1939.12.00.De Hypolite Worms.A Joseph Denis.Note originale

Original

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Note pour M. Denis

J'ai bien reçu la copie de la correspondance avec le Havre et entre Le Havre et la General Steam. Les choses ont changé depuis que j'ai quitté Paris, puisque je vois qu'Émo écrit à la date du 15 décembre : « Nous aurions avantage, dans les circonstances actuelles à profiter des occasions que nous pourrions trouver d'utiliser les bateaux anglais relevant d'un port français sur un autre port français pour évacuer le tonnage à transporter sur les relations considérées ». J'en conclus que la situation s'est complètement retournée et qu'évidemment il n'y a plus assez de bateaux français sur le cabotage national.
Ceci dit, je ne verrais pas beaucoup d'inconvénients à entrer dans les vues de M.Privett s'il était entendu que nous aurions, le cas échéant, le droit de participer au trafic franco-anglais de la General Steam. Mais cette affaire soulève un problème beaucoup plus grave qui est la dérogation du privilège de pavillon.
Le jour où on l'accepterait pour le cabotage national, il serait difficile de la refuser pour le trafic Algérie France, par conséquent c'est évidemment une question qui devra être étudiée par le Comité central des armateurs de France avec le ministère de la Marine marchande.
Or il est assez vraisemblable que ce problème devra être étudié à brève échéance car j'ai déjà soulevé la question vis-à-vis de la Place Fontenoy lorsque j'ai demandé qu'on envoie des agents en Italie pour essayer d'affréter des bateaux italiens pour faire le trafic méditerranéen de phosphates et de minerais et autres matières pondéreuses. Si le ministère rentre dans ces vues et si on trouve le tonnage nécessaire, il faudra bien donner des dérogations.
Quant à moi, j'avoue que je n'y suis pas opposé car il me semble inadmissible qu'en temps de guerre on ne se serve pas de tous les moyens de transport possibles, surtout sur le trafic de la Méditerranée où il y a un tonnage considérable de Grecs et d'Italiens de petites dimensions et de qualité médiocre qui ne peuvent naviguer que dans cette zone, ce qui libérerait d'autant du tonnage français qui pourrait remonter plus haut et servir à d'autres transports.
Il faudrait naturellement qu'il soit bien entendu que la dérogation s'arrêterait automatiquement le jour de la cessation des hostilités.

H. Worms

[Rajout manuscrit :] Il faudrait si le monopole de pavillon, soit sur le cabotage métropolitain, soit sur le trafic France/Algérie, n'avait pas été supprimé en 1914-1918. 


 



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