1977.10.18.De Francis Ley - Banque Worms.Historique des Services charbons (1848-1977)

NB : Note de synthèse des renseignements collectés en préparation à la rédaction du livre intitulé Cent Ans, Boulevard Haussmann.

La copie-image de ce document, établi sur traitement de texte, n'a pas été conservée.

18 octobre 1977

Historique des Services charbons de MM. Worms & Cie,
par Francis Ley et d'après les indications de Michel Leroy

Hypolite Worms (1801-1877) avait été de 1829 à 1837 l'associé de la société Worms - Heuzé et Cie à Rouen, puis de 1837 à 1848 de la Banque des Frères G. et J. Goudchaux à Paris, ceci avant de fonder sa propre Maison en décembre 1848.
« Mon intention est de donner un grand développement au commerce de charbon pour la France. Mais, comme il faut un commencement à tout, je porte mon attention d'abord sur les vallées de la Seine-inférieure où se fait une forte consommation de charbon : et ces vallées, j'e veux les desservir au moyen du chemin de fer de Dieppe à Rouen concurremment avec la rivière la Seine et même par l'un et l'autre moyen, suivant que les frets seront plus favorables, soit au point de Dieppe, soit directement au point de Rouen. Je ne vous entretiendrai donc, quant à présent, que des affaires à contracter pour le département de la Seine-inférieure.
C'est à Rouen, point culminant dudit département, que viennent se vendre, concurremment, les charbons anglais et les charbons belges. Les premiers, plus appréciés comme qualité, se vendent plus cher, et d'ailleurs les propriétaires des mines belges perdent sciemment quand il s'agit d'une fourniture importante pour l'enlever aux marchands de charbon anglais. Si donc, effaçant tout intermédiaire, opérant au comptant, un ou plusieurs propriétaires des mines de Newcastle ou Sunderland voulaient comprendre qu 'avec mon aide et en limitant leurs prix de vente aux dernières extrémités du possible, je pourrais battre les charbons belges au moyen des charbons anglais, ils pourraient être assurés d'une consommation énorme dans ce seul département. Voilà, comme principe, voilà ce sur quoi vous aurez à travailler. »
Cette lettre, qu'Hypolite Worms adressait le 23 décembre 1848 au directeur de la succursale qu'il venait de créer à Newcastle, peut être considérée comme l'acte de naissance de la Maison Worms.
Il avait vu juste en choisissant cette nouvelle activité. Le développement toujours croissant des chemins de fer et de la navigation à vapeur ainsi que des événements internationaux aussi importants que la guerre de Crimée, le percement du Canal de Suez et la guerre de 1870 donnèrent à la Maison Worms, grâce au négoce du charbon et à l'armement maritime, une position solidement établie aussi bien en France qu'en Angleterre et en Égypte.
En 1914, la Société Worms et Cie, était devenue la première Maison française d'importation de charbons anglais ; elle possédait alors 21 succursales, tant en métropole qu'à l'étranger, et avait acquis des bases de premier ordre à Port-Saïd et à Suez.
Le petit-fils du fondateur se nommait comme son grand-père paternel, Hypolite Worms (1889-1962). Entré dans la Maison en 1908 il devenait, en décembre 1910, associé en nom collectif. Dès le début de la guerre de 1914-1918 il assumait la relève de la direction de MM. Worms et Cie, que le principal associé jusque là, Henri Goudchaux, se voyait astreint à abandonner pour raison de santé. Aussi, dès décembre 1915, Hypolite Worms devenait-il associé gérant et chef de sa Maison.
Le petit-fils du fondateur se nommait comme son grand-père paternel, Hypolite Worms (1889-1962). Entré dans la Maison en 1908 il devenait, en décembre 1910, associé en nom collectif. Dès le début de la guerre de 1914-1918, il assumait la relève de la direction de MM. Worms et Cie, que le principal associé jusque là, [Henri] Goudchaux, se voyait astreint d'abandonner pour raison de santé. Aussi, dès décembre 1915, Hypolite Worms devenait-il associé gérant et chef de sa Maison.
En liaison avec ses succursales anglaises, la société Worms et Cie, assura pendant toute la première guerre mondiale la fourniture de charbons anglais, tant à la Marine nationale qu'aux services publics et aux industries de guerre. Quand, en septembre 1918, le commandement allié décida de prendre la Turquie à revers, la marine française fit appel à Hypolite Worms pour organiser une base de débarquement en Syrie à partir des importants dépôts de charbon situés à Port-Saïd. La réussite de ce plan fut l'un des principaux titres à la Légion d'honneur d'Hypolite Worms.
Toujours en pleine guerre, pour assurer au pays les meilleurs prestations possibles, la société Worms et Cie créait, en juillet 1917, avec le concours de ses partenaires britanniques Powell Druffryn Steam Coal Company Ltd et Stephenson Clarke and Associated Companies, la Compagnie charbonnière des appontements de Bassens et de Lagrange SA au capital de 5 millions de francs dont Georges Majoux fut le président et Hypolite Worms ainsi que Michel Goudchaux les administrateurs. Presque simultanément, en août 1917, elle rachetait à Rouen La Hâve et Cie, et transformait cette affaire en Compagnie charbonnière de manutention et de transports (Journal de Rouen du 14/9/1917) au conseil de laquelle vint également siéger Georges Majoux.
Dès la paix retrouvée à la fin de 1918, le marché européen du charbon se réanima mais avec des orientations nouvelles ; celui de l'Angleterre s'amenuisait doucement alors que celui de l'Allemagne ou de la Pologne prenait un nouvel essor. Dès lors, la Maison Worms fut amenée à ne plus accorder l'exclusivité aux charbons anglais. Chargée de la réception et du transport de la houille de la Ruhr - perçue par la France au titre des réparations de guerre - elle continua, après l'extinction de cette activité, à importer du charbon du bassin de la Ruhr ; le tonnage ainsi acheté doubla entre 1929 et 1937. De même elle faisait venir de Pologne, autour de 1930, 15% environ du total des importations en France de houille polonaise. Dès 1931 elle fut capable de concurrencer les célèbres anthracites gallois en introduisant dans notre pays les charbons tonkinois de Hongay.
Ces orientations nouvelles amenèrent les associés de la Maison Worms à créer en 1925 [1928 ?] déjà, une direction générale des Services charbons qui fut confiée à Louis Vignet dont l'action allait s'étendre sur plus de vingt-cinq ans, action bénéfique continuée après lui par Michel Leroy. Ce département s'assura en 1936, l'exclusivité de la vente en métropole et en Afrique du Nord du charbon turc d'Héraclée.
L'évolution de l'activité charbonnière de la Maison, à cette époque, peut se résumer en quelques chiffres parlants.

de 1848 à 1923

= importations à 100% de charbon anglais

en 1929

= importations d'Angleterre ramenées à 85%

en 1937

= importations d'Angleterre ramenées à 60%

Par contre les 40% restants provenaient désormais d'Allemagne en premier lieu, de Pologne ensuite et du Tonkin enfin.
Mais la Maison Worms ne s'était pas vouée exclusivement à une activité charbonnière. Elle avait acquis, dans le domaine du pétrole, en collaboration avec la Shell, dès 1899, des intérêts prépondérants autour de la zone du canal de Suez.
Durant la période de l'entre-deux guerres, en juin 1930, MM. Worms et Cie participèrent à la constitution, entre autres, de la Société franco-persane de recherches, ceci aux côtés de la BNP, de la BNC, l'Union des mines, Pechelbronn, les Constructions des Batignolles et l'Union européenne. Cette affaire de recherches pétrolières en Iran, au capital de 10 millions de francs, allait devenir en 1935, la Société franco-iranienne de recherches. MM. Worms et Cie continuèrent à être représentés au conseil de celle-ci jusqu'en 1947.
Puis, en avril 1936, la société Worms et Cie entreprit la réorganisation financière de la Société pour l'approvisionnement des consommateurs d'huiles combustibles.
En rémunération de ses créances, elle reçut 3.900 actions de la nouvelle société "Huilcombus" - Société française des huiles combustibles et elle fut représentée au conseil par Hypolite Worms et Michel Goudchaux.
Avant la deuxième guerre mondiale, la Maison Worms était une puissante affaire d'importation en France et en Afrique du Nord de charbons étrangers d'origines multiples. En 1937-1938, le tonnage importé était régulièrement de l'ordre de 1 million de Tonnes. Il s'agissait essentiellement de charbons industriels.
Jusque là les principaux clients étaient des sociétés gazières (usines à Gaz : Société genevoise du gaz, France et Étrangère, Gaz Lebon etc.), les sociétés d'électricité, les cimenteries et la grosse industrie. La houille de Cardiff était acheminée en Égypte (Port-Saïd et Suez) pour constituer les stocks de soute destinés au trafic maritime sur la voie du canal de Suez.
La guerre de 1939-1940 et l'occupation allemande jusqu'en 1944 obligèrent la société Worms et Cie à effectuer une conversion totale puisque le ravitaillement en charbons étrangers était devenu impossible. Aussi les Services charbons traitèrent-ils essentiellement sur le marché intérieur : achats auprès des bassins français ; ventes aux grossistes et surtout aux foyers domestiques directement.
Parallèlement, les Services charbons se lancèrent dans l'exploitation de plusieurs tourbières situées près de Nantes, Angoulême, Bayonne et dans le Finistère. La plus importante, celle de Crossac (près de Nantes), employait plus de 250 personnes (directeur : M. Borotra, frère du champion national de tennis). De plus MM. Worms et Cie, de concert avec la Société française des charbonnages du Tonkin, entrèrent le 4/12/1941 comme associés dans la SARL des tourbières de l'Essonne qui dura jusqu'en 1946.
Par ailleurs, une nouvelle activité fut également trouvée dans l'exploitation forestière (poteaux de mines, traverses pour voies ferrées, caisses, planches, charbons de bois etc.), ceci dans les régions du Sud-Ouest et de Normandie. La Maison Worms s'intéressa alors à la fondation, le 24/12/1941, de la Compagnie centrale d'exploitation forestière au conseil d'administration de laquelle un siège lui fut réservé.
Ces activités de reconversion durant la période difficile des hostilités et de l'occupation permirent d'assurer un emploi à un nombre important de membres du personnel et d'éviter aux plus jeunes la réquisition du STO.
La Libération rendit les charbons étrangers à nouveau accessibles sur le marché français, mais les nationalisations, en particulier celle des houillières (ordonnance du 13/12/1944 et loi 46-1072 du 17/5/1946) obligèrent les Services charbons à effectuer une nouvelle reconversion. C'est aux houillières américaines qu'ils firent appel pour une bonne partie de leurs importations. Cependant, juste après la fin des hostilités ils livraient encore quelques 60.000 tonnes de charbon anglais par mois aux dépôts en Égypte, et jusqu'à la nationalisation des compagnies d'électricité ils leur fournissaient des cargaisons de 100.000 tonnes à la fois. La loi 46-628 du 8/4/1946 vint instituer les nationalisations de l'électricité et du gaz (production, transport, distribution, importation et exportation). Aussi l'activité des Services charbonniers se reporta-t-elle surtout sur le charbon domestique et le fuel. Avant la 2ème guerre mondiale, sur le million de tonnes de combustibles vendu par eux, le mazout ne représentait qu'une quantité minime. Autour de 1970, sur un peu plus du million de tonnes, 700.000 étaient du fuel et seulement 300.000 du charbon.
Il serait fastidieux de donner année par année, de 1947 à 1977, les statistiques commentées de l'activité des Services combustibles. Mais quelques chiffres prélevés au cours des 30 années considérées permettent suffisamment de dégager le sens de l'évolution qui s'est produite.
Pour les charbons, les tonnages comparés des ventes, entre 1948 et 1952, se présentent ainsi :

1948

726.700 T

1949

517.600 T

1950

324.000 T

1951

487.900 T

1952

391.700 T

Ces totaux comprennent les chiffres des points de vente situés à Paris, Bayonne, Bordeaux, Angoulême, Dieppe, Le Havre, Marseille, Nantes et Rouen. En raison des variations notoires qu'ils enregistrent d'une année à l'autre ils méritent certains commentaires. Outre les variations climatiques qui viennent différencier les saisons froides successives, l'arrêt de l'exploitation de deux de ses succursales a modifié sensiblement le total du tonnage vendu. Ainsi, la succursale de Dieppe, dont les ventes s'élevaient en 1948 encore à 22.300 T a cessé son exploitation en 1950 et a été fermée à la fin de 1951. De même, la succursale d'Angoulême, dont les ventes s'élevaient au-dessus de 20.000 T par an, a été absorbée en 1951 par la Sochama (société constituée entre Worms, Delmas-Vieljeux et Fouilland) et ses données statistiques ne figurent plus dans le total de celles des succursales depuis cette date. Enfin, la succursale de Rouen a enregistré des variations extrêmement fortes, en diminution depuis 1950.
Mais dès 1950, la Maison Worms avait mis en place au Havre, en commun avec la Scac (Société commerciale d'affrètement et de combustibles), la première concentration charbonnière en créant une filiale la Serac (Société d'exploitation rationnelle des agglomérés et du charbon).
Pendant la même période, le tonnage du charbon manutentionné pour les services publics par les succursales du Havre, Bayonne, Brest, Bordeaux, Dieppe, Dunkerque, Boulogne s'inscrivent comme suit :

1949

689.025 T

1950

91.059 T

1951

451.749 T

1952

349.665 T

Ces grosses variations ont leurs explications : les tonnages en question résultent de contrats annuels négociés par la direction générale des Services combustibles avec Gaz de France et Électricité de France. Certains de ces contrats ont été perdus, puis une partie d'entre eux a été récupérée (c'est le cas pour Brest et Dunkerque durant les années creuses de 1950 à 1951) ; d'autres contrats sont devenus inopérants, les arrivages de charbons pour compte des services publics ayant cessé dans plusieurs ports (à Bordeaux en 1952, à Boulogne depuis 1950 et à Dieppe depuis 1951).
L'activité charbonnière était manifestement en déclin. Aussi les Services combustibles cherchèrent-ils à porter leurs efforts du côté des combustibles gazeux (butane, propane) et des combustibles liquides (fuel en particulier). Dès 1951 la Maison Worms rachetait la Sogal[1] (fondée par Antar-Gaz, Rhin-Rhône, et Worms et Cie pour 15%). Début 1952 elle s'intéressait à la SACG (Société d'approvisionnement en combustibles gazeux) qui allait même être absorbée par Worms CMC en janvier 1961.
Afin de développer également la branche des combustibles liquides (fuels) et en raison des difficultés de ravitaillement rencontrées à l'époque, la Maison en vint petit à petit à conclure des accords avec un grand groupe pétrolier : Esso Standard.
En fin de compte par acte du 22/12/1972, une filiale commune [avec Esso] fut créée sous la dénomination de Worms Distribution[2] (Esso détenant la majorité et Worms 7,5%).
Une troisième activité nouvelle vit également le jour durant cette période [dès l'après-guerre] de reconversion : l'exploitation du chauffage. La Société de chauffage normande Sochan, SARL fondée par acte du 31/10/1955[3], fut transformée par la Maison le 3/1/1966 en société anonyme avec une nouvelle raison sociale : Société nouvelle de chauffage SA (Sochan). Elle continuait à exploiter sous toutes leurs formes les contrats de chauffage et les installations de chaufferie, depuis les simples prestations de services jusqu'à la fourniture de l'ensemble du matériel et du combustible. Le premier président de la SA fut Gérard Grédy. En 1971, des accords pour le ravitaillement en combustibles (liquides) furent passés avec la Shell, ce qui consolida la position de la Sochan dans sa branche.
Toujours dans la même nature d'activité, les Services combustibles créèrent et firent prospérer une filiale nouvelle la Sonatherm (Société nationale thermique) qui vit le jour en 1963. Elle s'attacha à l'entretien des installations de chauffage et réussit à s'implanter dans plusieurs villes de province.
Pour mémoire, citons une autre filiale des Services combustibles, la Société d'approvisionnement pour le chauffage central (SACC) qui fut finalement absorbée par Worms CMC en 1966.
Pour permettre à leur négoce de charbon et à leurs transports maritimes de mieux traverser ces années de réajustement aux nouveaux marchés - ce qui nécessitait de gros investissements - MM. Worms et Cie décidèrent de les mettre en société anonyme. Celle-ci, créée par acte du 1er décembre 1956[4] sous la raison sociale Worms, Compagnie maritime et charbonnière" (Worms CMC) au capital initial de 750 millions d'anciens francs, eut comme premier président Robert Labbé et comme administrateurs Jacques Barnaud, Raymond Meynial et Worms et Cie. Tout en étant réunis au sein d'une même société, les deux départements continuèrent à être totalement autonomes ; d'une part la direction générale des Services combustibles et de l'autre la direction générale des Services maritimes.
Afin de donner plus précisément une idée de l'évolution qui s'opérait dans les activités des Services combustibles à cette époque, voici quelques données chiffrées :


Charbons (métropole)

Comb. liquides

Comb. gazeux

1960

353.000 T

 

 

1961

395.288 T

55.534 T

9.445 T

1962

408.458 T

78.933 T

12.023 T

1963

523.668 T

-

-

1964

572.929 T

126.307 T

15.178 T

1965

488.376 T

149.401 T

16.713 T

L'évolution de ces chiffres appelle les précisions suivantes :
- Pour les charbons, les succursales de vente étaient : Bayonne, Bordeaux, Marseille, Rouen, Elbeuf, Louviers et Paris. Or, si une nouvelle succursale apparaissait en 1965 à Nancy, deux autres donnaient lieu, la même année par concentration, à la création de sociétés filiales distinctes : à Bordeaux, la Société bordelaise d'exploitation de combustibles "Sobeco", et à Nantes la "LCO" (Les Combustibles de l'Ouest). D'autre part les conditions atmosphériques furent exceptionnellement favorables à la vente en 1963 et 1964.
- Pour les combustibles liquides et gazeux interviennent les succursales suivantes : Bayonne, Bordeaux, Le Havre, Caen, Marseille, Nantes, Tours, Le Mans Rouen, Elbeuf, Louviers, Nancy et Paris.
Le transfert des activités charbons vers celles des combustibles liquides (fuel principalement) et des combustibles gazeux (butane, propane) s'effectua d'une façon extrêmement nette durant la période 1971-1976.
Les tonnages enregistrés pour les divers combustibles montrent une évolution qui est parlante au travers de ces quelques chiffres.


Charbons (Métropole)

Liquides

Gazeux

1971

283.664 T

703.778 T

35.493 T

1972

277.899 T

766.177 T

36.750 T

1975

152.114 T

Worms Distribution

25.284 T

1976

145.091 T

Worms Distribution

25.993 T

- Pour les charbons, étaient encore en activité les succursales de Bayonne, Marseille, Rouen, Nancy, Strasbourg, Toulon et Paris en 1971 et 1972. Mais en 1975-1976 il ne subsistait que celles de Bayonne, Rouen et Marseille. Comme nous l'avons déjà indiqué durant l'exercice 1972 et en vue de résoudre le problème du ravitaillement en fuel, les Services combustibles avaient créé avec la société Esso Standard SAF, une filiale commune au nom de Worms Distribution, appelée à assurer également la vente des charbons, des fuels et du matériel sanitaire. Par ailleurs à la même époque, la succursale de Toulon (charbons) a été fermée.
- Pour les combustibles gazeux, la réduction apparente du tonnage vendu durant les années 1975/76 par rapport à 1971/72 provient du fait que les chiffres de 1975/76 ne comprennent plus comme précédemment, ceux des, ventes en vrac. Cette branche d'activité bénéficie des perspectives d'avenir favorables ; aussi les Services combustibles réalisèrent-ils des accords avec Elf-Antargaz dans le but de s'assurer un ravitaillement stable et fondèrent-ils, le 1er juillet 1977 une nouvelle société Worms Gaz SA, dont le premier président directeur général est Albert Bosmans.
D'autre part, indiquons que les tonnages manutentionnés pour les services publics après avoir enregistré une chute sensible ont, en particulier au Havre, augmenté dans des proportions très spectaculaires depuis la crise du pétrole. Les déchargements des tonnages destinés au Havre à Électricité de France, et qui dépassent présentement 4.000.000 de tonnes par an, sont effectués par le truchement d'une filiale : la "Chamar" (Compagnie havraise de manutentions rationnelles).
Charbons : tonnage des ventes (d'après les rapports du conseil) 

Services combustibles

Sociétés affiliées

1957

593.430 T

391.728 T

1958

710.605 T

325.800 T

1959

682.863 T

327.765 T

1960

353.000 T *

334.800 T

1961

323.100 T *

411.847 T

1962

369.000 T

432.700 T

1963

523.668 T

502.288 T

1964

572.939 T

293.063 T

1965

522.958 T

_

1966

399.589 T

_

* En métropole
Combustibles gazeux et liquides = chiffre d'affaires en million (d'après les rapports du conseil)

 

Services combustibles

Sociétés Affiliées


Gaz et divers

Comb. liquides

Gaz et divers


1957

309,6

 

496,5

1958

381,4

 

476,5

1959

420,4

180,0

702,0


Nouveaux francs

1960

4,7

2,6

9,6

1961

8,4

5,7

9,9

1962

10,9

10,3

* 10,1

1963

13,8

14,2

* 11,4

1964

14,8

19,2

* 12,3

1965

16,0

23,3

 

1966

21,2

27,5

 

1967

26,7

54,9

 

1968

30,0

-

 

* Liquides y compris


 


[1] Rachat en association avec Antargaz.

[2] SA au capital de 100.000 F, dont Robert Labbé fut le premier président. Worms Distribution a créé des succursales à Villeneuve-sur-Lot, Rouen, Marseille et Bordeaux.

[3] Accords passés avec Shell. SA au capital de 800.000 F dont le premier président fut Pierre Grédy.

[4] Statuts déposés le 20 décembre 1956 chez Me Chalain.

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