1873.09.26.De Lucien Labosse - Hte Worms Suez.A Édouard Rosseeuw - Hte Worms Port-Saïd

Transcription

Hte Worms Suez

26 septembre 1873
Édouard Rosseeuw
Hte Worms Port-Saïd

"Séphora". La deuxième sortie a été très satisfaisante (73 pèlerins, frets divers, plus de cent tonnes de charbon pour Djeddah). Notre voyage numéro 2 se fait dans d'atroces conditions comme officiers. Tout ce que je vous avais dit du second Lacaze s'est réalisé. C'est un braillard, léger comme un moineau, grisé par la nouvelle position qu'il croit avoir, ce serait pour nous un homme dangereux, avec cela brutal et à cause de lui, le chef mécanicien et les matelots demandent à débarquer. Le moyen de remédier à ce mal étant de trouver un capitaine pour "Séphora". Je ne vois que deux hommes : Cecconi ou bien Lefebvre, celui qui commande un remorqueur de la Compagnie de canal de Suez. Le lieutenant que nous avons pris à la hâte n'a rien de ce qu'il faut pour faire les fonctions de second et j'ai bien peur que, dans ce deuxième voyage, avec un capitaine brouillon et un second incapable, "Séphora" ne nous donne de graves ennuis. Pour éviter que cela se renouvelle, j'arrête un bon lieutenant, capitaine au long cours autrichien. Si je puis avoir le capitaine Lefebvre, voici comment nous serons pour le voyage numéro 3 : Lefebvre capitaine, Lacaze restera comme second et ma nouvelle recrue comme lieutenant. Si Lacaze ne veut pas redevenir second, je laisse débarquer et ma recrue prendra le rang de second. Reste l'équipage de la machine. Le chef est bon, il a débarqué son second comme incapable et paresseux, il a en ce moment un mauvais second embarqué à la hâte et pour ce voyage seulement, mais je puis trouver un très bon second dans les ateliers de Durand. Les négociants arabes sont contents de "Séphora" qui n'a pas perdu de temps et qui, malgré les confusions fâcheuses pour les marchandises délivrées dans les différents ports, n'a pas plus mal travaillé que la Khédivié. Les chargeurs ici me promettent un plein fret de sortie pour le prochain voyage. La bonne saison va commencer.

Lucien Labosse


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