381 results

1946.00.De M. Robert - commissaire du gouvernement.Rapport (non daté)

CopieNB : Note non datée, classée en 1946 en raison de la référence au rapport de Gaston Barnard, datant du 31 décembre 1945, indication la plus récente donnée dans le texte.Copie du rapport de M. Robert,commissaire du gouvernement pour le règlement de l'information WormsExtraitsMinistère public c/ Worms et Gabriel Le Roy LadurieLe 10 septembre 1944, une information était ouverte contre Worms et Gabriel Le Roy Ladurie. En l'état de la documentation recueillie, il semble qu'elle puisse être close actuellement.Dans un grand nombre des affaires traitées directement ou indirectement par Worms, aucun doute n'est possible ; il n'y a pas eu collaboration économique ; dans d'autres, les explications subtiles des intéressés, l'absence - quelquefois opportune - de documents, et il faut bien le dire, la bienveillance de l'expertise mettent obstacle à des poursuites.Le plan logique de l'exposé des faits, conforme à celui qu'ont adopté M. le juge d'instruction et l'expert, comporte :1°- des généralités sur la constitution de la société Worms elle-même et l'étude de son activité dans les quatre départements :a) Constructions navalesb) Services maritimesc) Charbonsd) Services bancaires2°- l'étude des participations de la société Worms3°- l'examen des résultats d'ensemble4°- l'activité générale des inculpés pendant l'occupation.Au cours de l'information, des organismes ou des particuliers ont maintes fois avancé des allégations désobligeantes à l'égard de la société Worms. Nous nous attacherons, pour alléger l'exposé, à ne retenir que les faits pouvant motiver une discussion sérieuse.Première partie - La société Worms & Cie - Ses départementsSection : I - GénéralitésLa Société Worms et Cie, dont le siège social est à Paris, 45, Bd Haussmann, a été créée sous forme de commandite simple, le 1er janvier 1874, au capital de 4.500.000 F ; elle reprenait l'entreprise d'importation de charbons et de navigation maritime qu'avait fondée en 1848, Monsieur Hypolite Worms, grand-père de l'inculpé. Après quelques modifications, la société avait orienté son activité dans quatre branches dont chacune avait donné lieu à la création d'un département spécial : chaque département était doté d'une organisation administrative, commerciale et comptable autonome, qui avait à sa tête un directeur général.En 1940, les 4 départements étaient les suivants :a) Constructions navales exploitant les Ateliers et Chantiers de la Seine maritime et du Trait (Seine inférieure) - Directeur général : M. Nitot.b) Services maritimes qui exploitent de nombreuses lignes de cabotage entre ports français d'une part et ports français et ports européens d'autre part - Directeur général : M. Emo.c) Charbons qui se consacrent à l'importation de combustibles sous la direction de M. Vignet.4) Services bancaires qui ont été créés en 1929 en vue d'aider le commerce et l'industrie français. En 1940, ils assuraient l'activité d'une banque d'affaires avec deux succursales (Marseille, Alger) sous la direction générale de M. Le Roy Ladurie.Depuis 1930, tous les associés de la maison Worms, commandités et commanditaires, étaient soit des descendants du fondateur de la Maison, soit du cousin de ce dernier, Henri Goudchaux, qui dirigea lui-même l'entreprise de 1881 à 1916 ; seul était excepté de cette règle M. Jacques Barnaud devenu gérant le 1er janvier 1930 et détenant à ce titre un capital de 100.000 francs.Cependant l'expansion de la société avait exigé une augmentation du capital qui, à la date du 11 janvier 1940, fut porté de 4.000.000 de francs à 40.000.000 par incorporation des réserves, conformément aux statuts, cette augmentation fut réalisée au prorata du droit des associés. La société Worms & Cie répartissait alors son capital de la façon suivante (chiffres arrondis).Descendants Worms : 27 millions dont 12.300.000 à Hypolite Worms Descendants Goudchaux : 11 millions Jacques Barnaud : 2 millions.La gérance effective était assurée par trois commandités : Hypolite Worms, Michel Goudchaux, Jacques Barnaud, le premier d'entre eux se déclarant le chef de la Maison.Scellé 1A l'armistice, Worms était à Londres où il dirigeait la délégation française au Comité franco-anglais des transports maritimes ; ce comité avait pour objet la mise en commun des ressources maritimes des deux pays. Un dernier accord passé en juillet, Worms rentrait en France, où il commença à subir une violente campagne de presse : on l'accusait d'avoir livré notre flotte commerciale aux Anglais, de posséder d'immenses intérêts en Angleterre et d'être une entreprise juive.En fait, les seuls associés qui fussent considérés comme non aryens au regard de la législation allemande était le groupe Goudchaux : pour prévenir toutes difficultés, Michel Goudchaux et sa sœur firent donation de leurs droits à leurs enfants, tous non-juifs. Etant de père Israélite et de mère aryenne, Worms échappait à cette législation, puisque baptisé et ayant épousé une anglaise protestante.Quoique la société Worms se fût "aryanisée", les Allemands nommèrent le 25 octobre 1940 une commission en la personne de von Ziegesar, directeur de le Comrnerzbank, succursale de Kottbus, désignaient comme commissaire administrateur suppléant M. de Sèze, inspecteur des Finances.En ce qui concerne le commissaire allemand, Worms laisse entendre que cette mesure - qui fut subie jusqu'à la libération - était prise non seulement à cause des origines juives de la maison, mais surtout à cause des relations étroites que Worms conservait avec l'Angleterre, relations de famille (sa femme et ses enfants y étaient demeurés), relations d'affaires (il y possède des intérêts considérables) ; elle explique pourquoi la société ne fut point dissoute comme les autres banques juives.Quant à M. de Sèze - qui ne tarit pas d'éloges sur le patriotisme de Worms, il dit avoir accepté sa nomination sur l'insistance du ministère des Finances que l'inculpé avait alerté dans la crainte que les avoirs français ne fussent absorbés par les Allemands : M. de Sèze aurait donc eu pour mission "de s'opposer par tous moyens à ce que l'économie allemande se substituât aux entreprises françaises".Les pouvoirs des commissaires étaient en théorie illimités, encore que M. de Sèze n'eut aucun moyen direct de barrer von Ziegesar. Pour les relations avec les autorités d'occupation (exception faite de l'activité des chantiers maritimes, de l'armement et du charbon) Worms avait délégué Le Roy Ladurie qui parle la langue allemande. Dès que von Ziegesar vînt s'installer à la banque, Le Roy Ladurie put limiter l'activité de ce dernier sur le secteur bancaire (qui l'intéressait à cause de sa profession civile).Annexe 6Annexe 7Von Ziegesar fut lui-même remplacé le 27 juin 1941 par le Dr von Falkenhausen, dont les fonctions s'exercèrent jusqu'à la libération. Quant à M. de Sèze, il quitta son poste en décembre 1942 et les Allemands le révoquèrent le 15 janvier 1943.Int.II 27-9-44 Examinant le rôle des commissaires allemands l'expert relate les tentatives allemandes pour résorber une partie du capital de la société Worms. Dès décembre 1940, von Ziegesar aurait introduit le docteur Hettlage, chef de la Kommerzbank, auprès de Le Roy Ladurie ; Hettlage aurait exprimé le désir que des liens étroits fussent noués entre les deux banques (la société Worms n'aurait plus eu rien à craindre du Reich) et que lui-même devint adjoint gérant à la place de M. Goudchaux. Le Roy Ladurie aurait refusé cette participation, acceptant seulement, comme ligne de repli, l'établissement de rapports normaux de correspondants : Invité à Berlin, il aurait fait établir son passeport, mais ne s'y serait pas rendu sous un prétexte quelconque. De même, le groupe métallurgique Klöckner, qui se serait heurté à un refus. Les Allemands auraient alors pris des mesures plus rigoureuses : révocation de von Ziegesar, désignation d'experts de la Treuhandgesellschaft chargés de fournir rapport au parti nazi sur l'activité Worms, ordre de liquider un certain nombre de commanditaires au profit du trust Goering ; sur ce dernier point, Le Roy Ladurie aurait écrit à Hettlage que si une prise d'intérêts était inévitable, il était disposé à accorder la préférence à la Commerzbank, mais que tous les cadres de la maison démissionneraient. Cependant, en septembre 1944, aucune partie du capital n'aurait été entre mains allemandes.L'importance des rapports d'affaires entre la société Worms et la Commerzbank sera étudiée dans l'examen du département "Services bancaires". On peut dès maintenant exprimer un triple regret :1°) lors de l'arrestation de Le Roy Ladurie par la Gestapo en mars 1944, le secrétariat de la banque aurait reçu l'ordre de détruire un certain nombre de documents dans le dossier Commerzbank et notamment la correspondance avec le Dr Hettlage ; de sorte qu'aujourd'hui - sans que la destruction de ces documents soit autrement établie ou même seulement qu'on puisse la fixer avant la Libération, on doit se rapporter uniquement aux déclarations de l'inculpé pour être renseigné sur le caractère de ses relations avec Ies groupes allemands visés plus haut. On observe d'ailleurs que dans l'affaire Weter Financiering Maatschappij où Le Roy Ladurie eut une attitude irréprochable, le secrétariat de la Banque n'a pas manqué de produire toutes les pièces relatives aux exigences allemandes.2°) que M. le juge d'instruction ayant été informé d'une part que le Dr Hettlage était susceptible d'être interrogé à Francfort par l'inspection des Finances et ayant prié d'autre part la DGER de faire rechercher von Ziegesar et von Falkenhauoen, aucun de ces deux services n'a répondu aux demandes de renseignements qui lui ont été exprimées.R.E. p.23'36 637.83°) Les conclusions du rapport d'expertise présentent Le Roy Ladurie comme n'ayant pas cessé de lutter contre les propositions allemandes ; il est osé de dire que les "recoupements effectués entre les diverses déclarations figurant au dossier de l'information permettent de dire que les choses se passèrent ainsi que nous l'avons relaté". C'est singulièrement oublier que l'inculpé peut présenter une relation intéressée des faits. Nous aurons d'autres occasions de noter chez l'expert Bernard cette absence d'objectivité.Affaire Participation Molybdène6°- Groupe MolybdèneII est constitué par 3 sociétés : la société Metalla de Genève (holding suisse), la société de recherches minières du Falta (holding française), et la société le Molybdène (société d'exploitations de mines au Maroc : sulfate de cuivre et molybdène - formule MOS2 - à 80 % de molybdène : rappelons que le molybdène métal rare ne se trouve dans le monde que dans 4 gisements : il est utilisé à la fabrication à peu près exclusive de l'armement ; l'Allemagne n'en possède pas).La constitution financière au groupe est la suivante d'après le dossier :M. Worms a acheté en 1939, 22.504 sur 50.000 actions de la société Metalla, outre 4.311 parts : ce serait à la gérance du ministère de l'Armement, qui craignait de voir ces actions suisses passer en d'autres mains étrangères. Possédant au total d'après les déclarations de Le Roy Ladurie, 29.000 sur 50.000 des actions, Worms est le maître absolu de Metalla.La société Metalla possède dans son portefeuille 50.000 des 85.000 actions de Ia société Falta ; Worms, qui à titre personnel possède 3.475 actions (plus les 5.000 parts) a donc le contrôle total de Falta.La société Falta a vendu ses permis de recherches à la société Le Molybdène moyennant divers avantages financiers (pourcentage sur le minerai extrait par exemple) et l'octroi de 50.000 des 105.000 actions. Sur ces 185.000 actions, 15.000 appartiennent au bureau des recherches de la Résidence générale au Maroc, 10.000 à la banque Vernes, le reste à divers propriétaires suisses et nord-africains. Déjà par cette seule participation Falta, Worms, qui n'a engagé que 10,75 % du capital, possède 27 % des actions, et 44 % des voix (10.000 des 50.000 actions détenues par lui sont à vote plural). En outre, à titre personnel, il détient aussi, 1.050 actions et 2.076 parts. Si l'on veut bien se souvenir que la Wester Financiering, qui est à Worms pour 99%, possède 8.901 actions Metalla, 2.000 actions Falta et 1.102 aotions du Molybdène. (la Wester est la seule société contrôlée par Worms dont on connaisse le portefeuille) et que par ailleurs Worms a consenti des avances de crédits à concurrence de 3 millions, on peut affirmer que la société Worms est absolument maîtresse du Molybdène ; quoi qu'il en prétende, Worms n'est pas seulement le "banquier commercial", et lors de son acquisition s'il a introduit 3 administrateurs il a "maintenu en place le président directeur général (M. Goernier) et tout l'appareil directeur technique et commercial" ; c'est bien le langage du maître.Dans quelles circonstances la société Le Molybdène fut-elle amenée à livrer aux Allemands 25 tonnes de molybdène moyennant la somme de 2.052.444 francs.Il semble que très tôt, plusieurs maisons allemandes aient sollicité la société Le Molybdène : notamment un sieur Ackler, représentant la maison Otto Wolf, de Cologne, s'est présenté au début de l'année 1941 demandant que des offres lui fussent faites. Le Molybdène fit observer que depuis le 1er septembre 1939 toute la production était réquisitionnée par l'Etat français, mais que si une autorisation d'exporter lui était accordée, il ne manquerait pas de soumettre une proposition à la maison Wolf (1er février 1941) : en même temps il saisissait M. Blondel, président du Comité d'organisation des mines et minerais pour savoir dans quelle mesure il était autorisé à suivre cette demande, faisant ressortir que Otto Wolf était disposé à apporter au "Molybdène" toute son aide et toute sa collaboration. Le président Guernier et secrétaire général Hoffmann font valoir aujourd'hui que ces lettres ont été écrites à la suite de démarches pressantes d'Acker : elles paraissent cependant ressortir à la correspondance commerciale la plus librement consentie.Le Comité d'organisation n'ayant pas formulé de réponse, Guernier écrivait de nouveau à M. Blondel (24 mars 1941) pour lui signaler "qu'étant donné l'insistance et le mécontentement dont a fait preuve M. Acker", il se voyait dans la nécessité de dégager complètement sa responsabilité sur les suites que pourraient comporter une absence de réponse. "Si, dit-il, la Commission de Wiesbaden se trouvait à nouveau saisie de la question du molybdène, j'entends rappeler que je vous ai signalé les demandes de M. Acker il y a déjà plus d'un mois et que jusqu'à oe jour, le gouvernement français ne parait pas avoir répondu à la question posée". Lorsqu'on sait l'usage tout particulier du molybdène, ne peut-on pas estimer que Guernier, désireux de vendre son minerai, pousse à l'excès les soucis "de respecter les droits imprescriptibles des actionnaires dans le cadre de l'intérêt général" (même lettre, in fine).A la suite d'un entretien avec M. Blondel (auquel assistait fortuitement M. Friedel, directeur de l'École des mines, représentant du gouvernement, auprès de la société le Molybdène), Guernier était autorisé à faire aux Allemands une offre de 25 tonnes à la condition de réserver entièrement l'accord des gouvernements français et chérifien.Il serait apparu à ces personnalités que les exigences allemandes ne pouvaient plus être éludées sans provoquer la main mise immédiate des Allemands sur la totalité des stocks existants. Ou cependant étaient entreposés ces stocks dont le bilan de 1940 fixait le total à 50 tonnes ? Presque entièrement sur les lieux de l'extraction...Cette offre fut faite le 15 mai 1941 par Guernier ; il notifia expressément aux Allemands qu'elle était subordonnée à l'autorisation du Comité d'organisation, tant sur le principe de la livraison que sur le prix : mais il détaillait en même temps à Acker le prix de vente lui-même et toutes les modalités d'expédition. Informé, M. Blondel lui reprocha d'avoir dépassé les instructions reçues en fournissant des conditions aussi précises aux Allemands, et le Service des mines fit remarquer au Comité d'organisation (20 juin 1941) que le Molybdène avait fait preuve d'une incompréhension complète des ordres transmis par le Comité, ou "d'un esprit d'indiscipline inadmissible".Parallèlement, le Service des relations économiques franco-allemandes (à la direction duquel était placé M. Barnaud) demandait, le 12 juin 1941, à la Direction des mines son avis sur la livraison éventuelle de 25 tonnes de molybdène à la société Otto Wolf. Les Mines répondent qu'il n'est pas possible de livrer à l'Allemagne, les ressources en molybdène étant très inférieures à nos besoins. Le 16 juillet, Otto Wolf insiste auprès du service franco-allemand qui prie le secrétaire général à l'énergie de lui fournir des éléments de réponse.Le 29 juillet, Acker, déclarant n'avoir aucune nouvelle de ses entretiens avec M. Barnaud, prie la société Le Molybdène de l'aider à reprendre les négociations amiables avec le Comité d'organisation ; il ajoute que, faute d'entente, il ferait trancher la question par la Commission de Wiesbaden. Guernier lui répond en disant qu'il sollicite des instructions dudit Comité.Le 31 juillet, la délégation française du gouvernement français en Afrique du Nord demande qu'on ne livre le molybdène à aucun prix.Cet avis est répété par la Direction des mines au Comité d'organisation et même rappelé par elle à la Délégation française à Alger (20 août).Cependant le 5 septembre, le délégué général aux Relations économiques franco-allemandes (qui est toujours, si nous ne nous abusons, M. Barnaud) demande l'avis du secrétaire général à la Production industrielle sur un programme d'échanges entre l'Allemagne et le Maroc : la Production industrielle refuse tout, insistant encore sur la non disponibilité de toute quantité de molybdène pour l'exportation. En même temps, le général Weygand lui-même, par message avion, informe que Washington attache la plus grosse importance à la non-exportation du moylbdène (en premier lieu) et du cobalt : "ne pas tenir compte des indications serait courir au devant des plus graves incidents ; il y a lieu d'écarter le principe de toute discussion sur le molybdène". De nouveau saisie, la Direction des mines répète son opinion.Ce refus trouve son écho dans la séance de la délégation économique franco-allemande de Wiesbaden, à la date du 8 octobre 1941. M. Couve de Murville fait connaître au représentant allemand Schone que le gouvernement français refuse de livrer du molybdène, du plomb et du manganèse, dont toutes les quantités disponibles sont nécessaires à la consomation nationale. A quoi Schone réplique que le groupe Wolf a reçu une offre de la société Molybdène pour 25 tonnea au prix de 102 F, que le stock au Maroc est de 100 tonnes, que les besoins de la métropole ne peuvent être que très faibles puisque le molybdène sert presque exclusivement à l'armement et que la question des armements se trouve réglée en France, et que le stock existant en France suffit à couvrir pour un an les besoins actuels de la métropole. M. Couve de Murville rétorque que le contrat Wolf-Le Molybdène a été conclu en dehors des autorités françaises. Enfin, comme la question des transports était envisagée, les Allemands demandent simplement que la licence d'exportation leur soit accordée, indiquant ainsi qu'ils se chargeaient de régler toutes autres questions matérielles.La question fut tranchée à Vichy dans les quelques jours qui ont suivi. Dans quelles conditions ? Il est dit au dossier que le 11 octobre, au cours d'une réunion chez M. Lafond, secrétaire général à l'énergie, M. Barnaud devait poser directement la question du molybdène au général Weygand ; le même jour, une réunion de divers services financiers (la délégation économique franco allemande dépendait du ministère des Finances) était tenue à la direction du Commerce extérieur ; et, par le compte rendu qu'elle en recevait (elle n'y était pas convoquée...) la Direction des mines apprenait que la vente des 25 tonnes de molybdène était acceptée en échange de produits ferreux. Elle proteste par lettre du 17 octobre, et, lors d'une réunion tenue le 7 novembre, chez M. Barnaud, celui-ci déclara avoir obtenu l'accord de M. Lafond. La Direction des mines demanda en vain confirmation de cet accord ; elle ajoute, dans un mémoire : "en fait M. Lafond aurait laissé la décision au général Weygand".Dès qu'ils furent informés de cette décision, les Allemands en avisèrent la société Le Molybdène, et, augmentant leurs prétentions, demandèrent (mais en vain) à la Commission d'armistice la livraison totale du stock marocain.La Direction des mines tenta de retarder l'exécution du marché conclu par le gouvernement français ; ses efforts furent contrariés par la Délégation générale aux relations économiques franco-allemandes qui, s'étonnant des objections de la Direction des mines, demanda aux Affaires étrangères que la livraison fût effectuée aussitôt.Celle-ci fut faite au début de 1942 ; les fûts de molybdène furent transportés à Oran, chez le transitaire désigné par les Allemands, qui réglèrent par virements au compte ouvert à la société Le Molybdène chez Worms : 2.040.000 en mai 1942, 12.444 en janvier 1943, soit au total 2.052.444. Il fallut encore une dernière intervention du ministre des Finances pour que la douane de Marseille consentît à laisser passer le minerai.L'expert estime, après dépouillement du compte d'exploitation que le prix de revient du stock de molybdène de la société est de 8.199.000 F pour 81 tonnes 250 à 80% de MOS2 ; les 81 tonnes 250 à 80% équivalant à 69 tonnes à 100% ; le prix de revient du kilo à 100% (frais et charges compris) s'élève à 126 F 15, supérieur de 24,15 au prix de vente aux Allemands, soit, sur les 25 tonnes livrées à 80% (ou 20 tonnes de MOS2 pur), à une perte totale de 423.000 F.La consultation personnelle des scellés a étayé notre scepticisme à l'égard de cette dernière affirmation. Nous n'avons pas dépouillé le compte d'exploitation ; mais, par la lecture du registre consacré aux délibérations du conseil, nous apprenons que la société a introduit en novembre 1942, une demande d'augmentation du prix de vente du molybdène, dont "le prix de revient pour 1941 ressort à 120.150 la tonne". Or, les 25 tonnes cédées aux Allemands ont été prises sur un stock extrait depuis longtemps, et pour lequel le nouveau prix de Revient est inapplicable : il ne s'agit pas, comme pour une entreprise de transformation ou de revente, de prévoir un prix d'écoulement tel qu'il permette le rachat de marchandises à transformer ou à revendre.Nous avons sur le prix réel du molybdène quelques indications grâce à des ventes opérées par la société à diverses époques. La situation du 30 novembre 1940 signale un stock de 55 tonnes (et non comme l'indique par erreur le registre p. 64, 25 + 25 + 45) d'une valeur de 2.730.000, qui a été vendu en décembre 1940 à Rhône Poulenc et au Groupement d'importation et de répartition à 60.000 francs la tonne de MOS2 cif (c'est-à-dire franco de port) Marseille, donc avec une majoration pour transport et charges diverses d'environ 10.000 francs ; en mars 1941, le stock de 35 tonnes - qui est au Maroc, puisqu'on le dit susceptible d'être warranté par la Banque d'État du Maroc - est évalué 1.450.600 F (soit 48.000 francs la tonne) ; en juin 1941, le stock est monté à 70 tonnes à 80% d'une valeur réalisable de 3.360.000, soit 60.000 francs la tonne (l'offre de mai 1941 à 102 francs du MOS2 à 100% tient largement compte des frais de transport à Oran). Et limite extrême, le molybdène, en février 1942 offrait à la maison Bertolus 20 tonnes deminerai à 85.000 francs, prises à la mine ; à 100% l'offre passerait à 105 ou 110.000 ; le transport de la mine à Oran doit se compter en plus : nous sommes bien loin de la perte démontrée par l'expert.Une dernière remarque : le registre que nous avons examiné ne relate la cession des 25 tonnes qu'à l'occasion d'une situation financière, sans autre commentaire ; pour toutes les autres opérations traitées ou soumises à la société, il abonde de détails. En tous cas, l'expert Bernard est peut être le seul à dire, dans cette affaire, qu'il n'apparaît pas que cette livraison ait été le résultat d'une offre... et qu'elle "a été retardée volontairement par la société". Dans une note provisoire du 20 novembre 1944, il était beaucoup moins affirmatif.Une seconde livraison a été ordonnée par décision du gouvernement français, en octobre 1941 : le Comité d'organisation et la Direction des mines ont désigné Le Molybdène pour effectuer cette fourniture qui était de 5 tonnes et était destinée à l'Italie. La société n'a pas eu l'initiative des négociations ; elle prétend que le minerai n'a jamais été livré ; en tous cas, la comptabilité ne porte aucune trace afférente à une opération de cette nature.Déposition Hoffmann 1/II/44Enfin, entendu en fin 1944 par M. le juge d'Instruction, le personnel dirigeant de la société s'était contenté de déclarer qu'après le premier contrat avec Otto Wolf, les Allemands avaient sollicité de nouvelles livraisons qui n'ont pas été satisfaites, bien qu'ils eussent par avance fourni des contreparties en quincaillerie ; et M. Meynial, directeur adjoint des services bancaires de Worms, s'était flatté par son voyage au Maroc en 1942, d'avoir arrêté une seconde livraison de 35 tonnes, exigée par les Allemands.Rapport Direction des minesOr, le Résident général au Maroc a signalé le 26 mars 1942, qu'on l'avait informé à titre officieux d'un contrat conclu entre Krupp et le Molybdène en vue de livrer 35 tonnes de molybdène ; il insistait auprès des Affaires étrangères, des finances et de la Production industrielle pour qu'il soit sursis à l'exécution de cet accord, qui épuisait complètement nos disponibilités. En vain, car le gouvernement français confirmait le 31 mars son accord sur la cession envisagée. Les Allemands étaient si empressés à recevoir le minerai qu'ils n'hésitaient pas à proposer de nouveau leurs bons services pour augmenter la production marocaine, et à fournir d'avance 500 sur les 2.000 tonnes de tôle qui constituaient la contrepartie du marché. La Direction des mines, pour retarder la livraison, objecta (le 24 octobre 1942) que le prix du molybdène n'était pas convenu et que le stock de quincaillerie, contrepartie de la 1ère livraison des 25 tonnes, n'avait pas été intégralement fourni. Le débarquement allié mit fin à ses négociations ; déjà les sous-marins anglais avaient croisé en 1942 devant Nemours où étaient entreposés du cobalt et du molybdène.Comme le souligne le secrétaire général de la société Hoffmann, il est exact que, le 26 février 1942, le gouvernement français a déclaré aux Allemands qu'il n'y avait pas de pourparlers entre Krupp et le Molybdène. Peut-on déduire de cette Indication négative (la Direction des mines pouvant fort bien n'avoir pas été renseignée franchement par Molybdène à qui elle avait reproché son 1er contrat avec Wolff) que le Résident général du Maroc a été mal informé ? Regrettons que l'on ne puisse pas joindre au dossier la lettre, interceptée en Afrique du Nord, dans laquelle un nommé Fournet, homme d'affaires au Maroc et se disant ami de Guernier, échangeait avec un Allemand nommé Kuhler, des précisions techniques relatives à des fournitures de molybdène (Guernier se défend d'avoir été l'ami intime de ce Fournet, qui aurait été inculpé d'espionnage).Hoffmann dit n'avoir été avisé de ce second marché de 35 tonnes que par Acker et par le Comité d'organisation ; tous les pourparlers ont eu lieu à la Commission de Wiesbaden à son insu. C'est seulement sur l'insistance du Comité d'organisation qu'il se serait décidé à faire en novembre 1942, une offre assortie des réserves habituelles, sachant à cette époque qu'elle ne pourrait matériellement plus être suivie de livraison.Comment dégager les responsabilités dans l'affaire du Molybdène ? Ce qui est incontestable, c'est que l'usage exclusif du molybdène n'était ignoré par personne, que la métropole n'avait pratiquement aucun stock, et que, pour permettre à l'Allemagne de poursuivre la fabrication de ses armements, il fallait faire venir le minerai du Maroc malgré le blocus anglais. Nous ne parvenons pas à comprendre qu'on ose parler d'offre ayant évité le pire, c'est-à-dire la réquisition totale de la production. M. Blondel, du Comité d'organisation, et M. Friedel, représentant l'État dans le Molybdène, ont été au moins imprudents de permettre à Guernier de faire une offre, même assortie de réserves, puisque cette offre venait battre en brèche la thèse du gouvernement français, qu'aucun minerai n'était disponible pour l'exportation.Guernier, qui allègue des motifs patriotiques, a dû à l'époque suer de peur ; il avoue avoir craint les menaces allemandes ; parce qu'il était sur la liste des ouvrages littéraires non désirables en France et parce que son éditeur lui signalait le danger qu'il courait d'avoir écrit une phrase contre l'Allemagne dans son livre "Le Destin des Continents". Et de pousser les organismes gouvernementaux à lui dicter une conduite, le tout dans le respect des droits imprescriptibles des actionnaires. Son offre du 15 mal 1942 a certainement dépassé les instructions qui lui avaient été tracées. Quant à son rôle dans les pourparlers relatifs au second contrat de 35 tonnes, rien dans le dossier ne vient éclairer ; mais qui pourrait assurer que nous avons en mains toute la correspondance échangée dans l'année 1942 ? A M. Thlrion qui perquisitionnait, on a remis un dossier tout constitué, où ne manquaient même pas des notes de défense.Worms, qui, ne l'oublions pas, est tout de même le maître de l'affaire et à qui l'on rendait compte de toutes les décisions, n'apparaît pas directement. Mais, au conseil d'administration, il est largement représenté, et surtout par M. Meynial, qui est allé deux fois en Afrique du Nord : en avril 1941, ce qui lui aurait permis de "gagner du temps vis-à-vis d'Acker" (on constate - rapprochement fortuit - que l'offre Guernier est du mois de mai 1941) ; et en octobre 1942, ce qui aurait, selon lui, stoppé la seconde livraison. Il fait état de la décision que le conseil aurait prise dès novembre 1940 de suspendre l'exploitation du molybdène et de se consacrer au gisement de sulfate de cuivre pour éluder les demandes allemandes. La Direction des mines revendique aussi la paternité de cette initiative, qui ne fut en réalité prise que dans l'été 1941. Le principal souci de M. Meynial a été, en 1941 et 1942, d'écarter les participations financières des Allemands ; c'est parfait au point de vue national ; mais Worms n'avait pas acquis la direction de cette affaire pour se la voir enlever même en partie par Krupp ou par Wolf.annexe 80Reste un dernier personnage, M. Jacques Barnaud, gérant de la société Worms pendant toute l'occupation et délégué aux relations économiques franco allemandes. Sans doute, aucun des inculpés ou des témoins n'ose représenter que M. Barnaud ait pu être tenté de confondre ses pouvoirs ; bien mieux, l'expert Bernard nous donne copie intégrale d'une lettre de M. Barnaud, dans laquelle celui-ci confirme à Worms les termes d'un entretien vieux de plus de 8 mois ; estimant que les fonctions qu'il a acceptées au gouvernement depuis août 1940 sont incompatibles avec toute activité privée, Barnaud déclare renoncer à toute rémunération autre que celle de sa part de capital (lorsqu'il eut quitté le pouvoir en fin 1942, il reprit sa place chez Worms).Bornons-nous à constater que, si elle a bien été écrite le 6 août 1941, comme elle en porte la date, cette lettre est contemporaine de l'époque où Barnaud, homme public, cherchait à convaincre toutes les administrations (et même le général Weygand) qu'il était opportun de céder du molybdène aux Allemands pour doter les populations marocaines d'articles de quincaillerie.Les mesures de séquestre prises contre la société Le Molybdène ont été récemment levées par le ministère des Finances.RobertP.C.C. Le Greffier

1946.00.De Worms et Cie.Historique (non daté)

CopieNB : Document non daté, classé après le 1er janvier 1946, date de la création des Ateliers et Chantiers de la Seine maritime en société anonyme qui est l'indication la plus récente donnée dans le texte.Worms & CieL'origine de la Maison Worms & Cie remonte à la fin de l'année 1848, époque à laquelle son fondateur, M. Hypolite Worms, négociant et banquier à Paris, entreprit l'importation en France des charbons anglais.II ouvrit à cet effet une succursale à Newcastle au mois de décembre 1848, puis une autre à Cardiff en 1851. Les exportations d'Angleterre acquirent rapidement une grande extension. Elles s'étendirent d'abord aux régions du Havre, de Rouen, et de Bordeaux, puis de Marseille et de la Méditerranée, où il devint le fournisseur des Messageries nationales en 1851, lorsqu'elles prirent en charge le service maritime postal à vapeur entre Marseille et les ports du Levant, pour l'exploitation duquel elles fondèrent peu après la société qui est devenue "les Messageries maritimes". II traitait également des opérations pour les colonies françaises et l'Amérique du Sud et était fournisseur du ministère de la Marine et des Colonies. II eut à pourvoir aux besoins des armées et de la Marine pendant la guerre de Crimée.Lors de la création du canal de Suez, il devint fournisseur du principal entrepreneur chargé des travaux de creusement et de la Compagnie du Canal. Quelques mois avant l'ouverture il décida d'établir un dépôt de charbon à Port-Saïd et à Suez pour les besoins de la navigation et créa dans ces deux villes une succursale pour assister les navires appelés à transiter par le Canal. La Maison Worms devint alors rapidement et resta la plus grosse maison de fourniture de charbon de soutes et de consignation du canal de Suez, malgré le nombre de dépôts qui ne tardèrent pas à s'y établir.Dans le commerce des charbons, la Maison Worms & Cie était considérée dans le monde entier comme une des premières maisons et jouissait d'une grande autorité. Elle avait pour clients, soit pour les exportations de charbon d'Angleterre, soit pour les fournitures à faire dans les dépôts de charbons de soutes situés sur les grandes routes maritimes, plusieurs marines de guerre, la Compagnie du canal de Suez, la compagnie des Messageries maritimes, la Compagnie générale transatlantique, les Chargeurs réunis, plusieurs autres des principaux armements français, un nombre considérable de compagnies d'armements maritimes d'Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas, du Japon, etc., des entreprises gazières, des compagnies de chemins de fer, etc., etc.Lorsque la navigation à hélices commença à entrer dans le domaine des réalisations pratiques, M. Hypolite Worms ne tarda pas à en envisager l'emploi pour son commerce de charbons. En 1854, il décida de faire construire quelques unités pour son compte personnel et de participer à l'achat d'autres par deux maison amies, la Maison Hantier Fils, Mallet & Cie, du Havre, et la Maison A. Grandchamp Fils, de Rouen, auxquelles il était associé.Pour assurer la meilleure utilisation de ses navires, il fut amené à envisager la création de services de navigation. Vers la fin de l'année 1855, il prit, avec ses amis du Havre et de Rouen, une participation dans une compagnie franco-anglaise constituée en Angleterre et ensemble ils conclurent avec cette société un accord pour l'exploitation de services entre Grimsby et le continent et plus spécialement avec la France. Cet accord était basé en grande partie sur son intention d'ajouter à ses exportations de charbons de Cardiff et du nord de l'Angleterre, celle des charbons de la région de Hull. II ouvrit alors, le 1er janvier 1856, une succursale à Grimsby.Pour faciliter l'administration et l'exploitation de ses navires, il remplaça, le 1er janvier 1857 son agent de Bordeaux par une succursale.Au début de l'année 1858, il entreprit l'exploitation d'un service de navigation entre Bordeaux, Le Havre et Cronstadt. En février 1859, il décida d'en organiser un autre entre Bordeaux, Le Havre et Hambourg. Ce dernier ne tarda pas à devenir régulier et à prendre un grand développement. Comme le précédent, il était assuré en association avec la Maison Hantier Fils, Mallet & Cie, du Havre, qui devint par la suite, la Maison F. Mallet & Cie et qui était chargée de la direction technique. Toutes les lignes de la Maison Mallet passèrent entre les mains de la Maison Worms & Cie en 1882. Il en fut de même, quelque temps après de la ligne de Dieppe à Grimsby, de la Maison Grandchamp, de Rouen.Désireux d'assurer la survivance de sa Maison après sa mort, M. Hypolite Worms décida de s'associer un de ses plus intimes collaborateurs, M. Henri Josse, ancien directeur de sa maison de Grimsby. II constitua avec lui, sous la raison sociale "Hypolite Worms & Cie", à dater du 1er janvier 1874, une société en nom collectif, dont ils étaient les seuls associés. M. Hypolite Worms décéda le 8 juillet 1877, dans sa 75e année. Suivant son désir, la société continua entre ses héritiers et son associé. Elle n'a cessé d'exister depuis après plusieurs prorogations et quelques modifications. Elle est actuellement à commandite simple. Sa raison sociale est devenue successivement : "Worms, Josse & Cie", en 1881, puis "Worms & Cie" en 1886.En 1881, un autre des plus intimes collaborateurs de M. Hypolite Worms, M. Henri Goudchaux devint également associé en nom collectif et gérant de la société et en fut l'animateur pendant de nombreuses années, jusqu'à son décès survenu le 25 avril 1916. Son fils, M. Michel Goudchaux, nommé fondé de pouvoir général en 1904, devint également associé en [nom] collectif et gérant le 1er janvier 1911. A la même date, M. Hypolite Worms, petit-fils du fondateur de la Maison entrait dans la société comme associé et en devenait gérant le 1er janvier 1916. Il en est devenu à son tour le principal animateur à la mort de M. Henri Goudchaux.Les gérants actuels sont :M. Hypolite Worms, associé-gérant,M. Robert Labbé, associé-gérant, petit-fils de M. Henri Goudchaux,M. Raymond Meynial, gérant statutaire.Aux termes de ses statuts, la société Worms & Cie a pour principaux objets : l'affrètement et l'armement des navires, la construction, l'achat et la vente des navires, l'importation et le commerce des charbons et de tous autres combustibles, les opérations de banque et de change, ainsi que tous autres genres de commerce et d'industrie que les associés jugeront convenable d'y joindre. Ses activités sont réparties entre trois grands services placés chacun sous l'autorité d'un directeur général. Ce sont, dans l'ordre historique de leur création :Les Services charbons et combustibles liquidesDirecteur général : Monsieur Louis VignetLes Services maritimesDirecteur général : Monsieur Lucien [Emo]Les Services bancairesDirecteur général : Monsieur Raymond Meynial, qui est également gérant statutaire.Ces derniers services ont été créés en 1929.En 1917, la Maison Worms décida de créer des chantiers de constructions navales. Elle les établit au Trait (Seine inférieure) sous le nom de "Ateliers & Chantiers de la Seine maritime". Ils furent constitués sous la forme de société anonyme indépendante à partir du 1er janvier 1946.En 1939, la Société Worms & Cie avait des succursales à Alger, Angoulême, Bayonne, Bordeaux, Boulogne-sur-Mer, Brest, Caen, Dieppe, Dunkerque, Le Havre, Lorient, Marseille, Nantes, Rochefort-sur-Mer, Rouen, Toulon, Cardiff, Grimsby, Hull, Newcastle, Swansea, Anvers, Gand, Rotterdam, Duisburg, Hambourg, Dantzig, Varsovie, Alexandrie, Port-Saïd, Suez. Elle en a créé d'autres depuis à Tunis et à Sfax. Elle possédait en outre de nombreux agents en France et à l'étranger.La flotte dont elle disposait à la même époque comprenait 25 vapeurs représentant au total une jauge brute de 31.880 tonneaux. Elle assurait l'exploitation d'un service de cabotage national et international desservant la plus grande partie des ports français de l'Atlantique, de la Manche et de la Mer du Nord et Marseille, ainsi que plusieurs ports d'Angleterre, de Belgique, des Pays-Bas, d'Allemagne, de la Baltique, de l'Espagne, etc.Les Services maritimes étendent également leurs opérations à la consignation, au transit et aux manutentions.

1946.00.De Worms et Cie.Note (non datée).01

CopieNB : Document non daté, classé après le 1er janvier 1946 en raison de la référence donnée dans le texte aux 17 années qui viennent de s'écouler depuis la création des Services bancaires, d'une part, et d'autre part, à la constitution "récente" des Ateliers et Chantiers de la Seine maritime en société anonyme.Note confidentielle au sujet des diverses activités de la Maison WormsLa Maison Worms existe depuis cent ans. A l'importation des charbons étrangers et à l'armement maritime, commerce et industrie qu'elle exploite depuis 1848 et 1853 respectivement, la Maison Worms ajouta une branche construction navale en 1917 et des Services bancaires en 1928.Qu'est-ce qui a incité la Maison Worms à joindre une banque à ses activités commerciales et maritimes ?On peut se demander d'autre part s'il y a intérêt à maintenir sous un même organisme ces diverses activités et garder en une seule et même affaire le commerce des charbons, les transports maritimes et la banque (nous ne parlerons pas de la construction navale puisqu'au surplus cette activité purement industrielle de la Maison Worms a été sortie récemment de son patrimoine et mise sous forme de société anonyme distincte des autres services). Nous allons répondre à ces deux points.I - La Maison Worms a créé en 1928 des Services bancaires parce que ses dirigeants qui, de tout temps, étaient en contact avec l'Angleterre, ont cru qu'il y avait un intérêt national à faire revivre en France une forme d'activité bancaire qui n'existait pour ainsi dire plus dans notre pays, mais qui avait toujours été et était encore l'un des éléments les plus importants et en même temps des plus utiles du système bancaire de la cité de Londres, nous voulons parler du "merchant banking".La Maison Worms a estimé il y a 17 ans qu'il y avait une place à prendre en France comme "merchant banker" pour, avec la souplesse que lui permettait sa forme de banque privée, faire de la banque commerciale, aider les commerçants et industriels français à développer leurs affaires et à prospérer non seulement sur le plan national, mais également sur le plan international, en facilitant par tous les moyens à sa disposition l'importation ou l'exportation de leurs marchandises.La "Banque Worms", si on regarde les choses de près, n'est ni une banque de dépôts ni une banque d'affaires, à proprement parler, elle est l'un et l'autre, mais elle est surtout une banque commerciale dans toute l'acception du mot.En fait, elle est semblable au "merchant banker" anglais du 19ème siècle, comme ses dirigeants l'ont désiré et réalisé. Nous ne croyons pas nous tromper en disant qu'elle est à peu près unique en son genre.II - Ceci dit, il est indispensable de permettre à la Maison Worms de conserver ses activités commerciales et maritimes et ses services bancaires liés en une même société. Aux renseignements qui précèdent, on peut ajouter des raisons à la fois d'ordre technique et d'ordre psychologique.Technique d'abord : La maison Worms a pu très rapidement prendre un développement important en tant que banque commerciale parce que depuis près de 100 ans qu'elle existait comme commerçant et comme industriel, elle connaissait tous les commerçants et tous les industriels de France auxquels à certains elle fournissait du charbon et dont à d'autres elle assurait le transport de leurs marchandises. Par ailleurs, tous les commerçants ou industriels de France connaissaient la Maison Worms.Grâce aux services de ses départements maritime et charbonnier et de leurs annexes, grâce à son rayonnement à l'étranger dû à ces mêmes activités, la Banque Worms est à même - elle est peut-être la seule en France - de pouvoir aider ses clients pour tout ce qui concerne l'importation et l'exportation.Elle est la seule à pouvoir, par l'intermédiaire d'un organisme unique, prendre une marchandise sur un point quelconque du globe, la charger, la transporter, l'assurer, la décharger et la livrer à son client importateur, après avoir financé toute l'opération d'un bout à l'autre, et ce à l'importation comme à l'exportation, aussi bien des pays anglo-saxons, de la Scandinavie, de l'Afrique du Nord ou de l'Égypte, qui sont ceux où son organisation est la plus développée et ses succursales maritimes les plus nombreuses, que de l'Amérique du Nord ou du Sud et du Pacifique ou de l'Extrême-Orient.Mais le maintien de cet organisme unique que les raisons ci-dessus suffiraient à justifier est peut-être encore plus important sur le plan psychologique.En effet, depuis 100 ans qu'elle existe, la Maison Worms possède comme "négociants armateurs" un actif matériel très considérablement supérieur à son capital : navires, chalands matériel de manutention, terrains et immeubles, participations et titres. Aussi longtemps que les activités de la Maison Worms feront bloc, cet actif commercial restera la garantie solidaire des opérations de banque. Grâce à cette réunion d'intérêts dans une même affaire, le crédit de la Banque Worms n'a jamais été discuté depuis 17 ans, pas plus que celui de Worms "Charbons" ou Worms "Armateur" ne l'avait été depuis 100 ans ; plus particulièrement, le crédit à l'étranger de Worms banquier est pour ainsi dire illimité parce que on y sait partout que Worms Charbons et Worms Armateur sont derrière Worms Banquier et que toutes les activités commerciales de la Maison sont solidaires.De plus, la Maison Worms est une commandite simple, ses gérants sont responsables sur tous leurs biens, sans limite, comme la loi l'exige. C'est une force considérable pour son crédit, mais cela représente une garantie exceptionnelle pour ceux qui traitent avec ses services bancaires, puisqu'aux actifs de toutes les branches commerciales et industrielles de Worms s'ajoute la garantie des fortunes personnelles de ses gérants. Diviser ces activités reviendrait à créer une banque Worms, société anonyme. Quelle que soit l'importance du capital social de cette dernière, son crédit s'en trouverait très sensiblement amoindri et son activité, de ce fait, réduite.Or, il n'est pas niable que la Maison Worms telle qu'elle existe joue un rôle considérable dans l'économie française dont elle est un des rouages essentiels. Il parait d'un intérêt national de conserver intact cet organisme et d'en faciliter le développement normal dans toute la mesure possible.

1946.00.De Worms et Cie.Note (non datée).02

CopieNB : Note non datée et classée après le 1er janvier 1946 en raison de la référence donnée dans le texte aux 17 années qui viennent de s'écouler depuis la création des Services bancaires, d'une part, et d'autre part, à la constitution "récente" des Ateliers et Chantiers de la Seine maritime en société anonyme.Note confidentielle au sujet des diverses activités de la Maison WormsLa Maison Worms est presque centenaire, ayant été fondée en 1848 par M. Hypolite Worms, grand-père du chef actuel de la Maison.Elle a quatre branches d'activité : importation des charbons étrangers (exclusivement anglais à l'époque de sa création) - armement maritime - construction navale - et banque.C'est comme importateur de charbons anglais que M. Hypolite Worms a débuté en 1848.La branche maritime a été créée en 1853, la construction navale en 1917 et les Services bancaires en 1928.C'est en 1882 (date à vérifier) que M. Hypolite Worms réunit ses activités charbonnière et maritime sous forme de société en commandite simple, association de personnes qui n'a jamais été modifiée depuis.On peut se demander quelles relations logiques il y a entre l'importation des charbons, les transports maritimes, la construction navale d'une part, et les affaires de banque de l'autre.On peut en outre se poser la question de savoir s'il y a intérêt à maintenir ces diverses activités sous un même organisme, en une seule affaire, ou s'il ne vaudrait pas mieux les diviser et créer une société Worms pour les charbons, une autre pour les exploitations maritimes, une troisième enfin pour couvrir exclusivement les affaires bancaires.Nous allons donc examiner ces différents points.I - Le commerce des charbons étrangers d'importation et les transports maritimes se complètent assez bien, surtout lorsqu'il s'agit de cabotage, comme c'est le cas pour la Maison Worms. Il n'est pas, croyons-nous, nécessaire d'insister. A cet égard, la Maison Worms a peut-être innové il y a 100 ans, mais son exemple a été suivi par de nombreux importateurs armateurs dont les principaux, en dehors d'elle, sont la Compagnie Delmas Vieljeux et la Société algérienne de navigation (Schiaffino). Worms comme Delmas Vieljeux et Schiaffino sont essentiellement des "négociants armateurs". Du reste, le négoce était toujours à l'origine la raison d'être de l'armement et les premiers armateurs du monde n'ont jamais été que des négociants exportateurs qui transportaient eux-mêmes leurs propres marchandises pour les vendre dans les territoires d'outre-mer.Nous ne parlerons pas de la construction navale, branche exploitée depuis 25 ans par la Maison Worms, puisqu'au surplus cette activité purement et exclusivement industrielle a été sortie récemment de son patrimoine et mise sous forme de société anonyme distincte.Nous en venons maintenant à la question bancaire.Comme indiqué plus haut, c'est en 1928, que la Maison Worms a créé un département bancaire.A cet égard, il est bon de raconter une anecdote :Avant de créer une maison d'importation de charbon en 1848, M. Hypolite Worms était associé-gérant d'une maison privée de banque "les Fils de Michel Goudchaux" et c'est en finançant comme banquier les premières importations de charbons anglais que M. Hypolite Worms comprit l'importance que pouvaient jouer dans l'avenir les charbons anglais et décida de s'installer à son compte pour exploiter ce commerce en 1848, au moment où fut décidée la liquidation de la banque Goudchaux le jour où son chef, M. Joseph Goudchaux, fut choisi comme premier Ministre des Finances de la 2ème République. Avant d'être charbonnier et armateur, M. Hypolite Worms avait donc été banquier.Ceci dit, il ne faut évidemment pas en conclure qu'en créant une maison de banque en 1928, son petit-fils, l'actuel M. Hypolite Worms, n'y fut poussé que par éclectisme sentimental.En réalité, voici les raisons qui ont présidé à cette initiative. Les dirigeants de la Maison Worms ont cru qu'il y avait un intérêt national à faire revivre en France une forme d'activité bancaire qui n'existait pour ainsi dire plus dans notre pays, mais qui avait toujours été et était encore l'un des éléments les plus importants et en même temps des plus utiles du système bancaire de la cité de Londres, nous voulons parler du "merchant banking".La Maison Worms a estimé il y a 17 ans qu'il y avait une place à prendre en France comme "merchant banker" pour, avec la souplesse que lui permettait sa forme de banque privée, faire de la banque commerciale, aider les commerçants et industriels français à développer leurs affaires et à prospérer non seulement sur le plan national, mais également sur le plan international, en facilitant par tous les moyens à sa disposition l'importation ou l'exportation de leurs marchandises.La "Banque Worms", si on regarde les choses de près, n'est ni une banque de dépôts ni une banque d'affaires, à proprement parler, elle est l'un et l'autre, mais elle est surtout une banque commerciale dans toute l'acception du mot.En fait, elle est semblable au "merchant banker" anglais du 19ème siècle, comme ses dirigeants l'ont désiré et réalisé. Nous ne croyons pas nous tromper en disant qu'elle est à peu près unique en son genre.II - Les considérations qui précèdent peuvent paraître quelque peu en marge du sujet qui nous occupe, mais elles sont indispensables pour expliquer et affirmer la nécessité absolue qu'il y a à maintenir intégral cet organisme de "merchant banker". Il est facile à cet égard d'en comprendre les raisons qui sont à la fois d'ordre technique et d'ordre psychologique.Technique d'abord : La Maison Worms a pu très rapidement prendre un important développement en tant que banque commerciale parce que depuis près de 100 ans qu'elle existait comme commerçant et comme industriel, elle connaissait tous les commerçants et tous les industriels de France auxquels à certains elle fournissait du charbon et dont à d'autres elle assurait le transport de leurs marchandises. Par ailleurs, tous les commerçants ou industriels de France connaissaient la Maison Worms.Grâce aux services de ses départements maritime et charbonnier et de leurs annexes, grâce à son rayonnement à l'étranger dû à ces mêmes activités, la Banque Worms est à même - elle est peut-être la seule en France - de pouvoir aider ses clients pour tout ce qui concerne l'importation et l'exportation.Elle est la seule à pouvoir, par l'intermédiaire d'un organisme unique, prendre une marchandise sur un point quelconque du globe, la charger, la transporter, l'assurer, la décharger et la livrer à son client importateur, après avoir financé toute l'opération d'un bout à l'autre, et ce à l'importation comme à l'exportation, aussi bien des pays anglo-saxons, de la Scandinavie, de l'Afrique du Nord ou de l'Égypte, qui sont ceux où son organisation est la plus développée et ses succursales maritimes les plus nombreuses, que de l'Amérique du Nord ou du Sud et du Pacifique ou de l'Extrême-Orient.Mais le maintien de cet organisme unique que les raisons ci-dessus suffiraient à justifier est peut être encore plus important sur le plan psychologique.En effet, depuis 100 ans qu'elle existe, la Maison Worms possède comme "négociants armateurs" un actif matériel très considérablement supérieur à son capital : navires, chalands matériel de manutention, terrains et immeubles, participations et titres. Aussi longtemps que les activités de la Maison Worms feront bloc, cet actif commercial restera la garantie solidaire des opérations de banque. Grâce à cette réunion d'intérêts dans une même affaire, le crédit de la Banque Worms n'a jamais été discuté depuis 17 ans, pas plus que celui de Worms "Charbons" ou Worms "Armateur" ne l'avait été depuis 100 ans ; plus particulièrement, le crédit à l'étranger de Worms banquier est pour ainsi dire illimité parce que on y sait partout que Worms Charbons et Worms Armateur sont derrière Worms Banquier et que toutes les activités commerciales de la Maison sont solidaires.De plus, la Maison Worms est une commandite simple. Ses gérants sont responsables sur tous leurs biens, sans limite, comme la loi l'exige. C'est une force considérable pour son crédit, mais cela représente une garantie exceptionnelle pour ceux qui traitent avec ses services bancaires, puisqu'aux actifs de toutes les branches commerciales et industrielles de Worms s'ajoute la garantie des fortunes personnelles de ses gérants. Diviser ces activités reviendrait à créer une banque Worms, société anonyme. Quelle que soit l'importance du capital social de cette dernière, son crédit s'en trouverait très sensiblement amoindri et son activité, de ce fait, réduite.Or, il n'est pas niable que la Maison Worms telle qu'elle existe joue un rôle considérable dans l'économie française dont elle est un des rouages essentiels. Il parait d'un intérêt national de conserver intact cet organisme et d'en faciliter le développement normal dans toute la mesure possible.En effet, depuis 100 ans qu'elle existe, la Maison Worms possède comme "négociants armateurs" un actif matériel très considérablement supérieur à son capital : navires, chalands matériel de manutention, terrains et immeubles, participations

1946.00.De Worms et Cie.Note (non datée).03

Copie NB : Note non datée, classée en 1946 en raison de la citation empruntée à la conclusion du rapport de Gaston Barnard, datant du 31 décembre 1945, indication la plus récente donnée dans le texte.Fondée en 1848, la Maison Worms a conservé le caractère d'une entreprise de famille dont le capital, dans sa quasi-intégralité, demeure la propriété des descendants de ses fondateurs ; ses deux associés gérants actuels, MM. Hypolite Worms et Robert Labbé sont les petits-fils des deux chefs qui ont successivement dirigé la Maison entre 1848 et 1916. La Maison Worms n'a d'attache directe ou indirecte avec aucun groupe financier ou industriel français ou étranger.L'activité industrielle et commerciale de la Maison Worms pendant I'occupation allemande a été extrêmement réduite.Ses chantiers, spécialisés notamment dans la construction des sous-marins, n'ont en quatre ans délivré à l'Amirauté allemande qu'un sous-marin et un ravitailleur d'escadre ; le premier navire, à quatre mois d'achèvement lors de l'armistice de juin 1940, n'a été livré qu'avec près de deux ans de retard ; le second, à un an d'achèvement lors du même armistice, n'a été livré qu'avec plus de deux ans et demi de retard, aucune réparation, aucune transformation de navires n'a été effectuée par les chantiers.L'on ne saurait mieux faire à cet égard que reproduire les conclusions de l'expertise sur les livraisons de navires aux autorités allemandes :« D'une part, ce n'est que sur l'ordre du gouvernement français, en exécution des accords de Wiesbaden, et sous la pression allemande, que les Chantiers du Trait ont poursuivi, pour le compte de l'Allemagne, une partie des constructions en cours au 25 juin 1940 ; ils ne l'ont fait qu'après avoir attiré l'attention du gouvernement français sur la gravité que pouvait revêtir la livraison de matériel de guerre à l'occupant.D'autre part, la maison Worms ne parait pas avoir recherché ou sollicité les commandes allemandes ; elle semble, au contraire, s'être bornée à accepter celles qui lui furent imposées.J'ai pu constater notamment de la part des Chantiers du Trait un freinage systématique des fabrications. »Les départements "Charbons" et "Services maritimes" n'ont, du fait de la fermeture successive des ports français à tout trafic maritime, été appelés à traiter avec l'ennemi d'opérations de quelque nature qu'elles soient. La flotte de son côté, dès le 2 septembre 1939, avait été entièrement réquisitionnée par le gouvernement français.Quant à l'activité des Services bancaires, le pourcentage des opérations traitées par la Maison avec les banques allemandes s'est limité à 1,47% de l'ensemble des opérations des banques de la place de Paris, ce pourcentage n'atteignant même pas 1% du montant des opérations traitées par les banques françaises sur l'ensemble du territoire (chiffres de la Banque de France). Il convient d'ailleurs de préciser que ces opérations - effectuées pour la plupart sous la pression du commissaire allemand en fonction auprès de la Maison Worms entre octobre 1940 et août 1944 - n'ont été que des opérations bancaires courantes, à l'exclusion de la moindre cession de participation et n'ont représenté qu'un pourcentage infime de l'activité générale des Services bancaires de la Maison.La Maison Worms a travaillé moins que toute autre entreprise française d'un rang équivalent pour les autorités allemandes. Ce qu'elle a fait ou ce que les sociétés contrôlées par elle ont fait, l'a toujours été sur les ordres formels du gouvernement français ou par réquisition de l'occupant ; en outre, et malgré les dangers qu'elle courait, la Maison Worms a toujours cherché, par tous les moyens en son pouvoir, à retarder les livraisons et les prestations à elle imposées ou à en réduire l'importance ou l'exécution.

1946.00.Liste du matériel pillé et témoignages aux ACSM

Le délégué départemental au ministère de la reconstruction et de l’urbanisme a l’honneur d’accuser réception de la déclaration de sinistre relative à l’établissement mentionné ci-dessous : Nom ou raison sociale : Worms & Cie. Prénoms ou forme de la société : Société en nom collectif en commandite simple. Profession ou objet social : construction et armement de navires Adresse actuelle ou siège social : 45 Bld Haussmann Paris Adresse de l’établissement sinistré : Le Trait Catégorie de l’établissement sinistré : Ateliers et Chantiers de la Seine Maritime Le Trait (S. Inf.) Le délégué départemental. Liste du matériel et de l’outillage pillés. 1ère liste. Magasin général 3 mètres en cuivre 3 pieds à coulisse (genre colombus) 1 cisaille à main à chantourner de 250 1 cisaille à main à découper de 250 2 marteaux à parking 2 marteaux de déballeur 1 paire de ciseaux à clinquant 1 palmer au 1/20ème (pr épais. Jusqu’à 20 mm) 1 paire de tenailles de 225 3 doubles-mètres duralumin 1 pied à coulisse (genre colombus) 1 palmer au 1/20ème (pr épais. Jusqu’à 50 mm) 4 extincteurs de 10 lit. « knock-out » (non chargé) 4 extincteurs de 10 lit. « knock-out » (chargé) 6 boutons doubles céramique 2 serrures d’armoires 2 pinces plates 1 pince coupante (grande) 1 pince coupante (petite) 4 ridoirs à croc 2 embouchures avec sifflets 2 sifflets sans voyant 10 paires de bottes 50 pyjamas (défense passive) 12 draps 8 couvertures 40 torches complètes 30 piles 50 ampoules 20 tubes oxygène 15 tubes acétylène 40 K° savon blanc 40 wassingues simples Brosses à peintures diverses Ustensiles de cuisine aluminium 1 fût de 200 l. essence tourisme 1 bidon 50 l. 800 l. essence tourisme (pompes) Relevé des tubes de gaz Oxygène Acétylène N°1219 : 5 m3 N° 7756 : 4m3 1240 : 5 m3 8025 : 4 m3 1302 : 5 m3 12.966 : 4 m3 1324 : 5 m3 13.017 : 4 m3 1356 : 5m3 13.230 : 4 m3 1384 : 5m3 14.951 : 4 m3 1187 : 5m3 12.916 : 4 m3 1301 : 5m3 14.880 : 4 m3 1354 : 5m3 12.958 : 4 m3 1113 : 5m3 12.985 : 4 m3 1122 : 5m3 12.996 : 4 m3 1181 : 5m3 13.930 : 4 m3 1172 : 5m3 6.005 : 4 m3 1287 : 5m3 6.013 : 4 m3 1241 : 5m3 7.704 : 4 m3 1275 : 5m3 1316 : 5m3 1325 : 5m3 1331 : 5m3 1352 : 5m3 1363 : 5m3 Soit 21 t x 5 = 105 m3 Soit 15 t x 4 = 60 m3 Témoignage Nom et prénoms : Cornu Georges Charles Date et lieu de naissance : 7 août 1895 – Rosendaël (nord) Profession : Chef magasinier Résidence actuelle : Le Trait (1 rue S. Champlain) Résidences successives : Rosendaël – Le Trait Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné Cornu Georges, certifie sincères, les déclarations portées sur l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé G. Cornu. Témoignage Nom et prénoms : Langlois Lucien Date et lieu de naissance : 26 octobre 1893 – Déville lès Rouen Profession : Employé de bureau Résidence actuelle : Le Trait (13 rue Georges Clemenceau) Résidences successives : Déville lès Rouen - Oissel Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées sur l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Langlois Liste du matériel pillé. 2ème liste Infirmerie 1 marteau du docteur Dejerine 5 bistouris 2 ciseaux droits acier inoxydable 2 ciseaux 1 lame pointue, 1 lame mousse 2 ciseaux 2 lames pointues 2 ciseaux 2 lames courbes 2 ciseaux 2 lames pointues émoussées 1 grosse pince à ongles incarnés 2 stylets en argent 2 sondes cannelées acier nickelé 2 spatules acier nickelé 1 porte nitrate pince argent 2 seringues record 12 aiguilles hypodermiques 24 aiguilles musculaires 24 aiguilles sérum 2 thermomètres maxima 2 plateaux émail blanc 3 loupes de précision 3 pissettes avec inscriptions (en verre blanc) 1 lampe à brûler les outils (en verre) 12 ventouses 2 prises de courant pour galvanocautère et stérilisateur électrique 1 matelas laine 3 couvertures laine 10 serviettes blanches ordinaires 2 serviettes de chirurgie 3 blouses d’infirmier (toile blanche) 3 blouses d’infirmière (toile blanche) 1 pendulette bureau 1 appareil électro-salvator a été détérioré et mis dans l’impossibilité de s’en servir Témoignage Nom et prénoms : Simon Georges Honoré Date et lieu de naissance : 24 septembre 1881 à Saint-Denis Ile de la Réunion Profession : Infirmier masseur diplômé Résidence actuelle : Le Trait rue Georges Clemenceau Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : non Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées sur l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 19 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Simon. Liste de l’outillage pillé. 3ème liste Soudure électrique 1 – Atelier 13 manomètres oxygène n°22.541 – 46.042 – 460006 – 1.032 – 46.017 – 46.008 – 45.941 – 10.805 – 11.252 – 16.733 – 34.668 13 manomètres acétylène n°71.678 – 67.250 – 71.767 – 57.833 – 58.952 – 50.747 – 50.759 – 91.712 – 91.444 – 91.820 – 36.006 7 chalumeaux découpeurs Pyrocopt AS N°0 – 57.860 – 23.910 – 32.284 – AS n°1 – 80.057 – 28.931 – 66.121 – 63.826. 2 chalumeaux soudeurs Picard varial n°1 – 84.997 – 1.596 Boyaux d’oxygène et acétylène : 6 longueurs de 20 m. oxygène 6 longueur de 20 m. acétylène 2 - Bureau 1 palmer avec écrin 1 loupe diamètre 110m/m 5 lampes torches 1 jeu de cales 1 paie de gants en cuir pour soudeurs 1 paire de bleus (ouvrier Decorde) Témoignage Nom et prénoms : Avenel André Date et lieu de naissance : le 11 mars 1904 à Epinay s. Duclair S.I. Profession : Contremaître soudeur Résidence actuelle : 68 rue Pierre Leroux Le Trait Seine Inférieure. Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 16 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé A. Avenel Témoignage Nom et prénoms : Callais André Date et lieu de naissance : 25 juin 1908 à Duclair Profession : Chef d’équipe soudeur Résidence actuelle : Le Trait 2 rue Georges Leygues Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : aux ACSM employé Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincère, les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Callais Liste de l’outillage pillé. 4ème liste Montage bord 1 palmer 1 lampe torche 1 lot mèches cylindriques en acier rapide (petites dimensions) 1 ceinture de cuir 1 mètre en acier 12 crayons 15 m. courroie cuir 30 mm large 9 m. courroie cuir 35 mm large 6 m. courroie cuir 70 mm large 2 peaux en cuir dur Témoignage Nom et prénoms : Lepadellec Robert Date et lieu de naissance : 13 novembre 1902 à Toulon Profession : Contremaître Résidence actuelle : Le Trait 24 rue Jean Bart Résidences successives : - Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Lepadellec Témoignage Nom et prénoms : Aoustin Joseph Date et lieu de naissance : 24 décembre 1900 à Saint Joachim Profession : Chef d’équipe Résidence actuelle : Le Trait 21 rue du chemin de fer Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Aoustin Liste de l’outillage pillé. 5ème liste Petit ajustage et outillage 2 palmers marque Roch 1 pied à coulisse « Briault » 1 écrin compas à dessin 1 jeu de cales Starret 1 jeu calibres filetage anglais 1 série clés d’ajusteur 3 2 marteaux à frapper debout 1 paie ciseaux - laboratoire Témoignage Nom et prénoms : Foutrel Charles Date et lieu de naissance : le 9 juin 1911 à Duclair Profession : Chef d’équipe Résidence actuelle : rue de l’église Duclair Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Foutrel Témoignage Nom et prénoms : Vincent Edouard Emile Date et lieu de naissance : 30 mars 1891 St Paër Profession : Magasinier Résidence actuelle : Duclair Hameau de St Paul Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) : non Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Vincent Liste de l’outillage pillé.6ème liste Gréement et voirie 50 m. environ de toile, à voile BM en 80 cm 3 kgs environ de fil à coudre pour machine 3 pinces Bernard 1 pince universelle 1 paumelle de voilier 1 couteau de voilier Témoignage Nom et prénoms : Couffon François Date et lieu de naissance : 14 juin 1893 à Yvias C. du N. Profession : Contremaître gréeur Résidence actuelle : Le Trait 13 rue du Commandant Guilbaud Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Couffon Témoignage Nom et prénoms : Balsen Pierre Date et lieu de naissance : 28 août 1886 à Dunkerque Profession : Voilier Résidence actuelle : Le Trait rue Denis Papin n° 56 Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé P. Balsen Liste de l’outillage pillé. 7ème liste Peinture 2 porte-molettes coupe-verre cathédrale 1 diamant coupe-verre blancs 1 marteau 1 douzaine de brosses dites à filer 1 douzaine de brosses 1 pouce 1 paquet ½ de bougies Pots de peinture gris artillerie Témoignage Nom et prénoms : Delestre Joseph Date et lieu de naissance : né le 23 août 1899 à Barentin S. I. Profession : Contremaître peintre Résidence actuelle : Le Trait 19 rue Guillaume le Conquérant Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé J. Delestre Témoignage Nom et prénoms : Leporc Louis Emile Date et lieu de naissance : 3 janvier 1890 à Rouen Profession : Peintre Résidence actuelle : Le Trait 43 rue du maréchal Galliéni Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Leporc Liste du matériel pillé. 8ème liste Maçonnerie 1 brouette de maçon (prise sur la voie ferrée embr. Haut). 1 paire de bottes caoutchouc (au magasin) 20 kgs de carbure environ (au magasin) Témoignage Nom et prénoms : Carpentier Albert Date et lieu de naissance : 29 juillet 1904 à St Wandrille Rançon S. I. Profession : C.M. Résidence actuelle : Le Trait rue Georges Clemenceau Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Carpentier Témoignage Nom et prénoms : Pétel Maurice Date et lieu de naissance : 19 octobre 1910 à Cauverville Eure Profession : Poseur de voie Résidence actuelle : La Mailleraye Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Pétel M. Liste du matériel pillé.9ème liste Rivetage 3 décamètres de contrôleurs 1 double décamètre en acier Témoignage Nom et prénoms : Mallet Julien Date et lieu de naissance : 22 août 1904 à Rouen Profession : Contrôleur rivetage Résidence actuelle : 19 rue maréchal Galliéni Le Trait S. Inf. Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées sur l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Mallet Témoignage Nom et prénoms : Chéruel Pierre Date et lieu de naissance : 27 février 1898 à St Joachim Loire Inférieure Profession : Contremaître riveur Résidence actuelle : 55 rue Jean Bart Le Trait Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé au chantier ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées sur l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Chéruel Liste de l’outillage pillé.10ème liste Atelier des coques 5 postes à découper 10 manomètres 5 chalumeaux et les boyaux 1 marteau à garnir Témoignage Nom et prénoms : Buron Georges Date et lieu de naissance : 6 mai 1893 Nantes Profession : Chef d’atelier Résidence actuelle : rue du maréchal Lyautey n°45 Le Trait Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Buron Témoignage Nom et prénoms : Legoff Alexandre Date et lieu de naissance : 18 septembre1893 à St Joachim Loire Inf. Profession : Chef d’équipe Résidence actuelle : Le Trait 72 rue Denis Papin Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Legoff Liste de l’outillage pillé. 11ème liste Station centrale 1 lampe torche à s/station triphasé 1 clé à molette genre Crescent moyenne 1 double mètre bois 1 paire d’espadrilles 1 clé à molette genre Cresent petite 1 pince plate 1 pince universelle isolée 1 pince universelle ordinaire 1 tournevis moyen 1 tournevis petit 1 pince universelle 1 tenaille 1 coffre à outils avec casier contenant : 1 série de mèches cylindriques de 1 mm à 14 par ½ mm 1 série d’alésoirs de chaudronnier à queue conique de 4 mm5, 6mm5, 7mm5, 8mm5, 10 mm5, 11mm5 2 alésoirs extensibles de 6 mm et 8 mm 1 série de mèches à queue conique de 3 à 20 mm par ½ mm 1 jeu de petites limes : 1 plate, 1 ronde, 1 carrée, 1 demi-ronde, 1 tiers-point 1 clé à molette de 30 genre Crescent 3 bidons 5 litres Témoignage Nom et prénoms : Adam Roger Date et lieu de naissance : 19 mai 1915 à Le Houlme Profession : AT Électricien Résidence actuelle : 6 rue Chevalier Paul Le Trait Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé R. Adam Témoignage Nom et prénoms : Carot Jean Emile Date et lieu de naissance : 15 août 1903 Vitrac (P. de Dôme) Profession : Chef d’atelier électricien Résidence actuelle : Le Trait 28 rue Jean Bart (S. I.) Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Carot Liste de l’outillage pillé. 12ème liste Menuiserie 6 marteaux 2 ciseaux 1 tenaille 1 égoïne 2 tournevis 1 bédane 2 petites presses en fer 2 longueurs de boyaux Témoignage Nom et prénoms : Barbey Emile, Aimé Date et lieu de naissance : 10 mars 1898 Jumièges (S. Inf.) Profession : Contremaître menuisier Résidence actuelle : 26 rue Jean Bart. Le Trait (S. Inf.) Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Barbey Témoignage Nom et prénoms : Biville Pierre Ernest Date et lieu de naissance : 10 décembre 1921 à Pavilly S. Inf. Profession : menuisier Résidence actuelle : 11 rue du maréchal Galliéni Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Biville Liste de l’outillage pillé. 13ème liste Électricité bord 2 pinces coupantes 1 pince universelle 1 boussole 3 lampes torches Témoignage Nom et prénoms : Brétéché Raymond Date et lieu de naissance : 20 novembre 1905 Chantenay-s-Loire Loire Inf. Profession : Electricien Résidence actuelle : 13 rond point Colbert Le Trait Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Hedel Chef d’atelier élect.-bord. Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) : non Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 18 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé R. Brétéché Témoignage Nom et prénoms : Granjouan Paul François Pierre Date et lieu de naissance : 13 décembre 1905 St Sébastien s/Loire Loire Inf. Profession : électricien (C.E.) Résidence actuelle : 8 rue des flaquets Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé F. Grandjouan Liste du matériel pillé. 13ème liste Bureaux direction et chantiers 1 machine à tailler les crayons 1 baromètre enregistreur Richard 1 luxmètre utilisé par M. Chabrol 2 compteurs 8 chiffres Remington 1 paire ciseaux 1 pendulette 1 règle à calcul 1 chronomètre 1 pendule chronautograph avec 1 clé de précision et 2 clés de remontage 1 luxmètre LMT à cellule photo-électrique 1 chronomètre 1 bouteille 1 litre encre Waterman 1 clé d’armoire à vêtements 1 clé de meuble du central automatique (téléphone) 1 clé accumulateurs téléphone 1 clé pendule régulatrice Collection de photos de rampe échouage latérale 1 carnet de timbres 1 clé armoire bibliothèque 1 miroir à main avec couvercle bois 1 brosse à vêtements 1 thermomètre de précision à mercure gravé sur le verre, monté sur planchette bois, graduation de -20 à + 200° 1 fichier (boîte carton) 1 marteau à sonder les rivets Photos Plan du chantier avec bateaux sur cale Témoignage Nom et prénoms : Chazelas Léon Auguste Date et lieu de naissance : 21 septembre 1901 Nice (A. M) Profession : Chef de service Résidence actuelle : Le Trait Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Worms et Cie Le Trait Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, atteste la réalité des disparitions portées à l’état (13e liste) auquel ce témoignage est joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 16 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé Chazelas Témoignage Nom et prénoms : Chabrol Pierre Date et lieu de naissance : 29 juin 1904 à Saintes Profession : Ingénieur en chef Résidence actuelle : LE Trait rue Archimède Résidences successives : Etes-vous (1) parent allié, héritier présomptif dinataire, serviteur, domestique de M. : Employé aux ACSM Avez-vous demandé le bénéfice de la législation sur les dommages de guerre (3) Témoignage Je soussigné, certifie sincères les déclarations portées à l’état ci-joint. Il est bien entendu que le présent témoignage relate des faits imputables à l’Armée allemande, à l’exclusion de toute autre. (Légalisation) Le présent témoignage est établi sous la foi du serment. Fait à Le Trait Le 17 juillet 1946 Rayer la mention inutile Nom de la personne en faveur de qui le témoignage est fait. Dans l’affirmative, indiquer la date de la demande, la nature de la demande (dommage immobilier, immobilier, commercial, agricole) et la délégation départementale du ministère de la reconstruction où elle a été déposée. Signé P. Chabrol

1946.00.Note (non datée).Banque Worms

Cette note, conservée aux Archives nationales - Caran, sous la cote F12 9566, n'est pas datée. Elle est classée après le 12 août 1946 en raison de la référence au "rapport de l'inspecteur des contributions directes qui a été chargé de vérifier les profits illicites réalisés par la Banque Worms et Cie", indication la plus récente donnée dans le texte.Banque Worms et CieWorms HyppoliteAssocié-gérant de la Banque Worms et Cie contre lequel une information est ouverte par la Cour de justice de la Seine pour :"accréditifs pour opérations faites au bénéfice des occupants".M. Worms a été interné de septembre 1944 à janvier 1945.Pendant l'occupation, la Banque Worms et Cie était pourvue d'un commissaire allemand. Von Ziegsar jusqu'en 1941, puis von Falkenhausen jusqu'à la Libération, assumèrent ces fonctions.Les accréditifs visés par l'accusation ont dépassé 600 millions.La Banque Worms a traité d'autres opérations criticables :a) Les avances sur factures à des fournisseurs de l'Allemagne, pour le seul Combatti (de nationalité italienne), fournisseur de la Kriegsmarine et agent douteux, ces avances ont atteint 200 millions. Elles étaient le plus souvent attribuées à une clientèle qui n'avait eu aucune relation avec la Banque avant la guerre.b) Les cautions de remboursement d'acomptes qui atteignirent 441 millions.Ces diverses opérations ont procuré à la Banque des profits illicites dont le chiffre actuellement soumis à pointage paraît devoir être supérieur à 17 millions.La Banque Worms et Cie ne limitait pas son activité aux opérations bancaires. Elle s'intéressait aussi à des affaires industrielles, de charbonnage, d'armement. Mais des renseignements recueillis jusqu'ici il n'apparaît pas qu'à l'occasion de ses activités diverses, la responsabilité de la Banque ait été retenue. Ci-joint copie du rapport de l'inspecteur des contributions directes qui a été chargé de vérifier les profits illicites réalisés par la Banque Worms et Cie.Banque Worms et CieLe Roy Ladurie Gabriel Directeur des Services bancaires de la Banque Worms et Cie, M. Le Roy Ladurie a démissionné de ses fonctions le 13 septembre 1944. Il a été interné jusqu'au mois de mai 1945. II est l'objet d'une instruction ouverte par la Cour de justice de la Seine pour :"accréditifs pour opérations faites au bénéfice des occupants".M. Le Roy Ladurie n'a pas caché les relations qu'il a eues avec les Allemands. On sait qu'il accepta de participer aux repas de la collaboration servis au Ritz sous le nom de "Repas de la Table Ronde" et qu'il a reconnu avoir pris contact avec des industriels allemands et des représentants de la Wermacht, de la Gestapo et des SS, mais ces relations - d'après ses déclarations- visaient à défendre les intérêts dont il avait la charge ou à sauver des compatriotes menacés de déportation ou d'exécution.Pour ce qui concerne sa responsabilité dans les opérations bancaires faites par la Banque Worms pendant l'occupation, il y a lieu de se reporter au dossier de M. Hyppolite Worms.

1946.00.Note (non datée, sans émetteur ni destinataire)

CopieNB : Note non datée, classée en 1946 en raison de la référence au dossier d'instruction de MM. Hypolite Worms et Gabriel Le Roy Ladurie, dont la clôture a été prononcée à cette date. M.M. Worms & Le Roy LadurieRépertoireMM. Worms et Le Roy Ladurie et les milieux politico-économiques franco-allemands A) Rapport sur la Maison Worms 1B) MM. Worms - Le Roy Ladurie et les Allemands 2a) déclarations de M. Wormsb) déclarations de M. Le Roy LadurieC) M.M. Worms - Le Roy Ladurie et les milieux gouvernementaux français 2a) déclarations de M. Wormsb) déclarations de M. Le Roy LadurieL'activité bancaire de la Maison Worms A) Rapports commerciaux avec la Commerzbank 4B) Avances à des fournisseurs de la Kriegsmarine 4C ) Ouvertures d'accréditifs 4D) Ouverture d'un compte 4E) Vente d'un immeuble sis à Dantzig 4Les chantiers de construction maritime du Trait (S.I.) 5H. Worms et les livraisons de molybdène A) Rapport de M. Vieille, administrateur judiciaire 7B) Rapport de M. le professeur Bienvenue 7C) Lettre de la Direction des mines à la Direction du blocus 7M. Worms et L'UEFEN A) Rapport de M. le professeur Bienvenu B) Circulaire en date du 20.9.41 8M. Worms et le Consortium maritime tunisien 8M. Worms et l'affaire Puzenat 9M. Worms et la Maison Japy 9M. Worms et la Société tunisien de Réno A) Déposition et note de M. van Cabeke 10B) Note de M. van Cabeke 11C) Déposition de M. Nelson Pottier 11 M.M. Worms Le Roy LadurieNote1°) MM. Worms - Le Roy Ladurie et les milieux politico-économiques franco-allemandsA) Rapport sur la Maison WormsP.198 : Depuis l'occupation de Paris, la Banque est pourvue d'un administrateur allemand, qui entretient d'ailleurs des relations excellentes avec les associés et ne gêne en aucune façon les affaires de la Maison.P.199 : La Banque Worms entretient des amitiés nombreuses dans les milieux politiques. Elle est en outre en rapport avec le groupe Royal Deutsch-Shell.On indique que la Maison Worms & Cie travaille beaucoup au moyen de relations personnelles. Dans ce domaine, un rôle important est joué par M. Barnaud, qui est d'ailleurs délégué général du gouvernement français pour les relations économiques franco-allemandes et associé-gérant de la Banque Worms & Cie.P.200 : L'influence de Worms & Cie s'est considérablement développée sous le régime de Vichy, où ils disposaient sous Darlan de presque tous les leviers de commande de l'organisation du nouvel État français, comme de tous ceux de l'industrie et du commerce extérieur.Dans le gouvernement Darlan, les hommes de la Banque Worms étaient M.M. Barnaud, Berthelot, Pucheu, Marion, et, indirectement, M. Bouthillier, sans parler bien entendu de M. Baudouin, étroitement unis à M. Barnaud.Dans le gouvernement Laval, les représentants de la Banque Worms sont M.M. J. Barnaud qui continue d'assurer les fonctions d'associé gérant de la Banque Worms, de Guérard, de Jean Le Roy Ladurie (frère de Le Roy Ladurie, directeur de la maison Worms).Déjà avant la guerre, la Banque Worms cherchait à établir des relations étroites avec certains partis d'extrême droite : M. Pucheu fut ainsi chargé d'entrer en relations avec M. Doriot (PPF) et d'effectuer des versements au parti, ce qui fut fait par l'intermédiaire de M. Marion.P.201 : Pendant l'occupation la Maison Worms & Cie s'est considérablement étendue. Comment expliquer un si grand développement pour une Banque d'importance moyenne ?Il y a lieu de penser que la solution devrait être recherchée en se rapportant à l'activité souterraine que l'Allemagne déployait dès avant la guerre en France. On peut supposer et certains faits viennent à l'appui de cette supposition, que la Banque Worms servait de canal en France pour financer l'activité de la 5ème colonne.Ceci expliquerait la prédilection que certains milieux allemands ont pour cette maison plus ou moins juive, ainsi que leurs désirs de mettre en avant les hommes dépendant soit directement, soit indirectement de cette Banque.C'est ainsi que plusieurs amis de la Banque ont pu occuper des postes dirigeant dans les gouvernements successifs de Vichy et exercer une influence déterminante sur la politique français.B) MM. Worms - Le Roy Ladurie et les Allemandsa) M. WormsP.3 M. Worms déclare : Ne voulant avoir aucun contact avec le Commissaire allemand qui m'avait été imposé, et ne parlant pas la langue allemande, j'ai délégué M. Le Roy Ladurie à l'effet de servir d'intermédiaire entre ma maison et l'administration allemande.J'ai eu des contacts avec deux ou trois industriels allemands qui de passage à Paris, sont venus me rendre visite mais avec lesquels je n'ai traité aucune affaire.P.388 : M. Latourette, journaliste, déclare : La campagne contre Worms, du moins dans Paris-Soir a cessé en 1942, à l'instigation des autorités allemandes. Ayant remis les éléments d'un article à un nommé Coston Henri, rédacteur à l'Appel, cet article aurait été refusé par la censure allemande.b) M. Le Roy Ladurie déclare :P.7 J'avais été délégué par M. Worms pour centraliser les rapports que la Maison pouvait avoir avec les Allemands.P.41 : J'ai eu des rapports avec des industriels allemands, j'ai eu des relations avec les milieux de la Wh, de la Gestapo et des SS pour obtenir des libérations et des renseignements.Pour aboutir à mes fins, j'allais voir les personnes en question dans leur résidence et il m'arriva de les inviter dans divers restaurants.M. Lepercq confirme (P.50) : J'ai été arrêté en mars 1944 avec Le Roy Ladurie, nous étions dans la même cellule à Fresnes et Le Roy Ladurie fut libéré quelques jours après.Pour m'aider, il a fait passer mon dossier de la Gestapo au Tribunal militaire, et un ordre de déportation ayant été signé, a fait égarer mon dossier.Madame de Voguë confirme (P.51) : M. Le Roy Ladurie s'est mis à ma disposition pour entreprendre une démarche dans les milieux allemands.C) MM. Worms, Le Roy Ladurie et les milieux gouvernementaux françaisa) M. Worms déclare :P.37 : En août et septembre 1940, j'ai fait plusieurs voyages à Vichy. Au cours d'un de ces voyages, ayant entendu dire que M. Laval tenait des propos hostiles à mon égard, je lui ai demande audience. Il se montra violent et me reprocha d'être opposé à sa politique. Je l'ai assuré que je n'avais rien fait contre lui, et que j'avais pour règle de m'abstenir de toute activité politique.P.38 : En ce qui concerne M. Barnaud, il a été chef de cabinet de M. Belin à la Production industrielle, puis chargé des relations économiques franco-allemandes. Il n'avait pas donné sa démission d'associé gérant de la Banque Worms, et il a repris ses fonctions à ladite banque en 1943, après avoir abandonné ses fonctions officielles en novembre 1942.M. Pucheu était le directeur général de la société Japy que la Maison Worms a été chargée de réorganiser à la demande de la Banque de France. Il est devenu plus tard ministre de l'Intérieur de Vichy.M. Jacques Guérard qui fut secrétaire de M. Pierre Laval, avait été jusqu'au 1er septembre 1939, président de la compagnie d'assurances La Préservatrice que la Maison Worms avait été chargée de réorganiser.P.[335] : M. Bertreux, ouvrier menuisier au Chantier du Trait : Lors de l'inhumation des victimes du bombardement de mars 1942, M. Worms fit un discours dans lequel il disait notamment que la France payait par ces bombardements les erreurs de 1936.b) M. Le Roy Ladurie déclare :P.42 : J'ai rencontré Doriot en juin 1936 et j'ai suivi son mouvement à ses débuts avec intérêt et sympathie. J'ai rencontré Doriot à plusieurs reprises avec Pucheu et Popelin. Un de mes collaborateurs était membre actif du parti et s'occupait de son organisation comptable. Il m'est arrivé de transmettre au PPF des contributions personnelles que me remettaient certaines personnes qui connaissaient mes relations avec ses dirigeants.P.43 : A la demande de M. Paul Reynaud, j'ai hébergé quelques jours chez moi le comte de Paris qui revenait d'une mission officieuse en Italie.P.43 : J'ai rencontré M. Baudoin à Bordeaux alors qu'il était ministre des Affaires étrangères.P.44 : J'ai vu Laval à Bordeaux le 20 juin 1940, sur sa demande.P.44 : M. Jacques Barnaud est un de mes amis intimes.P.44 : M. Lehideux était un de mes amis personnels.P.44 : J'entretenais des relations amicales et suivies avec Pierre Pucheu.P.45 : Mon frère Jacques Le Roy Ladurie a été ministre de l'Agriculture du gouvernement de Vichy de mars à septembre 1942.2°) L'activité bancaire de la Maison WormsA) Rapports commerciaux avec la CommerzbankP.6 : M. Worms déclare : sur l'initiative du commissaire allemand, un compte a été ouvert à la Commerzbank.P.8 : M. Le Roy Ladurie déclare : J'offre au docteur Hettlage, à défaut d'autre chose, d'établir entre nos maisons des rapports normaux de correspondants. Le volume des opérations avec la Commerzbank s'est élevé à 321.000.000 de francs.P.9 : En présence d'exigences allemandes, j'écris une lettre au commissaire allemand von Falkenhausen, lui disant que si une prise d'intérêt est inévitable, je suis prêt à donner la préférence à la Commerzbank.P.9 : J'accorde au docteur Hettlage une option de principe sur une participation dans la Société privée d'études et de banques.B) Avances à des fournisseurs de la KriegsmarineP.9 : Le Roy Ladurie : Sous l'injonction des deux commissaires allemands successifs, la maison Worms a consenti à un certain nombre de fournisseurs de la Kriegsmarine des escomptes de factures qui ont en définitive laissé pour 3.000.000 de créances irrécouvrables.C) Ouvertures d'accréditifsP.10 : Le Roy Ladurie : Nous avons ouvert un petit nombre d'accréditifs documentaires au profit de la Deutsche Bank.D) Ouverture d'un compteP.10 : Le Roy Ladurie : Nous avons ouvert un compte créditeur au profit du Rustung-Comptoir, service d'achats du ministère de l'Armement.E) Vente d'un immeuble à DantzigP.9 : M. Le Roy Ladurie : Nous avons eu de graves difficultés avec les autorités allemandes établies en Hollande au sujet d'une société holding "Le Franconnet", nous appartenant en totalité. Ces difficultés se sont terminées par la vente forcée, à des conditions dérisoires, aux SS, d'un immeuble historique que nous possédions à Dantzig.3) Les chantiers de construction maritime du Trait (Seine Inférieure)P.5 : M. Worms : J'ai livré un sous-marin privé de ses moyens offensifs, un ravitailleur d'escadre et un chaland.P.106 : Rapport de l'inspecteur Jourde : En ce qui concerne les prisonniers de guerre, les chantiers maritimes ont pu obtenir à la suite de démarches répétées la libération de 144 prisonniers de guerre, d'août 1940 au mois de janvier 1943. Il y avait là de nombreux habitants du Trait qui n'avaient rien à voir avec l'usine.P.106 : M. Lamoureux, sous-directeur des Chantiers : Les Chantiers ont dû subir la présence permanente non seulement d'un représentant technique de la marine allemande, mais également d'officiers et de soldats en armes, qui exerçaient une surveillance constante sur le personnel.P.116 : M. Bonnet, secrétaire de direction aux Chantiers : En ce qui concerne les requis, des ouvriers nous avaient été envoyés par ordre de l'autorité allemande et au titre de ST0 pour remplacer ceux pris par la relève. Les agents allemands qui contrôlaient le chantier étaient étroitement au courant de notre effectif présent et absent. A la suite de leurs réclamations, nous avons été amenés, pour sauver les apparences, à écrire des lettres de rappel aux ouvriers. Nous les avons même signalés au STO en lui demandant soit de rechercher ces ouvriers et de les renvoyer au Trait, soit de les radier de notre effectif.P.119 : M. Avenel, chef d'équipe soudeur aux Chantiers : Si parfois il nous parvenait des notes disciplinaires des services de directions, il y avait à comprendre que c'était une transmission des ordres donnés par les Allemands.P.120 : M. Adam, contremaître mécanicien aux Chantiers : Si parfois il m'arrivait de recevoir un ordre d'accélération du travail en provenance de la direction, il était motivé par l'exigence des Allemands.PP.121, 122, 126 : MM. Audoux, Langelle, Bunnel confirment ces deux dernières dépositions.P.129 : M. Prost, forgeron aux Chantiers : Au mois d'octobre 1940, il fut installé sur les Chantiers, afin de fournir un meilleur rendement, le système dit "planning" : ce système nous a obligés à travailler.P.320 : M. Prost : Les bombardements de mars 1942 ont bien détruit les Chantiers et ils sont peut être la cause que les Chantiers aient si peu produit.P.131 : M. Chevalier, ouvrier ajusteur aux Chantiers : En résumé, je déclare qu'à mon avis, la direction n'a rien fait pour freiner la production.P.132 : M. Auger, ouvrier charpentier aux Chantiers : Pour effectuer les commandes dans les délais prévus, la Direction nous fit travailler les samedis après-midi et dimanches. Quand nous ne venions pas, nous étions arrêtés le lundi par les Allemands.P.133 : M. Tardif, ouvrier chaudronnier aux Chantiers : Par circulaires, la direction nous prévenait que pour ne pas avoir à subir les sanctions de la part des armées d'occupation, il était préférable de se mettre au travail. S'il n'y a pas eu d'autres livraisons, cela peut être la conséquence des bombardements de mars 1942 qui détériorèrent les Chantiers.P.134 : M. Bertreux, ouvrier mécanicien aux Chantiers : Au début d'octobre 1940, le travail avait l'air assez poussé sur les Chantiers. Le bombardement de 1942 désorganisa certains ateliers.Il me parait possible que la maison Worms ait fait l'impossible pour satisfaire les commandes allemandes. Les chantiers Worms n'ont rien fait pour empêcher les ouvriers de partir en Allemagne. La lettre écrite le 16 décembre 1942 à M. Aoustin est à ce sujet édifiante.P.136 : Lettre à M. Aoustin. Celui-ci s'étant plaint de figurer sur les listes de départ pour l'Allemagne, la direction des Chantiers lui répond : Nous ne pouvons en ce qui nous concerne que maintenir notre point de vue et pour la bonne règle nous vous avisons que nous écrivons dans ce sens aux Chantiers de la Gironde et aux autorités occupantes.P.137 : M. Salaun, ouvrier traceur aux Chantiers : Les volontés de la Maison Worms n'étaient pas hostiles aux Allemands, mais les conditions matérielles de l'usine et la nonchalance des ouvriers ont empêché en bien des cas la réalisation de leurs projets.PP.137-138 : M. De Langarie, ingénieur en chef des Chantiers, a fait tout son possible pour que la production de ces Chantiers soit accélérée au profit des Allemands, allant même jusqu'à menacer les ouvriers qui se rendaient à l'abri dès qu'ils entendaient des ronflements d'avions. A fait des déclarations à la presse et à la radio pour vanter les beautés de l'Allemagne nazie.P.138 : M. Deschamps, chanfreineur aux Chantiers : P.139 : A mon point de vue, la maison Worms a fait l'impossible pour effectuer les commandes passées.Les ouvriers de l'entreprise Worms ont été appelés à exécuter des travaux de démolition par tronçons sur les docks du Grand Couronne, pour l'acheminement vers l'Allemagne de forts chalands pétroliers et automoteurs.Sur ordre allemand, la maison Worms & Cie, vers février 1944, à envoyer à Rochefort une quarantaine de ses ouvriers pour effectuer des travaux de réparations sur des dragueurs de mines allemands. Une vingtaine d'autres furent envoyés â Cherbourg pour réparer des vedettes lance-torpilles allemandes.4°) M. Worms et les livraisons de molybdèneA) Rapport de M. Vieille, administrateur judiciaire :P.152 : (II s'agit de la livraison de 25 tonnes de concentré de molybdène aux Allemands.)Il résulte du compte-rendu que la société Le Molybdène s'est mise en rapport direct avec le groupe allemand Otto Wolf pour une livraison de concentré de molybdène. Or, la société Le Molybdène est contrôlée par le groupe Worms. A la suite de ces faits, les mesures suivantes ont été prises par la direction du blocus en Afrique du Nord :a) mise sous contrôle de surveillance des établis. Worms,b) mise sous contrôle de surveillance de la société Le Molybdène au Maroc,c) inscription sur la liste des suspects du président de la société Le Molybdène.B) Rapport de M. le professeur de la faculté de Droit, Bienvenu, contrôleur surveillant des Établissements WormsP.207 : La société Worms est l'élément prépondérant dans l'affaire Le Molybdène. Son représentant dans cette société est M. Meynial, directeur général adjoint.En ce qui concerne la livraison en deux marchés de quantités importantes de molybdène la responsabilité que la société Le Molybdène et la Maison Worms ont encourue du fait de ces deux initiatives de commerce avec l'ennemi, ne comporte donc aucune excuse et aucune atténuation.On peut remarquer que les tractations de la société Le Molybdène avec des maisons allemandes, concordent avec le voyage en Afrique du Nord en mai 1941 de M. Meynial, directeur des Services bancaires de Worms à Paris et représentant de cette société dans le conseil d'administration du Molybdène.C) Lettre du ministre de la Production industrielle, Direction des mines, à la Direction du blocusP.212 : II y a lieu de noter à l'origine de cette affaire l'empressement répréhensible manifesté par le président de la société Le Molybdène qui présenta un contrat à Otto Wolf sans avoir l'accord ni du Comité d'organisation, ni de l'administration.5°) M. Worms et l'UEFENA) P.208 : Rapport de M. Bienvenu : Il précise que l'Union des exportateurs français pour l'Europe du Nord est une filiale du groupe Worms. Elle sert de trait d'union entre la France et l'empire d'une part et les états du Nord, notamment la Suède, d'autre part.Ces exportations deviennent des opérations critiquables du moment que la France cesse d'avoir la certitude que les marchandises exportées ne s'arrêteront pas chez les neutres et passeront chez l'ennemi, et c'est cette hypothèse qui se réalisa.B) P.209 : Circulaires en date du 20.9.41 de l'UEFEN. Cette circulaire supprime l'interdiction de réexportation et se félicite que soit assurée ainsi la reprise d'un courant d'exportation vers la Suède.Si l'Allemagne a levé cette interdiction, c'est évidemment à son profit.C'est à la société Worms qu'il faut imputer ces activités orientées vers un état neutre avec une possibilité de réexportation vers l'Allemagne.6°) M. Worms et le Consortium maritime tunisienP.210 : Rapport de M. le professeur Bienvenu De 1936 à la libération de la Tunisie, le Consortium maritime tunisien fonctionna comme une société ARL, avec deux associés : Worms d'une part, et un Italien d'autre part qui se partageaient le capital social. L'administration en était remise à un Français pour le groupe Worms et à un Italien pour l'autre moitié.Ce n'est qu'à la libération de la Tunisie que M. Worms se transféra purement et simplement la totalité des droits.7°) M. Worms et l'affaire PuzenatP.242 : M. Verdier, directeur général de Puzenat : Nous avons opposé une fin de non recevoir aux demandes de machines agricoles. Nous avons eu à exécuter deux importantes commandes allemandes imposées par le ministère de l'Agriculture allemande.P.245-246 : M. Grouillet, ingénieur en chef Puzenat : Il ne fut pas toujours possible de décliner a priori les demandes de matériel de guerre faites par les services allemands au cours de leurs nombreuses visites d'inspection, surtout lorsqu'elles entraient visiblement dans nos possibilités de fabrication.En ce qui concerne les machines agricoles, les commandes furent extrêmement faibles et ne dépassèrent pas 6% de notre chiffre d'affaires.8°) M. Worms et la maison JapyP.275 : M. Rigoulot, comptable chez Japy :Pendant l'occupation, l'usine a travaillé presque exclusivement pour les Allemands. On peut évaluer à environ 75% la proportion des commandes allemandes.P.276 ; Les tours furent détruits par le personnel à l'insu de la direction.P.276-277 : On ne peut pas dire que pour la relève et le STO, la direction ait freiné ces départs, sauf peut-être pour quelques spécialistes. Le chef de service de la main d'œuvre, Duval, a donné toutes indications voulues aux Allemands.D'une façon générale, on peut dire que la direction des Établissements Japy, avant 1943 a eu une attitude collaborationniste, mais après cette date, elle a tout fait pour les ouvriers.P.278 : M. Wittmer, finisseur de machines à écrire : Pendant l'occupation, l'usine a dû travailler en majeure partie par les Allemands. A mon avis, nous leur avons livré 75% des machines à écrire.P.302 : M. Japy : Dès 1940, nous avons dû accepter des commandes allemandes.En 1940-41, le pourcentage était faible, il s'est accru en 1942-43. En 1943, les commandes allemandes figuraient pour 49% par rapport aux commandes françaises. Elles figuraient pour 60% dans les bilans présentés aux Allemands. Voici nos chiffres d'affaires :1940206.000.0001941229.000.0001942228.000.0001943321.000.000mais les prix avaient doublé.9°) M. Worms et la Société tunisienne des hyperphospates de RénoA) Déposition et note de M. van CabekeP.336 : Le groupe Worms s'assure dans mon affaire, la Compagnie sétoise des produits chimiques, une position majoritaire et se fait représenter au conseil d'administration. Je reste, pour ma part, administrateur délégué et directeur technique.A partir de ce moment on fait tout pour m'évincer de l'affaire jusqu'à des dépôts de plainte déposés contre moi par l'intermédiaire de mandataires salariés de M. Worms. La Cour d'Appel de Montpellier fit justice de ces plaintes.Au lendemain de l'arrêt, je reçois la visite de M. Nelson Pottier qui se disant mandaté par M. Worms, me dit : Nous n'avons pas de reproches à vous faire, mais nous ne suivons pas la même politique. Actuellement nous pratiquons une politique de collaboration qui n'est pas conforme à vos idées. Le ménage ne va plus, il faut partir.Et je dus partir. La Compagnie sétoise produisait du sulfate de cuivre et avait une raffinerie de cuivre qui pouvait être très utile pour les Allemands (p.337).P.337 : La Société tunisienne ayant définitivement absorbé ma compagnie, il y eut des expéditions importantes de phosphates à destination de l'Allemagne (environ 1.000 tonnes) malgré des engagements antérieurs pris à l'égard de la Suisse.Au début de 1944, 15.000 sacs furent enlevés par des camions de l'organisation Todt.Ils livrèrent enfin 3 wagons d'alfa destinés à la confection de filets de camouflages.P.337-338 : Expulsion de M. van CabekeComme je continuais à habiter un immeuble sis sur les terrains de la Compagnie sétoise, et que ma présence était indésirable aux nouveaux venus, une mesure d'expulsion fut ordonnée par le préfet de l'Hérault le 18 avril 1942, alors que Pucheu était ministre de l'Intérieur.J'obtiens un sursis à cet arrêté, mais des démarches furenf faites sur les instructions de la maison Worms par M. Jean Roubie, directeur général de la Compagnie sétoise, auprès de la Kommandantur locale qui m'a fait donner l'ordre de quitter Sète avant le 1er avril 1944.Mais Jean Roubie est détenu pour collaboration à Béziers.J'ai vu à plusieurs reprises M. Le Roy Ladurie, notamment fin 1940 et j'ai eu l'impression très nette alors qu'il entrait dans la voie de la collaboration.B) Note de M. van Cabeke sur les représentants de M. Worms, dans l'affaire de la Compagnie sétoise.P.339 : M. Arrighy est le président du conseil d'administration de la Société tunisienne des hyperphosphates Réno. Il a été un collaborateur notaire, membre influent du PPF, homme lige de Jacques Doriot, et ami intime de Paul Marion dont il a suivi toute la carrière. Il est chez Worms & Cie qui finance le PPF, le trait d'union avec ce parti. Au surplus, il tire vanité et profit de ses relations tant avec les Allemands qu'avec Vichy. Pétain apprécie ses services et en janvier 1941, un homme membre du Conseil de propagande, du Comité de rassemblement pour la Révolution nationale où se trouve également Pierre Pucheu. D'après un témoignage enregistré par le journal L'Aurore du 1er décembre, il aurait été l'auteur de l'arrestation du général Weygand, dont il moucharde l'attitude de résistant à Alger.P.339 : M. Jean Nelson Pottier, autre représentant de Worms dans l'affaire est un collaborateur notoire.P.342 : Jean Roudie, autre satellite de Worms & Cie, sera placé en juin 1942 à la direction générale de la Compagnie sétoise de produits chimiques. II va y pratiquer une politique de collaborations : Dénonciations à la Kommandantur, déportations d'ouvriers pour le STO, conférences de propagande pro-allemande auprès du personnel, établissement d'un cours d'allemand pour le personnel des bureaux.Jean Roudie a été arrêté le 10 novembre 1944 et incarcéré à Béziers.C) Déposition de M. Nelson Pottier, administrateur de sociétésP.347 : Il m'a été rendu compte que la société avait dû après l'occupation de la zone non occupée, livrer aux Allemands un certain nombre de tonnes de phosphates.

1946.01.00.De Worms et Cie.Circulaire.(1).Original

Original Worms & CieParis, [...] janvier 194645, boulevard HaussmannM.Nous avons l'honneur de vous faire connaître que, par suite de modifications apportées à notre succursale de Marseille, nous avons désigné comme directeur de la branche maritime, M. Jean Pelletier, précédemment sous-directeur à la même succursale.Il est remplacé dans ce dernier poste par M. Jacques Goudchaux, anciennement fondé de pouvoirs, qui prend désormais le titre et les fonctions de sous-directeur de la branche maritime.Comme par le passé, notre directeur, M. Jacques Révoil continuera à assumer la direction de l'ensemble des deux activités, maritime et combustible.Veuillez agréer, M., l'expression de nos sentiments distingués.Worms & CieM. Jean Pelletier signera : P. Pon Worms & Cie [signature]M. Jacques Goudchaux signera : P. Pon Worms & Cie [signature]

1946.01.00.De Worms et Cie.Circulaire.(2).Original

OriginalWorms & CieParis, [...] janvier 194645, boulevard HaussmannM.Nous avons l'honneur de vous informer que nous avons désigné M. André d'Avezac de Moran, précédemment fondé de pouvoirs de notre succursale d'Alger comme directeur de cette même succursale, en remplacement de M. Robert Dhorne, qui s'est vu confier par nous la direction de la succursale de Dunkerque.Veuillez agréer, M., l'expression de nos sentiments distingués.Worms & CieM. André d'Avezac de Moran signera : P. Pon Worms & Cie [signature]

1946.01.02.Des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime.Conseil d'administration.Extrait

Copie Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-MaritimeSociété anonyme au capital de 10.000.000 FSiège social : 45, bd HaussmannExtrait du registre des délibérations du conseil d'administrationSéance du 2 janvier à 15 heuresÉtaient présents : M. Robert Labbé, président-directeur général, M. Raymond Meynial, administrateurÉtait excusé : M. Hypolite Worms, administrateurLe conseil, après en avoir délibéré, décide de procéder à l'augmentation des 10.000 actions de 1.000 F chacune formant le capital de notre société.Ces titres porteront les numéros 1 à 10.000.Le conseil donne tous pouvoirs à M. Louis Micault ou à son défaut à Melle Odette Moriceau, 45, boulevard Haussmann, à Paris, à l'effet de :- se présenter à tel bureau d'enregistrement qu'il appartiendra pour :contracter l'abonnement au timbre de 10.000 actions ci-dessus,faire toute demande de dispense de l'apposition de l'empreinte matérielle du timbre,prendre tous engagements à cet égard,faire toutes déclarations trimestrielles ou autres, - acquitter tous droits et taxes.Aux effets ci-dessus, signer tous actes et procès-verbaux, substituer et généralement faire le nécessaire.De tout ce que dessus, il a été dressé le présent procès-verbal qui, après lecture, a été signé par le président et le secrétaire.Pour extrait certifié conforme,le directeur généralH. Nitot

1946.01.07.De Hypolite Worms.Note au sujet de la résistance de la Maison au STO

Ce document est conservé aux Archives nationales - Caran, sous la cote F12 9566. 7 janvier 1946Note sur l'action de la Maison Worms dans la résistanceau Service du travail obligatoire en AllemagneDès l'organisation du Service du travail obligatoire en Allemagne, la Maison Worms eut sans cesse la préoccupation de tourner les règlements pour mettre, aussi complètement que possible, son personnel à l'abri de ces déportations déguisées.- I -Elle utilisa à plein, notamment, les particularités de son organisation, avec laquelle les occupants étaient peu familiarisés pour fournir des listes de personnel toujours incomplètes, ne se rapportant qu'à une seule catégorie d'activité et, bien entendu, selon les circonstances, à celle qui était la moins exposée du fait des exceptions dont bénéficiaient certaines spécialités de travailleurs.Le département des Services maritimes était de ceux-là et la Maison trouva ici une heureuse contre-partie du sacrifice qu'elle s'était imposé en maintenant en activité une partie importante du personnel de ses succursales maritimes, alors complètement désaffectées.Ce personnel put ainsi bénéficier d'une carte de travail qui le mettait à l'abri de la réquisition massive, en raison de l'assimilation du personnel sédentaire des compagnies d'armement à leur personnel navigant lequel jouissait d'une exemption quasi totale.101 employés des Services maritimes de la Maison se sont trouvés dans ce cas. Les autres, au nombre de 160 environ, furent, mis à un régime de disponibilité qui, tout en leur assurant le maintien d'une partie plus ou moins importante de leurs appointements, selon l'ancienneté et la fonction, les mit à l'abri de toute déclaration aux Services allemands, malgré le lien de fait qui les unissait toujours à leur entreprise.En ce qui concerne le personnel des Services bancaires, celui-ci, plus exposé, put bénéficier, à différentes reprises, de l'alibi fourni par la déclaration qui couvrait les seuls effectifs du personnel maritime et, finalement, on put arriver aux résultats suivants, particulièrement éloquents :- Sur un ensemble de plus de 800 employés, tant parisiens que provinciaux, un seul partit en Allemagne au titre des Services maritimes et deux seulement au titre des Services bancaires.- II -L'action de la Maison Worms ne se limita pas à cette attitude en quelque sorte passive, mais elle s'exerça d'une façon beaucoup plus positive.Tant, en effet, pour son Département combustibles que par son Département minier, elle put, dans ses tourbières, dans ses exploitations forestières et minières, non seulement incorporer dans ses contrôles normaux un nombre important de travailleurs, soit par mutations de personnel en provenance de secteurs menacés, soit par engagements directs, mais encore cacher, hors de tout contrôle, un nombre presque aussi important - plusieurs centaines - de réfractaires, lesquels d'ailleurs ne faisaient souvent même pas partie de son personnel, et qu'elle prit néanmoins en charge pour éviter leur déportation en Allemagne.On en trouve de nombreux exemples dans les effectifs tourbiers et forestiers, mais ceux-ci sont particulièrement abondants dans les exploitations minières de Charrier et de Montmins, dont les deux listes totalisent 156 réfractaires.Ces derniers appartiennent aux milieux les plus divers : ouvriers, étudiants, employés, échappés, dans leur immense majorité des organisations Todt ou permissionnaires du STO, en Allemagne, ou même membres des maquis de la région : tous embauchés irrégulièrement, engageant ainsi directement la responsabilité des dirigeants.Cette résistance active, qu'on voit ainsi pratiquer sur une échelle très vaste n'eut pas été concevable sans la complicité et l'adhésion expresse à cette politique de toute la hiérarchie et notamment de la plus haute.A l'appui de cette action, trois séries de documents sont jointes en annexes :1°- liste de mutations de personnel entre un département plus menacé et un département moins menacé,2°- listes de travailleurs ayant appartenu à certaines exploitations dont les contrôles ont pu être retrouvés et qui, pour être incomplètes, n'en constituent pas moins un témoignage corroborant les déclarations ci-dessus,3°- recueil de déclarations faites par un certain nombre réfractaires dont on a pu retrouver les traces.H. Worms[Les annexes manquent - voir la note de H. Worms du 31 janvier 1947.]

1946.01.15.Des Petites Affiches de Normandie.Avis

Copie Extrait des :- 35ème année - n°1277 - 15 janvier 1946 - Les Petites Affiches de NormandieJournal spécial à la publicité légale de la Seine-InférieureH. Maugard, directeur propriétaire,Bi-hebdomadaire paraissant le mardi et le vendrediBureaux et administration : 86, boulevard des Belges, RouenÉtude de Me Maurice Rivière, notaire à Paris, 24, boulevard Saint-DenisUnique avisSuivant acte reçu par Me Rivière, notaire à Paris, le 27 décembre 1945, enregistré à Paris (14°notaires) le 3 janvier 1946, volume 128 A, f°59, case 9, Monsieur Raymond Meynial, directeur de banque, demeurant à Paris, avenue Paul-Doumer, n°60, ayant agi en sa qualité de gérant statuaire de la société Worms & Compagnie, société en nom collectif et en commandite simple, au capital de 40.000.000 de francs, dont le siège est à Paris, 45, boulevard Haussmann, a donné en location, pour une durée de neuf années, à compter du 1er janvier 1946,à la société dite "Société anonyme des ateliers et chantiers de la Seine-Maritime", au capital de 10.000.000 de francs, dont le siège social est à Paris, boulevard Haussmann, n°45, ce qui a été accepté par Monsieur Robert, Marcel Labbé, armateur, demeurant à Paris, avenue Gourgaud, n°8, son président-directeur général,le fonds de commerce de constructions navales, exploité par la société Worms et Compagnie concernant les constructions de navires, les fabrications et les réparations à exécuter, soit dans les ateliers et chantiers du Trait (Seine-Inférieure), soit éventuellement d'ordre et pour compte de ces derniers à l'extérieur par les moyens auxquels ils aviseront ainsi que toutes opérations commerciales se rattachant aux dits travaux,la clientèle, l'achalandage, le nom commercial, les chantiers, la jouissance et l'usage des marques de fabrique et de commerce, ainsi que des brevets, les procédés de fabrication et licences et généralement tous les éléments incorporels constituant le fonds de commerce dont il s'agit,les objets mobiliers divers, le petit outillage et le matériel et outillage non immeuble par destination qui servent à l'exploitation du fonds de commerce et qui se trouvent dans les ateliers et chantiers du Trait.Pour avis :Rivière, notaire

1946.01.25.A la direction générale des Services charbons.Original

Original Paris, le 25 janvier 1946Messieurs Worms & CieDirection générale des Services charbonsParisMessieurs,Nous avons l'honneur de porter à votre connaissance qu'à dater du 1er janvier 1947 nous ayons nommé fondés de pouvoirs de la direction générale de nos Services maritimes, tout en les maintenant dans leurs fonctions actuelles :- M. Bonhote Georges, chef du transit Paris- Darredeau André, chef du trafic- Quillier Alfred, ingénieur en chef, chef du service technique- Raynard Henri, chef du service administratif- Rognerud Christian, chef du service central manutention- Roussel Georges, chef du service central consignation- Vauclin Lucien, chef du contrôle financier- Villecourt Henri, chef de l'armement.Veuillez agréer, Messieurs, nos sincères salutations.P.Pon Worms & Cie

1946.01.25.De Raymond Meynial.A Me Doublet.Paris

Copie Raymond Meynial25 janvier 1946Mon cher ami,M. H. Worms attacherait un grand prix à ce que M. Thirion autorisât l'expert Bernard à nous remettre le recueil relié des extraits de presse contre Worms qui lui avait été communiqué en son temps.Vous serait-il possible de faire le nécessaire dans ce sens ? Je vous en remercie bien vivement à l'avance et vous prie de me croire, cher ami, très cordialement vôtre,Me Doublet132, bd MontparnasseParis

1946.01.26.De Robert Malingre.A M. Houlle.Paris

Copie R. Malingre26 janvier 1946Cher Monsieur Houlle,Société anonyme des ateliers & chantiers de la Seine-Maritime - Inscription au registre du CommerceJe m'empresse de vous faire porter sous ce pli l'attestation demandée par le greffe établissant que les chantiers du Trait sont en activité et emploient un effectif de 986 personnes, pièce qui était nécessaire pour vous permettre d'obtenir l'inscription de la société au registre du commerce.Veuillez agréer, cher Monsieur, l'expression de mes meilleurs sentiments.

1946.01.29.De Worms & Cie.A Worms Bordeaux

Service technique Le 29 janvier 1946, s/s "La Mailleraye" Vous nous avez adressé en son temps les rapports qui ont été établis sur la situation du "La Mailleraye" par le capitaine Moreau et par un ingénieur de la marine militaire. Le rapport du premier conclut que le "La Mailleraye" est irré­parable, mais il n’a aucun caractère officiel. Le second, au contraire est officiel, mais n'apporte pas de conclusion sur les possibilités de réparations du "La Mailleraye" après un renflouement éventuel. Or, pour mettre au point la question du remplacement du "La Mailleraye" il serait indispensable que nous puissions présenter dans notre dossier un document spécifiant que, au moment où le bateau a été coulé, il a été disloqué à un point tel qu'il n’était pas possible d’envisager le renflouement suivi d’une remise en état. Nous vous serions donc obligés de voir le bureau veritas de vo­tre ville et lui demander s'il serait d'accord pour nous établir un rapport concluant à l'impossibilité de remise en état du "La Mailleraye" après qu'il ait été coulé en 1944. Nous insistons bien sur ce que le rapport que nous demandons doit préciser que le navire n'aurait pas pu être renfloué, pour être répa­ré ensuite dès août 1944, de façon à ce qu'on ne puisse pas nous op­poser le fait qu'aucun essai de renflouement n'a été tenté par nos soins depuis cette époque. Vous nous avez envoyé un certain nombre de photos du "La Mailleraye" que nous n’avons pu retrouver dans le dossier du navire en cause et nous vous serions obligés, si cela vous était possible, de nous faire parvenir un nouveau jeu de photos que vous avez prises au moment où vous avez visité le "La Mailleraye" le 3 octobre 1944. P. Pon Worms & Cie

1946.01.30.De Worms Bordeaux.A l'ingénieur des ponts et chaussées

Bordeaux, le 30 janvier 1946 Monsieur l’ingénieur en chef des ponts & chaussées Délégué régional au commissariat à la reconstruction 2, allée d’Orléans Bordeaux Monsieur l’ingénieur en chef, s/s "La Mailleraye" coulé à Pauillac le 5 août 1944 par bombardements aériens Nous nous référons à votre lettre du 9 novembre dernier, par laquelle vous nous adressiez une copie du rapport établi par Mr. l’ingénieur de la marine qui avait procédé au cons­tat de l’état du vapeur. Le dernier alinéa de votre lettre précisait que si le navi­re pouvait être renfloué un examen plus détaillé serait effectué. Comme nous n’avons reçu aucune communication entre temps, nous vous serions obligés de bien vouloir nous délivrer une at­testation spécifiant que les avaries subies par le s/s "La Mailleraye" au cours du bombardement aérien du 5 août 1944 étaient telles que le renflouement du navire était impossible. Nous vous remercions d'avance et vous présentons, monsieur l’ingénieur en chef, nos salutations distinguées. P. Pon Worms & Cie

1946.01.30.Reconstruction des ACSM.Projet n°17.Estimation du coût

Tableaux présentant l'estimation sommaire des travaux de reconstitution des Ateliers et Chantiers de la Seine-Maritime, projet n° 17 (non retenu).

1946.01.31.De Raymond Meynial.A Georges F. Doriot.Washington DC

Copie Raymond Meynial31 janvier 1946Mon cher Georges,Si tu as un moyen de me faire savoir où tu en es de tes négociations en ce qui concerne tes divers activité, j'en serai heureux.Je te signale que nous avons été avisés, par nos correspondants, que les mesures spéciales, qui avaient été prises contre la Maison par le Treasury, étaient levées. Je pense qu'il n'y a donc pas lieu pour Boyd de pousser plus loin ses efforts.Huguette vient de recevoir d'Edna un paquet de chocolat qui a fait la joie des enfants - et de leurs parents - et pour lequel tu lui exprimeras toute notre reconnaissance.Que devient Dick ?Bien amicalement à toi,Brigadier G1 G. F. Doriot1 Scott CircleN.W. Washington 6 DC

1946.02.00.De W.G.France Amérique Grande-Bretagne.Article

Copie Puissances occultes à l'œuvre contre la FranceArticle de W. G., traduit de la Weltwoche par Renée Gouzy et paru dans le n°1 de France - Amérique - Grande-Bretagne, publication éditée par Z. Kaganski (Casablanca)[Résumé et extraits]Consacré au complot fomenté par la synarchie contre les forces de la démocratie française, l'article retrace le déroulement de ce mouvement (réf. notamment à la Cagoule, l'Action française : « mouvements réactionnaires et antisémites »), mouvement dont Jean Coutrot est présenté comme « le grand animateur - sinon le créateur », lequel, « après une vie mouvementée, se suicida à Paris le 19 mai 1941 » ... « Coïncidence étrange quelques mois avant le suicide de Coutrot, son jeune secrétaire Théallet, en parfaite santé, mourut brusquement sans que l'on connut les causes de sa mort ; quelques mois après ce fut le tour de son deuxième secrétaire, Yves Moreau, et du beau-frère de Coutrot, Henri Brûlé, (ce dernier avait précédemment rendu visite au ministre de la Production à Vichy, Gabriel Leroy-Ladurie, considéré dans les milieux bien informés comme le véritable dirigeant du mouvement synarchique... »« En 1930, Coutrot fonde l'association X. Crise qui préconisait la solution de la crise mondiale qui sévissait à cette époque au moyen de méthodes scientifiques et cherchait à introduire en France les idées « technocrates »... Coutrot avait créé ainsi une ligue soumise à une idéologie précise, sorte de franc-maçonnerie de polytechniciens, appelés par leur formation et leurs tendances professionnelles à devenir les dirigeants de l'économie nationale... »« C'est alors l'ère vichyssoise, qui porte la synarchie à son apogée. Les principaux membres font leur apparition dans les différents ministères : Barnaud, Baudouin, Benoît-Méchin, Bichelonne, Bouthiller, Borotra, Gitrat, Lamirand, Lehideux, Le Roy-Ladurie sont des synarques ainsi que Piétri, ambassadeur de France à Madrid, et de Boisanger, gouverneur de la Banque de France. Le nom de Pucheu figure également sur la liste (tombée entre les mains de la police française) des membres du mouvement synarchique, qui réussit, avec Dumoulin de la Barthète, Gillouin et de Fontraulx, à s'infiltrer dans l'entourage immédiat de Pétain, tout en étant représenté à Alger auprès du général Giraud par Couvé de Murville.« La mainmise sur l'économie du pays est assurée par le magnat de la houille, de Peyerimoff, président de l'Union des Employeurs, et par les actionnaires de la Banque Worms & Cie, dont les vrais dirigeants, Hypolite Worms et Barnaud, sont tous deux membres influents du mouvement synarchique. La Banque Worms étant, entre parenthèses, la banque collaborationniste n°1. »

1946.02.02.De Worms Bordeaux.Au service de la reconstruction

Bordeaux, le 2 février 1946, Monsieur Larolfi Service de la reconstruction 25 rue du Temple, 25 Bordeaux Monsieur, s.s "La Mailleraye" coulé à Pauillac le 5.8.44 par bombardement aérien – Nous référant à la visite que nous vous avons faite hier, nous vous prions de trouver, sous ce pli, copie de la lettre que nous a adressée notre direction générale, en vue d'obtenir un rapport concluant à l'impossibilité de remise en état du s/s " La Mailleraye" après qu'il ait été coulé en 1944. Nous espérons qu'il vous sera possible de nous dé­livrer cette pièce et vous présentons, monsieur, nos salutations dis­tinguées. P. Pon Worms & Cie

1946.02.13.De Ralph G. Boyd - Nutter, McClenne and Fish.Boston.Original

Original Nutter, McClennen & Fish220 Devonshire Street - 75 Federal streetBoston 10 Mass.February 13, 1946Worms & Cie45, boulevard Haussman (IX) - Paris, FranceDear Sirs:I wish now formally to acknowledge receipt of your letter of November 30, 1945, concerning action of the United States Treasury in placing the name of your firm on a confidential list.We have already started to look into this situation and will communicate with you in considerable detail with relation thereto in the very near future.We appreciate the importance and urgency of appropriate action.Very truly yours,Ralph G. Boyd

1946.02.13.De Worms et Cie.Note

CopieNote sur les activités de la société Worms & CieFondée en 1848, la Maison Worms & Cie comprend, dans sa forme actuelle, quatre départements bien distincts :1 - Charbons et Combustibles liquides,2 - Services maritimes (armement, transit, consignation, manutention, agence en douane, etc.),3 - Constructions navales,4 - Services bancaires.Le bilan et la situation ci-joints sont les copies des documents établis à la fin de chaque mois en conformité des instructions de l'Association professionnelle des banques. Ils ne concernent que les Services bancaires et ne tiennent pas compte des actifs très importants des trois autres départements.1 - Services charbonsLes Services charbons de la Maison Worms sont l'un des plus anciens importateurs de charbons - principalement anglais, allemands et indochinois - en France et dans le bassin méditerranéen.Ils sont établis directement ou par l'intermédiaire de filiales dans la plupart des ports français et dans certaines villes de l'intérieur.Ils disposent en outre d'importantes succursales à Newcastle et à Cardiff (Grande-Bretagne), à Port-Saïd, Alexandrie et Suez (Égypte). Ces dernières ont un rôle particulièrement actif dans l'approvisionnement des navires desservant le Moyen-Orient ou faisant leurs soutes au passage du canal de Suez ; elles ont également une place prépondérante dans Ies opérations maritimes de tout ordre effectuées dans ces trois ports.2 - Services maritimesLes Services maritimes disposent :1°- d'une flotte qui comprenait avant la guerre 24 cargos affectés au cabotage national et international. Malgré la perte de 14 unités pendant la guerre, sa valeur actuelle dépasse 200 millions (valeur d'assurance pour 1946 : 234 millions).2°- d'un réseau de succursales et d'installations portuaires s'étendant à la majeure partie des ports des côtes occidentales du continent, de Rotterdam à Bayonne.Sur la Méditerranée, ils ont également des succursales à Marseille, Toulon, Alger, Tunis et Sfax.Ces agences et les installations qui en dépendent (hangars, portiques, instruments de manutention et de levage, chalands, etc.) représentent un actif immobilier et industriel considérable.La Maison Worms possède en outre le contrôle de Nouvelle compagnie havraise péninsulaire de navigation qui dispose encore de 4 grands cargos (sur un effectif de 10 avant la guerre) et exploite une ligne régulière sur Madagascar.Elle a une participation d'environ 30% dans la Société française de transports pétroliers.3 - Chantiers navalsLes Ateliers et Chantiers de la Seine maritime, créés au Trait, près de Rouen, en 1917, comptent parmi les chantiers les plus modernes de France spécialisés dans la construction des navires marchands.Ils disposent de 8 cales et sont propriétaires d'une importance cité ouvrière.Assez durement atteints par les bombardements qu'ils ont subis pendant la guerre, ils n'en ont pas moins, dès les premiers mois de la Libération, repris leur activité et tendent petit à petit à retrouver leurs effectifs d'avant-guerre qui s'élevaient à environ 1.200 ouvriers.