1904.01.26.A Charles Durbec - Worms et Cie Marseille.De H. Goudchaux.Original

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Worms & Cie
45, boulevard Haussmann
Paris, le 26 janvier 1904
Monsieur Ch. Durbec
Marseille

Cher Monsieur Durbec,
Le temps m'ayant marqué hier pour répondre à votre lettre du 22, je viens le faire aujourd'hui.
Société de transbordements maritimes. J'attends de connaître la réponse de M. Bessard à votre désignation de M. Rubaudo comme arbitre de votre côté, et nous sommes bien d'accord que vous restiez absolument à cheval sur vos droits sans jamais les dépasser, mais aussi sans jamais rien céder. Autant j'y avais été avec confiance avec M. Bessard quand je l'avais vu à Paris, autant aujourd'hui je suis décidé à me montrer intraitable avec lui, parce que je n'oublie jamais quand on a abusé de ma naïveté.
En ce qui concerne la lettre écrite à M. Mesnier, je crois bien qu'il ne faut pas chercher à l'absence de la signature de M. Estrine d'autre explication que ce fait qu'il n'est pas le client de Mesnier et que la lettre a été seulement signée par les deux administrateurs pouvant se croire une influence sur lui. Nous ajouterons que nous sommes toujours sans nouvelles de Cory, tant qu'on ne viendra pas nous relancer pour avoir une réponse, nous ne bougerons pas, mais le jour où on viendra nous trouver, nous marcherons tout seuls si Cory n'ont pas encore parlé et nous dirons pour nous-mêmes que notre contrat doit être maintenu sans aucun changement en ce qui concerne les Allemands ou que nous permettrons que la Société leur donne le même traitement qu'à nous à la condition que nous ayons en échange la faculté de résilier notre contrat avec préavis de 6 mois. C'est ce que nous dirons à Mesnier quand il nous attaquera et c'est ce que vous pourrez dire à la Société Bessard si elle vient vous trouver, mais nous vous engageons à attendre qu'elle le fasse.
Société Estier. Nous sommes bien embarrassés pour vous répondre. D'une part nous ne voulons pas paraître y mettre de l'entêtement et vous empêcher de vous asseoir à une table en somme très acceptable, mais d'autre part nous avons un peu le pressentiment que nous le regretterons un jour ou l'autre, et qu'alors il serait plus difficile pour vous de sortir qu'il ne le serait aujourd'hui de refuser d'entrer. Ce qui nous fait peut-être pencher pour l'affirmative c'est la possibilité que cela nous donnera sans doute plus tard de mieux nous organiser pour nous passer de la Société Bessard et même au besoin lutter contre elle, et si donc M. Estier vous a formellement demandé d'entrer dans son Conseil, allez-y. En ce qui concerne notre participation nous sommes d'accord avec lui, si nous ne nous trompons pas il nous a dit que le capital actuel serait de 175,000 francs et notre part doit être de 5,000 francs.
Anthracites. Nous serons enchantés que vous causiez avec M. Rouyer de cette question, s'il s'arrête chez vous à son retour comme nous le pensons, mais nous vous prions de ne rien engager de plus avec M. Joseph Savon jusqu'à nouvel ordre ; notre impression est qu'une entente sous une forme quelconque n'aurait d'autre résultat que de consolider à nos dépens la situation de ces Messieurs qui est faible, et que nous ferons mieux de lutter s'il le faut pendant encore un temps plus ou moins long avec l'espoir de les voir un jour ou l'autre renoncer à ces affaires. Nous n'avons aucun parti pris contre MM. Savon pour lesquels nous avons même plutôt de la sympathie qu'autre chose, mais nous sommes portés à nous méfier parce qu'en général ils n'aiment les ententes qu'à la condition d'être du bon côté.
Bien cordialement à vous.

H. Goudchaux


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