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1914.00.De Worms et Cie Bayonne.Note

Copie

1914.00.De Worms et Cie Cardiff.Note non datée

Traduction Procès Legembre Observations par MM. Frank C. Strick & C° Ltd MM. Legembre ne peuvent pas soutenir qu'ils ignoraient la nature de l'accord qui a été conclu pour leur compte avec leur autorisation, car MM. Legembre avaient fait partie de semblables ententes pendant plusieurs années auparavant. Ce n'était pas un accord pour élever artificiellement les prix, mais pour empêcher des centaines d'agents, par l'entremise desquels on obtient des amateurs des contrats pour des fournitures de charbons, de causer de lourdes pertes aux propriétaires de dépôts en acceptant des prix ridicules de façon à gagner des commissions, en prétendant faussement qu'ils ont accepté ces prix ridicules parce que quelque autre propriétaire de dépôt était disposé à les accepter. C'est simplement un accord des propriétaires de dépôts pour ne pas être volés par les agents. Avec un accord de ce genre les propriétaires de dépôts savent qu'il est inutile pour un agent de venir dire : "J'ai pris un contrat avec tel armateur à un prix qui laisse une lourde perte parce que si je ne l'avais pas fait vos voisins étaient prêts à prendre le contrat." On a vu couramment un agent, qui représente des dépôts par exemple à Alger, Malte, Port-Saïd, Gibraltar, Colombo, Buenos Aires, dire à un armateur : "Donnez-moi vos contrats dans ces ports-là, et quoique mon prix de Buenos Aires n'ait rien pour vous attirer, je vous dédommagerai en sacrifiant le dépôt d'Alger que je représente et pour lequel j'accepterai un prix bas." Entendu qu'une clause générale d'arbitrage ne peut pas être légalement imposée en France, mais l'arbitrage qui a eu lieu en Angleterre était sur un point spécifique ; MM. Legembre ont accepté de soumettre ce point spécial à un arbitrage et ils y ont été représentés. Nous remettons sous ce pli une copie de la sentence arbitrale rendue en notre faveur contre MM. Legembre. Cette sentence a ensuite été portée devant les tribunaux ici, MM. Legembre ont eu l'occasion de comparaître aux débats, et un jugement a été rendu, enfin par l'instrumentation d'un huissier une saisie en exécution de ce jugement a été opérée le 18 août 1905 sur une cargaison mise à bord du vapeur "Sarah-Radcliffe" et MM. Legembre ont payé le montant réclamé par l'entremise de leurs avoués (solicitors). Dans ces conditions, et après que l'arbitrage est clos, comment peuvent-ils soutenir qu'il n'était pas légal ? En raison du seul fait que cet arbitrage sur une question spécifique, arbitrage auquel ils avaient consenti à paraître, a tourné contre eux, ils ne peuvent pas demander ensuite à le renverser ; si cet arbitrage avait été rendu en leur faveur nous nous y serions bien soumis. Loin de pouvoir dire que l'objet de l'accord est d'élever artificiellement les prix on peut voir dans la clause 2, section (A), qu'il est absolument prévu que les prix devront être fixés en tenant compte de ceux des ports avec lesquels on est en concurrence. Si l'accord était illégal, comment un de ceux qui y était partie peut-il réclamer des dommages aux autres ? Il nous semble que tout ce qu'il peut faire est de refuser d'agir en vertu de cet accord, mais le jour où il agit en vertu de cet accord, alors, lui aussi, il commet un acte illégal, et comment est-il possible à un membre d'une réunion de gens qui commettraient ensemble une illégalité de réclamer des dommages aux autres membres avec lesquels il aurait ainsi fait partie d'une conspiration ? Si Legembre peut faire une réclamation contre les autres, alors les autres peuvent en faire une contre Legembre ; de plus, si la chose était illégale, au lieu de subir des dommages, Legembre a profité de cet acte illégal, car si la Cour décide que du fait de l'accord le prix du charbon a été élevé artificiellement, alors Legembre a obtenu des prix plus élevés que ceux qu'il aurait obtenus sans l'acte illégal auquel il a été partie. À qui alors peut-il réclamer des dommages et quels dommages peut-il soutenir qu'il a subis ?

1914.01.16.De Worms et Cie Paris.Historique

Copie de noteLa Maison Worms a été fondée en 1848 par M. Hypolite Worms, qui était jusqu'à ce moment-là dans la maison de banque des Messieurs Goudchaux Frères ; cette Maison a cessé ses opérations lorsque M. Michel Goudchaux est devenu ministre des Finances le 24 février 1848. M. Worms avait épousé la fille d'un des frères Goudchaux, et ce nom a reparu plus tard dans la Maison Worms quand M. Henri Goudchaux, fils d'un autre frère Goudchaux, mais celui-là notaire à Paris, est entré en 1863 dans la Maison Worms dont il est aujourd'hui un des chefs. M. Worms, voulant employer son activité et son intelligence laissées inutilisées à la clôture des opérations de la maison de banque Goudchaux, a vu à ce moment-là le grand avenir qui était réservé au commerce d'exportation des charbons anglais, et, en fait, il a été un des initiateurs, peut-être même le premier, du commerce d'importation des charbons anglais en France et dans un grand nombre des ports du monde entier. La Maison est restée Hypolite Worms jusqu'en 1874, et est alors devenue Hypolite Worms & Cie. M. Hypolite Worms est mort le 8 juillet 1877. La Maison est devenue Worms Josse & Cie, en 1881, M. Henri Josse étant un français exilé en 1851 qui avait été recommandé à M. Worms par le Comité de secours aux déportés du Coup d'État dirigé par M. Michel Goudchaux, il avait ainsi obtenu une agence de la Maison en Angleterre et ne prévoyant pas alors la possibilité d'un retour en France, il s'était fait naturaliser, et était même devenu vers la fin de sa vie membre du Parlement anglais pour du reste donner sa démission très peu de temps après, le jour où ses associés lui ont fait comprendre que les relations de la Maison avec les administrations publiques et surtout avec le ministère de la Marine en France risquaient d'être défavorablement affectées par la présence au milieu d'eux d'un membre du Parlement anglais ; M. Josse est décédé le 23 juillet 1893. La société est devenue Worms & Cie, le 1er janvier 1896 et a continué ainsi depuis.Les opérations de la Maison Worms & Cie embrassent le commerce des charbons, et, ensuite les opérations d'armement.Elle est dans le commerce des charbons considérée dans le monde entier comme peut-être la première, en tout cas une des premières, et elle jouit de toute façon d'une situation et d'une autorité qui ne sont sans doute égalées par celles d'aucune autre.Elle a en Angleterre des maisons et des agences dans tous les ports charbonniers, ses propres maisons à Cardiff, Newcastle-on-Tyne, Grimsby, Goole et Hull, des agences à Swansea, Sunderland, Liverpool, Londres et Glasgow.Son mouvement d'exportation de charbon est représenté par le relevé annexé à la présente note et qui est donné pour l'année 1912, les chiffres de 1913 n'étant pas encore parvenus.La Maison Worms & Cie a ses maisons pour le commerce des charbons au Havre, à Dieppe, à Rochefort, Tonnay-Charente, Angoulême, Bordeaux, Bayonne, Marseille et Alger et à l'étranger, à Port-Saïd et Suez (Égypte). Elle a pour clients soit pour les exportations de charbon d'Angleterre, soit pour des fournitures à faire dans des dépôts à l'Étranger avec lesquels elle est reliée sur toute une partie du globe, la marine de l'État, plusieurs marines étrangères, la Compagnie du canal de Suez, la compagnie des Messageries maritimes, la Compagnie générale transatlantique, la compagnie des Chargeurs réunis, les principaux armements des ports français, la compagnie anglaise Péninsulaire et Orientale, et un nombre considérable des compagnies ou maisons les plus importantes d'armement en Angleterre, en Belgique, en Hollande et occasionnellement en Allemagne. Elle s'est établie dans le canal de Suez dès son ouverture en 1869, c'était elle d'ailleurs qui avait expédié tous les charbons anglais nécessaires aux travaux des entrepreneurs, Borel Lavalley & Cie, qui avaient achevé l'exécution de ce canal lorsque la main-d'œuvre fellah avait été supprimée ; depuis 1869 la Maison Worms & Cie a maintenu sa position prédominante comme consignataire de navires à Port-Saïd et à Suez et comme fournisseur de charbon, malgré le nombre considérable de dépôts qui s'y sont créés, elle détient encore à l'heure qu'il est environ 32% sur un total de 1.555.000 tonnes du mouvement des charbons à Port-Saïd. Les contrats qu'elle a régulièrement et presque sans aucune exception avec la marine de l'État sont à Alger et à Port-Saïd ; elle est du reste bien connue du ministère de la Marine dont elle a été le fournisseur depuis la guerre de Crimée, et qui aujourd'hui a souvent recours à ses avis pour ses opérations d'achat de charbon et d'affrètement quoique ces opérations-là ne soient plus aujourd'hui traitées avec elle par suite de modifications dans les conditions même de ces achats. II est annexé à cette note, à titre de simple exemple, la copie d'une lettre qui a été adressée au directeur de la Maison Worms & Cie, à Alger, par le commissaire principal de la Marine dans ce port le 26 juillet 1912. La Maison Worms est également fournisseur de compagnies de chemins de fer et d'usines à gaz en France et à l'étranger, et ses diverses succursales et agences exercent également leurs opérations pour les besoins industriels des régions qu'elles desservent.Ce n'est qu'après le commerce des charbons que la Maison Worms est entrée dans les opérations d'armement et elle ne l'avait fait alors qu'à titre de commanditaire, d'abord avec la Maison Hantier Mallet & Cie, du Havre, devenue ensuite F. Mallet & Cie, dont le chef, F. Mallet, a été pendant de nombreuses années président de la chambre de commerce dans ce port ; toutes les lignes de cet armement ont ensuite passé entre les mains de la Maison Worms et de même la ligne de Dieppe à Grimsby qui avait été dans le passé entre les mains de la Maison Grandchamp de Rouen. Les lignes de la Maison Worms ne font que le cabotage réservé et le cabotage international ; elles embrassent la plus grande partie des ports de France entre Bayonne et Dunkerque et leurs opérations s'étendent depuis Pasages (Espagne) jusqu'à Anvers, Grimsby, Brême et Hambourg ; en outre des succursales ou agences déjà indiquées dans la partie charbon de cette note la Maison Worms a pour les besoins de ses armements des succursales à Dunkerque, Boulogne, Brest et Nantes, et des agences dans les divers ports de la Belgique, de la Hollande et de l'Allemagne ; elle a une flotte de 18 vapeurs et en a actuellement 4 autres en construction aux Ateliers et Chantiers de la Loire, à Nantes. Elle a, malgré sa situation de simple armateur au cabotage, une autorité incontestée dans le monde de la marine marchande et son chef, M. Henri Goudchaux, qui est un des fondateurs du Comité central des armateurs de France, est le trésorier de ce comité depuis sa fondation ; le Comité central des armateurs de France a, à son origine, été présidé par M. André Lebon, ancien ministre, président de la compagnie des Messageries maritimes, et est actuellement présidé par M. Jules Charles Roux, ancien député, président de la Compagnie générale transatlantique.Les marchandises transportées par les lignes de la Maison Worms & Cie, entre tous les ports desservis par ses lignes, ont atteint un total de 534.602 tonnes en 1912 et de 578.151 tonnes en 1913. Il peut être intéressant de signaler que la Maison Worms & Cie assure par ses seuls services sur Brême et Hambourg la totalité des transports par voie maritime entre les ports de France et l'Allemagne du Nord ; à plusieurs reprises des tentatives ont été faites pour lui disputer ces transports, mais sans résultat, ces tentatives ont été principalement faites par des entreprises allemandes et une légende a cours qui dit que l'empereur actuel d'Allemagne se trouvant un jour à Hambourg et voyant le pavillon français qui flottait au haut du mat d'un navire demanda quel était ce navire, on lui répondit qu'il appartenait à la Maison qui assurait les transports maritimes entre la France et l'Allemagne et immédiatement il voulut savoir pourquoi ces transports n'étaient pas effectués sous pavillon allemand, à quoi il lui fut répondu qu'on avait essayé, mais que les tentatives avaient toujours échoué et qu'il serait inutile de recommencer. Pendant la guerre de 1870/1871 Ies navires des lignes de la Maison Worms & Cie furent tous utilisés par le département de la Guerre pour des transports entre les divers ports français depuis Dunkerque jusqu'à Bordeaux et même jusqu'à Marseille et Toulon.La Maison Worms & Cie représente la compagnie des Messageries maritimes dans les ports charbonniers anglais et à Bordeaux, elle représente la compagnie des Chargeurs réunis à Cardiff, dans les ports de l'Humber, à Boulogne et à Marseille ; elle représente la compagnie anglaise l'Orient qui fait la navigation sur l'Australie dans le port de Toulon que cette compagnie a adopté depuis quelques années au détriment de Marseille et où la Maison Worms & Cie a à ce moment-là établi une succursale.

1914.01.23.De Worms et Cie Bayonne.A Worms et Cie Bordeaux

Copie de lettreBayonne, le 23 janvier 1914MM. Worms & Cie BordeauxConstruction d'une écurie et d'un atelier. Comme nous vous l'avons exposé dans nos précédentes lettres, nous sommes obligés de faire construire à très bref délai, de manière à pouvoir nous en servir dès le mois d'avril, une écurie dans nos nouveaux chantiers. Cela nous permettra d'y concentrer toutes nos bêtes de roulage qui, à l'heure actuelle, faute de place, sont dispersées dans trois endroits différents. Ce bâtiment est calculé de manière à avoir des stalles pour 16 animaux de grande ou de petite taille, ce qui est plus que suffisant pour le présent et réserve de la place pour l'avenir. Au-dessus de l'écurie, nous avons prévu un vaste grenier à fourrages qui nous faisait défaut jusqu'ici.A côté des écuries, nous avons prévu un bâtiment annexe divisé en 4 parties : un atelier de réparations, qui existe actuellement à Saint-Esprit et que nous devons transférer aux Allées marines ; une pièce pour serrer le matériel, les sacs, etc. ; une autre pour servir de sellerie et contenir les accessoires du matériel de roulage; enfin un quatrième local pour servir de réfectoire aux ouvriers qui passent leur journée dans le chantier.II a été prévu pour la construction de ces deux bâtiments l'emploi, pour une partie, de matériaux déjà approvisionnés, notamment du bois et fermes pour la charpente, que nous avons achetés d'occasion l'an dernier en prévision de ces diverses installations.Le tout atteint un total de 10.400 F environ, qui pourrait peut-être atteindre 12.000 F en tenant compte des imprévus.Nous vous prions de nous retourner le devis et les plans avec vos observations afin que nous puissions préparer tout pour achever les constructions en temps utile.Agréez, Messieurs, nos sincères salutations.

1914.01.28.De Worms et Cie Bordeaux.A Worms et Cie Bayonne

Copie de lettreWorms & Cie - Armateurs - BordeauxCharbons anglais - cokes et fontesTransit - Lignes de vapeursEntre Bordeaux, Le Havre et Hambourg ;Anvers et toute la Belgique ; Brême ; Rouen et ParisBrest, Dunkerque et Boulogne ; La Rochelle PalliceNantes-Bayonne ; Pasages7, allées de ChartresBordeaux, le 28 janvier 1914Construction d'une écurie et d'un atelier. Nous venons répondre à votre lettre du 25 courant, dans laquelle vous nous exposez que vous êtes amenés à faire construire, à très bref délai, de façon à pouvoir vous en servir au mois d'avril prochain, une écurie dans vos nouveaux chantiers, ce qui vous permettra d'y concentrer tous vos animaux qui sont actuellement dispersés en trois endroits différents.Le devis que vous nous soumettez est calculé de façon à avoir des stalles pour seize animaux de grande ou petite taille, avec, au-dessus de l'écurie, un vaste grenier à fourrage, qui vous avait fait défaut jusqu'à présent, grenier qui est absolument nécessaire dans une écurie moderne.vous avez prévu, également, un bâtiment annexe comprenant un atelier de réparations, un local pour emmagasiner le matériel, les sacs, et un autre pour votre sellerie et les accessoires du matériel de roulage; enfin un 4e local pour servir de réfectoire aux ouvriers de votre chantier.Vous comptez que la dépense s'élèvera à environ 11 à 12.000 francs tout en tenant compte des imprévus.Vous n'avez donc qu'à donner suite à ce projet, puisqu'il fait partie de l'ensemble des constructions que vous avez déjà élaborées au début, et est compris dans les dépenses prévues.Nous vous retournons le devis que vous nous avez communiqué. Vous nous ferez savoir, par la suite, dans quel délai cette construction sera prête.Recevez, Messieurs, nos sincères salutations.[Renaud]

1914.01.28.Du Petit Havre.Article

Le "Séphora-Worms". Le cargo boat "Séphora-Worms" de la Compagnie Worms, venant de Hambourg, est arrivé au Havre le 27 janvier. On se rappelle que ce steamer avait été dans l’obligation de remplacer à Hambourg son hélice avariée.

1914.02.09.De Worms et Cie Buenos Aires

Worms & C°Buenos Aires, 9th February 1914Per s.s. "Principe di Udine"Via BarcelonaMessrs Worms & Co ParisDear Sirs,We confirm our respects of 31st Dec, 8th, 15th, 22nd, 28th, 29th and 30th ulto, 4th and 6th inst.We have to-day your favour of 16th ulto.We are writing by this early mail to give you what little news we have as to Capurro. We have received a visit from the accountant appointed by the Court to verify his books - and we learn that the meeting of the Creditors has been fixed for 5th March.The intervening creditors named toy the Court to assist the accountant, are the Banco de la Nacion and ourselves. We have consulted Dr Edye as to whether we should accept this honorary appointment and he is of the opinion that it would be better to do so. At any rate we shall have at first hand news of all that results. We cannot yet form any very definite idea of what will result when the creditors meet. It is to be supposed that either an agreement will be come to accept a composition of so much per cent, or the debtor will be made bankrupt. In the former case, our Mortgage would be paid in full with the interest, and the balance of what he owes us would share in the final liquidation of the Estate.If Capurro is made a bankrupt, our Mortgage rights would still remain subject to the sale of the property involved and the balance would follow the final liquidation in bankruptcy.Dr Edye is to see Dr Gallo, Mr Capurro's lawyer, today, to find out what his views are. As far as we can see, unless someone comes forward to take over the Sugar Estate, the whole will have to go into Bankruptcy.It does not seem as if we should know anything definitely until after the meeting of the creditors on 5th proximo.Stocks. The Coals sold are going out more or less regularly. We are doing our best to keep the receivers up to the mark, the only marked delay is that of one of the re-sellers taking out carbonilla.Corys have still some 450 tons of small Cardiff to take out on account of the 600 tons sold them.The reason we told Mr Edbrooke that this coal was somewhat small, was that we could not possibly represent it to him as anything else. Had there been the least shadow of an excuse for calling it even thro: and thro: we should certainly have done so. We are asking him to hasten the taking of the balance.The depots. We regret to say that up to the present Dr Edye has not made much headway with the canceling of the leases. Mrs Lanus Brothers the acting owners of the depot "Irala" say that their mother who was the owner when it was leased to us, has since died and that they are 8 brothers and sisters who inherit, some of them are in Europe and until the Estate is settled they would not take the responsibility of canceling the lease - altho: they would accept an approved tenant in our place and thus far assist us. Dr Edye will however see them again, meanwhile we are seeking a tenant in every way that we can think of. As to the Devoto Depot, we are still waiting Mr Devoto's reply from Europe, Dr Edye was to see his lawyer this p.m. and we may yet have something to say before we close this letter.Obras deposit. We have made no further sales of our "interno" bonds - the Market is stationary at the moment, the last paid being $90.20.Power for transfer. This we now have by registered post. We are at once proceeding with the necessary translation and registration, after which the transfer will be properly and finally executed.We enclose. The auditors for the DKD deliveries - last or: our local bunker return for the last year.We withdrew from your favour under reply.We are Dear Sirs,Yours obediently[Signature illisible]We also enclose.- -Shore Pool Stat: for Dec: - and our returns to the auditors for the same month.The depots and Mr Capurro's lawyer.- Dr Edye telephones to say that it has been so far impossible to see Dr Gallo, Mr Capurro's lawyer, but he is trying to make an appointment with him for tomorrow.As to Mr Devoto's lawyer, the position is the same, he has not been able to see him today but is hoping to do so tomorrow.This gentleman had promised that as soon as he received a reply from Mr Devoto he would advise Dr Edye but as he has not made any sign it will be necessary to call on him again. Mr Devoto's address is in Paris but it is quite likely that he is not there at the moment still cabling to that address is the only means that they have of getting in communication with him.

1914.02.11.De Worms et Cie Alger

11 février 1914MM. Worms & Cie ParisMessieurs,Acconage Delmas Frères. Nous venons répondre à votre lettre particulière du 6 courant à laquelle nous n'avons pu répondre hier faute de temps et nous vous remercions pour la copie des lettres que vous avez échangées avec ces Messieurs sous les dates des 5 & 6 courant.Nous ne sommes pas autrement surpris de la décision qu'ils ont prise : l'importance de leur entreprise s'est accrue considérablement depuis la conclusion de notre contrat avec eux et elle justifie l'acquisition d'un remorqueur, sinon dans un but d'économie, au moins pour la commodité et la satisfaction d'avoir un outil à eux, mais cette satisfaction ne sera pas sans mélange et nous croyons fort que leur remorqueur leur coûtera, dès la première année, aussi cher, et ensuite plus cher, que ce qu'ils nous payaient, sans être à même d'effectuer tout leur travail.Au cours de 1913, ces Messieurs nous ont payé F 18.957.50 de remorquages dont il nous faut défalquer F 1.446.50 que nous avons payés à des remorqueurs étrangers employés pour leur service : le produit de ce travail n'est donc plus que de F 17.511.D'autre part, nous avons payé F 4.749.35 d'heures supplémentaires et il ne nous paraît pas exagéré de leur en appliquer au moins pour 3.000 francs, ce qui réduit encore la somme ci-dessus à F 14.511, chiffre qui représente le bénéfice brut de nos opérations pour le compte de l'acconage Delmas Frères.Ce bénéfice se trouve diminué par un facteur que l'on ne peut évaluer en argent mais qui a bien son importance: c'est la gêne apportée à nos propres opérations par nos obligations envers ces Messieurs, et l'impossibilité où ces obligations nous mettent de soigner l'entretien de nos remorqueurs comme il conviendrait.Nous comptons bien, lorsque Messieurs Delmas Frères auront leur remorqueur, que les deux nôtres pourront faire un chiffre appréciable de remorquages pour les uns ou pour les autres ce chiffre n'atteindra pas évidemment la somme de F 14.000, mais, n'ayant plus d'obligations, il nous sera possible d'organiser notre travail de manière à ne plus faire que peu d'heures supplémentaires et il en résultera une économie sur la consommation du charbon et des matières d'entretien, de sorte qu'en somme, les remorquages étrangers que nous ferons nous coûterons moins cher qu'actuellement . Nous retrouverons donc une bonne partie de la somme que Messieurs Delmas Frères nous paient actuellement puisque nous encaisserons des remorquages au plein tarif du port ; que nous dépenserons moins de charbon, de matières d'entretien, que nous aurons moins d'usure et que nous n'aurons presque jamais à faire appel aux remorqueurs étrangers . De plus, nos propres affaires ne seront plus alourdies par aucune obligation et le nouvel état de choses nous apparaît comme bien meilleur pour nous, même si nous éprouvons une petite perte d'argent qui aura sa contre partie dans une meilleure exécution de notre propre service.Nous ne vous aurions jamais proposé de dénoncer le contrat Delmas, mais cette réserve nous autorise à vous dire aujourd'hui : puisque ces Messieurs nous rendent notre liberté entière, nous sommes d'avis qu'il convient de profiter de l'occasion et ne plus s'engager pour l'avenir, d'aucune manière, pour les raisons suivantes :1° d'abord afin que notre travail puisse toujours se faire avant tout autre, sans que nous risquions de mécontenter quelqu'un ;2° parce que les prix de 4 francs et 5 francs (tarif actuel du port) n'ont rien d'exagéré pour les remorquages dans le port, et pour les remorquages du port à l'arrière-port ou vice versa ; le prix de 5 francs est même à peine rémunérateur si l'on envoie , du vieux port, un remorqueur chercher des chalands à la partie sud du Grand Môle, c'est-à-dire en face de l'installation à pétrole, et que le remorqueur ait à attendre un peu ;3° parce que le contre maître de ces Messieurs donne au contrat autant d'entorses qu'il le peut : lundi dernier, l'"Audax" étant inoccupé il a fait faire successivement six remorquages à des remorqueurs étrangers. Lorsque nous avons fait part de la façon invraisemblable dont cet homme avait injurié Lauzel, nous vous avons dit qu'il avait mis le marché à la main à M. Debusscher à plusieurs reprises : il en résulte qu'il fait ce qu'il veut. Par conséquent, si vous nous engagez à nouveau, vous nous livrerez sans défense à ses caprices.Il vaut donc bien mieux l'éviter d'autant plus que :4° sans engagement aucun, nous travaillerons très volontiers pour MM. Delmas Fréres lorsqu'ils pourront avoir besoin de nous et que nous serons à même de le faire.L'application du contrat encore en vigueur a fait ressortir trop d'inconvénients, à notre point de vue, pour que nous ne vous prémunissions pas contre la conclusion de tout nouvel engagement qui perpétuerait ces inconvénients.Veuillez agréer, Messieurs, nos bien sincères salutations.Ch. A RouyerPS. Les hommes de la machine ne devant que 9 heures de travail par jour pour leur salaire fixe, il s'ensuit que sur un remorqueur qui commence à travailler à 6 heures du matin le mécanicien et le chauffeur ont droit à l'indemnité pour heures supplémentaires dès trois heures de l'après-midi, c'est-à-dire alors que nous ne touchons que le tarif de jour : ces indemnités s'élèvent à 1 franc pour le mécanicien et 50 centimes pour le chauffeur ; donc, si le remorqueur effectue deux remorquages à l'heure dans le port, nous recevons 7 francs, mais il faut en déduire F 1,50 pour une heure supplémentaire et le produit net pour nous est de F 5,50. S'il est assez facile de faire deux remorquages à l'heure dans le port, le même nombre de remorquages constitue du travail fait dans les meilleures conditions, qui se présentent rarement, lorsqu'il s'agit de remorquages du port à l'arriére-port et vice versa ; cette observation s'applique a fortiori aux remorquages faits du port à la rive sud du Grand Môle (hors du port de l'Agha) de sorte que l'indemnité pour heures supplémentaires se fait sentir tout aussi lourdement et même plus, dans ces deux derniers cas, malgré l'augmentation de 1 franc qui s'applique à ces remorquages.Le but de cette remarque est de montrer que le tarif du port, soit 4 & 5 francs, est très modeste et qu'il ne se prête pas à des diminutions de faveur.

1914.02.14.Du Petit Havre.Article

Blessé à bord. Travaillant hier à la manutention des marchandises du steamer "Séphora-Worms", un journalier, Eugène Levéel, âgé de 37 ans, s’est trouvé atteint, vers 5 h ¼, dans la cale n°4 par une élinguée de sacs de cacao qui le renversa. Relevé par ses camarades, le journalier, qui se plaignait de vives douleurs internes, fut reconduit en voiture à son domicile 39, rue d’Estimanville, où un médecin a été appelé.

1914.02.25.A H. Goudchaux - Worms et Cie Paris.Note

25 février 1914 Great Central Railway Nous sommes arrivés à 5 h, nous avons été reçus vers 3h et sommes sortis vers 3 h 55. Nous avons exposé à Sir Sam Fay que pour la question des Dock dues nous ne pensons pas qu'il voudrait sérieusement nous les faire payer chaque fois, mais nous trouverions très raisonnable de les payer une fois par mois par vapeur, un peu comme cela se passe pour les light dues qu'on paie 10 fois dans l'année et après cela on peut venir aussi souvent qu'on veut sans rien payer. Nous avons ensuite parlé de la commission de 5%, nous avons dit que nous avions été frappés de voir que si promptement après notre décision de faire trois voyages par semaine au lieu de deux on nous supprimait cette commission, et nous nous demandions si cette augmentation de voyages n'avait pas amené la Compagnie à croire à une prospérité telle chez nous que nous n'avions plus besoin d'aucune aide de sa part ; il n'en est pas ainsi, et cette commission n'est que la rémunération universellement pratiquée au profit de tous les intermédiaires qui apportent des affaires à un commerçant, dans le cas actuel, du trafic à une ligne de chemin de fer : cette commission n'est du reste pas un bénéfice pour nous, nous la payons nous-mêmes à ceux qui apportent à nos lignes le trafic que nous apportons ensuite au Great Central, nous avons parlé entre autres des machines agricoles pour l'Italie, des laines de Mazamet, et enfin nous avons dit que dans les ports concurrents, nous savions que les lignes concurrentes jouissaient de traitements de faveur, et tout ce que nous demandions c'était de ne pas être moins bien traités ; enfin nous avons dit qu'en outre de la question pécuniaire il y a l'encouragement moral qui a pour nous une valeur, qui nous montre que nous avons la sympathie et l'appui de ceux qui en somme sont nos associés dans ces opérations-là, nous ne voulons pas une réponse immédiate, mais nous espérons que les arguments que nous avons apportés amèneront la Compagnie à revenir sur sa décision et comme en somme le régime qui a été en vigueur depuis le premier juillet 1905 a donné de bons résultats puisqu'il nous a permis de plus que doubler le trafic que nous avons apporté à la Compagnie il pourrait être imprudent de le modifier, mais nous devons cependant indiquer que si on vient à changer notre situation nous pourrons être amenés à laisser de côté certaines catégories de marchandises auxquelles le Great Central peut tenir, mais qui ne nous laissent à nous-mêmes qu'un fret absolument dérisoire, et peut-être encore au bout d'un certain temps arriverions-nous à ce résultat de supprimer un de nos trois départs et de revenir à deux. Sir Sam Fay a répondu que pas une ligne venant à Grimsby ne jouit des avantages que nous avons, il les a énumérés, les staiths dues, le cranage, le wharfage, en reconnaissant que les lignes ne paient pas toutes le plein de ces droits-là, mais en tout cas elles en paient une portion importante alors que nous en sommes complètement exonérés. En ce qui concerne les docks dues la chose pourra être examinée, mais pour la commission de 5% il explique que cette décision a été prise au cours du premier semestre de 1905 quand quelqu'un (Monsieur Le Magnen) est venu lui exposer que la situation de la ligne était désespérée et que si on ne venait pas à son secours on risquait de la voir disparaître ; on a alors accordé temporairement cette commission de 5%, mais jamais avec l'intention qu'elle fût permanente, et aujourd'hui ce n'est pas seulement la question des économies qu'on veut réaliser, il y a le fait que si cette commission à nous accordée venait à être connue, Sir Sam ne sait pas si légalement il ne pourrait pas être contraint à l'accorder à d'autres ; au cours de la discussion il a encore mis en avant, en outre des avantages énumérés plus haut, les draw backs qui nous sont accordés de 2/6 ou à peu près pour les marchandises c. & d. et de 1/3 pour celles s. à s. A ce moment-là M. Domer est intervenu dans la discussion, il a affirmé savoir que d'autres lignes de Chemin de fer accordent des commissions, nous croyons qu'il a prononcé le chiffre de 1/3 des lignes similaires à la nôtre , il a également insisté sur l'infériorité notoire dans laquelle nous nous trouvons pour tous les charbons que nous chargeons à Grimsby par rapport à Goole où le transport est de 2 d ou 2 1/2 d plus économique, sans compter que nous ne pouvons même pas charger du tout à Grimsby les charbons du West Yorshire en raison du taux prohibitifs du transport par fer ; il a aussi parlé de nos relations avec tous les transitaires, Gondrand, Johnson, Hernu Peron,... auxquels nous payons invariablement des commissions nous-mêmes, il est arrivé à la question des laines de Mazamet, qui est évidemment le transport auquel Sir Sam tient tout particulièrement, c'est au reste sur sa demande que nous avons été le rechercher, il a demandé à M. Domer ce qui pouvait nous rester comme fret sur ces laines, et il a certainement paru surpris quand la réponse a été 3 F ou environ 2/6, enfin M. Domer a produit à Sir Sam tous les avis de la comptabilité de Manchester qui sont envoyés régulièrement à peu près 3 mois après le mois faisant l'objet de la communication, et de ces avis il résulte qu'en même temps qu'on nous adresse le compte d'un mois pour les transports duquel nous devrions par exemple £ 1.900, on ajoute[ra] que notre arrêté de compte se balance[...] par £ 2.000, £ 3.000, £ 4.0000 à notre crédit, de sorte que nous serions perpétuellement en avance avec la Compagnie et en calculant les intérêts à 5%, M. Domer estime qu'il pourrait y avoir pour la Compagnie un bénéfice annuel d'environ £ 400. Toute l'argumentation de M. Domer a paru produire une certaine impression sur Sir Sam, mais surtout sa discussion sur les laines de Mazamet et l'indication au point de vue de la comptabilité dont Sir Sam ne se doutait pas et qui a été pour lui une révélation et un étonnement. Sir Sam a dit que la question des docks dues pourrait sans doute faire l'objet d'un compromis, mais il ne nous a pas laissé grand espoir pour la commission de 5%, quoique cependant il ait fait entendre qu'après avoir consulté ou son conseil ou quelqu'un au-dessus de lui, peut-être son président, nous nous rappelons plus bien la chose, il pourrait peut-être faire quelque chose pour nous au point de vue spécial des laines de Mazamet. Il nous a du reste exprimé le plaisir qu'il avait eu à nous recevoir.

1914.02.26.De la Chamber of Shipping.Charte-partie vierge.Original

Document original

1914.03.18.De Foscolo Mango and Co - Constantinople

Foscolo Mango & C° LtdAgents in London: Mango & C°Mango Sons & C° - PiraeusCoal depots at Constantinople & BenderecliConstantinople, le 18 mars 1914MM. Worms & Cie ParisMessieurs,Nous vous confirmons notre lettre du 7 crt, et vous informons que nous avons attentivement étudié les différents plans et devis, que vous avez bien voulu nous envoyer, relatifs à l'installation de boulets. Mais ne sachant pas si le résultat que pourra nous donner cette entreprise ici sera favorable, nous ne déciderons pas à faire une installation comme celle indiquée par les plans avant d'avoir fait une étude approfondie.En même temps, nous voyons que cette installation concerne seulement les briquettes fabriquées avec de la poussière de charbon et non avec celle de l'anthracite, laquelle principalement nous intéresse vu que c'est cette poussière que nous désirons utiliser dans la fabrication de boulets. De même nous avons à noter qu'il nous revient de différentes sources que dans la fabrication de boulets on emploie non seulement le brai de goudron comme matière agglutinante, mais aussi un autre agglomérant. Même un de nos amis, ayant une briqueterie, a reçu, une presse de son fournisseur, qui lui écrivait que cette presse, en temps de chômage de la briqueterie pouvait être avantageusement utilisée à la fabrication de briquettes de charbon à l'aide d'une poussière blanche comme matière agglutinante dont nous vous envoyons un échantillon, sous pli séparé. Sur notre demande notre ami nous a envoyé une certaine quantité de cette poudre et en même temps, il nous a dit que la proportion qu'il faut employer dans le charbon est de 7%, en humectant le mélange avec de l'eau froide.Quoique, nous ne disposions pas des moyens voulus pour obtenir la pression désirée, nous avons fait, quand même, quelques essais, comme indiqué, dont le résultat nous a paru satisfaisant.Par conséquent, veuillez examiner l'échantillon que nous vous envoyons et si après examen vous trouvez que cette poudre peut remplacer tout autre agglutinant, nous vous saurions gré de nous en informer afin que nous puissions vous en expédier 20-25 kilos dans le but de faire les essais nécessaires.Nous croyons que, si avec cet agglutinant, l'on peut obtenir des résultats satisfaisants, une installation moins coûteuse que celle indiquée dans les plans de MM. H. Sahut & A. Conreur Fils de Raismes, pourrait suffire pour nos besoins. Il nous serait très utile d'avoir votre opinion là-dessus.Avec nos remerciements et dans l'attente de vos bonnes nouvelles, nous vous présentons, Messieurs, nos sincères salutations.[Signature illisible]

1914.04.18.Du Petit Havre.Article

Ventes publiques. Le lundi 20 avril 1914, à trois heures de l’après-midi, bassin de la Citadelle, tente Worms, hangar A, MM. Worms & Cie, séquestres judiciaires, feront vendre publiquement pour compte de qui de droit, en vertu d’un jugement du Tribunal de commerce du Havre en date du 16 avril 1914, par le ministère de Étienne Dureau, courtier : 170 sacs pommes de terre, ex-"Michel" ; 479 sacs pommes de terre, ex-"Séphora-Worms". On vendra par lots de 20 sacs.

1914.04.19.Du Petit Havre.Article

Brûlé en travaillant. En travaillant dans le chantier de la maison Worms, quai Colbert, un journalier, Narcisse Laverdière, âgé de 30 ans, demeurant cours de la République, 33, s’est trouvé brûlé au bras droit. L’agent Gallier l’accompagna à l’Hôpital Pasteur où il reçut un pansement. La blessure n’a pas de gravité. Laverdière a pu regagner son domicile.

1914.04.29.Du Petit Havre.Article

Le samedi 2 mai 1914, à deux heures et demie de l’après-midi, bassin de la Citadelle, tente Worms, hangar A, MM. Worms & Cie, séquestres judiciaires, feront vendre publiquement, sur folle enchère et pour compte de qui de droit, par le ministère de Etienne Dureau, courtier : 190 sacs pommes de terre, ex-"Séphora-Worms". On vendra par lots de 20 sacs.

1914.05.02.Du journal Le Yacht.Article

Document original Marine marchande Le 25 avril, à la marée du soir, les Ateliers et Chantiers de la Loire ont procédé, dans leurs chantiers de Nantes, au lancement du "Château-Yquem", destiné à la nouvelle flotte de MM. Worms et Cie, du Havre. Cette flotte comprendra au moins quatre unités, devant donner 11 n ½ en pleine charge et en service courant. Les dimensions du "Château-Yquem" sont les suivantes : Longueur totale 88 m 00 Longueur entre perpendiculaires 83 m 50 Largeur maxima 11 m 60 Creux 7 m 00 Tirant arrière en charge 5 53 T Déplacement correspondant 3.927 T Jauge brute (estimée) 2.123 T Jauge nette 860 T Portée en lourd 2.300 T IHP 1.780 Vitesse en charge 11 n ½ La coque est construite entièrement en acier Siemens-Martin ; l'avant a été tout spécialement renforcé pour pouvoir naviguer en sécurité dans les glaces. Cette coque est divisée en cinq compartiments par quatre-cloisons étanches ; le double fond, d'une capacité de 455 tonnes de lest d'eau, est divisé en cinq compartiments. Deux ponts bordés règnent de bout en bout ; il y a, de plus, gaillard, château central, dunette et deux passerelles. Les hommes de pont sont logés dans le gaillard, les chauffeurs dans la dunette, les officiers et les mécaniciens dans des roufs sur le château central. La partie mécanique comprend : les appareils évaporatoires formés de deux chaudières en acier mi-dur, cylindriques, single ended, à deux foyers et timbrées 13 kilos. La surface totale de chauffe est de 360 mq ; elles fonctionnent au tirage forcé, système Howden. La machine à triple expansion, à trois cylindres, ayant les diamètres respectifs suivants : HP 550 m/m, MP 910 m/m, BP 1.500 m/m, la course est de 1.060 m/m ; à 86 révolutions par minute, l'hélice doit imprimer une vitesse de 11 n 1/2 à pleine charge ; elle est du type à quatre ailes, ayant un diamètre de 4 m 40. Le navire est éclairé à l'électricité et le courant est fourni par une dynamo de 35 ampères et 110 volts. Les cales ont une capacité totale de 2.844 mètres cubes ; elles sont desservies par de très larges panneaux ayant les dimensions respectives suivantes : n°1, 5 m 76 x 4 m 30 ; panneau n°2, 5 m 76 x 4 m 30 ; panneau n°3, 8 m 96 x 5 m 50 ; ces trois cales sont desservies par quatre grues à vapeur, tournantes, 6 treuils de quatre tonneaux et un treuil de trois tonnes ; des cornes de charge, au nombre de six, manœuvrées à l'aide d'apparaux Puissesseau et d'un mâture à double portique permettent d'effectuer, avec toute la célérité nécessaire, les opérations de chargement et de déchargement, telles que le réclame la technique moderne. Cette célérité de la manutention des cargaisons est de toute première importance et, jusqu'en ces dernières années, en France, on n'avait pas donné suffisamment d'attention aux installations des navires de charge. Le "Château-Yquem" présente, sous ce rapport, le maximum d'efficacité qu'il soit possible de trouver à bord d'un vapeur de ce tonnage. La quille a été élongée le 18 octobre 1913 et il devra être livré vers le 20 août prochain. Ces dates permettent de se rendre compte de la rapidité avec laquelle nos chantiers peuvent fournir à nos maisons d'armement le tonnage dont elles ont besoin. Quand ce vapeur sera terminé, nous aurons l'occasion d'en parler à nouveau et de montrer à nos lecteurs son aspect élégant et marin.

1914.05.08.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 8 mai 1914Messieurs Worms & Cie - ParisMessieurs,Grève. Nous vous confirmons les renseignements que nous vous avons donnés par notre lettre d'hier.La réunion d'hier soir a été un fiasco.D'après notre entrepreneur, les ouvriers charbonniers n'étaient pas plus de 120 à 130, ce qui correspond avec le rapport de police que le maire de Bordeaux nous a lu cet après-midi et qui parle d'environ 150 charbonniers ; il y avait en plus une cinquantaine d'hommes employés ou non sur les quais. Vigneau lui-même, de la CGT, n'a pas osé se montrer aussi violent qu'à l'habitude ne se sentant pas soutenu. Les ouvriers n'étaient, en effet, pas d'accord : les uns demandaient la reprise du travail ce matin, c'est-à-dire l'acceptation du prix de F 6, 50, les autres s'y opposaient et, finalement, la réunion a été dissoute sans qu'une décision bien nette fût prise. Suivant les uns, on aurait voté la grève à outrance, tandis que le rapport de police dit qu'on a voté la reprise du travail. En tous cas, le travail n'a effectivement pas été repris ce matin mais notre impression est que le mouvement actuel a avorté. De toute façon, il n'y a eu aucun mouvement parmi les ouvriers employés aux marchandises générales et nous croyons que, même si la grève des charbonniers se prolongeait, ce que nous ne pensons pas, elle ne s'étendrait pas aux ouvriers des diverses.Peut-être les charbonniers reprendront-ils le travail lundi, ce qui serait parfait.Après avoir été reçu par le maire au début de l'après-midi, le bureau de la fédération sera reçu par le préfet à 5 heures ce soir et nous vous dirons ce qui se sera passé.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]PS. L'accueil du préfet a été correct. Nous nous sommes bornés du reste à le mettre au courant de la situation et à lui demander d'assurer éventuellement la protection des travailleurs.A la dernière heure, on nous dit que la grève pourrait peut-être durer sur la rive droite plus longtemps que nous ne le souhaiterions, du fait qu'il y a dans le port un certain nombre de navires de blé et de bois, sur lesquels 250 à 300 charbonniers trouvent à s'occuper, vu la pénurie habituelle de main-d'œuvre dans notre port.

1914.05.11.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 11 mai 1914Messieurs,Nous avons donné notre meilleure attention à ce que vous nous écrivez sur cette question dans votre lettre du 9 courant et nous vous confirmions les renseignements que nous vous avons donnés samedi.La réunion gréviste annoncée pour samedi soir n'a pas eu lieu et il n'est pas question d'une autre réunion pour le moment ; c'est vous dire que les grévistes sont parfaitement calmes ; ils continuent, du reste, à ne pas se montrer, soit qu'ils aient trouvé du travail ailleurs, à Bordeaux ou dans les environs, soit qu'ils restent dans les cabarets.La situation malheureusement ne s'est pas améliorée.Aux Docks Sursol, 11 hommes payés à la semaine, n'ont pas repris le travail ce matin et M. Sursol va les assigner devant le Conseil des prud'hommes. M. S. en conserve encore 28 à la semaine. D'autre part, les caleurs employés aux Docks Sursol, (les caleurs sont les ouvriers chargés de la manœuvre des wagons sur les quais et ainsi nommés parce qu'ils ont souvent à caler les wagons au cours des manœuvres) qui étaient payés à la semaine entre 36 et 39 F, ont demandé ce matin à M. S. à être payés 7 F par jour, soit 42 F par semaine. Il leur a été donné satisfaction, car ce salaire est celui payé sur la rive gauche aux caleurs employés dans les Docks.Il avait été dit que les hommes du stock menaçaient de se mettre en grève cet après-midi s'ils n'étaient pas payés 7 F : leurs salaires actuels sont très variables, ils touchent tantôt moins, tantôt plus de 7 F, suivant leurs capacités ou leur travail et, de plus, sont souvent payés à la tâche. Mais, jusqu'à présent, nous n'avons aucune confirmation du bruit qui avait couru ce matin et que M. S. nous a affirmé ne pas être exact.Il s'est présenté aux Docks Sursol une demi-douzaine d'ouvriers nouveaux qui ont été immédiatement embauchés et qui seront logés et nourris aux Docks, s'ils le désirent.Nous continuons nos annonces dans les journaux locaux et dans les journaux de la Bretagne, de la Lozère, de l'Ariège, etc., où nous les publions depuis vendredi, et nous espérons que cela nous amènera quelques travailleurs.Le président de la Fédération maritime, M. de Vial, est aujourd'hui à Paris. Le bureau de la Fédération se réunira demain après-midi au retour de son président pour examiner la situation.Il semble que vous étiez dans le vrai quand vous nous disiez avoir l'impression que l'arrêt actuel du travail durerait un certain temps. Les grévistes doivent se rendre compte combien leur main-d'œuvre est difficile à remplacer, mais nous persistons à croire, et nous notons avec plaisir que telle est également votre impression, qu'il est indispensable que l'on reste parfaitement unis et parfaitement décidés à la résistance.Nous sommes tout à fait d'accord avec ce que vous nous dites au sujet du résultat de l'intervention éventuelle de l'administration dans les conflits entre ouvriers et patrons. Mais aussi, nous sommes-nous bornés à mettre le préfet au courant en lui demandant d'assurer la liberté du travail, sans plus. Vous savez que le nouveau préfet de la Gironde est M. Olivier Bascou, lequel a épousé Melle Goudchaux qui est une demi-soeur de M. Jule Bernard, des Usines de la Basse-Loire, des Mines de Segré, etc.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]PS. Nous n'avons du reste rien de nouveau à vous dire ce soir. Il n'est heureusement toujours question de rien en ce qui concerne les ouvriers des marchandises générales.

1914.05.18.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 18 mai 1914Messieurs Worms & Cie ParisMessieurs,Grève. Nous vous confirmons notre lettre du 16 courant et avons donné notre meilleure attention à ce que vous nous écrivez dans votre lettre de même date.Répondant à votre demande, les salaires actuels sont bien de 6 F pour les charbons et de 8 F pour les minerais ainsi que nous vous l'avons écrit.Nous vous confirmons les renseignements que nous vous avons donnés par téléphone : les hommes recrutés dans la région de Rochefort, Royan, Saintes et Tonnay-Charente, sont arrivés hier soir à Bordeaux, sous la conduite de nos deux émissaires ; ils étaient exactement 72 hommes, dont 62 se sont embarqués à Rochefort et 10 à Tonnay-Charente. Votre recruteur va continuer sa tournée dans la région des Charentes et se fait fort de trouver encore une centaine d'hommes : nous admettons qu'il exagère mais nous espérons qu'il nous en enverra peut-être 50 à 60.Les 72 hommes ci-dessus ont été cueillis à la gare comme convenu, par des omnibus et installés aux Docks Sursol.Malheureusement, ils se sont trouvés en contact avec les grévistes qui avaient été prévenus de leur arrivée et ont immédiatement essayé de les débaucher. Nos hommes ont néanmoins résisté et se sont mis tous au travail ce matin, de telle sorte que la situation n'était pas mauvaise aux Appontements de Queyries ce matin. Équipages compris, nous avions en effet 171 hommes, ce qui était un succès.Il est certain que parmi les nouveaux travailleurs, il y aura une élimination à faire, tous n'étant pas aptes au travail du charbon et quelques-uns n'étant probablement animés d'excellentes dispositions.Les grévistes se sont en tous cas émus de cette reprise du travail et ont fait tout en leur pouvoir pour l'empêcher.Ils se sont décidés ce matin à déclarer officiellement la grève, ce qu'ils n'avaient pas fait jusqu'à présent et ont réussi à empêcher à une heure la reprise du travail. Les hommes se sont rendus à une réunion à la Bourse du travail où la grève a été acclamée, mais, d'après les renseignements qui nous sont donnés ce soir, les hommes de l'extérieur seraient disposés à reprendre le travail demain. Ils y seront fortement engagés par une quinzaine de leurs camarades qui sont restés fidèles et qui leur feront comprendre qu'en refusant de travailler, ils font simplement le jeu des ouvriers espagnols qui sont employés habituellement au déchargement des charbons et qu'ils ne porteront nullement tort à des camarades français ainsi que les grévistes ont essayé de les persuader. Il est à noter, en effet, que la grande majorité de la main-d'œuvre employée jusqu'à présent aux Docks Sursol, était de la main-d'œuvre espagnole.Nous avons rencontré ce soir les grévistes revenant de la Bourse du travail, avec drapeau rouge en tête, et nous estimons qu'ils n'étaient pas plus de 75 à 80.L'opinion de M. Sursol est que le travail sera repris demain, probablement pas dans d'excellentes conditions, mais enfin tant bien que mal, et que si nous pouvons recruter encore une centaine d'hommes de l'extérieur, cela serait la fin de la grève. Nous ne sommes pas aussi optimistes et craignons que les choses ne traînent encore pendant quelque temps, mais qu'en tenant bon, nous finirons par avoir le dessus.Notre opinion reste toujours qu'il serait d'un effet déplorable de céder en ce moment aux demandes des ouvriers. En admettant qu'elles fussent justifiées, elles ont été présentées sous une forme inadmissible et le mouvement a été déclenché dans des conditions qui ne peuvent être acceptées.Vous semblez penser que les salaires payés ici sont inférieurs à ceux payés dans les autres ports : nous n'avons pas le temps de vous donner des renseignements précis à cet égard ce soir, mais vous les fournirons demain. Toutefois, ne perdez pas de vue qu'il y a lieu de tenir compte des prix courants de la main-d'œuvre dans notre région et du coût de la vie par rapport aux autres ports ; la vie est certainement moins coûteuse à Bordeaux qu'au Havre par exemple. De plus, si l'on cède aux demandes actuelles des ouvriers charbonniers et des ouvriers des minerais, vous pouvez être certains, qu'enhardis par leur succès, ceux-ci présenteront incessamment de nouvelles réclamations et que le mouvement fera tache d'huile. Il est bien évidemment également que si l'on paie les ouvriers déchargeurs de charbon 7 F, on devrait payer ce même salaire aux ouvriers des stocks dont le travail est au fond le plus pénible, puisqu'ils portent toute la journée, alors que les charbonniers dans les cales se bornent à rapprocher le charbon et à le pelleter parfois.De plus, ils sont à l'abri, tandis que les ouvriers des stocks sont exposés à toutes les intempéries.Il y aura demain réunion du Syndicat des importateurs de charbons. M. de Vial, président de la Fédération maritime et collègue de M. Moulinié à la Chambre de commerce, a fait une pression énergique sur celui-ci pour que les importateurs de charbons attendent encore avant d'offrir aux ouvriers l'augmentation de F 1 demandée, comme ils en ont certainement le désir. D'autre part, M. de Vial a téléphoné devant nous à M. Richards, directeur de la maison PD ici, et l'a prévenu que s'il se déclarait pour la concession immédiate du salaire de F 7, aux charbonniers, la Compagnie générale transatlantique s'en souviendrait et que cela pourrait coûter à la maison PD, les fournitures de soutes de la Sud-Atlantique.Nous pensons qu'une fois connu le résultat de la réunion des importateurs de charbons, la Fédération maritime sera convoquée et nous vous dirons comment les choses se passeront.Pour votre gouverne, et sur la demande de la Chambre syndicale des courtiers maritimes, la Fédération maritime leur a écrit une lettre attestant qu'il y avait état de grève depuis le mardi matin 5 mai.Répondant à votre demande, nous vous confirmons que le président de la Fédération est M. Alfred de Vial et son secrétaire, M. Ant. Bordes.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]

1914.05.20.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 20 mai 1914Messieurs Worms & Cie ParisMessieurs,Grève. Nous avons donné toute notre attention à ce que vous nous écrivez à ce sujet et vous confirmons les renseignements que nous vous avons donnés hier.Il est arrivé 21 hommes de Cognac hier soir, 10 à minuit et 16 ce matin. Les 21 premiers étaient partis avant que notre recruteur ait été touché par la dépêche lui disant de spécifier sur le contrat que la grève était déclarée. Au contraire, le contrat des 26 autres le spécifie formellement et a été accepté tel quel par les intéressés.Nous avons donc eu ce matin un supplément de 47 hommes, de telle sorte que l'on travaille aux Appontements de Queyries avec 203 hommes, équipages compris. Comme vous le voyez, la main-d'œuvre continue à venir, (on ne travaillait qu'à 150 hommes hier) et en faisant des sélections parmi tous ces nouveaux ouvriers, nous espérons arriver à constituer une main-d'œuvre convenable. Les 13 Rochefortais qui étaient restés fidèles sont toujours là.D'autre part, nous avons reçu cet après-midi 4 hommes de Saint-Brieuc et nous pensons en recevoir demain une vingtaine de Rochefort.Il y a eu réunion du bureau des grévistes hier soir. A cette réunion, il a été décidé que l'on allait demander au préfet l'autorisation de faire des quêtes. Si les grévistes réussissent à récolter suffisamment d'argent, ils continueront la grève, sinon ils reprendront le travail. C'est vous dire qu'ils se sentent bien peu assurés de la victoire, mais, bien entendu, ils déclarent que s'ils sont obligés de reprendre le travail aux anciennes conditions, ils le saboteront : c'est toujours ce qu'ils proclament quand leur mouvement échoue, mais vous serez certainement d'accord avec nous pour trouver que ce n'est pas une raison suffisante pour céder.Vous trouverez sous ce pli, une découpure du journal "La France" de ce matin.Le bureau de la Fédération maritime est convoqué pour ce soir à 5 heures chez le préfet et nous vous tiendrons au courant de ce qui se dira. Le préfet va probablement insister pour que nous rapatriions les grévistes à Rochefort et il est probable que l'on y consentira comme preuve de bonne volonté et pour bien indiquer que la main-d'œuvre est recrutée librement. Pour la même raison on n'a pas retenu 12 des 47 hommes arrivés la nuit dernière, qui demandaient à s'en aller.Vous nous avez dit ce matin par téléphone que votre sentiment était maintenant que mieux valait en passer par les exigences des grévistes. Vous nous permettrez de vous dire respectueusement que tel n'est pas notre avis et nous croyons vous avoir donné des renseignements suffisamment complets depuis le début de la grève, pour que vous puissiez vous former une opinion bien nette.Vous nous avez parlé ce matin des pertes qui résultent de la situation actuelle. Elles sont certaines, mais néanmoins le travail continue tant bien que mal et les expéditions soit par fer, soit par eau, tant pour vous-mêmes que pour vos confrères, s'opèrent cependant sans qu'il se soit produit jusqu'à présent de difficultés sérieuses.Vous nous avez écrit vous-mêmes, il y a quelques jours, que vous estimiez la résistance indispensable et vous avez fait allusion aux conséquences qui résulteraient de la concession aux grévistes de leurs demandes. Ces conséquences se feraient sentir non seulement sur le commerce des charbons et des minerais, mais encore, très probablement, sur tout le commerce de Bordeaux, et même de notre région. Il est infiniment probable qu'en présence du succès des charbonniers déchargeurs de navires, les ouvriers des stocks et les ouvriers des divers suivront le mouvement et celui-ci risque de s'étendre à toute la main-d'œuvre de notre ville. Il peut également en résulter une répercussion sur les salaires des dockers dans les autres ports.Vous paraissez trouver que les salaires actuels de 6 F pour le charbon et 8 F pour les minerais sont insuffisants.Nous pouvons vous assurer qu'ils ne sont certes pas trouvés insuffisants par la main-d'œuvre que nous avons recrutée et qui est habituée à des taux très inférieurs. Certains ouvriers arrivés de la région des Charentes, ne gagnaient pas plus de F 3 à F 3,50 ; quelques-uns ne gagnaient même que F 1,75, la nourriture étant alors à la charge de leurs employeurs.Vous nous avez dit ce matin qu'on serait certainement obligés d'en passer par les volontés des grévistes et qu'alors mieux valait peut-être faire la chose tout de suite.Nous avons toujours eu l'habitude de vous exposer en pleine franchise notre manière de voir : celle-ci n'a pas varié depuis le début de la crise actuelle et nous considérons toujours que la résistance aux demandes des grévistes est justifiée. Ne perdez pas de vue que la concession de F 0,50 faite par votre Maison à la première demande des ouvriers charbonniers, avait été ratifiée après discussion, par l'unanimité des importateurs de charbons et des adhérents de la Fédération maritime. Or cette concession n'ayant pas été acceptée par les intéressés, a été purement et simplement retirée. Le prétexte donné par les grévistes après avoir refusé l'augmentation de 0,50, c'est qu'un entrepreneur avait accepté de son côté de payer l'augmentation de F 1. Or, sur la feuille de papier timbré présentée à la signature ici, le chiffre de F 1 fut naturellement remplacé par 0,50, puisque c'était la seule concession que l'on était disposé à faire et les ouvriers prétendent que l'on a ainsi abusé de leur bonne foi et voulu les tromper en réduisant de moitié la concession faite par l'entrepreneur en question. C'est vous dire l'état d'esprit des grévistes.Nous avons pris bonne note de ce que vous nous dites au sujet de la prétention des ouvriers amenés de l'extérieur au point de vue de leur droit à être payés et nourris ou rapatriés, sous prétexte qu'ils n'auraient pas été prévenus qu'il s'agissait de remplacer des ouvriers en grève. Nous sommes tout à fait d'accord que l'état de grève existait en fait, sinon en droit, et c'est uniquement au point de vue d'une discussion éventuelle entre grévistes et employeurs devant la Justice de paix, que nous vous avons fait remarquer que la grève n'avait été officiellement proclamée que le 18, mais au point de vue des difficultés éventuelles entre armateurs et affréteurs, il est bien évident que nous maintenons que la grève existe en fait depuis le mardi matin 5 mai, et c'est ce qu'a certifié la Fédération maritime pour éviter du reste toutes difficultés à l'avenir, tous les contrats que nous faisons signer portent maintenant qu'il a été donné connaissance à l'ouvrier que la grève existait à Bordeaux (6 h 1/2 soir). Nous avons été reçus à 5 heures par le préfet en compagnie de M. de Vial, de M. Bordes et de M. Sursol.Le préfet nous a fait exposer la situation et, en présence de nos explications, il a donné absolument tort aux ouvriers et a déclaré qu'il ne croyait pas devoir rapatrier les 55 hommes qui ont demandé à retourner à Rochefort. Il nous a priés d'aller causer de la situation avec le maire, ce que nous avons fait.Le maire consent à loger les 55 hommes en question ce soir encore et demain soir à la caserne de passage et à leur faire distribuer la soupe, mais il est convenu qu'à partir de vendredi matin, il leur refusera cette aide.Le maire pas plus que le préfet, n'admet la thèse des 55 Rochefortais et il leur déclarera que s'ils veulent retourner à Rochefort, ils n'ont qu'à travailler, comme ils s'y étaient engagés et à gagner le coût de leur billet dont le prix n'est certes pas bien élevé.Le maire et le préfet admettent comme la Fédération maritime, que si l'on devait rapatrier ces hommes dans les conditions où s'est produite leur défection, ce serait un précédent dangereux, car tous les hommes qui s'engageraient à venir à Bordeaux, pourraient être tentés ensuite de demander à être rapatriés gratuitement au bout de quelques jours.On ne travaillera pas demain jour de l'ascension. Nous verrons ce qui se passera vendredi matin et dans quelles conditions le travail sera repris. Nous ne serions pas surpris pour notre part qu'il y eut quelques défections par rapport au chiffre d'aujourd'hui, le chômage de demain n'étant évidemment pas un élément favorable.Pour votre gouverne, d'après un renseignement confidentiel, mais absolument précis, qui nous a été fourni, par M. Sursol, le déchet dans le tonnage déchargé depuis le début de la grève, par rapport à ce qui aurait été déchargé en temps normal, est de 40%. Ce n'est vraiment pas une trop mauvaise proportion pour un état de grève. D'après ce qui nous a été dit ce soir, il paraîtrait que l'attitude de tous les importateurs de charbons à la réunion du syndicat hier, aurait été très ferme et qu'ils se seraient déclarés d'accord pour résister jusqu'à nouvel ordre aux prétentions des grévistes.Nous nous excusons de vous écrire si longuement, mais, d'après ce que vous nous avez dit, il vous est agréable d'être tenus très complètement au courant des phases du conflit actuel.Ce conflit, nous le déplorons amèrement, mais nous croyons toujours que votre intérêt et l'intérêt général, sont de résister et nous croyons également qu'une volonté persévérante finit toujours par triompher des difficultés.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]PS. (7 h/ soir). Le bruit courait ce soir que les hommes auraient débauché à 4 heures et seraient retournés chez eux.Nous venons d'interroger M. Sursol par téléphone ; il dément catégoriquement le fait. Il nous a par contre annoncé qu'il arriverait demain soir 24 hommes des Charentes qui ont dûment signé le contrat. Votre recruteur compte en trouver d'autres dans la région de Royan d'ici la fin de la semaine.Nous venons de communiquer tous les renseignements ci-dessus à M. Renaud : vous aurez une idée de la bonne foi des grévistes, quand vous saurez que, contrairement à leurs prétentions, le papier timbré présenté à la signature de M. Renaud et sur lequel le chiffre de 7 F a été remplacé par le chiffre de 6 F 50, ne portait aucune signature. Celle de M. Fauché a donc été apposée après.

1914.05.23.De Worms et Cie Bordeaux

7, allée de ChartresBordeaux, le 23 mai 1914Messieurs Worms & Cie - ParisMessieurs,Grève. Nous vous confirmons notre lettre d'hier et avons donné notre meilleure attention à ce que vous nous dites vous-mêmes dans votre lettre de même date.Nous sommes heureux de vous dire que les nouvelles sont vraiment meilleures ce matin : on travaille aux Appontements de Queyries avec 225 hommes, équipages compris, au lieu de 188 hier matin, soit 37 hommes de plus. Si la main d'œuvre continue à venir, il sera possible de faire une sélection et de ne garder que les hommes vraiment aptes au travail du charbon et des minerais. Mais, comme vous le dites, il est évident qu'il faut donner à cette nouvelle main-d'œuvre le temps de se former et il est bien certain que les ouvriers charbonniers qui ont quitté le travail et qui peuvent être considérés maintenant comme des professionnels, ont débuté dans les mêmes conditions que la main-d'œuvre que nous venons d'importer.Comme vous le verrez par la note incluse, le découragement règne maintenant parmi les grévistes. Les renseignements inclus nous sont confirmés de tous les côtés. C'est ainsi que M. Ant. Bordes qui, en même temps que secrétaire de la Fédération maritime, est conseiller municipal, a été abordé hier soir par l'un de ses collègues socialistes et que celui-ci lui a déclaré que les charbonniers ne demandaient qu'à reprendre le travail. Il est probable qu'une délégation des charbonniers demandera ce soir une entrevue à la Fédération maritime, et nous vous tiendrons au courant.D'autre part, les quelques ouvriers de Rochefort qui n'ont pas regagné cette ville, se trouvent maintenant sur le pavé, puisque le maire refuse de les loger et de les nourrir, et quant aux grévistes bordelais, ils n'ont aucun fonds pour venir en aide à ces hommes.Enfin, le Conseil des prud'hommes a condamné hier 5 hommes à la semaine de M. Sursol qui avaient quitté le travail sans préavis, ainsi que nous vous en avions avisé. M. S. a déclaré aux condamnés qu'ayant obtenu satisfaction sur la question de principe, il leur faisait cadeau de leur condamnation qui était de 30 F. Ce geste très habile a été immédiatement communiqué aux grévistes par les intéressés et a fait, paraît-il, une excellente impression.Cet après-midi la situation est la même que ce matin : il n'y a pas eu de défection. A l'heure où nous vous écrivons, 4 heures soir, nous n'avons rien de nouveau à vous dire, sauf que, suivant les renseignements qui nous sont parvenus cet après-midi, il nous arrivera encore quelques travailleurs demain et lundi. Nous n'en serons pas fâchés, car le lundi est toujours un mauvais jour, les ouvriers et, spécialement les charbonniers, le chômant souvent.Nous ne serions donc pas surpris d'avoir moins d'ouvriers lundi matin que ce matin, mais nous espérons que mardi ou mercredi, il y aura une reprise très sensible du travail et que les choses rentreront ainsi petit à petit dans l'ordre.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]

1914.05.25.De Worms et Cie Paris

Copie de noteParis, 25 mai 1914La Bourse libre du travail a eu de nous 100 F ou 200 F en 1911, probablement le 16 mars, la GGT lui avait donné 500 F. En avril 1911 ces Messieurs étaient venus nous trouver pour nous proposer d'intervenir dans une grève à Bayonne ; nous avions répondu que nous n'avions pas besoin d'eux. On avait insisté pour que nous encouragions l'entreprjse. Nous avions maintenu notre refus. Nous croyons que ce sont des enfonceurs de portes ouvertes. Le siège de la Bourse libre du travail est à Paris, 12, rue Grégoire de Tours.La Liberté du travail, 73bis, boulevard Richard-Lenoir, nous a adressé des communications le 19 et le 31 août 1912 et le 2 septembre 1913, cette dernière avec une attestation élogieuse de M. Dewulf de Dunkerque. Le 16 mai 1914, notre maison de Bordeaux nous avisait la réception de prépositions de cette association, Fédération de Bretagne, section de Fougères, et après avoir d'abord confondu avec la Bourse libre du travail, nous lui répondions définitivement le 18 que nous ne connaissions pas la Liberté du travail. Le 23 mai, M. Marquisan, du Gaz de Bordeaux, est venu nous en parler en nous disant que la Liberté du travail était arrivée à un résultat merveilleux pour une grève de l'usine à gaz de Roubaix. Nous lui avons répondu que nous avions eu connaissance des propositions faites par la Liberté du travail à Bordeaux, mais comme la Fédération maritime de cette ville semble mener cette affaire avec beaucoup d'énergie et s'occupe très activement de faire venir de la main-d'œuvre étrangère, il ne nous semblait pas utile d'aller chercher un secours étranger, d'autant plus que d'après M. Marquisan, ce secours là se fait toujours payer très cher. II a immédiatement reconnu que nous avions raison.

1914.06.05.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 5 juin 1914Messieurs Worms & Cie - ParisMessieurs,Grève. Nous vous confirmons notre lettre d'hier et possédons la votre de même date.Vous êtes maintenant au courant de ce qui s'est passé à la réunion de la Fédération maritime hier après-midi, à laquelle assistaient, non pas seulement M. Moulinié comme vous paraissez le croire, mais les divers membres du Syndicat des importateurs de charbons et les principaux entrepreneurs de main-d'œuvre de notre port, tous ces Messieurs ayant été convoqués à cette réunion, comme ils l'avaient été à toutes les réunions précédentes.Nous vous avons dit ce matin par téléphone ce que nous pensions de la situation : c'est que les importateurs de charbons étant décidés à accorder l'augmentation demandée par les ouvriers charbonniers, autant valait l'accorder de suite et ne pas faire traîner davantage les choses en longueur, ce qui a pour unique résultat de causer des pertes inutiles pendant quelques jours encore.A titre de renseignement, nous vous dirons qu'il y avait 242 hommes employés ce matin aux Appontements de Queyries, dont 56 anciens, 11 hommes de la voie, 100 nouveaux et 75 matelots. A ces hommes, il faut ajouter 12 nouveaux et 3 anciens occupés sur "Muriel" en rade, au total : 257 hommes. Le déchet par rapport à hier s'explique par le fait que le bateau de bois sur lequel la Commerciale occupait 39 hommes à elle, est terminé.Nous vous remettons sous ce pli, pour votre gouverne, deux découpures du journal "La France" de ce matin ; la première vous renseignera sur les moeurs des grévistes ou plutôt des apaches qui se livrent à la chasse aux renards. La seconde vous indiquera la mentalité de ces hommes qui considèrent que proposer à des ouvriers un salaire au mois à des conditions avantageuses et leur assurer ainsi la sécurité, constitue une "entrave à la liberté du prolétariat". Cette protestation seule suffit à indiquer que la mesure proposée est bonne.Vous trouverez également ci-inclus, copie de la réponse que M. Sursol va demander aux journaux d'insérer et nous attirons tout particulièrement votre attention sur l'avant-dernier paragraphe : comme vous le remarquerez, il a été fait hier soir une démarche de deux grévistes, occupés autrefois à la semaine par M. S., et qui sont venus lui proposer de mettre fin à la grève, en accordant aux seuls hommes à la semaine, le salaire de 7 F par jour. C'est là du reste une utopie, à notre avis, car il est bien évident que tous les ouvriers faisant le même travail, ont droit en principe au même salaire et que ce serait plutôt au contraire les hommes à la semaine qui devraient subir une réduction en contrepartie de la sécurité qui leur est assurée et non les hommes embauchés occasionnellement à la journée.Nous vous avons dit également ce matin au téléphone, que les grévistes étaient certainement au courant depuis le début des tiraillements qui se produisaient, de même qu'ils ont dû certainement savoir de suite que les importateurs de charbons étaient décidés à leur accorder 7 F et que la chose n'était retardée que de quelques jours. Dans ces conditions, il n'y a pas à croire un instant qu'ils reprendront le travail aux anciennes conditions, d'ici mardi. Il n'y a pas non plus à espérer que la main-d'œuvre au mois puisse être constituée en nombre suffisant dans ce court délai. Pour votre gouverne, 20 hommes avaient signé le contrat au mois cet après-midi, dont 3 anciens.Le recruteur de Mr Sursol lui a télégraphié ce soir qu'il lui envoyait des hommes prêts à signer le contrat, mais nous en ignorons encore le nombre.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]

1914.06.06.De Worms et Cie Bordeaux

7, allées de ChartresBordeaux, le 6 juin 1914Messieurs Worms & Cie - ParisMessieurs,Grève. Nous vous confirmons notre lettre d'hier et possédons la vôtre de même date.Ce matin le nombre d'hommes employés aux Appontements de Queyries, était de 255, soit 2 hommes de moins qu'hier. Sur ce nombre, il y avait 63 anciens, 15 hommes de la voie, 137 nouveaux et 40 matelots.Le recruteur de M. Sursol lui adresse aujourd'hui 16 hommes qu'il a engagés dans la Haute-Garonne et dans l'Ariège et il doit lui en adresser une vingtaine demain. Tous ces hommes sont, paraît-il, solides et sérieux et ont signé le contrat qui leur a été soumis.Comme vous le remarquerez, il y avait ce matin 137 hommes nouveaux auxquels viendront s'ajouter lundi les 36 hommes ci-dessus.Nous comptons bien qu'un bon nombre de ces hommes resteront après la fin de la grève et qu'il y aura, de ce fait, une petite amélioration du côté de l'insuffisance de main d'œuvre dont nous souffrons à l'état endémique. Il est bien fâcheux, àce propos, que l'on se soit réveillé si tard et qu'on ait pas fait depuis des années, ce que la Fédération maritime a essayé de faire sous la pression des événements et dans des conditions très défavorables, c'est-à-dire attirer des ouvriers nouveaux à Bordeaux.En ce qui concerne la situation actuelle, nous vous avons dit hier que la partie était évidemment perdue : nous regrettons personnellement qu'on ait retardé encore jusqu'à mardi une décision que les importateurs de charbons étaient, au fond, désireux de prendre depuis le début du mouvement, ce dont les grévistes n'ont pas manqué d'avoir connaissance.Veuillez agréer, Messieurs, nos salutations empressées.[Signature illisible]