1928.08.19.De Georges Majoux.Destinataire inconnu.Courrier original

Le PDF est consultable à la fin du texte.
[Courrier manuscrit]

Rétival
Caudebec-en-Caux

19 août 1928

Mon cher ami,
Je vous félicite de votre succès. Je ne suis pas surpris que la bataille ait été rude à gagner car il semble bien que la muraille qui sépare votre Maison du ministère des Travaux publics devient de plus en plus haute et épaisse…
Le président du comité était Tissier, vice-président, je crois, au conseil d'État, ancien directeur du cabinet de Briand et… maire de Bagneux. Je m'étais contenté de me faire présenter à lui lors de la première séance.
Une personnalité à laquelle vous ne devez pas manquer de rendre visite c'est au directeur général des Chemins de fer, et aussi, au secrétaire du comité, fonctionnaire de qui dépendent beaucoup de choses. Celui qui exerçait cette charge de mon temps est maintenant à la retraite. Vous trouverez à l'Officiel le nom de son successeur. Il est vraisemblablement le sous-directeur des Chemins de fer.
Faites-vous partie de la section permanente ? C'est essentiel à beaucoup de points de vue.
Pourquoi ne profiteriez-vous pas de votre visite boulevard Saint-Germain pour aller "causer" à Tardieu ? Les remerciements pour l'entrée au comité consultatif serait le prétexte, mais la grosse question à lui poser serait : "J'ai eu l'honneur, en juillet, de vous adresser une note concernant l'industrie française des constructions navales. L'avez-vous lue ?"
Ne comptez sur personne autre que vous pour faire discuter vos idées : les constructeurs (?) qui ne sont en réalité que des gens appointés n'ont pas eu leur repos troublé par la question posée par vous. En ce moment, les banques voient d'autres gibiers à chasser.
Si j'avais eu à ajouter à votre note quelques lignes, voici ce que j'aurais écrit :
"Nous avons dit que l'union était pour les chantiers une question vitale. L'union ne saurait exister sans discipline. Il faut un chef pour maintenir la discipline."
C'est ce chef, ce capitaine d'industrie, qu'il faut trouver. Fould… c'est à peine un capitaine d'habillement auquel il ne serait pas sage de confier en même temps la trésorerie.
Quand on lit les nouvelles d'Allemagne en ce qui concerne l'armement et la construction navale on est effrayé de voir vers quel abîme notre pays est en train de descendre… Et ce n'est pas Tardieu qui l'en virera…
Bien amicalement,

George Majoux

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