1944.12.21.De Hypolite Worms.Fresnes.A Raymond Meynial et Robert Labbé.Original

Original

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21.12.44

R. Labbé & R. Meynial

Je réponds à la note de Robert reçue ce matin, dont je le remercie beaucoup.

Le Trait
Je suis entièrement d'accord. Lier la reconstruction des chantiers à un programme de la Marine marchande serait un heureux résultat. Ne serait-ce que parce que je suis convaincu que le programme Marine marchande (qui est déjà prêt) sortira certainement avant le programme Marine militaire. Il importe peu que le pourcentage soit de 50% ou de 60%. Je vois cependant que Nitot y est opposé. Que propose-t-il et quelles sont ses objections ?
Vous me dites que Le Trait s'est engagé à livrer "L'Africaine" à la fin de l'année ; je pense que vous voulez dire : fin 1945.
Möller - (Odense)
Le dernier télégramme n'est compréhensible qu'en se reportant au texte de nos lettres et télégrammes, mais puisqu'ils ne discutent que la date de résiliation, je pense qu'ils sont d'accord sur la réduction de durée du contrat de 10 à 7 ans ? Quant à la date de résiliation, 31 mars 1946 avec petite cale ou 30 juin 1946 avec grande cale, pour 3 mois de différence, j'aime mieux la seconde, mais en tout cas, c'est à l'État à décider puisqu'en fait le contrat est fait pour son compte. Mais surtout, et j'insiste sur les précautions à prendre, que nous soyons bien couverts par le gouvernement (et non seulement par la Marine marchande mais également par les Finances) avant de communiquer à Moller des réponses définitives.

Cardiff
Je vous retourne sous ce pli la lettre originale de Mc Ewen. Elle est remarquable de clarté et d'intelligence. Nous aurons à Cardiff, ou plutôt nous y avons, un très bon directeur.
Port-Saïd
Il serait heureux que Robert puisse rencontrer Acfield à Londres, mais de toute façon il faudra le faire venir à Paris, ne serait-ce que pour y rencontrer Grédy, ce qui me semble absolument nécessaire.
Dans la note de Révoil, il est fait allusion au regret de constater que la représentation de la Marine marchande française ait été donnée à Moxey Savon, maison anglaise etc. Que la manœuvre contre nous ait réussi, cela ne m'étonne pas. J'ai toujours su que Georges Savon était un faux frère et j'ai toujours constaté que la Maison Moxey Savon a toujours été plus opposée à nous que n'importe laquelle des maisons anglaises. D'autre part, A. F. a peut-être eu peur de se mouiller (bien qu'en réalité c'est la Maison W. qui a toujours représenté au Canal la Marine militaire française et a déjà représenté la Marine marchande française pendant la guerre de 1914-1918).
Mais Burness fait une erreur en disant que Moxey Savon à Port Saïd est une maison anglaise. A Port Saïd Moxey Savon s'appelle « Docks et Entrepôts L. Savon & Cie », société française. Mais parlez-en à Grédy car j'ai le souvenir qu'il m'a raconté qu'à un certain moment (lorsqu'on a cru à une invasion de l'Égypte par les Italo-Allemands) le siège des affaires Savon avait été (M. Georges Savon en tête) à Djibouti ! ! !

Armement
Ce que vous m'écrivez à propos de la Commission consultative de l'armement français est assez amusant. Quelle avait été la liste proposée ? Et quelles sont les propositions de la Résistance ?
De même j'aimerais avoir la liste complète de la délégation d'armateurs se rendant à Londres.
A ce propos, j'ai appris le vidage de Cangardel de la Transat et son remplacement par Jean Marie. Qu'est-ce qui s'est passé ? Et par qui Jean Marie va-t-il être remplacé aux Messageries contractuelles ?

Chargeurs réunis et M. M.
Il n'y a pas confusion dans mon esprit entre la question agence M. M. de Bordeaux à reprendre par les Chargeurs et l'agence M. M. de Port Saïd à nous donner en partie. Voilà comment je vois les choses : Les Chargeurs réunis qui contrôlent les M.M. nous demandent d'abandonner l'agence de ces dernières à Bordeaux à leur profit. C'est naturel ; je le comprends et je l'accepte. Mais, à ce moment-là, je dis aux Chargeurs : « Vous contrôlez les M. M. puisque c'est à ce titre que vous me demandez Bordeaux, permettez-moi donc à mon tour, puisque vous êtes les maîtres, (de vous demander) d'user de votre influence auprès des M.M. pour qu'elles acceptent les propositions que je vais leur faire pour leur agence de Port Saïd ! »
Ceci dit, je précise que je n'ai jamais parlé à Francis Fabre de mes idées à propos de cette question de Port Saïd, pas plus du reste qu'à de Saboulin. C'est une idée nouvelle qui m'a été inspirée par des conversations que j'ai eues avec Grédy. En tous cas, le mieux est de laisser Grédy négocier avec [Glenta]. Par les sous-ordres, on réussit souvent mieux, surtout aux M. M.
Je précise toutefois que j'avais déjà demandé à de Saboulin l'agence M. M. à Rouen, au même moment où j'en avais parlé à F. Fabre pour les Chargeurs.

SFTP
Quand j'aurai réfléchi à la question, je vous en parlerai, d'ici un jour ou deux.

Londres
Si Fenez est définitivement liquidé par le service des Transports maritimes, il faut naturellement s'occuper de lui, d'accord avec Nelson, et lui faire passer une mensualité par Burness qui lui permette de vivre. Mais je suis d'avis qu'il reste à Londres et on pourrait le faire prendre en charge par Burness au service de Worms & Co L. et de la Socomet et à disposition pour tout travail et liaison.
De même il faut absolument lui faire dire de garder la sténodactylo franco-anglaise qu'il a et la faire rémunérer. C'est un oiseau rare dont nous aurons toujours un urgent besoin, à Paris ou ailleurs.


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