1893.11.17.De A. E. Monod - Worms Josse et Cie Marseille

NB : La copie image de ce document de très mauvaise qualité n'a pas été conservée.

17 novembre 1893
MM. Worms Josse & Cie
Paris

Messieurs,
J'arrive d'Aix juste à temps pour vous rendre compte de mon entretien avec M. Bergeon, par le "Rapide", avant d'aller à la compagnie Fraissinet pour traiter et tâcher d'enlever l'affaire de Las Palmas, conformément à votre lettre particulière d'hier et à votre télégramme de ce jour ainsi conçu :
«  Offrons Fraissinet marché 1894 Palmas 20/ six. Espérons nous donnera préférence. »
J'ai trouvé M. Bergeon bien indisposé pour nous, comme toujours, très cordial, très désireux sincèrement, je le crois, de nous appuyer mais plus que jamais entiché de son Wearmouth.
Rentré ce matin même d'un voyage à Lyon, il en rapporte la nouvelle que M. Vautier vient de conclure avec M. Depeau un contrat de 5.000 tonnes sur 1894 pour l'usine d'Aix, au prix de 20F70 sur wagons, Marseille, ce qui, en ajoutant les frais de réexpédition qui sont de 2F55, fait un total de 23F25 la tonne rendue en gare d'Aix, c'est-à-dire 75 centimes de moins que notre marché de 1893, qui avait été conclu à 24 F et 1F75 de moins que le prix demandé par nous à M. Vautier pour 1894 !
Il y a décidément des gâches métiers !
Le prix fait par M. Depeau équivaut exactement au prix de revient exact (sans aucun bénéfice et en tenant compte de toutes les bonifications d'affrètement) basé sur un premier coût de 7/6 et un fret de 7/6.
M. Bergeon croit, sans en être sûr, car chacun des agents de M. Vautier ne s'occupe guère que de ce qui le concerne personnellement, que sa maison a dû conclure également des contrats partiels pour ses autres usines de la région, Orange et Alais (celle de Carpentras est devenue indépendante) et ce qui le confirme dans cette opinion est qu'on lui a fait diriger sur Orange déjà une partie du lot de Wearmouth d'environ 1 100 tonnes qu'il avait achetées récemment au "Prudent".
Il m'a dit que, malgré le bas prix, M. Vautier n'avait pas voulu se lier d'emblée avec M. Depeau. La totalité de ses besoins qui seront pour avis de 2 à 4.000 tonnes parce qu'il voulait renouveler ses essais, sachant par expérience qu'une même mine ne donne pas toujours égale satisfaction. Pour tout ou partie de sa consommation, M. Bergeon appuiera très volontiers les offres raisonnables que nous pourrions faire à sa maison pour 1894. Il espère que la qualité des 750 tonnes que nous aurons à lui livrer à la fin de l'année pour solder notre marché sera de nature à l'y encourager.
Voilà, aussi succinctement mais exactement que possible, le compte-rendu de notre conversation.
En dehors de l'affaire manquée, ce serait un gros ennui et une grosse complication pour nous que de ne plus servir Aix dont la fourniture formait la base de nos affrètements pour Marseille.
Veuillez agréer, Messieurs, mes salutations très distinguées.

A. Monod

Je vous confirme ma lettre particulière d'hier.

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