1893.08.02.De A. E. Monod - Worms Josse et Cie Marseille.(01)

NB : La copie image de ce document de très mauvaise qualité n'a pas été conservée.

2 août 1893 (soir)
MM. Worms Josse & Cie
Paris

Messieurs,
Quelques mots seulement en réponse à votre particulière d'hier dont nous notons le contenu avec soin et remerciements.
Chaloupe à vapeur. Nous reprendrons, puisque vous le désirez, nos négociations avec M. G. en vue de l'achat de l'"Ernestinette", mais connaissant ses prétentions et les idées qu'il se fait de la valeur réelle de son bateau, nous doutons fort d'arriver à un résultat pratique.
Avant de rien faire cependant dans cet ordre d'idées, nous tenons à vous demander si vous vous êtes bien rendus comptes des frais que cet achat entraînerait pour nous. En effet, vous paraissez un peu effrayés du prix de F 1.880 (peut-être réduit à F 1.080) par an, plus le charbon. Mais, si nous devenons acquéreurs à F 40.000 par exemple (à l'évaluation de 2.500 F il y aurait en effet lieu d'ajouter environ 800 F pour une embarcation surmontée d'une maisonnette qui sert de magasins et que M. G. nous céderait en même temps, plus quelques centaines de francs comme valeur "d'opportunités") nos dépenses annuelles seraient très supérieures au chiffre indiqué pour la location. En dehors du charbon, dont la fourniture serait la même dans les deux cas, nous aurions :

- gages du mécanicien 120 F par mois,

F 1.440

- intérêts du capitaine 5 %,

F 200

- amortissements, au minimum, vu l'état et l'âge de la chaloupe 10 %,

F 400

- entretiens, peinture, réparations, rôle, emplacement est faux frais, au moins,

F 260


F 2.300

Sans compter les risques de pertes ou d'avaries par accidents.
Zanzibar. Nous notons ce que vous nous dites, y réfléchissons, et il n'est pas impossible que nous ayons sous peu quelque idée à vous soumettre.
M. A. Fraissinet. Nous avons bien reçu le dossier de sa correspondance et le garderons avec soin. Vous avez parfaitement raison au sujet de la signature de la lettre de décharge, qui doit nécessairement être la vôtre. Ce qui a fait naître la confusion dans notre esprit est que nous avons mal lu le paragraphe de votre lettre du 17 juillet, relatif à la question. Nous avions gardé en effet l'impression que vous nous donniez pour instructions d'écrire dans tel ou tel sens (notamment pour les déficits de stocks) tandis qu'en relisant, nous voyons que vous nous indiquiez simplement vos intentions.
Dès que nous serons fixés sur les stocks, nous vous enverrons soit les éléments de la lettre, soit la lettre elle-même, suivant que vous déciderez qu'elle devra ou non porter, outre la signature, l'en-tête de Paris.
[...ne-Charter.] Nous notons que les expériences faites à Bordeaux ne vous encouragent pas à tenter un nouvel essai et attendons vos avis pour savoir si nous pouvons, ou non, continuer nos pourparlers pour Saint-Louis, suivant les perspectives d'affrètements à Cardiff.
Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations très distinguées.

A. Monod

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