1914.08.10.De Worms et Cie Le Havre

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Le Havre, le 10 août 1914
Messieurs Worms & Cie
Paris

Messieurs,
Nous vous confirmons notre lettre 9 ct, et répondons à la vôtre du 8 arrivée ce matin.
Nous voyons par les nouvelles que vous nous donnez et les informations que nous trouvons dans les journaux, que jusqu'à présent il est absolument impossible d'assurer aucun ravitaillement de la côte Est ou de Cardiff, et nous le comprenons parfaitement.
Il n'en est pas de même cependant de la part du service de l'Intendance, qui se figurait encore ce matin que, parce que la nouvelle a été donnée que le gouvernement anglais autorisait l'exportation de charbons à destination de la France, de la Belgique, du Portugal, et de l'Espagne, nous pouvions continuer à nous approvisionner.
Nous vous avons donné dans notre lettre d'hier toutes informations utiles sur le maintien de notre fabrication d'agglomérés et notre projet d'utiliser une partie du tonnage de menus de docks et de menus de Cardiff à la fabrication de boulets pour l'usage domestique plutôt que de faire de la briquette jusqu'au dernier kilo de matière première restant en chantier. Nous ne voyons rien de plus à dire à ce sujet pour le moment.
Finances. Nous avons apporté la plus grande attention aux recommandations et instructions trouvées dans votre dernière au département steamers, et nous pouvons vous dire que depuis mardi dernier nous ne faisons plus aucune fourniture autrement qu'au comptant.
Depuis le 1er août jusqu'au 8 au soir, nos recettes charbons ont un peu dépassé F 42.000, c'est une chose précieuse en ce moment que de pouvoir réaliser ces encaissements réguliers ; malheureusement les éléments de recettes pour la clientèle bourgeoise vont maintenant aller chaque jour en diminuant, jusqu'à ce que nous soyons complètement à sec.
Si la Marine nous prend les charbons gros et tout venant qu'elle a réquisitionnés dans nos chantiers, nous avons un peu l'espoir que nous pourrons en obtenir le paiement comme des minotiers et négociants en blé ont obtenu, d'après ce qui nous a été dit à l'Intendance, celui de fournitures de blé qu'ils ont faites. Il est vrai que pour le blé on se base sur des cours officiels praticables sur tous les points du territoire, tandis que pour le charbon - à moins qu'on ne nous paie les prix que nous remettrons en facture à chaque livraison - le prix soulèvera probablement une question.
Comme nous vous l'avons écrit hier nous pensons que la Maison Desmarais va faire payer à votre caisse F 6.899.55, et M. Lequoy nous a dit qu'il avait envoyé au siège social la facture acquittée que nous lui avions remise en échange du chèque qu'à ce moment nous pensions devoir nous être payé par le Crédit havrais.
Nous lui avons retourné ce chèque, et il est probable qu'on vous présentera notre facture acquittée en vous versant les fonds.
Nous ne comptons pas trop que la Société des oeuvres de mer pourra vous payer de suite notre facture de F 1.176.05, puisque cette société ne doit pas avoir de recettes en dehors des dons et des allocations qu'elle reçoit.
Nous ne nous expliquons pas comment les services de la Guerre ou de la Marine peuvent songer à faire fabriquer de la briquette qui se composera uniquement de brai et du charbon Durham en stock aux Chargeurs réunis ; nous n'avons jamais fait la tentative, mais nous ne croyons pas possible d'agglomérer de façon convenable une pâte ne contenant que du Durham, et ce charbon gras et flambant pourrait tout aussi bien être utilisé à l'état naturel, ce qui ne serait pas le cas pour des menus de Cardiff par exemple.
Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées,

[Signature illisible]

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