1917.11.16.De Worms et Cie Le Havre.A Veuve Hottat et Fils

16 novembre 1917
Messieurs Veuve A. Hottat et Fils
40, rue des Écoles - Paris

Messieurs,
Nous recevons ce matin votre lettre du 14 courant renfermant la copie de celle que vous avez adressée le même jour à notre architecte, M. Gustave Majou.
A nouveau, vous insinuez que si la construction de l'appontement s'avance lentement c'est parce que nous y avons un intérêt ; dans une lettre précédente vous aviez attribué ce retard à une opposition systématique. Ce sont là de pures sottises, aussi nous ne nous y arrêtons pas.
Mais, par exemple, nous protestons énergiquement contre votre prétention de faire dépendre l'avancement de vos travaux de construction de notre appontement ; à aucun moment nous ne vous avons garanti la livraison de cet ouvrage pour une date déterminée. Nous n'avions pas à le faire et il vous faut beaucoup d'audace pour essayer, depuis quelques jours, de transformer ce qui est pure obligeance de notre part en une obligation.
Pour la troisième fois, dites-vous, vous renouvelez votre proposition d'effectuer l'achèvement dans les conditions gracieuses que vous avez déjà proposées, à deux reprises, en reprenant les travaux dans leur état actuel et en les terminant entièrement, à vos frais, au moyen des matériaux : bois et ferrures qui vous seraient fournis par nous. Ce sont bien là, n'est-ce pas, les termes mêmes de votre offre ?
C'est donc pour la troisième fois que nous vous répétons ne pas pouvoir accepter une proposition ainsi formulée et, pour la troisième fois, nous vous en donnons les raisons.
1° - Nous sommes liés par un marché avec M. Péqueur pour la construction de l'appontement. Ce marché est bilatérale : nous entendons en poursuivre l'exécution et il ne nous serait pas loisible de le détruire sans l'assentiment de l'autre partie.
2° - Nous ne pouvons, ni ne voulons fournir les bois et ferrures nécessaires à la construction de l'appontement, pas plus que nous n'avons accepté dans nos marchés avec vous d'intervenir dans la livraison des matériaux destinés à votre entreprise.
Il semble résulter de votre lettre que vous avez vu M. Pequeur et qu'il serait disposé à s'arranger avec vous.
S'il en est bien ainsi cet arrangement peut être très simple.
Proposez à M. Péqueur d'être son sous-traitant pour l'exécution du travail qui lui reste à achever. Pour notre part, nous ne nous y opposerons pas. Mais il sera bien entendu que M. Pequeur restera responsable vis-à-vis de nous de l'exécution de son marché et que c'est entre ses mains que nous verserons les sommes dues en vertu de ce marché.
Quand l'appontement sera achevé et que
nous en aurons pris livraison, nous vous autoriserons alors à vous en servir conjointement avec nous. comme nous vous l'avons obligeamment offert, mais vous serez naturellement responsables des détériorations que vous pourrez y causer.

Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations sincères.


Retour aux archives de 1917