalier moyen pendant la durée de la construction, on calculera, pour chaque bordereau officiellement sanctionné, la variation du salaire journalier moyen correspondant. A cet effet, on totalisera les salaires, indemnités et primes de toutes natures payés à l’ensemble des ouvriers du chantier et, s’il y a lieu, des sous-traitants, pendant la quinzaine qui précède la mise en application du bordereau, et on divisera ce total par le nombre de journées de présence de ces ouvriers, ce qui donnera le salaire journalier moyen au moment de l’application du bordereau. On fera le même calcul appliqué à la même période, mais avec les nouveaux salaires horaires résultant du bordereau modifié. La différence donnera la variation de salaire journalier moyen résultant de la modification. On multipliera cette variation par n/T, n étant le nombre de journées dépensées sur le bâtiment considéré depuis la date de mise en vigueur du bordereau Jusqu’à la recette du bâtiment et T le nombre total de journées dépensées pour la construction[1]. La somme des produits ainsi obtenue donnera la variation totale du salaire journalier moyen pendant toute la durée de la construction.
En ce qui concerne le charbon, chaque variation de cours officiel, sera multipliée par le rapport t-30/T[2], t étant le nombre de Jours de calendrier écoulés depuis la date de notification du cours jusqu’à la recette du bâtiment ; T la durée totale de la construction.
La somme des produits ainsi obtenue constituera lu variation moyenne du prix du charbon pendant la durée de la construction. Toute variation de cours inférieure à 5 francs par tonne ne donnera lieu à aucune correction. Les corrections seront réglées au moment du paiement de l’avant-dernier terme ou s’il y a lieu du dernier terme.
Paiement
Article XIII
Le paiement aura lieu, pour chaque navire, en cinq termes, savoir :
1° terme 2/10 à la signature du contrat
2° terme 3/10 après le montage de la membrure
3° terme 3/10 au lancement
4° terme 1/10 après la recette du navire
5° terme 1/10 à l’expiration du délai de garantie
L’Administration se libérera des sommes dues en exécution du présent contrat en se faisant donner crédit, conformément aux dispositions du décret du 20 juin 1916 à la Banque de France à Paris, à charge pour elle d’en imputer le montant au compte ouvert dans ses écritures, au nom du Constructeur.
Avant le paiement du premier terme, le Constructeur fournira une caution solvable, s’engageant solidairement avec lui à garantir le remboursement de ce terme.
L’Administration se réserve le droit de ne pas accepter la caution présentée, sans qu’elle soit tenue de donner le motif de cette non-acceptation.
Les factures seront adressées en double expédition dont une sur papier timbré, par l’intermédiaire des représentants locaux de l’Administration.
Article XIV
Pour l'exécution de la présente fourniture, le Constructeur sera soumis aux obligations qui résultent de la législation ouvrière, notamment en ce qui concerne le repos hebdomadaire et l’application des lois relatives aux retraites ouvrières.
Enregistrement
Article XV
Le présent marché sera timbré et enregistré, puis reproduit par les soins et aux frais du Constructeur en 20 exemplaires.
Fait à Paris en double expédition le 19 juillet 1919
Signature du soumissionnaire
Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime – Worms & Cie
Le directeur :
Paris, le 20 octobre 1919
Signé : L. Achard
Pour le ministre de la Reconstitution industrielle
Par autorisation le directeur du Bureau national des charbons
Signé : Breynaert.
Cargo-boat charbonnier de 4 700 tonnes de port en lourd
Spécifications des fournitures
[Voir le PDF :
- Dimensions principales - p. 9
- Description de la coque - p. 10
- Cloisonnement - p. 10
- Water-Ballast - p. 10
- Pont - p. 10
- Soute à charbon - p. 10
- Structure de la coque métallique - p. 10
- Divers se rapportant à la coque métallique - p. 11
- Jambettes de pavois - p. 11
- Peinture - p. 11
- Coque en bois - p. 11
- Borde des ponts - p. 11
- Timonerie - p. 11
- Vaigrage des cales - p. 11
- Accessoires relatifs au mouillage, à l’amarrage et à l’embossage - p. 12
- Gouvernail et ses accessoires - p. 12
- Emménagements - p. 12
- Passerelle supérieure - p. 13
- Kiosque arrière - p. 13
- Peak arrière - p. 13
- Cloisons et portes métalliques des logements - p. 13
- Menuiserie des logements - p. 13
- Serrurerie des logements - p. 13
- Tapisserie des logements - p. 14
- Éclairage des logements - p. 15
- Chauffage des logements - p. 15
- Aération des logements - p. 15
- Compartiment des machines et chaudières - p. 15
- Soute à charbon - p. 15
- Embarcations - p. 15
- Eau potable - p. 16
- Appareils auxiliaires - p. 16
- Pompes à bras - p. 16
- 1 guindeau à vapeur - p. 16
- 1 servomoteur à vapeur - p. 16
- 1 transmetteur d’ordre et 1 porte-voix - p. 16
- 1 dynamo électrique - p. 17
- 1 treuil à escarbilles - p. 17
- Tuyautage de vapeur et d’échappement des appareils auxiliaires - p. 17
- Tuyautage du service d’incendie - p. 17
- Tuyautage d’extinction dans les soutes et les cales - p. 17
- Tuyautage des calorifères - p. 17
- Tuyautage d’air et de sonde des ballasts, des peaks et des cales - p. 17
- Tuyautage d’épuisement des ballasts et des cales - p. 18
- Nables - p. 18
- Trou d’homme des water-ballasts - p. 18
- Échelles, rambardes, chandeliers, etc. - p. 18
- Appareils pour signaux accessoires sur les passerelles etc. - p. 18
- Nom du navire - p. 18
- Lumière électrique - p. 18
- Éclairage au pétrole - p. 19
- Sonneries électriques - p. 19
- Prélarts, tentes, capots, etc. - p. 20
- Pavillonnerie - p. 20
- Aussières - p. 20
- Divers : la cuisine, poêles, filtre, baignoires, coffre à médicaments, lampisterie, éclairage de secours, timonerie, inventaire : batterie de cuisine, outillage du maître charpentier, tonnellerie, office du commandant - pp. 20-26
- Appareils moteurs et évaporatoires : machine - conditions générales, cylindres, pp. 25-26…]
[1] La main d’œuvre correspondant à des travaux communs à une série de bâtiments sera répartie également sur chacun d'eux.
[2] On admet un délai de 30 jours pour l’écoulement des stocks.
1919.07.21.De Worms et Cie Newcastle
Double de courrierNB : La copie image de ce document, de mauvaise qualité, n'a pas été conservée.Newcastle-on-Tyne, July, 21st 1919Mrs Worms & Co.ParisDear Sirs,Coal exporters status.I am in receipt of your favour of the 16th inst. When I wrote to you that Mr. Lee agrees with Mr. Goodger I should have explained that Mr. Lee agrees with Mr. Goodger as regards Paris, Cardiff, Newcastle, etc. being one entity, I thought however from the context of my letter I had made this sufficiently clear. Mr. Lee's contention is that being one entity, that instead of being exporters, we are the French importers. I have heard nothing further from Mr. Hindley.I am now looking forward with interest to know what has been done by Mr. Loucheur.You ask me the date when our Newcastle branch was opened. I am sorry to say that I have no actual information on this point. Mr. Ward tells me that the branch was opened by Mr. Arthur Pring before the Crimean War, which will certainly mean that this branch has been established for at least 70 years. I cannot go to our bankers for this information because the bank with whom we then dealt has beer cut of existence for very many years. I have no knowledge that we ever acted here on behalf of the British Admiralty. I do not know if such was the case at Cardiff.
1919.07.22.De Worms et Cie Cardiff
Double de courrierNB : La copie image de ce document, de mauvaise qualité, n'a pas été conservée.Cardiff, 22nd July 1919Mrs Worms & CieParisDear Sirs,We duly received your special to the undersigned, dated the 15th inst. and we promptly advised Mrs Burness that the genesis of your firm in this country was the arrival in Hull about 1848 of the late the late Mr Henry Josse; the establishment there and at Newcastle of branch agencies for your account, we do not know in what sequence, followed later by one here in the early fifties, and as a matter of fact we carefully preserve the original brass door' plate which according to old inhabitants, was affixed to the door of our late offices, 10, .Bute Crescent for over 60 years. It bears the laconic inscription "H. Worms", to which in later days must have been added, when the accommodation therein was increased, the word "entrance next door".We never held any definite standing as British Admiralty agents but until 1869, they invariably sent us, like Mrs Cory Bros. & C° and one or two other firms requests to tender for certain of their depots notably Halifax, Nova, Scotia, Bermuda, Esquimalt, Ascension, Sierra Leone, etc, the bulk of which business we captured for very many years. Then these orders were executed by Mrs Harrison, Moore & C° whom the Admiralty appointed their regular agents to effect shipments to these ports as well as the home dockyards, which latter held until the dissolution of that firm in December 1910, when Mr Wm Mathwin & Sons, the Newcastle agents, opened an office here as their successors, which appointment they still hold.All we think you would be justified in stating would be that you were for many years contractors to H. M. Admiralty until their foreign dockyards were supplied direct.Yours very truly.
1919.07.22.De Worms et Cie Grimsby.A Worms et Cie Newcastle
Double de courrierNB : La copie image de ce document, de mauvaise qualité, n'a pas été conservée.Worms & C° Grimsby, 22nd July 1919W. Torry Esq.Mrs Worms & C° NewcastleDear Mr Torry,I am in receipt of your favour of the 21st inst. and note contents best thanks.I regret we have no records which will fix the date when this office was established but I find that the Great Central Railway Official Album gives the date as 1855.The paragraph in the Album reads as under:"The records of the eminent firm of Worms & C° form a most significant chapter in the economic history of Grimsby as in a great coal shipping port. A glance thereat shows that it was in 1855 that the late Mr Henry Josse, acting as agent for the great House of Hypolite Worms, commenced his commercial operations in the port and from that period the name of Worms has become a tower of strength in Cardiff, Newport, Swansea, Newcastle, Sunderland, Hartlepool, Hull, Grimsby and Goole."I consider that the above information may be accepted as authentic and I shall be obliged if you would advise Mr Worms accordingly.Trusting you are well, with kindest regards.Yours sincerely.
1919.07.23.Au ministre de la Reconstitution industrielle.Paris
Double de courrierNB : La copie image de ce document, de mauvaise qualité, n'a pas été conservée.Paris, le 23 juillet 1919Monsieur le Ministre,Nous nous permettons de venir vous entretenir de nouveau des difficultés qu'éprouvent les maisons françaises qui ont des succursales en Angleterre et que le gouvernement britannique (département du Coal contrôler) refuse de reconnaître sous le prétexte que ces succursales ne sont pas indépendantes de leur siège social, et que par conséquent ces maisons françaises sont favorisées par rapport à d'autres important par l'intermédiaire d'exportateurs anglais.Nous ne nous étendrons pas sur cette manière de voir que vous connaissez aussi bien que nous, mais nous tenons toutefois à faire les remarques suivantes :Cette situation de faveur dont bénéficient les maisons françaises n'existe pas, ou est, en tous cas, illusoire. Nous croyons, en effet, qu'il vous sera facile, au moyen des statistiques du Bureau national des charbons, de vous rendre compte que le pourcentage des exportations faites en Angleterre par les maisons anglaises par rapport à celles des succursales de maisons françaises est actuellement inférieur à ce qu'il était avant la guerre. Par conséquent les maisons françaises ont perdu du trafic au profit des exportateurs anglais.De plus, le Coal Controller objecte que certains profits sortent d'Angleterre pour venir en France. C'est possible lorsque les succursales de maisons françaises ont réalisé des bénéfices leur permettant après paiement de tous leurs frais généraux, impôts anglais, etc. de montrer un surplus net qui est crédité au siège social, mais c'est tout à fait minime, d'abord parce que cela ne joue pas sur des quantités bien grandes et ensuite parce que les maisons françaises établies en Angleterre sont peu nombreuses. Or le Coal Controller semble oublier, ce qui, à notre avis, est l'argument décisif, qu'il y a en France un nombre beaucoup plus considérable de sociétés ou maisons anglaises faisant l'importation du charbon, soit en leur propre nom, soit avec la façade de sociétés anonymes françaises, presque toutes les grandes maisons anglaises sont en effet représentées dans notre pays. Sous quelque forme que ce soit, ces sociétés ou maisons anglaises prennent chez nous la place de maisons françaises, réalisent les bénéfices dus à l'importateur et en fin de compte envoient en Angleterre, à la fin de chaque exercice, des sommes considérablement plus importantes que celles venant d'Angleterre par l'intermédiaire d'exportateurs français.Nous allons maintenant, si vous le voulez bien, prendre notre propre exemple. Notre Maison fondée en 1848, créa, tout de suite après 1850 des succursales en Angleterre. Le fondateur de notre Maison, feu Monsieur Hypolite Worms, a, du reste, été un des initiateurs de l'exportation du charbon anglais à destination d'outre-mer. Voilà donc presque 70 ans que nous exportons du charbon d'Angleterre à l'aide de nos succursales. Le Coal Controller refuse maintenant de nous reconnaître la capacité d'"exportateurs", alors que n'importe quel individu, sujet britannique, même naturalisé de fraîche date, peut s'installer, ouvrir un bureau et être, lui, reconnu pour exportateur, et tout cela uniquement parce que nos succursales ne sont pas financièrement indépendantes de notre siège social et que lorsque nous avons payé tous nos frais en Angleterre, les impôts anglais, participation du directeur, etc. lorsqu'il y a un bénéfice net restant, ce bénéfice est, dans les écritures, crédité au siège social.Lorsque nous avons appris la chose, nous n'avons pas voulu l'admettre et le directeur de notre Maison de Newcastle a eu, tout dernièrement, une entrevue avec Mr Lee, Coal Controller. Il lui expliqua très franchement notre situation, la conversation fut tout à fait cordiale, le Coal Controller ne modifia pas son point de vue et répondit, après une longue discussion, que nous n'avions que les trois alternatives suivantes :1° Laisser nos succursales telles qu'elles sont, mais remettre aux mines la totalité des bénéfices de l'exportateur, c'est-à-dire les 2 % et le 1/3 de courtage, ce qui sera pour nous une lourde charge, puisque au lieu d'avoir des maisons pouvant se soutenir elles-mêmes, nous aurons des établissements lourdement déficitaires, ce qui amènera leur fermeture,2° Former des sociétés anonymes anglaises qui deviendraient indépendantes, en ajoutant toutefois que la Loi allait probablement être prochainement modifiée, ce qui interdirait aux maisons françaises de constituer des sociétés qui ne seraient pas purement anglaises,3° Transformer nos directeurs en agents pour qu'ils gardent ainsi, en Angleterre, la totalité des bénéfices de l'exportation.Aucune des trois solutions du Coal Controller ne nous donne satisfaction, car nous estimons, comme Français, qu'il est nécessaire de maintenir nos organisations actuelles et nous sommes persuadés, Monsieur le Ministre, que vous jugerez de même.Nous savons que vous avez déjà fait approcher le gouvernement britannique à ce sujet et nous vous demanderons donc de poursuivre la chose avec votre grande énergie, car il s'agit d'une question d'une importance capitale, non seulement pour des intérêts particuliers respectables, mais pour l'intérêt général du pays.En tous cas nous ne pourrions pas admettre que les Anglais aient le droit d'être importateurs de charbon an France et qu'il soit interdit aux Français de faire de l'exportation de charbon d'Angleterre.Si le gouvernement français décidait d'employer des moyens de réciprocité, c'est encore l'Angleterre qui subirait les plus gros inconvénients de cette politique, comme nous croyons l'avoir montré plus haut, car il y aurait lieu d'interdire à toute maison ou société anglaise de faire de l'importation en France, sous une forme quelconque, et nous irons même plus loin, en disant que puisque les négociants importateurs français ne peuvent pas acheter eux-mêmes leur charbon et le vendre comme ils l'entendent, nous ne voyons pas pourquoi on n'interdirait pas aux consommateurs ou services publics français d'acheter directement leur charbon à des exportateurs anglais, sans passer par des négociants français. Sans quoi la politique de l'Angleterre consisterait à donner à ses nationaux le monopole de la vente du charbon en France.Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l'expression de notre haute considération.Worms & CieMonsieur le ministre de la Reconstitution industrielleParis
1919.08.05.De J. Cohier - entrepreneur.A Worms & Cie.Note.ACSM
J. Cohier, entrepreneur à Dourdan, Seine-et-Oise
5 août 1919
À la société Worms & Cie 45, boulevard Haussmann - Paris
Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, au Trait par Duclair - Seine-Inférieure
Messieurs les directeurs,
J’ai l’honneur de vous rappeler ma lettre du 8 juillet dernier restée sans réponse, par laquelle je vous signalais que mes sous-traitants m’avaient écrit une lettre recommandée, dont ma lettre contenait les copies, par lesquelles ils me réclamaient une augmentation de 60 % sur les travaux en cours, augmentation motivée par l’augmentation de tous les produits, des frais généraux, des transports, main d’œuvre, etc., et ils m’informaient que sans réponse satisfaisante, ils ne pourraient continuer les travaux, et retireraient leurs ouvriers à l’expiration de la huitaine de l’avis à moi donné. A mon tour je vous demandais de vouloir bien m'accorder cette même augmentation de 60 % et vous informais que je ne pourrais moi-même continuer les travaux si cette augmentation n’était pas accordée. Vous avez trouvé sans doute qu’il était sage de ne pas répondre à cette demande, c’est pourquoi je tiens à vous la réitérer en l’appuyant d’explications que vous ne pourrez contredire puisqu’elles sont l’expression de la vérité.
En août 1917, j’ai traité avec votre société pour la construction de 32 maisons ouvrières au Trait, d’après les plans établis dressés par moi, et par vous acceptés, et selon les conditions établies par vous en un cahier des charges que j’ai approuvé et auquel j e me suis soumis.
Pour établir les prix à forfait, j’avais pris pour base la valeur des matériaux à cette époque, c'est-à-dire que les fers coûtaient alors 48 F les 100 K, le ciment 60 F la tonne, le plâtre 35,50 le mètre cube, le sable pris à Juvisy, et le caillou pour béton pris au Trait 8 F le mètre cube.
En vertu de cette faculté de sous-traiter qui m'était accordée par le cahier des charges, j’ai sous-traité les fouilles et le béton à M. Bertrand, la charpente, la menuiserie et la serrurerie à la maison Canat, la couverture à la maison Vve Chapellier et Bance, la peinture avec la maison Pelfrene, le carrelage avec la maison Boullenger de Paris, les cheminées avec la maison Curta, les fournitures de ciment avec la Société des ciments français, les lièges avec la Société des lièges de Lasserens, les éviers et appareils avec la maison Dellafond et aussi les tuyaux de grès, enfin les citernes et les fossés avec MM. Ringot Frères alors à Dunkerque ; cela aussitôt la signature de notre marché, et ces sous-traitants furent acceptés par votre architecte, M. Majou.
Les travaux ont été commencés dans les conditions prévues et continués avec toute la célérité voulue tant qu’aucun obstacle n’a été apporté à leur exécution.
En décembre 1917, un décret du gouvernement a annulé tous les marchés relatifs aux fournitures des matériaux, par suite la Société des ciments Français avec qui j'avais traité pour une fourniture de 30 tonnes par mois en septembre 1917 et qui n’avait pu me fournir que 30 tonnes seulement au 31 décembre 1917, me dénonça son marché. Les fournitures de tous les matériaux ne se firent plus que par les comptoirs gouvernementaux et le ciment fut cédé par eux 120 F en janvier, 140 en février et atteignit jusqu’au prix de 185 F la tonne en 1918. Malgré cette augmentation, les quantités qui devaient être fournies furent considérablement réduites ce qui empêcha la production de l’usine.
Par voie de conséquence, M. Bertrand qui avait sous-traité le béton annula son marché, je dus traiter avec M. Lesueur de Rouen, à un chiffre plus élevé que celui primitivement prévu.
M. Lesueur ne put commencer qu’en février 1918.
Lors de la signature du marché avec votre société, on m’avait [laissé] espérer que les travaux étant destinés à la Marine marchande, dans un but et dans l’intérêt national, j’obtiendrais la mise en sursis de tout mon personnel mobilisé, là encore j’éprouvai une déception. Un de mes ouvriers, le premier, fut mis en sursis en février 1918, un second en mai, quant aux autres ils ne le furent qu’à la fin de 1918 et pas tous. Mon commis principal qui m’était indispensable et sur lequel je comptais le plus, ne put obtenir aucun sursis et ne revint qu’après la démobilisation en février 1919.
Les plans que vous m’avez remis portent le tracé d’un embranchement, raccordé à la ligne du chemin de fer, ce qui devait supprimer les frais de camionnage de la station de la Mailleraye au Trait. Ce raccordement ne fonctionne que depuis juin 1919, jusque-là j’ai dû supporter des frais de camionnage très élevés qui n’étaient pas prévus lors de l'établissement de mes prix de revient.
Je dus faire venir du sable par voie ferrée et je ne pus obtenir que le transport d’un wagon.
La loi du 31 mars 1918, sur le relèvement temporaire des tarifs de Chemin de Fer, éleva ce tarif une première fois de 25 %, une seconde de 12 %.
Les wagons se firent de plus en plus rares, et il devenait presque impossible d’en obtenir, les lièges commandés en août n'arrivèrent qu'en juin 1919, les bois restèrent plus de 8 mois sur le quai de départ et les derniers wagons ne partirent pour Rouen qu’en 1919. Je dus en effet vous signaler ces difficultés, vous intervinrent il est vrai, mais nos efforts communs furent presque sans objet, cela sans reproche, c’était la conséquence des difficultés générales nées de la guerre. Bien mieux nos instances et nos réclamations auprès de la direction de la Marine marchande, motivèrent à un moment donné l’idée à cette administration d’arrêter la construction des maisons en ciment armé pour les remplacer par des maisons en bois. Cette modification n’eut pas lieu, mais elle eut pour conséquence un arrêt dans les fournitures et dans les transports des matériaux.
Entre temps la Société me causa de graves préjudices contre lesquels j’ai protesté à l’époque, et que je tiens à rappeler ici.
En 1918, vous décidèrent la construction par vos soins de plusieurs bâtiments et le surveillant de M. Majou fut chargé de la conduite de ces travaux, contrairement aux stipulations du marché afin de se procurer des ouvriers, il embaucha un de mes hommes et le lendemain cet ouvrier travaillait sur vos chantiers contrairement aux stipulations du cahier des charges (art. 7) qui interdisait aux entrepreneurs d’embaucher les ouvriers d’un collègue avant un mois de débauchage , il offrit même un salaire supérieur, et je fus obligé de ce fait d’augmenter moi-même mes ouvriers de 0 F 30 par heure, ce qui fut l’objet d’une protestation de ma part, adressée à M. Majou à la date du 28 juillet 1918.
13 maisons étaient à peu près achevées, dont 12 sauf la peinture, furent à mon insu et avant leur réception, prises par vous et mises à la disposition de votre personnel, empêchant ainsi le peintre de terminer, sans un travail et une gêne supplémentaires ce qui m’a empêché également de toucher les acomptes correspondants.
La mesure fut portée à son comble par la loi du 23 avril 1919 sur la journée de 8 heures, les conséquences en apparurent aussitôt ; mes sous-traitants m’avisèrent qu’ils ne pouvaient plus continuer et me réclamèrent une augmentation de 60 % sur les travaux en cours, je ne pouvais que vous transmettre ces réclamations auxquelles vous n’avez pas répondu.
De mon côté j’examinai ces réclamations et ne trouvais rien à leur objecter, et pour ma part je concluais à pareille demande. En effet le ciment de 60 F est passé à 120 F puis à 140 dès février 1918, il a atteint 185 F soit 200 %. Le plâtre de 35 F 50 est arrivé à 65 F soit 90 % en plus, la main d’œuvre de 0 F 90 est passée à 1 F 20 puis à 1 F 50 ensuite 2 F et 2 F 50. Le fer qui valait au début 48 F a valu 145 F et enfin le bois qui valait en 1917 200 F le mètre cube vaut depuis 1918 450 F.
Aucun reproche ne peut m’être adressé, au point de vue de l’accélération des travaux, j'ai fait tout ce qui était humainement possible de faire pour obtenir des approvisionnements, des marchandises et des transports sans obtenir d’appréciables résultats la faute en est à l’époque actuelle, et ne peut m’être imputable.
Messieurs Achard et Majou, pensant que je travaillais à d’autres entreprises sont venus eux-mêmes à Dourdan de façon peu normale puisqu'ils n’ont pas crû devoir me prévenir ni passer par mon bureau. Ils se sont introduits dans mon atelier, ont questionné en mon absence mes ouvriers, et ont acquis la preuve et la conviction que je manquais de ciment depuis 6 semaines et de plâtre depuis 20 jours. Si ces Messieurs avaient jugé opportun de me faire part de leur visite je leur aurais fait voir toutes mes lettres de réclamation et de cette façon ils auraient pu se faire une idée des difficultés, et vu que le manque de fabrication ne pouvait m’être imputable, mais seulement au manque de marchandises.
Depuis j’ai constitué une société anonyme, sous la dénomination de Société de constructions coulées [sic], mais en prévision de mon contrat avec la société Worms et Cie je me suis réservé exclusivement l’exécution de ce contrat, et pour y faire face, l’atelier de la gare de Dourdan le matériel et le personnel qui y a toujours été employé. Une usine est en construction à un autre endroit pour la nouvelle société et une main d’œuvre spéciale y est employée.
Vous comprendrez qu’en présence de l’augmentation qui m’est réclamée, et que je réclame moi-même, justifiée par l’exposé qui précède, il m’est impossible de continuer les travaux, ne pouvant accorder cette augmentation si je n’obtiens pas la contrepartie de vous, et pour cela vous comprendrez également que j’ai besoin d’être fixé, et ce sous réserve des réclamations ultérieurement faites, notamment par ma lettre du 28 juillet 1919, d’une façon formelle dans le plus bref délai.
Aussi c’est là ma conclusion, si dans la huitaine je n’obtiens pas cet engagement de votre part, je prendrai telles dispositions de droit.
Veuillez croire à tous mes regrets, Messieurs les directeurs, et agréer, je vous prie, mes empressées salutations.
[Signé] Cohier