1893.08.01.A Worms Josse et Cie Marseille.Original

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Worms Josse & Cie
Ancienne maison
Hypte Worms & Cie

45, boulevard Haussmann
Paris, le 1er août 1893
MM. Worms Josse & Cie
Marseille.

Messieurs,
Nous avons bien reçu vos différentes lettres du 30 écoulé et noté leur contenu. Nous ne pouvons que vous renouveler notre satisfaction de la manière précise et complète dont vous exposez les différentes questions dont vous nous entretenez.
Organisation. Nous voyons avec plaisir que l'entrée en fonction de M. Bousquet a déjà produit de bons résultats. Il lui faut évidemment encore un peu de temps non seulement pour bien comprendre et apprécier ce qui est mais encore pour se rendre compte des changements qu'il pourrait y avoir lieu d'introduire et nous attendons, pour le lire avec intérêt, le rapport qu'il prépare en ce moment.
Chaloupe à vapeur. Nous voyons que vous avez un peu modifié vos vues quant à l'utilité que le "Mutin" pourrait présenter pour nous et nous trouvons parfaitement justes et raisonnables les motifs que vous nous en donnez. Vous savez d'ailleurs que votre opinion concorde avec la nôtre.
Reste la question de l'"Ernestinette". Ce que nous préférerions certainement serait de faire l'acquisition de cette chaloupe, sans compter que cela nous permettrait de nous couvrir de la somme dont M. Quittet nous est redevable, mais si celui-ci ne diminue par ses prétentions, ce qui nous semblerait devoir être de son intérêt à tous les points de vue, nous ne pouvons évidemment pas payer le prix qu'il en demande et qui, pour être probablement le montant réel de ses débours, n'en est pas moins aujourd'hui au-dessus de la valeur de la chaloupe.
Nous ne savons pas si vous ne pourriez pas encore aborder avec M. Quittet la question de vente à des conditions plus modérées. L'approche de l'échéance du 31 août le rendrait peut-être plus conciliant et cela ne serait que faute de pouvoir s'entendre pour un achat que nous aurions à envisager l'hypothèse d'une location. Cette combinaison est pour nous la moins bonne de toutes, d'abord parce que cela nous ennuie un peu d'être les locataires de notre employé et ensuite, parce que les conditions que vous nous indiquez, soit environ 1800 F de location par an et le charbon en plus, nous paraissent un peu onéreuses. Cependant, s'il y a pas moyen de faire autrement, nous vous autorisons à en terminer ainsi. Nous y gagnerons toujours d'avoir une situation un peu plus régulière et de vous permettre de contrôler et de restreindre les frais mensuels de voitures.
Greffulhe. Les tristes événements de ces derniers temps nous avaient fait négliger de vous communiquer la seule réponse que nous ayons reçue de lui sous forme d'un télégramme qu'il nous a adressé le 22 de Dax, comme suit.
« Reçoit votre lettre ici où suis traitement. Vous répondrez aussitôt que possible. »
Cette réponse est tout ce qu'il y a de mois satisfaisant et nous serons évidemment obligés d'en venir à une rupture. Ce qui nous manque malheureusement c'est d'abord une personne suffisamment autorisée qui irait là-bas pour débrouiller la situation et tâcher de prendre possession du matériel que M. Greffulhe nous a affecté en garantie de nos créances sur lui et ensuite, une autre personne qui resterait à Zanzibar et qui serait définitivement installée comme notre représentant directeur et sous notre nom, si tant est que l'agence vaille la peine d'être continuée. Si vous aviez quelques suggestions à nous faire à cet égard elles seraient les bienvenues.
En attendant, nous croyons que cela ne nous avancerait à rien d'écrire à M. Greffulhe à Dax concernant la question des déficits laissés par les derniers envoie mais nous comptons par le prochain courrier joindre nos observations aux vôtres en souhaitant qu'elles produisent de l'effet.
Cannes. Vous faites très bien de rappeler M. Sue à l'ordre en attendant que vous ayez le temps et l'occasion d'examiner la question de modification à apporter à l'agence de Cannes.
M. Adrien Fraissinet. Nous avions emporté la lettre qu'il nous avait adressée le 1er juillet ainsi que la copie de nos deux réponses de la même date. Nous vous les remettons sous ce pli.
Nous voyons que vous pensez pouvoir maintenant restituer à M. Adrien Fraissinet son dépôt de 400 F et lui donner une décharge définitive de sa gestion. Il est toutefois possible qu'il désire que cette décharge soit signée par nous et, pour prévenir toute observation de sa part, il sera peut-être préférable que vous prépariez la lettre et nous l'envoyez à signer.
Grues. Nous ne vous cacherons pas que la combinaison, dont vous nous entretenez et qui consisterait à louer deux grues à la Chambre de commerce, nous sourirait assez. Nous comprenons que malgré cela il nous faudrait toujours en avoir une à nous sur ponton pour les débarquements sur mahonnes mais cela diminuerait d'autant notre déboursé. En attendant que vous ayez pu pousser la chose plus avant avec la Chambre de commerce et savoir quelles conditions de location elle demanderait, nous écrivons à Decout Lacour de la Rochelle et à Milson de Rouen, cela nous paraît suffisant pour le moment.
Time charters. Nous avons à plusieurs reprises tenté de ces opérations à Bordeaux et nous en avons toujours eu si peu de satisfaction que c'est devenu chez nous presque une objections de principe. En somme, on peut dire qu'il n'y a pas de port pour lequel on ne puisse trouver en Angleterre des bateaux à affréter au voyage. C'est une question de 6[...] ou 1/ par tonne de plus ou de moins et vous savez que, par notre lettre d'hier, nous pourrions obtenir des navires pour Saint-Louis du Rhône comme pour toute autre destination et ne préférons beaucoup continuer dans cette voie-là plutôt que de nous mettre sur les bras des navires affrétés au mois qui pourraient peut-être, si toutes les chances nous favorisaient, nous produire une petite économie sur le taux normal des frets, mais avec lesquels par contre nous risquerions d'avoir de gros ennuis et de gros déboires. Tout réfléchi nous préférons donc nous abstenir.
Affaires générales. Ce que vous nous dites concernant les affaires de transit général a toute notre attention et nous allons voir s'il nous est possible de vous aider à vous développer dans cette direction. M. Blondel, à qui nous en avons causé, va faire tout son possible dans ce sens et si, un peu plus tard, nous pouvons trouver quelqu'un de mieux placé que lui, ce qui, nous le reconnaissons volontiers, est tout à fait possible, nous ne manquerons pas de vous en parler. Le difficile c'est que d'abord toutes ou presque toutes les compagnies marseillaises de navigation font le transit pour leurs chargeurs et quant aux maisons importantes de transit, elles ont à Marseille d'anciens correspondants qu'elles ne voudront pas abandonner, sans compter qu'il existe en général chez elles certains procédés irréguliers, par exemple déclarations aux chemins de fer et auxquelles il ne nous conviendrait pas de nous prêter.
Nous sommes avec vous très ennuyés de la mauvaise situation que les quarantaines créent pour le port de Marseille et nous souhaitons vivement de vous en voir promptement débarrassés.
Recevez, Messieurs, nos cordiales salutations.

Worms Josse & Cie


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