1915.07.29.Au ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes

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Paris, 29 juillet 1915
Monsieur le ministre du Commerce, de l'Industrie, des Postes et Télégraphes

Monsieur et cher ministre,
Je me suis bien volontiers chargé de mettre sous vos yeux et de recommander à votre bienveillante attention la note ci-incluse avec son annexe, le tout relatif à la création de services de navigation entre la France et la Baltique. Le Comité central des armateurs de France n'avait pas attendu jusqu'à aujourd'hui pour attacher la plus grande importance à ce projet destiné à créer un lien direct entre la France et la Russie, mais il l'a étudié avec encore plus d'attention depuis qu'il a été associé dans la personne de son président M. Jules Charles-Roux aux travaux de la commission pour le développement du commerce franco-russe qui est présidée par l'honorable M. Jules Méline.
Ce projet ne pourra être réalisé qu'à la condition d'obtenir des deux gouvernements français et russe un appui matériel d'une importance à déterminer ultérieurement, et j'ose espérer que, lorsque le gouvernement aura à examiner le principe d'une subvention à allouer à un service maritime de ce genre vous voudrez bien vous prononcer en faveur de ce principe en raison de son intérêt capital au point de vue des relations commerciales et politiques des deux pays.
Veuillez agréer, Monsieur et cher ministre, l'assurance de mes sentiments les meilleurs et les plus distingués.

Worms & Cie

Note sur la création d'un service de navigation entre la France et la Baltique

La commission chargée de rechercher les moyens de développer les relations commerciales de la France et de la Russie s'étant prononcée à l'unanimité pour la création d'un service de navigation maritime entre les ports français et les ports de la Baltique, il est indispensable que les départements intéressés examinent d'urgence la réalisation de ce vœu :
1° - en se prononçant sur la subvention qui sera nécessaire pour la mise en train de ce service et pour en assurer la réussite,
2° - en élaborant le cahier des charges qui, l'armement entendu, réglera les conditions d'exécution de ce service : nombre de départs, escales, vitesse, etc.
L'urgence de la mise en train de ces études s'explique par la nécessité, pour les armateurs que ce service pourra intéresser, d'être fixés sur les conditions exigées de façon à pouvoir commander le matériel le plus tôt possible.
Il ne faut pas, en effet, perdre de vue qu'il s'agit d'une navigation un peu spéciale et pour laquelle on ne peut espérer trouver sur le marché des navires tout faits répondant aux besoins de cette navigation.
Il faudra donc les commander et on ne peut espérer, dans les conditions actuelles, pouvoir en obtenir la livraison avant moins de 15 à 18 mois. Or, pour réussir, le service considéré devra commencer à fonctionner le plus tôt possible, de façon à ne pas laisser prendre la place par des étrangers. Il faut que la Russie ait sans retard la certitude qu'un service sérieux sera établi entre la Baltique et la France. On ne peut douter un instant que l'Allemagne est prête à reprendre la lutte économique et qu'elle fera l'impossible pour ne pas laisser prendre par un autre pavillon les éléments du trafic et notamment les grandes quantités d'émigrants que lui fournissent la Pologne et la Russie et qu'elle a su, jusqu'ici, capter au profit presque exclusif de sa marine marchande.
Enfin, il y a d'autant plus urgence à se hâter qu'il serait utile d'être fixé sur les intentions de la Russie en ce qui concerne l'appui financier qu'elle serait disposée à donner au service de navigation en question et pour aboutir dans cet ordre d'idées il n 'y a qu'un moyen pratique : c'est de connaître les instructions formelles du gouvernement français.
En annexe: extraits du Rapport de l'attaché commercial de France en Russie à l'appui du voeu formulé par la commission.


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