1940.00.De la (Société française de transports pétroliers).A Gabriel Le Roy Ladurie.Note (non datée)

Copie

NB : Ce document non daté est classé en août 1940.

Note pour Monsieur Le Roy Ladurie.

1° Le 19 juin, isolé à Saint-Nazaire et ne connaissant rien de la politique française, sans appui du côté de l'Amirauté, j'ai hâté les réparations d'un de nos navires, le "Franche-Comté", et d'un navire de la Maison Worms, le "Château-Pavie", afin qu'ils ne soient pas pris par les Allemands qui menaçaient la ville.
Ces deux navires, je les ai expédiés sur Casablanca et l'Angleterre laissant toute liberté aux capitaines de se dégager comme ils le pourraient.
"Château-Pavie", d'un premier renseignement, est à Casablanca. De "Franche-Comté", nous n'avons aucune nouvelle ; est-il en Angleterre ?
2° Nous avons des dettes considérables en dollars à l'étranger pour fournitures faites. Nous sommes peu riches dans cette monnaie et, au surplus, nos avoirs sont bloqués. Ces dettes intéressent des navires libres et nous sommes directement responsables.
N'y aurait-il pas un moyen de virer à un office de Biens privés, Caisse de Dépôt ou autres ayant un caractère officiel, la contre-valeur en francs au change du 1er juin, et nous libérer ainsi, laissant à l'État le soin de subir les fluctuations de change ?
Par ailleurs, nous sommes débiteurs en Sterling pour l'achat de navires. Ces sommes sont considérables. N'y aurait-il pas non plus moyen de se libérer et de nos dettes échues et peut-être éventuellement de nos dettes à venir puisque les paiements se font par termes, en créditant des comptes bloqués dans un office public, laissant, là encore, le soin à l'État de subir les fluctuations des monnaies ?
3° Ci-inclus copie de la note faite par Nelson à Monsieur Barnaud [voir 31 juillet 1940]. Y a-t-il un moyen de faire aboutir cette affaire à Vichy ?
4° Ci-inclus note que je vous ai déjà remise au sujet des navires affrétés aux T.M [voir 22 juillet 1940]. Notre Président pourrait peut-être s'occuper, auprès des Pouvoirs publics de nous faire donner des avances, car nous risquons d'épuiser, d'ici un temps relativement bref, notre trésorerie, pourtant abondante.
Notre président devrait peut-être essayer de voir l'amiral Darlan ou le commissaire général Douillard pour régler la question de nos navires quand ils ne sont pas utilisés par la Marine. Rappelons que celle-ci s'est obligée à les faire naviguer sans interruption, ce qui n'est pas le cas actuel, mais il n'est pas précisé qu'en cas de chômage, la Marine subira les frais d'immobilisation sur la base des surestaries, c'est ce qu'il faudrait obtenir.
Sincères respects et profond dévouement.
[Signature illisible]


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