1918.12.14.De Worms et Cie Alger

Le PDF est consultable à la fin du texte.  
 

Worms & Cie

Alger, le 14 décembre 1918
MM. Worms & Cie - Paris

Messieurs,
Affaire Schiaffino. Nous répondons à vos deux lettres des 7 et 9 courant concernant cette affaire et accusons réception de vos deux télégrammes relatifs au retard survenu dans l'arrivée de notre lettre du 25 novembre qui a dû pour une raison ou pour une autre subir un retard à notre poste parce qu'il n'y a pas de doute qu'elle a été postée le jour où elle a été écrite.
Nous ne connaissons la Compagnie charbonnière de Bassens que par l'annonce légale relative à sa constitution qui a paru dans le muméro des Petites Affiches de la Gironde des 5-7 août 1917 et nous avions cru que l'affaire que nous vous avons soumise pouvait rentrer dans le cadre de ses opérations d'après l'objet qui en est défini à l'art. trois de ses statuts. Les statuts réservaient évidemment l'avenir comme c'est d'ailleurs l'usage dans les statuts de la plupart des sociétés et nous voyons par les intéressantes explications contenues dans votre lettre du 7 courant qu' il en est autrement et que cette affaire a un objet purement local. Aussi bien n'avons-nous eu pour but que de vous présenter des idées sujettes aux éliminations, modifications ou additions que vous jugeriez convenable d'y apporter.
Votre lettre du 9 ct nous fait part que, pour des raisons très justes, vos préférences iraient, si la chose est possible, à la réalisation d'une affaire de manutentions sur les mêmes bases que la Société Fèvre, c'est-à-dire la création avec plusieurs de vos amis d'un matériel qui pourrait servir à tous les membres de cette société et à toutes les entreprises susceptibles de devenir ses clients et nous voyons avec plaisir que vous croiriez pouvoir trouver sans difficulté les concours nécessaires.
Ainsi que nous vous l'avons dit nous ignorons complètement quelles peuvent être les dispositions de M. Schiaffino, mais nous pensons que le moment est aux extensions ou aux transformations d'affaires et que si M. Schiaffino trouve un intérêt suffisant à vendre ou à transformer la sienne, il pourra obéir à cet intérêt.
C'est une grosse affaire, qui repose sur lui seul, et l'intérêt sera peut-être pour lui de la consolider et de l'étendre même au prix de la diminution des intérêts propres qu'il y a et qui serait compensée par la récupération d'un capital important.
Il s'agit donc de s'assurer des dispositions de M. Schiaffino et nous voyons avec plaisir que vous nous autorisez à le faire en prenant un intermédiaire qui nous masque complètement, précaution absolument justifiée.
On s'adresse souvent aux notaires en pareille occurrence et, parmi les notaires d'alger, il s'en trouve un avec lequel votre Maison n'a aucune attache, mais avec lequel l'écrivain s'est trouvé mis en relation pour une affaire personnelle, ce qui faciliterait l'entrée en matière, et derrière lequel nous serions bien dissimulés. Il présente toute la surface que vous désirez voir dans la personne qui agira pour nous : le simple fait d'être notaire à Alger est déjà d'un grand poids, mais Me Sabatier y joint la qualité de président de la Délégation des colons, l'une des trois délégations qui constituent notre assemblée financière : c'est donc un personnage bien en vue dans la colonie et il nous paraîtrait parfaitement qualifié pour agir en notre nom et, au cas où M. Schiaffino n'entrerait pas dans nos vues, Me Sabatier pourrait lui dire : "Si vos idées se modifient, venez me trouver et je verrai si l'affaire peut encore être reprise."
En nous adressant à un notaire pour cette démarche nous lui ferions implicitement la promesse de lui confier les formalités, avec les bénéfices y attachés, de la constitution de la société et c'est pour cela que nous voudrions au préalable avoir votre approbation à ce choix qui serait sans nul doute ratifié plus tard par les Maisons qui pourraient vous apporter leur concours : nous savons positivement que M. Hude, agent de la Maison Delmas Frères, y applaudirait des deux mains et nous ne pensons pas qu'il serait discuté par aucun. De par sa situation aux Délégations Me Sabatier a, en effet, toutes les portes administratives ouvertes devant lui et cela pourrait, à un moment donné, être utile à la société.
Nous vous serons donc obligés de vouloir bien nous télégraphier votre avis aussitôt que vous pourrez le faire et, s'il est approbatif, nous entrerons sans retard en contact avec Me Sabatier.
Nous voyons que, pour le moment, il ne vous paraît pas possible de faire quelque chose avec notre côte au point de vue des transports maritimes et noue souhaitons que cette situation puisse changer un jour.
Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.

Ch. A. Rouyer


Back to archives from 1918