1948.02.17.De Worms et Cie.Note.Succursales de Anvers, Gand, Rotterdam

Note

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MM. Worms & Cie possèdent dans presque tous les ports de la France métropolitaine et de l'Afrique du Nord des succursales consacrées au commerce maritime et au négoce charbonnier, qui font de leur organisation sans nul doute l'une des plus complètes qui existe dans ce pays.
En raison de leurs relations dans le monde maritime international et de leur position particulièrement influente dans le domaine de l'importation charbonnière, MM. Worms & Cie avaient été amenés, au lendemain de la première guerre mondiale et à la demande instante des pouvoirs publics, à ouvrir à l'étranger de nouvelles succursales, de manière à permettre aux intérêts français de prendre à l'extérieur une place dans un secteur jusqu'alors réservé à des maisons anglaises ou allemandes. C'est ainsi que furent créées les succursales d'Anvers (avec subsidiaire à Gand) et de Rotterdam.
Pendant la période qui s'est écoulée entre les deux guerres, ces deux maisons connurent une activité très satisfaisante.
Le rang tenu par MM. Worms & Cie dans le commerce des charbons leur permit d'occuper tant à Anvers qu'à Rotterdam une place importante dans l'exportation des charbons de la Ruhr. En même temps, bien que sur un plan plus limité, leurs relations avec les armements étrangers leur permettaient d'obtenir pour ces succursales un courant des plus honorables de consignations et de transit.
Bien entendu, pendant la durée de l'occupation, ces deux succursales furent mises en sommeil, MM. Worms & Cie se bornant, au prix de sacrifices appréciables, à conserver à leur disposition quelques membres essentiels de leur personnel. Dès 1945, les succursales belges et hollandaise reprirent leur activité qui atteint maintenant un niveau normal.
La situation de ces places a subi néanmoins une complète évolution par rapport à la période d'avant-guerre. L'arrêt presque total des exportations de charbons allemands par voie de mer a rendu, à cet égard, l'activité des succursales intéressées à peu près inexistante. Au contraire, celle-ci s'est fortement accrue dans le domaine des consignations et du transit à la suite, en particulier, de la disparition des maisons allemandes qui, avant 1939, occupaient dans ce domaine, tant à Anvers qu'à Rotterdam, une place prépondérante, et de la venue sur le trafic de nouvelles compagnies américaines avec qui MM. Worms & Cie ont pu nouer d'intéressantes relations.
Or, tant sur le plan administratif (législation commerciale, réglementation douanière, lois sociales, etc.) que sur le plan fiscal (problèmes de double imposition), les succursales de MM. Worms & Cie qui ne sont, sur le plan juridique, qu'une émanation du siège social de Paris, sont désavantagées par rapport aux sociétés constituées sous l'empire du droit local. Pour pouvoir maintenir et développer les positions acquises, MM. Worms & Cie, après un examen approfondi du problème, ont estimé qu'il était indispensable pour eux de transformer ces succursales en sociétés de droit local.
Une société belge serait créée pour reprendre les succursales d'Anvers et de Gand et une société hollandaise pour reprendre celle de Rotterdam.
Ce processus est d'ailleurs conforme à la politique suivie, dès avant la guerre, par tous les armements français établis sur ces places, notamment la Compagnie générale transatlantique et l'armement Delmas Vieljeux.
Comme MM. Worms & Cie ont été amenés en 1945 et 1946, à une époque où le trafic n'ayant pas encore repris normalement l'exploitation de leurs succursales n'était pas équilibrée, à effectuer par le canal de l'Office des changes des avances aux dites succursales, il suffirait pour constituer le capital social des sociétés envisagées que ces avances soient transformées en capital. Aucune demande de transfert de fonds n'est donc demandée au gouvernement par MM. Worms & Cie en vue de la réalisation de l'opération projetée ; ils demandent seulement que leur soit accordée l'autorisation nécessaire à la création des deux sociétés susvisées, et celle de transformer à la date du 31 décembre 1947 les avances existantes en capital social.
17 février 1948

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