1916.03.11.De Worms et Cie Bayonne

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Worms & Cie
Armateurs
Charbons anglais - cokes & fontes - anthracites - briquettes
Lignes de vapeurs entre Bayonne, Bordeaux, Nantes, Rouen, Paris, Le Havre, et vice versa

Bayonne, 8, allées Boufflers, le 11 mars 1916
Messieurs Worms & Cie - Paris

Messieurs,
Nous avons été prévenus ce matin que l'appel des classes 1888 et 1887 était probable et très prochain. L'écrivain appartenant à la classe 1888 nous nous sommes préoccupés des démarches à faire pour obtenir en sa faveur un sursis d'appel ou, à défaut, tout au moins sa mobilisation sur place, comme cela s'est fait dans de nombreux cas précédents.
Ces démarches s'imposent par ce fait que deux de nos principaux employés étant touchés aussi par l'appel de la classe 1888, ceux qui restent se trouveraient encore moins en situation pour assurer d'une façon prolongée la marche de la maison. Nos meilleurs éléments ayant été mobilisés et n'ayant pu être remplacés dans leurs fonctions par du personnel équivalent en attendant la fin de la guerre, la marche de l'agence dans des conditions suffisantes ne pourrait être assurée que si M. Le Roy obtenait d'être mobilisé sur place.
Nous avons causé de cette question avec l'administrateur de l'Inscription maritime de Bayonne, avec qui nous avons d'excellentes relations et qui a fait mettre en sursis plusieurs personnes invoquant des titres similaires aux nôtres. Il nous a obligeamment offert de transmettre avec avis favorable une demande présentée par son canal. Cette demande partant de Bayonne irait au ministère de la Marine qui la transmettrait au ministère de la Guerre. La demande serait faite dans le sens du projet que nous vous soumettons sous ce pli.
Nous vous prions de vouloir bien nous donner votre avis sur la marche à suivre. Nous comprenons que le Comité central des armateurs de France intervient généralement de son coté dans des cas de ce genre.
Agréez, Messieurs, nos sincères salutations.

[Pierre Le Roy]

PS. La demande ne devra être présentée que lorsque l'ordre d'appel sera lancé ; l'avis officieux paru aujourd'hui dans la presse ne paraissant pas suffisant pour cela.

Projet

Bayonne, le...
Monsieur l'administrateur principal de l'Inscription maritime
Monsieur l'Administrateur,
Je soussigné, Pierre Le Roy, mobilisable comme appartenant à la classe 1888, ai l'honneur de vous adresser une demande de sursis d'appel pour les motifs suivants :
Depuis 1891 je remplis à Bayonne les fonctions de directeur de la succursale dans ce port de la maison Worms & Cie dont le rôle et l'importance vous sont bien connus en tant qu'armateurs, transitaires et importateurs de charbons.
Sur un personnel de bureaux et de commis de quai composé en totalité de 29 personnes, nous en avons eu 15 de mobilisés depuis les premiers mois de la guerre. L'appel de la classe 1888 enlèverait, en sus du soussigné, 2 employés de bureau parmi nos principaux collaborateurs, ce qui porterait au total de 13 le nombre des mobilisés dans notre succursale. Ceux qui sont restés et qui resteraient maintenant comprennent des gens âgés, des femmes et des adolescents. Nous avons suppléé aux vides par des employés temporaires qui ne peuvent remplir que des rôles subalternes.
Il nous est impossible de trouver dans nos autres succursales, placées dans la même situation que celle-ci, un agent susceptible de prendre au pied levé la direction de nos opérations maritimes, de transit ou d'importation, cette tâche supposant et exigeant une initiative sérieuse et l'expérience des affaires locales. C'est d'autant plus indispensable que le directeur de notre succursale est obligé de marcher avec un personnel en majorité de fortune.
L'absence prolongée du directeur compromettrait gravement la marche des opérations de notre maison dans ce port au point de vue des transports, du transit et de la fourniture des établissements publics et privés dont elle est chargée.
Je vous signalerai en outre qu'en qualité de membre et trésorier de la Chambre de commerce de Bayonne, je suis appelé, surtout depuis la guerre, et en raison de l'indisponibilité de plusieurs membres du bureau de cette compagnie, à remplir mes fonctions d'une manière quotidienne dans l'administration des affaires dont cette compagnie a la charge.
Ces diverses raisons me paraissent justifier l'octroi d'un sursis d'appel.
Au cas où ce sursis ne pourrait m'être accordé, je solliciterais tout au moins la faveur d'une mobilisation sur place dans un service en rapport avec mes aptitudes. Mon maintien à Bayonne me permettrait d'accorder, en dehors des heures de service, la surveillance et l'attention strictement indispensables aux intérêts publics et privés indiqués plus haut.
Dans l'espoir d'une suite favorable à ma demande, je vous prie d'agréer, Monsieur l'administrateur, l'expression de mes sentiments de haute considération.
Ci-joint un état de renseignements.


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